Avant de calculer une force ou une vitesse, il faut savoir ce que veut dire « 3 mètres » ou « 2 secondes ». Qui a décidé de la longueur d'un mètre ? Et comment le sait-on aujourd'hui au milliardième près ?
Chapter 0
Measuring
Before working out a force or a speed, you need to know what “3 metres” or “2 seconds” means. Who decided how long a metre is? And how do we know it today to a billionth?
Combien mesure ta table ? Tu peux dire « 5 mains » ou « 3 crayons ». Mais ta main n'est pas celle de ton voisin. Pour se comprendre, tout le monde doit utiliser la même règle.
Dans ce chapitre, tu découvres le mètre, le kilogramme et la seconde. Tu apprends d'où ils viennent : un morceau de la Terre, un litre d'eau, une journée. Puis tu verras qu'aujourd'hui on utilise la lumière et des atomes, qui sont pareils partout dans l'Univers.
Prédis
Une bouteille d'eau de 1 litre pèse-t-elle plus ou moins qu'un paquet de sucre de 1 kg ? Garde ta réponse, on y revient.
How long is your table? You could say “5 hands” or “3 pencils”. But your hand is not the same as your neighbour's. To understand each other, everyone must use the same ruler.
In this chapter you meet the metre, the kilogram and the second. You find out where they come from: a piece of the Earth, a litre of water, a day. Then you will see that today we use light and atoms, which are the same everywhere in the Universe.
Predict
Is a 1 litre bottle of water heavier or lighter than a 1 kg bag of sugar? Keep your answer, we come back to it.
Une mesure, c'est un nombre et une unité. « 12 » ne veut rien dire. « 12 m » ou « 12 s », si. Ce chapitre pose les bases dont tout le reste a besoin.
Grandeurs, unités, instruments, et combien de chiffres écrire.
L'histoire du mètre, du kilogramme et de la seconde.
Leurs définitions actuelles, fixées depuis 2019 par des constantes de la nature.
Unités dérivées (m/s, N, J), préfixes et conversions.
Notation scientifique et ordres de grandeur.
Prérequis : les puissances de 10 et les fractions.
A measurement is a number and a unit. “12” means nothing. “12 m” or “12 s” does. This chapter lays the foundations everything else needs.
Quantities, units, instruments, and how many digits to write.
The history of the metre, the kilogram and the second.
Their current definitions, fixed since 2019 by constants of nature.
Derived units (m/s, N, J), prefixes and conversions.
Scientific notation and orders of magnitude.
Prerequisites: powers of 10 and fractions.
La physique compare le monde à des étalons. Tant que l'étalon est un objet, il peut s'user, se perdre ou varier. Toute l'histoire du Système international (SI) est celle d'une quête : des étalons de plus en plus universels et reproductibles.
Toute la mécanique se construit avec trois unités : le mètre, le kilogramme et la seconde. Vitesse, accélération, force, énergie : toutes s'écrivent avec m, kg et s.
Le chapitre suit cette histoire. D'abord, ce qu'est une grandeur et une mesure. Ensuite, les définitions de la Révolution française, qui donnent une intuition solide : 1 m, c'est à peu près un grand pas ; 1 kg, c'est un litre d'eau ; 1 s, c'est environ un battement de cœur au repos. Puis les définitions de 2019, fondées sur des constantes physiques. Enfin les outils de tous les jours du physicien : unités dérivées, notation scientifique, ordres de grandeur et analyse dimensionnelle.
Fil rouge
Une formule juste a toujours les mêmes unités des deux côtés du signe égal. Ce test simple attrape une grande partie des erreurs. Tu l'utiliseras dans tous les chapitres.
Physics compares the world with standards. As long as a standard is an object, it can wear out, get lost or change. The whole history of the International System of Units (SI) is a quest for standards that are more and more universal and reproducible.
All of mechanics is built from three units: the metre, the kilogram and the second. Speed, acceleration, force, energy: all are written with m, kg and s.
The chapter follows that history. First, what a quantity and a measurement are. Then the definitions of the French Revolution, which give solid intuition: 1 m is roughly a long stride; 1 kg is a litre of water; 1 s is about one heartbeat at rest. Then the 2019 definitions, based on physical constants. Finally the physicist's everyday tools: derived units, scientific notation, orders of magnitude and dimensional analysis.
Common thread
A correct formula always has the same units on both sides of the equals sign. This simple test catches a large share of mistakes. You will use it in every chapter.
Chapitre 0 · Mesurer
Grandeurs et mesures
Que fait-on vraiment quand on mesure ? Et pourquoi « 1,50 m » n'est pas la même information que « 1,5 m » ?
Chapter 0 · Measuring
Quantities and measurement
What do we really do when we measure? And why is “1.50 m” not the same information as “1.5 m”?
Mesurer, c'est comparer
Pour mesurer ta table, tu poses une règle à côté et tu comptes combien de centimètres tiennent dans sa longueur. Mesurer, c'est toujours comparer à quelque chose de connu.
Pour une durée, tu comptes des secondes sur une montre. Pour une masse, tu compares avec des masses connues sur une balance.
Le bon instrument
Une longueur : la règle, le mètre ruban.
Une masse : la balance.
Une durée : le chronomètre.
Une température : le thermomètre.
Le bout du crayon tombe entre 13 et 14 cm. En regardant les petits traits, on lit 13,6 cm.
Expérience
Mesure la largeur de ta table avec ta main, puis demande à un adulte de la mesurer avec sa main. Vous ne trouvez pas le même nombre ! Mesurez ensuite avec une règle : là, vous êtes d'accord.
Je retiens
Mesurer, c'est comparer à une unité connue.
On écrit toujours le nombre et l'unité : 13,6 cm.
Chaque grandeur a son instrument.
Petit lexique
Unité
mesure de référence, comme le mètre.
Instrument
outil qui sert à mesurer.
Graduation
petit trait sur une règle.
Measuring means comparing
To measure your table, you lay a ruler next to it and count how many centimetres fit along it. Measuring always means comparing with something known.
For a time, you count seconds on a watch. For a mass, you compare with known masses on a balance.
The right instrument
A length: a ruler, a tape measure.
A mass: a balance or scales.
A time: a stopwatch.
A temperature: a thermometer.
The tip of the pencil falls between 13 and 14 cm. Looking at the small marks, we read 13.6 cm.
Experiment
Measure the width of your table with your hand, then ask an adult to measure it with theirs. You do not get the same number! Then measure with a ruler: now you agree.
Remember
Measuring means comparing with a known unit.
Always write the number and the unit: 13.6 cm.
Each quantity has its own instrument.
Word list
Unit
a reference amount, like the metre.
Instrument
a tool used to measure.
Mark
a small line on a ruler.
Une grandeur, une valeur, une unité
Une grandeur est ce qu'on peut mesurer : longueur, masse, durée, vitesse, température. On la note par une lettre : \(\ell\) pour une longueur, \(m\) pour une masse, \(t\) pour un temps.
Sa valeur s'écrit toujours comme un nombre multiplié par une unité :
\[ \ell = 13{,}6\ \text{cm} \]
Le symbole de l'unité ne prend pas de « s » au pluriel et pas de point : on écrit 5 m, jamais « 5 ms » (qui voudrait dire 5 millisecondes) ni « 5 m. » avec un point.
Combien de chiffres écrire ?
Une règle graduée en millimètres permet de lire au millimètre près. Écrire 13,6 cm dit : « je suis sûr du 13, le 6 est le dernier chiffre lu ». Écrire 13,600 cm prétendrait une précision au centième de millimètre. C'est faux.
Les chiffres qui portent une information s'appellent des chiffres significatifs. 13,6 en a trois. 0,0042 en a deux (les zéros de tête ne comptent pas).
Calcul guidé
Une voiture parcourt 125 m en 9,0 s. Quelle est sa vitesse moyenne ?
On divise la distance par la durée.
\[ v = \frac{d}{t} = \frac{125\ \text{m}}{9{,}0\ \text{s}} \]
La calculette affiche 13,8888… On garde autant de chiffres que la donnée la moins précise (9,0 a deux chiffres significatifs).
\[ v \approx 14\ \text{m/s} \]
Écrire 13,8888 m/s ferait croire à une précision qu'on n'a pas.
Je retiens
Une mesure = un nombre × une unité.
Le nombre de chiffres écrits montre la précision.
Dans un résultat, on garde à peu près le nombre de chiffres de la donnée la moins précise.
A quantity, a value, a unit
A quantity is something we can measure: length, mass, time, speed, temperature. We write it with a letter: \(\ell\) for a length, \(m\) for a mass, \(t\) for a time.
Its value is always written as a number multiplied by a unit:
\[ \ell = 13.6\ \text{cm} \]
Unit symbols take no “s” in the plural and no full stop: write 5 m, never “5 ms” (which would mean 5 milliseconds) or “5 m.” with a full stop.
How many digits?
A ruler marked in millimetres lets you read to the nearest millimetre. Writing 13.6 cm says: “I am sure of the 13, the 6 is the last digit read”. Writing 13.600 cm would claim a precision to a hundredth of a millimetre. That is false.
Digits that carry information are called significant figures. 13.6 has three. 0.0042 has two (leading zeros do not count).
Guided calculation
A car covers 125 m in 9.0 s. What is its average speed?
Divide the distance by the time.
\[ v = \frac{d}{t} = \frac{125\ \text{m}}{9.0\ \text{s}} \]
The calculator shows 13.8888… Keep as many digits as the least precise data (9.0 has two significant figures).
\[ v \approx 14\ \text{m/s} \]
Writing 13.8888 m/s would suggest a precision we do not have.
Remember
A measurement = a number × a unit.
The number of digits written shows the precision.
In a result, keep roughly as many digits as the least precise data.
Valeur numérique et unité
Une grandeur physique \(G\) s'écrit comme le produit d'une valeur numérique \(\{G\}\) et d'une unité \([G]\) :
\[ G = \{G\} \cdot [G] \]
L'intensité de la pesanteur : la valeur numérique 9,81 dépend du choix d'unité ; la grandeur, elle, n'en dépend pas.
La grandeur ne dépend pas de l'unité choisie. Seule la valeur numérique change : \(1{,}5\ \text{m} = 150\ \text{cm} = 1500\ \text{mm}\). Quand l'unité devient 100 fois plus petite, le nombre devient 100 fois plus grand. Le produit reste le même.
C'est ce qui permet de convertir proprement : on remplace l'unité par sa valeur dans l'autre unité, puis on calcule. Par exemple, \(1\ \text{km/h} = \dfrac{1000\ \text{m}}{3600\ \text{s}}\).
Mesurer, c'est comparer à un étalon
Mesurer une grandeur, c'est déterminer combien de fois elle contient l'unité. Il faut donc un étalon : un objet ou un phénomène qui réalise l'unité. Pendant longtemps, l'étalon du kilogramme était un cylindre de métal gardé près de Paris. Aujourd'hui, c'est une constante de la nature (voir la sous-page sur le SI actuel).
Entre l'étalon et ta balance de cuisine, il y a une chaîne d'étalonnage : chaque instrument est comparé à un instrument plus précis, jusqu'à la définition elle-même. C'est la traçabilité.
Chiffres significatifs
Le nombre de chiffres significatifs indique la précision. Règles pratiques :
Les zéros de tête ne comptent pas : 0,0250 a trois chiffres significatifs (2, 5 et le 0 final).
Les zéros finaux après la virgule comptent : 2,50 m affirme le centimètre.
Pour « 1500 m », c'est ambigu. La notation scientifique lève l'ambiguïté : \(1{,}5 \cdot 10^{3}\) m (deux chiffres) ou \(1{,}500 \cdot 10^{3}\) m (quatre).
Produit et quotient : on garde le nombre de chiffres de la donnée la moins précise.
Erreur fréquente
Recopier tous les chiffres de la calculette. Un résultat à 8 chiffres tiré de mesures à 2 chiffres est un mensonge sur la précision.
Calcul guidé
Un cube de bois de 5,0 cm de côté a une masse de 81 g. Quelle est sa masse volumique, en g/cm³ puis en kg/m³ ?
Volume du cube.
\[ V = (5{,}0\ \text{cm})^{3} = 125\ \text{cm}^{3} \]
Il est moins dense que l'eau (1000 kg/m³) : il flotte.
À retenir
\(G = \{G\} \cdot [G]\) : changer d'unité change la valeur numérique, pas la grandeur.
Mesurer, c'est comparer à un étalon, par une chaîne d'étalonnage traçable.
Le nombre de chiffres significatifs exprime la précision.
OS / OC
Incertitudes de mesure
Aucune mesure n'est parfaite. On écrit le résultat avec une incertitude : \(\ell = (13{,}6 \pm 0{,}1)\ \text{cm}\). Cela veut dire que la vraie valeur se trouve très probablement entre 13,5 et 13,7 cm.
L'incertitude absolue \(\Delta \ell\) a l'unité de la grandeur. L'incertitude relative \(\Delta \ell / \ell\) est sans unité et se donne souvent en pour cent : ici \(0{,}1/13{,}6 \approx 0{,}7\ \%\).
Erreurs aléatoires et systématiques
Une erreur aléatoire change d'une mesure à l'autre (réflexe au chronomètre, lecture). On la réduit en répétant la mesure et en prenant la moyenne. Une erreur systématique décale toutes les mesures dans le même sens (règle usée, balance mal tarée). Répéter ne la réduit pas : il faut la trouver et la corriger.
Propagation simple (règle du pire cas)
Somme ou différence : les incertitudes absolues s'additionnent, \(\Delta(a \pm b) = \Delta a + \Delta b\).
Produit ou quotient : les incertitudes relatives s'additionnent, \(\dfrac{\Delta (ab)}{ab} = \dfrac{\Delta a}{a} + \dfrac{\Delta b}{b}\).
On mesure la chute d'une bille : \(h = (1{,}20 \pm 0{,}01)\ \text{m}\) et \(t = (0{,}50 \pm 0{,}02)\ \text{s}\). On en déduit \(g = 2h/t^{2}\). Valeur et incertitude ?
Valeur centrale.
\[ g = \frac{2 \cdot 1{,}20}{0{,}50^{2}} = 9{,}6\ \text{m/s}^{2} \]
Incertitude relative : celle de \(h\) plus deux fois celle de \(t\) (le temps est au carré).
Résultat : \(g = (9{,}6 \pm 0{,}8)\ \text{m/s}^{2}\), compatible avec 9,81. Le temps domine l'incertitude : c'est lui qu'il faut mesurer mieux.
Université
Incertitude-type et propagation quadratique
Le Guide pour l'expression de l'incertitude de mesure (GUM) distingue l'évaluation de type A (statistique, à partir de \(n\) mesures répétées) et de type B (autres informations : résolution de l'instrument, certificat d'étalonnage).
Pour \(n\) mesures \(x_i\), l'incertitude-type sur la moyenne est l'écart-type expérimental divisé par \(\sqrt n\) :
\[ s = \sqrt{\frac{1}{n-1}\sum_{i}(x_i - \bar x)^{2}} \]
\[ u(\bar x) = \frac{s}{\sqrt{n}} \]
Pour une résolution \(\delta\) (loi uniforme de largeur \(\delta\)), \(u = \delta/\sqrt{12}\).
Si \(y = f(x_1, \dots, x_k)\) avec des entrées indépendantes, les incertitudes-types se combinent en quadrature (développement de Taylor au premier ordre) :
Pour un monôme \(y = c\, x_1^{a_1} x_2^{a_2} \cdots\), cela donne \(\left(\dfrac{u_c}{y}\right)^{2} = \sum a_i^{2} \left(\dfrac{u_i}{x_i}\right)^{2}\). Dans l'exemple de \(g = 2h/t^{2}\) : \(\sqrt{0{,}008^{2} + 0{,}080^{2}} \approx 0{,}080\), un peu moins que la règle du pire cas. L'incertitude élargie \(U = k\, u_c\) (souvent \(k = 2\)) donne un intervalle à environ 95 % pour une loi normale.
Numerical value and unit
A physical quantity \(G\) is written as the product of a numerical value \(\{G\}\) and a unit \([G]\):
\[ G = \{G\} \cdot [G] \]
Gravitational field strength: the numerical value 9.81 depends on the choice of unit; the quantity itself does not.
The quantity does not depend on the chosen unit. Only the numerical value changes: \(1.5\ \text{m} = 150\ \text{cm} = 1500\ \text{mm}\). When the unit gets 100 times smaller, the number gets 100 times larger. The product stays the same.
This is what makes clean conversions possible: replace the unit by its value in the other unit, then calculate. For example, \(1\ \text{km/h} = \dfrac{1000\ \text{m}}{3600\ \text{s}}\).
Measuring means comparing with a standard
Measuring a quantity means finding how many times it contains the unit. So we need a standard: an object or a phenomenon that realises the unit. For a long time the kilogram standard was a metal cylinder kept near Paris. Today it is a constant of nature (see the sub-page on the current SI).
Between the standard and your kitchen scales there is a calibration chain: each instrument is compared with a more precise one, all the way to the definition itself. This is traceability.
Significant figures
The number of significant figures shows the precision. Practical rules:
Leading zeros do not count: 0.0250 has three significant figures (2, 5 and the final 0).
Trailing zeros after the decimal point count: 2.50 m claims the centimetre.
“1500 m” is ambiguous. Scientific notation removes the ambiguity: \(1.5 \times 10^{3}\) m (two figures) or \(1.500 \times 10^{3}\) m (four).
Product and quotient: keep the number of figures of the least precise data.
Common mistake
Copying every digit from the calculator. An 8-digit result from 2-digit measurements is a lie about precision.
Guided calculation
A wooden cube of side 5.0 cm has a mass of 81 g. What is its density, in g/cm³ and then in kg/m³?
Volume of the cube.
\[ V = (5.0\ \text{cm})^{3} = 125\ \text{cm}^{3} \]
It is less dense than water (1000 kg/m³): it floats.
Key points
\(G = \{G\} \cdot [G]\): changing the unit changes the numerical value, not the quantity.
Measuring means comparing with a standard, through a traceable calibration chain.
The number of significant figures expresses the precision.
Advanced
Measurement uncertainty
No measurement is perfect. We write the result with an uncertainty: \(\ell = (13.6 \pm 0.1)\ \text{cm}\). This means the true value very probably lies between 13.5 and 13.7 cm.
The absolute uncertainty \(\Delta \ell\) has the unit of the quantity. The relative uncertainty \(\Delta \ell / \ell\) has no unit and is often given in per cent: here \(0.1/13.6 \approx 0.7\ \%\).
Random and systematic errors
A random error changes from one measurement to the next (stopwatch reflexes, reading). We reduce it by repeating the measurement and taking the mean. A systematic error shifts all measurements the same way (worn ruler, badly zeroed scales). Repeating does not reduce it: you must find it and correct it.
Simple propagation (worst-case rule)
Sum or difference: absolute uncertainties add, \(\Delta(a \pm b) = \Delta a + \Delta b\).
A falling marble is measured: \(h = (1.20 \pm 0.01)\ \text{m}\) and \(t = (0.50 \pm 0.02)\ \text{s}\). We deduce \(g = 2h/t^{2}\). Value and uncertainty?
Central value.
\[ g = \frac{2 \times 1.20}{0.50^{2}} = 9.6\ \text{m/s}^{2} \]
Relative uncertainty: that of \(h\) plus twice that of \(t\) (time is squared).
Result: \(g = (9.6 \pm 0.8)\ \text{m/s}^{2}\), consistent with 9.81. Time dominates the uncertainty: that is what must be measured better.
University
Standard uncertainty and quadrature propagation
The Guide to the Expression of Uncertainty in Measurement (GUM) distinguishes Type A evaluation (statistical, from \(n\) repeated measurements) and Type B (other information: instrument resolution, calibration certificate).
For \(n\) measurements \(x_i\), the standard uncertainty of the mean is the experimental standard deviation divided by \(\sqrt n\):
\[ s = \sqrt{\frac{1}{n-1}\sum_{i}(x_i - \bar x)^{2}} \]
\[ u(\bar x) = \frac{s}{\sqrt{n}} \]
For a resolution \(\delta\) (uniform distribution of width \(\delta\)), \(u = \delta/\sqrt{12}\).
If \(y = f(x_1, \dots, x_k)\) with independent inputs, standard uncertainties combine in quadrature (first-order Taylor expansion):
For a monomial \(y = c\, x_1^{a_1} x_2^{a_2} \cdots\), this gives \(\left(\dfrac{u_c}{y}\right)^{2} = \sum a_i^{2} \left(\dfrac{u_i}{x_i}\right)^{2}\). In the example \(g = 2h/t^{2}\): \(\sqrt{0.008^{2} + 0.080^{2}} \approx 0.080\), a little less than the worst-case rule. The expanded uncertainty \(U = k\, u_c\) (often \(k = 2\)) gives an interval of about 95 % for a normal distribution.
Exemples résolusWorked examples
Convertir 72 km/h en m/s
On remplace chaque unité par sa valeur en unités SI.
Règle pratique : diviser par 3,6 pour passer de km/h à m/s.
Chiffres significatifs d'une aire
Un terrain mesure 32,5 m sur 18 m. L'aire vaut \(32{,}5 \cdot 18 = 585\ \text{m}^{2}\). La donnée la moins précise (18) a deux chiffres significatifs.
\[ A \approx 5{,}9 \cdot 10^{2}\ \text{m}^{2} \]
La notation scientifique montre clairement les deux chiffres.
Le chronomètre et le réflexe
Cinq élèves chronomètrent la même chute : 0,62 s ; 0,55 s ; 0,60 s ; 0,58 s ; 0,65 s. La moyenne vaut 0,60 s. L'écart le plus grand à la moyenne est 0,05 s.
On écrit \(t = (0{,}60 \pm 0{,}05)\ \text{s}\), soit une incertitude relative de 8 %. Le temps de réaction humain (environ 0,2 s au départ et à l'arrivée) est la principale source d'erreur. Elle se compense en partie entre départ et arrivée, mais pas complètement.
Combiner deux incertitudes en quadrature
\(P = U I\) avec \(U = (12{,}0 \pm 0{,}1)\ \text{V}\) et \(I = (2{,}00 \pm 0{,}03)\ \text{A}\) (incertitudes-types, indépendantes).
Rule of thumb: divide by 3.6 to go from km/h to m/s.
Significant figures of an area
A plot measures 32.5 m by 18 m. The area is \(32.5 \times 18 = 585\ \text{m}^{2}\). The least precise data (18) has two significant figures.
\[ A \approx 5.9 \times 10^{2}\ \text{m}^{2} \]
Scientific notation clearly shows the two figures.
The stopwatch and reaction time
Five students time the same fall: 0.62 s; 0.55 s; 0.60 s; 0.58 s; 0.65 s. The mean is 0.60 s. The largest deviation from the mean is 0.05 s.
We write \(t = (0.60 \pm 0.05)\ \text{s}\), a relative uncertainty of 8 %. Human reaction time (about 0.2 s at start and finish) is the main source of error. It partly cancels between start and finish, but not completely.
Combining two uncertainties in quadrature
\(P = U I\) with \(U = (12.0 \pm 0.1)\ \text{V}\) and \(I = (2.00 \pm 0.03)\ \text{A}\) (standard, independent uncertainties).
\(P = 24.0\ \text{W}\) and \(u_P \approx 0.4\ \text{W}\).
Lire une règle
Le bord d'une feuille tombe entre le trait 21,5 cm et le trait 21,6 cm, plus près de 21,6. On écrit 21,6 cm. Écrire 21,58 cm prétendrait lire un dixième de millimètre : impossible avec cette règle.
Vitesse d'un cycliste
Un cycliste fait 4,2 km en 12 min. En m/s : 4200 m divisés par 720 s.
\[ v = \frac{4200\ \text{m}}{720\ \text{s}} \approx 5{,}8\ \text{m/s} \]
Deux chiffres significatifs, comme les données.
Reading a ruler
The edge of a sheet falls between the 21.5 cm mark and the 21.6 cm mark, closer to 21.6. We write 21.6 cm. Writing 21.58 cm would claim to read a tenth of a millimetre: impossible with this ruler.
Speed of a cyclist
A cyclist covers 4.2 km in 12 min. In m/s: 4200 m divided by 720 s.
\[ v = \frac{4200\ \text{m}}{720\ \text{s}} \approx 5.8\ \text{m/s} \]
Two significant figures, like the data.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 0 · Mesurer
Le mètre, le kilogramme, la seconde : une histoire
D'où viennent nos unités ? De la Terre elle-même, d'un litre d'eau et de la durée du jour. Ces définitions anciennes donnent la meilleure intuition de ce que valent 1 m, 1 kg et 1 s.
Chapter 0 · Measuring
The metre, the kilogram, the second: a history
Where do our units come from? From the Earth itself, from a litre of water and from the length of the day. These old definitions give the best intuition of what 1 m, 1 kg and 1 s are worth.
Avant : chacun sa règle
Il y a 250 ans, chaque région avait ses unités : le pied, le pouce, la toise, la livre, l'aune. Le pied d'une ville n'était pas celui de la ville voisine. Les marchands se disputaient souvent.
Le mètre vient de la Terre
En 1791, en France, des savants décident de prendre une mesure qui appartient à tout le monde : la Terre. Ils coupent la distance entre le pôle Nord et l'équateur en dix millions de morceaux. Un morceau, c'est un mètre.
Du pôle Nord à l'équateur, il y a 10 000 km : c'est ainsi qu'on a défini le mètre. Deux savants ont mesuré le morceau entre Dunkerque et Barcelone pendant sept ans.
Le kilogramme vient de l'eau
Prends une boîte en forme de cube de 10 cm de côté. Remplis-la d'eau : c'est 1 litre. Cette eau a une masse de 1 kilogramme. C'est la réponse à la question du début : une bouteille d'un litre d'eau pèse à peu près autant qu'un paquet de sucre de 1 kg (plus un peu pour la bouteille).
Un cube de 10 cm de côté contient 1 litre. Rempli d'eau, il pèse 1 kg.
La seconde vient du jour
Un jour, c'est 24 heures. Une heure, 60 minutes. Une minute, 60 secondes. Un jour contient donc 86 400 secondes. Une seconde, c'est à peu près un battement de ton cœur quand tu es calme.
Expériences
Fais un grand pas : il mesure à peu près 1 m. Vérifie avec un mètre ruban.
Soulève une bouteille d'eau de 1 L : tu sens 1 kg.
Pose deux doigts sur ton poignet et compte tes battements pendant une minute. Tu en trouves entre 60 et 100 environ.
Je retiens
1 m : environ un grand pas. À l'origine, un dix-millionième de la distance du pôle à l'équateur.
1 kg : la masse de 1 litre d'eau.
1 s : environ un battement de cœur. Un jour compte 86 400 s.
Petit lexique
Méridien
ligne imaginaire qui va d'un pôle à l'autre.
Équateur
ligne imaginaire au milieu de la Terre.
Litre
volume d'un cube de 10 cm de côté.
Before: each to their own ruler
250 years ago, every region had its own units: the foot, the inch, the fathom, the pound, the ell. One town's foot was not the next town's foot. Merchants often argued.
The metre comes from the Earth
In 1791, in France, scientists decided to use a measure that belongs to everyone: the Earth. They split the distance from the North Pole to the equator into ten million pieces. One piece is a metre.
From the North Pole to the equator there are 10,000 km: that is how the metre was defined. Two scientists spent seven years measuring the stretch between Dunkirk and Barcelona.
The kilogram comes from water
Take a cube-shaped box 10 cm on each side. Fill it with water: that is 1 litre. This water has a mass of 1 kilogram. That answers the question at the start: a one-litre bottle of water weighs about as much as a 1 kg bag of sugar (plus a little for the bottle).
A cube 10 cm on each side holds 1 litre. Filled with water, it weighs 1 kg.
The second comes from the day
A day is 24 hours. An hour, 60 minutes. A minute, 60 seconds. So a day holds 86,400 seconds. A second is roughly one beat of your heart when you are calm.
Experiments
Take a big step: it is about 1 m long. Check with a tape measure.
Lift a 1 L bottle of water: you feel 1 kg.
Put two fingers on your wrist and count your heartbeats for one minute. You find roughly 60 to 100.
Remember
1 m: about a big step. Originally, one ten-millionth of the distance from the pole to the equator.
1 kg: the mass of 1 litre of water.
1 s: about one heartbeat. A day has 86,400 s.
Word list
Meridian
imaginary line from one pole to the other.
Equator
imaginary line around the middle of the Earth.
Litre
the volume of a cube 10 cm on each side.
Pourquoi un système commun ?
Sous l'Ancien Régime, la France comptait des centaines d'unités locales. Le « pied du roi » de Paris valait environ 32,5 cm, mais d'autres pieds avaient cours ailleurs. La Révolution veut des unités « pour tous les temps, pour tous les peuples », fondées sur la nature et découpées en multiples de 10.
Le mètre (1791)
Le mètre est défini comme un dix-millionième du quart du méridien terrestre, c'est-à-dire de la distance du pôle Nord à l'équateur. De 1792 à 1798, Delambre et Méchain mesurent l'arc entre Dunkerque et Barcelone. En 1799, on fabrique une règle en platine, le « mètre des Archives ».
Le quart de méridien mesure 10 000 km par définition. Le tour de la Terre en passant par les pôles fait donc environ 40 000 km.
Calcul guidé
Quelle est la circonférence de la Terre, d'après la définition du mètre ?
Un quart de méridien vaut 10 000 000 m, donc 10 000 km.
La valeur mesurée aujourd'hui est 40 008 km par les pôles. Le mètre de 1799 est donc juste à 0,02 % près.
Le kilogramme (1795)
Le kilogramme est la masse d'un décimètre cube (un litre) d'eau pure, prise à la température où l'eau est la plus dense, vers 4 °C. En 1799, on fabrique un cylindre de platine de cette masse, le « kilogramme des Archives ».
Un décimètre cube d'eau, c'est 1 L et 1 kg. Donc 1 mL d'eau (1 cm³) pèse 1 g.
La seconde
La seconde est la 86 400e partie du jour solaire moyen (24 × 60 × 60 = 86 400). La Révolution a essayé un temps décimal, avec des journées de 10 heures de 100 minutes. Il a été abandonné après moins de deux ans.
Un jour de 24 h contient 86 400 secondes.
Pour l'intuition
1 m : un grand pas d'adulte, la hauteur d'une poignée de porte.
1 kg : un litre d'eau, un paquet de sucre.
1 s : un battement de cœur au repos, le temps de dire « un crocodile ».
Je retiens
1 m = 1/10 000 000 de la distance pôle-équateur (1791). Tour de la Terre : 40 000 km.
1 kg = masse de 1 L = 1 dm³ d'eau. Donc 1 cm³ d'eau = 1 g.
1 jour = 86 400 s.
Why a common system?
Before the Revolution, France had hundreds of local units. The Paris “king's foot” was worth about 32.5 cm, but other feet were used elsewhere. The Revolution wanted units “for all times, for all peoples”, based on nature and split into multiples of 10.
The metre (1791)
The metre is defined as one ten-millionth of a quarter of the Earth's meridian, that is, of the distance from the North Pole to the equator. From 1792 to 1798, Delambre and Méchain measured the arc from Dunkirk to Barcelona. In 1799 a platinum bar was made, the “Metre of the Archives”.
The quarter meridian is 10,000 km by definition. The trip round the Earth through the poles is therefore about 40,000 km.
Guided calculation
What is the Earth's circumference, according to the definition of the metre?
The value measured today is 40,008 km through the poles. The 1799 metre is therefore right to within 0.02 %.
The kilogram (1795)
The kilogram is the mass of one cubic decimetre (one litre) of pure water, taken at the temperature where water is densest, about 4 °C. In 1799 a platinum cylinder of that mass was made, the “Kilogram of the Archives”.
One cubic decimetre of water is 1 L and 1 kg. So 1 mL of water (1 cm³) weighs 1 g.
The second
The second is the 86,400th part of the mean solar day (24 × 60 × 60 = 86,400). The Revolution tried decimal time, with days of 10 hours of 100 minutes. It was dropped after less than two years.
A 24 h day holds 86,400 seconds.
For intuition
1 m: an adult's long stride, the height of a door handle.
1 kg: a litre of water, a bag of sugar.
1 s: one heartbeat at rest, the time to say “one Mississippi”.
Remember
1 m = 1/10,000,000 of the pole-to-equator distance (1791). Round the Earth: 40,000 km.
1 kg = mass of 1 L = 1 dm³ of water. So 1 cm³ of water = 1 g.
1 day = 86,400 s.
Le chaos des unités d'Ancien Régime
Avant 1790, une même unité pouvait changer d'une ville à l'autre. À Paris, la toise valait six pieds du roi, environ 1,949 m, et la livre (poids de marc) environ 489,5 g. Ces valeurs n'étaient pas celles de Lyon ou de Genève. Le commerce, l'impôt et la science en souffraient. En 1790, l'Assemblée constituante charge l'Académie des sciences de fonder un système nouveau.
Le choix du méridien
Deux étalons naturels sont discutés. Le premier est la longueur du pendule qui bat la seconde (aller simple en 1 s, donc période 2 s). Il a l'avantage d'être facile à reproduire. Mais il dépend de \(g\), qui varie avec la latitude. L'Académie choisit en 1791 le second : un dix-millionième du quart du méridien terrestre.
La définition de 1791 relie le mètre à la taille de la Terre. Delambre et Méchain mesurent l'arc Dunkerque-Barcelone, environ un dixième du quart de méridien, puis on extrapole.
Delambre (au nord, de Dunkerque à Rodez) et Méchain (au sud, de Rodez à Barcelone) mesurent l'arc entre 1792 et 1798, en pleine Révolution, par triangulation : une chaîne de triangles dont on mesure les angles, avec une seule longueur mesurée directement au sol. Le résultat donne en 1799 le mètre des Archives, une règle de platine.
Calcul guidé
Mesure moderne : le quart de méridien fait 10 001 966 m. De combien le mètre de 1799 est-il trop court ?
Avec la définition idéale, le « vrai » mètre serait le dix-millionième de la longueur réelle.
Le mètre des Archives est trop court d'environ 0,2 mm, soit 0,02 %. Une erreur minuscule pour l'époque. Elle ne gêne personne : ce qui compte, c'est que tout le monde utilise le même étalon.
Le kilogramme et l'eau
La loi de 1795 définit le gramme comme la masse d'un centimètre cube d'eau pure. Pour un étalon pratique, on prend 1000 fois plus : le kilogramme, masse d'un décimètre cube d'eau. Lefèvre-Gineau et Fabbroni le mesurent en pesant un cylindre de laiton immergé, en corrigeant la température : l'eau est la plus dense vers 4 °C. En 1799, un cylindre de platine de même masse devient le kilogramme des Archives.
Le lien entre masse et volume : 1 dm³ d'eau = 1 L = 1 kg. La masse volumique de l'eau vaut donc 1000 kg/m³.
Ce choix a une conséquence pratique très utile : la masse volumique de l'eau vaut \(\rho_{\text{eau}} = 1\ \text{kg/L} = 1000\ \text{kg/m}^{3} = 1\ \text{g/cm}^{3}\). Une baignoire de 150 L contient 150 kg d'eau.
Les prototypes internationaux (1889)
En 1875, dix-sept États signent la Convention du Mètre et créent le Bureau international des poids et mesures (BIPM), à Sèvres près de Paris. En 1889, on adopte de nouveaux prototypes en platine iridié (90 % de platine, 10 % d'iridium), très stable : une règle de section en X pour le mètre, et un cylindre de 39 mm de haut et de diamètre pour le kilogramme, le « grand K ». Des copies sont distribuées aux pays signataires.
La seconde et la Terre qui ralentit
La seconde est longtemps restée la 86 400e partie du jour solaire moyen. Mais la rotation de la Terre n'est pas parfaitement régulière et ralentit lentement (les marées freinent la Terre). Une unité fondée sur elle varie. Ce défaut mènera à la seconde atomique (sous-page suivante).
La seconde « astronomique » : 1/86 400 du jour solaire moyen.
Un peu d'histoire
Méchain découvrit une petite incohérence, de quelques secondes d'arc, dans ses mesures de latitude près de Barcelone. Il la garda pour lui et chercha à la corriger jusqu'à sa mort en 1804. Cette histoire montre que toute mesure a une incertitude, même faite par les meilleurs.
À retenir
1791 : 1 m = 1/10 000 000 du quart de méridien. Réalisé par une règle de platine en 1799, trop courte d'environ 0,2 mm.
1795 : 1 kg = masse de 1 dm³ d'eau vers 4 °C, d'où \(\rho_{\text{eau}} = 1000\ \text{kg/m}^{3}\).
1 s = 1/86 400 du jour solaire moyen, définition fragile car la Terre ralentit.
1875 : Convention du Mètre ; 1889 : prototypes en platine iridié.
OS / OC
La triangulation de Delambre et Méchain
Mesurer 1000 km au ruban est impossible. La triangulation remplace les longueurs par des angles, mesurés au cercle répétiteur de Borda avec une précision de l'ordre de la seconde d'arc. On ne mesure qu'une longueur au sol, la base (deux bases d'environ 12 km, à Melun et à Perpignan). La loi des sinus donne ensuite tous les côtés.
Une chaîne de triangles entre clochers et sommets. Connaissant la base AB et les angles, on calcule AC, BC, puis le triangle suivant, et ainsi de suite.
Calcul guidé
Base \(AB = 1200\ \text{m}\). On vise le clocher C : angle en A de 62°, angle en B de 71°. Distance AC ?
Presque un mètre ! Mais \(g\) passe de 9,78 m/s² à l'équateur à 9,83 m/s² aux pôles. La longueur varierait de 0,991 m à 0,996 m selon le lieu, soit 0,5 %. C'est la raison principale du rejet de cet étalon.
Université
Une Terre aplatie
La Terre n'est pas une sphère mais, en bonne approximation, un ellipsoïde de révolution aplati aux pôles, d'aplatissement \(f = (a - b)/a \approx 1/298{,}26\). Le rayon de courbure du méridien à la latitude \(\varphi\) vaut
Un degré de latitude mesure \(M(\varphi)\cdot\pi/180\) : environ 110,57 km à l'équateur et 111,69 km au pôle. C'est en mesurant cet écart sur des arcs à différentes latitudes que l'on détermine l'aplatissement. L'arc de Delambre et Méchain, combiné à celui mesuré au Pérou dans les années 1730, a donné un aplatissement voisin de 1/334, assez loin de la valeur actuelle : les arcs étaient courts et la Terre n'est pas un ellipsoïde parfait. La longueur du quart de méridien s'obtient en intégrant \(M(\varphi)\) de 0 à \(\pi/2\), une intégrale elliptique.
The chaos of pre-revolutionary units
Before 1790, the same unit could change from one town to the next. In Paris the toise was six king's feet, about 1.949 m, and the pound (poids de marc) about 489.5 g. These were not the values in Lyon or Geneva. Trade, taxation and science suffered. In 1790 the Constituent Assembly asked the Academy of Sciences to found a new system.
Choosing the meridian
Two natural standards were debated. The first was the length of the seconds pendulum (one swing in 1 s, so a period of 2 s). It had the advantage of being easy to reproduce. But it depends on \(g\), which varies with latitude. In 1791 the Academy chose the second: one ten-millionth of a quarter of the Earth's meridian.
The 1791 definition links the metre to the size of the Earth. Delambre and Méchain measured the Dunkirk-Barcelona arc, about a tenth of the quarter meridian, then extrapolated.
Delambre (in the north, Dunkirk to Rodez) and Méchain (in the south, Rodez to Barcelona) measured the arc between 1792 and 1798, in the middle of the Revolution, by triangulation: a chain of triangles whose angles are measured, with only one length measured directly on the ground. The result gave the Metre of the Archives in 1799, a platinum bar.
Guided calculation
Modern measurement: the quarter meridian is 10,001,966 m. By how much is the 1799 metre too short?
With the ideal definition, the “true” metre would be one ten-millionth of the real length.
The Metre of the Archives is about 0.2 mm too short, or 0.02 %. A tiny error for the time. It bothers nobody: what matters is that everyone uses the same standard.
The kilogram and water
The 1795 law defined the gram as the mass of one cubic centimetre of pure water. For a practical standard, 1000 times more was taken: the kilogram, the mass of one cubic decimetre of water. Lefèvre-Gineau and Fabbroni measured it by weighing an immersed brass cylinder, correcting for temperature: water is densest at about 4 °C. In 1799 a platinum cylinder of the same mass became the Kilogram of the Archives.
The link between mass and volume: 1 dm³ of water = 1 L = 1 kg. The density of water is therefore 1000 kg/m³.
This choice has a very useful practical consequence: the density of water is \(\rho_{\text{water}} = 1\ \text{kg/L} = 1000\ \text{kg/m}^{3} = 1\ \text{g/cm}^{3}\). A 150 L bathtub holds 150 kg of water.
The international prototypes (1889)
In 1875, seventeen states signed the Metre Convention and created the International Bureau of Weights and Measures (BIPM), in Sèvres near Paris. In 1889 new prototypes were adopted, made of platinum-iridium (90 % platinum, 10 % iridium), which is very stable: a bar with an X-shaped cross-section for the metre, and a cylinder 39 mm high and wide for the kilogram, the “Big K”. Copies were sent to the signatory countries.
The second and the slowing Earth
For a long time the second remained the 86,400th part of the mean solar day. But the Earth's rotation is not perfectly regular and slowly slows down (tides brake the Earth). A unit based on it varies. This flaw led to the atomic second (next sub-page).
The “astronomical” second: 1/86,400 of the mean solar day.
A bit of history
Méchain found a small inconsistency, a few seconds of arc, in his latitude measurements near Barcelona. He kept it to himself and tried to fix it until his death in 1804. The story shows that every measurement has an uncertainty, even when made by the best.
Key points
1791: 1 m = 1/10,000,000 of the quarter meridian. Realised by a platinum bar in 1799, about 0.2 mm too short.
1795: 1 kg = mass of 1 dm³ of water at about 4 °C, hence \(\rho_{\text{water}} = 1000\ \text{kg/m}^{3}\).
1 s = 1/86,400 of the mean solar day, a fragile definition because the Earth slows down.
1875: Metre Convention; 1889: platinum-iridium prototypes.
Advanced
Delambre and Méchain's triangulation
Measuring 1000 km with a tape is impossible. Triangulation replaces lengths by angles, measured with Borda's repeating circle to an accuracy of the order of a second of arc. Only one length is measured on the ground, the baseline (two baselines of about 12 km, at Melun and Perpignan). The law of sines then gives all the sides.
A chain of triangles between church towers and summits. Knowing baseline AB and the angles, we compute AC, BC, then the next triangle, and so on.
Guided calculation
Baseline \(AB = 1200\ \text{m}\). We sight church tower C: angle at A of 62°, angle at B of 71°. Distance AC?
Almost one metre! But \(g\) goes from 9.78 m/s² at the equator to 9.83 m/s² at the poles. The length would vary from 0.991 m to 0.996 m depending on the place, or 0.5 %. That is the main reason this standard was rejected.
University
A flattened Earth
The Earth is not a sphere but, to a good approximation, an ellipsoid of revolution flattened at the poles, with flattening \(f = (a - b)/a \approx 1/298.26\). The meridian radius of curvature at latitude \(\varphi\) is
One degree of latitude is \(M(\varphi)\cdot\pi/180\): about 110.57 km at the equator and 111.69 km at the pole. Measuring this difference on arcs at different latitudes is how the flattening is found. Delambre and Méchain's arc, combined with the one measured in Peru in the 1730s, gave a flattening close to 1/334, quite far from today's value: the arcs were short and the Earth is not a perfect ellipsoid. The length of the quarter meridian is obtained by integrating \(M(\varphi)\) from 0 to \(\pi/2\), an elliptic integral.
Exemples résolusWorked examples
Masse d'eau dans un aquarium
Un aquarium mesure 60 cm × 30 cm × 40 cm. Volume en dm³ (1 dm = 10 cm) :
Un moyen mnémotechnique : une année vaut environ \(\pi \cdot 10^{7}\) s.
Le pied du roi en mètres
La toise de Paris vaut 1,949 m et contient 6 pieds. Un pied du roi vaut donc \(1{,}949/6 \approx 0{,}325\ \text{m}\), et le pouce (1/12 de pied) environ 2,7 cm.
Hauteur d'une montagne par triangulation
Depuis deux points distants de 500 m, alignés avec le sommet, on vise le sommet sous 20° et sous 26° au-dessus de l'horizontale. Soit \(x\) la distance horizontale du point le plus proche au pied de la verticale du sommet, et \(h\) la hauteur.
\[ h = x \tan 26^\circ = (x + 500)\tan 20^\circ \]
A memory aid: a year is about \(\pi \times 10^{7}\) s.
The king's foot in metres
The Paris toise is 1.949 m and contains 6 feet. So a king's foot is \(1.949/6 \approx 0.325\ \text{m}\), and the inch (1/12 of a foot) about 2.7 cm.
Height of a mountain by triangulation
From two points 500 m apart, in line with the summit, the summit is sighted at 20° and 26° above the horizontal. Let \(x\) be the horizontal distance from the nearer point to the foot of the summit's vertical, and \(h\) the height.
\[ h = x \tan 26^\circ = (x + 500)\tan 20^\circ \]
Une piscine de 10 m × 4 m × 1,5 m contient \(60\ \text{m}^{3}\). Comme \(1\ \text{m}^{3} = 1000\ \text{L}\), cela fait 60 000 L d'eau, soit 60 000 kg = 60 tonnes.
Combien de secondes dans une semaine ?
\[ 7 \cdot 86\,400 = 604\,800\ \text{s} \]
A swimming pool
A 10 m × 4 m × 1.5 m pool holds \(60\ \text{m}^{3}\). Since \(1\ \text{m}^{3} = 1000\ \text{L}\), that is 60,000 L of water, or 60,000 kg = 60 tonnes.
How many seconds in a week?
\[ 7 \times 86\,400 = 604\,800\ \text{s} \]
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 0 · Mesurer
Le SI d'aujourd'hui : des constantes de la nature
Depuis 2019, plus aucune unité ne dépend d'un objet. La seconde vient d'un atome, le mètre de la lumière, le kilogramme de la constante de Planck. Pourquoi, et comment ?
Chapter 0 · Measuring
Today's SI: constants of nature
Since 2019, no unit depends on an object any more. The second comes from an atom, the metre from light, the kilogram from the Planck constant. Why, and how?
Le problème des objets
Pendant plus de cent ans, le kilogramme était un petit cylindre de métal enfermé dans un coffre près de Paris. Mais un objet peut s'abîmer, se salir ou être perdu. Et il n'est qu'à un seul endroit.
La solution : la nature
Aujourd'hui, les savants utilisent des choses qui sont exactement pareilles partout dans l'Univers.
La seconde : un atome de césium « vibre » toujours au même rythme. On compte 9 192 631 770 vibrations : c'est une seconde. Plus de neuf milliards !
Le mètre : la lumière va toujours à la même vitesse. Le mètre, c'est la distance qu'elle parcourt en un tout petit bout de seconde.
Le kilogramme : il est fixé par un nombre de la nature, la constante de Planck, à l'aide d'une balance très spéciale.
Une horloge atomique compte les oscillations d'une onde réglée sur les atomes de césium.
Le savais-tu ?
Le GPS de ton téléphone fonctionne grâce à des horloges atomiques placées dans des satellites. Une erreur d'un millionième de seconde te placerait 300 m à côté !
Je retiens
Aujourd'hui, les unités viennent de la nature : atomes et lumière.
Ces définitions sont les mêmes partout, même sur une autre planète.
The trouble with objects
For more than a hundred years, the kilogram was a small metal cylinder locked in a safe near Paris. But an object can get damaged, dirty or lost. And it is only in one place.
The solution: nature
Today scientists use things that are exactly the same everywhere in the Universe.
The second: a caesium atom always “vibrates” at the same rhythm. Count 9,192,631,770 vibrations: that is one second. More than nine billion!
The metre: light always travels at the same speed. The metre is the distance it covers in a tiny fraction of a second.
The kilogram: it is fixed by a number from nature, the Planck constant, using a very special balance.
An atomic clock counts the oscillations of a wave tuned to caesium atoms.
Did you know?
Your phone's GPS works thanks to atomic clocks on satellites. An error of a millionth of a second would put you 300 m off!
Remember
Today units come from nature: atoms and light.
These definitions are the same everywhere, even on another planet.
Des objets aux constantes
Le kilogramme de 1889 était un cylindre unique. Ses copies, comparées à lui à plusieurs reprises, s'en sont écartées d'environ 50 microgrammes en un siècle. Lequel avait changé ? Impossible à dire : par définition, l'original pesait toujours exactement 1 kg.
Depuis le 20 mai 2019, le SI repose sur sept constantes dont la valeur est fixée exactement. Les unités en découlent.
Les sept constantes qui définissent le SI. La seconde sert à définir le mètre, et les deux servent à définir le kilogramme.
La seconde
Depuis 1967, une seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes d'une onde émise par l'atome de césium 133. Une horloge atomique compte ces oscillations.
Le mètre
Depuis 1983, la vitesse de la lumière dans le vide vaut exactement \(c = 299\,792\,458\ \text{m/s}\). Le mètre est la distance parcourue par la lumière en \(\tfrac{1}{299\,792\,458}\) de seconde.
Calcul guidé
Quelle distance la lumière parcourt-elle en une nanoseconde (\(1\ \text{ns} = 10^{-9}\ \text{s}\)) ?
Distance = vitesse × durée.
\[ d = c\, t = 3 \cdot 10^{8}\ \text{m/s} \cdot 10^{-9}\ \text{s} \]
On multiplie les puissances de 10 en additionnant les exposants.
En un milliardième de seconde, la lumière parcourt 30 cm. Une horloge GPS fausse d'une nanoseconde décale la position d'environ 30 cm.
Le kilogramme
La constante de Planck vaut exactement \(h = 6{,}626\,070\,15 \cdot 10^{-34}\ \text{J·s}\). Comme \(1\ \text{J·s} = 1\ \text{kg·m}^{2}\text{/s}\), fixer \(h\) (avec le mètre et la seconde) fixe le kilogramme. On le réalise avec une balance de Kibble, qui compare un poids à une force électromagnétique.
Je retiens
Depuis 2019, le SI repose sur 7 constantes de valeur exacte.
s : atome de césium ; m : vitesse de la lumière ; kg : constante de Planck.
Avantage : les unités sont les mêmes partout et pour toujours.
From objects to constants
The 1889 kilogram was a single cylinder. Its copies, compared with it several times, drifted from it by about 50 micrograms over a century. Which one had changed? Impossible to say: by definition, the original always weighed exactly 1 kg.
Since 20 May 2019, the SI rests on seven constants whose values are fixed exactly. The units follow from them.
The seven constants that define the SI. The second is used to define the metre, and both are used to define the kilogram.
The second
Since 1967, one second is the duration of 9,192,631,770 periods of a wave emitted by the caesium-133 atom. An atomic clock counts these oscillations.
The metre
Since 1983, the speed of light in vacuum is exactly \(c = 299\,792\,458\ \text{m/s}\). The metre is the distance light travels in \(\tfrac{1}{299\,792\,458}\) of a second.
Guided calculation
How far does light travel in one nanosecond (\(1\ \text{ns} = 10^{-9}\ \text{s}\))?
Distance = speed × time.
\[ d = c\, t = 3 \times 10^{8}\ \text{m/s} \times 10^{-9}\ \text{s} \]
In a billionth of a second, light travels 30 cm. A GPS clock off by one nanosecond shifts the position by about 30 cm.
The kilogram
The Planck constant is exactly \(h = 6.626\,070\,15 \times 10^{-34}\ \text{J·s}\). Since \(1\ \text{J·s} = 1\ \text{kg·m}^{2}\text{/s}\), fixing \(h\) (together with the metre and the second) fixes the kilogram. It is realised with a Kibble balance, which compares a weight with an electromagnetic force.
Remember
Since 2019 the SI rests on 7 constants with exact values.
s: caesium atom; m: speed of light; kg: Planck constant.
Advantage: units are the same everywhere and forever.
Pourquoi abandonner le grand K ?
Un étalon matériel a trois défauts. Il est unique : toute mesure de masse précise devait remonter, par comparaisons successives, à un cylindre gardé à Sèvres. Il peut changer : contamination de surface, nettoyage, usure. Enfin, sa dérive est indétectable par définition. Lors des vérifications de 1889 à 1989, les copies nationales se sont écartées du prototype d'environ 50 µg, soit \(5 \cdot 10^{-8}\) en relatif.
Une constante fondamentale, elle, ne s'use pas et peut être utilisée dans n'importe quel laboratoire équipé. C'est l'idée de la révision de 2019 : fixer la valeur numérique de constantes et en déduire les unités.
La révision de 2019 : sept constantes exactes. Chaque unité de base se déduit d'une ou plusieurs constantes.
Les sept constantes définissantes
Constante
Valeur exacte
\(\Delta\nu_{\text{Cs}}\), transition hyperfine du césium 133
9 192 631 770 Hz
\(c\), vitesse de la lumière dans le vide
299 792 458 m/s
\(h\), constante de Planck
6,626 070 15 · 10⁻³⁴ J·s
\(e\), charge élémentaire
1,602 176 634 · 10⁻¹⁹ C
\(k\), constante de Boltzmann
1,380 649 · 10⁻²³ J/K
\(N_A\), constante d'Avogadro
6,022 140 76 · 10²³ mol⁻¹
\(K_{\text{cd}}\), efficacité lumineuse à 540 THz
683 lm/W
La seconde, le mètre, le kilogramme
La seconde se lit directement sur \(\Delta\nu_{\text{Cs}}\) : \(1\ \text{s} = 9\,192\,631\,770 / \Delta\nu_{\text{Cs}}\). Cette définition date de 1967. Elle a remplacé une seconde astronomique trop instable.
Principe d'une horloge atomique : on règle une onde micro-ondes pour que les atomes de césium réagissent au maximum, puis on compte ses oscillations.
Le mètre se déduit de \(c\) et de la seconde : \(1\ \text{m} = \dfrac{c}{299\,792\,458}\cdot 1\ \text{s}\). Avant 1983, il était défini (depuis 1960) par une longueur d'onde du krypton 86, et avant encore par le prototype de 1889.
Le kilogramme se déduit de \(h\), du mètre et de la seconde. L'unité de \(h\) est le J·s, soit kg·m²/s. Donc
Cela paraît abstrait. Mais la valeur de \(h\) a été choisie pour que le nouveau kilogramme soit égal, à mieux que \(10^{-8}\) près, à l'ancien. Ta balance de cuisine n'a rien remarqué.
Les autres unités de base, en bref
Ampère (A), courant : fixé par \(e\). Un courant de 1 A transporte \(1/e \approx 6{,}24 \cdot 10^{18}\) charges élémentaires par seconde.
Kelvin (K), température : fixé par \(k\), qui relie température et énergie d'agitation.
Quelques nanosecondes par an : la seconde est de loin l'unité réalisée le plus précisément. C'est pourquoi on définit les autres unités à partir d'elle.
Erreur fréquente
Croire que « la vitesse de la lumière a été mesurée exactement ». C'est l'inverse : depuis 1983, sa valeur est fixée, et c'est le mètre qui en découle. On ne peut plus « mesurer » \(c\) en m/s.
À retenir
Le SI de 2019 fixe exactement 7 constantes : \(\Delta\nu_{\text{Cs}}, c, h, e, k, N_A, K_{\text{cd}}\).
s ← \(\Delta\nu_{\text{Cs}}\) ; m ← \(c\) et s ; kg ← \(h\), m et s.
Le grand K dérivait d'environ 50 µg par siècle par rapport à ses copies ; une constante ne dérive pas.
OS / OC
La balance de Kibble
Comment « peser » avec une constante de Planck ? La balance de Kibble (du nom de Bryan Kibble) fonctionne en deux temps, avec la même bobine plongée dans le champ d'un aimant.
Mode pesée : la force magnétique sur la bobine équilibre le poids. Mode vitesse : on déplace la bobine et on mesure la tension induite.
Mode pesée. Un courant \(I\) dans la bobine (longueur de fil \(L\), champ \(B\)) crée une force verticale \(F = B L I\). On règle \(I\) pour équilibrer le poids : \(m g = B L I\).
Mode vitesse. Sans masse, on déplace la bobine à vitesse \(v\). Une tension est induite : \(U = B L v\).
Le produit \(BL\), difficile à mesurer, disparaît quand on combine les deux équations :
\[ m g v = U I \]
\[ m = \frac{U I}{g\, v} \]
Une puissance mécanique est égalée à une puissance électrique. Il reste à mesurer \(g\) (gravimètre), \(v\) (laser, donc mètre et seconde), \(U\) et \(I\). Ces deux dernières se mesurent par des effets quantiques qui font intervenir \(h\) : c'est ainsi que \(h\) fixe le kilogramme.
Calcul guidé
Ordre de grandeur : \(m = 1\ \text{kg}\), \(v = 2\ \text{mm/s}\), \(U = 1\ \text{V}\). Quel courant faut-il dans le mode pesée ?
Des courants et des tensions modestes, mais qu'il faut mesurer à \(10^{-8}\) près.
Horloges atomiques et GPS
Un récepteur GPS calcule sa position à partir des temps de trajet des signaux de plusieurs satellites. Une erreur de temps \(\Delta t\) donne une erreur de distance \(c\,\Delta t\) : 1 µs fait 300 m. Les satellites embarquent donc des horloges atomiques, corrigées aussi des effets de la relativité (chapitre Relativité).
Université
Comment \(h\) entre dans \(U\) et \(I\)
L'effet Josephson relie une tension à une fréquence : une jonction supraconductrice irradiée à la fréquence \(f\) présente des marches de tension \(U = n f / K_J\), avec \(K_J = 2e/h\). L'effet Hall quantique donne des résistances \(R = R_K / i\), avec \(R_K = h/e^{2}\) (\(n\), \(i\) entiers).
On mesure le courant \(I\) par la tension \(U'\) aux bornes d'une résistance \(R\) étalonnée par effet Hall : \(I = U'/R\). En écrivant \(U = n f h/(2e)\), \(U' = n' f' h/(2e)\) et \(R = h/(i e^{2})\) :
\[ U I = \frac{n f h}{2e} \cdot \frac{n' f' h}{2e} \cdot \frac{i e^{2}}{h} = \frac{n n' i\, f f'}{4}\, h \]
\[ m = \frac{n n' i\, f f'}{4\, g\, v}\, h \]
La charge \(e\) s'élimine. La masse ne dépend plus que de \(h\), de fréquences (donc de \(\Delta\nu_{\text{Cs}}\)), d'une accélération et d'une vitesse (donc de \(c\) et \(\Delta\nu_{\text{Cs}}\)). Une autre méthode, la sphère de silicium 28 (« méthode Avogadro »), compte les atomes d'une sphère quasi parfaite par diffraction X et relie sa masse à \(h\) via la constante de Rydberg et les masses atomiques. Les deux méthodes concordent à quelques \(10^{-8}\) près, condition posée avant la révision de 2019.
Dimensions des constantes
En unités de base : \([h] = \text{kg·m}^{2}\text{·s}^{-1}\), \([k] = \text{kg·m}^{2}\text{·s}^{-2}\text{·K}^{-1}\), \([e] = \text{A·s}\). Résoudre ce système pour kg, m, s, A, K revient à inverser une matrice d'exposants : c'est exactement ce que fait la brochure officielle du SI pour exprimer chaque unité à partir des constantes.
Why drop the Big K?
A material standard has three flaws. It is unique: every precise mass measurement had to trace back, through successive comparisons, to one cylinder kept in Sèvres. It can change: surface contamination, cleaning, wear. Finally, its drift is undetectable by definition. In the checks from 1889 to 1989, the national copies drifted from the prototype by about 50 µg, or \(5 \times 10^{-8}\) in relative terms.
A fundamental constant does not wear out and can be used in any suitably equipped laboratory. That is the idea of the 2019 revision: fix the numerical values of constants and derive the units from them.
The 2019 revision: seven exact constants. Each base unit follows from one or more constants.
The second is read directly from \(\Delta\nu_{\text{Cs}}\): \(1\ \text{s} = 9\,192\,631\,770 / \Delta\nu_{\text{Cs}}\). This definition dates from 1967. It replaced an astronomical second that was too unstable.
Principle of an atomic clock: a microwave is tuned so that the caesium atoms respond as strongly as possible, then its oscillations are counted.
The metre follows from \(c\) and the second: \(1\ \text{m} = \dfrac{c}{299\,792\,458}\cdot 1\ \text{s}\). Before 1983 it was defined (from 1960) by a wavelength of krypton-86, and before that by the 1889 prototype.
The kilogram follows from \(h\), the metre and the second. The unit of \(h\) is J·s, that is kg·m²/s. So
This looks abstract. But the value of \(h\) was chosen so that the new kilogram equals the old one to better than \(10^{-8}\). Your kitchen scales noticed nothing.
The other base units, briefly
Ampere (A), current: fixed by \(e\). A current of 1 A carries \(1/e \approx 6.24 \times 10^{18}\) elementary charges per second.
Kelvin (K), temperature: fixed by \(k\), which links temperature and thermal energy.
Mole (mol), amount of substance: exactly \(6.022\,140\,76 \times 10^{23}\) entities.
Candela (cd), luminous intensity: fixed by \(K_{\text{cd}}\).
Guided calculation
How many caesium oscillations in one millisecond? And how precise is the second?
One second holds 9,192,631,770 oscillations. One millisecond holds a thousand times fewer.
A few nanoseconds a year: the second is by far the most precisely realised unit. That is why the other units are defined from it.
Common mistake
Thinking that “the speed of light has been measured exactly”. It is the other way round: since 1983 its value is fixed, and the metre follows from it. You can no longer “measure” \(c\) in m/s.
Key points
The 2019 SI fixes 7 constants exactly: \(\Delta\nu_{\text{Cs}}, c, h, e, k, N_A, K_{\text{cd}}\).
s ← \(\Delta\nu_{\text{Cs}}\); m ← \(c\) and s; kg ← \(h\), m and s.
The Big K drifted by about 50 µg per century relative to its copies; a constant does not drift.
Advanced
The Kibble balance
How do you “weigh” with a Planck constant? The Kibble balance (named after Bryan Kibble) works in two steps, with the same coil placed in a magnet's field.
Weighing mode: the magnetic force on the coil balances the weight. Velocity mode: the coil is moved and the induced voltage is measured.
Weighing mode. A current \(I\) in the coil (wire length \(L\), field \(B\)) creates a vertical force \(F = B L I\). \(I\) is adjusted to balance the weight: \(m g = B L I\).
Velocity mode. Without the mass, the coil is moved at speed \(v\). A voltage is induced: \(U = B L v\).
The product \(BL\), hard to measure, disappears when the two equations are combined:
\[ m g v = U I \]
\[ m = \frac{U I}{g\, v} \]
A mechanical power is matched to an electrical power. What remains is to measure \(g\) (gravimeter), \(v\) (laser, so metre and second), \(U\) and \(I\). These last two are measured through quantum effects that involve \(h\): that is how \(h\) fixes the kilogram.
Guided calculation
Order of magnitude: \(m = 1\ \text{kg}\), \(v = 2\ \text{mm/s}\), \(U = 1\ \text{V}\). What current is needed in weighing mode?
Modest currents and voltages, but they must be measured to \(10^{-8}\).
Atomic clocks and GPS
A GPS receiver works out its position from the travel times of signals from several satellites. A time error \(\Delta t\) gives a distance error \(c\,\Delta t\): 1 µs makes 300 m. The satellites therefore carry atomic clocks, also corrected for relativistic effects (Relativity chapter).
University
How \(h\) enters \(U\) and \(I\)
The Josephson effect links a voltage to a frequency: a superconducting junction irradiated at frequency \(f\) shows voltage steps \(U = n f / K_J\), with \(K_J = 2e/h\). The quantum Hall effect gives resistances \(R = R_K / i\), with \(R_K = h/e^{2}\) (\(n\), \(i\) integers).
The current \(I\) is measured from the voltage \(U'\) across a resistance \(R\) calibrated by the Hall effect: \(I = U'/R\). Writing \(U = n f h/(2e)\), \(U' = n' f' h/(2e)\) and \(R = h/(i e^{2})\):
\[ U I = \frac{n f h}{2e} \cdot \frac{n' f' h}{2e} \cdot \frac{i e^{2}}{h} = \frac{n n' i\, f f'}{4}\, h \]
\[ m = \frac{n n' i\, f f'}{4\, g\, v}\, h \]
The charge \(e\) cancels. The mass depends only on \(h\), on frequencies (so on \(\Delta\nu_{\text{Cs}}\)), on an acceleration and a speed (so on \(c\) and \(\Delta\nu_{\text{Cs}}\)). Another method, the silicon-28 sphere (“Avogadro method”), counts the atoms of an almost perfect sphere by X-ray diffraction and links its mass to \(h\) via the Rydberg constant and atomic masses. The two methods agree to within a few \(10^{-8}\), a condition set before the 2019 revision.
Dimensions of the constants
In base units: \([h] = \text{kg·m}^{2}\text{·s}^{-1}\), \([k] = \text{kg·m}^{2}\text{·s}^{-2}\text{·K}^{-1}\), \([e] = \text{A·s}\). Solving this system for kg, m, s, A, K amounts to inverting a matrix of exponents: that is exactly what the official SI brochure does to express each unit in terms of the constants.
Exemples résolusWorked examples
La lumière entre la Terre et la Lune
Distance moyenne : \(3{,}84 \cdot 10^{8}\) m. Durée du trajet :
Plus de six milliards de milliards d'électrons par seconde.
Dérive du grand K
Une dérive relative de \(5 \cdot 10^{-8}\) sur 1 kg donne \(5 \cdot 10^{-8} \cdot 1000\ \text{g} = 5 \cdot 10^{-5}\ \text{g} = 50\ \mu\text{g}\) : la masse d'un grain de sable très fin, ou d'une empreinte de doigt.
Erreur GPS
Une horloge de satellite décalée de 10 ns :
\[ \Delta d = c\,\Delta t = 3 \cdot 10^{8} \cdot 10 \cdot 10^{-9} = 3\ \text{m} \]
Light between the Earth and the Moon
Mean distance: \(3.84 \times 10^{8}\) m. Travel time:
More than six billion billion electrons per second.
Drift of the Big K
A relative drift of \(5 \times 10^{-8}\) on 1 kg gives \(5 \times 10^{-8} \times 1000\ \text{g} = 5 \times 10^{-5}\ \text{g} = 50\ \mu\text{g}\): the mass of a very fine grain of sand, or of a fingerprint.
GPS error
A satellite clock off by 10 ns:
\[ \Delta d = c\,\Delta t = 3 \times 10^{8} \times 10 \times 10^{-9} = 3\ \text{m} \]
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 0 · Mesurer
Unités dérivées, préfixes, et l'intuition du newton
Avec le mètre, le kilogramme et la seconde, on fabrique toutes les unités de la mécanique. Et que vaut un newton, concrètement ? À peu près le poids d'une tablette de chocolat.
Chapter 0 · Measuring
Derived units, prefixes, and a feel for the newton
With the metre, the kilogram and the second, we build every unit of mechanics. And what is a newton, in practice? About the weight of a chocolate bar.
Des unités faites avec d'autres
Une vitesse, c'est une distance divisée par une durée. Son unité est donc « mètre par seconde » (m/s), ou « kilomètre par heure » (km/h) sur les panneaux routiers.
Le newton : l'unité de force
Une force se mesure en newtons (N). Pour sentir 1 N, tiens une tablette de chocolat de 100 g dans ta main : elle appuie avec environ 1 N. Un paquet de sucre de 1 kg appuie avec environ 10 N.
Un dynamomètre mesure les forces. La tablette de 100 g tire avec environ 1 N, le sac de 1 kg avec environ 10 N.
Les petits mots devant les unités
kilo veut dire « mille » : 1 km = 1000 m, 1 kg = 1000 g. milli veut dire « un millième » : 1 mm est mille fois plus petit qu'un mètre.
Expérience
Accroche une trousse à un élastique et mesure de combien il s'allonge. Remplace-la par une tablette de chocolat de 100 g : tu as un « détecteur de 1 newton » fait maison.
Je retiens
Une vitesse se mesure en m/s ou en km/h.
Une force se mesure en newtons : 1 N ≈ le poids de 100 g.
kilo = 1000 ; milli = un millième.
Petit lexique
Newton (N)
unité de force.
Dynamomètre
appareil à ressort qui mesure une force.
Kilo
mille fois.
Units made from other units
A speed is a distance divided by a time. Its unit is therefore “metre per second” (m/s), or “kilometre per hour” (km/h) on road signs.
The newton: the unit of force
A force is measured in newtons (N). To feel 1 N, hold a 100 g chocolate bar in your hand: it presses down with about 1 N. A 1 kg bag of sugar presses with about 10 N.
A spring scale measures forces. The 100 g bar pulls with about 1 N, the 1 kg bag with about 10 N.
The little words in front of units
kilo means “thousand”: 1 km = 1000 m, 1 kg = 1000 g. milli means “one thousandth”: 1 mm is a thousand times smaller than a metre.
Experiment
Hang a pencil case from a rubber band and measure how much it stretches. Replace it with a 100 g chocolate bar: you have a home-made “1 newton detector”.
Remember
A speed is measured in m/s or km/h.
A force is measured in newtons: 1 N ≈ the weight of 100 g.
kilo = 1000; milli = one thousandth.
Word list
Newton (N)
unit of force.
Spring scale
a spring device that measures a force.
Kilo
a thousand times.
Unités dérivées
Toutes les unités de la mécanique se construisent avec m, kg et s :
Grandeur
Formule
Unité
vitesse
\(v = d/t\)
m/s
accélération
\(a = \Delta v/\Delta t\)
m/s²
force
\(F = m a\)
N = kg·m/s²
énergie, travail
\(W = F d\)
J = N·m
puissance
\(P = E/t\)
W = J/s
pression
\(p = F/S\)
Pa = N/m²
masse volumique
\(\rho = m/V\)
kg/m³
Le newton, avec les mains
1 N est la force qui donne à une masse de 1 kg une accélération de 1 m/s². Concrètement : pousse un objet de 1 kg sur de la glace (sans frottement) avec une force constante de 1 N. Sa vitesse augmente de 1 m/s à chaque seconde.
Une force de 1 N sur 1 kg : 1 m/s de plus chaque seconde. Après 3 s, l'objet va à 3 m/s.
Et le poids ? Sur Terre, un objet de 100 g est attiré avec \(P = m g = 0{,}1 \cdot 9{,}81 \approx 0{,}98\ \text{N}\). Donc 1 N ≈ le poids de 100 g : une tablette de chocolat, une petite pomme, un téléphone léger.
Repères : 100 g pèsent environ 1 N ; 1 kg pèse environ 10 N.
Les préfixes
Les préfixes les plus utilisés vont de mille en mille.
Convertir
De km/h en m/s, on divise par 3,6 (car 1 km/h = 1000 m / 3600 s). De m/s en km/h, on multiplie par 3,6.
Piège des surfaces et des volumes
1 m = 100 cm, mais 1 m² = 100 × 100 = 10 000 cm² et 1 m³ = 1 000 000 cm³. Le préfixe est élevé à la même puissance que l'unité.
Calcul guidé
Une voiture roule à 90 km/h. Combien de mètres parcourt-elle en 1 s ?
Presque la longueur d'une piscine en une seconde. Une seconde d'inattention au volant, c'est 25 m sans regarder.
Je retiens
N = kg·m/s² ; J = N·m ; W = J/s ; Pa = N/m².
1 N : force qui accélère 1 kg de 1 m/s². 1 N ≈ poids de 100 g.
km/h ÷ 3,6 = m/s.
Derived units
Every unit of mechanics is built from m, kg and s:
Quantity
Formula
Unit
speed
\(v = d/t\)
m/s
acceleration
\(a = \Delta v/\Delta t\)
m/s²
force
\(F = m a\)
N = kg·m/s²
energy, work
\(W = F d\)
J = N·m
power
\(P = E/t\)
W = J/s
pressure
\(p = F/S\)
Pa = N/m²
density
\(\rho = m/V\)
kg/m³
The newton, hands-on
1 N is the force that gives a mass of 1 kg an acceleration of 1 m/s². In practice: push a 1 kg object on ice (no friction) with a constant force of 1 N. Its speed increases by 1 m/s every second.
A force of 1 N on 1 kg: 1 m/s more every second. After 3 s, the object moves at 3 m/s.
And weight? On Earth, a 100 g object is pulled with \(W = m g = 0.1 \times 9.81 \approx 0.98\ \text{N}\). So 1 N ≈ the weight of 100 g: a chocolate bar, a small apple, a light phone.
Reference points: 100 g weighs about 1 N; 1 kg weighs about 10 N.
Prefixes
The most common prefixes go up in steps of a thousand.
Converting
From km/h to m/s, divide by 3.6 (since 1 km/h = 1000 m / 3600 s). From m/s to km/h, multiply by 3.6.
The area and volume trap
1 m = 100 cm, but 1 m² = 100 × 100 = 10,000 cm² and 1 m³ = 1,000,000 cm³. The prefix is raised to the same power as the unit.
Guided calculation
A car drives at 90 km/h. How many metres does it cover in 1 s?
Almost the length of a swimming pool in one second. One second of inattention at the wheel is 25 m without looking.
Remember
N = kg·m/s²; J = N·m; W = J/s; Pa = N/m².
1 N: the force that accelerates 1 kg by 1 m/s². 1 N ≈ weight of 100 g.
km/h ÷ 3.6 = m/s.
Unités de base et unités dérivées
Le SI compte sept unités de base. La mécanique n'en utilise que trois : m, kg, s. Toutes les autres unités mécaniques sont des produits de puissances de ces trois-là. Certaines ont reçu un nom propre en hommage à un savant : newton, joule, watt, pascal.
Grandeur
Définition
Unité
En m, kg, s
vitesse
\(v = \dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\)
m/s
m·s⁻¹
accélération
\(a = \dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\)
m/s²
m·s⁻²
force
\(F = m a\)
newton N
kg·m·s⁻²
travail, énergie
\(W = F d\)
joule J
kg·m²·s⁻²
puissance
\(P = W / t\)
watt W
kg·m²·s⁻³
pression
\(p = F/S\)
pascal Pa
kg·m⁻¹·s⁻²
quantité de mouvement
\(p = m v\)
kg·m/s
kg·m·s⁻¹
Le newton : définition et intuition
La deuxième loi de Newton (chapitre Dynamique) s'écrit \(\sum \vec F = m \vec a\). Elle sert à définir l'unité de force :
Un newton est la force qui, appliquée seule à 1 kg, augmente sa vitesse de 1 m/s chaque seconde.
Sans frottement, 1 N appliqué à 1 kg : \(v = a t\) avec \(a = 1\ \text{m/s}^{2}\).
Deux repères pour la main :
Le poids d'un objet de 100 g vaut \(0{,}100 \cdot 9{,}81 = 0{,}981\ \text{N}\), presque 1 N. Une tablette de chocolat, une petite pomme.
Le poids de 1 kg vaut 9,81 N, environ 10 N. Le poids d'un adulte de 70 kg vaut environ 690 N.
Pour sentir les forces : 1 N, c'est 100 g dans la main ; 10 N, c'est un kilo.
De même, 1 J est à peu près l'énergie pour soulever une tablette de 100 g de 1 m (\(0{,}98\ \text{J}\)). Et 1 W, c'est le faire en une seconde.
Les préfixes
Les préfixes du SI. On utilise aussi centi (10⁻²), déci (10⁻¹), pico (10⁻¹²) et téra (10¹²).
Le préfixe fait partie de l'unité. Une puissance s'applique donc au préfixe : \(1\ \text{km}^{2} = (10^{3}\ \text{m})^{2} = 10^{6}\ \text{m}^{2}\), et \(1\ \text{cm}^{3} = 10^{-6}\ \text{m}^{3}\). Exception historique : l'unité de base de masse, le kilogramme, porte déjà un préfixe. On dit milligramme, pas « microkilogramme ».
Convertir sans se tromper
Méthode sûre : on remplace chaque unité par sa valeur en unités SI, puis on calcule. Les fractions d'unités se simplifient comme des nombres.
Calcul guidé
Convertis \(1{,}2\ \text{g/cm}^{3}\) en kg/m³, puis une pression de 1013 hPa en N/cm².
La pression de l'air vaut environ 10 N, soit le poids d'un kilo, sur chaque centimètre carré. Sur ta main, cela fait des centaines de newtons, compensés de tous côtés.
Erreur fréquente
Écrire « 1 kg = 10 N ». C'est faux : un kilogramme est une masse, un newton une force. On peut écrire « un objet de 1 kg a un poids d'environ 10 N sur Terre ». Sur la Lune, ce même kilo pèse 1,6 N.
À retenir
Toute unité mécanique s'écrit \(\text{kg}^{a}\,\text{m}^{b}\,\text{s}^{c}\).
1 N = 1 kg·m/s² ; 100 g pèsent ≈ 1 N ; 1 J ≈ soulever 100 g de 1 m.
Les puissances s'appliquent aux préfixes : 1 cm³ = 10⁻⁶ m³.
OS / OC
Unités hors SI encore utilisées
Plusieurs unités hors SI restent courantes, il faut savoir les convertir :
Unité
Valeur SI
litre L
10⁻³ m³
tonne t
10³ kg
heure h
3600 s
bar
10⁵ Pa
électronvolt eV
1,602 176 634 · 10⁻¹⁹ J
calorie cal
4,184 J
kilowattheure kWh
3,6 · 10⁶ J
cheval-vapeur ch
≈ 735,5 W
nœud
1852 m/h ≈ 0,514 m/s
Calcul guidé
Un radiateur de 2 kW fonctionne 3 h. Énergie en kWh et en J ? Coût à 0,30 CHF/kWh ?
Le kWh est une unité d'énergie, pas de puissance : on le confond souvent avec le kW.
Université
D'autres systèmes d'unités
Le système CGS (centimètre, gramme, seconde) reste présent en astrophysique et dans d'anciens textes. Sa force est la dyne : \(1\ \text{dyn} = 1\ \text{g·cm/s}^{2} = 10^{-5}\ \text{N}\). Son énergie est l'erg : \(10^{-7}\ \text{J}\). En électromagnétisme, le CGS de Gauss change même la forme des équations (pas de \(\varepsilon_0\)) : une formule n'a de sens qu'avec son système d'unités.
Une conversion est une multiplication par 1 écrite astucieusement. Formellement, une unité dérivée est un vecteur d'exposants \((a, b, c)\) dans la base (kg, m, s) : l'ensemble des unités forme un groupe abélien, isomorphe à \(\mathbb{Z}^{3}\) pour la mécanique (ou \(\mathbb{Q}^{3}\) si l'on autorise les racines, comme pour \(\sqrt{\text{Hz}}\) en traitement du signal).
Base units and derived units
The SI has seven base units. Mechanics uses only three: m, kg, s. Every other mechanical unit is a product of powers of these three. Some were given a proper name in honour of a scientist: newton, joule, watt, pascal.
Quantity
Definition
Unit
In m, kg, s
velocity
\(v = \dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\)
m/s
m·s⁻¹
acceleration
\(a = \dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\)
m/s²
m·s⁻²
force
\(F = m a\)
newton N
kg·m·s⁻²
work, energy
\(W = F d\)
joule J
kg·m²·s⁻²
power
\(P = W / t\)
watt W
kg·m²·s⁻³
pressure
\(p = F/S\)
pascal Pa
kg·m⁻¹·s⁻²
momentum
\(p = m v\)
kg·m/s
kg·m·s⁻¹
The newton: definition and intuition
Newton's second law (Dynamics chapter) reads \(\sum \vec F = m \vec a\). It is used to define the unit of force:
One newton is the force that, acting alone on 1 kg, increases its speed by 1 m/s every second.
Without friction, 1 N applied to 1 kg: \(v = a t\) with \(a = 1\ \text{m/s}^{2}\).
Two reference points for your hand:
The weight of a 100 g object is \(0.100 \times 9.81 = 0.981\ \text{N}\), almost 1 N. A chocolate bar, a small apple.
The weight of 1 kg is 9.81 N, about 10 N. The weight of a 70 kg adult is about 690 N.
To feel forces: 1 N is 100 g in your hand; 10 N is a kilo.
Likewise, 1 J is roughly the energy to lift a 100 g bar by 1 m (\(0.98\ \text{J}\)). And 1 W is doing it in one second.
Prefixes
SI prefixes. Centi (10⁻²), deci (10⁻¹), pico (10⁻¹²) and tera (10¹²) are also used.
The prefix is part of the unit. So a power applies to the prefix too: \(1\ \text{km}^{2} = (10^{3}\ \text{m})^{2} = 10^{6}\ \text{m}^{2}\), and \(1\ \text{cm}^{3} = 10^{-6}\ \text{m}^{3}\). Historical exception: the base unit of mass, the kilogram, already carries a prefix. We say milligram, not “microkilogram”.
Converting without mistakes
Safe method: replace each unit by its value in SI units, then calculate. Fractions of units simplify like numbers.
Guided calculation
Convert \(1.2\ \text{g/cm}^{3}\) to kg/m³, then a pressure of 1013 hPa to N/cm².
Air pressure is about 10 N, the weight of a kilo, on every square centimetre. On your hand that makes hundreds of newtons, balanced from all sides.
Common mistake
Writing “1 kg = 10 N”. It is wrong: a kilogram is a mass, a newton a force. You can write “a 1 kg object has a weight of about 10 N on Earth”. On the Moon, the same kilo weighs 1.6 N.
Key points
Every mechanical unit is \(\text{kg}^{a}\,\text{m}^{b}\,\text{s}^{c}\).
1 N = 1 kg·m/s²; 100 g weighs ≈ 1 N; 1 J ≈ lifting 100 g by 1 m.
Powers apply to prefixes: 1 cm³ = 10⁻⁶ m³.
Advanced
Non-SI units still in use
Several non-SI units remain common, and you must know how to convert them:
Unit
SI value
litre L
10⁻³ m³
tonne t
10³ kg
hour h
3600 s
bar
10⁵ Pa
electronvolt eV
1.602 176 634 × 10⁻¹⁹ J
calorie cal
4.184 J
kilowatt-hour kWh
3.6 × 10⁶ J
metric horsepower
≈ 735.5 W
knot
1852 m/h ≈ 0.514 m/s
Guided calculation
A 2 kW heater runs for 3 h. Energy in kWh and in J? Cost at 0.30 CHF/kWh?
The kWh is a unit of energy, not of power: it is often confused with the kW.
University
Other systems of units
The CGS system (centimetre, gram, second) is still found in astrophysics and in older texts. Its force is the dyne: \(1\ \text{dyn} = 1\ \text{g·cm/s}^{2} = 10^{-5}\ \text{N}\). Its energy is the erg: \(10^{-7}\ \text{J}\). In electromagnetism, Gaussian CGS even changes the form of the equations (no \(\varepsilon_0\)): a formula only makes sense together with its system of units.
A conversion is a multiplication by 1 written cleverly. Formally, a derived unit is a vector of exponents \((a, b, c)\) in the basis (kg, m, s): the set of units forms an abelian group, isomorphic to \(\mathbb{Z}^{3}\) for mechanics (or \(\mathbb{Q}^{3}\) if roots are allowed, as for \(\sqrt{\text{Hz}}\) in signal processing).
Exemples résolusWorked examples
Le poids d'un smartphone
Un téléphone de 180 g :
\[ P = m g = 0{,}180 \cdot 9{,}81 \approx 1{,}8\ \text{N} \]
Enough to lift a 70 kg person by \(E/(mg) \approx 1200\ \text{m}\), if the body were 100 % efficient (it is rather 20 to 25 %).
De 108 km/h à m/s
\[ 108 \div 3{,}6 = 30\ \text{m/s} \]
Un litre en cm³
1 L = 1 dm³ = 10 cm × 10 cm × 10 cm = 1000 cm³ = 1000 mL.
From 108 km/h to m/s
\[ 108 \div 3.6 = 30\ \text{m/s} \]
A litre in cm³
1 L = 1 dm³ = 10 cm × 10 cm × 10 cm = 1000 cm³ = 1000 mL.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 0 · Mesurer
Notation scientifique et ordres de grandeur
Du proton à l'Univers, les longueurs couvrent 41 puissances de dix. Comment écrire de tels nombres, les comparer, et estimer une grandeur sans la mesurer ?
Chapter 0 · Measuring
Scientific notation and orders of magnitude
From the proton to the Universe, lengths span 41 powers of ten. How do we write such numbers, compare them, and estimate a quantity without measuring it?
Du tout petit au très grand
Une fourmi mesure quelques millimètres. Toi, à peu près un mètre et demi. Une montagne, quelques kilomètres. La Terre, des milliers de kilomètres. Et les étoiles sont si loin que leur lumière met des années à nous arriver.
Compter les zéros
1000, c'est 10 × 10 × 10 : trois zéros. Un million, c'est six zéros : 1 000 000. Un milliard, neuf zéros. Les scientifiques écrivent \(10^{6}\) pour un million : le petit chiffre en haut compte les zéros.
Devine
Combien de fois ta taille faudrait-il pour monter en haut de la tour Eiffel (300 m) ?
Combien de grains de riz dans un paquet de 1 kg ? Pèse 100 grains si tu peux, puis calcule.
Je retiens
\(10^{3}\) = 1000 ; \(10^{6}\) = un million.
On compare des choses très différentes en comptant les zéros.
Petit lexique
Million
1 000 000, six zéros.
Milliard
mille millions, neuf zéros.
Estimer
trouver une valeur approchée sans tout mesurer.
From the tiny to the huge
An ant is a few millimetres long. You are about one and a half metres. A mountain, a few kilometres. The Earth, thousands of kilometres. And the stars are so far away that their light takes years to reach us.
Counting zeros
1000 is 10 × 10 × 10: three zeros. A million is six zeros: 1,000,000. A billion, nine zeros. Scientists write \(10^{6}\) for a million: the little number at the top counts the zeros.
Guess
How many times your height would it take to reach the top of the Eiffel Tower (300 m)?
How many grains of rice in a 1 kg bag? Weigh 100 grains if you can, then calculate.
Remember
\(10^{3}\) = 1000; \(10^{6}\) = a million.
We compare very different things by counting zeros.
Word list
Million
1,000,000, six zeros.
Billion
a thousand millions, nine zeros.
Estimate
find an approximate value without measuring everything.
La notation scientifique
On écrit un nombre sous la forme \(a \cdot 10^{n}\), avec \(1 \le a < 10\) et \(n\) entier. Exemples : \(300\,000\,000 = 3 \cdot 10^{8}\) et \(0{,}000\,25 = 2{,}5 \cdot 10^{-4}\).
Multiplier : on multiplie les \(a\) et on additionne les exposants. \((2 \cdot 10^{3}) \cdot (4 \cdot 10^{5}) = 8 \cdot 10^{8}\).
Diviser : on divise les \(a\) et on soustrait les exposants. \(\dfrac{6 \cdot 10^{8}}{3 \cdot 10^{2}} = 2 \cdot 10^{6}\).
L'ordre de grandeur
L'ordre de grandeur d'un nombre est la puissance de 10 la plus proche. La Terre a un rayon de 6400 km = \(6{,}4 \cdot 10^{6}\) m : ordre de grandeur \(10^{7}\) m. Une fourmi de 4 mm : \(10^{-3}\) m (ou \(10^{-2}\), on hésite parfois).
Les longueurs de l'Univers, de 10⁻¹⁵ m à 10²⁶ m. Sur cette échelle, chaque pas vers la droite multiplie par 10.
Calcul guidé
Combien de fois la Terre (diamètre \(1{,}3 \cdot 10^{7}\) m) tiendrait-elle entre la Terre et le Soleil (\(1{,}5 \cdot 10^{11}\) m) ?
On divise les deux longueurs.
\[ N = \frac{1{,}5 \cdot 10^{11}}{1{,}3 \cdot 10^{7}} \]
On divise les nombres et on soustrait les exposants.
\[ N \approx 1{,}2 \cdot 10^{4} \]
Environ 12 000 Terres alignées. L'espace est surtout vide.
Je retiens
\(a \cdot 10^{n}\) avec \(1 \le a < 10\).
Multiplier : on additionne les exposants. Diviser : on les soustrait.
Ordre de grandeur : la puissance de 10 la plus proche.
Scientific notation
A number is written as \(a \times 10^{n}\), with \(1 \le a < 10\) and \(n\) an integer. Examples: \(300\,000\,000 = 3 \times 10^{8}\) and \(0.000\,25 = 2.5 \times 10^{-4}\).
Multiply: multiply the \(a\) values and add the exponents. \((2 \times 10^{3}) \times (4 \times 10^{5}) = 8 \times 10^{8}\).
Divide: divide the \(a\) values and subtract the exponents. \(\dfrac{6 \times 10^{8}}{3 \times 10^{2}} = 2 \times 10^{6}\).
Order of magnitude
The order of magnitude of a number is the nearest power of 10. The Earth has a radius of 6400 km = \(6.4 \times 10^{6}\) m: order of magnitude \(10^{7}\) m. A 4 mm ant: \(10^{-3}\) m (or \(10^{-2}\), it is sometimes borderline).
Lengths in the Universe, from 10⁻¹⁵ m to 10²⁶ m. On this scale, each step to the right multiplies by 10.
Guided calculation
How many Earths (diameter \(1.3 \times 10^{7}\) m) would fit between the Earth and the Sun (\(1.5 \times 10^{11}\) m)?
Divide the two lengths.
\[ N = \frac{1.5 \times 10^{11}}{1.3 \times 10^{7}} \]
Divide the numbers and subtract the exponents.
\[ N \approx 1.2 \times 10^{4} \]
About 12,000 Earths in a row. Space is mostly empty.
Remember
\(a \times 10^{n}\) with \(1 \le a < 10\).
Multiply: add the exponents. Divide: subtract them.
Order of magnitude: the nearest power of 10.
Pourquoi la notation scientifique
La physique manipule des nombres immenses et minuscules : la masse du Soleil, \(1{,}99 \cdot 10^{30}\) kg ; celle d'un électron, \(9{,}11 \cdot 10^{-31}\) kg. La notation \(a \cdot 10^{n}\) (\(1 \le a < 10\)) a trois avantages. Elle est compacte. Elle montre d'un coup d'œil l'ordre de grandeur. Elle affiche clairement les chiffres significatifs.
Une échelle logarithmique : des distances égales correspondent à des rapports égaux.
Quelques ordres de grandeur à connaître
Objet
Valeur
rayon d'un atome
≈ 10⁻¹⁰ m
rayon de la Terre
6,37 · 10⁶ m
distance Terre-Soleil
1,50 · 10¹¹ m
année-lumière
9,46 · 10¹⁵ m
masse d'un électron
9,11 · 10⁻³¹ kg
masse de la Terre
5,97 · 10²⁴ kg
une année
3,16 · 10⁷ s
âge de l'Univers
≈ 4,4 · 10¹⁷ s
Estimer comme Fermi
Enrico Fermi aimait poser des questions comme : « Combien d'accordeurs de pianos à Chicago ? ». On ne connaît pas la réponse, mais on découpe le problème en facteurs que l'on sait estimer. Les erreurs sur chaque facteur se compensent souvent en partie. On obtient en général le bon ordre de grandeur.
Calcul guidé
Combien de fois ton cœur bat-il pendant une vie de 80 ans ?
Battements par minute : environ 70.
\[ f \approx 70\ \text{min}^{-1} \]
Minutes dans 80 ans : \(80 \cdot 365 \cdot 24 \cdot 60\).
\[ t \approx 4{,}2 \cdot 10^{7}\ \text{min} \]
Produit.
\[ N = f\, t \approx 70 \cdot 4{,}2 \cdot 10^{7} \approx 3 \cdot 10^{9} \]
Environ trois milliards de battements. L'ordre de grandeur, \(10^{9}\), est sûr ; le chiffre 3, beaucoup moins.
Calcul guidé
Quelle est la masse de l'air dans une salle de classe de 8 m × 7 m × 3 m ? (masse volumique de l'air ≈ 1,2 kg/m³)
Volume.
\[ V = 8 \cdot 7 \cdot 3 = 168\ \text{m}^{3} \]
Masse = masse volumique × volume.
\[ m = \rho V \approx 1{,}2 \cdot 168 \approx 200\ \text{kg} \]
Environ 200 kg d'air : plus que la masse de deux élèves. On ne le sent pas, car il nous entoure de tous côtés.
Connaître quelques ordres de grandeur permet de repérer un résultat absurde.
Estimation de Fermi : découper en facteurs estimables.
OS / OC
Logarithmes et échelles
L'ordre de grandeur de \(x\) est \(10^{\,\mathrm{round}(\log_{10} x)}\). Deux nombres diffèrent de \(k\) ordres de grandeur si \(\log_{10}(x/y) \approx k\). Une échelle logarithmique place \(x\) à la position \(\log_{10} x\) : elle transforme les produits en sommes, les puissances en pentes.
Pour arrondir au plus proche « sur l'échelle log », la frontière n'est pas 5 mais \(\sqrt{10} \approx 3{,}16\). Ainsi \(3 \cdot 10^{4}\) a pour ordre de grandeur \(10^{4}\), mais \(4 \cdot 10^{4}\) a pour ordre de grandeur \(10^{5}\).
Calcul guidé
Estimation de Fermi : combien de litres d'eau boit la population suisse en un an ?
Habitants : environ \(9 \cdot 10^{6}\).
\[ N \approx 9 \cdot 10^{6} \]
Eau bue par personne et par jour : environ 1,5 L. Jours par an : 365.
Cinq millions de mètres cubes : un cube d'environ 170 m de côté. Le Léman en contient environ \(9 \cdot 10^{10}\) m³, près de vingt mille fois plus.
Université
Pourquoi les estimations de Fermi marchent
Écrivons l'estimation comme un produit de \(n\) facteurs \(x_i\), chacun connu à un facteur multiplicatif près. En prenant le logarithme, \(\ln N = \sum \ln x_i\) : l'erreur totale est une somme d'erreurs. Si elles sont indépendantes et d'écart-type \(\sigma\) chacune (en \(\ln\)), l'erreur totale a un écart-type \(\sigma\sqrt n\), pas \(n\sigma\).
Avec 6 facteurs connus chacun à un facteur 2 près (\(\sigma = \ln 2\)), l'erreur typique est un facteur \(2^{\sqrt 6} \approx 5\), et non \(2^{6} = 64\). Le résultat est en général juste à un ordre de grandeur près. C'est la loi log-normale : le produit de nombreux facteurs aléatoires indépendants.
Why scientific notation
Physics handles huge and tiny numbers: the mass of the Sun, \(1.99 \times 10^{30}\) kg; that of an electron, \(9.11 \times 10^{-31}\) kg. The notation \(a \times 10^{n}\) (\(1 \le a < 10\)) has three advantages. It is compact. It shows the order of magnitude at a glance. It clearly displays the significant figures.
A logarithmic scale: equal distances correspond to equal ratios.
Some orders of magnitude to know
Object
Value
radius of an atom
≈ 10⁻¹⁰ m
radius of the Earth
6.37 × 10⁶ m
Earth-Sun distance
1.50 × 10¹¹ m
light-year
9.46 × 10¹⁵ m
mass of an electron
9.11 × 10⁻³¹ kg
mass of the Earth
5.97 × 10²⁴ kg
one year
3.16 × 10⁷ s
age of the Universe
≈ 4.4 × 10¹⁷ s
Estimating like Fermi
Enrico Fermi liked to ask questions such as: “How many piano tuners are there in Chicago?”. Nobody knows the answer, but you split the problem into factors you can estimate. The errors on the factors often partly cancel. You usually get the right order of magnitude.
Guided calculation
How many times does your heart beat in an 80-year life?
Knowing a few orders of magnitude lets you spot an absurd result.
Fermi estimate: split into factors you can estimate.
Advanced
Logarithms and scales
The order of magnitude of \(x\) is \(10^{\,\mathrm{round}(\log_{10} x)}\). Two numbers differ by \(k\) orders of magnitude if \(\log_{10}(x/y) \approx k\). A logarithmic scale places \(x\) at position \(\log_{10} x\): it turns products into sums and powers into slopes.
To round to the nearest power “on the log scale”, the boundary is not 5 but \(\sqrt{10} \approx 3.16\). So \(3 \times 10^{4}\) has order of magnitude \(10^{4}\), but \(4 \times 10^{4}\) has order of magnitude \(10^{5}\).
Guided calculation
Fermi estimate: how many litres of water does the Swiss population drink in a year?
Inhabitants: about \(9 \times 10^{6}\).
\[ N \approx 9 \times 10^{6} \]
Water drunk per person per day: about 1.5 L. Days per year: 365.
Five million cubic metres: a cube about 170 m on a side. Lake Geneva holds about \(9 \times 10^{10}\) m³, nearly twenty thousand times more.
University
Why Fermi estimates work
Write the estimate as a product of \(n\) factors \(x_i\), each known to within a multiplicative factor. Taking logarithms, \(\ln N = \sum \ln x_i\): the total error is a sum of errors. If they are independent with standard deviation \(\sigma\) each (in \(\ln\)), the total error has standard deviation \(\sigma\sqrt n\), not \(n\sigma\).
With 6 factors each known to within a factor 2 (\(\sigma = \ln 2\)), the typical error is a factor \(2^{\sqrt 6} \approx 5\), not \(2^{6} = 64\). The result is usually right to within an order of magnitude. This is the log-normal law: the product of many independent random factors.
Exemples résolusWorked examples
Combien d'atomes sur une tête d'épingle ?
Tête de 1 mm de diamètre, atomes de \(2 \cdot 10^{-10}\) m. Atomes alignés sur un diamètre :
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 0 · Mesurer
L'analyse dimensionnelle
Une formule fausse se trahit souvent par ses unités. Mieux : les unités seules permettent parfois de deviner une loi physique, à un nombre près.
Chapter 0 · Measuring
Dimensional analysis
A wrong formula often gives itself away through its units. Better still: units alone sometimes let you guess a physical law, up to a number.
Dimension d'une grandeur
La dimension d'une grandeur dit de quelles grandeurs de base elle est faite, sans se soucier de l'unité choisie. En mécanique, trois dimensions suffisent : longueur \(\mathsf{L}\), masse \(\mathsf{M}\), temps \(\mathsf{T}\). On note \([x]\) la dimension de \(x\).
Grandeur
Dimension
vitesse
L T⁻¹
accélération
L T⁻²
force
M L T⁻²
énergie
M L² T⁻²
angle (rad), nombre
1 (sans dimension)
Règle d'or : l'homogénéité
On ne peut additionner, soustraire ou comparer que des grandeurs de même dimension. Une formule juste a la même dimension des deux côtés du signe égal. Les arguments de \(\sin\), \(\exp\), \(\ln\) doivent être sans dimension.
Calcul guidé
Vérifie l'homogénéité de \(v^{2} = v_0^{2} + 2 a d\).
\[ c = -\tfrac{1}{2} \]\[ a = \tfrac{1}{2} \]\[ T = k\sqrt{\frac{\ell}{g}} \]
La masse ne peut pas intervenir : rien d'autre ne contient la dimension M pour la compenser. L'analyse ne donne pas \(k\). L'expérience ou le calcul complet donne \(k = 2\pi\) pour les petites oscillations.
Limites
Elle ne donne jamais les constantes sans dimension (\(2\pi\), \(\tfrac{1}{2}\)).
Elle ne marche que si l'on a pensé à toutes les grandeurs utiles. Pour le pendule, l'amplitude \(\theta_0\) est sans dimension : elle peut se cacher dans \(k(\theta_0)\).
À retenir
Dimensions de base en mécanique : M, L, T.
Une formule juste est homogène ; un argument de sin, exp, ln est sans dimension.
L'analyse dimensionnelle trouve une loi à une constante près, si l'on n'a oublié aucune grandeur.
OS / OC
Le théorème de Buckingham (théorème π)
Si un phénomène fait intervenir \(n\) grandeurs qui s'expriment avec \(k\) dimensions indépendantes, alors la loi peut s'écrire comme une relation entre \(n - k\) nombres sans dimension \(\pi_1, \dots, \pi_{n-k}\).
Pour le pendule : \(T, \ell, m, g, \theta_0\) font \(n = 5\) grandeurs, avec \(k = 3\) dimensions. Il reste 2 nombres sans dimension : \(\pi_1 = T\sqrt{g/\ell}\) et \(\pi_2 = \theta_0\). La loi s'écrit donc \(T\sqrt{g/\ell} = \Phi(\theta_0)\).
Calcul guidé
Force de traînée sur une voiture : elle dépend de la masse volumique de l'air \(\rho\), de la vitesse \(v\) et de la surface frontale \(A\). Loi ?
On retrouve la traînée quadratique \(F = \tfrac{1}{2} C_x \rho A v^{2}\). Conséquence pratique : à 130 km/h au lieu de 100 km/h, la traînée augmente de \((1{,}3)^{2} \approx 1{,}7\) fois.
Le coup de G. I. Taylor
En 1950, G. I. Taylor estima l'énergie de la première explosion nucléaire à partir de photos publiées de la boule de feu. Le rayon \(R\) ne peut dépendre que de l'énergie \(E\), du temps \(t\) et de la masse volumique de l'air \(\rho\). L'analyse dimensionnelle donne \(R \approx (E t^{2}/\rho)^{1/5}\), donc \(E \approx \rho R^{5}/t^{2}\). Avec \(R \approx 140\) m à \(t \approx 25\) ms et \(\rho \approx 1{,}2\ \text{kg/m}^{3}\), on trouve \(E \approx 10^{14}\) J, soit quelques dizaines de kilotonnes de TNT. Le bon ordre de grandeur, avec trois lignes de calcul.
Université
Unités naturelles et échelle de Planck
Avec trois constantes de dimensions indépendantes, on peut fabriquer une unité de longueur, de masse et de temps. Avec \(G\), \(\hbar\) et \(c\), Planck obtint en 1899 des unités « naturelles » :
Pour les trouver, on résout un système linéaire sur les exposants : \(\ell_P = \hbar^{a} G^{b} c^{d}\) avec \([\hbar] = \mathsf{M}\mathsf{L}^{2}\mathsf{T}^{-1}\), \([G] = \mathsf{M}^{-1}\mathsf{L}^{3}\mathsf{T}^{-2}\), \([c] = \mathsf{L}\mathsf{T}^{-1}\). La matrice des exposants est inversible, ce qui garantit une solution unique. Ces échelles marquent le domaine où gravitation et mécanique quantique doivent être traitées ensemble. En physique des particules, on pose souvent \(\hbar = c = 1\) : il ne reste qu'une dimension, l'énergie, et une longueur s'exprime en GeV⁻¹.
Dimension of a quantity
The dimension of a quantity says which base quantities it is made of, regardless of the chosen unit. In mechanics three dimensions suffice: length \(\mathsf{L}\), mass \(\mathsf{M}\), time \(\mathsf{T}\). We write \([x]\) for the dimension of \(x\).
Quantity
Dimension
velocity
L T⁻¹
acceleration
L T⁻²
force
M L T⁻²
energy
M L² T⁻²
angle (rad), number
1 (dimensionless)
Golden rule: homogeneity
You can only add, subtract or compare quantities of the same dimension. A correct formula has the same dimension on both sides of the equals sign. The arguments of \(\sin\), \(\exp\), \(\ln\) must be dimensionless.
Guided calculation
Check the homogeneity of \(v^{2} = v_0^{2} + 2 a d\).
\[ c = -\tfrac{1}{2} \]\[ a = \tfrac{1}{2} \]\[ T = k\sqrt{\frac{\ell}{g}} \]
The mass cannot appear: nothing else contains the dimension M to balance it. The analysis does not give \(k\). Experiment or the full calculation gives \(k = 2\pi\) for small oscillations.
Limits
It never gives dimensionless constants (\(2\pi\), \(\tfrac{1}{2}\)).
It only works if you thought of every relevant quantity. For the pendulum, the amplitude \(\theta_0\) is dimensionless: it can hide in \(k(\theta_0)\).
Key points
Base dimensions in mechanics: M, L, T.
A correct formula is homogeneous; the argument of sin, exp, ln is dimensionless.
Dimensional analysis finds a law up to a constant, provided no quantity was forgotten.
Advanced
Buckingham's theorem (π theorem)
If a phenomenon involves \(n\) quantities expressed with \(k\) independent dimensions, the law can be written as a relation between \(n - k\) dimensionless numbers \(\pi_1, \dots, \pi_{n-k}\).
For the pendulum: \(T, \ell, m, g, \theta_0\) are \(n = 5\) quantities, with \(k = 3\) dimensions. Two dimensionless numbers remain: \(\pi_1 = T\sqrt{g/\ell}\) and \(\pi_2 = \theta_0\). So the law reads \(T\sqrt{g/\ell} = \Phi(\theta_0)\).
Guided calculation
Drag force on a car: it depends on the air density \(\rho\), the speed \(v\) and the frontal area \(A\). Law?
We recover quadratic drag \(F = \tfrac{1}{2} C_d \rho A v^{2}\). Practical consequence: at 130 km/h instead of 100 km/h, drag increases \((1.3)^{2} \approx 1.7\) times.
G. I. Taylor's trick
In 1950, G. I. Taylor estimated the energy of the first nuclear explosion from published photos of the fireball. The radius \(R\) can only depend on the energy \(E\), the time \(t\) and the air density \(\rho\). Dimensional analysis gives \(R \approx (E t^{2}/\rho)^{1/5}\), so \(E \approx \rho R^{5}/t^{2}\). With \(R \approx 140\) m at \(t \approx 25\) ms and \(\rho \approx 1.2\ \text{kg/m}^{3}\), we find \(E \approx 10^{14}\) J, a few tens of kilotons of TNT. The right order of magnitude, in three lines of calculation.
University
Natural units and the Planck scale
With three constants of independent dimensions, you can build a unit of length, mass and time. With \(G\), \(\hbar\) and \(c\), Planck obtained “natural” units in 1899:
To find them, solve a linear system for the exponents: \(\ell_P = \hbar^{a} G^{b} c^{d}\) with \([\hbar] = \mathsf{M}\mathsf{L}^{2}\mathsf{T}^{-1}\), \([G] = \mathsf{M}^{-1}\mathsf{L}^{3}\mathsf{T}^{-2}\), \([c] = \mathsf{L}\mathsf{T}^{-1}\). The matrix of exponents is invertible, which guarantees a unique solution. These scales mark the regime where gravity and quantum mechanics must be treated together. In particle physics one often sets \(\hbar = c = 1\): only one dimension is left, energy, and a length is expressed in GeV⁻¹.
Exemples résolusWorked examples
Une formule suspecte
Un élève écrit l'énergie cinétique \(E = m v\). Dimension : \(\mathsf{M}\mathsf{L}\mathsf{T}^{-1}\). Celle d'une énergie est \(\mathsf{M}\mathsf{L}^{2}\mathsf{T}^{-2}\). Il manque un facteur de dimension \(\mathsf{L}\mathsf{T}^{-1}\), une vitesse : on retrouve \(E \propto m v^{2}\).
Vitesse d'une onde à la surface de l'eau profonde
Elle dépend de \(g\) et de la longueur d'onde \(\lambda\). Seule combinaison de dimension L T⁻¹ :
\[ v = k\sqrt{g \lambda} \]
La théorie donne \(k = 1/\sqrt{2\pi}\). Les grandes vagues vont plus vite.
Temps de chute
Le temps \(t\) de chute libre d'une hauteur \(h\) ne peut dépendre que de \(h\) et \(g\) : \(t = k\sqrt{h/g}\). Le calcul exact donne \(k = \sqrt 2\).
Avec 1 kt de TNT = \(4{,}184 \cdot 10^{12}\) J, cela fait environ 25 kt. L'estimation publiée par Taylor était d'environ 17 kt ; on cite aujourd'hui une vingtaine de kilotonnes.
A suspicious formula
A student writes kinetic energy as \(E = m v\). Dimension: \(\mathsf{M}\mathsf{L}\mathsf{T}^{-1}\). That of an energy is \(\mathsf{M}\mathsf{L}^{2}\mathsf{T}^{-2}\). A factor of dimension \(\mathsf{L}\mathsf{T}^{-1}\), a speed, is missing: we recover \(E \propto m v^{2}\).
Speed of a wave on deep water
It depends on \(g\) and on the wavelength \(\lambda\). The only combination with dimension L T⁻¹:
\[ v = k\sqrt{g \lambda} \]
Theory gives \(k = 1/\sqrt{2\pi}\). Long waves travel faster.
Fall time
The time \(t\) of free fall from a height \(h\) can only depend on \(h\) and \(g\): \(t = k\sqrt{h/g}\). The exact calculation gives \(k = \sqrt 2\).
With 1 kt of TNT = \(4.184 \times 10^{12}\) J, that is about 25 kt. Taylor's published estimate was about 17 kt; today about twenty kilotons is quoted.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 1
Statique : forces et équilibre
Pourquoi un pont tient-il debout ? Pourquoi un enfant léger peut-il soulever un adulte sur une bascule ? La statique répond à une seule question : quand un objet reste-t-il immobile ?
Chapter 1
Statics: forces and equilibrium
Why does a bridge stay up? Why can a light child lift an adult on a seesaw? Statics answers a single question: when does an object stay still?
Autour de toi, presque tout est immobile : la table, la maison, l'arbre, le pont. Pourtant, des forces agissent sur eux en permanence. La Terre les tire vers le bas. Le sol les pousse vers le haut. Le vent les pousse de côté.
S'ils ne bougent pas, c'est que ces forces se compensent. Dans ce chapitre, tu vas découvrir ce qu'est une force, comment des forces se compensent, pourquoi on ne glisse pas, et comment une bascule permet de soulever plus lourd que soi.
Prédis
Une table pousse-t-elle vraiment sur le livre posé dessus ? Garde ta réponse en tête, on y revient.
Around you, almost everything is still: the table, the house, the tree, the bridge. Yet forces act on them all the time. The Earth pulls them down. The ground pushes them up. The wind pushes them sideways.
If they do not move, it is because these forces cancel out. In this chapter you will find out what a force is, how forces cancel out, why things do not slide, and how a seesaw lets you lift more than your own weight.
Predict
Does a table really push on the book lying on it? Keep your answer in mind, we come back to it.
La statique étudie les objets au repos. Elle sert à tout ce qui doit tenir : ponts, grues, étagères, échelles, articulations du corps. Le chemin est le suivant.
Mesurer une force en newtons et la dessiner avec une flèche à l'échelle.
Additionner des forces, même quand elles ne vont pas dans la même direction.
Comprendre les forces de contact : la réaction d'un support et le frottement.
Comprendre ce qui fait tourner : le moment d'une force et le levier.
Prérequis : multiplier, diviser, le théorème de Pythagore.
Statics studies objects at rest. It is used for everything that must hold up: bridges, cranes, shelves, ladders, the joints of your body. Here is the path.
Measure a force in newtons and draw it as an arrow to scale.
Add forces, even when they do not point the same way.
Understand contact forces: the push of a support and friction.
Understand what makes things turn: the moment of a force and the lever.
La statique est la partie de la mécanique qui étudie l'équilibre. Elle est plus ancienne que la dynamique : Archimède formule la loi du levier vers 250 av. J.-C., près de deux mille ans avant Newton. Elle reste au cœur du génie civil, de la biomécanique et de la conception de toute machine.
Le chapitre suit une progression en deux temps. On traite d'abord l'objet comme un point : seules comptent la somme des forces et la condition \(\sum \vec F = \vec 0\). Puis on le traite comme un solide qui peut tourner : il faut alors ajouter la condition sur les moments, \(\sum M = 0\).
Prérequis : trigonométrie dans le triangle rectangle (sinus, cosinus, tangente), vecteurs du plan. Aux niveaux avancés : dérivée, intégrale simple, fonctions hyperboliques pour la chaînette.
Fil rouge
En optique, la lumière « choisit » le chemin le plus rapide (Fermat). En statique, un équilibre stable correspond au minimum de l'énergie potentielle. Tu verras cette idée de minimum revenir tout au long du labo.
Statics is the part of mechanics that studies equilibrium. It is older than dynamics: Archimedes stated the law of the lever around 250 BC, almost two thousand years before Newton. It remains at the heart of civil engineering, biomechanics and the design of every machine.
The chapter has two stages. First the object is treated as a point: only the sum of the forces matters, with the condition \(\sum \vec F = \vec 0\). Then it is treated as a rigid body that can turn: we must add the condition on moments, \(\sum M = 0\).
Prerequisites: right-triangle trigonometry (sine, cosine, tangent), plane vectors. At advanced levels: derivatives, simple integrals, hyperbolic functions for the catenary.
Common thread
In optics, light "chooses" the quickest path (Fermat). In statics, a stable equilibrium is a minimum of potential energy. This idea of a minimum keeps coming back throughout the lab.
Chapitre 1 · Statique
Qu'est-ce qu'une force ?
Pousser, tirer, attirer : comment décrire une action avec précision, la mesurer en newtons, et ne plus confondre masse et poids.
Chapter 1 · Statics
What is a force?
Pushing, pulling, attracting: how to describe an action precisely, measure it in newtons, and stop confusing mass with weight.
Une force, c'est une action
Quand tu pousses une porte, tires une luge ou lances un ballon, tu exerces une force. Une force peut faire quatre choses : mettre en mouvement, freiner, faire tourner, déformer.
Écrase une boule de pâte à modeler : elle change de forme. Donne une pichenette à une bille : elle part. Dans les deux cas, ton doigt a exercé une force.
On la dessine avec une flèche
La flèche montre trois choses. Où on pousse (le début de la flèche). Vers où on pousse (la pointe). Et si on pousse fort : plus la flèche est longue, plus la force est grande.
La flèche part de l'endroit où l'on pousse. Sa longueur montre la force.
Expérience : l'élastique mesureur
Accroche un élastique à un sachet en plastique.
Tiens l'élastique en haut et mesure sa longueur avec une règle.
Mets une pomme dans le sachet, puis deux, puis trois. Mesure à chaque fois.
Plus le sachet est lourd, plus l'élastique s'allonge. Tu viens de fabriquer un dynamomètre, un appareil qui mesure les forces ! Les vrais dynamomètres utilisent un ressort à la place de l'élastique.
Masse et poids, pas pareil !
Ta masse, c'est la quantité de matière dont tu es fait. Elle se mesure en kilogrammes. Elle ne change pas, que tu sois sur Terre ou sur la Lune.
Ton poids, c'est la force avec laquelle la Terre t'attire vers le bas. Sur la Lune, l'attraction est six fois plus faible. Tu pourrais sauter six fois plus haut, avec la même masse !
Question
Un astronaute emporte une balance de salle de bains sur la Lune. Que va-t-elle afficher ? La même chose que sur Terre, ou moins ? Pourquoi ?
Je retiens
Une force pousse, tire ou attire. Elle peut mettre en mouvement, freiner, faire tourner ou déformer.
On dessine une force avec une flèche.
On mesure une force avec un dynamomètre.
La masse ne change jamais. Le poids dépend de l'endroit où l'on est.
Petit lexique
Force
action qui pousse ou qui tire.
Dynamomètre
ressort qui mesure une force.
Masse
quantité de matière, en kilogrammes.
Poids
force avec laquelle la Terre nous attire.
A force is an action
When you push a door, pull a sledge or throw a ball, you exert a force. A force can do four things: start something moving, slow it down, make it turn, change its shape.
Squash a ball of modelling clay: it changes shape. Flick a marble: it rolls away. Both times, your finger exerted a force.
We draw it with an arrow
The arrow shows three things. Where we push (the start of the arrow). Which way we push (the tip). And how hard: the longer the arrow, the bigger the force.
The arrow starts where we push. Its length shows the force.
Experiment: the measuring rubber band
Hook a rubber band onto a plastic bag.
Hold the band at the top and measure its length with a ruler.
Put one apple in the bag, then two, then three. Measure each time.
The heavier the bag, the more the rubber band stretches. You have just built a force meter, a device that measures forces! Real force meters use a spring instead of a rubber band.
Mass and weight are not the same!
Your mass is the amount of matter you are made of. It is measured in kilograms. It does not change, on Earth or on the Moon.
Your weight is the force with which the Earth pulls you down. On the Moon the pull is six times weaker. You could jump six times higher, with the same mass!
Question
An astronaut takes bathroom scales to the Moon. What will they show? The same as on Earth, or less? Why?
Remember
A force pushes, pulls or attracts. It can start motion, slow it down, make something turn or change its shape.
We draw a force with an arrow.
We measure a force with a force meter.
Mass never changes. Weight depends on where you are.
Word list
Force
an action that pushes or pulls.
Force meter
a spring that measures a force.
Mass
amount of matter, in kilograms.
Weight
the force with which the Earth pulls us.
Les quatre caractéristiques d'une force
Pour décrire une force sans ambiguïté, il faut donner quatre informations :
le point d'application : l'endroit où elle agit ;
la direction : la droite le long de laquelle elle agit (horizontale, verticale, penchée) ;
le sens : vers où elle agit sur cette droite (vers la droite ou la gauche, vers le haut ou le bas) ;
l'intensité : sa valeur, en newtons (N).
On la représente par une flèche à l'échelle. Par exemple, avec l'échelle 1 cm pour 10 N, une force de 35 N est une flèche de 3,5 cm.
Le poids
Le poids est proportionnel à la masse. Le coefficient s'appelle \(g\), l'intensité de la pesanteur :
\[ P = m\,g \]
Astre
g (N/kg)
Terre
9,81 (≈ 10)
Lune
1,62
Mars
3,71
Jupiter
24,8
Sans calculette, on prend souvent \(g \approx 10\ \text{N/kg}\) : 1 kg pèse environ 10 N. Un newton, c'est donc à peu près le poids d'une plaquette de chocolat de 100 g.
Calcul guidé
Un sac d'école de 6 kg. Quel est son poids sur Terre, puis sur la Lune ? Quelle flèche dessiner à l'échelle 1 cm pour 10 N ?
Sur Terre, on multiplie la masse par \(g\).
\[ P = 6 \cdot 9{,}81 = 58{,}9\ \text{N} \]
Sur la Lune, on change seulement \(g\). La masse reste 6 kg.
Vérification rapide sans calculette : \(6 \cdot 10 = 60\ \text{N}\). Le résultat exact est proche.
Attention
Dans la vie courante, on dit « je pèse 50 kilos ». En physique, c'est ta masse qui vaut 50 kg. Ton poids vaut environ 490 N.
Je retiens
Une force a un point d'application, une direction, un sens et une intensité en newtons (N).
Poids : \(P = m g\), avec \(g \approx 9{,}81\ \text{N/kg}\) sur Terre.
La masse (kg) ne dépend pas du lieu, le poids (N) oui.
Petit lexique
Newton (N)
unité de force.
Intensité
valeur d'une force.
Échelle
règle de conversion entre la longueur d'une flèche et la force.
g
intensité de la pesanteur, en N/kg.
The four features of a force
To describe a force clearly, you need four pieces of information:
the point of application: where it acts;
the line of action: the straight line along which it acts (horizontal, vertical, slanted);
the direction along that line: right or left, up or down;
the magnitude: its size, in newtons (N).
We draw it as an arrow to scale. For example, with the scale 1 cm for 10 N, a 35 N force is a 3.5 cm arrow.
Weight
Weight is proportional to mass. The factor is called \(g\), the gravitational field strength:
\[ W = m\,g \]
Body
g (N/kg)
Earth
9.81 (≈ 10)
Moon
1.62
Mars
3.71
Jupiter
24.8
Without a calculator we often take \(g \approx 10\ \text{N/kg}\): 1 kg weighs about 10 N. So one newton is roughly the weight of a 100 g bar of chocolate.
Guided calculation
A 6 kg school bag. What is its weight on Earth, then on the Moon? What arrow do you draw at the scale 1 cm for 10 N?
On Earth, multiply the mass by \(g\).
\[ W = 6 \cdot 9.81 = 58.9\ \text{N} \]
On the Moon, only \(g\) changes. The mass stays 6 kg.
Quick check without a calculator: \(6 \cdot 10 = 60\ \text{N}\). The exact result is close.
Careful
In everyday life we say "I weigh 50 kilos". In physics, your mass is 50 kg. Your weight is about 490 N.
Remember
A force has a point of application, a line of action, a direction and a magnitude in newtons (N).
Weight: \(W = m g\), with \(g \approx 9.81\ \text{N/kg}\) on Earth.
Mass (kg) does not depend on the place, weight (N) does.
Word list
Newton (N)
unit of force.
Magnitude
the size of a force.
Scale
rule converting arrow length into force.
g
gravitational field strength, in N/kg.
Une force modélise une interaction
En mécanique, une force est le modèle d'une action exercée par un objet sur un autre. Le mot « sur » est essentiel. Il y a toujours un auteur et un receveur. On écrit par exemple \(\vec F_{\text{Terre}\to\text{pomme}}\) pour l'attraction de la Terre sur une pomme.
Une force ne se voit pas. On la reconnaît à ses effets : elle peut déformer un objet ou modifier son mouvement (le mettre en marche, le freiner, le dévier, le faire tourner). En statique, l'objet ne bouge pas : les effets des différentes forces se compensent exactement.
Une force est un vecteur
Deux forces de 10 N n'ont pas forcément le même effet. Tirer une caisse vers l'avant ou vers le haut, ce n'est pas pareil. Une force a donc une intensité et une orientation : c'est un vecteur \(\vec F\). Pour la décrire complètement, on donne :
son point d'application ;
sa droite d'action (sa direction) ;
son sens ;
son intensité \(F = \lVert\vec F\rVert\), en newtons.
La force exercée par une corde sur une caisse. La droite d'action est en pointillés. La longueur de la flèche est proportionnelle à l'intensité.
Pour le moment, le point d'application sert surtout à dessiner. Il devient décisif quand l'objet peut tourner : pousser une porte près des charnières ou loin d'elles ne produit pas le même effet. C'est l'objet de la sous-page sur les moments.
Mesurer une force : le newton
L'unité SI de force est le newton (N). On la définira proprement avec la deuxième loi de Newton : \(1\ \text{N} = 1\ \text{kg·m/s}^2\). En pratique, on mesure une force avec un dynamomètre. C'est un ressort gradué. Son allongement est proportionnel à la force qui le tire (loi de Hooke, voir le chapitre Dynamique).
Situation
Ordre de grandeur
Poids d'une plaquette de chocolat de 100 g
1 N
Poids d'un adulte de 70 kg
700 N
Poussée d'un réacteur d'avion de ligne
≈ 100 000 N
Attraction de la Terre sur la Lune
≈ 2 · 1020 N
Forces de contact et forces à distance
On classe les forces en deux familles.
Forces de contact : elles n'existent que s'il y a contact. La réaction d'un support, la tension d'un fil, le frottement, la force d'un ressort, la poussée d'Archimède, la résistance de l'air.
Forces à distance : elles agissent sans contact. Le poids (gravitation), les forces électriques et magnétiques.
Méthode pour faire l'inventaire des forces sur un objet : on compte d'abord les forces à distance (en pratique le poids), puis on fait le tour de l'objet et on ajoute une force pour chaque contact. Rien d'autre ne peut agir.
Masse et poids
La masse \(m\) (en kg) mesure la quantité de matière et l'inertie. Elle ne dépend pas du lieu. Le poids \(\vec P\) est la force de pesanteur. Il est vertical, dirigé vers le bas, appliqué au centre de gravité. Son intensité vaut
\[ P = m\,g \]
\(g\) est l'intensité de la pesanteur, en N/kg : 9,81 N/kg en Suisse, 1,62 N/kg sur la Lune. D'où vient ce nombre, et pourquoi vaut-il aussi 9,81 m/s² ? On le découvre avec les expériences de Galilée au chapitre Dynamique.
Erreur fréquente
Une balance de cuisine mesure en réalité une force, puis la convertit en masse en divisant par \(g = 9{,}81\). Sur la Lune, elle afficherait une masse six fois trop petite. Une balance à fléau, qui compare deux masses, donnerait le bon résultat partout.
Les forces vont par paires
Si A exerce une force sur B, alors B exerce sur A une force de même intensité, de même droite d'action et de sens opposé. C'est le principe des actions réciproques (3e loi de Newton). Les deux forces agissent sur des objets différents : elles ne se compensent jamais entre elles.
Le livre est en équilibre : \(\vec P + \vec N = \vec 0\). La force réciproque de \(\vec P\) est l'attraction du livre sur la Terre. Celle de \(\vec N\) est la poussée du livre sur la table.
Calcul guidé
Une pomme de 250 g est posée sur une table. Inventaire des forces, intensités, et flèches à l'échelle 1 cm pour 1 N.
Forces à distance : seulement le poids. On convertit d'abord la masse en kg.
\[ P = m g = 0{,}250 \cdot 9{,}81 = 2{,}45\ \text{N} \]
Contacts : un seul, la table. Elle exerce une réaction \(\vec N\), verticale vers le haut.
La pomme est immobile, donc les deux forces se compensent.
\[ N = P = 2{,}45\ \text{N} \]
À l'échelle 1 cm pour 1 N : deux flèches de 2,45 cm, l'une vers le bas depuis le centre de gravité, l'autre vers le haut depuis la surface de contact.
Vérification : une pomme pèse environ deux à trois plaquettes de chocolat. L'ordre de grandeur est bon.
À retenir
Une force modélise l'action d'un objet sur un autre. C'est un vecteur : point d'application, direction, sens, intensité en N.
Inventaire : le poids, puis une force par contact.
Poids \(P = m g\) ; la masse est intrinsèque, le poids dépend du lieu.
Les forces réciproques agissent sur deux objets différents.
OS / OC
Composantes, norme et cosinus directeurs
Dans un repère orthonormé \((O; \vec e_x, \vec e_y, \vec e_z)\), une force s'écrit par ses composantes :
Sa norme découle de Pythagore appliqué deux fois :
\[ F = \sqrt{F_x^{2} + F_y^{2} + F_z^{2}} \]
Les angles \(\alpha, \beta, \gamma\) que fait \(\vec F\) avec les trois axes vérifient \(\cos\alpha = F_x / F\), \(\cos\beta = F_y / F\), \(\cos\gamma = F_z / F\). Ce sont les cosinus directeurs. Ils ne sont pas indépendants :
Pour le mouvement d'ensemble d'un objet (son centre de masse), seule compte la somme des forces : on peut déplacer les flèches librement. Pour la rotation, il faut connaître la droite d'action. On peut faire glisser une force le long de sa droite d'action sans changer son effet sur un solide. On dit que c'est un glisseur. On ne peut pas la déplacer parallèlement à elle-même : cela change son moment.
Université
D'où viennent les forces ?
La physique connaît quatre interactions fondamentales : gravitationnelle, électromagnétique, nucléaire forte et nucléaire faible. À notre échelle, seules les deux premières se manifestent. Toutes les forces de contact (réaction, frottement, tension, élasticité) sont des effets électromagnétiques macroscopiques. Elles résultent de la répulsion entre les nuages électroniques des atomes de surface, et du principe de Pauli. La « réaction normale » n'est pas une loi en soi : c'est une force de liaison, dont l'intensité s'ajuste pour imposer une contrainte (l'objet ne traverse pas le support).
Cette distinction est importante. Les forces données (poids, ressort) ont une expression connue d'avance. Les forces de liaison sont des inconnues du problème, déterminées par les équations d'équilibre.
Décomposer selon une base non orthogonale
On a souvent besoin de décomposer une force selon deux directions imposées qui ne sont pas perpendiculaires (deux câbles, deux barres). Si \(\vec u_1\) et \(\vec u_2\) sont unitaires, on cherche \(\vec F = a_1\vec u_1 + a_2\vec u_2\). En faisant le produit scalaire avec un vecteur perpendiculaire à \(\vec u_2\), le terme \(a_2\) disparaît. Géométriquement, c'est la loi des sinus dans le triangle des forces :
Le câble le plus proche de la verticale porte le plus. La somme \(389 + 254 = 643\ \text{N}\) dépasse 500 N : des composantes non orthogonales ne s'additionnent pas comme des nombres.
A force models an interaction
In mechanics, a force models an action exerted by one object on another. The word "on" is essential. There is always an author and a receiver. We write for instance \(\vec F_{\text{Earth}\to\text{apple}}\) for the Earth's pull on an apple.
A force cannot be seen. We recognise it by its effects: it can deform an object or change its motion (start it, slow it, deflect it, make it turn). In statics the object does not move: the effects of the various forces cancel exactly.
A force is a vector
Two 10 N forces do not necessarily have the same effect. Pulling a crate forwards or upwards is not the same thing. A force therefore has a magnitude and an orientation: it is a vector \(\vec F\). To describe it completely, we give:
its point of application;
its line of action;
its direction along that line;
its magnitude \(F = \lVert\vec F\rVert\), in newtons.
The force exerted by a rope on a crate. The line of action is dashed. The arrow's length is proportional to the magnitude.
For now, the point of application mainly helps us draw. It becomes decisive when the object can turn: pushing a door near the hinges or far from them does not have the same effect. That is the topic of the page on moments.
Measuring a force: the newton
The SI unit of force is the newton (N). We will define it properly with Newton's second law: \(1\ \text{N} = 1\ \text{kg·m/s}^2\). In practice, a force is measured with a force meter (spring balance). It is a graduated spring. Its extension is proportional to the force pulling it (Hooke's law, see the Dynamics chapter).
Situation
Order of magnitude
Weight of a 100 g bar of chocolate
1 N
Weight of a 70 kg adult
700 N
Thrust of an airliner jet engine
≈ 100,000 N
Earth's pull on the Moon
≈ 2 × 1020 N
Contact forces and forces at a distance
Forces fall into two families.
Contact forces: they exist only when there is contact. The normal force of a support, the tension in a string, friction, a spring force, buoyancy, air resistance.
Forces at a distance: they act without contact. Weight (gravity), electric and magnetic forces.
Method to list the forces on an object: first count the forces at a distance (in practice the weight), then go round the object and add one force for each contact. Nothing else can act.
Mass and weight
Mass \(m\) (in kg) measures the amount of matter and the inertia. It does not depend on the place. Weight \(\vec W\) is the gravitational force. It is vertical, pointing down, applied at the centre of gravity. Its magnitude is
\[ W = m\,g \]
\(g\) is the gravitational field strength, in N/kg: 9.81 N/kg in Switzerland, 1.62 N/kg on the Moon. Where does this number come from, and why is it also 9.81 m/s²? We find out with Galileo's experiments in the Dynamics chapter.
Common mistake
Kitchen scales really measure a force, then convert it to a mass by dividing by \(g = 9.81\). On the Moon they would show a mass six times too small. A beam balance, which compares two masses, would give the right result anywhere.
Forces come in pairs
If A exerts a force on B, then B exerts on A a force of the same magnitude, along the same line, in the opposite direction. This is Newton's third law. The two forces act on different objects: they never cancel each other.
The book is in equilibrium: \(\vec W + \vec N = \vec 0\). The partner of \(\vec W\) is the book's pull on the Earth. The partner of \(\vec N\) is the book's push on the table.
Guided calculation
A 250 g apple lies on a table. List the forces, find their magnitudes, and draw arrows at the scale 1 cm for 1 N.
Forces at a distance: only the weight. First convert the mass to kg.
\[ W = m g = 0.250 \cdot 9.81 = 2.45\ \text{N} \]
Contacts: only one, the table. It exerts a normal force \(\vec N\), vertical and upwards.
The apple is at rest, so the two forces cancel.
\[ N = W = 2.45\ \text{N} \]
At 1 cm for 1 N: two 2.45 cm arrows, one down from the centre of gravity, one up from the contact surface.
Check: an apple weighs about two to three chocolate bars. The order of magnitude is right.
Key points
A force models the action of one object on another. It is a vector: point of application, line, direction, magnitude in N.
Listing forces: the weight, then one force per contact.
Weight \(W = m g\); mass is intrinsic, weight depends on the place.
Action-reaction pairs act on two different objects.
Advanced
Components, magnitude and direction cosines
In an orthonormal frame \((O; \vec e_x, \vec e_y, \vec e_z)\), a force is written with its components:
Its magnitude follows from Pythagoras applied twice:
\[ F = \sqrt{F_x^{2} + F_y^{2} + F_z^{2}} \]
The angles \(\alpha, \beta, \gamma\) between \(\vec F\) and the three axes satisfy \(\cos\alpha = F_x / F\), \(\cos\beta = F_y / F\), \(\cos\gamma = F_z / F\). These are the direction cosines. They are not independent:
A stay cable exerts on a mast the force \(\vec F = \begin{pmatrix} 3 \\ -4 \\ 12 \end{pmatrix}\ \text{N}\). Magnitude and angle with the vertical \(z\)?
For the overall motion of an object (its centre of mass), only the sum of the forces matters: the arrows can be moved freely. For rotation, the line of action must be known. A force can be slid along its line of action without changing its effect on a rigid body: it is a sliding vector. It cannot be shifted parallel to itself: that changes its moment.
University
Where do forces come from?
Physics knows four fundamental interactions: gravitational, electromagnetic, strong and weak nuclear. At our scale only the first two show up. All contact forces (normal force, friction, tension, elasticity) are macroscopic electromagnetic effects. They come from the repulsion between the electron clouds of surface atoms, and from the Pauli principle. The "normal force" is not a law in itself: it is a constraint force, whose magnitude adjusts to enforce a constraint (the object does not pass through the support).
This distinction matters. Applied forces (weight, spring) have an expression known in advance. Constraint forces are unknowns of the problem, determined by the equilibrium equations.
Resolving along a non-orthogonal basis
We often need to resolve a force along two imposed directions that are not perpendicular (two cables, two bars). If \(\vec u_1\) and \(\vec u_2\) are unit vectors, we look for \(\vec F = a_1\vec u_1 + a_2\vec u_2\). Taking the dot product with a vector perpendicular to \(\vec u_2\) eliminates \(a_2\). Geometrically, this is the sine rule in the force triangle:
Rapport : \(3{,}71 / 9{,}81 = 0{,}378\). Sur Mars, le rover pèse un peu plus d'un tiers de son poids terrestre. Ses roues et sa suspension en profitent.
Trouver g sur une planète inconnue
Un dynamomètre indique 7,4 N quand on y accroche une masse de 2,0 kg. Que vaut \(g\) ici ?
\[ g = \frac{P}{m} = \frac{7{,}4}{2{,}0} = 3{,}7\ \text{N/kg} \]
C'est la valeur de Mars. Une mesure de force et une masse connue suffisent.
Cosinus directeurs d'un câble
Un câble tire avec \(\vec F = \begin{pmatrix} -2 \\ 6 \\ 9 \end{pmatrix}\ \text{kN}\).
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 1 · Statique
Additionner des forces, équilibre d'un point
Trois fils tirent sur un nœud dans trois directions. Comment savoir s'il bouge ? Il faut additionner des flèches, pas des nombres.
Chapter 1 · Statics
Adding forces, equilibrium of a point
Three strings pull on a knot in three directions. How can you tell whether it moves? You must add arrows, not numbers.
Le tir à la corde
Deux équipes tirent sur une corde. Si elles tirent aussi fort l'une que l'autre, la corde ne bouge pas. On dit que les forces se compensent. C'est l'équilibre.
Si une équipe tire plus fort, la corde part de son côté. Ce qui compte, c'est la différence entre les deux forces.
Le ruban du milieu reste en place : les deux forces se compensent.
Un livre posé sur la table
La Terre tire le livre vers le bas. Pourtant, il ne tombe pas. C'est que la table le pousse vers le haut, exactement autant. Tu ne vois pas cette force, mais tu peux la sentir : pose un livre sur ta main ouverte. Ta main doit pousser pour que le livre ne tombe pas.
Deux chiens, un seul collier
Un chien tire vers l'avant, l'autre vers la droite. Le collier part… en biais, entre les deux ! Quand deux forces ne vont pas dans la même direction, l'effet total est une force qui va « entre les deux ».
Expérience
Attache trois ficelles à un anneau de porte-clés. Demande à deux amis de tirer chacun sur une ficelle, et tire sur la troisième. Essayez de garder l'anneau immobile. Que se passe-t-il si quelqu'un tire plus fort ?
Je retiens
Des forces de même taille et de sens opposés se compensent.
Un objet immobile a des forces qui se compensent : c'est l'équilibre.
Deux forces dans des directions différentes donnent une force « entre les deux ».
Petit lexique
Équilibre
les forces se compensent, rien ne bouge.
Compenser
annuler l'effet d'une autre force.
Tension
force exercée par un fil ou une corde.
Tug of war
Two teams pull on a rope. If they pull just as hard as each other, the rope does not move. We say the forces cancel out. This is equilibrium.
If one team pulls harder, the rope moves to its side. What matters is the difference between the two forces.
The ribbon in the middle stays put: the two forces cancel out.
A book on the table
The Earth pulls the book down. Yet it does not fall. That is because the table pushes it up, exactly as much. You cannot see this force, but you can feel it: put a book on your open hand. Your hand must push so the book does not fall.
Two dogs, one collar
One dog pulls forwards, the other to the right. The collar moves… at a slant, in between! When two forces do not point the same way, the total effect is a force pointing "in between".
Experiment
Tie three strings to a key ring. Ask two friends to pull on one string each, and pull the third yourself. Try to keep the ring still. What happens if someone pulls harder?
Remember
Forces of the same size in opposite directions cancel out.
An object at rest has forces that cancel: that is equilibrium.
Two forces in different directions give a force "in between".
Word list
Equilibrium
the forces cancel out, nothing moves.
Cancel out
undo the effect of another force.
Tension
force exerted by a string or rope.
Trois cas simples
La force unique qui remplace plusieurs forces s'appelle la résultante, notée \(R\).
Même direction, même sens : on additionne. 30 N + 20 N = 50 N.
Même direction, sens opposés : on soustrait. 30 N − 20 N = 10 N, dans le sens de la plus grande.
Directions perpendiculaires : les flèches mises bout à bout forment un triangle rectangle. On utilise Pythagore.
\[ R = \sqrt{F_1^{2} + F_2^{2}} \]
Dans les autres cas, on dessine à l'échelle : on met les flèches bout à bout (la queue de la deuxième sur la pointe de la première) et on mesure la flèche qui va du départ à l'arrivée.
Calcul guidé
Un bateau est tiré par deux remorqueurs : 30 kN vers l'est et 40 kN vers le nord. Quelle est la résultante ?
Les deux forces sont perpendiculaires : on met les flèches bout à bout, elles forment un triangle rectangle.
Remarque : 30 + 40 = 70 kN serait faux. Les forces ne s'additionnent comme des nombres que si elles vont dans la même direction.
L'équilibre
Un objet immobile n'a aucune force « en trop » : la résultante est nulle. Une lampe suspendue à un fil : le fil tire vers le haut avec une force égale au poids. Cette force s'appelle la tension du fil.
Je retiens
Résultante : la force unique qui remplace toutes les autres.
Même sens : on additionne. Sens opposés : on soustrait. Perpendiculaires : Pythagore.
Équilibre : la résultante est nulle.
Petit lexique
Résultante
force unique qui remplace plusieurs forces.
Tension
force exercée par un fil, le long du fil.
Bout à bout
la queue d'une flèche sur la pointe de la précédente.
Three simple cases
The single force that replaces several forces is called the resultant, written \(R\).
Same line, same direction: add. 30 N + 20 N = 50 N.
Same line, opposite directions: subtract. 30 N − 20 N = 10 N, in the direction of the larger one.
Perpendicular: the arrows placed tip to tail form a right triangle. Use Pythagoras.
\[ R = \sqrt{F_1^{2} + F_2^{2}} \]
In other cases, draw to scale: put the arrows tip to tail (the tail of the second on the tip of the first) and measure the arrow from the start to the end.
Guided calculation
A ship is towed by two tugs: 30 kN to the east and 40 kN to the north. What is the resultant?
The two forces are perpendicular: placed tip to tail, they form a right triangle.
Note: 30 + 40 = 70 kN would be wrong. Forces add like numbers only when they point along the same line.
Equilibrium
An object at rest has no force "left over": the resultant is zero. A lamp hanging from a string: the string pulls up with a force equal to the weight. This force is called the tension in the string.
Remember
Resultant: the single force that replaces all the others.
Same direction: add. Opposite: subtract. Perpendicular: Pythagoras.
Equilibrium: the resultant is zero.
Word list
Resultant
single force replacing several forces.
Tension
force exerted by a string, along the string.
Tip to tail
the tail of one arrow on the tip of the previous one.
La résultante : une addition de vecteurs
Quand plusieurs forces agissent sur un même point, leur effet d'ensemble est celui d'une force unique, la résultante :
C'est un fait expérimental, pas une évidence : les forces se composent comme des vecteurs. Stevin (vers 1586) l'a établi avec ses célèbres plans inclinés et ses chaînes de billes.
Graphiquement, on place les flèches bout à bout. La résultante va de la queue de la première à la pointe de la dernière. Pour deux forces, c'est la diagonale du parallélogramme qu'elles forment.
Deux forces \(\vec F_1\) et \(\vec F_2\) appliquées au même point. La résultante \(\vec R\) est la diagonale du parallélogramme. On l'obtient aussi en mettant \(\vec F_2\) au bout de \(\vec F_1\).
Conséquence : l'intensité de la résultante n'est pas la somme des intensités. Pour deux forces de 3 N et 4 N, \(R\) vaut entre 1 N (sens opposés) et 7 N (même sens). Elle vaut 5 N si elles sont perpendiculaires. Pour un angle \(\theta\) quelconque entre elles, la loi des cosinus donne
Le dessin est utile pour comprendre, mais imprécis. Pour calculer, on décompose chaque force selon deux axes perpendiculaires \(x\) et \(y\). Si \(\alpha\) est l'angle entre \(\vec F\) et l'axe \(x\) :
Les composantes sont les projections de la force sur les axes. Elles forment un triangle rectangle avec \(\vec F\).
\[ F_x = F\cos\alpha \]\[ F_y = F\sin\alpha \]
Les composantes ont un signe : \(F_x < 0\) si la force pointe vers les \(x\) négatifs. Ensuite, on additionne axe par axe, comme des nombres :
\(\arctan(R_y/R_x)\) donne un angle entre −90° et 90°. Si \(R_x < 0\), il faut ajouter 180°. Dessine toujours la résultante approximativement pour vérifier le quadrant.
Équilibre d'un point
Un objet assimilable à un point (un nœud, un anneau, un petit bloc) reste au repos, ou garde une vitesse constante, si et seulement si la résultante est nulle :
Une équation vectorielle donne deux équations de composantes : on peut trouver deux inconnues dans le plan. Graphiquement, les flèches mises bout à bout forment un polygone fermé : on revient au point de départ.
Méthode en quatre étapes, à appliquer systématiquement :
Isoler le système : le nœud, le bloc. Le dessiner seul.
Faire l'inventaire des forces qui agissent sur lui, et seulement sur lui.
Choisir des axes malins (souvent le long d'une force inconnue) et projeter.
Résoudre et vérifier les ordres de grandeur.
Tension et poulies
Un fil exerce une force de tension dirigée le long du fil, vers le fil (un fil tire, il ne pousse jamais). Un fil idéal (sans masse, inextensible) a la même tension en tout point. Une poulie idéale (sans masse, sans frottement) ne change que la direction du fil, pas sa tension. C'est ce qui permet, dans la simulation, d'appliquer au nœud une force égale au poids d'une masse accrochée de l'autre côté de la poulie.
Une lampe suspendue à deux fils qui font l'angle \(\alpha = 30^\circ\) avec l'horizontale. À droite, les trois forces mises bout à bout forment un triangle fermé. Ici \(T_1 = T_2 = P\).
Calcul guidé
Une lampe de 10 kg est suspendue au milieu de deux fils identiques qui font chacun \(\alpha = 30^\circ\) avec l'horizontale. Tension dans chaque fil ?
Système : le point d'attache. Forces : \(\vec P\) (vers le bas), \(\vec T_1\) et \(\vec T_2\) le long des fils.
Par symétrie, \(T_1 = T_2 = T\). Selon \(x\), les composantes horizontales \(\pm T\cos\alpha\) s'annulent : l'équation est satisfaite d'elle-même.
Chaque fil porte autant que le poids entier ! Avec \(\alpha = 5^\circ\), on trouverait 563 N. Plus les fils sont proches de l'horizontale, plus la tension explose.
Question
Peut-on tendre une corde portant un sac assez fort pour qu'elle soit parfaitement horizontale ? Regarde la formule de \(T\) quand \(\alpha\) tend vers 0.
À retenir
Les forces s'additionnent comme des vecteurs : bout à bout, ou composante par composante.
\(F_x = F\cos\alpha\), \(F_y = F\sin\alpha\), avec des signes.
Équilibre d'un point : \(\sum F_x = 0\) et \(\sum F_y = 0\). Polygone des forces fermé.
Un fil idéal transmet la même tension partout. Une poulie idéale change seulement sa direction.
OS / OC
Trois forces : concourantes et théorème de Lami
Si un solide est en équilibre sous l'action de trois forces non parallèles, leurs droites d'action se coupent en un même point. Sinon, deux d'entre elles formeraient un moment par rapport au point d'intersection des deux autres. Pour trois forces concourantes en équilibre, le triangle des forces donne, par la loi des sinus, le théorème de Lami :
où \(\gamma_{23}\) est l'angle entre \(\vec F_2\) et \(\vec F_3\), et ainsi de suite. Chaque force est proportionnelle au sinus de l'angle entre les deux autres.
Le nœud à trois masses
Dans la simulation, le nœud est tiré par \(m_1 g\) et \(m_2 g\) (fils sur poulies) et par \(m_3 g\) (vertical). L'équilibre impose \(\vec F_1 + \vec F_2 = -\vec F_3\). En élevant au carré et en simplifiant par \(g^{2}\) :
où \(\gamma\) est l'angle entre les fils 1 et 2. Un équilibre n'existe que si \(|\cos\gamma| \leq 1\), c'est-à-dire si les trois masses vérifient l'inégalité triangulaire : \(|m_1 - m_2| \leq m_3 \leq m_1 + m_2\).
Calcul guidé
\(m_1 = 3\ \text{kg}\), \(m_2 = 4\ \text{kg}\), \(m_3 = 5\ \text{kg}\). Angle entre les fils ?
Le fil le plus chargé (\(m_2\)) est le plus proche de la verticale. Vérifie avec le bouton « Trouver les angles d'équilibre ».
Université
Équilibre d'un point : le cas général
Dans le plan, \(\sum\vec F = \vec 0\) donne deux équations scalaires : on peut trouver au plus deux inconnues (deux intensités, ou une intensité et un angle). Écrit avec des vecteurs unitaires \(\vec u_i\) de directions connues, c'est un système linéaire \(U\,\vec T = -\vec F_{\text{ext}}\), où les colonnes de \(U\) sont les \(\vec u_i\). Avec deux câbles, il a une solution unique si les câbles ne sont pas parallèles (\(\det U \neq 0\)). La loi des sinus et le théorème de Lami sont deux façons de résoudre ce système à la main.
En trois dimensions, on obtient trois équations : c'est l'objet de la sous-page suivante, avec les systèmes isostatiques et hyperstatiques.
The resultant: adding vectors
When several forces act on the same point, their overall effect is that of a single force, the resultant:
This is an experimental fact, not something obvious: forces combine like vectors. Stevin (around 1586) established it with his famous inclined planes and chains of balls.
Graphically, place the arrows tip to tail. The resultant goes from the tail of the first to the tip of the last. For two forces, it is the diagonal of the parallelogram they form.
Two forces \(\vec F_1\) and \(\vec F_2\) applied at the same point. The resultant \(\vec R\) is the diagonal of the parallelogram. It is also obtained by placing \(\vec F_2\) at the tip of \(\vec F_1\).
Consequence: the magnitude of the resultant is not the sum of the magnitudes. For forces of 3 N and 4 N, \(R\) lies between 1 N (opposite) and 7 N (same direction). It is 5 N if they are perpendicular. For any angle \(\theta\) between them, the cosine rule gives
A drawing helps understanding, but it is imprecise. To compute, resolve each force along two perpendicular axes \(x\) and \(y\). If \(\alpha\) is the angle between \(\vec F\) and the \(x\) axis:
The components are the projections of the force on the axes. They form a right triangle with \(\vec F\).
\[ F_x = F\cos\alpha \]\[ F_y = F\sin\alpha \]
Components carry a sign: \(F_x < 0\) if the force points towards negative \(x\). Then add axis by axis, like numbers:
\(\arctan(R_y/R_x)\) gives an angle between −90° and 90°. If \(R_x < 0\), add 180°. Always sketch the resultant roughly to check the quadrant.
Equilibrium of a point
An object that can be treated as a point (a knot, a ring, a small block) stays at rest, or keeps a constant velocity, if and only if the resultant is zero:
One vector equation gives two component equations: we can find two unknowns in the plane. Graphically, the arrows placed tip to tail form a closed polygon: we come back to the starting point.
Four-step method, to apply every time:
Isolate the system: the knot, the block. Draw it on its own.
List the forces acting on it, and only on it.
Choose clever axes (often along an unknown force) and resolve.
Solve and check the orders of magnitude.
Tension and pulleys
A string exerts a tension force along the string, towards the string (a string pulls, it never pushes). An ideal string (massless, inextensible) has the same tension everywhere. An ideal pulley (massless, frictionless) only changes the direction of the string, not its tension. That is how, in the simulation, the knot feels a force equal to the weight of a mass hanging on the other side of the pulley.
A lamp hanging from two strings at \(\alpha = 30^\circ\) to the horizontal. On the right, the three forces placed tip to tail form a closed triangle. Here \(T_1 = T_2 = W\).
Guided calculation
A 10 kg lamp hangs from the middle of two identical strings, each at \(\alpha = 30^\circ\) to the horizontal. Tension in each string?
System: the attachment point. Forces: \(\vec W\) (down), \(\vec T_1\) and \(\vec T_2\) along the strings.
By symmetry, \(T_1 = T_2 = T\). Along \(x\), the horizontal components \(\pm T\cos\alpha\) cancel: that equation holds automatically.
Each string carries as much as the whole weight! With \(\alpha = 5^\circ\), we would get 563 N. The closer the strings are to horizontal, the more the tension shoots up.
Question
Can you pull a rope holding a bag hard enough to make it perfectly horizontal? Look at the formula for \(T\) as \(\alpha\) tends to 0.
Key points
Forces add like vectors: tip to tail, or component by component.
\(F_x = F\cos\alpha\), \(F_y = F\sin\alpha\), with signs.
Equilibrium of a point: \(\sum F_x = 0\) and \(\sum F_y = 0\). Closed force polygon.
An ideal string transmits the same tension everywhere. An ideal pulley only changes its direction.
Advanced
Three forces: concurrency and Lami's theorem
If a rigid body is in equilibrium under three non-parallel forces, their lines of action meet at one point. Otherwise, one of them would have a moment about the intersection of the other two. For three concurrent forces in equilibrium, the force triangle and the sine rule give Lami's theorem:
where \(\gamma_{23}\) is the angle between \(\vec F_2\) and \(\vec F_3\), and so on. Each force is proportional to the sine of the angle between the other two.
The three-mass knot
In the simulation, the knot is pulled by \(m_1 g\) and \(m_2 g\) (strings over pulleys) and by \(m_3 g\) (vertical). Equilibrium requires \(\vec F_1 + \vec F_2 = -\vec F_3\). Squaring and dividing by \(g^{2}\):
where \(\gamma\) is the angle between strings 1 and 2. An equilibrium exists only if \(|\cos\gamma| \leq 1\), that is if the three masses satisfy the triangle inequality: \(|m_1 - m_2| \leq m_3 \leq m_1 + m_2\).
Guided calculation
\(m_1 = 3\ \text{kg}\), \(m_2 = 4\ \text{kg}\), \(m_3 = 5\ \text{kg}\). Angle between the strings?
The more heavily loaded string (\(m_2\)) is closer to the vertical. Check with the "Find the equilibrium angles" button.
University
Equilibrium of a point: the general case
In the plane, \(\sum\vec F = \vec 0\) gives two scalar equations: at most two unknowns can be found (two magnitudes, or one magnitude and one angle). Written with unit vectors \(\vec u_i\) of known directions, it is a linear system \(U\,\vec T = -\vec F_{\text{ext}}\), where the columns of \(U\) are the \(\vec u_i\). With two cables it has a unique solution if the cables are not parallel (\(\det U \neq 0\)). The law of sines and Lami's theorem are two ways to solve this system by hand.
In three dimensions there are three equations: that is the subject of the next sub-page, with statically determinate and indeterminate systems.
À toi de jouer
Trois fils tirent sur le nœud blanc. Bouge les curseurs des masses : le nœud reste-t-il en place (« ÉQUILIBRE ») ?
Mets la masse du milieu très lourde. Que devient la flèche rouge R ?
Clique sur « Trouver les angles d'équilibre ». Que font les fils ?
Your turn
Three strings pull on the white knot. Move the mass sliders: does the knot stay put ("EQUILIBRIUM")?
Make the middle mass very heavy. What happens to the red arrow R?
Click "Find the equilibrium angles". What do the strings do?
À toi de jouer
Règle m₁ = 3 kg, m₂ = 4 kg, m₃ = 5 kg et clique sur « Trouver les angles d'équilibre ». Regarde le polygone des forces : quelle forme a-t-il ?
Lis F₁, F₂ et F₃. Vérifie que F₃ = m₃ · 9,81.
Prends m₁ = m₂ = 2 kg et m₃ = 5 kg. Peut-on trouver l'équilibre ? Explique.
Your turn
Set m₁ = 3 kg, m₂ = 4 kg, m₃ = 5 kg and click "Find the equilibrium angles". Look at the force polygon: what shape is it?
Read F₁, F₂ and F₃. Check that F₃ = m₃ · 9.81.
Take m₁ = m₂ = 2 kg and m₃ = 5 kg. Can you find equilibrium? Explain.
Piste de travail : avec m₁ = 3 kg, m₂ = 4 kg, m₃ = 5 kg, prédis l'angle entre les fils 1 et 2 avant de cliquer. Puis, avec \(R_x\) et \(R_y\), retrouve à la main les conditions \(\sum F_x = 0\) et \(\sum F_y = 0\) pour un réglage d'équilibre. Pourquoi un fil ne peut-il pas être exactement horizontal ?
Worksheet idea: with m₁ = 3 kg, m₂ = 4 kg, m₃ = 5 kg, predict the angle between strings 1 and 2 before clicking. Then, using \(R_x\) and \(R_y\), check by hand the conditions \(\sum F_x = 0\) and \(\sum F_y = 0\) for an equilibrium setting. Why can a string never be exactly horizontal?
Exemples résolusWorked examples
Résultante de trois forces par composantes
\(F_1 = 50\ \text{N}\) à 0°, \(F_2 = 30\ \text{N}\) à 90°, \(F_3 = 40\ \text{N}\) à 225° (angles depuis l'axe \(x\)).
Le fil le plus raide porte le plus. Les fils font 90° entre eux, d'où \(T_1^{2} + T_2^{2} = P^{2}\).
Lami : un panneau suspendu
Un panneau de 200 N pend à deux câbles. L'angle entre les câbles vaut 100°. L'angle entre le câble 1 et la verticale descendante (le poids) vaut 140°, celui entre le câble 2 et le poids vaut 120°.
The steeper string carries more. The strings are at 90° to each other, hence \(T_1^{2} + T_2^{2} = W^{2}\).
Lami: a hanging sign
A 200 N sign hangs from two cables. The angle between the cables is 100°. The angle between cable 1 and the downward vertical (the weight) is 140°, between cable 2 and the weight 120°.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 1 · Statique
Forces dans l'espace
Une lampe tenue par trois câbles, un mât haubané, un trépied : les forces ne sont pas toutes dans un plan. Comment les additionner et trouver l'équilibre en 3D ?
Chapter 1 · Statics
Forces in space
A lamp held by three cables, a guyed mast, a tripod: forces do not all lie in one plane. How do you add them and find equilibrium in 3D?
Pourquoi trois fils ?
Regarde une lampe accrochée au plafond par trois chaînettes, ou une jardinière suspendue. Les fils partent dans trois directions différentes. Ils ne sont pas dans une même feuille de papier : ils sont dans l'espace.
Avec un seul fil, la lampe peut tourner et se balancer. Avec trois fils bien écartés, elle reste bien en place. Chaque fil tire un peu vers le haut et un peu sur le côté. Les tirages sur le côté s'annulent entre eux. Les tirages vers le haut portent la lampe.
Le trépied de l'appareil photo
Un appareil photo sur un trépied ne tombe pas. Ses trois pieds poussent vers le haut et un peu vers l'extérieur. Avec deux pieds seulement, il tomberait en avant ou en arrière. Trois pieds suffisent toujours, même sur un sol bosselé. Une table à quatre pieds, elle, peut boiter.
Expérience
Accroche une petite bouteille d'eau à trois ficelles. Tiens les trois bouts au-dessus avec deux amis. Écartez lentement les mains : la bouteille devient-elle plus dure ou plus facile à tenir ? Plus les ficelles sont à plat, plus il faut tirer fort.
Question
Si les trois amis se mettent tous du même côté de la bouteille, peuvent-ils la tenir immobile ? Essaie avant de lire la réponse dans la simulation.
Je retiens
Dans la vraie vie, les forces vont dans toutes les directions : devant, derrière, à gauche, à droite, en haut, en bas.
Trois fils bien écartés tiennent un objet immobile.
Plus les fils sont à plat, plus ils tirent fort.
Petit lexique
Espace
le monde à trois dimensions : longueur, largeur, hauteur.
Trépied
support à trois pieds.
Écarter
éloigner les uns des autres.
Why three strings?
Look at a lamp hanging from the ceiling by three little chains, or a hanging flower basket. The strings go off in three different directions. They are not on the same sheet of paper: they are in space.
With one string, the lamp can spin and swing. With three well spread strings, it stays put. Each string pulls a little upwards and a little sideways. The sideways pulls cancel each other out. The upward pulls hold the lamp.
The camera tripod
A camera on a tripod does not fall. Its three legs push up and slightly outwards. With only two legs it would fall forwards or backwards. Three legs always work, even on bumpy ground. A table with four legs can wobble.
Experiment
Hang a small water bottle from three strings. Hold the three ends above it with two friends. Slowly move your hands apart: does the bottle get harder or easier to hold? The flatter the strings, the harder you must pull.
Question
If the three friends all stand on the same side of the bottle, can they hold it still? Try before you look for the answer in the simulation.
Remember
In real life, forces point in every direction: forwards, backwards, left, right, up, down.
Three well spread strings hold an object still.
The flatter the strings, the harder they pull.
Word list
Space
the three-dimensional world: length, width, height.
Tripod
a stand with three legs.
Spread
move apart from each other.
Trois axes au lieu de deux
Dans le plan, on repère une force avec deux nombres : sa partie horizontale et sa partie verticale. Dans l'espace, il en faut trois. On utilise trois axes perpendiculaires : \(x\) (vers toi), \(y\) (vers la droite), \(z\) (vers le haut). Ce sont la longueur, la largeur et la hauteur d'une boîte.
On écrit les trois composantes l'une sous l'autre, dans une colonne :
Pour additionner deux forces, on additionne ligne par ligne. Pour trouver l'intensité, on utilise Pythagore deux fois, comme pour la diagonale d'une boîte :
\[ F = \sqrt{F_x^{2} + F_y^{2} + F_z^{2}} \]
Calcul guidé
Une corde tire un piquet de tente avec \(\vec F = \begin{pmatrix} 2 \\ 3 \\ 6 \end{pmatrix}\ \text{N}\). Quelle est son intensité ?
On élève chaque composante au carré :
\[ 2^{2} + 3^{2} + 6^{2} = 4 + 9 + 36 = 49 \]
On prend la racine :
\[ F = \sqrt{49} = 7\ \text{N} \]
Contrôle : 7 N est plus grand que chaque composante (6 N au plus). Une diagonale est toujours plus longue que chaque côté.
L'équilibre en 3D
Un objet immobile : la somme des forces est nulle. En colonnes, cela fait trois conditions, une par ligne. Toutes les parties selon \(x\) s'annulent, toutes les parties selon \(y\) aussi, et toutes les parties selon \(z\) aussi.
Je retiens
Dans l'espace, une force a trois composantes, écrites en colonne.
On additionne les forces ligne par ligne.
Intensité : \(F = \sqrt{F_x^2 + F_y^2 + F_z^2}\).
Équilibre : chaque ligne de la somme vaut 0.
Petit lexique
Composante
partie d'une force selon un axe.
Vecteur colonne
les composantes écrites l'une sous l'autre.
Repère
un point de départ et trois axes perpendiculaires.
Three axes instead of two
In the plane, a force is described by two numbers: its horizontal part and its vertical part. In space, you need three. We use three perpendicular axes: \(x\) (towards you), \(y\) (to the right), \(z\) (upwards). They are the length, width and height of a box.
We write the three components one under the other, in a column:
To add two forces, add row by row. To find the magnitude, use Pythagoras twice, as for the diagonal of a box:
\[ F = \sqrt{F_x^{2} + F_y^{2} + F_z^{2}} \]
Guided calculation
A rope pulls a tent peg with \(\vec F = \begin{pmatrix} 2 \\ 3 \\ 6 \end{pmatrix}\ \text{N}\). What is its magnitude?
Square each component:
\[ 2^{2} + 3^{2} + 6^{2} = 4 + 9 + 36 = 49 \]
Take the square root:
\[ F = \sqrt{49} = 7\ \text{N} \]
Check: 7 N is larger than each component (6 N at most). A diagonal is always longer than each side.
Equilibrium in 3D
An object at rest: the forces add up to zero. In columns, that makes three conditions, one per row. All the parts along \(x\) cancel, all the parts along \(y\) too, and all the parts along \(z\) too.
Remember
In space, a force has three components, written in a column.
Forces are added row by row.
Magnitude: \(F = \sqrt{F_x^2 + F_y^2 + F_z^2}\).
Equilibrium: each row of the sum equals 0.
Word list
Component
the part of a force along one axis.
Column vector
the components written one under the other.
Frame
a starting point and three perpendicular axes.
Un troisième axe
Jusqu'ici, on a dessiné les forces sur une feuille. Beaucoup de situations réelles ne tiennent pas dans un plan : un lustre tenu par trois chaînes, un mât retenu par des haubans, une grue dont la flèche tourne. Il faut alors un repère à trois axes perpendiculaires \(x\), \(y\), \(z\), qui se coupent en une origine \(O\).
On choisit toujours un repère direct : en tournant de \(x\) vers \(y\) avec les doigts de la main droite, le pouce indique \(z\). Ce choix compte dès qu'on calcule des moments (produit vectoriel).
Une force et ses trois composantes. On part de \(O\), on avance de \(F_x\) selon \(x\), puis de \(F_y\) selon \(y\), puis on monte de \(F_z\) : on arrive à la pointe de \(\vec F\).
Le vecteur colonne
Une force dans l'espace est entièrement décrite par ses trois composantes. On les écrit en colonne, dans l'ordre \(x\), \(y\), \(z\) :
Les vecteurs \(\vec e_x\), \(\vec e_y\), \(\vec e_z\) sont les vecteurs unitaires des axes. Une composante est un nombre avec un signe : \(F_z < 0\) veut dire que la force pointe vers le bas. L'intensité découle de Pythagore appliqué deux fois. D'abord dans le plan horizontal, \(\sqrt{F_x^2 + F_y^2}\), puis avec la hauteur :
\[ F = \sqrt{F_x^{2} + F_y^{2} + F_z^{2}} \]
Additionner des forces, c'est additionner ligne par ligne. La résultante a pour composantes la somme des composantes :
Additionner les intensités. Trois forces de 5 N ne donnent pas 15 N en général. On additionne toujours les colonnes, puis on calcule l'intensité de la colonne obtenue.
Calcul guidé
Trois forces agissent sur un anneau : \(\vec F_1 = \begin{pmatrix} 3 \\ 0 \\ 4 \end{pmatrix}\), \(\vec F_2 = \begin{pmatrix} -1 \\ 2 \\ 2 \end{pmatrix}\), \(\vec F_3 = \begin{pmatrix} 0 \\ -4 \\ 1 \end{pmatrix}\) (en N). Résultante, intensité, et force à ajouter pour l'équilibre ?
Trois équations permettent de trouver trois inconnues. C'est exactement le cas d'une charge tenue par trois câbles : les trois tensions sont inconnues, leurs directions sont connues (celles des câbles).
Une lampe en \(O\) tenue par trois câbles. Chaque tension est dirigée de \(O\) vers son ancrage. Le poids \(\vec P\) est vertical. À l'équilibre, \(\vec T_1 + \vec T_2 + \vec T_3 + \vec P = \vec 0\).
Calcul guidé
Une lampe de 6 kg est tenue par trois câbles fixés au plafond, 0,6 m plus haut. Les ancrages sont à 0,8 m de la verticale de la lampe, répartis à 120°. Tensions ?
Chaque câble porte 32,7 N, et non le tiers du poids (19,6 N). La partie horizontale de chaque tension (26,2 N) ne sert qu'à tirer contre les deux autres câbles. Plus le plafond est proche, plus elle est grande.
Pourquoi trois câbles ? Et où les placer ?
Avec deux câbles, les deux tensions et le poids doivent être dans un même plan vertical. Le moindre souffle hors de ce plan fait balancer la charge. Avec trois câbles qui ne sont pas dans un même plan, on peut équilibrer une force extérieure dans n'importe quelle direction.
Un câble ne peut que tirer : sa tension doit être positive. Vu d'en haut, les trois ancrages forment un triangle. La charge tient seulement si la verticale de la charge passe à l'intérieur de ce triangle. Si les trois ancrages sont du même côté, l'un des câbles devrait pousser : impossible.
À retenir
Dans l'espace, un vecteur s'écrit en colonne à trois lignes \(x\), \(y\), \(z\), dans un repère direct.
On additionne ligne par ligne ; \(F = \sqrt{F_x^2 + F_y^2 + F_z^2}\).
Équilibre d'un point : trois équations, donc jusqu'à trois inconnues.
Tension d'un câble = intensité × vecteur unitaire du câble, toujours dirigée vers l'ancrage.
OS / OC
Le vecteur unitaire d'un câble
En pratique, on connaît les coordonnées des points d'attache, pas les angles. Si un câble va du point \(A\) au point \(B\), sa direction est celle du vecteur \(\overrightarrow{AB}\), obtenu en soustrayant les coordonnées ligne par ligne. On le divise par sa longueur pour obtenir un vecteur de norme 1 :
\[ \overrightarrow{AB} = \begin{pmatrix} x_B - x_A \\ y_B - y_A \\ z_B - z_A \end{pmatrix} \]\[ \vec u = \frac{\overrightarrow{AB}}{\lVert\overrightarrow{AB}\rVert} \]\[ \vec T = T\,\vec u \]
Les composantes de \(\vec u\) sont les cosinus directeurs du câble. Il ne reste qu'une inconnue par câble : l'intensité \(T\).
Écrire et résoudre le système
Pour un point tenu par trois câbles et soumis à une force extérieure connue \(\vec F\) (poids, vent), l'équilibre s'écrit avec une matrice dont les colonnes sont les vecteurs unitaires :
On le résout par substitution, ou par la règle de Cramer : \(T_i\) est un quotient de deux déterminants. Le système a une solution unique si le déterminant n'est pas nul, c'est-à-dire si les trois câbles ne sont pas dans un même plan. La simulation ci-dessous résout exactement ce système.
Mât de 12 m poussé par le vent en haut. Seul le hauban 1, du côté opposé au vent, est tendu. Le mât, articulé à sa base, pousse le sommet vers le haut avec \(\vec N\).
Calcul guidé
Un mât vertical de 12 m porte une antenne. Le vent exerce au sommet \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 600 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{N}\). Le hauban 1 relie le sommet \(S\) à l'ancrage \(A_1\), à 9 m du pied, du côté opposé au vent. Les deux autres haubans sont détendus. Tension du hauban et force dans le mât ?
Forces au sommet : \(\vec F\), \(T_1\,\vec u_1\), et la poussée du mât \(\vec N = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ N \end{pmatrix}\). Équilibre ligne par ligne :
Un vent de 600 N tend le hauban à 1000 N et comprime le mât de 800 N, sans compter son poids. Un hauban plus éloigné du pied (angle plus faible avec le sol) réduit la tension. En réalité, les haubans sont précontraints : tous restent tendus, et le problème a alors plus d'inconnues que d'équations (voir Université).
Université
Équilibre dans l'espace, systèmes isostatiques et hyperstatiques
En trois dimensions, \(\sum\vec F = \vec 0\) donne trois équations scalaires. Une charge suspendue à trois câbles non coplanaires (un trépied inversé) est donc entièrement déterminée : trois tensions inconnues, trois équations. On écrit chaque tension comme \(T_i\,\vec u_i\), où \(\vec u_i\) est le vecteur unitaire du point d'attache vers l'ancrage :
\[ \sum_{i=1}^{3} T_i\,\vec u_i = m g\,\vec e_z \]
C'est un système linéaire \(U\,\vec T = m g\,\vec e_z\), où les colonnes de \(U\) sont les \(\vec u_i\). Il a une solution unique si \(\det U \neq 0\), c'est-à-dire si les câbles ne sont pas coplanaires. Physiquement, on exige aussi \(T_i \geq 0\) : un câble ne pousse pas.
Avec quatre câbles, il y a quatre inconnues pour trois équations : le système est hyperstatique. La statique seule ne suffit plus. Il faut tenir compte de l'élasticité des câbles (leur allongement) pour savoir comment la charge se répartit. C'est le cas d'une table à quatre pieds sur un sol imparfait : elle boite, car un pied ne porte rien.
Calcul guidé
Une charge de 300 N en \(O\) est tenue par trois câbles ancrés en \(\overrightarrow{OA_1} = \begin{pmatrix} 2 \\ 0 \\ 2 \end{pmatrix}\), \(\overrightarrow{OA_2} = \begin{pmatrix} -1 \\ \sqrt3 \\ 2 \end{pmatrix}\), \(\overrightarrow{OA_3} = \begin{pmatrix} -1 \\ -\sqrt3 \\ 2 \end{pmatrix}\) (en m). Tensions ?
Les trois ancrages sont à la même distance \(\sqrt{4 + 4} = 2\sqrt2\) et répartis à 120°. Par symétrie, \(T_1 = T_2 = T_3 = T\).
Composante verticale de chaque \(\vec u_i\) : \(2 / (2\sqrt2) = 1/\sqrt2\). Les composantes horizontales s'annulent par symétrie.
Contrôle : chaque câble fait 45° avec la verticale, et \(3 \cdot 141 \cdot \cos 45^\circ = 300\ \text{N}\).
Le mât haubané précontraint
Un mât réel a trois haubans tendus en permanence et une inconnue de plus : la compression \(N\) du mât. Quatre inconnues \(T_1, T_2, T_3, N\) pour trois équations au sommet. On lève l'indétermination avec l'élasticité : chaque hauban est un ressort de raideur \(k_i = E A / \ell_i\). Un petit déplacement \(\vec\delta\) du sommet allonge le hauban \(i\) de \(-\vec u_i\cdot\vec\delta\), donc \(T_i = T_{0} - k_i\,\vec u_i\cdot\vec\delta\). On obtient trois équations linéaires pour les trois composantes de \(\vec\delta\). Tant qu'aucune tension ne s'annule, la précontrainte double en pratique la rigidité : les haubans du côté du vent se détendent pendant que ceux du côté opposé se tendent.
A third axis
So far, forces were drawn on a sheet of paper. Many real situations do not fit in a plane: a chandelier held by three chains, a mast held by guy wires, a crane whose jib swings round. You then need a frame with three perpendicular axes \(x\), \(y\), \(z\), meeting at an origin \(O\).
We always choose a right-handed frame: curling the fingers of the right hand from \(x\) towards \(y\), the thumb points along \(z\). This choice matters as soon as moments (cross products) are computed.
A force and its three components. Start at \(O\), move \(F_x\) along \(x\), then \(F_y\) along \(y\), then up \(F_z\): you reach the tip of \(\vec F\).
The column vector
A force in space is fully described by its three components. They are written as a column, in the order \(x\), \(y\), \(z\):
The vectors \(\vec e_x\), \(\vec e_y\), \(\vec e_z\) are the unit vectors of the axes. A component is a signed number: \(F_z < 0\) means the force points down. The magnitude follows from Pythagoras applied twice. First in the horizontal plane, \(\sqrt{F_x^2 + F_y^2}\), then with the height:
\[ F = \sqrt{F_x^{2} + F_y^{2} + F_z^{2}} \]
Adding forces means adding row by row. The resultant's components are the sums of the components:
Three equations can determine three unknowns. That is exactly the case of a load held by three cables: the three tensions are unknown, their directions are known (along the cables).
A lamp at \(O\) held by three cables. Each tension points from \(O\) towards its anchor. The weight \(\vec P\) is vertical. At equilibrium, \(\vec T_1 + \vec T_2 + \vec T_3 + \vec P = \vec 0\).
Guided calculation
A 6 kg lamp is held by three cables fixed to the ceiling, 0.6 m higher. The anchors are 0.8 m from the vertical through the lamp, spread 120° apart. Tensions?
Each cable carries 32.7 N, not a third of the weight (19.6 N). The horizontal part of each tension (26.2 N) only pulls against the two other cables. The closer the ceiling, the larger it is.
Why three cables? And where to put them?
With two cables, both tensions and the weight must lie in the same vertical plane. The slightest push out of that plane makes the load swing. With three cables not in one plane, an external force in any direction can be balanced.
A cable can only pull: its tension must be positive. Seen from above, the three anchors form a triangle. The load hangs still only if the vertical through the load passes inside that triangle. If the three anchors are on the same side, one cable would have to push: impossible.
Key points
In space, a vector is written as a three-row column \(x\), \(y\), \(z\), in a right-handed frame.
Equilibrium of a point: three equations, so up to three unknowns.
Cable tension = magnitude × unit vector of the cable, always pointing towards the anchor.
Advanced
The unit vector of a cable
In practice, the coordinates of the attachment points are known, not the angles. If a cable runs from point \(A\) to point \(B\), its direction is that of the vector \(\overrightarrow{AB}\), obtained by subtracting the coordinates row by row. Divide it by its length to get a vector of length 1:
\[ \overrightarrow{AB} = \begin{pmatrix} x_B - x_A \\ y_B - y_A \\ z_B - z_A \end{pmatrix} \]\[ \vec u = \frac{\overrightarrow{AB}}{\lVert\overrightarrow{AB}\rVert} \]\[ \vec T = T\,\vec u \]
The components of \(\vec u\) are the direction cosines of the cable. Only one unknown remains per cable: the magnitude \(T\).
Writing and solving the system
For a point held by three cables and subject to a known external force \(\vec F\) (weight, wind), equilibrium is written with a matrix whose columns are the unit vectors:
Solve it by substitution, or with Cramer's rule: \(T_i\) is a ratio of two determinants. The system has a unique solution if the determinant is not zero, that is if the three cables do not lie in one plane. The simulation below solves exactly this system.
A 12 m mast pushed by the wind at the top. Only guy 1, on the side away from the wind, is taut. The mast, pinned at its base, pushes the top upwards with \(\vec N\).
Guided calculation
A vertical 12 m mast carries an antenna. The wind exerts at the top \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 600 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{N}\). Guy 1 joins the top \(S\) to anchor \(A_1\), 9 m from the foot, on the side away from the wind. The other two guys are slack. Guy tension and force in the mast?
Forces at the top: \(\vec F\), \(T_1\,\vec u_1\), and the thrust of the mast \(\vec N = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ N \end{pmatrix}\). Equilibrium row by row:
A 600 N wind pulls the guy to 1000 N and compresses the mast by 800 N, not counting its weight. A guy anchored further from the foot (smaller angle with the ground) reduces the tension. In reality, guys are pre-tensioned: all stay taut, and the problem then has more unknowns than equations (see University).
University
Equilibrium in space, statically determinate and indeterminate systems
In three dimensions, \(\sum\vec F = \vec 0\) gives three scalar equations. A load hanging from three non-coplanar cables (an upside-down tripod) is therefore fully determined: three unknown tensions, three equations. Write each tension as \(T_i\,\vec u_i\), where \(\vec u_i\) is the unit vector from the attachment point to the anchor:
\[ \sum_{i=1}^{3} T_i\,\vec u_i = m g\,\vec e_z \]
This is a linear system \(U\,\vec T = m g\,\vec e_z\), where the columns of \(U\) are the \(\vec u_i\). It has a unique solution if \(\det U \neq 0\), that is if the cables are not coplanar. Physically we also require \(T_i \geq 0\): a cable does not push.
With four cables there are four unknowns for three equations: the system is statically indeterminate. Statics alone is no longer enough. The elasticity of the cables (their extension) must be taken into account to know how the load is shared. That is the four-legged table on an uneven floor: it wobbles, because one leg carries nothing.
Guided calculation
A 300 N load at \(O\) is held by three cables anchored at \(\overrightarrow{OA_1} = \begin{pmatrix} 2 \\ 0 \\ 2 \end{pmatrix}\), \(\overrightarrow{OA_2} = \begin{pmatrix} -1 \\ \sqrt3 \\ 2 \end{pmatrix}\), \(\overrightarrow{OA_3} = \begin{pmatrix} -1 \\ -\sqrt3 \\ 2 \end{pmatrix}\) (in m). Tensions?
The three anchors are at the same distance \(\sqrt{4 + 4} = 2\sqrt2\) and spread at 120°. By symmetry, \(T_1 = T_2 = T_3 = T\).
Vertical component of each \(\vec u_i\): \(2 / (2\sqrt2) = 1/\sqrt2\). The horizontal components cancel by symmetry.
Check: each cable is at 45° to the vertical, and \(3 \cdot 141 \cdot \cos 45^\circ = 300\ \text{N}\).
The pre-tensioned guyed mast
A real mast has three permanently taut guys and one more unknown: the compression \(N\) of the mast. Four unknowns \(T_1, T_2, T_3, N\) for three equations at the top. The indeterminacy is removed with elasticity: each guy is a spring of stiffness \(k_i = E A / \ell_i\). A small displacement \(\vec\delta\) of the top stretches guy \(i\) by \(-\vec u_i\cdot\vec\delta\), so \(T_i = T_{0} - k_i\,\vec u_i\cdot\vec\delta\). This gives three linear equations for the three components of \(\vec\delta\). As long as no tension drops to zero, the pre-tension in effect doubles the stiffness: the guys on the windward side slacken while those on the other side tighten.
À toi de jouer
Glisse le doigt ou la souris sur l'image : tu tournes autour de la lampe. Regarde-la d'en haut, puis de côté.
Baisse la « Hauteur des points d'attache ». Les flèches des câbles grandissent-elles ou rapetissent-elles ?
Choisis « Deux câbles proches » et déplace l'ancrage A. Trouve une position où la lampe ne peut plus tenir (le texte devient rouge).
Your turn
Drag your finger or the mouse across the picture: you move around the lamp. Look at it from above, then from the side.
Lower the "Height of the anchor points". Do the cable arrows get longer or shorter?
Choose "Two cables close together" and move anchor A. Find a position where the lamp can no longer hang (the text turns red).
À toi de jouer
Disposition symétrique, 10 kg, hauteur 1,5 m. Lis les trois tensions. Pourquoi sont-elles égales ?
Le poids vaut 98,1 N. Chaque câble porte-t-il le tiers, 32,7 N ? Pourquoi est-ce plus ?
Monte les points d'attache à 3 m. Prédis : les tensions se rapprochent-elles de 32,7 N ? Vérifie.
Your turn
Symmetric layout, 10 kg, height 1.5 m. Read the three tensions. Why are they equal?
The weight is 98.1 N. Does each cable carry a third, 32.7 N? Why is it more?
Raise the anchor points to 3 m. Predict: do the tensions get closer to 32.7 N? Check.
Piste de travail
Disposition symétrique : les ancrages sont à \(R = 1{,}5\ \text{m}\) de la verticale. Montre que \(T = \dfrac{m g\,\ell}{3 h}\) avec \(\ell = \sqrt{R^2 + h^2}\). Prédis \(T\) pour 10 kg et \(h = 2\ \text{m}\), puis vérifie (40,9 N).
Lis les colonnes des trois tensions et du poids. Additionne-les ligne par ligne : retrouves-tu la colonne \(\Sigma F\) nulle ?
« Deux câbles proches » : tourne l'ancrage A de 0° à 360°. Pour quels azimuts toutes les tensions sont-elles positives ? Relie ta réponse au triangle des ancrages vu d'en haut.
Worksheet idea
Symmetric layout: the anchors are \(R = 1.5\ \text{m}\) from the vertical. Show that \(T = \dfrac{m g\,\ell}{3 h}\) with \(\ell = \sqrt{R^2 + h^2}\). Predict \(T\) for 10 kg and \(h = 2\ \text{m}\), then check (40.9 N).
Read the columns of the three tensions and of the weight. Add them row by row: do you get the zero column \(\Sigma F\)?
"Two cables close together": rotate anchor A from 0° to 360°. For which azimuths are all tensions positive? Link your answer to the triangle of anchors seen from above.
Exemples résolusWorked examples
Le trépied de l'appareil photo
Un appareil de 3 kg est posé sur un trépied symétrique dont chaque pied fait 20° avec la verticale. Force dans chaque pied ?
Chaque pied pousse le long de son axe. Par symétrie, les trois forces ont la même intensité \(F\), et leurs parties horizontales s'annulent. Seule la ligne \(z\) compte :
\[ 3F\cos 20^\circ = m g = 29{,}4\ \text{N} \]
\[ F = \frac{29{,}4}{3 \cdot 0{,}940} = 10{,}4\ \text{N} \]
À peine plus que le tiers du poids (9,8 N) : des pieds presque verticaux travaillent efficacement.
Une résultante dans l'espace
\(\vec F_1 = \begin{pmatrix} 10 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{N}\) et \(\vec F_2 = \begin{pmatrix} 0 \\ 10 \\ 10 \end{pmatrix}\ \text{N}\). Résultante et angle avec l'axe \(z\) ?
\[ \vec R = \begin{pmatrix} 10 \\ 10 \\ 10 \end{pmatrix}\ \text{N} \]\[ R = 10\sqrt3 = 17{,}3\ \text{N} \]
C'est la direction de la grande diagonale d'un cube.
Tension d'un câble à partir des coordonnées
Un câble va de \(O\) au point \(A\), avec \(\overrightarrow{OA} = \begin{pmatrix} 2 \\ -1 \\ 2 \end{pmatrix}\ \text{m}\). Sa tension vaut 450 N. Composantes de la force sur \(O\) ?
Quatre câbles : pourquoi la statique ne suffit pas
Une plaque carrée de poids \(P\) est suspendue par ses quatre coins à quatre câbles verticaux. Équilibre vertical : \(T_1 + T_2 + T_3 + T_4 = P\). Moments autour des deux axes horizontaux : deux équations de plus. Trois équations, quatre inconnues.
Les solutions forment une famille à un paramètre : \(T_1 = T_3 = P/4 + s\), \(T_2 = T_4 = P/4 - s\). Le paramètre \(s\) dépend de la longueur exacte des câbles au millimètre près. Un câble un peu trop court prend plus que sa part. C'est pourquoi on règle les suspensions à quatre points avec des tendeurs.
The camera tripod
A 3 kg camera stands on a symmetric tripod, each leg at 20° to the vertical. Force in each leg?
Each leg pushes along its axis. By symmetry, the three forces have the same magnitude \(F\), and their horizontal parts cancel. Only row \(z\) matters:
\[ 3F\cos 20^\circ = m g = 29.4\ \text{N} \]
\[ F = \frac{29.4}{3 \cdot 0.940} = 10.4\ \text{N} \]
Barely more than a third of the weight (9.8 N): nearly vertical legs work efficiently.
A resultant in space
\(\vec F_1 = \begin{pmatrix} 10 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{N}\) and \(\vec F_2 = \begin{pmatrix} 0 \\ 10 \\ 10 \end{pmatrix}\ \text{N}\). Resultant and angle with the \(z\) axis?
\[ \vec R = \begin{pmatrix} 10 \\ 10 \\ 10 \end{pmatrix}\ \text{N} \]\[ R = 10\sqrt3 = 17.3\ \text{N} \]
That is the direction of the main diagonal of a cube.
Cable tension from coordinates
A cable runs from \(O\) to point \(A\), with \(\overrightarrow{OA} = \begin{pmatrix} 2 \\ -1 \\ 2 \end{pmatrix}\ \text{m}\). Its tension is 450 N. Components of the force on \(O\)?
A square plate of weight \(P\) hangs from four vertical cables at its corners. Vertical equilibrium: \(T_1 + T_2 + T_3 + T_4 = P\). Moments about the two horizontal axes: two more equations. Three equations, four unknowns.
The solutions form a one-parameter family: \(T_1 = T_3 = P/4 + s\), \(T_2 = T_4 = P/4 - s\). The parameter \(s\) depends on the exact cable lengths, to the millimetre. A cable slightly too short takes more than its share. That is why four-point suspensions are adjusted with turnbuckles.
Trois cordes perpendiculaires
Un carton est tiré par trois cordes : 3 N selon \(x\), 4 N selon \(y\), 12 N vers le haut. Force totale ?
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 1 · Statique
Réaction, frottement, plan incliné
Pourquoi un livre ne traverse-t-il pas la table ? Pourquoi une voiture garée en pente ne glisse-t-elle pas ? Deux forces de contact font tout le travail.
Chapter 1 · Statics
Normal force, friction, inclined plane
Why does a book not sink through the table? Why does a car parked on a slope not slide? Two contact forces do all the work.
Pourquoi on ne glisse pas ?
Pose une gomme sur un livre et soulève doucement un côté du livre. La gomme reste… puis, d'un coup, elle glisse. Ce qui la retenait s'appelle le frottement.
Le poids tire la gomme vers le bas de la pente. Le frottement la retient vers le haut.
Essaie avec une pièce, un glaçon, un bouchon en liège. Lequel glisse le premier ? Le glaçon, bien sûr : sur la glace mouillée, le frottement est très faible. C'est pour ça qu'on glisse en patins.
Le frottement est utile
Sans frottement, tu ne pourrais pas marcher : tes pieds glisseraient vers l'arrière, comme sur une patinoire. Les voitures ne pourraient ni démarrer ni freiner. Un nœud se déferait tout seul. Les semelles de tes baskets et les pneus ont des rainures pour frotter plus.
Le sol pousse
Quand tu es debout, le sol te pousse vers le haut, juste assez pour que tu ne t'enfonces pas. Sur un trampoline, tu vois cette poussée : la toile se creuse, puis te renvoie.
Prédis
Deux gommes collées l'une sur l'autre glissent-elles plus tôt, plus tard, ou au même angle qu'une seule ? Teste avec le curseur de masse dans la simulation plus bas.
Je retiens
Le frottement empêche ou freine le glissement.
Il dépend des matières qui se touchent : très faible sur la glace, fort sur le caoutchouc.
Le sol ou la table poussent vers le haut ce qui est posé dessus.
Petit lexique
Frottement
force qui empêche ou freine le glissement.
Pente
surface penchée.
Adhérence
capacité à ne pas glisser.
Why don't things slide?
Put an eraser on a book and slowly lift one side of the book. The eraser stays… then suddenly it slides. What was holding it back is called friction.
Weight pulls the eraser down the slope. Friction holds it up the slope.
Try with a coin, an ice cube, a cork. Which one slides first? The ice cube, of course: on wet ice friction is very small. That is why skates glide.
Friction is useful
Without friction you could not walk: your feet would slide backwards, as on an ice rink. Cars could neither start nor brake. A knot would come undone by itself. The soles of your trainers and car tyres have grooves to grip more.
The ground pushes
When you stand, the ground pushes you up, just enough so you do not sink in. On a trampoline you can see this push: the sheet dips, then throws you back.
Predict
Do two erasers stuck together slide sooner, later, or at the same angle as one? Test it with the mass slider in the simulation below.
Remember
Friction prevents or slows sliding.
It depends on the materials in contact: very small on ice, large on rubber.
The ground or the table pushes up on whatever rests on it.
Word list
Friction
force that prevents or slows sliding.
Slope
a tilted surface.
Grip
the ability not to slide.
La réaction du support
Un objet posé sur un support subit une force du support, perpendiculaire à la surface : la réaction normale \(N\). Sur un sol plat, si rien d'autre n'appuie, elle est égale au poids : \(N = P\).
Le frottement maximal
Le frottement s'adapte. Si tu pousses une caisse doucement, le frottement est faible et compense ta poussée. Si tu pousses plus fort, il augmente aussi. Mais il a un maximum :
\[ f_{\max} = \mu \cdot N \]
\(\mu\) (« mu ») est le coefficient de frottement. Il n'a pas d'unité et dépend des deux matières.
Matières
μ (environ)
Patin sur glace
0,03
Bois sur bois
0,5
Métal sur béton
0,6
Pneu sur route sèche
0,9
Calcul guidé
Une caisse en bois de 40 kg sur un plancher (\(\mu = 0{,}5\)). Quelle force horizontale faut-il pour la faire bouger ?
Poids, donc réaction (sol plat) :
\[ N = P = 40 \cdot 9{,}81 = 392\ \text{N} \]
Frottement maximal :
\[ f_{\max} = 0{,}5 \cdot 392 = 196\ \text{N} \]
Il faut pousser avec un peu plus de 196 N.
Sans calculette : \(40 \cdot 10 = 400\ \text{N}\), puis \(0{,}5 \cdot 400 = 200\ \text{N}\). Très proche.
La pente
Sur une pente, une partie du poids tire l'objet vers le bas de la pente. Plus la pente est raide, plus cette partie est grande. Il existe un angle à partir duquel l'objet glisse : l'angle limite. Surprise : il ne dépend pas de la masse, seulement des matières.
Je retiens
Réaction normale \(N\) : perpendiculaire au support. Sur sol plat, \(N = P\).
Le frottement s'adapte jusqu'à \(f_{\max} = \mu N\).
L'angle limite d'une pente ne dépend pas de la masse.
Petit lexique
Réaction normale
force d'un support, perpendiculaire à sa surface.
Coefficient de frottement μ
nombre qui dit si deux matières adhèrent bien.
Angle limite
pente à partir de laquelle l'objet glisse.
The push of the support
An object resting on a support feels a force from the support, perpendicular to the surface: the normal force \(N\). On flat ground, if nothing else presses, it equals the weight: \(N = W\).
Maximum friction
Friction adapts. If you push a crate gently, friction is small and balances your push. If you push harder, it grows too. But it has a maximum:
\[ f_{\max} = \mu \cdot N \]
\(\mu\) ("mu") is the coefficient of friction. It has no unit and depends on the two materials.
Materials
μ (about)
Skate on ice
0.03
Wood on wood
0.5
Metal on concrete
0.6
Tyre on dry road
0.9
Guided calculation
A 40 kg wooden crate on a wooden floor (\(\mu = 0.5\)). What horizontal force is needed to get it moving?
Weight, so normal force (flat floor):
\[ N = W = 40 \cdot 9.81 = 392\ \text{N} \]
Maximum friction:
\[ f_{\max} = 0.5 \cdot 392 = 196\ \text{N} \]
You must push with a bit more than 196 N.
Without a calculator: \(40 \cdot 10 = 400\ \text{N}\), then \(0.5 \cdot 400 = 200\ \text{N}\). Very close.
The slope
On a slope, part of the weight pulls the object down the slope. The steeper the slope, the larger that part. There is an angle at which the object starts to slide: the limiting angle. Surprise: it does not depend on the mass, only on the materials.
Remember
Normal force \(N\): perpendicular to the support. On flat ground, \(N = W\).
Friction adapts up to \(f_{\max} = \mu N\).
The limiting angle of a slope does not depend on the mass.
Word list
Normal force
force from a support, perpendicular to its surface.
Coefficient of friction μ
number saying how well two materials grip.
Limiting angle
slope at which the object starts to slide.
La réaction normale, une force qui s'ajuste
Un support rigide exerce sur l'objet posé une force perpendiculaire à la surface de contact : la réaction normale \(\vec N\). Elle n'a pas de formule propre. Elle prend exactement la valeur nécessaire pour que l'objet ne s'enfonce pas dans le support. On la trouve donc toujours avec les équations d'équilibre.
Elle vaut \(m g\) seulement dans le cas le plus simple : support horizontal, rien d'autre qui appuie ou soulève. Si tu appuies sur une caisse, \(N\) augmente. Si tu la tires vers le haut avec une corde inclinée, \(N\) diminue. Sur une pente, \(N = m g\cos\alpha\). Un objet quitte son support quand \(N\) devient nulle : c'est le critère de décollage.
Le frottement statique
Pousse doucement une lourde armoire : elle ne bouge pas. Le sol exerce une force parallèle à la surface, opposée à ta poussée, de même intensité : le frottement statique \(\vec f\). Pousse un peu plus fort : il augmente aussi. Il s'ajuste, comme \(N\), pour empêcher le glissement. Mais il a une limite :
\[ f \leq \mu_s N \]
\(\mu_s\) est le coefficient de frottement statique. Quand la force à compenser dépasse \(\mu_s N\), l'objet se met à glisser.
Erreur fréquente
Écrire \(f = \mu_s N\) dans tous les cas. C'est faux : \(\mu_s N\) est le maximum. Une armoire que personne ne pousse ne subit aucun frottement. On écrit \(f = \mu_s N\) seulement à la limite du glissement.
Le frottement cinétique
Pendant le glissement, le frottement est à peu près constant, opposé à la vitesse de glissement :
\[ f = \mu_c N \]\[ \text{avec en général } \mu_c < \mu_s \]
C'est pour cela qu'il est plus dur de démarrer une caisse que de la faire avancer. Le graphique ci-dessous résume le comportement.
Tant que la caisse ne glisse pas, le frottement égale la poussée. Il atteint \(\mu_s N\), la caisse décroche, et le frottement retombe à \(\mu_c N\).
Matériaux
μₛ
μ꜀
Acier sur glace
0,03
0,01
Bois sur bois
0,5
0,3
Acier sur acier (sec)
0,7
0,6
Caoutchouc sur béton sec
1,0
0,8
Valeurs indicatives : elles varient beaucoup avec l'état des surfaces, l'humidité, la température.
Un peu d'histoire
Léonard de Vinci, puis Amontons (1699) et Coulomb (1785) ont établi deux lois étonnantes. Le frottement est proportionnel à la force normale. Et il ne dépend pas de l'aire de contact apparente : une brique posée à plat ou sur la tranche demande la même force pour glisser.
Le plan incliné
Un bloc de masse \(m\) est posé sur un plan incliné d'un angle \(\alpha\). On choisit des axes adaptés : \(x\) le long de la pente, \(y\) perpendiculaire. \(\vec N\) et \(\vec f\) sont alors sur les axes. Seul le poids doit être décomposé.
Le poids \(\vec P\) se décompose en \(\vec P_\parallel\) le long de la pente et \(\vec P_\perp\) contre la pente. L'angle entre \(\vec P\) et \(\vec P_\perp\) est le même \(\alpha\) que celui du plan (côtés perpendiculaires deux à deux).
\[ P_\parallel = m g\sin\alpha \]\[ P_\perp = m g\cos\alpha \]
Selon \(y\), il n'y a pas de mouvement : \(N = m g\cos\alpha\). Selon \(x\), le frottement doit compenser \(P_\parallel\) : \(f = m g\sin\alpha\). Le bloc tient tant que ce frottement nécessaire ne dépasse pas le maximum :
\[ m g\sin\alpha \leq \mu_s\, m g\cos\alpha \]\[ \Longleftrightarrow\quad \tan\alpha \leq \mu_s \]
La masse a disparu ! L'angle limite ne dépend que des matériaux :
\[ \alpha_{\lim} = \arctan\mu_s \]
C'est une méthode de mesure très simple : on incline une planche jusqu'au glissement et on lit l'angle au rapporteur. Au-delà, le bloc glisse avec l'accélération \(a = g(\sin\alpha - \mu_c\cos\alpha)\), qui elle non plus ne dépend pas de la masse.
Calcul guidé
Un bloc de 2,0 kg sur une planche inclinée de 20°, avec \(\mu_s = 0{,}50\). Tient-il ? Quel frottement agit ? Et à 30° ?
Réaction normale :
\[ N = m g\cos 20^\circ = 2{,}0 \cdot 9{,}81 \cdot 0{,}940 = 18{,}4\ \text{N} \]
Frottement nécessaire pour tenir :
\[ f = m g\sin 20^\circ = 19{,}62 \cdot 0{,}342 = 6{,}7\ \text{N} \]
Ces valeurs sont celles de la simulation par défaut (en changeant α). Vérifie-les.
À retenir
\(\vec N\) est perpendiculaire au support. On la trouve par l'équilibre, pas par une formule.
Frottement statique : \(f \leq \mu_s N\), il s'ajuste. Cinétique : \(f = \mu_c N\), opposé au glissement.
Plan incliné : \(N = m g\cos\alpha\), \(P_\parallel = m g\sin\alpha\).
Angle limite : \(\tan\alpha_{\lim} = \mu_s\), indépendant de la masse.
OS / OC
Tirer avec une corde inclinée
On tire une luge de masse \(m\) avec une force \(F\) qui fait un angle \(\theta\) au-dessus de l'horizontale. La composante verticale \(F\sin\theta\) soulage le sol : \(N = m g - F\sin\theta\). Le frottement maximal diminue. À la limite du glissement :
\[ F\cos\theta = \mu\,(m g - F\sin\theta) \]
\[ F = \frac{\mu m g}{\cos\theta + \mu\sin\theta} \]
Tirer un peu vers le haut aide. Pousser vers le bas (comme une tondeuse), au contraire, augmente \(N\) : \(F = \mu m g / (\cos\theta - \mu\sin\theta)\). Si \(\tan\theta \geq 1/\mu\), aucune poussée, si grande soit-elle, ne fait avancer l'objet.
Calcul guidé
Une luge de 40 kg sur la neige, \(\mu = 0{,}10\). Force minimale pour la démarrer en tirant à 30° ?
\[ \mu m g = 0{,}10 \cdot 40 \cdot 9{,}81 = 39{,}2\ \text{N} \]
Tirer à l'horizontale demanderait 39,2 N. À 30°, la composante utile \(F\cos\theta\) diminue plus que le frottement : on y perd un peu. L'angle optimal est petit quand \(\mu\) est petit.
Cône de frottement et arc-boutement
La réaction totale du support, \(\vec R = \vec N + \vec f\), fait avec la normale un angle \(\varphi\) tel que \(\tan\varphi = f/N \leq \mu_s\). Elle reste donc à l'intérieur d'un cône de frottement de demi-angle \(\varphi_s = \arctan\mu_s\).
Tant que la force appliquée a sa droite d'action dans le cône, le support peut la compenser entièrement : rien ne glisse.
Conséquence surprenante : si la force que tu appliques pointe à l'intérieur du cône, rien ne glisse, quelle que soit son intensité. C'est l'arc-boutement. Un tiroir tiré d'un seul côté se coince. Un serre-joint tient. Un grimpeur en cheminée tient en poussant sur les deux parois. Le cric de voiture et la vis sans fin en dépendent aussi.
Université
Angle de traction optimal
On cherche l'angle \(\theta\) qui minimise \(F(\theta) = \mu m g / (\cos\theta + \mu\sin\theta)\). Il suffit de maximiser le dénominateur \(D(\theta) = \cos\theta + \mu\sin\theta\) :
L'angle optimal est l'angle de frottement lui-même. On a alors \(D(\theta^{*}) = \sqrt{1 + \mu^{2}}\), d'où
\[ F_{\min} = \frac{\mu m g}{\sqrt{1 + \mu^{2}}} = m g\sin\varphi \]
Interprétation géométrique : la réaction \(\vec R\) du sol est au bord du cône. \(\vec P\), \(\vec R\) et \(\vec F\) forment un triangle fermé. \(F\) est minimale quand elle est perpendiculaire à \(\vec R\).
Calcul guidé
Caisse de 50 kg, \(\mu = 0{,}50\). Gain par rapport à une traction horizontale ?
À l'horizontale : \(\mu m g = 245{,}3\ \text{N}\). Le gain est de 10,6 %.
Pourquoi l'aire de contact ne compte pas
À l'échelle microscopique, deux surfaces ne se touchent que par les sommets de leurs aspérités. L'aire réelle de contact est une infime fraction de l'aire apparente. Bowden et Tabor (1950) ont montré qu'elle est proportionnelle à la charge : les aspérités se déforment plastiquement jusqu'à ce que la pression locale atteigne la dureté \(H\) du matériau, \(A_{\text{réelle}} \approx N/H\). Le frottement vient du cisaillement de ces micro-jonctions, de résistance \(\tau\) : \(f \approx \tau A_{\text{réelle}} = (\tau/H)\,N\). On retrouve \(\mu = \tau/H\), indépendant de l'aire apparente. Le modèle de Coulomb est une loi empirique, valable dans un domaine limité. Il échoue pour les élastomères (pneus), les très faibles charges, ou les vitesses élevées.
The normal force, a force that adjusts
A rigid support exerts on the object resting on it a force perpendicular to the contact surface: the normal force \(\vec N\). It has no formula of its own. It takes exactly the value needed so that the object does not sink into the support. We therefore always find it from the equilibrium equations.
It equals \(m g\) only in the simplest case: horizontal support, nothing else pressing or lifting. If you press down on a crate, \(N\) increases. If you pull it up with a slanted rope, \(N\) decreases. On a slope, \(N = m g\cos\alpha\). An object leaves its support when \(N\) becomes zero: that is the lift-off criterion.
Static friction
Push a heavy wardrobe gently: it does not move. The floor exerts a force parallel to the surface, opposite to your push, of equal magnitude: static friction \(\vec f\). Push a bit harder: it grows too. Like \(N\), it adjusts to prevent sliding. But it has a limit:
\[ f \leq \mu_s N \]
\(\mu_s\) is the coefficient of static friction. When the force to be balanced exceeds \(\mu_s N\), the object starts to slide.
Common mistake
Writing \(f = \mu_s N\) in every case. That is wrong: \(\mu_s N\) is the maximum. A wardrobe nobody pushes feels no friction at all. We write \(f = \mu_s N\) only at the point of slipping.
Kinetic friction
While sliding, friction is roughly constant and opposite to the sliding velocity:
\[ f = \mu_k N \]\[ \text{usually with } \mu_k < \mu_s \]
That is why it is harder to start a crate than to keep it moving. The graph below sums up the behaviour.
As long as the crate does not slide, friction equals the push. It reaches \(\mu_s N\), the crate breaks free, and friction drops to \(\mu_k N\).
Materials
μₛ
μₖ
Steel on ice
0.03
0.01
Wood on wood
0.5
0.3
Steel on steel (dry)
0.7
0.6
Rubber on dry concrete
1.0
0.8
Indicative values: they vary a lot with surface condition, humidity, temperature.
A bit of history
Leonardo da Vinci, then Amontons (1699) and Coulomb (1785) established two surprising laws. Friction is proportional to the normal force. And it does not depend on the apparent contact area: a brick lying flat or on its edge needs the same force to slide.
The inclined plane
A block of mass \(m\) rests on a plane inclined at angle \(\alpha\). Choose suitable axes: \(x\) along the slope, \(y\) perpendicular. \(\vec N\) and \(\vec f\) then lie on the axes. Only the weight has to be resolved.
The weight \(\vec W\) splits into \(\vec W_\parallel\) along the slope and \(\vec W_\perp\) into the slope. The angle between \(\vec W\) and \(\vec W_\perp\) is the same \(\alpha\) as the plane (sides pairwise perpendicular).
\[ W_\parallel = m g\sin\alpha \]\[ W_\perp = m g\cos\alpha \]
Along \(y\) there is no motion: \(N = m g\cos\alpha\). Along \(x\), friction must balance \(W_\parallel\): \(f = m g\sin\alpha\). The block holds as long as this required friction does not exceed the maximum:
\[ m g\sin\alpha \leq \mu_s\, m g\cos\alpha \]\[ \Longleftrightarrow\quad \tan\alpha \leq \mu_s \]
The mass has vanished! The limiting angle depends only on the materials:
\[ \alpha_{\lim} = \arctan\mu_s \]
This is a very simple way to measure \(\mu_s\): tilt a plank until sliding starts and read the angle with a protractor. Beyond it, the block slides with acceleration \(a = g(\sin\alpha - \mu_k\cos\alpha)\), which does not depend on the mass either.
Guided calculation
A 2.0 kg block on a plank tilted at 20°, with \(\mu_s = 0.50\). Does it hold? What friction acts? And at 30°?
Normal force:
\[ N = m g\cos 20^\circ = 2.0 \cdot 9.81 \cdot 0.940 = 18.4\ \text{N} \]
Friction needed to hold:
\[ f = m g\sin 20^\circ = 19.62 \cdot 0.342 = 6.7\ \text{N} \]
Maximum friction available:
\[ \mu_s N = 0.50 \cdot 18.4 = 9.2\ \text{N} \]
\(6.7 < 9.2\): the block holds, and the actual friction is 6.7 N, not 9.2 N.
Limiting angle:
\[ \alpha_{\lim} = \arctan 0.50 = 26.6^\circ \]
At 30° we are beyond it: the block slides.
These are the simulation's default values (changing α). Check them.
Key points
\(\vec N\) is perpendicular to the support. It is found from equilibrium, not from a formula.
Static friction: \(f \leq \mu_s N\), it adjusts. Kinetic: \(f = \mu_k N\), opposite to sliding.
Inclined plane: \(N = m g\cos\alpha\), \(W_\parallel = m g\sin\alpha\).
Limiting angle: \(\tan\alpha_{\lim} = \mu_s\), independent of the mass.
Advanced
Pulling with a slanted rope
A sledge of mass \(m\) is pulled with a force \(F\) at an angle \(\theta\) above the horizontal. The vertical component \(F\sin\theta\) relieves the ground: \(N = m g - F\sin\theta\). Maximum friction decreases. At the point of slipping:
\[ F\cos\theta = \mu\,(m g - F\sin\theta) \]
\[ F = \frac{\mu m g}{\cos\theta + \mu\sin\theta} \]
Pulling slightly upwards helps. Pushing downwards (like a lawnmower) instead increases \(N\): \(F = \mu m g / (\cos\theta - \mu\sin\theta)\). If \(\tan\theta \geq 1/\mu\), no push, however large, moves the object.
Guided calculation
A 40 kg sledge on snow, \(\mu = 0.10\). Minimum force to start it pulling at 30°?
\[ \mu m g = 0.10 \cdot 40 \cdot 9.81 = 39.2\ \text{N} \]
Pulling horizontally would need 39.2 N. At 30°, the useful component \(F\cos\theta\) drops more than friction does: we lose a little. The optimal angle is small when \(\mu\) is small.
Friction cone and self-locking
The total reaction of the support, \(\vec R = \vec N + \vec f\), makes with the normal an angle \(\varphi\) such that \(\tan\varphi = f/N \leq \mu_s\). It therefore stays inside a friction cone of half-angle \(\varphi_s = \arctan\mu_s\).
As long as the applied force has its line of action inside the cone, the support can balance it completely: nothing slides.
Surprising consequence: if the force you apply points inside the cone, nothing slides, however large it is. This is self-locking. A drawer pulled on one side only jams. A clamp holds. A climber in a chimney holds on by pushing against both walls. Car jacks and worm gears rely on it too.
University
Optimal pulling angle
We look for the angle \(\theta\) that minimises \(F(\theta) = \mu m g / (\cos\theta + \mu\sin\theta)\). It is enough to maximise the denominator \(D(\theta) = \cos\theta + \mu\sin\theta\):
The optimal angle is the friction angle itself. Then \(D(\theta^{*}) = \sqrt{1 + \mu^{2}}\), hence
\[ F_{\min} = \frac{\mu m g}{\sqrt{1 + \mu^{2}}} = m g\sin\varphi \]
Geometric meaning: the ground's reaction \(\vec R\) is on the edge of the cone. \(\vec W\), \(\vec R\) and \(\vec F\) form a closed triangle. \(F\) is smallest when it is perpendicular to \(\vec R\).
Guided calculation
A 50 kg crate, \(\mu = 0.50\). Gain compared with a horizontal pull?
Horizontally: \(\mu m g = 245.3\ \text{N}\). The gain is 10.6 %.
Why the contact area does not matter
At the microscopic scale, two surfaces touch only at the tips of their asperities. The real contact area is a tiny fraction of the apparent area. Bowden and Tabor (1950) showed that it is proportional to the load: the asperities deform plastically until the local pressure reaches the hardness \(H\) of the material, \(A_{\text{real}} \approx N/H\). Friction comes from shearing these micro-junctions, of strength \(\tau\): \(f \approx \tau A_{\text{real}} = (\tau/H)\,N\). We recover \(\mu = \tau/H\), independent of the apparent area. Coulomb's model is an empirical law, valid in a limited range. It fails for elastomers (tyres), very small loads, or high speeds.
À toi de jouer
Mets une petite pente et clique sur « Lâcher ». Le bloc glisse-t-il ?
Augmente la pente petit à petit (clique sur « Replacer » à chaque fois). À partir de quand glisse-t-il ?
Change la masse. Le bloc glisse-t-il plus tôt quand il est lourd ? Prédis avant d'essayer !
Your turn
Choose a gentle slope and click "Release". Does the block slide?
Increase the slope little by little (click "Reset" each time). When does it start sliding?
Change the mass. Does a heavy block slide sooner? Predict before you try!
À toi de jouer
Avec μₛ = 0,5, trouve l'angle à partir duquel le bloc glisse (augmente α degré par degré).
Compare la réaction N quand α = 0° et quand α = 40°. Pourquoi diminue-t-elle ?
Double la masse : le poids double, la réaction double, le frottement double. Et l'angle limite ?
Your turn
With μₛ = 0.5, find the angle at which the block starts to slide (increase α one degree at a time).
Compare the normal force N at α = 0° and α = 40°. Why does it decrease?
Double the mass: the weight doubles, N doubles, friction doubles. And the limiting angle?
Piste de travail : vérifie que l'angle limite affiché vaut \(\arctan\mu_s\). Règle α juste au-dessus, lâche le bloc, et compare l'accélération affichée à \(g(\sin\alpha - \mu_c\cos\alpha)\). Que se passe-t-il si \(\mu_c = \mu_s\) et que α est juste à l'angle limite ?
Worksheet idea: check that the limiting angle shown equals \(\arctan\mu_s\). Set α just above it, release the block, and compare the acceleration shown with \(g(\sin\alpha - \mu_k\cos\alpha)\). What happens if \(\mu_k = \mu_s\) and α is exactly the limiting angle?
Exemples résolusWorked examples
Le bloc glisse-t-il ? Et à quelle accélération ?
Un bloc de 2 kg est posé sur une pente de 25°, avec \(\mu_s = 0{,}4\) et \(\mu_c = 0{,}3\).
\[ \tan 25^\circ = 0{,}466 > 0{,}4 \]
Il glisse. Selon la pente, la force résultante vaut \(m g\sin\alpha - \mu_c m g\cos\alpha\). D'où :
C'est le poids d'un objet d'environ 1,5 kg. Voilà pourquoi elle glisse si loin.
Pushing a box
A 15 kg box on tiles, \(\mu = 0.4\).
\[ N = 15 \cdot 9.81 = 147\ \text{N} \]
\[ f_{\max} = 0.4 \cdot 147 = 59\ \text{N} \]
Skating on ice
A 50 kg skater, \(\mu = 0.03\):
\[ f = 0.03 \cdot 50 \cdot 9.81 = 15\ \text{N} \]
That is the weight of an object of about 1.5 kg. That is why she glides so far.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 1 · Statique
Moment d'une force, levier, équilibre d'un solide
Une force peut faire tourner. Son effet dépend de l'endroit où elle s'applique. Archimède : « Donnez-moi un point d'appui et je soulèverai le monde. »
Chapter 1 · Statics
Moment of a force, levers, equilibrium of a body
A force can make things turn. Its effect depends on where it is applied. Archimedes: "Give me a place to stand and I will move the Earth."
La balançoire à bascule
Sur une bascule, un enfant léger peut soulever un adulte ! Il suffit qu'il s'assoie loin du milieu, et que l'adulte s'assoie près du milieu.
L'adulte est 4 fois plus lourd. Il s'assoit 4 fois plus près du milieu : la bascule est en équilibre.
Expérience
Pose une règle sur un crayon, au milieu. Mets 2 pièces d'un côté, à 5 cm du crayon. Où faut-il mettre 1 seule pièce de l'autre côté pour équilibrer ? Prédis, puis essaie.
Indice : deux fois plus loin du crayon.
La poignée de porte
Essaie d'ouvrir une porte en poussant tout près des charnières. C'est très dur ! Pousse près de la poignée : c'est facile. Plus tu pousses loin de l'axe, moins il faut de force pour faire tourner. C'est pour ça que la poignée est du côté opposé aux charnières.
Le truc du balai
Pose un balai à l'horizontale sur tes deux index écartés. Rapproche lentement tes doigts. Ils se rejoignent toujours au même endroit, et le balai ne tombe pas ! Ce point s'appelle le centre de gravité. Il n'est pas au milieu : il est du côté de la brosse, plus lourde.
Je retiens
Une force peut faire tourner un objet autour d'un point, le pivot.
Ce qui compte, c'est le poids ET la distance au pivot.
Plus on est loin du pivot, moins il faut de force.
Le centre de gravité est le point d'équilibre d'un objet.
Petit lexique
Pivot
point autour duquel un objet tourne.
Levier
barre qui tourne autour d'un pivot.
Centre de gravité
point d'équilibre d'un objet.
The seesaw
On a seesaw, a light child can lift an adult! The child just has to sit far from the middle, and the adult close to the middle.
The adult is 4 times heavier. He sits 4 times closer to the middle: the seesaw balances.
Experiment
Balance a ruler on a pencil, in the middle. Put 2 coins on one side, 5 cm from the pencil. Where must you put 1 single coin on the other side to balance? Predict, then try.
Hint: twice as far from the pencil.
The door handle
Try to open a door by pushing right next to the hinges. It is very hard! Push near the handle: it is easy. The further from the axis you push, the less force you need to turn it. That is why the handle is on the side opposite the hinges.
The broom trick
Lay a broom flat across your two index fingers, far apart. Slowly slide your fingers together. They always meet at the same spot, and the broom does not fall! That spot is called the centre of gravity. It is not in the middle: it is on the side of the heavier brush.
Remember
A force can make an object turn about a point, the pivot.
What matters is the weight AND the distance from the pivot.
The further from the pivot, the less force you need.
The centre of gravity is the balance point of an object.
Word list
Pivot
the point an object turns about.
Lever
a bar that turns about a pivot.
Centre of gravity
the balance point of an object.
Le moment d'une force
L'effet de rotation d'une force s'appelle son moment. Il vaut la force multipliée par sa distance au pivot, le bras de levier :
\[ M = F \cdot d \]
Unité : newton-mètre (N·m). Attention, \(d\) se mesure perpendiculairement à la force. Pour une force verticale sur une barre horizontale, c'est simplement la distance le long de la barre.
La loi du levier
Un levier est en équilibre quand les moments des deux côtés sont égaux :
\[ F_1 \cdot d_1 = F_2 \cdot d_2 \]
On les trouve partout : ciseaux, pince, décapsuleur, brouette, pédale de vélo, clé à molette. Un manche plus long, c'est moins de force à fournir. Mais la main parcourt une plus grande distance : rien n'est gratuit.
Calcul guidé
Sur une bascule, Paul (30 kg) est assis à 2 m du pivot. Où Zoé (40 kg) doit-elle s'asseoir ?
On écrit l'égalité des moments. Les poids valent \(m g\), et \(g\) apparaît des deux côtés.
\[ 30\,g \cdot 2 = 40\,g \cdot d_2 \]
On simplifie par \(g\) :
\[ 60 = 40\,d_2 \]
\[ d_2 = 1{,}5\ \text{m} \]
Contrôle : Zoé est plus lourde, elle doit être plus près. C'est le cas.
Le centre de gravité
Le poids d'un objet agit comme s'il était appliqué en un seul point, le centre de gravité G. Un objet posé tient debout tant que la verticale passant par G tombe dans sa base. Sinon, il bascule.
Je retiens
Moment : \(M = F \cdot d\), en N·m.
Levier en équilibre : \(F_1 d_1 = F_2 d_2\).
Un objet tient debout si la verticale de son centre de gravité tombe dans sa base.
Petit lexique
Moment
effet de rotation d'une force, \(F \cdot d\).
Bras de levier
distance entre le pivot et la droite de la force.
Centre de gravité
point où agit le poids.
The moment of a force
The turning effect of a force is called its moment. It equals the force times its distance from the pivot, the lever arm:
\[ M = F \cdot d \]
Unit: newton-metre (N·m). Careful, \(d\) is measured perpendicular to the force. For a vertical force on a horizontal bar, it is simply the distance along the bar.
The law of the lever
A lever balances when the moments on both sides are equal:
\[ F_1 \cdot d_1 = F_2 \cdot d_2 \]
Levers are everywhere: scissors, pliers, bottle openers, wheelbarrows, bike pedals, spanners. A longer handle means less force. But your hand travels further: nothing is free.
Guided calculation
On a seesaw, Paul (30 kg) sits 2 m from the pivot. Where must Zoe (40 kg) sit?
Write the equality of moments. The weights are \(m g\), and \(g\) appears on both sides.
\[ 30\,g \cdot 2 = 40\,g \cdot d_2 \]
Cancel \(g\):
\[ 60 = 40\,d_2 \]
\[ d_2 = 1.5\ \text{m} \]
Check: Zoe is heavier, so she must be closer. She is.
The centre of gravity
The weight of an object acts as if it were applied at a single point, the centre of gravity G. An object standing on a base stays up as long as the vertical through G falls within its base. Otherwise it tips over.
Remember
Moment: \(M = F \cdot d\), in N·m.
Balanced lever: \(F_1 d_1 = F_2 d_2\).
An object stays up if the vertical through its centre of gravity falls within its base.
Word list
Moment
turning effect of a force, \(F \cdot d\).
Lever arm
distance from the pivot to the line of the force.
Centre of gravity
point where the weight acts.
Pourquoi la somme des forces ne suffit plus
Prends un livre posé sur une table. Pousse-le d'un doigt vers la droite sur un coin, et tire-le d'un autre doigt vers la gauche sur le coin opposé, avec la même force. La somme des forces est nulle. Pourtant le livre tourne ! Pour un objet étendu, il faut une deuxième grandeur : le moment, qui mesure l'effet de rotation.
Le moment d'une force
Le moment d'une force \(\vec F\) par rapport à un point (ou un axe) \(O\) vaut
\[ M_O = F\,d \]
où \(d\) est le bras de levier : la distance perpendiculaire entre \(O\) et la droite d'action de la force. Unité : le newton-mètre (N·m). On choisit un sens de rotation positif (par exemple anti-horaire) et on compte négativement les moments de sens contraire.
Une clé de longueur \(r\) et une force \(\vec F\) qui fait l'angle \(\theta\) avec la clé. Le bras de levier \(d = r\sin\theta\) est la distance de \(O\) à la droite d'action.
Deux écritures équivalentes, selon ce qui est connu :
\[ M_O = F\,d = F\,r\sin\theta \]
On peut lire \(F\sin\theta\) comme la composante de la force perpendiculaire à la clé : seule cette composante fait tourner. La composante le long de la clé tire sur l'axe, sans effet de rotation. Une force dont la droite d'action passe par \(O\) a un moment nul.
Le levier
Un levier est une barre rigide qui peut tourner autour d'un point fixe, le point d'appui (ou pivot). La réaction du pivot passe par \(O\) : son moment est nul. À l'équilibre, les moments des autres forces se compensent :
\[ F_1\,d_1 = F_2\,d_2 \]
Levier en équilibre : \(m_1 g\,d_1 = m_2 g\,d_2\). Ici \(d_1 = 150\), \(d_2 = 120\) : \(m_2 = 1{,}25\,m_1\). La réaction du pivot \(R\) vaut la somme des poids.
On distingue trois genres de leviers selon la position du pivot. Inter-appui : le pivot est entre la force et la charge (bascule, ciseaux, pince). Inter-résistant : la charge est entre le pivot et la force (brouette, casse-noix, décapsuleur). Inter-moteur : la force est entre le pivot et la charge (pince à épiler, avant-bras soulevant un objet). Ce dernier demande plus de force que la charge, mais il amplifie le déplacement et la vitesse.
Équilibre d'un solide
Un solide est en équilibre si deux conditions sont réunies :
\[ \sum \vec F = \vec 0 \]\[ \sum M_O = 0 \]
La première empêche le centre de masse d'accélérer. La seconde empêche la rotation. Si la somme des forces est nulle, la somme des moments est la même par rapport à n'importe quel point. D'où l'astuce décisive : on calcule les moments par rapport au point où agit une force inconnue. Son moment est nul, elle disparaît de l'équation.
Dans le plan, on dispose de trois équations (deux pour les forces, une pour les moments) : on peut trouver trois inconnues.
Calcul guidé
Une planche de 4 m et 20 kg repose sur deux tréteaux A et B à ses extrémités. Un pot de peinture de 10 kg est posé à 1 m de A. Réactions des tréteaux ?
Forces sur la planche : son poids \(20g\) au milieu (2 m de A), le poids du pot \(10g\) à 1 m de A, les réactions \(R_A\) et \(R_B\) vers le haut.
Moments par rapport à A (\(R_A\) disparaît), sens horaire positif :
Contrôle : le tréteau le plus proche du pot porte le plus. Et \(123 + 172 = 295\ \text{N} \approx 30 \cdot 9{,}81\).
Le centre de gravité
Le poids d'un solide est réparti sur toute sa matière. Pour l'équilibre et la rotation, tout se passe comme si le poids total était appliqué en un point unique, le centre de gravité G. Pour des masses ponctuelles le long d'un axe :
\[ x_G = \frac{\sum m_i\, x_i}{\sum m_i} \]
C'est une moyenne des positions, pondérée par les masses. Pour un objet homogène et symétrique, G est au centre de symétrie. G n'est pas forcément dans la matière : celui d'un anneau est en son centre, dans le vide.
On penche une boîte autour de son coin inférieur. Tant que la verticale passant par G tombe dans la base, le poids la ramène. Au-delà, son moment la fait basculer.
Calcul guidé
Un haltère : barre homogène de 1,2 m et 2 kg, un disque de 10 kg à l'extrémité gauche (\(x = 0\)), un disque de 5 kg à l'extrémité droite. Où le tenir pour qu'il reste horizontal ?
Positions : disque gauche en 0, barre en son milieu 0,6 m, disque droit en 1,2 m.
On le tient à 42 cm du gros disque, du côté lourd. Contrôle : G est entre 0 et 0,6 m, plus près du disque de 10 kg. Cohérent.
Erreur fréquente
Mesurer la distance le long de la barre quand la force est inclinée. Le bras de levier est la distance perpendiculaire à la droite d'action. Pour une force verticale sur une barre inclinée d'un angle \(\varphi\), le bras de levier vaut \(\ell\cos\varphi\), pas \(\ell\).
À retenir
\(M_O = F\,d = F\,r\sin\theta\), en N·m, avec un signe selon le sens de rotation.
Équilibre d'un solide : \(\sum \vec F = \vec 0\) et \(\sum M = 0\).
Prendre les moments au point où agit une force inconnue.
\(x_G = \sum m_i x_i / \sum m_i\). Un objet posé tient si la verticale de G tombe dans sa base.
OS / OC
Le moment comme produit vectoriel
Le moment est en réalité un vecteur, perpendiculaire au plan de rotation :
\[ \vec M_O = \vec r \times \vec F \]
où \(\vec r\) va de \(O\) au point d'application. Sa norme est \(rF\sin\theta\), et sa direction donne l'axe de rotation (règle de la main droite). Dans le plan \(xy\), seule la composante \(z\) est non nulle :
\[ M_z = x\,F_y - y\,F_x \]
Cette formule évite de chercher le bras de levier. Le signe est automatique : positif pour une rotation anti-horaire.
Calcul guidé
Force \(\vec F = \begin{pmatrix} 30 \\ 40 \end{pmatrix}\ \text{N}\) appliquée en \(\vec r = \begin{pmatrix} 2 \\ 1 \end{pmatrix}\ \text{m}\). Moment par rapport à l'origine et bras de levier ?
\[ d = \frac{M}{F} = \frac{50}{50} = 1\ \text{m} \]
Dans l'espace : calculer \(\vec r \times \vec F\) avec les composantes
Quand \(\vec r\) et \(\vec F\) ne sont pas dans un plan perpendiculaire à l'axe, le moment a trois composantes. Chaque composante est le moment par rapport à l'axe correspondant : \(M_z\) mesure l'effet de rotation autour de \(z\), \(M_x\) autour de \(x\), et ainsi de suite. On les calcule ligne par ligne :
\[ \vec M_O = \vec r \times \vec F = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \times \begin{pmatrix} F_x \\ F_y \\ F_z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} y F_z - z F_y \\ z F_x - x F_z \\ x F_y - y F_x \end{pmatrix} \]
Pour la retenir, on l'écrit comme un déterminant, développé selon la première ligne :
\[ \vec r \times \vec F = \begin{vmatrix} \vec e_x & \vec e_y & \vec e_z \\ x & y & z \\ F_x & F_y & F_z \end{vmatrix} \]
Pour la ligne \(x\), on cache la colonne \(x\) et on fait le produit en croix des lignes \(y\) et \(z\). Les lignes suivantes s'obtiennent en permutant circulairement \(x \to y \to z \to x\). La formule plane \(M_z = x F_y - y F_x\) est la troisième ligne, avec \(z = 0\) et \(F_z = 0\).
\(\vec M = \vec r \times \vec F\) est perpendiculaire à \(\vec r\) et à \(\vec F\). Sa norme est l'aire du parallélogramme qu'ils forment, \(r F \sin\varphi\).
Calcul guidé
On serre un écrou d'axe vertical \(z\) avec une clé horizontale. La main est en \(\vec r = \begin{pmatrix} 0{,}25 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{m}\) de l'écrou et pousse avec \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 40 \\ -30 \end{pmatrix}\ \text{N}\) (un peu vers le bas). Moment par rapport à l'écrou ?
Ligne \(x\) :
\[ M_x = y F_z - z F_y = 0 \cdot (-30) - 0 \cdot 40 = 0 \]
Ligne \(y\) :
\[ M_y = z F_x - x F_z = 0 - 0{,}25 \cdot (-30) = 7{,}5\ \text{N·m} \]
Ligne \(z\) :
\[ M_z = x F_y - y F_x = 0{,}25 \cdot 40 - 0 = 10\ \text{N·m} \]
Résultat et norme :
\[ \vec M = \begin{pmatrix} 0 \\ 7{,}5 \\ 10 \end{pmatrix}\ \text{N·m} \]\[ M = 12{,}5\ \text{N·m} \]
Seule \(M_z = 10\ \text{N·m}\) serre l'écrou. La partie \(M_y\) tend à plier la vis : la poussée vers le bas est perdue pour le serrage. Pour bien serrer, on pousse horizontalement et perpendiculairement au manche.
Couple et théorème de Varignon
Deux forces égales et opposées, de droites d'action parallèles distantes de \(b\), forment un couple. Leur résultante est nulle, mais leur moment vaut \(C = F\,b\) par rapport à tout point. Un couple fait tourner sans déplacer : tourner un volant, une clé à deux branches.
Théorème de Varignon : le moment d'une résultante égale la somme des moments des composantes. On peut donc décomposer une force en \(F_x\) et \(F_y\), calculer deux moments simples, et les additionner.
Charge répartie
Une poutre homogène de longueur \(L\) et de masse \(m\) se comporte, pour l'équilibre, comme une charge ponctuelle \(m g\) en son milieu. Plus généralement, une charge répartie de densité \(q(x)\) (en N/m) équivaut à une force \(\int q\,\mathrm dx\) appliquée au centre de gravité de la répartition. Une charge triangulaire, nulle en un bout, agit au tiers de la longueur depuis son côté le plus chargé.
Université
Centre de masse d'un corps continu
Pour une distribution continue, la somme devient une intégrale. Le long d'une tige de densité linéique \(\lambda(x)\) :
En trois dimensions, \(\vec r_G = \frac{1}{M}\int \vec r\,\mathrm dm\). Centre de masse et centre de gravité coïncident si \(\vec g\) est uniforme sur l'objet. Pour un objet de taille comparable au rayon terrestre (un satellite très long), ce n'est plus vrai : c'est l'origine des effets de marée et de la stabilisation par gradient de gravité.
Calcul guidé
Une tige de longueur \(L\) dont la densité croît linéairement : \(\lambda(x) = \lambda_0\,(1 + x/L)\). Position de G ?
Masse :
\[ M = \lambda_0\int_0^L \left(1 + \frac{x}{L}\right)\mathrm dx = \frac{3}{2}\lambda_0 L \]
G est décalé vers le bout dense, mais moins qu'on pourrait le croire : la densité y est seulement deux fois plus grande.
Torseur des efforts
Un système de forces sur un solide se réduit, en un point \(A\), à deux vecteurs : la résultante \(\vec R = \sum \vec F_i\) et le moment \(\vec M_A = \sum \vec r_{Ai} \times \vec F_i\). Le moment change de point selon \(\vec M_B = \vec M_A + \vec{BA} \times \vec R\). Ce couple de vecteurs s'appelle un torseur. L'équilibre d'un solide s'écrit simplement : torseur des efforts extérieurs nul. Dans l'espace, cela fait six équations scalaires pour six inconnues au plus.
Why the sum of forces is no longer enough
Take a book lying on a table. Push one corner to the right with one finger, and pull the opposite corner to the left with another, with the same force. The sum of the forces is zero. Yet the book turns! For an extended object we need a second quantity: the moment, which measures the turning effect.
The moment of a force
The moment of a force \(\vec F\) about a point (or axis) \(O\) is
\[ M_O = F\,d \]
where \(d\) is the lever arm: the perpendicular distance from \(O\) to the line of action of the force. Unit: the newton-metre (N·m). Choose a positive sense of rotation (for example anticlockwise) and count moments in the other sense as negative.
A spanner of length \(r\) and a force \(\vec F\) at angle \(\theta\) to the spanner. The lever arm \(d = r\sin\theta\) is the distance from \(O\) to the line of action.
Two equivalent forms, depending on what is known:
\[ M_O = F\,d = F\,r\sin\theta \]
\(F\sin\theta\) is the component of the force perpendicular to the spanner: only this component turns it. The component along the spanner pulls on the axis, with no turning effect. A force whose line of action passes through \(O\) has zero moment.
The lever
A lever is a rigid bar that can turn about a fixed point, the fulcrum (pivot). The pivot's reaction passes through \(O\): its moment is zero. At equilibrium, the moments of the other forces balance:
\[ F_1\,d_1 = F_2\,d_2 \]
Lever in equilibrium: \(m_1 g\,d_1 = m_2 g\,d_2\). Here \(d_1 = 150\), \(d_2 = 120\): \(m_2 = 1.25\,m_1\). The pivot reaction \(R\) equals the sum of the weights.
There are three classes of levers depending on where the pivot is. First class: the pivot is between the effort and the load (seesaw, scissors, pliers). Second class: the load is between the pivot and the effort (wheelbarrow, nutcracker, bottle opener). Third class: the effort is between the pivot and the load (tweezers, forearm lifting an object). The last one needs more force than the load, but it amplifies the displacement and the speed.
Equilibrium of a rigid body
A rigid body is in equilibrium when two conditions hold:
\[ \sum \vec F = \vec 0 \]\[ \sum M_O = 0 \]
The first stops the centre of mass from accelerating. The second stops rotation. If the sum of the forces is zero, the sum of the moments is the same about any point. Hence the decisive trick: take moments about the point where an unknown force acts. Its moment is zero, so it drops out of the equation.
In the plane we have three equations (two for forces, one for moments): we can find three unknowns.
Guided calculation
A 4 m, 20 kg plank rests on two trestles A and B at its ends. A 10 kg paint tin sits 1 m from A. Reactions of the trestles?
Forces on the plank: its weight \(20g\) at the middle (2 m from A), the tin's weight \(10g\) at 1 m from A, the reactions \(R_A\) and \(R_B\) upwards.
Moments about A (\(R_A\) drops out), clockwise positive:
Check: the trestle closer to the tin carries more. And \(123 + 172 = 295\ \text{N} \approx 30 \cdot 9.81\).
The centre of gravity
The weight of a body is spread over all its matter. For equilibrium and rotation, everything happens as if the total weight acted at a single point, the centre of gravity G. For point masses along an axis:
\[ x_G = \frac{\sum m_i\, x_i}{\sum m_i} \]
It is an average of the positions, weighted by the masses. For a uniform symmetric object, G is at the centre of symmetry. G need not lie inside the matter: a ring's is at its centre, in empty space.
A box is tilted about its lower corner. As long as the vertical through G falls within the base, the weight brings it back. Beyond that, its moment tips it over.
Guided calculation
A dumbbell: a uniform 1.2 m, 2 kg bar, a 10 kg disc at the left end (\(x = 0\)), a 5 kg disc at the right end. Where should you hold it so it stays level?
Positions: left disc at 0, bar at its middle 0.6 m, right disc at 1.2 m.
Hold it 42 cm from the big disc, on the heavy side. Check: G is between 0 and 0.6 m, closer to the 10 kg disc. Consistent.
Common mistake
Measuring the distance along the bar when the force is slanted. The lever arm is the perpendicular distance to the line of action. For a vertical force on a bar tilted at angle \(\varphi\), the lever arm is \(\ell\cos\varphi\), not \(\ell\).
Key points
\(M_O = F\,d = F\,r\sin\theta\), in N·m, with a sign for the sense of rotation.
Equilibrium of a rigid body: \(\sum \vec F = \vec 0\) and \(\sum M = 0\).
Take moments about the point where an unknown force acts.
\(x_G = \sum m_i x_i / \sum m_i\). A standing object stays up if the vertical through G falls within its base.
Advanced
The moment as a cross product
The moment is really a vector, perpendicular to the plane of rotation:
\[ \vec M_O = \vec r \times \vec F \]
where \(\vec r\) goes from \(O\) to the point of application. Its magnitude is \(rF\sin\theta\), and its direction gives the axis of rotation (right-hand rule). In the \(xy\) plane only the \(z\) component is non-zero:
\[ M_z = x\,F_y - y\,F_x \]
This formula avoids hunting for the lever arm. The sign comes out automatically: positive for anticlockwise rotation.
Guided calculation
Force \(\vec F = \begin{pmatrix} 30 \\ 40 \end{pmatrix}\ \text{N}\) applied at \(\vec r = \begin{pmatrix} 2 \\ 1 \end{pmatrix}\ \text{m}\). Moment about the origin and lever arm?
\[ d = \frac{M}{F} = \frac{50}{50} = 1\ \text{m} \]
In space: computing \(\vec r \times \vec F\) from components
When \(\vec r\) and \(\vec F\) do not lie in a plane perpendicular to the axis, the moment has three components. Each component is the moment about the matching axis: \(M_z\) measures the turning effect about \(z\), \(M_x\) about \(x\), and so on. They are computed row by row:
\[ \vec M_O = \vec r \times \vec F = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \times \begin{pmatrix} F_x \\ F_y \\ F_z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} y F_z - z F_y \\ z F_x - x F_z \\ x F_y - y F_x \end{pmatrix} \]
To remember it, write it as a determinant, expanded along the first row:
\[ \vec r \times \vec F = \begin{vmatrix} \vec e_x & \vec e_y & \vec e_z \\ x & y & z \\ F_x & F_y & F_z \end{vmatrix} \]
For row \(x\), hide column \(x\) and cross-multiply rows \(y\) and \(z\). The next rows follow by cycling \(x \to y \to z \to x\). The planar formula \(M_z = x F_y - y F_x\) is the third row, with \(z = 0\) and \(F_z = 0\).
\(\vec M = \vec r \times \vec F\) is perpendicular to both \(\vec r\) and \(\vec F\). Its magnitude is the area of the parallelogram they form, \(r F \sin\varphi\).
Guided calculation
A nut with a vertical axis \(z\) is tightened with a horizontal spanner. The hand is at \(\vec r = \begin{pmatrix} 0.25 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{m}\) from the nut and pushes with \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 40 \\ -30 \end{pmatrix}\ \text{N}\) (slightly downwards). Moment about the nut?
Row \(x\):
\[ M_x = y F_z - z F_y = 0 \cdot (-30) - 0 \cdot 40 = 0 \]
Row \(y\):
\[ M_y = z F_x - x F_z = 0 - 0.25 \cdot (-30) = 7.5\ \text{N·m} \]
Row \(z\):
\[ M_z = x F_y - y F_x = 0.25 \cdot 40 - 0 = 10\ \text{N·m} \]
Result and magnitude:
\[ \vec M = \begin{pmatrix} 0 \\ 7.5 \\ 10 \end{pmatrix}\ \text{N·m} \]\[ M = 12.5\ \text{N·m} \]
Only \(M_z = 10\ \text{N·m}\) tightens the nut. The part \(M_y\) tends to bend the bolt: the downward push is wasted for tightening. To tighten well, push horizontally and perpendicular to the handle.
Couples and Varignon's theorem
Two equal and opposite forces, with parallel lines of action a distance \(b\) apart, form a couple. Their resultant is zero, but their moment is \(C = F\,b\) about any point. A couple turns without moving: turning a steering wheel, a two-armed wrench.
Varignon's theorem: the moment of a resultant equals the sum of the moments of its components. So we can split a force into \(F_x\) and \(F_y\), compute two simple moments, and add them.
Distributed loads
A uniform beam of length \(L\) and mass \(m\) behaves, for equilibrium, like a point load \(m g\) at its middle. More generally, a distributed load of density \(q(x)\) (in N/m) is equivalent to a force \(\int q\,\mathrm dx\) applied at the centroid of the distribution. A triangular load, zero at one end, acts at one third of the length from its heavier side.
University
Centre of mass of a continuous body
For a continuous distribution, the sum becomes an integral. Along a rod of linear density \(\lambda(x)\):
In three dimensions, \(\vec r_G = \frac{1}{M}\int \vec r\,\mathrm dm\). Centre of mass and centre of gravity coincide if \(\vec g\) is uniform over the object. For an object comparable in size to the Earth's radius (a very long satellite), this no longer holds: that is the origin of tidal effects and of gravity-gradient stabilisation.
Guided calculation
A rod of length \(L\) whose density grows linearly: \(\lambda(x) = \lambda_0\,(1 + x/L)\). Position of G?
Mass:
\[ M = \lambda_0\int_0^L \left(1 + \frac{x}{L}\right)\mathrm dx = \frac{3}{2}\lambda_0 L \]
G is shifted towards the dense end, but less than you might expect: the density there is only twice as large.
The force-moment pair (wrench)
A system of forces on a rigid body reduces, at a point \(A\), to two vectors: the resultant \(\vec R = \sum \vec F_i\) and the moment \(\vec M_A = \sum \vec r_{Ai} \times \vec F_i\). The moment transforms between points as \(\vec M_B = \vec M_A + \vec{BA} \times \vec R\). This pair is called a wrench (French: torseur). Equilibrium of a rigid body simply reads: the wrench of external forces is zero. In space this gives six scalar equations for at most six unknowns.
À toi de jouer
Mets 30 kg à gauche et 30 kg à droite, à la même distance. Que se passe-t-il ?
Remplace la masse de droite par 15 kg. Où faut-il la placer pour équilibrer ? Prédis, puis vérifie.
Clique sur « Équilibrer en déplaçant m₂ » pour vérifier ta réponse.
Your turn
Put 30 kg on the left and 30 kg on the right, at the same distance. What happens?
Change the right mass to 15 kg. Where must it go to balance? Predict, then check.
Click "Balance by moving m₂" to check your answer.
À toi de jouer
m₁ = 40 kg à 1,5 m. Calcule où mettre m₂ = 30 kg, puis vérifie avec le curseur.
Lis les deux moments. Que valent-ils à l'équilibre ?
Ajoute une troisième masse de 10 kg à 0,5 m à gauche. Calcule la nouvelle position de m₂, puis vérifie.
Your turn
m₁ = 40 kg at 1.5 m. Work out where to put m₂ = 30 kg, then check with the slider.
Read the two moments. What are they at equilibrium?
Add a third mass of 10 kg at 0.5 m on the left. Work out the new position of m₂, then check.
Piste de travail : équilibre une configuration à trois masses, puis vérifie \(\sum M = 0\). Compare la réaction du pivot avec le poids total : pourquoi sont-ils égaux ? Calcule la position du centre de gravité de l'ensemble (planche non comptée) : où se trouve-t-il à l'équilibre ?
Worksheet idea: balance a three-mass set-up, then check \(\sum M = 0\). Compare the pivot reaction with the total weight: why are they equal? Work out the position of the centre of gravity of the masses (ignore the plank): where is it at equilibrium?
Piste de travail (OS / OC)
\(|r| = 1{,}5\ \text{m}\), \(|F| = 6\ \text{N}\), élévation 0°. Fais tourner F dans le plan \(xy\). Pour quel angle \(|M|\) est-il maximal ? nul ? Compare avec \(r F \sin\varphi\).
Angle 90°, puis monte l'élévation de F. Prédis : \(|M|\) change-t-il ? Dans quelle direction \(\vec M\) bascule-t-elle ?
Avec les colonnes affichées, vérifie que \(\vec M \cdot \vec r = 0\) et \(\vec M \cdot \vec F = 0\).
Fais tourner la vue et applique la règle de la main droite à trois positions différentes.
Worksheet idea (Advanced)
\(|r| = 1.5\ \text{m}\), \(|F| = 6\ \text{N}\), elevation 0°. Rotate F in the \(xy\) plane. For which angle is \(|M|\) largest? zero? Compare with \(r F \sin\varphi\).
Angle 90°, then raise the elevation of F. Predict: does \(|M|\) change? Which way does \(\vec M\) tilt?
Using the displayed columns, check that \(\vec M \cdot \vec r = 0\) and \(\vec M \cdot \vec F = 0\).
Rotate the view and apply the right-hand rule in three different positions.
Exemples résolusWorked examples
Serrer un écrou
Un écrou de roue demande un moment de 110 N·m. Ta clé mesure 35 cm. Quelle force minimale, et dans quelle direction ?
La force est minimale quand elle est perpendiculaire à la clé (\(\sin\theta = 1\)) :
\[ F = \frac{M}{r} = \frac{110}{0{,}35} = 314\ \text{N} \]
Si tu tires à 60° de la clé, il faut \(314 / \sin 60^\circ = 363\ \text{N}\).
La brouette
Une brouette chargée de 80 kg (G à 50 cm de l'axe de la roue). Tu tiens les poignées à 1,40 m de l'axe. Force à fournir ?
Le muscle fournit près de neuf fois le poids de l'haltère ! En échange, un petit raccourcissement du muscle déplace beaucoup la main.
Travaux virtuels : le levier
Levier : \(m_1\) à \(d_1\) à gauche, \(m_2\) à \(d_2\) à droite. On tourne d'un petit angle \(\delta\varphi\) : \(m_1\) monte de \(d_1\,\delta\varphi\), \(m_2\) descend de \(d_2\,\delta\varphi\).
La réaction du pivot ne travaille pas : on n'a même pas eu besoin de la calculer.
Moment d'une force sur une clé, en 3D
Une clé tient un boulon d'axe \(z\) en \(O\). La force \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 50 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{N}\) est appliquée en \(\vec r = \begin{pmatrix} 0{,}3 \\ 0 \\ 0{,}1 \end{pmatrix}\ \text{m}\) (la main est un peu au-dessus de l'écrou).
The muscle supplies almost nine times the dumbbell's weight! In exchange, a small shortening of the muscle moves the hand a lot.
Virtual work: the lever
Lever: \(m_1\) at \(d_1\) on the left, \(m_2\) at \(d_2\) on the right. Turn it by a small angle \(\delta\varphi\): \(m_1\) rises by \(d_1\,\delta\varphi\), \(m_2\) drops by \(d_2\,\delta\varphi\).
The pivot reaction does no work: we did not even need to compute it.
Moment of a force on a spanner, in 3D
A spanner holds a bolt with axis \(z\) at \(O\). The force \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 50 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{N}\) is applied at \(\vec r = \begin{pmatrix} 0.3 \\ 0 \\ 0.1 \end{pmatrix}\ \text{m}\) (the hand is slightly above the nut).
Tightening: \(M_z = 15\ \text{N·m}\). The height of the hand creates \(M_x = -5\ \text{N·m}\), which tilts the spanner without tightening.
Le décapsuleur
La capsule résiste avec 60 N à 1 cm du pivot. Tu tiens le manche à 10 cm.
\[ F \cdot 10 = 60 \cdot 1 \]\[ \Longrightarrow\quad F = 6\ \text{N} \]
Dix fois moins de force grâce à un bras dix fois plus long.
Moment d'une poussée sur une porte
Tu pousses avec 20 N, perpendiculairement à la porte, à 80 cm des charnières.
\[ M = 20 \cdot 0{,}80 = 16\ \text{N·m} \]
À 20 cm des charnières, il faudrait 80 N pour le même moment.
The bottle opener
The cap resists with 60 N at 1 cm from the pivot. You hold the handle at 10 cm.
\[ F \cdot 10 = 60 \cdot 1 \]\[ \Longrightarrow\quad F = 6\ \text{N} \]
Ten times less force thanks to an arm ten times longer.
Moment of a push on a door
You push with 20 N, perpendicular to the door, 80 cm from the hinges.
\[ M = 20 \cdot 0.80 = 16\ \text{N·m} \]
At 20 cm from the hinges, you would need 80 N for the same moment.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 1 · Statique
Machines simples et structures
Palans, potences, échelles, câbles : la statique au travail. Et une question plus profonde : qu'est-ce qu'un équilibre stable ?
Chapter 1 · Statics
Simple machines and structures
Pulleys, jib cranes, ladders, cables: statics at work. And a deeper question: what makes an equilibrium stable?
Poulies et palans
Une poulie fixe ne réduit pas l'effort : elle change seulement la direction de la corde. Tirer vers le bas pour monter une charge est plus confortable, mais il faut toujours une force égale au poids.
Une poulie mobile est accrochée à la charge. Deux brins de corde la soutiennent. Chacun porte la tension \(T\), donc \(2T = m g\) : l'effort est divisé par deux. Un palan combine plusieurs poulies. Si \(n\) brins soutiennent la charge mobile :
\[ F = \frac{m g}{n} \]
Deux brins tirent la poulie mobile vers le haut avec \(T\) chacun : \(2T = m g\). La poulie fixe renvoie la corde vers la main, qui tire avec \(F = T = m g/2\).
Il n'y a pas de miracle. Pour monter la charge de \(h\), chaque brin porteur doit raccourcir de \(h\) : il faut tirer \(n\,h\) de corde. Le produit force × déplacement reste le même :
\[ F \cdot n h = m g\,h \]
C'est la « règle d'or » de la mécanique, déjà connue de Héron d'Alexandrie : ce qu'on gagne en force, on le perd en déplacement. Elle annonce la notion de travail, qu'on étudie en Dynamique.
Compter les brins
On compte seulement les brins qui tirent sur la partie mobile (la moufle reliée à la charge). Le brin que tu tiens compte s'il part de la moufle mobile vers le haut, pas s'il redescend d'une poulie fixe.
La potence : barre et câble
Une enseigne, un panier de basket mural, une grue à flèche : une barre horizontale articulée au mur, tenue au bout par un câble incliné. Au point où pend la charge, trois forces se rencontrent : le poids, la tension du câble, et la poussée de la barre. Une barre articulée à ses deux bouts, sans charge en son milieu, ne transmet qu'une force le long d'elle-même : elle est en compression ou en traction.
Au bout de la barre : \(\vec T + \vec C + m\vec g = \vec 0\). La barre pousse vers l'extérieur (elle est comprimée), le câble tire vers le mur.
Calcul guidé
Barre de 2,0 m (masse négligeable), câble fixé au mur 0,9 m au-dessus de l'articulation. Une charge de 50 kg pend au bout. Tension du câble et compression de la barre ?
Le câble porte près de 2,5 fois le poids. Pour le soulager, il faut l'attacher plus haut sur le mur. C'est le même effet que pour la lampe aux fils presque horizontaux.
Renverser ou faire glisser ?
On pousse horizontalement une armoire haute, à une hauteur \(h\). Deux choses peuvent arriver : elle glisse, ou elle bascule autour de son coin avant. Elle bascule si le moment de la poussée autour du coin dépasse celui du poids, \(F\,h > m g\,\frac{b}{2}\) (\(b\) : largeur de la base). Elle glisse si \(F > \mu_s m g\). Elle bascule donc avant de glisser si
\[ \frac{b}{2h} < \mu_s \]
Pousser bas évite le basculement. C'est aussi pourquoi les camions chargés haut se renversent dans les virages, et pourquoi on charge le lourd en bas d'une étagère.
À retenir
Palan à \(n\) brins : \(F = m g/n\), mais il faut tirer \(n\) fois plus de corde.
Une barre articulée à ses deux bouts transmet une force le long d'elle-même.
Plus un câble est proche de l'horizontale, plus sa tension est grande.
Basculer ou glisser : comparer \(b/2h\) et \(\mu_s\).
OS / OC
L'échelle contre un mur
Échelle de longueur \(\ell\), de masse \(m\), inclinée d'un angle \(\theta\) avec le sol. Le mur est lisse : sa réaction \(N_m\) est horizontale. Au sol : réaction \(N_s\) verticale et frottement \(f\) dirigé vers le mur. Quatre forces, trois inconnues (\(N_s\), \(f\), \(N_m\)), trois équations.
Bilan des forces sur l'échelle. Le frottement \(f\) au sol est la seule force qui empêche le pied de partir vers la gauche.
Forces :
\[ N_s = m g \]\[ f = N_m \]
Moments par rapport au pied, où \(N_s\) et \(f\) s'appliquent :
\[ N_m\,\ell\sin\theta = m g\,\frac{\ell}{2}\cos\theta \]
\[ f = \frac{m g}{2\tan\theta} \]
L'échelle ne glisse pas si \(f \leq \mu_s N_s = \mu_s m g\), donc si
\[ \tan\theta \geq \frac{1}{2\mu_s} \]
La longueur et la masse ont disparu. Un peintre de masse \(M\) monté à la fraction \(k\) de la longueur ajoute un moment \(M g\,k\ell\cos\theta\). Le frottement nécessaire devient \(f = (m/2 + kM)\,g/\tan\theta\), alors que le maximum vaut \(\mu_s (m + M) g\). Le frottement nécessaire croît avec \(k\) : le danger est en haut.
Calcul guidé
Échelle de 10 kg à 65° du sol, \(\mu_s = 0{,}30\). Un peintre de 75 kg peut-il monter tout en haut ?
Il peut monter aux deux tiers environ. Les règles de sécurité imposent environ 75° et un pied calé.
Équilibre stable, instable, indifférent
Une bille au fond d'un bol revient si on l'écarte : équilibre stable. Au sommet d'un bol renversé, elle s'éloigne : équilibre instable. Sur une table plate, elle reste où on la pose : équilibre indifférent.
Le poids pousse toujours vers le bas de la courbe d'énergie. Au fond d'un creux, il ramène la bille. Au sommet d'une bosse, il l'éloigne.
Avec l'énergie potentielle \(E_p(x)\), la force s'écrit \(F = -\mathrm dE_p/\mathrm dx\) (voir Dynamique). L'équilibre correspond à \(\mathrm dE_p/\mathrm dx = 0\). Sa nature dépend de la courbure :
Pour un objet posé, \(E_p = m g\,z_G\) : l'équilibre est stable si toute petite rotation fait monter le centre de gravité. Un culbuto se redresse parce que son G est très bas, sous le centre de sa base arrondie.
Fil rouge
Comme pour le principe de Fermat en optique, l'équilibre stable est un problème de minimum : la nature « cherche » le plus bas \(E_p\).
Université
Principe des travaux virtuels
Imagine un petit déplacement compatible avec les liaisons, un déplacement virtuel \(\delta\vec r_i\) de chaque point d'application. Un système est en équilibre si et seulement si le travail virtuel des forces appliquées est nul :
Les réactions des liaisons parfaites (sans frottement) ne travaillent pas : elles disparaissent du calcul. C'est l'avantage décisif de la méthode. On n'a pas besoin de connaître les forces internes d'un mécanisme pour trouver la relation entre l'effort et la charge.
Calcul guidé : le cric à losange
Quatre barres articulées de longueur \(\ell\) forment un losange. Le sommet bas est au sol, le sommet haut porte une charge \(m g\). Une vis horizontale tire l'un vers l'autre les deux sommets latéraux. \(\theta\) est l'angle des barres avec l'horizontale.
Cric presque à plat (θ petit) : la vis doit tirer énormément. Pour 500 kg à θ = 15°, \(F = 18\,300\ \text{N}\). À θ = 60°, seulement 2830 N.
Pour des forces conservatives, \(\delta W = -\delta E_p\) : l'équilibre est un point stationnaire de l'énergie potentielle. Avec des coordonnées généralisées \(q_k\), on écrit \(\partial E_p/\partial q_k = 0\) pour chaque \(k\). C'est la porte d'entrée de la mécanique de Lagrange.
Statique des fils : la chaînette
Un câble de masse linéique \(\lambda\) pend entre deux points. Il est parfaitement souple : la tension est tangente au câble. Sur un petit élément de longueur \(\mathrm ds\), il n'y a aucune force horizontale extérieure, donc la composante horizontale de la tension est constante, \(T_x = T_0\). La composante verticale \(T_0\,y'\) équilibre le poids de l'élément :
Avec \(a = T_0/(\lambda g)\) et \(u = y'\) : \(\mathrm du/\sqrt{1+u^{2}} = \mathrm dx/a\), d'où \(\operatorname{arsinh} u = x/a\). On obtient la chaînette :
\[ y = a\cosh\frac{x}{a} \]\[ a = \frac{T_0}{\lambda g} \]
La tension est horizontale au point le plus bas (\(T_0\)) et maximale aux poteaux, où elle vaut \(T = T_0\cosh(x/a)\). Sa composante horizontale est partout \(T_0\).
Retournée, la chaînette donne la forme idéale d'une voûte en compression pure (Gaudí à la Sagrada Família, arche de Saint-Louis). Un câble ne peut jamais être tendu parfaitement à l'horizontale : il faudrait \(a \to \infty\), donc \(T_0 \to \infty\). Pour une faible flèche, \(\cosh u \approx 1 + u^{2}/2\) et la chaînette devient une parabole : c'est la forme d'un pont suspendu, dont la charge est uniforme horizontalement.
Pulleys and block and tackle
A fixed pulley does not reduce the effort: it only changes the direction of the rope. Pulling down to raise a load is more comfortable, but you still need a force equal to the weight.
A movable pulley is attached to the load. Two strands of rope support it. Each carries the tension \(T\), so \(2T = m g\): the effort is halved. A block and tackle combines several pulleys. If \(n\) strands support the movable block:
\[ F = \frac{m g}{n} \]
Two strands pull the movable pulley up with \(T\) each: \(2T = m g\). The fixed pulley sends the rope back to the hand, which pulls with \(F = T = m g/2\).
There is no miracle. To raise the load by \(h\), each supporting strand must shorten by \(h\): you must pull \(n\,h\) of rope. The product force × displacement stays the same:
\[ F \cdot n h = m g\,h \]
This is the "golden rule" of mechanics, already known to Hero of Alexandria: what you gain in force, you lose in distance. It foreshadows the idea of work, studied in Dynamics.
Counting strands
Count only the strands pulling on the movable part (the block attached to the load). The strand you hold counts if it leaves the movable block upwards, not if it comes down from a fixed pulley.
The jib: bar and cable
A shop sign, a wall-mounted basketball hoop, a jib crane: a horizontal bar hinged to the wall, held at its end by a slanted cable. At the point where the load hangs, three forces meet: the weight, the cable tension, and the push of the bar. A bar hinged at both ends, with no load in between, transmits a force only along itself: it is in compression or in tension.
At the end of the bar: \(\vec T + \vec C + m\vec g = \vec 0\). The bar pushes outwards (it is compressed), the cable pulls towards the wall.
Guided calculation
A 2.0 m bar (negligible mass), cable fixed to the wall 0.9 m above the hinge. A 50 kg load hangs at the end. Cable tension and bar compression?
The cable carries almost 2.5 times the weight. To relieve it, attach it higher up the wall. It is the same effect as for the lamp with nearly horizontal strings.
Tipping or sliding?
You push a tall wardrobe horizontally, at height \(h\). Two things can happen: it slides, or it tips over its front corner. It tips if the moment of the push about the corner exceeds that of the weight, \(F\,h > m g\,\frac{b}{2}\) (\(b\): width of the base). It slides if \(F > \mu_s m g\). So it tips before sliding if
\[ \frac{b}{2h} < \mu_s \]
Pushing low avoids tipping. This is also why lorries loaded high overturn in bends, and why heavy items go on the bottom shelf.
Key points
Block and tackle with \(n\) strands: \(F = m g/n\), but you pull \(n\) times more rope.
A bar hinged at both ends transmits a force along itself.
The closer a cable is to horizontal, the larger its tension.
Tipping or sliding: compare \(b/2h\) with \(\mu_s\).
Advanced
The ladder against a wall
A ladder of length \(\ell\), mass \(m\), at angle \(\theta\) to the ground. The wall is smooth: its reaction \(N_w\) is horizontal. At the ground: vertical reaction \(N_g\) and friction \(f\) towards the wall. Four forces, three unknowns (\(N_g\), \(f\), \(N_w\)), three equations.
Forces on the ladder. Ground friction \(f\) is the only force stopping the foot from sliding to the left.
Forces:
\[ N_g = m g \]\[ f = N_w \]
Moments about the foot, where \(N_g\) and \(f\) act:
\[ N_w\,\ell\sin\theta = m g\,\frac{\ell}{2}\cos\theta \]
\[ f = \frac{m g}{2\tan\theta} \]
The ladder does not slip if \(f \leq \mu_s N_g = \mu_s m g\), that is if
\[ \tan\theta \geq \frac{1}{2\mu_s} \]
Length and mass have vanished. A painter of mass \(M\) at fraction \(k\) of the length adds a moment \(M g\,k\ell\cos\theta\). The friction needed becomes \(f = (m/2 + kM)\,g/\tan\theta\), while the maximum is \(\mu_s (m + M) g\). The friction needed grows with \(k\): the danger is at the top.
Guided calculation
A 10 kg ladder at 65° to the ground, \(\mu_s = 0.30\). Can a 75 kg painter climb to the top?
He can climb about two thirds of the way. Safety rules require about 75° and a wedged foot.
Stable, unstable and neutral equilibrium
A marble at the bottom of a bowl comes back if you nudge it: stable equilibrium. On top of an upturned bowl it rolls away: unstable equilibrium. On a flat table it stays wherever you put it: neutral equilibrium.
Weight always pushes down the energy curve. At the bottom of a dip it brings the marble back. On top of a bump it pushes it away.
With the potential energy \(E_p(x)\), the force is \(F = -\mathrm dE_p/\mathrm dx\) (see Dynamics). Equilibrium means \(\mathrm dE_p/\mathrm dx = 0\). Its nature depends on the curvature:
For a standing object, \(E_p = m g\,z_G\): the equilibrium is stable if any small rotation raises the centre of gravity. A roly-poly toy rights itself because its G is very low, below the centre of its rounded base.
Common thread
As with Fermat's principle in optics, stable equilibrium is a minimum problem: nature "seeks" the lowest \(E_p\).
University
The principle of virtual work
Imagine a small displacement compatible with the constraints, a virtual displacement \(\delta\vec r_i\) of each point of application. A system is in equilibrium if and only if the virtual work of the applied forces vanishes:
Reactions of ideal (frictionless) constraints do no work: they drop out of the calculation. That is the decisive advantage of the method. We do not need the internal forces of a mechanism to find the relation between effort and load.
Guided calculation: the scissor jack
Four hinged bars of length \(\ell\) form a rhombus. The bottom vertex rests on the ground, the top vertex carries a load \(m g\). A horizontal screw pulls the two side vertices together. \(\theta\) is the angle of the bars with the horizontal.
Positions: height \(y = 2\ell\sin\theta\), side spacing \(x = 2\ell\cos\theta\).
Small change:
\[ \delta y = 2\ell\cos\theta\,\delta\theta \]\[ \delta x = -2\ell\sin\theta\,\delta\theta \]
Jack nearly flat (small θ): the screw must pull enormously. For 500 kg at θ = 15°, \(F = 18\,300\ \text{N}\). At θ = 60°, only 2830 N.
For conservative forces, \(\delta W = -\delta E_p\): equilibrium is a stationary point of the potential energy. With generalised coordinates \(q_k\), we write \(\partial E_p/\partial q_k = 0\) for each \(k\). This is the gateway to Lagrangian mechanics.
Statics of cables: the catenary
A cable of linear density \(\lambda\) hangs between two points. It is perfectly flexible: the tension is tangent to the cable. On a small element of length \(\mathrm ds\) there is no external horizontal force, so the horizontal component of tension is constant, \(T_x = T_0\). The vertical component \(T_0\,y'\) balances the weight of the element:
With \(a = T_0/(\lambda g)\) and \(u = y'\): \(\mathrm du/\sqrt{1+u^{2}} = \mathrm dx/a\), hence \(\operatorname{arsinh} u = x/a\). This gives the catenary:
\[ y = a\cosh\frac{x}{a} \]\[ a = \frac{T_0}{\lambda g} \]
The tension is horizontal at the lowest point (\(T_0\)) and largest at the posts, where \(T = T_0\cosh(x/a)\). Its horizontal component is \(T_0\) everywhere.
Turned upside down, the catenary is the ideal shape of an arch in pure compression (Gaudí's Sagrada Família, the Gateway Arch in St. Louis). A cable can never be stretched perfectly horizontal: that would need \(a \to \infty\), so \(T_0 \to \infty\). For a small sag, \(\cosh u \approx 1 + u^{2}/2\) and the catenary becomes a parabola: the shape of a suspension bridge cable, whose load is uniform horizontally.
Simulations utiles
Pour les câbles et les fils, reprends le nœud à trois masses. Pour les moments, le levier.
Useful simulations
For cables and strings, go back to the three-mass knot. For moments, the lever.
Exemples résolusWorked examples
Palan à quatre brins
On soulève un moteur de 120 kg avec un palan dont 4 brins tiennent la charge.
Below that, the ladder slips. Safety rules ask for about 75°: a big margin, because a person at the top increases the friction needed.
Sag of a power line
A 1.5 kg/m cable between two pylons 300 m apart, horizontal tension 20 kN.
\[ a = \frac{20\,000}{1.5 \cdot 9.81} = 1359\ \text{m} \]
\[ h = a\left(\cosh\frac{150}{a} - 1\right) = 8.29\ \text{m} \]
The parabolic approximation \(h \approx 150^{2}/(2a) = 8.28\ \text{m}\) is excellent.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 2 · Cinématique
La cinématique : décrire le mouvement
Où est l'objet, à quelle vitesse va-t-il, comment sa vitesse change-t-elle ? Avant de chercher les causes, on apprend à décrire.
Chapter 2 · Kinematics
Kinematics: describing motion
Where is the object, how fast is it going, how does its velocity change? Before looking for causes, we learn to describe.
Une balle roule, un vélo freine, un manège tourne. Avant de chercher pourquoi les choses bougent, on apprend à décrire comment elles bougent : où elles sont, à quelle vitesse elles vont, si elles accélèrent. C'est la cinématique.
Dans ce chapitre, tu vas jouer avec des chronophotographies, lancer des balles et faire tourner des manèges. À chaque fois, essaie de deviner avant de regarder !
La cinématique décrit le mouvement sans s'occuper de ses causes. Trois grandeurs suffisent : la position, la vitesse et l'accélération. Tu vas apprendre à les calculer, à les lire sur des graphiques et à les utiliser pour des situations réelles : distance d'arrêt d'une voiture, chute d'un objet, tir d'un ballon.
Ce qu'il faut savoir avant : les unités de longueur et de temps, la règle de trois, et convertir des km/h en m/s.
La cinématique répond à une seule question : comment décrire un mouvement de façon précise, avec des nombres et des vecteurs ? Elle ne dit pas pourquoi un objet accélère. Ce sera le rôle de la dynamique, au chapitre suivant. Mais sans une bonne description, aucune loi ne peut être écrite.
Le fil du chapitre va du plus simple au plus général. On commence par se repérer (référentiel, position, vitesse, accélération). On étudie ensuite les mouvements rectilignes à vitesse ou à accélération constante, la chute libre et le tir oblique. On passe ensuite à trois dimensions (hélice, tir avec vent de côté). On termine par les mouvements courbes : circulaires (uniformes ou uniformément accélérés), quelconques, où l'accélération se décompose en une partie tangentielle et une partie normale, et enfin les courbes de roulement, comme la cycloïde tracée par la valve d'un vélo.
Prérequis : vecteurs et composantes, trigonométrie du triangle rectangle, équations du second degré. En OS/OC, les dérivées. À l'université, l'analyse vectorielle de base.
OS / OC
Dans ce niveau, vitesse et accélération sont définies comme des dérivées du vecteur position. Les formules du MRUA deviennent alors des cas particuliers d'un calcul d'intégrales, et le frottement de l'air peut être traité numériquement. On apprend aussi à tirer le rayon de courbure d'une trajectoire de son accélération normale, \(R = v^{2}/a_n\).
Université
Au niveau universitaire, on travaille avec la base de Frenet et les coordonnées polaires. On relie l'accélération normale à la courbure d'une trajectoire quelconque, on utilise les coordonnées cylindriques et on calcule la longueur d'une arche de cycloïde.
A ball rolls, a bike brakes, a merry-go-round turns. Before asking why things move, we learn to describe how they move: where they are, how fast they go, whether they speed up. That is kinematics.
In this chapter you will play with stroboscopic photos, throw balls and spin merry-go-rounds. Each time, try to guess before you look!
Kinematics describes motion without worrying about its causes. Three quantities are enough: position, velocity and acceleration. You will learn to compute them, read them on graphs and use them in real situations: a car's stopping distance, a falling object, a kicked ball.
What you need beforehand: units of length and time, proportions, and converting km/h to m/s.
Kinematics answers a single question: how do we describe a motion precisely, with numbers and vectors? It does not say why an object accelerates. That is the job of dynamics, in the next chapter. But without a good description, no law can be written down.
The chapter goes from the simplest to the most general. We start by locating things (frame of reference, position, velocity, acceleration). Then we study straight-line motion at constant velocity or constant acceleration, free fall and projectiles. We then move to three dimensions (helix, throw in a side wind). We finish with curved motion: circular (uniform or uniformly accelerated), arbitrary, where the acceleration splits into a tangential part and a normal part, and finally rolling curves, such as the cycloid traced by a bike valve.
Prerequisites: vectors and components, right-angle trigonometry, quadratic equations. At the advanced level, derivatives. At university, basic vector calculus.
Advanced
At this level, velocity and acceleration are defined as derivatives of the position vector. The uniform-acceleration formulas then become special cases of an integration, and air resistance can be handled numerically. You also learn to get the radius of curvature of a path from its normal acceleration, \(R = v^{2}/a_n\).
University
At university level we work with the Frenet frame and polar coordinates. We link the normal acceleration to the curvature of an arbitrary path, use cylindrical coordinates and compute the length of a cycloid arch.
Chapitre 2 · Cinématique
Se repérer : position, vitesse, accélération
Pour décrire un mouvement, il faut un point de vue, puis trois grandeurs. Lesquelles, et comment les mesurer ?
Chapter 2 · Kinematics
Locating motion: position, velocity, acceleration
To describe a motion you need a point of view, then three quantities. Which ones, and how do we measure them?
Pour dire où se trouve quelque chose, il faut un point de départ. « La boulangerie est à 200 m » ne veut rien dire si on ne sait pas « à 200 m d'où ». On choisit donc un repère : un point de départ et une direction.
Et pour dire si quelque chose bouge, il faut aussi un point de vue. Assis dans un train, tu ne bouges pas par rapport à ton siège. Mais tu bouges très vite par rapport aux vaches dans le pré. Les deux sont vrais !
La vitesse : combien de chemin en combien de temps
Un vélo qui parcourt 18 km en une heure roule à 18 km/h. Un escargot met environ une heure pour parcourir… 5 mètres ! On compare toujours une distance et une durée.
Expérience
Avec un mètre, mesure 10 m dans un couloir ou dans la cour.
Demande à quelqu'un de chronométrer : une fois en marchant, une fois en courant.
Qui a le plus petit temps ? C'est celui qui va le plus vite.
Je retiens
Pour dire où est un objet, il faut un point de départ.
Un objet peut bouger pour quelqu'un et être immobile pour quelqu'un d'autre.
La vitesse compare une distance et un temps : km/h, m/s.
Petit lexique
Position
l'endroit où se trouve un objet.
Trajectoire
le chemin suivi.
Vitesse
la distance parcourue pendant une durée.
To say where something is, you need a starting point. "The bakery is 200 m away" means nothing unless you know "200 m from where". So we choose a reference: a starting point and a direction.
And to say whether something moves, you also need a point of view. Sitting in a train, you do not move relative to your seat. But you move very fast relative to the cows in the field. Both are true!
Speed: how much distance in how much time
A bike that covers 18 km in one hour goes at 18 km/h. A snail takes about an hour to cover… 5 metres! We always compare a distance and a time.
Experiment
With a tape measure, mark out 10 m in a corridor or the playground.
Ask someone to time you: once walking, once running.
Who has the shorter time? That person is faster.
Remember
To say where an object is, you need a starting point.
An object can move for one person and be at rest for another.
Speed compares a distance and a time: km/h, m/s.
Word list
Position
where an object is.
Path
the way it goes.
Speed
the distance covered in a given time.
Référentiel et position
Un référentiel, c'est l'objet par rapport auquel on décrit le mouvement : la route, le quai, la Terre. Dans ce référentiel, on place une origine et un axe gradué. La position \(x\) est alors un nombre, en mètres, qui peut être négatif si l'objet est de l'autre côté de l'origine.
Vitesse moyenne
La vitesse moyenne est la distance parcourue divisée par la durée :
\[ v_{\text{moy}} = \frac{d}{\Delta t} \]
En physique, on l'exprime en m/s. Une heure compte 3600 s et un kilomètre 1000 m, donc
\[ 1\ \text{m/s} = 3{,}6\ \text{km/h} \]
Pour passer des km/h aux m/s, on divise par 3,6. Pour le contraire, on multiplie par 3,6.
Calcul guidé
Un cycliste parcourt 12 km en 40 min. Quelle est sa vitesse moyenne en km/h, puis en m/s ?
On met la durée en heures : 40 min, c'est deux tiers d'heure.
\[ \Delta t = \frac{40}{60}\ \text{h} = 0{,}667\ \text{h} \]
On divise la distance par la durée.
\[ v = \frac{12\ \text{km}}{0{,}667\ \text{h}} = 18\ \text{km/h} \]
On convertit en m/s en divisant par 3,6.
\[ v = \frac{18}{3{,}6} = 5\ \text{m/s} \]
Ordre de grandeur : 5 m/s, c'est environ trois fois la vitesse d'un piéton (1,4 m/s). Plausible pour un vélo.
Attention
La vitesse moyenne n'est pas la moyenne des vitesses. Si tu fais l'aller à 60 km/h et le retour à 40 km/h, ta vitesse moyenne vaut 48 km/h, pas 50 km/h. Tu passes plus de temps à la vitesse lente.
Je retiens
Un mouvement se décrit toujours dans un référentiel choisi.
\(v_{\text{moy}} = d / \Delta t\).
km/h ÷ 3,6 = m/s.
Petit lexique
Référentiel
objet de référence pour décrire un mouvement.
Origine
point où la position vaut zéro.
Vitesse moyenne
distance parcourue divisée par la durée.
Frame of reference and position
A frame of reference is the object relative to which we describe the motion: the road, the platform, the Earth. In this frame we choose an origin and a graduated axis. The position \(x\) is then a number, in metres, which can be negative if the object is on the other side of the origin.
Average speed
Average speed is the distance covered divided by the time taken:
\[ v_{\text{av}} = \frac{d}{\Delta t} \]
In physics we use m/s. An hour has 3600 s and a kilometre 1000 m, so
\[ 1\ \text{m/s} = 3.6\ \text{km/h} \]
To go from km/h to m/s, divide by 3.6. The other way, multiply by 3.6.
Guided calculation
A cyclist covers 12 km in 40 min. What is her average speed in km/h, then in m/s?
Express the time in hours: 40 min is two thirds of an hour.
\[ \Delta t = \frac{40}{60}\ \text{h} = 0.667\ \text{h} \]
Divide the distance by the time.
\[ v = \frac{12\ \text{km}}{0.667\ \text{h}} = 18\ \text{km/h} \]
Convert to m/s by dividing by 3.6.
\[ v = \frac{18}{3.6} = 5\ \text{m/s} \]
Order of magnitude: 5 m/s is about three times walking speed (1.4 m/s). Plausible for a bike.
Watch out
Average speed is not the average of the speeds. If you go there at 60 km/h and come back at 40 km/h, your average speed is 48 km/h, not 50 km/h. You spend more time at the slow speed.
Remember
A motion is always described in a chosen frame of reference.
\(v_{\text{av}} = d / \Delta t\).
km/h ÷ 3.6 = m/s.
Word list
Frame of reference
reference object used to describe a motion.
Origin
point where the position is zero.
Average speed
distance covered divided by the time.
Le référentiel d'abord
Un mouvement n'existe que par rapport à quelque chose. Le passager d'un train est immobile dans le référentiel du wagon et file à 200 km/h dans le référentiel du quai. Aucun des deux points de vue n'est « le vrai ». Avant tout calcul, on précise donc le référentiel : un solide de référence, muni d'une horloge et d'un repère (une origine O et des axes).
Position, trajectoire, déplacement
Dans l'espace, la position d'un point M est donnée par le vecteur position \(\vec r = \overrightarrow{OM}\). On écrit ses trois composantes l'une sous l'autre, en colonne :
\[ \vec r = \overrightarrow{OM} = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]
Le repère \((O\,;\,x, y, z)\) est direct : si les doigts de la main droite tournent de l'axe x vers l'axe y, le pouce indique l'axe z. Quand le mouvement reste dans un plan, on choisit les axes pour que \(z = 0\) et on n'écrit que deux lignes. Les mouvements vraiment à trois dimensions (hélice, tir avec vent de côté) ont leur propre page : « Mouvement dans l'espace ».
Au cours du temps, M décrit une courbe : la trajectoire. Entre deux instants \(t\) et \(t + \Delta t\), le déplacement est le vecteur
Le déplacement ne dit pas tout du chemin suivi. Une coureuse qui fait un tour de piste revient à son point de départ : son déplacement est nul, alors qu'elle a parcouru 400 m.
La position est repérée par le vecteur \(\vec r\) issu de l'origine O. Le déplacement \(\Delta\vec r\) relie deux positions. Quand \(\Delta t\) devient très petit, \(\Delta\vec r / \Delta t\) devient la vitesse \(\vec v\), tangente à la trajectoire.
Vitesse moyenne et vitesse instantanée
On distingue deux grandeurs. La vitesse scalaire moyenne est la distance parcourue sur le chemin, divisée par la durée. La vitesse vectorielle moyenne est le déplacement divisé par la durée :
Elle a la direction du déplacement, donc celle de la corde entre les deux positions. Si on réduit \(\Delta t\), la corde se rapproche de la trajectoire, et sa direction tend vers celle de la tangente. À la limite, on obtient la vitesse instantanée \(\vec v\). Elle est toujours tangente à la trajectoire, et sa norme est ce qu'indique le compteur.
Sur une droite, tout devient plus simple : la position est un nombre \(x(t)\) et la vitesse aussi. Sur le graphique \(x(t)\), la vitesse moyenne entre deux instants est la pente de la sécante, et la vitesse instantanée est la pente de la tangente.
Sur le graphique \(x(t)\), la vitesse moyenne entre A et B est la pente de la sécante. La vitesse instantanée en A est la pente de la tangente : c'est la limite de la sécante quand B se rapproche de A.
Accélération
L'accélération mesure la rapidité avec laquelle le vecteur vitesse change :
Un vecteur peut changer de deux façons : en norme et en direction. Une voiture qui freine en ligne droite accélère (au sens physique), avec une accélération opposée à sa vitesse. Une voiture qui tourne à vitesse constante accélère aussi, car la direction de sa vitesse change. On y reviendra en détail dans les pages sur le mouvement circulaire et le mouvement général.
Calcul guidé
Une voiture passe de 0 à 100 km/h en 9,0 s en ligne droite. Quelle est son accélération moyenne ? Compare-la à g.
On convertit la vitesse finale en m/s.
\[ v = \frac{100}{3{,}6} = 27{,}8\ \text{m/s} \]
L'accélération moyenne est la variation de vitesse divisée par la durée.
La voiture accélère trois fois moins fort qu'un objet en chute libre. Unités : (m/s)/s = m/s², cohérent.
Erreurs fréquentes
Confondre distance parcourue et déplacement : ils ne coïncident que pour un mouvement rectiligne sans demi-tour.
Croire qu'une vitesse nulle implique une accélération nulle : au sommet d'un lancer vertical, \(v = 0\) mais \(a = g\).
Oublier de convertir les km/h en m/s avant d'appliquer une formule.
Je retiens
Référentiel d'abord : la description d'un mouvement en dépend.
\(\vec v\) est tangente à la trajectoire ; c'est la pente de \(x(t)\) en une dimension.
\(\vec a\) mesure le changement du vecteur vitesse, en norme ou en direction.
OS / OC
Vitesse et accélération comme dérivées
Le passage à la limite \(\Delta t \to 0\) est exactement la définition de la dérivée. Pour un vecteur, on dérive composante par composante :
\[ \vec v = \frac{\mathrm{d}\vec r}{\mathrm{d}t} = \begin{pmatrix} \dot x \\ \dot y \\ \dot z \end{pmatrix} \]
\[ \vec a = \frac{\mathrm{d}\vec v}{\mathrm{d}t} = \begin{pmatrix} \ddot x \\ \ddot y \\ \ddot z \end{pmatrix} \]
Le point au-dessus d'une lettre signifie « dérivée par rapport au temps ». Inversement, connaître \(\vec a(t)\) et les conditions initiales permet de retrouver \(\vec v(t)\) puis \(\vec r(t)\) par intégration. C'est ainsi qu'on démontrera les équations du MRUA à la page suivante.
\(\vec v = \lim_{\Delta t\to 0} \Delta\vec r/\Delta t\). Quand M′ se rapproche de M, la direction de la corde MM′ tend vers celle de la tangente : la vitesse est toujours tangente à la trajectoire.
Calcul guidé
Un mobile a pour position \(x(t) = 2t^{3} - 3t^{2}\) (SI). Quand s'arrête-t-il ? Que valent sa position et son accélération à \(t = 2\ \text{s}\) ?
On dérive une fois pour la vitesse.
\[ v(t) = \dot x = 6t^{2} - 6t = 6t\,(t - 1) \]
Le mobile s'arrête quand la vitesse s'annule.
\[ v = 0 \]\[ \Longleftrightarrow\quad t = 0\ \text{ou}\ t = 1\ \text{s} \]
On dérive encore pour l'accélération, puis on remplace.
Entre 0 et 1 s, \(v < 0\) : le mobile recule. Il fait demi-tour à \(t = 1\ \text{s}\), où \(x = -1\ \text{m}\). La distance parcourue entre 0 et 2 s vaut donc 1 + 5 = 6 m, alors que le déplacement vaut 4 m.
Université
Vecteurs, bases et changement de référentiel
Le vecteur position dépend du choix de l'origine, mais pas \(\vec v\) ni \(\vec a\) tant que l'origine est fixe dans le référentiel. Dans une base cartésienne fixe \((\vec e_x, \vec e_y, \vec e_z)\), on dérive seulement les composantes, car les vecteurs de base ne changent pas. Dans une base mobile (polaire, Frenet), il faut aussi dériver les vecteurs de base. C'est l'origine des termes « centripète » et « de Coriolis » des pages suivantes.
Si un référentiel R′ est en translation à la vitesse \(\vec V(t)\) par rapport à R, alors
Les accélérations sont les mêmes dans deux référentiels en translation uniforme l'un par rapport à l'autre. C'est la base de la relativité de Galilée (chapitre 7).
Pour une trajectoire quelconque, la norme de la vitesse est \(v = \mathrm{d}s/\mathrm{d}t\), où \(s\) est l'abscisse curviligne, c'est-à-dire la longueur parcourue le long de la courbe. La distance parcourue entre \(t_1\) et \(t_2\) est donc \(\int_{t_1}^{t_2} |\vec v|\,\mathrm{d}t\), alors que le déplacement est \(\int_{t_1}^{t_2} \vec v\,\mathrm{d}t\).
The frame of reference comes first
Motion only exists relative to something. A train passenger is at rest in the frame of the carriage and speeds along at 200 km/h in the frame of the platform. Neither point of view is "the true one". Before any calculation, we therefore state the frame of reference: a reference body, with a clock and a set of axes (an origin O and axes).
Position, path, displacement
In space, the position of a point M is given by the position vector \(\vec r = \overrightarrow{OM}\). We write its three components one below the other, as a column:
\[ \vec r = \overrightarrow{OM} = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]
The frame \((O\,;\,x, y, z)\) is right-handed: if the fingers of your right hand curl from the x axis towards the y axis, your thumb gives the z axis. When the motion stays in a plane, we choose the axes so that \(z = 0\) and write only two rows. Truly three-dimensional motions (helix, throw with a side wind) have their own page: “Motion in space”.
Over time, M traces a curve: the path (trajectory). Between two instants \(t\) and \(t + \Delta t\), the displacement is the vector
The displacement does not tell the whole route. A runner who completes one lap of the track returns to her starting point: her displacement is zero, yet she has covered 400 m.
Position is given by the vector \(\vec r\) drawn from the origin O. The displacement \(\Delta\vec r\) joins two positions. As \(\Delta t\) becomes very small, \(\Delta\vec r / \Delta t\) becomes the velocity \(\vec v\), tangent to the path.
Average and instantaneous velocity
We distinguish two quantities. The average speed is the distance covered along the route divided by the time. The average velocity is the displacement divided by the time:
It points along the displacement, so along the chord between the two positions. As \(\Delta t\) shrinks, the chord hugs the path and its direction tends to that of the tangent. In the limit we get the instantaneous velocity \(\vec v\). It is always tangent to the path, and its magnitude is what the speedometer shows.
On a straight line everything is simpler: the position is a number \(x(t)\) and so is the velocity. On the \(x(t)\) graph, the average velocity between two instants is the slope of the chord, and the instantaneous velocity is the slope of the tangent.
On the \(x(t)\) graph, the average velocity between A and B is the slope of the chord. The instantaneous velocity at A is the slope of the tangent: the limit of the chord as B approaches A.
Acceleration
Acceleration measures how fast the velocity vector changes:
A vector can change in two ways: in size and in direction. A car braking in a straight line accelerates (in the physics sense), with an acceleration opposite to its velocity. A car turning at constant speed also accelerates, because the direction of its velocity changes. We come back to this in detail on the pages on circular and general motion.
Guided calculation
A car goes from 0 to 100 km/h in 9.0 s in a straight line. What is its average acceleration? Compare it with g.
Convert the final speed to m/s.
\[ v = \frac{100}{3.6} = 27.8\ \text{m/s} \]
The average acceleration is the change in velocity divided by the time.
The car accelerates three times less than an object in free fall. Units: (m/s)/s = m/s², consistent.
Common mistakes
Mixing up distance covered and displacement: they only agree for straight-line motion without turning back.
Thinking that zero velocity means zero acceleration: at the top of a vertical throw, \(v = 0\) but \(a = g\).
Forgetting to convert km/h to m/s before using a formula.
Remember
Frame of reference first: the description of a motion depends on it.
\(\vec v\) is tangent to the path; in one dimension it is the slope of \(x(t)\).
\(\vec a\) measures the change of the velocity vector, in size or in direction.
Advanced
Velocity and acceleration as derivatives
The limit \(\Delta t \to 0\) is exactly the definition of a derivative. For a vector, we differentiate component by component:
\[ \vec v = \frac{\mathrm{d}\vec r}{\mathrm{d}t} = \begin{pmatrix} \dot x \\ \dot y \\ \dot z \end{pmatrix} \]
\[ \vec a = \frac{\mathrm{d}\vec v}{\mathrm{d}t} = \begin{pmatrix} \ddot x \\ \ddot y \\ \ddot z \end{pmatrix} \]
A dot over a letter means "derivative with respect to time". Conversely, knowing \(\vec a(t)\) and the initial conditions lets us recover \(\vec v(t)\) and then \(\vec r(t)\) by integration. That is how we derive the uniform-acceleration equations on the next page.
\(\vec v = \lim_{\Delta t\to 0} \Delta\vec r/\Delta t\). As M′ approaches M, the direction of the chord MM′ tends to that of the tangent: velocity is always tangent to the path.
Guided calculation
An object has position \(x(t) = 2t^{3} - 3t^{2}\) (SI). When does it stop? What are its position and acceleration at \(t = 2\ \text{s}\)?
Differentiate once for the velocity.
\[ v(t) = \dot x = 6t^{2} - 6t = 6t\,(t - 1) \]
The object stops when the velocity is zero.
\[ v = 0 \]\[ \Longleftrightarrow\quad t = 0\ \text{or}\ t = 1\ \text{s} \]
Differentiate again for the acceleration, then substitute.
Between 0 and 1 s, \(v < 0\): the object moves backwards. It turns round at \(t = 1\ \text{s}\), where \(x = -1\ \text{m}\). The distance covered between 0 and 2 s is therefore 1 + 5 = 6 m, while the displacement is 4 m.
University
Vectors, bases and change of frame
The position vector depends on the choice of origin, but \(\vec v\) and \(\vec a\) do not, as long as the origin is fixed in the frame. In a fixed Cartesian basis \((\vec e_x, \vec e_y, \vec e_z)\), only the components are differentiated, since the basis vectors do not change. In a moving basis (polar, Frenet), the basis vectors must be differentiated too. That is where the "centripetal" and "Coriolis" terms of the next pages come from.
If a frame R′ is translating with velocity \(\vec V(t)\) relative to R, then
Accelerations are the same in two frames in uniform translation relative to each other. This is the basis of Galilean relativity (chapter 7).
For an arbitrary path, the speed is \(v = \mathrm{d}s/\mathrm{d}t\), where \(s\) is the arc length, the length travelled along the curve. The distance covered between \(t_1\) and \(t_2\) is therefore \(\int_{t_1}^{t_2} |\vec v|\,\mathrm{d}t\), while the displacement is \(\int_{t_1}^{t_2} \vec v\,\mathrm{d}t\).
Exemples résolusWorked examples
Vitesse moyenne d'un trajet en deux étapes
Un train parcourt 120 km en 1 h 15, s'arrête 15 min, puis parcourt 60 km en 30 min. Vitesse moyenne sur tout le trajet ?
\[ a = 12t - 6 = 18\ \text{m/s}^2 \]\[ x = 4\ \text{m} \]
The object stops when \(v = 0\): at \(t = 0\) and \(t = 1\ \text{s}\).
Le trajet à vélo
12 km en 40 min.
\[ v = \frac{12\ \text{km}}{\frac{2}{3}\ \text{h}} = 18\ \text{km/h} \]
\[ v = \frac{18}{3{,}6} = 5\ \text{m/s} \]
Convertir 90 km/h
\[ \frac{90}{3{,}6} = 25\ \text{m/s} \]
En une seconde, la voiture avance de 25 m : la longueur de cinq voitures.
The bike ride
12 km in 40 min.
\[ v = \frac{12\ \text{km}}{\frac{2}{3}\ \text{h}} = 18\ \text{km/h} \]
\[ v = \frac{18}{3.6} = 5\ \text{m/s} \]
Converting 90 km/h
\[ \frac{90}{3.6} = 25\ \text{m/s} \]
In one second the car moves 25 m: the length of five cars.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 2 · Cinématique
Mouvements rectilignes : MRU et MRUA
Vitesse constante ou accélération constante : quelles équations, quels graphiques, et combien de place pour freiner ?
Chapter 2 · Kinematics
Straight-line motion: constant velocity and constant acceleration
Constant velocity or constant acceleration: which equations, which graphs, and how much room to brake?
Imagine qu'on prenne une photo d'un vélo toutes les secondes. Si les vélos sur les photos sont toujours à la même distance l'un de l'autre, le vélo roule à vitesse constante. Si les distances grandissent, il accélère. Si elles diminuent, il freine.
Freiner, ça prend de la place
Quand un enfant traverse devant une voiture, le conducteur met environ une seconde à réagir. Pendant cette seconde, la voiture continue à rouler ! Ensuite seulement, elle freine. Et plus elle va vite, plus elle a besoin de place pour s'arrêter.
Le plus surprenant : à vitesse double, il faut quatre fois plus de place pour freiner. C'est pour ça que les zones 30 près des écoles sauvent des vies.
Expérience
Fais rouler une bille sur une table bien plate, puis sur une planche en pente.
Demande à quelqu'un de taper dans les mains régulièrement et pose une gomme à chaque clap à l'endroit où est la bille.
Sur la table, les gommes sont-elles régulièrement espacées ? Et sur la pente ?
Je retiens
Positions toujours aussi espacées : vitesse constante.
Positions de plus en plus espacées : ça accélère.
Deux fois plus vite, quatre fois plus de place pour freiner.
Petit lexique
Accélérer
aller de plus en plus vite.
Freiner
aller de moins en moins vite.
Temps de réaction
le temps avant de commencer à freiner.
Imagine taking a photo of a bike every second. If the bikes on the photos are always the same distance apart, the bike moves at constant speed. If the gaps grow, it is speeding up. If they shrink, it is slowing down.
Braking takes room
When a child crosses in front of a car, the driver takes about one second to react. During that second, the car keeps going! Only then does it brake. And the faster it goes, the more room it needs to stop.
The most surprising thing: at twice the speed, braking takes four times as much room. That is why 30 km/h zones near schools save lives.
Experiment
Roll a marble on a flat table, then on a sloping board.
Ask someone to clap regularly and put an eraser where the marble is at each clap.
On the table, are the erasers evenly spaced? And on the slope?
Remember
Positions always equally spaced: constant speed.
Positions further and further apart: speeding up.
Twice as fast, four times the room to brake.
Word list
Speed up
go faster and faster.
Slow down
go slower and slower.
Reaction time
the time before you start braking.
Le mouvement rectiligne uniforme (MRU)
Un objet en MRU va tout droit à vitesse constante. Il parcourt la même distance à chaque seconde. Sa position augmente régulièrement :
\[ x = x_0 + v\,t \]
Sur un graphique \(x(t)\), c'est une droite. Sa pente est la vitesse. Sur un graphique \(v(t)\), c'est une ligne horizontale.
Le mouvement rectiligne uniformément accéléré (MRUA)
Ici, c'est la vitesse qui change régulièrement : elle gagne (ou perd) la même quantité chaque seconde. Cette quantité est l'accélération \(a\), en m/s². Une accélération de 2 m/s² signifie : la vitesse augmente de 2 m/s chaque seconde.
\[ v = v_0 + a\,t \]
Si la voiture freine, \(a\) est négative : la vitesse diminue.
La distance d'arrêt
Elle se calcule en deux morceaux. Pendant la réaction (environ 1 s), la voiture roule à vitesse constante : \(d_r = v \cdot 1\ \text{s}\). Pendant le freinage, avec une décélération \(a\) :
\[ d_f = \frac{v^{2}}{2a} \]
Calcul guidé
Une voiture roule à 50 km/h. Le conducteur réagit en 1 s, puis freine à 7 m/s². Quelle est la distance d'arrêt ?
À 30 km/h, on trouverait 13,3 m : moins de la moitié.
Je retiens
MRU : \(x = x_0 + v t\), droite sur \(x(t)\).
MRUA : \(v = v_0 + a t\), l'accélération est en m/s².
Distance d'arrêt = réaction + freinage, et le freinage croît comme \(v^{2}\).
Petit lexique
MRU
mouvement rectiligne uniforme, vitesse constante.
MRUA
mouvement rectiligne uniformément accéléré.
Décélération
accélération qui fait diminuer la vitesse.
Uniform straight-line motion
An object in uniform motion goes straight at constant speed. It covers the same distance every second. Its position increases steadily:
\[ x = x_0 + v\,t \]
On an \(x(t)\) graph this is a straight line. Its slope is the velocity. On a \(v(t)\) graph it is a horizontal line.
Uniformly accelerated straight-line motion
Here it is the velocity that changes steadily: it gains (or loses) the same amount every second. That amount is the acceleration \(a\), in m/s². An acceleration of 2 m/s² means: the velocity increases by 2 m/s every second.
\[ v = v_0 + a\,t \]
If the car brakes, \(a\) is negative: the velocity decreases.
Stopping distance
It comes in two parts. During the reaction (about 1 s), the car moves at constant speed: \(d_r = v \cdot 1\ \text{s}\). During braking, with a deceleration \(a\):
\[ d_b = \frac{v^{2}}{2a} \]
Guided calculation
A car drives at 50 km/h. The driver reacts in 1 s, then brakes at 7 m/s². What is the stopping distance?
Uniform motion: \(x = x_0 + v t\), a straight line on \(x(t)\).
Uniform acceleration: \(v = v_0 + a t\), acceleration in m/s².
Stopping distance = thinking + braking, and braking grows like \(v^{2}\).
Word list
Uniform motion
straight line, constant velocity.
Uniform acceleration
velocity changes by the same amount every second.
Deceleration
an acceleration that reduces the speed.
MRU : la vitesse ne change pas
Un mouvement est rectiligne uniforme si la trajectoire est une droite et si la vitesse est constante. On place l'axe \(x\) le long de la droite. Comme \(v\) ne varie pas, la vitesse moyenne sur n'importe quel intervalle est égale à \(v\), donc \(x - x_0 = v\,t\) :
\[ x(t) = x_0 + v\,t \]\[ v(t) = v \]\[ a = 0 \]
Le signe de \(v\) donne le sens du mouvement par rapport à l'axe. Un mobile qui recule a une vitesse négative.
MRUA : la vitesse change à rythme constant
Un mouvement est rectiligne uniformément accéléré si l'accélération est constante. La vitesse varie alors de la même quantité à chaque seconde :
\[ v(t) = v_0 + a\,t \]
Pour trouver la position, une idée géométrique suffit. Sur un graphique \(v(t)\), une vitesse constante \(v\) pendant \(t\) donne un rectangle d'aire \(v\,t\), qui est le déplacement. Si la vitesse varie, on découpe le temps en petits morceaux : le déplacement reste l'aire sous la courbe \(v(t)\). Pour un MRUA, cette aire est un trapèze.
En MRUA, \(v(t)\) est une droite. Le déplacement est l'aire sous la droite : un rectangle \(v_0 t\) plus un triangle \(\tfrac12 (a t)\,t\).
\[ x(t) = x_0 + v_0\,t + \tfrac12\,a\,t^{2} \]
Une dernière relation est très utile quand le temps n'est pas donné. On tire \(t = (v - v_0)/a\) de la première équation et on le remplace dans la seconde. Après simplification :
\[ v^{2} = v_0^{2} + 2\,a\,(x - x_0) \]
Freinage et distance d'arrêt
Un véhicule qui freine jusqu'à l'arrêt a un MRUA avec \(a < 0\). La vitesse finale est nulle, donc \(0 = v_0^{2} + 2a\,d_f\) et
La distance de freinage est proportionnelle au carré de la vitesse. Il faut y ajouter la distance de réaction, parcourue à vitesse constante pendant le temps de réaction (environ 1 s) : elle est proportionnelle à \(v_0\).
Distance d'arrêt = distance de réaction (proportionnelle à \(v\)) + distance de freinage (proportionnelle à \(v^{2}\)). À 100 km/h, le freinage est quatre fois plus long qu'à 50 km/h.
Calcul guidé
Sur l'autoroute à 120 km/h, un conducteur voit un obstacle. Temps de réaction : 1,0 s. Décélération : 8,0 m/s². Quelle est la distance d'arrêt ? Combien de temps dure l'arrêt ?
\[ d = 33{,}3 + 69{,}4 = 103\ \text{m} \]\[ t = 1{,}0 + 4{,}17 = 5{,}2\ \text{s} \]
Plus de 100 m, la longueur d'un terrain de football. Un tiers est parcouru avant même de toucher la pédale.
Lire les graphiques
Sur \(x(t)\) : la pente est la vitesse. Droite : MRU. Parabole : MRUA.
Sur \(v(t)\) : la pente est l'accélération, l'aire sous la courbe est le déplacement.
Sur \(a(t)\) : l'aire sous la courbe est la variation de vitesse.
Erreurs fréquentes
Oublier le signe de \(a\) en freinage. Avec l'axe dans le sens du mouvement, \(a < 0\).
Utiliser \(x = \tfrac12 a t^{2}\) quand \(v_0 \neq 0\).
Appliquer les formules du MRUA alors que l'accélération change (par exemple une voiture qui passe les vitesses).
Je retiens
MRU : \(x = x_0 + v t\).
MRUA : \(v = v_0 + a t\), \(x = x_0 + v_0 t + \tfrac12 a t^{2}\), \(v^{2} = v_0^{2} + 2a\Delta x\).
Déplacement = aire sous \(v(t)\). Freinage : \(d_f = v_0^{2}/(2|a|)\).
OS / OC
Démonstration par intégration
Avec les dérivées, les équations du MRUA sont une simple intégration. On part de \(\ddot x = a\) constante et des conditions initiales \(x(0) = x_0\), \(v(0) = v_0\) :
\[ x(t) = x_0 + \int_0^{t} (v_0 + a t')\,\mathrm{d}t' = x_0 + v_0 t + \tfrac12 a t^{2} \]
L'aire sous \(v(t)\) n'est rien d'autre que l'intégrale. Pour une vitesse quelconque, on l'approche par une somme de rectangles :
Pour une vitesse quelconque, on découpe le temps en petits intervalles \(\Delta t\). Sur chacun, la vitesse est presque constante. Le déplacement est approché par la somme des aires des rectangles, et à la limite par l'intégrale \(\int v\,\mathrm{d}t\).
La relation sans le temps a aussi une démonstration élégante. On écrit \(a = \dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x}\dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} = v\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x}\), puis on intègre en \(x\) :
Pour \(a\) constante, on retrouve \(v^{2} = v_0^{2} + 2a\Delta x\). Cette forme reste valable si \(a\) dépend de la position : c'est l'ancêtre du théorème de l'énergie cinétique.
Calcul guidé
Une voiture roule à 72 km/h. Elle passe devant une moto arrêtée, qui démarre au même instant avec \(a = 2{,}0\ \text{m/s}^2\). Quand et où la moto rattrape-t-elle la voiture ?
On écrit les deux équations horaires, origine au point de départ.
La moto roule alors deux fois plus vite que la voiture. Logique : même distance dans le même temps, donc même vitesse moyenne, et en MRUA partant du repos la vitesse moyenne vaut la moitié de la vitesse finale.
Université
Accélération qui dépend de la vitesse ou de la position
Le MRUA est un cas idéal. Dans la réalité, l'accélération dépend souvent de la vitesse (frottements) ou de la position (ressort). On résout alors une équation différentielle.
Freinage visqueux : \(\dot v = -v/\tau\). Séparation des variables :
La vitesse ne s'annule jamais, mais la distance totale \(v_0\tau\) est finie. On l'obtient aussi sans le temps : \(v\,\mathrm{d}v/\mathrm{d}x = -v/\tau\) donne \(\mathrm{d}v/\mathrm{d}x = -1/\tau\), donc \(v\) décroît linéairement avec \(x\).
Accélération fonction de la position : \(a = f(x)\). On utilise \(v\,\mathrm{d}v = f(x)\,\mathrm{d}x\), qui donne \(v(x)\), puis \(t = \int \mathrm{d}x / v(x)\). Pour \(f(x) = -\omega^{2}x\), on retrouve l'oscillateur harmonique (chapitre 3).
Uniform motion: the velocity does not change
A motion is uniform and straight if the path is a straight line and the velocity is constant. We put the \(x\) axis along the line. Since \(v\) does not vary, the average velocity over any interval equals \(v\), so \(x - x_0 = v\,t\):
\[ x(t) = x_0 + v\,t \]\[ v(t) = v \]\[ a = 0 \]
The sign of \(v\) gives the direction relative to the axis. An object moving backwards has a negative velocity.
Uniform acceleration: the velocity changes at a steady rate
A motion is uniformly accelerated if the acceleration is constant. The velocity then changes by the same amount every second:
\[ v(t) = v_0 + a\,t \]
A geometric idea is enough to find the position. On a \(v(t)\) graph, a constant velocity \(v\) for a time \(t\) gives a rectangle of area \(v\,t\), which is the displacement. If the velocity changes, we cut time into small pieces: the displacement is still the area under the curve \(v(t)\). For uniform acceleration this area is a trapezium.
In uniform acceleration, \(v(t)\) is a straight line. The displacement is the area under the line: a rectangle \(v_0 t\) plus a triangle \(\tfrac12 (a t)\,t\).
\[ x(t) = x_0 + v_0\,t + \tfrac12\,a\,t^{2} \]
One last relation is very useful when the time is not given. Take \(t = (v - v_0)/a\) from the first equation and substitute into the second. After simplifying:
\[ v^{2} = v_0^{2} + 2\,a\,(x - x_0) \]
Braking and stopping distance
A vehicle braking to a stop has uniform acceleration with \(a < 0\). The final velocity is zero, so \(0 = v_0^{2} + 2a\,d_b\) and
Braking distance is proportional to the square of the speed. Add the thinking distance, covered at constant speed during the reaction time (about 1 s): it is proportional to \(v_0\).
Stopping distance = thinking distance (proportional to \(v\)) + braking distance (proportional to \(v^{2}\)). At 100 km/h, braking takes four times as far as at 50 km/h.
Guided calculation
On the motorway at 120 km/h, a driver sees an obstacle. Reaction time: 1.0 s. Deceleration: 8.0 m/s². What is the stopping distance? How long does stopping take?
Convert the speed to m/s.
\[ v_0 = \frac{120}{3.6} = 33.3\ \text{m/s} \]
During the reaction: uniform motion.
\[ d_r = v_0\, t_r = 33.3\ \text{m} \]
During braking: uniform acceleration down to \(v = 0\).
\[ d = 33.3 + 69.4 = 103\ \text{m} \]\[ t = 1.0 + 4.17 = 5.2\ \text{s} \]
Over 100 m, the length of a football pitch. A third of it is covered before the foot even touches the pedal.
Reading graphs
On \(x(t)\): the slope is the velocity. Straight line: uniform motion. Parabola: uniform acceleration.
On \(v(t)\): the slope is the acceleration, the area under the curve is the displacement.
On \(a(t)\): the area under the curve is the change in velocity.
Common mistakes
Forgetting the sign of \(a\) when braking. With the axis along the motion, \(a < 0\).
Using \(x = \tfrac12 a t^{2}\) when \(v_0 \neq 0\).
Using the uniform-acceleration formulas when the acceleration changes (for example a car changing gear).
Remember
Uniform motion: \(x = x_0 + v t\).
Uniform acceleration: \(v = v_0 + a t\), \(x = x_0 + v_0 t + \tfrac12 a t^{2}\), \(v^{2} = v_0^{2} + 2a\Delta x\).
Displacement = area under \(v(t)\). Braking: \(d_b = v_0^{2}/(2|a|)\).
Advanced
Derivation by integration
With derivatives, the uniform-acceleration equations are a simple integration. Start from constant \(\ddot x = a\) and the initial conditions \(x(0) = x_0\), \(v(0) = v_0\):
\[ x(t) = x_0 + \int_0^{t} (v_0 + a t')\,\mathrm{d}t' = x_0 + v_0 t + \tfrac12 a t^{2} \]
The area under \(v(t)\) is nothing but the integral. For an arbitrary velocity, we approximate it by a sum of rectangles:
For an arbitrary velocity, we cut time into small intervals \(\Delta t\). On each one the velocity is almost constant. The displacement is approximated by the total area of the rectangles, and in the limit by the integral \(\int v\,\mathrm{d}t\).
The time-free relation also has an elegant derivation. Write \(a = \dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x}\dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} = v\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x}\), then integrate over \(x\):
For constant \(a\) we recover \(v^{2} = v_0^{2} + 2a\Delta x\). This form still holds if \(a\) depends on position: it is the ancestor of the work-energy theorem.
Guided calculation
A car drives at 72 km/h. It passes a motorbike at rest, which starts at that instant with \(a = 2.0\ \text{m/s}^2\). When and where does the bike catch the car?
Write both equations of motion, origin at the starting point.
The bike is then twice as fast as the car. Logical: same distance in the same time means same average speed, and with uniform acceleration from rest the average speed is half the final speed.
University
Acceleration depending on velocity or position
Uniform acceleration is an ideal case. In reality the acceleration often depends on velocity (friction) or position (spring). We then solve a differential equation.
Viscous braking: \(\dot v = -v/\tau\). Separating variables:
The velocity never reaches zero, yet the total distance \(v_0\tau\) is finite. You also get it without time: \(v\,\mathrm{d}v/\mathrm{d}x = -v/\tau\) gives \(\mathrm{d}v/\mathrm{d}x = -1/\tau\), so \(v\) decreases linearly with \(x\).
Position-dependent acceleration: \(a = f(x)\). Use \(v\,\mathrm{d}v = f(x)\,\mathrm{d}x\), which gives \(v(x)\), then \(t = \int \mathrm{d}x / v(x)\). For \(f(x) = -\omega^{2}x\) we recover the harmonic oscillator (chapter 3).
À toi de jouer
Choisis « MRU : vitesse constante » et clique sur « Lancer ». Regarde les points : sont-ils à égale distance ?
Choisis « MRUA » et relance. Que font les points ? Et l'aiguille du compteur ?
Choisis « Freinage jusqu'à l'arrêt ». Les points se serrent-ils ou s'écartent-ils ?
Your turn
Choose "Uniform motion: constant velocity" and click "Start". Look at the dots: are they equally spaced?
Choose "Uniform acceleration" and start again. What do the dots do? And the speedometer needle?
Choose "Braking to a stop". Do the dots get closer or further apart?
À toi de jouer
En MRU, lis sur le graphique x(t) la distance parcourue en 4 s. Calcule v et compare au curseur.
En MRUA avec v₀ = 0 et a = 2 m/s², prédis la vitesse et la position après 3 s. Vérifie.
Freinage : note la distance d'arrêt pour v₀ = 12 m/s. Prédis-la pour v₀ = 6 m/s, puis vérifie.
Your turn
In uniform motion, read on the x(t) graph the distance covered in 4 s. Work out v and compare with the slider.
In uniform acceleration with v₀ = 0 and a = 2 m/s², predict the velocity and position after 3 s. Check.
Braking: note the stopping distance for v₀ = 12 m/s. Predict it for v₀ = 6 m/s, then check.
Piste de travail : en MRUA, vérifie que la pente de \(x(t)\) à un instant donne la vitesse affichée, et que l'aire sous \(v(t)\) donne le déplacement. Choisis \(v_0 < 0\) et \(a > 0\) : l'objet recule puis avance. À quel instant s'arrête-t-il ? Que vaut alors \(x\) ? Calcule-le avant de lancer.
Worksheet idea: in uniform acceleration, check that the slope of \(x(t)\) at an instant gives the velocity shown, and that the area under \(v(t)\) gives the displacement. Choose \(v_0 < 0\) and \(a > 0\): the object goes back then forward. When does it stop? What is \(x\) then? Work it out before starting.
Exemples résolusWorked examples
Freinage d'urgence sur l'autoroute
À 120 km/h, temps de réaction 1 s, décélération 8 m/s².
Every second the car gains 2.5 m/s, that is 9 km/h.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 2 · Cinématique
La chute libre
Pourquoi une pierre tombe-t-elle de plus en plus vite, et comment calculer sa vitesse et sa hauteur à chaque instant ?
Chapter 2 · Kinematics
Free fall
Why does a stone fall faster and faster, and how do we compute its speed and height at each instant?
Lâche une pierre : elle tombe de plus en plus vite. Après une seconde, elle va déjà à environ 35 km/h. Après deux secondes, à 70 km/h !
Lourd ou léger : qui tombe le plus vite ?
On pourrait croire qu'un objet lourd tombe plus vite qu'un objet léger. Essaie avec deux balles de même taille, une lourde et une légère : elles arrivent ensemble ! Ce qui ralentit une feuille de papier, ce n'est pas sa légèreté, c'est l'air qui la freine.
Sur la Lune, il n'y a pas d'air. En 1971, l'astronaute David Scott a lâché un marteau et une plume en même temps : ils ont touché le sol ensemble.
Expérience
Prends deux feuilles de papier identiques. Froisse l'une en boule, laisse l'autre à plat.
Prédis : laquelle arrive en premier si tu les lâches ensemble ?
Essaie. Elles ont pourtant exactement le même poids !
Je retiens
Un objet qui tombe va de plus en plus vite.
Sans air, tous les objets tombent de la même façon, lourds ou légers.
C'est l'air qui freine la plume ou la feuille.
Petit lexique
Chute libre
chute sans être freiné par l'air.
Résistance de l'air
l'air qui freine un objet qui bouge.
Drop a stone: it falls faster and faster. After one second it is already going at about 35 km/h. After two seconds, at 70 km/h!
Heavy or light: which falls faster?
You might think a heavy object falls faster than a light one. Try it with two balls of the same size, one heavy and one light: they land together! What slows a sheet of paper is not its lightness, it is the air holding it back.
On the Moon there is no air. In 1971 astronaut David Scott dropped a hammer and a feather at the same time: they hit the ground together.
Experiment
Take two identical sheets of paper. Crumple one into a ball, keep the other flat.
Predict: which one lands first if you drop them together?
Try it. They weigh exactly the same!
Remember
A falling object goes faster and faster.
Without air, all objects fall the same way, heavy or light.
It is the air that slows the feather or the sheet.
Word list
Free fall
falling without being slowed by air.
Air resistance
the air holding back a moving object.
Une accélération qui ne dépend pas de l'objet
Sans air, un objet lâché a une accélération constante, la même pour tous les objets. On la note \(g\) :
\[ g \approx 9{,}81\ \text{m/s}^{2} \approx 10\ \text{m/s}^{2} \]
Sa vitesse augmente donc d'environ 10 m/s à chaque seconde. C'est un MRUA qui part du repos :
\[ v = g\,t \]\[ h = \tfrac12\,g\,t^{2} \]
\(h\) est la hauteur de chute après la durée \(t\).
Calcul guidé
Un plongeur se laisse tomber d'un plongeoir de 10 m. Combien de temps dure la chute ? À quelle vitesse entre-t-il dans l'eau ?
Moins d'une seconde et demie pour atteindre la vitesse d'une voiture en ville.
Lancer vers le haut
Une balle lancée vers le haut ralentit de 10 m/s chaque seconde. Lancée à 20 m/s, elle s'arrête au bout de 2 s, puis redescend. Elle met autant de temps à descendre qu'à monter, et revient dans la main à la vitesse de départ.
Je retiens
Chute libre : \(a = g \approx 10\ \text{m/s}^{2}\), pour tous les objets.
Départ arrêté : \(v = g t\) et \(h = \tfrac12 g t^{2}\).
Lancer vertical : montée et descente durent autant.
Petit lexique
g
accélération de la pesanteur, environ 9,81 m/s² sur Terre.
Hauteur de chute
distance verticale parcourue en tombant.
An acceleration that does not depend on the object
Without air, a dropped object has a constant acceleration, the same for all objects. We call it \(g\):
\[ g \approx 9.81\ \text{m/s}^{2} \approx 10\ \text{m/s}^{2} \]
So its velocity increases by about 10 m/s every second. It is uniform acceleration from rest:
\[ v = g\,t \]\[ h = \tfrac12\,g\,t^{2} \]
\(h\) is the height fallen after time \(t\).
Guided calculation
A diver drops from a 10 m board. How long is the fall? How fast does he enter the water?
Less than a second and a half to reach the speed of a car in town.
Throwing upwards
A ball thrown upwards slows down by 10 m/s every second. Thrown at 20 m/s, it stops after 2 s, then comes back down. It takes as long to come down as to go up, and returns to the hand at its starting speed.
Remember
Free fall: \(a = g \approx 10\ \text{m/s}^{2}\), for all objects.
From rest: \(v = g t\) and \(h = \tfrac12 g t^{2}\).
Vertical throw: going up and coming down take the same time.
Word list
g
acceleration due to gravity, about 9.81 m/s² on Earth.
Height fallen
vertical distance covered while falling.
Un MRUA vertical
Quand on peut négliger l'air, tout objet en chute près du sol a la même accélération, verticale et dirigée vers le bas, de norme \(g = 9{,}81\ \text{m/s}^{2}\) (en Suisse). La chute libre est donc un MRUA. Pourquoi \(g\) est-il le même pour tous ? La cinématique ne le dit pas. C'est une découverte de Galilée, expliquée par Newton au chapitre Dynamique.
On choisit un axe \(y\) vertical. Le plus sûr est de l'orienter vers le haut et de garder les signes : alors \(a = -g\).
\[ v(t) = v_0 - g\,t \]
\[ y(t) = y_0 + v_0\,t - \tfrac12\,g\,t^{2} \]
\[ v^{2} = v_0^{2} - 2g\,(y - y_0) \]
Pour une chute depuis le repos, on peut aussi orienter l'axe vers le bas : \(v = gt\), \(h = \tfrac12 g t^{2}\).
La signature 1, 3, 5, 7
Photographions une chute à intervalles égaux \(\tau\). Depuis le départ, les distances parcourues valent \(\tfrac12 g\tau^{2}\) fois 1, 4, 9, 16… Les distances entre deux images successives valent donc 1, 3, 5, 7… fois la première. Galilée avait reconnu cette suite des nombres impairs sur son plan incliné.
Chronophotographie d'une chute libre, une image tous les 0,1 s. Les distances entre images suivent 1, 3, 5, 7 : c'est la signature d'un mouvement uniformément accéléré. Les distances depuis le départ suivent 1, 4, 9, 16.
Le lancer vertical
Une balle lancée vers le haut à \(v_0\) monte en ralentissant. Au sommet, \(v = 0\) : c'est l'instant \(t_s = v_0/g\). La hauteur atteinte se déduit de \(v^{2} = v_0^{2} - 2g\,h\) avec \(v = 0\) :
Le mouvement est symétrique : la descente dure aussi \(t_s\), et la balle revient à sa hauteur de départ avec la vitesse \(-v_0\).
Lancer vertical vers le haut (axe vers le haut). À gauche, \(v(t)\) est une droite de pente \(-g\) qui passe par zéro au sommet. À droite, \(y(t)\) est une parabole symétrique : la montée et la descente durent autant.
Calcul guidé
On lance une balle verticalement vers le haut à 15 m/s depuis 1,5 m du sol. Hauteur maximale ? Quand touche-t-elle le sol ?
Axe vers le haut, origine au sol : \(y_0 = 1{,}5\ \text{m}\), \(v_0 = 15\ \text{m/s}\). Au sommet, \(v = 0\).
Sans le 1,5 m, on aurait trouvé \(2v_0/g = 3{,}06\ \text{s}\). La petite hauteur en plus ajoute 0,09 s. Ordre de grandeur cohérent.
Limites du modèle
L'air n'est négligeable que pour des objets denses et des vitesses modestes. Un parachutiste atteint une vitesse limite d'environ 55 m/s (200 km/h), un grêlon de 1 cm environ 10 m/s. Au-delà de quelques secondes de chute, le modèle sans air surestime fortement la vitesse.
Je retiens
Chute libre = MRUA d'accélération \(g\) vers le bas, identique pour tous les corps.
Axe vers le haut : \(y = y_0 + v_0 t - \tfrac12 g t^{2}\).
Une balle A est lancée vers le haut depuis le sol à \(v_0\). Au même instant, une balle B est lâchée d'une hauteur \(H\) juste au-dessus. Où se croisent-elles ?
\[ y_A = v_0 t - \tfrac12 g t^{2} \]\[ y_B = H - \tfrac12 g t^{2} \]
La différence \(y_B - y_A = H - v_0 t\) ne contient plus \(g\) ! Les deux balles ont la même accélération, donc leur mouvement relatif est uniforme. Elles se croisent à \(t = H/v_0\). C'est l'idée du « tir sur un singe qui se laisse tomber » : en visant directement la cible au moment où elle lâche prise, on la touche toujours (si la balle l'atteint avant le sol).
Calcul guidé
Tu lâches une pierre dans un puits et tu entends le plouf 3,0 s plus tard. Le son va à 340 m/s. Quelle est la profondeur ?
La durée totale est la chute plus la remontée du son.
\[ T = t_1 + \frac{h}{c} \]\[ h = \tfrac12 g t_1^{2} \]
On obtient une équation du second degré en \(t_1\).
Un parachutiste avec \(v_\ell = 55\ \text{m/s}\) atteint 90 % de sa vitesse limite après \(t = (v_\ell/g)\,\operatorname{artanh}(0{,}9) = 8{,}3\ \text{s}\). Le tir oblique avec frottement se traite numériquement (page suivante).
A vertical uniform acceleration
When air can be neglected, every object falling near the ground has the same acceleration, vertical and downwards, of magnitude \(g = 9.81\ \text{m/s}^{2}\) (in Switzerland). Free fall is therefore uniform acceleration. Why is \(g\) the same for everything? Kinematics does not say. It is Galileo's discovery, explained by Newton in the Dynamics chapter.
We choose a vertical \(y\) axis. The safest is to point it upwards and keep the signs: then \(a = -g\).
\[ v(t) = v_0 - g\,t \]
\[ y(t) = y_0 + v_0\,t - \tfrac12\,g\,t^{2} \]
\[ v^{2} = v_0^{2} - 2g\,(y - y_0) \]
For a fall from rest you can also point the axis down: \(v = gt\), \(h = \tfrac12 g t^{2}\).
The 1, 3, 5, 7 signature
Photograph a fall at equal intervals \(\tau\). From the start, the distances fallen are \(\tfrac12 g\tau^{2}\) times 1, 4, 9, 16… So the gaps between successive images are 1, 3, 5, 7… times the first. Galileo had recognised this sequence of odd numbers on his inclined plane.
Stroboscopic picture of free fall, one image every 0.1 s. The gaps between images follow 1, 3, 5, 7: the signature of uniformly accelerated motion. The distances from the start follow 1, 4, 9, 16.
The vertical throw
A ball thrown upwards at \(v_0\) slows down as it rises. At the top \(v = 0\): this is the instant \(t_s = v_0/g\). The height reached follows from \(v^{2} = v_0^{2} - 2g\,h\) with \(v = 0\):
The motion is symmetric: coming down also takes \(t_s\), and the ball returns to its starting height with velocity \(-v_0\).
Vertical throw upwards (axis pointing up). Left: \(v(t)\) is a straight line of slope \(-g\) crossing zero at the top. Right: \(y(t)\) is a symmetric parabola: going up and coming down take the same time.
Guided calculation
A ball is thrown straight up at 15 m/s from 1.5 m above the ground. Maximum height? When does it hit the ground?
Axis up, origin on the ground: \(y_0 = 1.5\ \text{m}\), \(v_0 = 15\ \text{m/s}\). At the top, \(v = 0\).
Without the 1.5 m we would have found \(2v_0/g = 3.06\ \text{s}\). The small extra height adds 0.09 s. Consistent order of magnitude.
Limits of the model
Air is negligible only for dense objects and modest speeds. A skydiver reaches a terminal speed of about 55 m/s (200 km/h), a 1 cm hailstone about 10 m/s. Beyond a few seconds of falling, the model without air badly overestimates the speed.
Remember
Free fall = uniform acceleration \(g\) downwards, the same for all bodies.
Ball A is thrown up from the ground at \(v_0\). At the same instant, ball B is dropped from height \(H\) directly above. Where do they meet?
\[ y_A = v_0 t - \tfrac12 g t^{2} \]\[ y_B = H - \tfrac12 g t^{2} \]
The difference \(y_B - y_A = H - v_0 t\) no longer contains \(g\)! Both balls have the same acceleration, so their relative motion is uniform. They meet at \(t = H/v_0\). This is the idea of the "monkey and hunter" problem: aiming straight at the target at the moment it lets go always hits it (if the shot reaches it before the ground).
Guided calculation
You drop a stone into a well and hear the splash 3.0 s later. Sound travels at 340 m/s. How deep is the well?
The total time is the fall plus the sound coming back up.
\[ T = t_1 + \frac{h}{c} \]\[ h = \tfrac12 g t_1^{2} \]
A skydiver with \(v_t = 55\ \text{m/s}\) reaches 90 % of terminal speed after \(t = (v_t/g)\,\operatorname{artanh}(0.9) = 8.3\ \text{s}\). Projectile motion with drag is handled numerically (next page).
Exemples résolusWorked examples
La pierre dans le puits
On lâche une pierre : elle touche l'eau après 2,5 s. Profondeur (sans air, sans tenir compte du son) ?
With \(g \approx 10\ \text{m/s}^2\), it loses 10 m/s every second.
\[ t_s = \frac{20}{10} = 2\ \text{s} \]
It is back in the hand after 4 s.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 2 · Cinématique
Le tir oblique
Une balle lancée avance et tombe à la fois. Comment prévoir où elle retombe, et sous quel angle tirer ?
Chapter 2 · Kinematics
Projectile motion
A thrown ball moves forward and falls at the same time. How do we predict where it lands, and at which angle to shoot?
Lance une balle en biais : elle monte, ralentit, puis redescend en dessinant une belle arche. Les jets d'eau d'une fontaine dessinent la même courbe. On l'appelle une parabole.
Deux mouvements en un
Une balle lancée vers l'avant fait deux choses en même temps. Elle avance, et elle tombe. Et ces deux mouvements ne se gênent pas : une balle lancée tout droit vers l'avant tombe exactement comme une balle simplement lâchée. Elles touchent le sol au même moment !
Quel angle pour aller le plus loin ?
Si tu vises trop haut, la balle reste longtemps en l'air mais avance peu. Si tu vises trop bas, elle touche vite le sol. Le meilleur angle est entre les deux, à peu près 45°.
Expérience
Avec un tuyau d'arrosage, envoie de l'eau en changeant l'inclinaison.
Pour quelle inclinaison l'eau va-t-elle le plus loin ?
Essaie deux inclinaisons, une basse et une haute, qui arrivent au même endroit.
Je retiens
Une balle lancée dessine une arche : une parabole.
Elle avance et tombe en même temps, sans que l'un gêne l'autre.
Pour aller le plus loin depuis le sol : environ 45°.
Petit lexique
Parabole
la courbe en forme d'arche d'un objet lancé.
Portée
la distance à laquelle l'objet retombe.
Throw a ball at an angle: it rises, slows down, then comes back down, drawing a nice arch. The jets of a fountain draw the same curve. It is called a parabola.
Two motions in one
A ball thrown forwards does two things at once. It moves forward, and it falls. And these two motions do not disturb each other: a ball thrown straight forwards falls exactly like a ball that is simply dropped. They hit the ground at the same moment!
Which angle goes furthest?
If you aim too high, the ball stays long in the air but moves forward little. If you aim too low, it hits the ground quickly. The best angle is in between, about 45°.
Experiment
With a garden hose, spray water while changing the tilt.
Which tilt sends the water furthest?
Find two tilts, one low and one high, that land at the same spot.
Remember
A thrown ball draws an arch: a parabola.
It moves forward and falls at the same time, without one disturbing the other.
To go furthest from the ground: about 45°.
Word list
Parabola
the arch-shaped curve of a thrown object.
Range
the distance at which the object lands.
Avancer et tomber en même temps
Le secret du tir, c'est de séparer le mouvement en deux directions :
à l'horizontale, rien ne freine la balle (sans air) : elle avance à vitesse constante, c'est un MRU ;
à la verticale, elle tombe comme en chute libre, avec \(g \approx 10\ \text{m/s}^{2}\).
Pour un tir horizontal depuis une hauteur \(h\), la durée de la chute est la même que si on lâchait la balle :
\[ h = \tfrac12\,g\,t^{2} \]\[ x = v\,t \]
Calcul guidé
Une bille roule à 3 m/s et quitte le bord d'une table de 1,25 m. On prend \(g \approx 10\ \text{m/s}^{2}\). Où touche-t-elle le sol ?
Pendant ce temps, elle avance à vitesse constante.
\[ x = 3 \cdot 0{,}5 = 1{,}5\ \text{m} \]
Si elle roulait deux fois plus vite, elle tomberait pendant le même temps, mais deux fois plus loin.
Tir en biais
Si la balle part en biais, on décompose sa vitesse de départ \(v_0\) en une partie horizontale \(v_0\cos\theta\) et une partie verticale \(v_0\sin\theta\). La partie verticale la fait monter, puis la pesanteur la fait redescendre.
If it rolled twice as fast, it would fall for the same time, but twice as far.
Launching at an angle
If the ball leaves at an angle, we split its launch speed \(v_0\) into a horizontal part \(v_0\cos\theta\) and a vertical part \(v_0\sin\theta\). The vertical part makes it rise, then gravity brings it back down.
Remember
Horizontal: constant speed. Vertical: free fall.
The flight time depends only on the vertical motion.
From the ground, the largest range is at 45°.
Word list
Component
horizontal or vertical part of a velocity.
Range
horizontal distance covered before landing.
Le principe d'indépendance
Sans air, la seule accélération d'un projectile est \(\vec g\), verticale. Il n'y a donc aucune accélération horizontale. Le mouvement plan se sépare en deux mouvements rectilignes indépendants, qu'on traite avec les outils de la page MRU et MRUA :
selon \(x\) : MRU à la vitesse \(v_{0x} = v_0\cos\theta\) ;
selon \(y\) (vers le haut) : MRUA d'accélération \(-g\), vitesse initiale \(v_{0y} = v_0\sin\theta\).
Tir oblique : à chaque instant, la vitesse \(\vec v\) se décompose en \(v_x\) (constante) et \(v_y\) (qui diminue, s'annule au sommet, puis devient négative). L'accélération vaut \(\vec g\) partout.
\[ x(t) = v_0\cos\theta\; t \]
\[ y(t) = v_0\sin\theta\; t - \tfrac12\,g\,t^{2} \]
\[ R = v_0\cos\theta \cdot t_{\text{vol}} = \frac{v_0^{2}\sin 2\theta}{g} \]
La portée est maximale quand \(\sin 2\theta = 1\), soit \(\theta = 45^\circ\). Deux angles complémentaires (30° et 60°, 20° et 70°) donnent la même portée : le tir tendu et le tir en cloche.
Trois tirs à 20 m/s depuis le sol. 30° et 60° ont la même portée (35,3 m) : \(\sin 60^\circ = \sin 120^\circ\). La portée maximale (40,8 m) est obtenue à 45°.
Calcul guidé
Un ballon est frappé depuis le sol à 20 m/s sous 30°. Durée du vol, hauteur maximale, portée ?
Vérification avec la formule : \(400 \sin 60^\circ / 9{,}81 = 35{,}3\ \text{m}\). À 45°, on irait à 40,8 m.
Tir depuis une hauteur
Si le départ est à une hauteur \(h\) (lancer du poids, tir depuis une falaise), la formule de la portée ne s'applique plus. On résout \(y(t) = -h\) (une équation du second degré), on garde la racine positive, puis on calcule \(x\). Le meilleur angle est alors un peu inférieur à 45°.
Erreurs fréquentes
Utiliser \(R = v_0^{2}\sin 2\theta/g\) quand le départ et l'arrivée ne sont pas à la même hauteur.
Croire qu'au sommet la vitesse est nulle : seule \(v_y\) s'annule, \(v_x\) reste.
Calculatrice en radians au lieu de degrés.
Je retiens
Horizontal : MRU. Vertical : chute libre. Le temps est commun aux deux.
Sol plat : \(R = v_0^{2}\sin 2\theta/g\), maximale à 45°.
OS / OC
Viser une cible
Pour atteindre une cible au sol à la distance \(D\), il faut \(\sin 2\theta = gD/v_0^{2}\). Si \(gD > v_0^{2}\), la cible est hors de portée. Sinon, il y a deux solutions : \(2\theta\) et \(180^\circ - 2\theta\), donc deux angles complémentaires.
Calcul guidé
Un canon tire à 25 m/s. La cible est à 50 m. Quels angles ?
Le tir en cloche (64,1°) reste en l'air 4,59 s, le tir tendu 2,22 s.
L'effet de l'air
Avec un frottement quadratique \(\vec f = -k\,m\,|\vec v|\,\vec v\), les deux équations se couplent, car \(|\vec v|\) dépend des deux composantes :
\[ \dot v_x = -k\,|\vec v|\,v_x \]
\[ \dot v_y = -g - k\,|\vec v|\,v_y \]
Il n'y a plus de solution simple. On intègre pas à pas sur ordinateur (méthode d'Euler, puis Runge-Kutta) : c'est ce que fait la simulation quand tu coches « Frottement de l'air ».
Balle de tennis lancée à 30 m/s sous 45°. Sans air : portée 91,7 m, parabole symétrique. Avec frottement quadratique : portée 45,3 m, descente plus raide que la montée. Le meilleur angle devient environ 40°.Université
Parabole de sûreté et angle optimal
Fixons \(v_0\) et cherchons les points \((x, y)\) qu'on peut atteindre. Avec \(u = \tan\theta\) et \(1/\cos^{2}\theta = 1 + u^{2}\), l'équation de la trajectoire devient une équation du second degré en \(u\) :
Elle a une solution si son discriminant est positif. La frontière (discriminant nul) est la parabole de sûreté :
\[ y = \frac{v_0^{2}}{2g} - \frac{g\,x^{2}}{2v_0^{2}} \]
Trajectoires à 10 m/s pour des angles de 15° à 85°. Leur enveloppe est elle-même une parabole : aucun point au-delà ne peut être atteint, quel que soit l'angle.
Depuis une hauteur \(h\), la portée maximale est l'intersection de cette enveloppe avec \(y = -h\), et l'angle optimal vérifie
Pour un lancer du poids à 13 m/s depuis 2,0 m : \(\theta^{*} = 42{,}0^\circ\) et \(R_{\max} = 19{,}1\ \text{m}\). Les athlètes lancent même plus bas (environ 37°), car ils poussent plus fort quand le bras est moins levé : \(v_0\) dépend de \(\theta\).
The principle of independence
Without air, the only acceleration of a projectile is \(\vec g\), which is vertical. So there is no horizontal acceleration. The plane motion splits into two independent straight-line motions, handled with the tools of the previous page:
along \(x\): uniform motion at \(v_{0x} = v_0\cos\theta\);
Projectile: at each instant the velocity \(\vec v\) splits into \(v_x\) (constant) and \(v_y\) (which decreases, vanishes at the top, then becomes negative). The acceleration is \(\vec g\) everywhere.
\[ x(t) = v_0\cos\theta\; t \]
\[ y(t) = v_0\sin\theta\; t - \tfrac12\,g\,t^{2} \]
\[ R = v_0\cos\theta \cdot t_{\text{flight}} = \frac{v_0^{2}\sin 2\theta}{g} \]
The range is largest when \(\sin 2\theta = 1\), so \(\theta = 45^\circ\). Two complementary angles (30° and 60°, 20° and 70°) give the same range: the flat shot and the lob.
Three shots at 20 m/s from the ground. 30° and 60° have the same range (35.3 m): \(\sin 60^\circ = \sin 120^\circ\). The maximum range (40.8 m) is at 45°.
Guided calculation
A ball is kicked from the ground at 20 m/s at 30°. Flight time, maximum height, range?
Check with the formula: \(400 \sin 60^\circ / 9.81 = 35.3\ \text{m}\). At 45° it would go 40.8 m.
Launching from a height
If the launch is at a height \(h\) (shot put, firing from a cliff), the range formula no longer applies. Solve \(y(t) = -h\) (a quadratic equation), keep the positive root, then compute \(x\). The best angle is then a little below 45°.
Common mistakes
Using \(R = v_0^{2}\sin 2\theta/g\) when launch and landing are not at the same height.
Thinking the velocity is zero at the top: only \(v_y\) vanishes, \(v_x\) remains.
Calculator in radians instead of degrees.
Remember
Horizontal: uniform motion. Vertical: free fall. Time is shared by both.
Flat ground: \(R = v_0^{2}\sin 2\theta/g\), largest at 45°.
Advanced
Hitting a target
To reach a target on the ground at distance \(D\), we need \(\sin 2\theta = gD/v_0^{2}\). If \(gD > v_0^{2}\), the target is out of reach. Otherwise there are two solutions: \(2\theta\) and \(180^\circ - 2\theta\), so two complementary angles.
Guided calculation
A cannon fires at 25 m/s. The target is 50 m away. Which angles?
The lob (64.1°) stays in the air for 4.59 s, the flat shot for 2.22 s.
The effect of air
With quadratic drag \(\vec f = -k\,m\,|\vec v|\,\vec v\), the two equations become coupled, because \(|\vec v|\) depends on both components:
\[ \dot v_x = -k\,|\vec v|\,v_x \]
\[ \dot v_y = -g - k\,|\vec v|\,v_y \]
There is no simple solution any more. We integrate step by step on a computer (Euler's method, then Runge-Kutta): that is what the simulation does when you tick "Air resistance".
Tennis ball launched at 30 m/s at 45°. Without air: range 91.7 m, symmetric parabola. With quadratic drag: range 45.3 m, steeper on the way down. The best angle becomes about 40°.University
Safety parabola and optimal angle
Fix \(v_0\) and look for the points \((x, y)\) that can be reached. With \(u = \tan\theta\) and \(1/\cos^{2}\theta = 1 + u^{2}\), the path equation becomes a quadratic equation in \(u\):
For a shot put at 13 m/s from 2.0 m: \(\theta^{*} = 42.0^\circ\) and \(R_{\max} = 19.1\ \text{m}\). Athletes actually release lower (about 37°), because they push harder with the arm less raised: \(v_0\) depends on \(\theta\).
À toi de jouer
Clique sur « Tirer ». Puis change l'angle de tir : quel angle envoie la balle le plus loin ?
Va sur la Lune et tire avec les mêmes réglages. Que se passe-t-il ?
Tire tout droit vers le haut (90°). Où retombe la balle ?
Your turn
Click "Fire". Then change the launch angle: which angle sends the ball furthest?
Go to the Moon and fire with the same settings. What happens?
Fire straight up (90°). Where does the ball land?
À toi de jouer
Avec v₀ = 20 m/s, compare la portée à 30° et à 60°. Surprise ?
Trouve l'angle qui donne la plus grande portée depuis le sol.
Monte la hauteur de départ à 10 m. Le meilleur angle est-il encore le même ?
Your turn
With v₀ = 20 m/s, compare the range at 30° and at 60°. Surprised?
Find the angle that gives the largest range from the ground.
Raise the launch height to 10 m. Is the best angle still the same?
Piste de travail : pendant le vol, observe \(v_x\) et \(v_y\). Laquelle reste constante ? Au sommet, que valent \(v_y\) et l'accélération ? Compare la portée affichée à \(v_0^{2}\sin 2\theta / g\), puis explique pourquoi elle ne s'applique plus si la hauteur de départ n'est pas nulle.
Worksheet idea: during the flight, watch \(v_x\) and \(v_y\). Which one stays constant? At the top, what are \(v_y\) and the acceleration? Compare the range shown with \(v_0^{2}\sin 2\theta / g\), then explain why it no longer applies when the launch height is not zero.
Piste OS / OC : coche « Frottement de l'air ». La trajectoire n'est plus une parabole symétrique : la descente est plus raide que la montée. Cherche le nouvel angle de portée maximale avec v₀ = 30 m/s. Pourquoi est-il plus petit que 45° ?
Advanced idea: tick "Air resistance". The path is no longer a symmetric parabola: the way down is steeper than the way up. Find the new angle of maximum range with v₀ = 30 m/s. Why is it smaller than 45°?
Exemples résolusWorked examples
La bille qui quitte la table
Une bille roule à 3 m/s et quitte une table de 1,2 m de haut.
Au départ, seule la composante \(g\cos\theta\) est normale : \(\rho = v_0^{2}/(g\cos\theta) = 47{,}1\ \text{m}\). La parabole est plus « serrée » au sommet.
The marble leaving the table
A marble rolls at 3 m/s and leaves a table 1.2 m high.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 2 · Cinématique
Le mouvement dans l'espace
Un drone, une vis, un ballon dans le vent : trois coordonnées qui évoluent en même temps. Comment les traiter sans se perdre ?
Chapter 2 · Kinematics
Motion in space
A drone, a screw, a ball in the wind: three coordinates changing at the same time. How do we handle them without getting lost?
Trois nombres pour se situer
Sur une carte, deux nombres suffisent : est-ouest et nord-sud. Mais un drone, un avion ou un oiseau peuvent aussi monter. Il faut un troisième nombre : l'altitude. Un GPS donne d'ailleurs toujours trois nombres : latitude, longitude, altitude.
Dans une pièce, prends un coin du sol comme origine. Un point est repéré par sa distance le long d'un mur (x), le long de l'autre mur (y) et sa hauteur (z). On écrit les trois nombres l'un sous l'autre, en colonne.
Calcul guidé
Un drone décolle, vole 30 m vers l'est, 40 m vers le nord et monte de 120 m. À quelle distance de son point de départ est-il ?
Au sol, on applique Pythagore aux deux déplacements horizontaux.
En une dimension, la distance est une différence. En deux, Pythagore. En trois, Pythagore avec trois carrés.
Je retiens
Dans l'espace, une position se donne avec trois nombres \(x\), \(y\), \(z\), écrits en colonne.
Distance : \(\sqrt{x^{2} + y^{2} + z^{2}}\).
Chaque direction se traite séparément.
Petit lexique
Altitude
hauteur au-dessus d'un niveau de référence.
Coordonnées
les nombres qui situent un point.
Three numbers to locate yourself
On a map, two numbers are enough: east-west and north-south. But a drone, a plane or a bird can also climb. A third number is needed: the altitude. A GPS always gives three numbers: latitude, longitude, altitude.
In a room, take a corner of the floor as origin. A point is located by its distance along one wall (x), along the other wall (y) and its height (z). We write the three numbers one below the other, as a column.
Guided calculation
A drone takes off, flies 30 m east, 40 m north and climbs 120 m. How far is it from its starting point?
On the ground, apply Pythagoras to the two horizontal moves.
In one dimension a distance is a difference. In two, Pythagoras. In three, Pythagoras with three squares.
Remember
In space, a position is given by three numbers \(x\), \(y\), \(z\), written as a column.
Distance: \(\sqrt{x^{2} + y^{2} + z^{2}}\).
Each direction is handled separately.
Word list
Altitude
height above a reference level.
Coordinates
the numbers that locate a point.
Le repère à trois dimensions
Un repère de l'espace est formé d'une origine O et de trois axes perpendiculaires. On les oriente toujours de la même façon, selon la règle de la main droite : les doigts tournent de x vers y, le pouce donne z. Un tel repère est dit direct. Cette convention n'a l'air de rien, mais elle fixe le signe de tous les produits vectoriels (moments de force, moment cinétique).
Repère direct \((O\,;\,x, y, z)\) dessiné en perspective : l'axe x pointe vers toi. Les composantes de \(\vec r\) se lisent en projetant M sur le sol (pointillés), puis sur les axes.
Le vecteur position, le déplacement, la vitesse et l'accélération ont chacun trois composantes :
\[ \vec r = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]\[ \vec v = \begin{pmatrix} v_x \\ v_y \\ v_z \end{pmatrix} \]\[ \vec a = \begin{pmatrix} a_x \\ a_y \\ a_z \end{pmatrix} \]
La norme se calcule avec Pythagore appliqué deux fois :
\[ |\vec r| = \sqrt{x^{2} + y^{2} + z^{2}} \]
L'angle entre \(\vec r\) et chaque axe se lit dans les cosinus directeurs : \(\cos\alpha_x = x/|\vec r|\), \(\cos\alpha_y = y/|\vec r|\), \(\cos\alpha_z = z/|\vec r|\). La somme de leurs carrés vaut toujours 1.
Une composante à la fois
Le grand avantage des composantes : les trois directions sont indépendantes. Les définitions \(\vec v = \Delta\vec r/\Delta t\) et \(\vec a = \Delta\vec v/\Delta t\) se calculent ligne par ligne. Un mouvement en 3D, c'est trois mouvements en 1D qui se déroulent en même temps, avec la même horloge.
Calcul guidé
Un drone passe de la position \(\vec r_1\) à \(t = 0\) à la position \(\vec r_2\) à \(t = 10\ \text{s}\). Déplacement, vitesse moyenne et sa norme ?
Vérification : \(|\Delta\vec r| = \sqrt{3400} = 58{,}3\ \text{m}\) parcourus en 10 s, soit 5,83 m/s.
L'hélice
Un escalier en colimaçon, un toboggan en spirale, la trace d'un point sur une vis qu'on enfonce : ce sont des hélices. On les obtient en ajoutant à un mouvement circulaire uniforme dans le plan horizontal un mouvement uniforme selon l'axe :
Vue de dessus, on voit un cercle. Vue de côté, une sinusoïde. La vitesse a une partie horizontale \(R\omega\), tangente au cercle, et une partie verticale \(v_z\), constante :
\[ |\vec v| = \sqrt{R^{2}\omega^{2} + v_z^{2}} \]
L'accélération vient seulement du mouvement circulaire. Elle est horizontale, dirigée vers l'axe, de norme \(R\omega^{2}\). La montée régulière n'ajoute aucune accélération. La distance verticale entre deux tours est le pas : \(p = v_z\,T = 2\pi v_z/\omega\).
Hélice : un mouvement circulaire uniforme dans le plan horizontal et un mouvement uniforme selon z. La vitesse est tangente à l'hélice, l'accélération reste horizontale et pointe vers l'axe. En pointillés, la partie de l'hélice située derrière l'axe.
Calcul guidé
Un toboggan en spirale a un rayon de 3,0 m. Un enfant fait un tour en 6,0 s et descend de 2,0 m par tour (on suppose sa vitesse constante, le frottement compensant la pente). Vitesse et accélération ?
L'accélération vaut le tiers de g et pousse l'enfant contre la paroi extérieure. La descente ne la change pas.
Le tir dans l'espace
Un ballon tiré avec un vent de côté se déplace dans les trois directions. Avec l'axe x dans la direction du tir au sol, y sur le côté et z vers le haut, et un vent qui donne une accélération constante \(w\) selon y :
La ligne z est exactement celle du tir sans vent : la durée du vol \(2v_0\sin\alpha/g\) ne dépend pas du vent. Le vent ne fait que décaler le point d'impact sur le côté, d'autant plus que le vol est long.
Calcul guidé
Un ballon est tiré à 15 m/s sous 40°, avec un vent latéral qui lui donne \(w = 1{,}5\ \text{m/s}^2\). Point d'impact ?
On vérifie que \(\vec v \cdot \vec a = R^{2}\omega^{3}\sin\cos - R^{2}\omega^{3}\cos\sin + 0 = 0\) : l'accélération est perpendiculaire à la vitesse. La norme de \(\vec v\) est constante, \(a_t = 0\), et toute l'accélération est normale. Le rayon de courbure de l'hélice vaut donc
Il est plus grand que \(R\) : en montant, l'hélice tourne moins vite qu'un cercle. Pour le toboggan, \(R_c = 3{,}16^{2}/3{,}29 = 3{,}03\ \text{m}\), à peine plus que 3,0 m.
Calcul guidé
Un mobile a pour position \(\vec r(t) = \begin{pmatrix} 2t \\ t^{2} \\ 3 - t^{2} \end{pmatrix}\) (SI). À \(t = 1\ \text{s}\) : vitesse, accélération, \(a_t\), \(a_n\) ?
Contrôle : \(|\vec v \times \vec a| = 5{,}66\) et \(v^{3}/|\vec v \times \vec a| = 41{,}6/5{,}66 = 7{,}35\ \text{m}\).
Université
Coordonnées cylindriques et sphériques
Pour l'hélice, les coordonnées cylindriques \((\rho, \varphi, z)\) sont naturelles. Avec la base mobile \((\vec e_\rho, \vec e_\varphi, \vec e_z)\), on a \(\vec r = \rho\,\vec e_\rho + z\,\vec e_z\) et, comme en polaires,
Pour l'hélice (\(\rho = R\), \(\dot\varphi = \omega\), \(\dot z = v_z\)) on lit immédiatement \(\vec v = R\omega\,\vec e_\varphi + v_z\,\vec e_z\) et \(\vec a = -R\omega^{2}\,\vec e_\rho\). En sphériques \((r, \theta, \varphi)\), utiles pour les orbites et les champs centraux, \(\vec v = \dot r\,\vec e_r + r\dot\theta\,\vec e_\theta + r\sin\theta\,\dot\varphi\,\vec e_\varphi\).
Une courbe de l'espace a une courbure \(\kappa = |\vec v \times \vec a|/v^{3}\) et une torsion \(\tau\), qui mesure comment elle quitte son plan osculateur. Pour l'hélice paramétrée par l'angle, \(\kappa = R/(R^{2} + b^{2})\) et \(\tau = b/(R^{2} + b^{2})\), avec \(b = v_z/\omega\) : toutes deux constantes. L'hélice est la seule courbe dont la courbure et la torsion sont constantes et non nulles.
The three-dimensional frame
A frame in space is made of an origin O and three perpendicular axes. They are always oriented the same way, by the right-hand rule: the fingers curl from x towards y, the thumb gives z. Such a frame is called right-handed. This convention looks harmless, but it fixes the sign of every cross product (torques, angular momentum).
Right-handed frame \((O\,;\,x, y, z)\) drawn in perspective: the x axis points towards you. The components of \(\vec r\) are read by projecting M onto the floor (dashes), then onto the axes.
The position vector, the displacement, the velocity and the acceleration each have three components:
\[ \vec r = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]\[ \vec v = \begin{pmatrix} v_x \\ v_y \\ v_z \end{pmatrix} \]\[ \vec a = \begin{pmatrix} a_x \\ a_y \\ a_z \end{pmatrix} \]
The magnitude is found with Pythagoras applied twice:
\[ |\vec r| = \sqrt{x^{2} + y^{2} + z^{2}} \]
The angle between \(\vec r\) and each axis is given by the direction cosines: \(\cos\alpha_x = x/|\vec r|\), \(\cos\alpha_y = y/|\vec r|\), \(\cos\alpha_z = z/|\vec r|\). The sum of their squares is always 1.
One component at a time
The great advantage of components: the three directions are independent. The definitions \(\vec v = \Delta\vec r/\Delta t\) and \(\vec a = \Delta\vec v/\Delta t\) are computed row by row. A 3D motion is three 1D motions happening at the same time, with the same clock.
Guided calculation
A drone goes from position \(\vec r_1\) at \(t = 0\) to position \(\vec r_2\) at \(t = 10\ \text{s}\). Displacement, average velocity and its magnitude?
Check: \(|\Delta\vec r| = \sqrt{3400} = 58.3\ \text{m}\) covered in 10 s, that is 5.83 m/s.
The helix
A spiral staircase, a spiral slide, the track of a point on a screw being driven in: these are helices. We get one by adding, to uniform circular motion in the horizontal plane, uniform motion along the axis:
From above, you see a circle. From the side, a sine curve. The velocity has a horizontal part \(R\omega\), tangent to the circle, and a constant vertical part \(v_z\):
\[ |\vec v| = \sqrt{R^{2}\omega^{2} + v_z^{2}} \]
The acceleration comes only from the circular motion. It is horizontal, points to the axis, with magnitude \(R\omega^{2}\). The steady climb adds no acceleration. The vertical distance between two turns is the pitch: \(p = v_z\,T = 2\pi v_z/\omega\).
Helix: uniform circular motion in the horizontal plane and uniform motion along z. The velocity is tangent to the helix, the acceleration stays horizontal and points to the axis. Dashed: the part of the helix behind the axis.
Guided calculation
A spiral slide has a radius of 3.0 m. A child makes one turn in 6.0 s and goes down 2.0 m per turn (we assume constant speed, friction balancing the slope). Velocity and acceleration?
The acceleration is a third of g and presses the child against the outer wall. Going down does not change it.
Throwing in space
A ball kicked in a side wind moves in all three directions. With the x axis along the direction of the kick on the ground, y to the side and z upwards, and a wind that gives a constant acceleration \(w\) along y:
The z row is exactly that of the throw without wind: the flight time \(2v_0\sin\alpha/g\) does not depend on the wind. The wind only shifts the landing point sideways, more so the longer the flight.
Guided calculation
A ball is kicked at 15 m/s at 40°, with a side wind giving it \(w = 1.5\ \text{m/s}^2\). Landing point?
Check that \(\vec v \cdot \vec a = R^{2}\omega^{3}\sin\cos - R^{2}\omega^{3}\cos\sin + 0 = 0\): the acceleration is perpendicular to the velocity. The speed is constant, \(a_t = 0\), and the whole acceleration is normal. The radius of curvature of the helix is therefore
It is larger than \(R\): by climbing, the helix turns less sharply than a circle. For the slide, \(R_c = 3.16^{2}/3.29 = 3.03\ \text{m}\), just above 3.0 m.
Guided calculation
An object has position \(\vec r(t) = \begin{pmatrix} 2t \\ t^{2} \\ 3 - t^{2} \end{pmatrix}\) (SI). At \(t = 1\ \text{s}\): velocity, acceleration, \(a_t\), \(a_n\)?
Check: \(|\vec v \times \vec a| = 5.66\) and \(v^{3}/|\vec v \times \vec a| = 41.6/5.66 = 7.35\ \text{m}\).
University
Cylindrical and spherical coordinates
For the helix, cylindrical coordinates \((\rho, \varphi, z)\) are natural. With the moving basis \((\vec e_\rho, \vec e_\varphi, \vec e_z)\), we have \(\vec r = \rho\,\vec e_\rho + z\,\vec e_z\) and, as in polar coordinates,
For the helix (\(\rho = R\), \(\dot\varphi = \omega\), \(\dot z = v_z\)) we read at once \(\vec v = R\omega\,\vec e_\varphi + v_z\,\vec e_z\) and \(\vec a = -R\omega^{2}\,\vec e_\rho\). In spherical coordinates \((r, \theta, \varphi)\), useful for orbits and central fields, \(\vec v = \dot r\,\vec e_r + r\dot\theta\,\vec e_\theta + r\sin\theta\,\dot\varphi\,\vec e_\varphi\).
A space curve has a curvature \(\kappa = |\vec v \times \vec a|/v^{3}\) and a torsion \(\tau\), which measures how it leaves its osculating plane. For the helix parametrised by the angle, \(\kappa = R/(R^{2} + b^{2})\) and \(\tau = b/(R^{2} + b^{2})\), with \(b = v_z/\omega\): both constant. The helix is the only curve with constant, non-zero curvature and torsion.
À toi de jouer
Choisis « Hélice ». Glisse sur la scène pour tourner la vue. Regarde l'hélice exactement d'en haut : que vois-tu ? Puis de côté.
Mets la vitesse de montée à 0. Quel mouvement reste-t-il ?
Choisis « Tir 3D » et mets le vent à 0. Quelle forme a l'ombre au sol ? Remets du vent et compare.
Your turn
Choose "Helix". Drag on the stage to rotate the view. Look at the helix exactly from above: what do you see? Then from the side.
Set the climb speed to 0. What motion is left?
Choose "3D throw" and set the wind to 0. What shape is the shadow on the ground? Add wind again and compare.
Piste de travail : hélice. Note R, les tours par seconde et \(v_z\). Calcule \(\omega = 2\pi f\), puis \(|\vec v| = \sqrt{R^{2}\omega^{2} + v_z^{2}}\) et \(|\vec a| = R\omega^{2}\). Compare avec les lectures (colonnes \(\vec v\) et \(\vec a\)). Change \(v_z\) : \(\vec a\) change-t-elle ? Tir 3D : prédis la durée du vol et le point d'impact pour un vent de 0, puis de 2 m/s². La durée change-t-elle ?
Worksheet idea: helix. Note R, the turns per second and \(v_z\). Compute \(\omega = 2\pi f\), then \(|\vec v| = \sqrt{R^{2}\omega^{2} + v_z^{2}}\) and \(|\vec a| = R\omega^{2}\). Compare with the readings (columns \(\vec v\) and \(\vec a\)). Change \(v_z\): does \(\vec a\) change? 3D throw: predict the flight time and the landing point for a wind of 0, then 2 m/s². Does the time change?
Exemples résolusWorked examples
Distance entre deux avions
Deux avions sont repérés par un radar (en km) : \(\vec r_A\) et \(\vec r_B\).
En route, les avions doivent être séparés d'au moins 5 milles nautiques (9,3 km) à l'horizontale ou 300 m (1000 pieds) à la verticale. Ici, 5,0 km à l'horizontale et 200 m à la verticale : ils sont trop proches.
Le pas d'une hélice
Une hélice de rayon 0,50 m est parcourue à 2,0 tours/s avec \(v_z = 0{,}30\ \text{m/s}\).
\[ p = \frac{v_z}{f} = \frac{0{,}30}{2{,}0} = 0{,}15\ \text{m} \]
En route, planes must be separated by at least 5 nautical miles (9.3 km) horizontally or 300 m (1000 ft) vertically. Here, 5.0 km horizontally and 200 m vertically: they are too close.
The pitch of a helix
A helix of radius 0.50 m is followed at 2.0 turns/s with \(v_z = 0.30\ \text{m/s}\).
\[ p = \frac{v_z}{f} = \frac{0.30}{2.0} = 0.15\ \text{m} \]
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 2 · Cinématique
Le mouvement circulaire
Tourner à vitesse constante, c'est accélérer. Vers où, et de combien ?
Chapter 2 · Kinematics
Circular motion
Turning at constant speed means accelerating. In which direction, and by how much?
Sur un manège, tu tournes en rond. Un tour, puis un autre, toujours au même rythme. Pourtant, ta direction change sans arrêt : tu vas vers la gauche, puis vers l'avant, puis vers la droite…
Au bord ou au centre ?
Deux enfants sont sur le même manège : l'un tout au bord, l'autre près du centre. En un tour, celui du bord parcourt un bien plus grand cercle. Comme le tour dure le même temps pour les deux, il va plus vite.
Si on lâche tout
Fais tourner une balle au bout d'une ficelle. Si la ficelle casse, la balle ne continue pas en rond : elle part tout droit, dans la direction où elle allait. C'est la ficelle qui l'obligeait à tourner.
Expérience
Fais rouler une bille à l'intérieur d'une assiette à bord relevé, en la poussant pour qu'elle tourne le long du bord.
Soulève brusquement l'assiette d'un côté pour laisser sortir la bille (ou utilise un cercle de carton ouvert).
Dans quelle direction la bille part-elle quand elle n'est plus retenue ?
Je retiens
En tournant, la direction change tout le temps.
Plus on est loin du centre, plus on va vite.
Si plus rien ne retient l'objet, il part tout droit.
Petit lexique
Tour
un cercle complet.
Centre
le point autour duquel on tourne.
Rayon
la distance entre le centre et le bord.
On a merry-go-round you go round and round. One turn, then another, always at the same pace. Yet your direction keeps changing: you go left, then forward, then right…
At the edge or near the centre?
Two children are on the same merry-go-round: one right at the edge, the other near the centre. In one turn, the one at the edge covers a much bigger circle. Since the turn takes the same time for both, that child goes faster.
If you let go
Whirl a ball on a string. If the string breaks, the ball does not keep going round: it flies off straight, in the direction it was going. The string was forcing it to turn.
Experiment
Roll a marble inside a plate with a raised rim, pushing it so it goes round along the rim.
Use a cardboard ring with a gap so the marble can get out.
Which way does the marble go when it is no longer held?
Remember
When turning, the direction changes all the time.
The further from the centre, the faster you go.
If nothing holds the object any more, it goes straight.
Word list
Turn
one full circle.
Centre
the point you turn around.
Radius
the distance from the centre to the edge.
Période et fréquence
Un mouvement circulaire est uniforme (MCU) quand l'objet tourne toujours au même rythme. La période \(T\) est la durée d'un tour. La fréquence \(f\) est le nombre de tours par seconde, en hertz (Hz) :
\[ f = \frac{1}{T} \]
La vitesse
En un tour, l'objet parcourt la circonférence \(2\pi R\) pendant la durée \(T\) :
\[ v = \frac{2\pi R}{T} \]
Calcul guidé
Une roue de vélo de rayon 0,35 m fait 180 tours par minute. Quelle est la vitesse du vélo ?
Durée d'un tour.
\[ T = \frac{60\ \text{s}}{180} = 0{,}333\ \text{s} \]
Vitesse d'un point du pneu, donc du vélo.
\[ v = \frac{2\pi \cdot 0{,}35}{0{,}333} = 6{,}6\ \text{m/s} \]
En km/h.
\[ 6{,}6 \cdot 3{,}6 = 23{,}8\ \text{km/h} \]
Une vitesse normale pour un cycliste.
Une accélération vers le centre
Même à vitesse constante, tourner c'est changer de direction. Il y a donc une accélération. Elle pointe vers le centre du cercle et vaut
\[ a = \frac{v^{2}}{R} \]
À vitesse double, elle est quatre fois plus grande. Dans un virage plus serré (\(R\) plus petit), elle est plus grande aussi.
Je retiens
\(T\) : durée d'un tour. \(f = 1/T\) : tours par seconde.
\(v = 2\pi R / T\).
Accélération vers le centre : \(a = v^{2}/R\).
Petit lexique
MCU
mouvement circulaire uniforme.
Période
durée d'un tour.
Fréquence
nombre de tours par seconde (Hz).
Centripète
dirigé vers le centre.
Period and frequency
Circular motion is uniform when the object always turns at the same rate. The period \(T\) is the time for one turn. The frequency \(f\) is the number of turns per second, in hertz (Hz):
\[ f = \frac{1}{T} \]
Speed
In one turn the object covers the circumference \(2\pi R\) in the time \(T\):
\[ v = \frac{2\pi R}{T} \]
Guided calculation
A bike wheel of radius 0.35 m makes 180 turns per minute. How fast is the bike going?
Time for one turn.
\[ T = \frac{60\ \text{s}}{180} = 0.333\ \text{s} \]
Speed of a point on the tyre, so of the bike.
\[ v = \frac{2\pi \cdot 0.35}{0.333} = 6.6\ \text{m/s} \]
In km/h.
\[ 6.6 \cdot 3.6 = 23.8\ \text{km/h} \]
A normal speed for a cyclist.
An acceleration towards the centre
Even at constant speed, turning means changing direction. So there is an acceleration. It points to the centre of the circle and equals
\[ a = \frac{v^{2}}{R} \]
At twice the speed it is four times larger. In a tighter bend (smaller \(R\)) it is larger too.
Remember
\(T\): time for one turn. \(f = 1/T\): turns per second.
\(v = 2\pi R / T\).
Acceleration towards the centre: \(a = v^{2}/R\).
Word list
Uniform circular motion
turning at a steady rate.
Period
time for one turn.
Frequency
number of turns per second (Hz).
Centripetal
pointing to the centre.
Grandeurs angulaires
Sur un cercle de rayon \(R\), on repère la position par un angle \(\theta\), en radians. Par définition, l'arc parcouru vaut \(s = R\,\theta\). Un tour complet correspond à \(2\pi\) rad.
La vitesse angulaire \(\omega\) est l'angle balayé par seconde, en rad/s. En MCU elle est constante :
\[ \omega = \frac{\Delta\theta}{\Delta t} = \frac{2\pi}{T} = 2\pi f \]\[ v = \omega R \]
Tous les points d'un disque rigide ont le même \(\omega\), mais leur vitesse \(v = \omega R\) croît avec la distance à l'axe.
L'accélération centripète : la démonstration
En MCU, la norme de la vitesse ne change pas, mais sa direction tourne. Prenons deux positions A et B séparées par un petit angle \(\Delta\theta\), parcouru en \(\Delta t\). Les vitesses \(\vec v_A\) et \(\vec v_B\) sont perpendiculaires aux rayons CA et CB : elles font donc entre elles le même angle \(\Delta\theta\).
À gauche : deux positions A et B sur le cercle, séparées de \(\Delta\theta\). À droite : les deux vitesses, de même norme \(v\), mises au même point. \(\Delta\vec v\) pointe vers le centre. Les deux triangles isocèles ont le même angle au sommet, donc \(|\Delta\vec v|/v = AB/R\).
Le triangle (C, A, B) et le triangle des vitesses sont deux triangles isocèles de même angle au sommet. Ils sont semblables :
\[ \frac{|\Delta\vec v|}{v} = \frac{AB}{R} \]
Pour un petit intervalle, la corde AB est presque égale à l'arc \(v\,\Delta t\). En divisant par \(\Delta t\) :
Et la direction ? Quand \(\Delta\theta \to 0\), \(\Delta\vec v\) devient perpendiculaire à \(\vec v\), tournée vers l'intérieur : vers le centre. D'où le nom d'accélération centripète :
\[ a_c = \frac{v^{2}}{R} = \omega^{2} R \]
Calcul guidé
La Station spatiale tourne autour de la Terre sur un cercle de rayon \(6{,}78 \cdot 10^{6}\ \text{m}\), en 92,7 min. Vitesse ? Accélération ?
Près de 28 000 km/h. L'accélération vaut presque g : la Station tombe sans cesse vers la Terre. C'est la valeur de la pesanteur à 400 km d'altitude (chapitre Gravitation).
Quand la rotation accélère : le MCUA
Une centrifugeuse qui démarre, une roue de vélo qui freine, un manège qui se lance : la trajectoire reste un cercle, mais le rythme change. Si la vitesse angulaire varie de la même quantité à chaque seconde, le mouvement est circulaire uniformément accéléré (MCUA). La grandeur constante est l'accélération angulaire, en rad/s² :
\[ \alpha = \frac{\Delta\omega}{\Delta t} \]
Toute la cinématique du MRUA se transporte telle quelle. On remplace la position \(x\) par l'angle \(\theta\), la vitesse \(v\) par \(\omega\), l'accélération \(a\) par \(\alpha\) :
MRUA (droite)
MCUA (cercle)
\(v = v_0 + a\,t\)
\(\omega = \omega_0 + \alpha\,t\)
\(x = x_0 + v_0 t + \tfrac12 a t^{2}\)
\(\theta = \theta_0 + \omega_0 t + \tfrac12 \alpha t^{2}\)
Le lien avec le point qui tourne se fait toujours par le rayon : \(s = R\,\theta\), \(v = R\,\omega\).
MCUA : la vitesse angulaire croît linéairement, \(\omega = \omega_0 + \alpha t\). L'angle balayé est l'aire du trapèze, \(\Delta\theta = \omega_0 t + \tfrac12\alpha t^{2}\). C'est exactement le graphique \(v(t)\) du MRUA, avec d'autres lettres.
Deux accélérations à la fois
Le point qui tourne a maintenant deux raisons d'accélérer. Sa vitesse change de norme : c'est l'accélération tangentielle, le long du cercle. Sa vitesse change de direction : c'est l'accélération normale (centripète), vers le centre. Elles sont perpendiculaires :
\(\beta\) est l'angle entre l'accélération et le rayon dirigé vers le centre. Au démarrage, \(\omega = 0\) : l'accélération est purement tangentielle (\(\beta = 90^\circ\)). Ensuite \(a_t\) reste constante, mais \(a_n\) grandit comme \(\omega^{2}\), donc comme \(t^{2}\) : l'accélération se tourne de plus en plus vers le centre.
Calcul guidé
Une centrifugeuse de laboratoire part du repos et atteint 6000 tours par minute en 12 s, à accélération angulaire constante. Les tubes sont à \(R = 8{,}0\ \text{cm}\) de l'axe. Que valent \(\alpha\), le nombre de tours pendant le démarrage, puis \(a_t\) et \(a_n\) à la fin ?
Vérification : vitesse moyenne 50 tours/s pendant 12 s, donc 600 tours. À la fin, \(a_n\) vaut environ 3200 g, alors que \(a_t\) reste inférieure à g : l'accélération est presque exactement centripète.
Calcul guidé
Un vélo roule à 7,0 m/s. Le cycliste freine et s'arrête en 4,0 s, avec une décélération constante. Les roues ont un rayon de 0,35 m. Combien de tours fait chaque roue pendant le freinage ? Quelle distance le vélo parcourt-il ?
Vitesse angulaire initiale d'une roue (roulement sans glisser : \(v = R\omega\)).
Le premier terme est tangent : \(a_t = R\ddot\theta = R\alpha\), où \(\alpha\) est l'accélération angulaire. Le second pointe vers le centre : \(a_n = R\omega^{2}\). En MCU, \(\alpha = 0\) et on retrouve \(\vec a = -\omega^{2}\vec r\).
Mouvement circulaire accéléré : \(\vec a\) n'est plus dirigée vers le centre. Sa composante tangentielle change la vitesse, sa composante normale change la direction.
Calcul guidé
Un manège démarre avec \(\alpha = 0{,}20\ \text{rad/s}^2\). Un enfant est assis à 4,0 m de l'axe. À \(t = 5{,}0\ \text{s}\), que vaut son accélération ?
Au démarrage, \(a\) est surtout tangentielle. Très vite, la composante normale l'emporte, car elle croît comme \(t^{2}\).
Université
Écriture vectorielle et lien avec l'oscillateur
Pour une rotation autour d'un axe fixe de vecteur rotation \(\vec\omega\), la vitesse d'un point du solide est \(\vec v = \vec\omega \times \vec r\). En dérivant :
\[ \vec a = \dot{\vec\omega} \times \vec r + \vec\omega \times (\vec\omega \times \vec r) \]
Le premier terme est tangentiel, le second vaut \(-\omega^{2}\vec r_\perp\), où \(\vec r_\perp\) est la composante de \(\vec r\) perpendiculaire à l'axe : c'est l'accélération centripète.
Projeté sur un diamètre, un MCU donne \(x(t) = R\cos(\omega t + \varphi)\), avec \(\ddot x = -\omega^{2}x\). C'est exactement l'équation de l'oscillateur harmonique : un ressort idéal est l'ombre d'un mouvement circulaire uniforme. Cette remarque est à la base de la représentation de Fresnel et des nombres complexes en physique des oscillations.
Angular quantities
On a circle of radius \(R\), the position is given by an angle \(\theta\), in radians. By definition, the arc length is \(s = R\,\theta\). One full turn is \(2\pi\) rad.
The angular velocity \(\omega\) is the angle swept per second, in rad/s. In uniform circular motion it is constant:
\[ \omega = \frac{\Delta\theta}{\Delta t} = \frac{2\pi}{T} = 2\pi f \]\[ v = \omega R \]
All points of a rigid disc share the same \(\omega\), but their speed \(v = \omega R\) grows with the distance to the axis.
Centripetal acceleration: the proof
In uniform circular motion the magnitude of the velocity does not change, but its direction turns. Take two positions A and B separated by a small angle \(\Delta\theta\), covered in \(\Delta t\). The velocities \(\vec v_A\) and \(\vec v_B\) are perpendicular to the radii CA and CB: so they make the same angle \(\Delta\theta\) with each other.
Left: two positions A and B on the circle, separated by \(\Delta\theta\). Right: the two velocities, of equal magnitude \(v\), drawn from the same point. \(\Delta\vec v\) points to the centre. Both isosceles triangles have the same apex angle, so \(|\Delta\vec v|/v = AB/R\).
The triangle (C, A, B) and the velocity triangle are two isosceles triangles with the same apex angle. They are similar:
\[ \frac{|\Delta\vec v|}{v} = \frac{AB}{R} \]
For a short interval, the chord AB is almost equal to the arc \(v\,\Delta t\). Dividing by \(\Delta t\):
And the direction? As \(\Delta\theta \to 0\), \(\Delta\vec v\) becomes perpendicular to \(\vec v\), turned inwards: towards the centre. Hence the name centripetal acceleration:
\[ a_c = \frac{v^{2}}{R} = \omega^{2} R \]
Guided calculation
The Space Station circles the Earth on a circle of radius \(6.78 \times 10^{6}\ \text{m}\), in 92.7 min. Speed? Acceleration?
Nearly 28,000 km/h. The acceleration is almost g: the Station keeps falling towards the Earth. It is the value of gravity at 400 km altitude (Gravitation chapter).
When the rotation speeds up: uniformly accelerated circular motion
A centrifuge starting up, a bike wheel braking, a merry-go-round getting going: the path is still a circle, but the pace changes. If the angular velocity changes by the same amount every second, the motion is uniformly accelerated circular motion. The constant quantity is the angular acceleration, in rad/s²:
\[ \alpha = \frac{\Delta\omega}{\Delta t} \]
All the kinematics of uniform acceleration carries over unchanged. Replace the position \(x\) by the angle \(\theta\), the velocity \(v\) by \(\omega\), the acceleration \(a\) by \(\alpha\):
Straight line
Circle
\(v = v_0 + a\,t\)
\(\omega = \omega_0 + \alpha\,t\)
\(x = x_0 + v_0 t + \tfrac12 a t^{2}\)
\(\theta = \theta_0 + \omega_0 t + \tfrac12 \alpha t^{2}\)
The link with the turning point is always made through the radius: \(s = R\,\theta\), \(v = R\,\omega\).
Uniformly accelerated circular motion: the angular velocity grows linearly, \(\omega = \omega_0 + \alpha t\). The angle swept is the area of the trapezium, \(\Delta\theta = \omega_0 t + \tfrac12\alpha t^{2}\). It is exactly the \(v(t)\) graph of uniform acceleration, with other letters.
Two accelerations at once
The turning point now has two reasons to accelerate. Its speed changes: that is the tangential acceleration, along the circle. Its direction changes: that is the normal (centripetal) acceleration, towards the centre. They are perpendicular:
\(\beta\) is the angle between the acceleration and the radius pointing to the centre. At start-up, \(\omega = 0\): the acceleration is purely tangential (\(\beta = 90^\circ\)). Then \(a_t\) stays constant, but \(a_n\) grows like \(\omega^{2}\), so like \(t^{2}\): the acceleration turns more and more towards the centre.
Guided calculation
A lab centrifuge starts from rest and reaches 6000 turns per minute in 12 s, with constant angular acceleration. The tubes are \(R = 8.0\ \text{cm}\) from the axis. Find \(\alpha\), the number of turns during start-up, then \(a_t\) and \(a_n\) at the end.
Check: average rate 50 turns/s for 12 s, so 600 turns. At the end, \(a_n\) is about 3200 g while \(a_t\) stays below g: the acceleration is almost exactly centripetal.
Guided calculation
A bike rides at 7.0 m/s. The rider brakes and stops in 4.0 s, with constant deceleration. The wheels have a radius of 0.35 m. How many turns does each wheel make while braking? How far does the bike go?
Initial angular velocity of a wheel (rolling without slipping: \(v = R\omega\)).
\(a_t = R\alpha\) and \(a_n = R\omega^{2}\) are perpendicular: \(a = \sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}}\).
Advanced
Derivation by differentiation
With the centre as origin, \(\vec r = R\begin{pmatrix} \cos\theta \\ \sin\theta \end{pmatrix}\). Differentiate, remembering that \(\theta\) depends on \(t\):
\[ \vec v = R\dot\theta\begin{pmatrix} -\sin\theta \\ \cos\theta \end{pmatrix} \]
The first term is tangent: \(a_t = R\ddot\theta = R\alpha\), where \(\alpha\) is the angular acceleration. The second points to the centre: \(a_n = R\omega^{2}\). In uniform motion, \(\alpha = 0\) and we recover \(\vec a = -\omega^{2}\vec r\).
Accelerated circular motion: \(\vec a\) no longer points to the centre. Its tangential component changes the speed, its normal component changes the direction.
Guided calculation
A merry-go-round starts with \(\alpha = 0.20\ \text{rad/s}^2\). A child sits 4.0 m from the axis. At \(t = 5.0\ \text{s}\), what is her acceleration?
At start-up, \(a\) is mostly tangential. Very soon the normal component wins, since it grows like \(t^{2}\).
University
Vector form and link with the oscillator
For a rotation about a fixed axis with angular velocity vector \(\vec\omega\), the velocity of a point of the body is \(\vec v = \vec\omega \times \vec r\). Differentiating:
\[ \vec a = \dot{\vec\omega} \times \vec r + \vec\omega \times (\vec\omega \times \vec r) \]
The first term is tangential, the second equals \(-\omega^{2}\vec r_\perp\), where \(\vec r_\perp\) is the component of \(\vec r\) perpendicular to the axis: the centripetal acceleration.
Projected onto a diameter, uniform circular motion gives \(x(t) = R\cos(\omega t + \varphi)\), with \(\ddot x = -\omega^{2}x\). This is exactly the harmonic oscillator equation: an ideal spring is the shadow of uniform circular motion. This remark underlies phasors and complex numbers in the physics of oscillations.
\[ a = \frac{465^{2}}{6{,}371 \cdot 10^{6}} = 0{,}034\ \text{m/s}^2 \]
Plus de 1600 km/h, sans qu'on le sente : seule l'accélération se ressent, et elle ne vaut que 0,3 % de g.
Le manège qui se lance
Un manège de rayon 5,0 m passe du repos à 0,25 tour/s en 10 s, à accélération angulaire constante. Accélération d'un enfant assis au bord à \(t = 10\ \text{s}\) ?
\[ a = \frac{465^{2}}{6.371 \times 10^{6}} = 0.034\ \text{m/s}^2 \]
Over 1600 km/h, without feeling it: only acceleration is felt, and it is only 0.3 % of g.
The merry-go-round getting going
A merry-go-round of radius 5.0 m goes from rest to 0.25 turn/s in 10 s, with constant angular acceleration. Acceleration of a child at the edge at \(t = 10\ \text{s}\)?
\[ v = \frac{2\pi \cdot 5}{8} = 3{,}93\ \text{m/s} \]
\[ a = \frac{3{,}93^{2}}{5} = 3{,}08\ \text{m/s}^2 \]
Fréquence d'une essoreuse
Un tour en 0,2 s.
\[ f = \frac{1}{0{,}2} = 5\ \text{Hz} \]
5 tours par seconde, soit 300 tours par minute.
The merry-go-round
Radius 5 m, one turn in 8 s.
\[ v = \frac{2\pi \cdot 5}{8} = 3.93\ \text{m/s} \]
\[ a = \frac{3.93^{2}}{5} = 3.08\ \text{m/s}^2 \]
Frequency of a salad spinner
One turn in 0.2 s.
\[ f = \frac{1}{0.2} = 5\ \text{Hz} \]
5 turns per second, that is 300 turns per minute.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 2 · Cinématique
Le mouvement quelconque
Sur une route qui tourne et où l'on accélère, comment séparer ce qui change la vitesse de ce qui change la direction ?
Chapter 2 · Kinematics
General curved motion
On a winding road where you speed up, how do we separate what changes the speed from what changes the direction?
Sur une route de montagne, les virages se suivent. Le compteur peut rester sur 50 km/h, et pourtant ton mouvement change sans arrêt : tu tournes à gauche, puis à droite.
Changer de vitesse ou changer de direction
Il y a deux façons de modifier un mouvement. On peut aller plus vite ou moins vite : c'est ce que montre le compteur. On peut aussi changer de direction : c'est ce que fait le volant. Pour un physicien, les deux sont des accélérations.
Un virage serré est plus difficile à prendre qu'un virage large, surtout si on va vite. C'est pour ça que les panneaux demandent de ralentir avant les virages dangereux.
Expérience
Sur un vélo, roule doucement en ligne droite, puis prends un virage large, puis un virage serré, toujours à la même vitesse.
Dans lequel dois-tu le plus te pencher ?
Recommence plus vite : que se passe-t-il ?
Je retiens
Changer de direction, c'est aussi accélérer.
Un virage serré demande plus d'effort qu'un virage large.
Plus on va vite, plus le virage est difficile.
Petit lexique
Virage
partie de route qui tourne.
Virage serré
virage qui tourne beaucoup sur peu de distance.
On a mountain road, bends follow one another. The speedometer can stay at 50 km/h, yet your motion keeps changing: you turn left, then right.
Changing speed or changing direction
There are two ways to change a motion. You can go faster or slower: that is what the speedometer shows. You can also change direction: that is what the steering wheel does. For a physicist, both are accelerations.
A tight bend is harder to take than a wide one, especially at speed. That is why signs ask you to slow down before dangerous bends.
Experiment
On a bike, ride slowly in a straight line, then take a wide bend, then a tight one, always at the same speed.
In which one do you have to lean the most?
Try again faster: what happens?
Remember
Changing direction is also accelerating.
A tight bend takes more effort than a wide one.
The faster you go, the harder the bend.
Word list
Bend
part of a road that turns.
Tight bend
a bend that turns a lot over a short distance.
Deux flèches pour l'accélération
Dans un virage, l'accélération peut avoir deux parties :
une partie le long de la route, qui fait accélérer ou freiner ;
une partie vers l'intérieur du virage, qui fait tourner.
La partie qui fait tourner vaut, comme pour un cercle,
\[ a = \frac{v^{2}}{R} \]
où \(R\) est le rayon du virage : petit pour un virage serré, grand pour un virage large. Sur une ligne droite, \(R\) est infini et cette partie disparaît.
Calcul guidé
Une voiture prend un virage de rayon 50 m à 54 km/h constants. Quelle est son accélération ?
On convertit la vitesse.
\[ v = \frac{54}{3{,}6} = 15\ \text{m/s} \]
Vitesse constante : seule la partie qui fait tourner existe.
\[ a = \frac{v^{2}}{R} = \frac{15^{2}}{50} = 4{,}5\ \text{m/s}^{2} \]
C'est presque la moitié de g. À 72 km/h dans le même virage, on aurait 8 m/s² : la limite d'adhérence sur route sèche.
Je retiens
Accélération le long de la route : la vitesse change.
Accélération vers l'intérieur : la direction change, \(a = v^{2}/R\).
Les deux peuvent exister en même temps.
Petit lexique
Rayon de courbure
rayon du cercle qui épouse le virage.
Accélération normale
partie de l'accélération qui fait tourner.
Two arrows for the acceleration
In a bend, the acceleration can have two parts:
a part along the road, which speeds up or slows down;
a part towards the inside of the bend, which makes you turn.
The turning part equals, as for a circle,
\[ a = \frac{v^{2}}{R} \]
where \(R\) is the radius of the bend: small for a tight bend, large for a wide one. On a straight line, \(R\) is infinite and this part disappears.
Guided calculation
A car takes a bend of radius 50 m at a constant 54 km/h. What is its acceleration?
Convert the speed.
\[ v = \frac{54}{3.6} = 15\ \text{m/s} \]
Constant speed: only the turning part exists.
\[ a = \frac{v^{2}}{R} = \frac{15^{2}}{50} = 4.5\ \text{m/s}^{2} \]
Almost half of g. At 72 km/h in the same bend it would be 8 m/s²: the grip limit on a dry road.
Remember
Acceleration along the road: the speed changes.
Acceleration towards the inside: the direction changes, \(a = v^{2}/R\).
Both can exist at the same time.
Word list
Radius of curvature
radius of the circle that fits the bend.
Normal acceleration
the part of the acceleration that makes you turn.
Le cercle osculateur
Une trajectoire quelconque n'est ni droite ni circulaire. Mais si on regarde un tout petit morceau autour d'un point M, il ressemble à un arc de cercle. Ce cercle, qui « embrasse » au mieux la courbe en M, est le cercle osculateur. Son rayon \(\rho\) est le rayon de courbure, son centre le centre de courbure. Une courbe serrée a un petit \(\rho\). Une ligne droite a \(\rho = \infty\).
Accélération tangentielle et normale
En M, on utilise deux directions naturelles : la tangente (le long de \(\vec v\)) et la normale (vers le centre de courbure). L'accélération se décompose ainsi :
En chaque point, la trajectoire ressemble à un petit arc du cercle osculateur, de rayon \(\rho\). L'accélération se décompose en \(a_t\) le long de la vitesse et \(a_n = v^{2}/\rho\) vers le centre de courbure.
Chaque composante a un rôle précis. \(a_t\) change la norme de la vitesse : elle est positive quand on accélère, négative quand on freine. \(a_n\) change la direction de la vitesse : elle pointe toujours vers l'intérieur de la courbe. Le MCU est le cas \(a_t = 0\), \(\rho = R\). Le MRUA est le cas \(\rho = \infty\), donc \(a_n = 0\).
Calcul guidé
Une voiture roule à 72 km/h dans un virage de rayon 50 m et freine avec \(a_t = -3{,}0\ \text{m/s}^2\). Quelle accélération totale les pneus doivent-ils fournir ?
\[ a = \sqrt{3{,}0^{2} + 8{,}0^{2}} = 8{,}54\ \text{m/s}^{2} \]
Sur route sèche, les pneus fournissent au plus environ 8 à 9 m/s². Freiner fort en plein virage peut faire déraper : il vaut mieux freiner avant, en ligne droite.
Ce raisonnement explique la conduite sur circuit : on freine en ligne droite (\(a_n = 0\), tout le budget d'adhérence pour \(a_t\)), on tourne à vitesse à peu près constante, puis on réaccélère progressivement en sortie de virage.
Erreurs fréquentes
Croire que l'accélération est toujours dans le sens de la vitesse. Elle ne l'est qu'en ligne droite.
Ajouter \(a_t\) et \(a_n\) comme des nombres : elles sont perpendiculaires, on utilise Pythagore.
Confondre le rayon de courbure local avec la « taille » de la trajectoire.
Je retiens
\(a_t = \mathrm{d}v/\mathrm{d}t\) change la norme de \(\vec v\).
\(a_n = v^{2}/\rho\) change sa direction et pointe vers le centre de courbure.
\(a = \sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}}\).
OS / OC
Le rayon de courbure à partir de l'accélération normale
La relation \(a_n = v^{2}/R\) se lit dans les deux sens. Jusqu'ici, on connaissait la courbe et on en tirait \(a_n\). On peut faire l'inverse : si on connaît la vitesse et l'accélération, on en déduit la courbure de la trajectoire.
\[ R = \frac{v^{2}}{a_n} \]
Il suffit d'extraire de \(\vec a\) sa partie perpendiculaire à \(\vec v\). La partie tangentielle est la projection sur la direction de la vitesse ; la partie normale est le reste, par Pythagore :
En composantes planes, on obtient plus directement \(a_n = |v_x a_y - v_y a_x|/v\), donc \(R = v^{3}/|v_x a_y - v_y a_x|\). C'est la même chose que \(R = |\vec v|^{3}/|\vec v \times \vec a|\), qui reste valable en trois dimensions.
Au sommet du tir, la vitesse est horizontale et l'accélération \(\vec g\) lui est perpendiculaire : elle est entièrement normale. D'où \(R = v^{2}/a_n = v_0^{2}\cos^{2}\alpha / g\). Ici \(v_0 = 20\) m/s, \(\alpha = 40^\circ\) : \(R = 23{,}9\) m.
Calcul guidé
Un ballon est lancé à \(v_0 = 20\ \text{m/s}\) sous un angle \(\alpha = 40^\circ\). Quel est le rayon de courbure de sa trajectoire au sommet, puis au départ ?
Au sommet, la vitesse est horizontale : \(v = v_0\cos\alpha\).
\[ v = 20 \cos 40^\circ = 15{,}3\ \text{m/s} \]
L'accélération \(\vec g\) est verticale, donc perpendiculaire à \(\vec v\) : elle est entièrement normale.
\[ a_n = g = 9{,}81\ \text{m/s}^{2} \]
Rayon de courbure au sommet.
\[ R = \frac{v^{2}}{a_n} = \frac{15{,}3^{2}}{9{,}81} = 23{,}9\ \text{m} \]
Au départ, \(v = v_0\) et seule la composante de \(\vec g\) perpendiculaire à \(\vec v_0\) compte : \(a_n = g\cos\alpha\).
La parabole est plus serrée au sommet qu'au départ. Formule générale au sommet : \(R = v_0^{2}\cos^{2}\alpha/g\). Pour un tir horizontal, \(R = v_0^{2}/g\) dès le départ.
La même méthode s'applique à toute courbe paramétrée : on dérive deux fois la position, on calcule \(\vec v\) et \(\vec a\), puis \(R\). La page « Courbes de roulement » l'applique à la cycloïde et à la cardioïde.
OS / OC
Coordonnées polaires
Quand un mouvement s'organise autour d'un point (planète, radar, manège), on repère M par sa distance \(r\) à O et l'angle \(\theta\). On utilise la base mobile \((\vec e_r, \vec e_\theta)\), qui tourne avec M.
Coordonnées polaires : \(\vec e_r\) pointe en s'éloignant de O, \(\vec e_\theta\) est tourné de 90° dans le sens de \(\theta\) croissant. Ces vecteurs tournent avec M : \(\dot{\vec e}_r = \dot\theta\,\vec e_\theta\) et \(\dot{\vec e}_\theta = -\dot\theta\,\vec e_r\).
Comme ces vecteurs tournent, leurs dérivées ne sont pas nulles : \(\dot{\vec e}_r = \dot\theta\,\vec e_\theta\) et \(\dot{\vec e}_\theta = -\dot\theta\,\vec e_r\). On dérive \(\vec r = r\,\vec e_r\) :
Le terme \(-r\dot\theta^{2}\) est l'accélération centripète. Le terme \(2\dot r\dot\theta\) apparaît dès qu'on s'éloigne du centre en tournant : c'est le terme de Coriolis. Pour \(r\) constant, on retrouve le mouvement circulaire.
Calcul guidé
Une fourmi marche à 1,0 m/s le long d'un rayon d'un disque qui tourne à 2,0 rad/s. Elle part du centre. Accélération à \(t = 1{,}5\ \text{s}\) ?
Coordonnées et dérivées.
\[ r = 1{,}0\,t \quad \dot r = 1{,}0 \quad \ddot r = 0 \quad \dot\theta = 2{,}0 \quad \ddot\theta = 0 \]
\[ a = \sqrt{6{,}0^{2} + 4{,}0^{2}} = 7{,}2\ \text{m/s}^{2} \]
Même à vitesse constante par rapport au disque, la fourmi subit une accélération orthoradiale constante. C'est elle qui dévie les vents sur la Terre en rotation.
Université
La base de Frenet
Soit \(s(t)\) l'abscisse curviligne, \(v = \dot s\), et \(\vec T\) le vecteur unitaire tangent : \(\vec v = v\,\vec T\). Quand on avance de \(\mathrm{d}s\), \(\vec T\) tourne d'un angle \(\mathrm{d}\varphi\). La courbure est \(\kappa = \mathrm{d}\varphi/\mathrm{d}s = 1/\rho\), et \(\mathrm{d}\vec T/\mathrm{d}s = \kappa\,\vec N\), où \(\vec N\) est la normale principale. Alors
\[ \vec a = \dot v\,\vec T + v\,\frac{\mathrm{d}\vec T}{\mathrm{d}s}\,\frac{\mathrm{d}s}{\mathrm{d}t} = \dot v\,\vec T + \frac{v^{2}}{\rho}\,\vec N \]
C'est la décomposition tangentielle-normale, démontrée pour une courbe quelconque. En trois dimensions, on complète par la binormale \(\vec B = \vec T \times \vec N\) ; \(\vec a\) n'a jamais de composante selon \(\vec B\).
Calcul de la courbure
De \(\vec v \times \vec a = \dot v\,v\,(\vec T \times \vec T) + (v^{3}/\rho)\,\vec T \times \vec N\), on tire, pour une courbe plane paramétrée :
En \(u = 0\) (bout du grand axe), \(|\vec v| = 4\).
\[ \rho = \frac{4^{3}}{28} = 2{,}29\ \text{m} \]
En \(u = \pi/2\) (bout du petit axe), \(|\vec v| = 7\).
\[ \rho = \frac{7^{3}}{28} = 12{,}25\ \text{m} \]
On retrouve \(b^{2}/a\) et \(a^{2}/b\). À 4 m/s, \(a_n\) passe de 7,0 à 1,3 m/s² : vérifie-le dans la simulation.
The osculating circle
An arbitrary path is neither straight nor circular. But if we look at a tiny piece around a point M, it looks like an arc of a circle. This circle, which "kisses" the curve best at M, is the osculating circle. Its radius \(\rho\) is the radius of curvature, its centre the centre of curvature. A tight curve has a small \(\rho\). A straight line has \(\rho = \infty\).
Tangential and normal acceleration
At M we use two natural directions: the tangent (along \(\vec v\)) and the normal (towards the centre of curvature). The acceleration splits as follows:
At each point, the path looks like a small arc of the osculating circle, of radius \(\rho\). The acceleration splits into \(a_t\) along the velocity and \(a_n = v^{2}/\rho\) towards the centre of curvature.
Each component has a precise role. \(a_t\) changes the magnitude of the velocity: positive when speeding up, negative when braking. \(a_n\) changes the direction of the velocity: it always points to the inside of the curve. Uniform circular motion is the case \(a_t = 0\), \(\rho = R\). Uniform acceleration in a line is the case \(\rho = \infty\), so \(a_n = 0\).
Guided calculation
A car drives at 72 km/h in a bend of radius 50 m and brakes with \(a_t = -3.0\ \text{m/s}^2\). What total acceleration must the tyres provide?
\[ a = \sqrt{3.0^{2} + 8.0^{2}} = 8.54\ \text{m/s}^{2} \]
On a dry road, tyres provide at most about 8 to 9 m/s². Braking hard in the middle of a bend can make you skid: better brake before, in a straight line.
This reasoning explains racing technique: brake in a straight line (\(a_n = 0\), the whole grip budget for \(a_t\)), turn at roughly constant speed, then accelerate gradually out of the bend.
Common mistakes
Thinking the acceleration always points along the velocity. It only does in a straight line.
Adding \(a_t\) and \(a_n\) as numbers: they are perpendicular, use Pythagoras.
Confusing the local radius of curvature with the overall "size" of the path.
Remember
\(a_t = \mathrm{d}v/\mathrm{d}t\) changes the magnitude of \(\vec v\).
\(a_n = v^{2}/\rho\) changes its direction and points to the centre of curvature.
\(a = \sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}}\).
Advanced
Radius of curvature from the normal acceleration
The relation \(a_n = v^{2}/R\) works both ways. So far we knew the curve and deduced \(a_n\). We can do the reverse: if we know the velocity and the acceleration, we deduce the curvature of the path.
\[ R = \frac{v^{2}}{a_n} \]
We only need the part of \(\vec a\) perpendicular to \(\vec v\). The tangential part is the projection onto the direction of the velocity; the normal part is the rest, by Pythagoras:
With plane components we get more directly \(a_n = |v_x a_y - v_y a_x|/v\), so \(R = v^{3}/|v_x a_y - v_y a_x|\). This is the same as \(R = |\vec v|^{3}/|\vec v \times \vec a|\), which also holds in three dimensions.
At the top of the throw, the velocity is horizontal and the acceleration \(\vec g\) is perpendicular to it: it is entirely normal. Hence \(R = v^{2}/a_n = v_0^{2}\cos^{2}\alpha / g\). Here \(v_0 = 20\) m/s, \(\alpha = 40^\circ\): \(R = 23.9\) m.
Guided calculation
A ball is thrown at \(v_0 = 20\ \text{m/s}\) at an angle \(\alpha = 40^\circ\). What is the radius of curvature of its path at the top, then at launch?
At the top the velocity is horizontal: \(v = v_0\cos\alpha\).
\[ v = 20 \cos 40^\circ = 15.3\ \text{m/s} \]
The acceleration \(\vec g\) is vertical, so perpendicular to \(\vec v\): it is entirely normal.
\[ a_n = g = 9.81\ \text{m/s}^{2} \]
Radius of curvature at the top.
\[ R = \frac{v^{2}}{a_n} = \frac{15.3^{2}}{9.81} = 23.9\ \text{m} \]
At launch \(v = v_0\), and only the component of \(\vec g\) perpendicular to \(\vec v_0\) counts: \(a_n = g\cos\alpha\).
The parabola is tighter at the top than at launch. General formula at the top: \(R = v_0^{2}\cos^{2}\alpha/g\). For a horizontal throw, \(R = v_0^{2}/g\) right from the start.
The same method works for any parametrised curve: differentiate the position twice, compute \(\vec v\) and \(\vec a\), then \(R\). The page “Rolling curves” applies it to the cycloid and the cardioid.
Advanced
Polar coordinates
When a motion is organised around a point (planet, radar, merry-go-round), we locate M by its distance \(r\) from O and the angle \(\theta\). We use the moving basis \((\vec e_r, \vec e_\theta)\), which turns with M.
Polar coordinates: \(\vec e_r\) points away from O, \(\vec e_\theta\) is turned 90° towards increasing \(\theta\). These vectors turn with M: \(\dot{\vec e}_r = \dot\theta\,\vec e_\theta\) and \(\dot{\vec e}_\theta = -\dot\theta\,\vec e_r\).
Since these vectors turn, their derivatives are not zero: \(\dot{\vec e}_r = \dot\theta\,\vec e_\theta\) and \(\dot{\vec e}_\theta = -\dot\theta\,\vec e_r\). Differentiate \(\vec r = r\,\vec e_r\):
The term \(-r\dot\theta^{2}\) is the centripetal acceleration. The term \(2\dot r\dot\theta\) appears as soon as you move away from the centre while turning: it is the Coriolis term. For constant \(r\) we recover circular motion.
Guided calculation
An ant walks at 1.0 m/s along a radius of a disc turning at 2.0 rad/s. It starts at the centre. Acceleration at \(t = 1.5\ \text{s}\)?
Coordinates and derivatives.
\[ r = 1.0\,t \quad \dot r = 1.0 \quad \ddot r = 0 \quad \dot\theta = 2.0 \quad \ddot\theta = 0 \]
\[ a = \sqrt{6.0^{2} + 4.0^{2}} = 7.2\ \text{m/s}^{2} \]
Even at constant speed relative to the disc, the ant has a constant transverse acceleration. This is what deflects winds on the rotating Earth.
University
The Frenet frame
Let \(s(t)\) be the arc length, \(v = \dot s\), and \(\vec T\) the unit tangent vector: \(\vec v = v\,\vec T\). As we move by \(\mathrm{d}s\), \(\vec T\) turns by an angle \(\mathrm{d}\varphi\). The curvature is \(\kappa = \mathrm{d}\varphi/\mathrm{d}s = 1/\rho\), and \(\mathrm{d}\vec T/\mathrm{d}s = \kappa\,\vec N\), where \(\vec N\) is the principal normal. Then
\[ \vec a = \dot v\,\vec T + v\,\frac{\mathrm{d}\vec T}{\mathrm{d}s}\,\frac{\mathrm{d}s}{\mathrm{d}t} = \dot v\,\vec T + \frac{v^{2}}{\rho}\,\vec N \]
This is the tangential-normal split, proved for an arbitrary curve. In three dimensions we add the binormal \(\vec B = \vec T \times \vec N\); \(\vec a\) never has a component along \(\vec B\).
Computing the curvature
From \(\vec v \times \vec a = \dot v\,v\,(\vec T \times \vec T) + (v^{3}/\rho)\,\vec T \times \vec N\), we get, for a parametrised plane curve:
At \(u = 0\) (end of the major axis), \(|\vec v| = 4\).
\[ \rho = \frac{4^{3}}{28} = 2.29\ \text{m} \]
At \(u = \pi/2\) (end of the minor axis), \(|\vec v| = 7\).
\[ \rho = \frac{7^{3}}{28} = 12.25\ \text{m} \]
We recover \(b^{2}/a\) and \(a^{2}/b\). At 4 m/s, \(a_n\) goes from 7.0 to 1.3 m/s²: check it in the simulation.
À toi de jouer
Regarde la balle tourner sur le cercle. La flèche verte (sa vitesse) change-t-elle de longueur ? De direction ?
Choisis « Route en S ». Où la flèche rouge est-elle la plus grande ?
Augmente la vitesse au départ. Que devient la flèche rouge ?
Your turn
Watch the ball go round the circle. Does the green arrow (its velocity) change length? Direction?
Choose "S-shaped road". Where is the red arrow biggest?
Increase the initial speed. What happens to the red arrow?
À toi de jouer
Sur le cercle, avec aₜ = 0, la vitesse reste constante. Pourtant l'accélération n'est pas nulle : vers où pointe-t-elle ?
Double la vitesse au départ. Par combien l'accélération est-elle multipliée ?
Mets aₜ positive : la flèche rouge pointe-t-elle encore vers le centre ?
Your turn
On the circle, with aₜ = 0, the speed stays constant. Yet the acceleration is not zero: where does it point?
Double the initial speed. By how much is the acceleration multiplied?
Make aₜ positive: does the red arrow still point to the centre?
Piste de travail : sur le cercle (R = 5 m), vérifie \(a_n = v^{2}/R\) pour trois vitesses. Sur l'ellipse, où le rayon de courbure est-il le plus petit ? Où \(a_n\) est-elle maximale à vitesse constante ? Avec \(a_t \neq 0\) sur le cercle, tu as un MCUA : vérifie \(a = \sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}}\) et \(\alpha = a_t/R\) (lecture).
Worksheet idea: on the circle (R = 5 m), check \(a_n = v^{2}/R\) for three speeds. On the ellipse, where is the radius of curvature smallest? Where is \(a_n\) largest at constant speed? With \(a_t \neq 0\) on the circle, you have uniformly accelerated circular motion: check \(a = \sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}}\) and \(\alpha = a_t/R\) (reading).
Piste OS / OC : coche « Montrer le cercle osculateur ». Son centre est le centre de courbure, son rayon est \(\rho\). Sur l'ellipse, compare les rayons lus aux extrémités des axes avec \(b^{2}/a\) et \(a^{2}/b\). Sur la route en S, que devient ce cercle au point d'inflexion ? Que vaut alors \(a_n\) ?
Advanced idea: tick "Show the osculating circle". Its centre is the centre of curvature, its radius is \(\rho\). On the ellipse, compare the radii read at the ends of the axes with \(b^{2}/a\) and \(a^{2}/b\). On the S-road, what happens to the circle at the inflection point? What is \(a_n\) there?
Exemples résolusWorked examples
Freiner dans un virage
Une voiture à 72 km/h (20 m/s) dans un virage de rayon 50 m freine avec \(a_t = -3\ \text{m/s}^2\).
\[ a_n = \frac{20^{2}}{50} = 8\ \text{m/s}^2 \]
\[ a = \sqrt{3^{2} + 8^{2}} = 8{,}54\ \text{m/s}^2 \]
Les pneus doivent fournir les deux à la fois : freiner fort en plein virage peut faire déraper.
Le sommet d'une bosse
Une voiture passe à 15 m/s au sommet d'une bosse de rayon de courbure 30 m.
\(y = x^{2}/(2p)\) at the vertex: with \(x = t\), \(\dot x = 1\), \(\ddot y = 1/p\).
\[ \kappa(0) = \frac{1/p}{1} \]\[ \Longrightarrow\quad \rho = p \]
For a projectile, \(p = v_x^{2}/g\): we recover the radius of curvature at the top of the path.
Rond-point à 36 km/h
Rayon 20 m, \(v = 10\ \text{m/s}\).
\[ a = \frac{10^{2}}{20} = 5\ \text{m/s}^2 \]
Deux fois plus vite
Même virage, 20 m/s au lieu de 10 m/s.
\[ a = \frac{20^{2}}{20} = 20\ \text{m/s}^2 \]
Quatre fois plus : impossible à tenir pour une voiture.
Roundabout at 36 km/h
Radius 20 m, \(v = 10\ \text{m/s}\).
\[ a = \frac{10^{2}}{20} = 5\ \text{m/s}^2 \]
Twice as fast
Same bend, 20 m/s instead of 10 m/s.
\[ a = \frac{20^{2}}{20} = 20\ \text{m/s}^2 \]
Four times more: impossible for a car to hold.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 2 · Cinématique
Courbes de roulement : cycloïde et cardioïde
Le vélo avance à vitesse constante. Et la valve de sa roue ? Elle s'arrête, repart, va deux fois plus vite. Quelle courbe trace-t-elle ?
Chapter 2 · Kinematics
Rolling curves: cycloid and cardioid
The bike moves at constant speed. And the valve on its wheel? It stops, sets off again, goes twice as fast. What curve does it trace?
Un point sur une roue de vélo
Une roue de rayon \(r\) roule sans glisser sur la route. Son centre avance en ligne droite à la vitesse \(v\). Pendant un tour, il avance d'une circonférence \(2\pi r\), donc la roue tourne à la vitesse angulaire \(\omega = v/r\).
Un point du pneu fait deux choses à la fois : il avance avec le centre et il tourne autour de lui. Sa vitesse est la somme des deux vitesses. Au point de contact, la rotation donne \(r\omega = v\) vers l'arrière : il est immobile, sinon le pneu glisserait. En haut, les deux s'ajoutent : \(2v\). À hauteur du moyeu, elles sont perpendiculaires : \(v\sqrt2\).
Roue qui roule sans glisser vers la droite. Chaque vitesse est perpendiculaire au segment qui la relie au point de contact I : à cet instant, la roue tourne autour de I. Le point en contact est immobile, le point du haut va deux fois plus vite que le centre.
Il y a une façon élégante de tout voir d'un coup : à chaque instant, la roue tourne autour du point de contact I, comme si elle pivotait sur lui. Chaque vitesse est perpendiculaire à la droite qui la relie à I, et proportionnelle à sa distance à I. Le haut est à \(2r\) de I : il va à \(2v\).
La cycloïde
La trajectoire d'un point du pneu (une valve, un catadioptre) est une cycloïde. Avec l'origine au premier contact et \(\theta = \omega t\), l'angle dont la roue a tourné :
La première ligne, c'est l'avance du centre \(r\theta\) moins le décalage dû à la rotation. La deuxième, la hauteur du centre \(r\) moins la projection verticale du rayon. La courbe forme des arches de largeur \(2\pi r\) et de hauteur \(2r\). Aux rebroussements, le point touche la route et s'arrête un instant, puis repart vers le haut.
Cycloïde : la courbe tracée par une valve de vélo. Chaque arche mesure \(2\pi r\) de long au sol et \(2r\) de haut. Aux rebroussements, la valve touche la route.
L'accélération d'un point du pneu
Le centre va à vitesse constante : il n'accélère pas. Par rapport au centre, le point fait un MCU de rayon \(r\). Son accélération est donc celle du MCU, centripète :
\[ a = r\omega^{2} = \frac{v^{2}}{r} \]
Elle pointe toujours vers le centre de la roue, avec la même norme, même au point de contact. Ce point est immobile, mais il accélère vers le haut : sa vitesse est nulle à cet instant, et non nulle juste après.
Calcul guidé
Un vélo roule à 25 km/h. Ses roues ont un rayon de 0,35 m. Vitesse de la valve en haut de la roue ? Accélération de la valve ?
\[ a = \frac{v^{2}}{r} = \frac{6{,}94^{2}}{0{,}35} = 138\ \text{m/s}^{2} \]
Environ 14 g. C'est pour ça que la boue est projetée par les pneus : la paroi ne la retient plus.
Un cercle qui roule sur un cercle
Remplaçons la route par un cercle fixe. Un cercle de rayon \(r\) roule autour d'un cercle de même rayon : un de ses points trace une cardioïde, en forme de cœur, avec une seule pointe. Si on note \(t\) l'angle dont le centre du cercle mobile a tourné autour du centre fixe :
\[ \vec r(t) = \begin{pmatrix} 2r\cos t - r\cos 2t \\ 2r\sin t - r\sin 2t \end{pmatrix} \]
Autour d'un cercle de rayon \(2r\), on obtient une néphroïde (deux pointes). À l'intérieur d'un cercle de rayon \(4r\), une astroïde (quatre pointes). Ces courbes apparaissent dans la nature : la cardioïde est la tache lumineuse (caustique) au fond d'une tasse éclairée de côté, la néphroïde celle d'un bol éclairé par le Soleil.
Un cercle de rayon \(r\) roule sur un cercle fixe (en noir). Autour d'un cercle de même rayon : cardioïde (1 pointe). Autour d'un cercle de rayon \(2r\) : néphroïde (2 pointes). À l'intérieur d'un cercle de rayon \(4r\) : astroïde (4 pointes).
Erreurs fréquentes
Croire que tous les points d'une roue vont à la vitesse du vélo. Seul le centre va à \(v\) : le haut va à \(2v\), le bas est arrêté.
Penser que le point de contact, immobile, n'a pas d'accélération.
Confondre l'angle de la roue \(\theta\) avec l'angle \(t\) du centre dans la cardioïde : pendant que le centre fait un tour, la roue en fait deux.
Je retiens
Roulement sans glissement : \(v = r\omega\), point de contact immobile, haut à \(2v\).
Avec \(1 - \cos\theta = 2\sin^{2}(\theta/2)\) et \(\sin\theta = 2\sin(\theta/2)\cos(\theta/2)\), la norme de la vitesse se simplifie :
\[ v = 2r\omega\,\left|\sin\tfrac{\theta}{2}\right| \]
Elle vaut 0 au contact (\(\theta = 0\)) et \(2r\omega\) en haut (\(\theta = \pi\)). La norme de \(\vec a\) vaut bien \(r\omega^{2}\), constante.
Le rayon de courbure tiré de l'accélération normale
Pour connaître la courbure de la cycloïde, on sépare \(\vec a\) en partie tangentielle et partie normale. La partie tangentielle est la dérivée de la norme de la vitesse :
Le rayon de courbure s'en déduit par \(R = v^{2}/a_n\) :
\[ R = \frac{4r^{2}\omega^{2}\sin^{2}(\theta/2)}{r\omega^{2}\,|\sin(\theta/2)|} = 4r\left|\sin\tfrac{\theta}{2}\right| \]
Au sommet, \(R = 4r\) : la cycloïde y est plus plate qu'un cercle de rayon \(2r\), qui aurait pourtant la même hauteur. Son centre de courbure est à \(2r\) sous la route. Aux rebroussements, \(R \to 0\) : la courbe fait demi-tour sur place.
Cercles osculateurs de la cycloïde (pointillés). Au sommet (\(\theta = \pi\)), \(R = 4r\) : le centre de courbure est à \(2r\) sous la route. Pour \(\theta = \pi/2\), \(R = 4r\sin 45^\circ = 2\sqrt2\,r\). Près des pointes, \(R \to 0\).
Calcul guidé
Pour une roue de rayon \(r = 0{,}35\ \text{m}\) qui tourne à \(\omega = 20\ \text{rad/s}\), calcule \(v\), \(a_t\), \(a_n\) et \(R\) pour la valve quand \(\theta = 90^\circ\) (valve à hauteur du moyeu, à l'arrière).
À cet instant, la valve accélère autant le long de sa trajectoire que perpendiculairement : \(\vec a\) fait 45° avec \(\vec v\). Contrôle : \(\sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}} = 140 = r\omega^{2}\).
Pour la cardioïde, le même calcul (fais-le dans les exercices) donne, avec \(\Omega = \dot t\) la vitesse angulaire du centre mobile :
\[ v = 4r\Omega\left|\sin\tfrac{t}{2}\right| \]\[ R = \tfrac{8}{3}\,r\left|\sin\tfrac{t}{2}\right| \]
Université
Longueur d'une arche et courbes « les plus rapides »
La longueur d'une arche est l'intégrale de la vitesse :
\[ s = \int_0^{2\pi} 2r\sin\tfrac{\theta}{2}\,\mathrm{d}\theta = \Big[-4r\cos\tfrac{\theta}{2}\Big]_0^{2\pi} = 8r \]
Une arche mesure \(8r\), un peu plus que les \(2\pi r \approx 6{,}28\,r\) parcourus au sol. Wren l'a montré en 1658.
Retournée, la cycloïde a deux propriétés remarquables pour une bille qui glisse sans frottement. C'est la brachistochrone : de toutes les courbes reliant deux points, c'est celle qui fait descendre le plus vite (Jean Bernoulli, 1696, résolu par la méthode qui deviendra le calcul des variations). C'est aussi la tautochrone : d'où qu'on lâche la bille, elle atteint le fond en un même temps \(\pi\sqrt{r/g}\). Un pendule dont la masse suit une cycloïde a donc une période \(4\pi\sqrt{r/g}\) indépendante de l'amplitude : c'est le pendule de Huygens (1673). On retrouve l'idée de Fermat : la lumière et la bille « choisissent » un chemin qui rend un temps extrémal.
Enfin, la développée d'une cycloïde (le lieu de ses centres de courbure) est une cycloïde identique, décalée de \(\pi r\) et de \(2r\) vers le bas. Le schéma des cercles osculateurs le laisse deviner.
A point on a bike wheel
A wheel of radius \(r\) rolls without slipping on the road. Its centre moves in a straight line at speed \(v\). In one turn it moves forward by one circumference \(2\pi r\), so the wheel turns at angular velocity \(\omega = v/r\).
A point on the tyre does two things at once: it moves forward with the centre and turns around it. Its velocity is the sum of both. At the contact point, the rotation gives \(r\omega = v\) backwards: the point is at rest, otherwise the tyre would slip. At the top the two add: \(2v\). Level with the hub they are perpendicular: \(v\sqrt2\).
Wheel rolling to the right without slipping. Each velocity is perpendicular to the segment joining it to the contact point I: at this instant the wheel turns about I. The point in contact is at rest, the top point moves twice as fast as the centre.
There is an elegant way to see everything at once: at each instant, the wheel turns about the contact point I, as if pivoting on it. Each velocity is perpendicular to the line joining it to I, and proportional to its distance from I. The top is \(2r\) from I: it moves at \(2v\).
The cycloid
The path of a point on the tyre (a valve, a reflector) is a cycloid. With the origin at the first contact and \(\theta = \omega t\), the angle the wheel has turned through:
The first row is the advance of the centre \(r\theta\) minus the offset due to rotation. The second is the height of the centre \(r\) minus the vertical projection of the radius. The curve forms arches \(2\pi r\) wide and \(2r\) high. At the cusps, the point touches the road and stops for an instant, then leaves upwards.
Cycloid: the curve traced by a bike valve. Each arch spans \(2\pi r\) along the ground and is \(2r\) high. At the cusps, the valve touches the road.
The acceleration of a point on the tyre
The centre moves at constant velocity: it does not accelerate. Relative to the centre, the point performs uniform circular motion of radius \(r\). Its acceleration is therefore that of uniform circular motion, centripetal:
\[ a = r\omega^{2} = \frac{v^{2}}{r} \]
It always points to the centre of the wheel, with the same magnitude, even at the contact point. That point is at rest, but it accelerates upwards: its velocity is zero at that instant, and non-zero just after.
Guided calculation
A bike rides at 25 km/h. Its wheels have a radius of 0.35 m. Speed of the valve at the top of the wheel? Acceleration of the valve?
Acceleration: that of uniform circular motion around the hub.
\[ a = \frac{v^{2}}{r} = \frac{6.94^{2}}{0.35} = 138\ \text{m/s}^{2} \]
About 14 g. That is why mud flies off tyres: the tyre surface can no longer hold it.
A circle rolling on a circle
Replace the road by a fixed circle. A circle of radius \(r\) rolls around a circle of the same radius: one of its points traces a cardioid, heart-shaped, with a single cusp. If \(t\) is the angle through which the centre of the moving circle has turned around the fixed centre:
\[ \vec r(t) = \begin{pmatrix} 2r\cos t - r\cos 2t \\ 2r\sin t - r\sin 2t \end{pmatrix} \]
Around a circle of radius \(2r\) we get a nephroid (two cusps). Inside a circle of radius \(4r\), an astroid (four cusps). These curves appear in nature: the cardioid is the bright spot (caustic) at the bottom of a cup lit from the side, the nephroid that of a bowl lit by the Sun.
A circle of radius \(r\) rolls on a fixed circle (black). Around a circle of the same radius: cardioid (1 cusp). Around a circle of radius \(2r\): nephroid (2 cusps). Inside a circle of radius \(4r\): astroid (4 cusps).
Common mistakes
Thinking every point of a wheel moves at the bike's speed. Only the centre moves at \(v\): the top moves at \(2v\), the bottom is at rest.
Thinking the contact point, being at rest, has no acceleration.
Confusing the wheel angle \(\theta\) with the angle \(t\) of the centre in the cardioid: while the centre makes one turn, the wheel makes two.
Remember
Rolling without slipping: \(v = r\omega\), contact point at rest, top at \(2v\).
The radius of curvature follows from \(R = v^{2}/a_n\):
\[ R = \frac{4r^{2}\omega^{2}\sin^{2}(\theta/2)}{r\omega^{2}\,|\sin(\theta/2)|} = 4r\left|\sin\tfrac{\theta}{2}\right| \]
At the top, \(R = 4r\): the cycloid is flatter there than a circle of radius \(2r\), which would have the same height. Its centre of curvature is \(2r\) below the road. At the cusps, \(R \to 0\): the curve turns back on the spot.
Osculating circles of the cycloid (dashed). At the top (\(\theta = \pi\)), \(R = 4r\): the centre of curvature is \(2r\) below the road. For \(\theta = \pi/2\), \(R = 4r\sin 45^\circ = 2\sqrt2\,r\). Near the cusps, \(R \to 0\).
Guided calculation
For a wheel of radius \(r = 0.35\ \text{m}\) turning at \(\omega = 20\ \text{rad/s}\), find \(v\), \(a_t\), \(a_n\) and \(R\) for the valve when \(\theta = 90^\circ\) (valve level with the hub, at the back).
At this instant, the valve accelerates as much along its path as across it: \(\vec a\) is at 45° to \(\vec v\). Check: \(\sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}} = 140 = r\omega^{2}\).
For the cardioid, the same calculation (do it in the exercises) gives, with \(\Omega = \dot t\) the angular velocity of the moving centre:
\[ v = 4r\Omega\left|\sin\tfrac{t}{2}\right| \]\[ R = \tfrac{8}{3}\,r\left|\sin\tfrac{t}{2}\right| \]
University
Length of an arch and the “fastest” curves
The length of an arch is the integral of the speed:
\[ s = \int_0^{2\pi} 2r\sin\tfrac{\theta}{2}\,\mathrm{d}\theta = \Big[-4r\cos\tfrac{\theta}{2}\Big]_0^{2\pi} = 8r \]
An arch is \(8r\) long, a little more than the \(2\pi r \approx 6.28\,r\) covered on the ground. Wren proved it in 1658.
Turned upside down, the cycloid has two remarkable properties for a bead sliding without friction. It is the brachistochrone: of all curves joining two points, it is the one of fastest descent (Johann Bernoulli, 1696, solved by the method that would become the calculus of variations). It is also the tautochrone: wherever the bead is released, it reaches the bottom in the same time \(\pi\sqrt{r/g}\). A pendulum whose bob follows a cycloid therefore has a period \(4\pi\sqrt{r/g}\) independent of the amplitude: Huygens' pendulum (1673). Fermat's idea comes back: light and the bead “choose” a path that makes the time extremal.
Finally, the evolute of a cycloid (the locus of its centres of curvature) is an identical cycloid, shifted by \(\pi r\) and \(2r\) downwards. The diagram of osculating circles hints at it.
Piste de travail : cycloïde. Mets en pause quand la valve touche la route : que vaut \(|\vec v|\) ? Puis quand elle est en haut. Compare à la vitesse du centre (\(r\omega\), avec \(r = 1\) m). Vérifie que \(\sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}}\) reste égal à \(r\omega^{2}\). Cardioïde : où la vitesse est-elle maximale ? Prédis sa valeur avant de lire (\(\Omega = \omega/2\)).
Worksheet idea: cycloid. Pause when the valve touches the road: what is \(|\vec v|\)? Then when it is at the top. Compare with the speed of the centre (\(r\omega\), with \(r = 1\) m). Check that \(\sqrt{a_t^{2} + a_n^{2}}\) stays equal to \(r\omega^{2}\). Cardioid: where is the speed largest? Predict its value before reading it (\(\Omega = \omega/2\)).
Piste OS / OC : active le cercle osculateur. Lis \(R = v^{2}/a_n\) au sommet de la cycloïde et compare à \(4r\). Que devient le cercle près d'une pointe ? Change la position du point sur le rayon : pour \(d/r < 1\) (catadioptre près du moyeu), la courbe n'a plus de pointe ; pour \(d/r > 1\) (bord d'une roue de train), elle fait des boucles et le point recule par moments.
Advanced idea: turn on the osculating circle. Read \(R = v^{2}/a_n\) at the top of the cycloid and compare with \(4r\). What happens to the circle near a cusp? Change the position of the point on the radius: for \(d/r < 1\) (reflector near the hub) the curve has no cusp; for \(d/r > 1\) (flange of a train wheel) it makes loops and the point moves backwards at times.
Exemples résolusWorked examples
La chenille d'un char
Un char avance à 36 km/h. À quelle vitesse vont les maillons du haut de la chenille ? Ceux du bas ?
Reached at \(t = \pi\), at the point furthest from the cusp. There, \(R = 8r/3 = 0.27\ \text{m}\).
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3
Dynamique : forces et mouvement
Pourquoi un objet se met en mouvement, accélère ou s'arrête : des lois de Newton à l'énergie et aux chocs.
Chapter 3
Dynamics: forces and motion
Why an object starts moving, speeds up or stops: from Newton's laws to energy and collisions.
Pourquoi une balle qui roule finit-elle par s'arrêter ? Pourquoi tout tombe-t-il vers le bas ? Pourquoi un ressort revient-il ? Dans ce chapitre, tu vas découvrir ce qui fait bouger les choses : les forces.
Tu vas voir qu'un objet garde sa vitesse si rien ne le pousse. Tu vas voir que tout tombe ensemble quand il n'y a pas d'air. Tu vas voir que le frottement freine, et qu'un ressort s'allonge d'autant plus qu'on tire fort. À chaque page, une simulation t'attend pour essayer.
Why does a rolling ball end up stopping? Why does everything fall down? Why does a spring bounce back? In this chapter you will discover what makes things move: forces.
You will see that an object keeps its speed if nothing pushes it. You will see that everything falls together when there is no air. You will see that friction slows things down, and that a spring stretches more when you pull harder. Every page has a simulation to try.
Ce chapitre explique pourquoi un objet accélère, ralentit ou tourne. La clé tient en une formule, \(F = m\,a\) : une force produit une accélération, d'autant plus petite que la masse est grande.
Tu verras ensuite le poids \(P = m\,g\), les frottements, la loi des ressorts \(F = k\,\Delta x\), puis l'énergie et les chocs. Il te faut savoir calculer une vitesse et une accélération (chapitre 2).
This chapter explains why an object speeds up, slows down or turns. The key fits in one formula, \(F = m\,a\): a force produces an acceleration, smaller when the mass is larger.
You will then meet weight \(P = m\,g\), friction, the spring law \(F = k\,\Delta x\), then energy and collisions. You need to know how to compute a speed and an acceleration (chapter 2).
Une seule question
Une rondelle glisse sur la glace, une voiture freine, une pomme tombe, un satellite tourne. Pourquoi ces mouvements-là et pas d'autres ? En cinématique, tu as appris à décrire un mouvement : position, vitesse, accélération. Ici, tu apprends à le prévoir à partir de ses causes, les forces.
Tout repose sur trois lois énoncées par Newton en 1687. La deuxième relie directement la somme des forces à l'accélération : \(\sum \vec F = m\,\vec a\). Connaître les forces, c'est connaître l'accélération. Avec la cinématique, on en déduit tout le mouvement.
Les forces (chapitre 1) décident du mouvement (chapitre 2) par la deuxième loi de Newton. L'énergie et la quantité de mouvement en sont deux conséquences qui évitent souvent de calculer tout le mouvement.
Le plan du chapitre
Les lois de Newton : inertie, \(\sum \vec F = m\vec a\), action et réaction, et une méthode pour résoudre n'importe quel problème.
La pesanteur : comment Galilée a découvert que tout tombe avec la même accélération \(g\), et pourquoi on en déduit la force poids \(P = m g\).
Les frottements : statique, cinétique, résistance de l'air.
Les ressorts : la loi de Hooke et la mesure d'une raideur.
Travail et énergie, puis la conservation de l'énergie : des raccourcis puissants.
Quantité de mouvement et chocs.
Les oscillations : ressort et pendule.
En OS/OC et à l'université : le travail d'une force variable, calculé en découpant le chemin, et les forces conservatives.
Ce qu'il faut savoir avant : additionner des vecteurs et les projeter sur des axes (chapitre 1), et les relations entre position, vitesse et accélération (chapitre 2).
One single question
A puck slides on ice, a car brakes, an apple falls, a satellite orbits. Why these motions and not others? In kinematics you learned to describe motion: position, velocity, acceleration. Here you learn to predict it from its causes, the forces.
Everything rests on three laws stated by Newton in 1687. The second one links the sum of the forces directly to the acceleration: \(\sum \vec F = m\,\vec a\). Knowing the forces means knowing the acceleration. With kinematics, you then get the whole motion.
Forces (chapter 1) decide the motion (chapter 2) through Newton's second law. Energy and momentum are two consequences that often save you from computing the whole motion.
The plan of the chapter
Newton's laws: inertia, \(\sum \vec F = m\vec a\), action and reaction, and a method to solve any problem.
Gravity: how Galileo found that everything falls with the same acceleration \(g\), and why this gives the weight force \(P = m g\).
Friction: static, kinetic, air resistance.
Springs: Hooke's law and measuring a stiffness.
Work and energy, then conservation of energy: powerful shortcuts.
Momentum and collisions.
Oscillations: spring and pendulum.
At advanced and university level: the work of a varying force, computed by cutting the path into pieces, and conservative forces.
What you need first: adding vectors and projecting them on axes (chapter 1), and the links between position, velocity and acceleration (chapter 2).
Chapitre 3 · Dynamique
Les trois lois de Newton
Qu'est-ce qui fait changer la vitesse d'un objet, et comment le calculer ?
Chapter 3 · Dynamics
Newton's three laws
What makes an object's velocity change, and how do you compute it?
Une force, c'est une poussée ou une traction
Pousser une porte, tirer un traîneau, lancer un ballon : chaque fois, tu exerces une force. Une force peut mettre un objet en mouvement, l'arrêter, le faire tourner ou le déformer.
On la dessine avec une flèche. La flèche montre dans quel sens on pousse. Sa longueur montre si on pousse fort.
Un objet n'aime pas changer
Dans un bus qui freine d'un coup, ton corps continue vers l'avant. Quand le bus démarre, tu pars en arrière. Ton corps « veut » garder sa vitesse : c'est l'inertie.
Sur la glace, une rondelle de hockey glisse très loin sans qu'on la pousse. Ce qui l'arrête, c'est le frottement. Sans frottement, elle ne s'arrêterait jamais.
1re loi. Sans force horizontale, la rondelle parcourt des distances égales en des temps égaux : sa vitesse ne change ni de valeur ni de direction.1re loi. Le bus ralentit, le passager non : rien ne le freine encore. Il semble « projeté » vers l'avant, alors qu'il garde simplement sa vitesse. C'est le bus qui change de vitesse sous lui.
Expérience : le tour de la pièce
Pose une carte à jouer sur un verre, et une pièce sur la carte, juste au-dessus du verre.
Prédis : si tu donnes une pichenette rapide à la carte, où va la pièce ?
Essaie !
La carte part, la pièce tombe dans le verre. La pièce « n'a pas eu le temps » de suivre la carte : elle est restée où elle était. C'est encore l'inertie.
Lourd ou léger : qui démarre le plus vite ?
Pousse un caddie vide, puis un caddie plein, avec la même force. Le caddie vide part beaucoup plus vite. Plus un objet a de masse, plus il est difficile de le mettre en mouvement, et aussi de l'arrêter.
2e loi. Même poussée de 20 N : le caddie de 10 kg prend 2 m/s², celui de 40 kg seulement 0,5 m/s². Masse quatre fois plus grande, accélération quatre fois plus petite : \(a = F/m\).
Quand tu pousses, on te pousse
Debout sur des patins, pousse un mur : c'est toi qui recules ! Le mur te pousse aussi fort que tu le pousses. Une fusée marche pareil : elle pousse les gaz vers le bas, et les gaz la poussent vers le haut.
3e loi. A pousse B, B pousse A : deux forces de même intensité, de sens opposés, chacune sur un patineur différent. Le plus léger part plus vite : \(50 \cdot 1{,}5 = 75 \cdot 1\).
Sentir un newton
Les forces se mesurent en newtons (N), du nom d'Isaac Newton. Combien vaut 1 N ? Pose une tablette de chocolat de 100 g sur ta main tendue. Le petit poids que tu sens, c'est environ 1 newton.
Une tablette de chocolat de 100 g pèse \(0{,}1 \cdot 9{,}81 = 0{,}98\ \text{N}\), presque exactement 1 N. Pour la tenir immobile, ta main pousse vers le haut avec la même force. C'est la sensation d'un newton.
Un litre d'eau (1 kg) pèse environ 10 N.
Un élève de 40 kg pèse environ 400 N.
Essaie : tiens un paquet de 1 kg de farine, puis une tablette de chocolat. Le paquet de farine pèse dix fois plus, donc environ 10 N.
Je retiens
Une force pousse ou tire. On la dessine avec une flèche.
Sans force, un objet garde sa vitesse : c'est l'inertie.
Plus un objet est lourd, plus il est dur à mettre en mouvement.
Si je pousse quelque chose, cette chose me pousse aussi.
1 N, c'est à peu près le poids d'une tablette de chocolat de 100 g.
Petit lexique
Force
poussée ou traction, mesurée en newtons (N).
Inertie
tendance d'un objet à garder sa vitesse.
Masse
quantité de matière, en kilogrammes.
A force is a push or a pull
Pushing a door, pulling a sledge, throwing a ball: each time you exert a force. A force can set an object moving, stop it, turn it or bend it.
We draw it with an arrow. The arrow shows which way you push. Its length shows how hard you push.
Objects do not like to change
In a bus that brakes suddenly, your body keeps going forwards. When the bus starts, you lurch backwards. Your body "wants" to keep its speed: that is inertia.
On ice, a hockey puck slides very far without anyone pushing it. What stops it is friction. Without friction it would never stop.
1st law. With no horizontal force, the puck covers equal distances in equal times: its velocity changes neither in size nor in direction.1st law. The bus slows down, the passenger does not: nothing is braking him yet. He seems "thrown" forwards, while he simply keeps his speed. It is the bus that changes speed beneath him.
Experiment: the coin trick
Put a playing card on a glass, and a coin on the card, right above the glass.
Predict: if you flick the card quickly, where does the coin go?
Try it!
The card flies off, the coin drops into the glass. The coin "did not have time" to follow the card: it stayed where it was. That is inertia again.
Heavy or light: which starts faster?
Push an empty trolley, then a full one, with the same force. The empty trolley starts much faster. The more mass an object has, the harder it is to set it moving, and also to stop it.
2nd law. Same 20 N push: the 10 kg trolley gets 2 m/s², the 40 kg one only 0.5 m/s². Four times the mass, a quarter of the acceleration: \(a = F/m\).
When you push, you get pushed
Standing on skates, push a wall: you are the one who rolls back! The wall pushes you as hard as you push it. A rocket works the same way: it pushes gas downwards, and the gas pushes it upwards.
3rd law. A pushes B, B pushes A: two forces of equal size, opposite directions, each on a different skater. The lighter one moves off faster: \(50 \cdot 1.5 = 75 \cdot 1\).
Feeling a newton
Forces are measured in newtons (N), named after Isaac Newton. How much is 1 N? Put a 100 g bar of chocolate on your open hand. The small weight you feel is about 1 newton.
A 100 g bar of chocolate weighs \(0.1 \cdot 9.81 = 0.98\ \text{N}\), almost exactly 1 N. To hold it still, your hand pushes up with the same force. That is what one newton feels like.
One litre of water (1 kg) weighs about 10 N.
A 40 kg pupil weighs about 400 N.
Try it: hold a 1 kg bag of flour, then a bar of chocolate. The flour weighs ten times more, so about 10 N.
Remember
A force pushes or pulls. We draw it with an arrow.
With no force, an object keeps its speed: that is inertia.
The heavier an object, the harder it is to set it moving.
If I push something, that thing pushes me too.
1 N is about the weight of a 100 g bar of chocolate.
Word list
Force
a push or a pull, measured in newtons (N).
Inertia
an object's tendency to keep its speed.
Mass
amount of matter, in kilograms.
Les trois lois de Newton, en clair
Inertie : si les forces se compensent, la vitesse ne change pas. L'objet reste immobile, ou avance en ligne droite à vitesse constante.
Force et accélération : \(F = m\,a\). Pour donner la même accélération à une masse double, il faut une force double.
Action et réaction : deux objets se poussent toujours mutuellement, avec des forces de même intensité et de sens opposés.
Une même force de 20 N donne au caddie vide une grande accélération, au caddie plein une petite :
2e loi. Même poussée de 20 N : le caddie de 10 kg prend 2 m/s², celui de 40 kg seulement 0,5 m/s². Masse quatre fois plus grande, accélération quatre fois plus petite : \(a = F/m\).3e loi. A pousse B, B pousse A : deux forces de même intensité, de sens opposés, chacune sur un patineur différent. Le plus léger part plus vite : \(50 \cdot 1{,}5 = 75 \cdot 1\).
Sentir un newton
L'unité de force est le newton (N). Sa définition vient de la deuxième loi : 1 N est la force qui donne une accélération de 1 m/s² à une masse de 1 kg.
Pour le sentir : une tablette de chocolat de 100 g pèse \(0{,}1 \cdot 9{,}81 = 0{,}98\ \text{N}\), presque 1 N.
Une tablette de chocolat de 100 g pèse \(0{,}1 \cdot 9{,}81 = 0{,}98\ \text{N}\), presque exactement 1 N. Pour la tenir immobile, ta main pousse vers le haut avec la même force. C'est la sensation d'un newton.
Et pour l'accélération ? Imagine un chariot de 1 kg sur un rail sans frottement, tiré par un dynamomètre qui indique 1 N. Chaque seconde, il gagne 1 m/s.
Un dynamomètre tire le chariot de 1 kg avec 1 N. Une photo par seconde : la vitesse gagne 1 m/s à chaque seconde, et les distances parcourues (0 ; 0,5 ; 2 ; 4,5 ; 8 m) croissent comme le carré du temps. C'est la définition du newton : 1 N donne 1 m/s² à 1 kg.
t (s)
0
1
2
3
4
v (m/s), 1 kg
0
1
2
3
4
v (m/s), 2 kg
0
0,5
1
1,5
2
Avec 2 kg et toujours 1 N, la vitesse ne gagne plus que 0,5 m/s par seconde.
Calcul guidé : le chariot de 1 kg
Le dynamomètre tire le chariot de 1 kg avec 1 N, sans frottement. Au bout de combien de temps roule-t-il à 3 m/s ? Et s'il pèse 3 kg ?
La vitesse gagne 1 m/s chaque seconde. Pour 3 m/s :
\[ t = \frac{v}{a} = \frac{3}{1} = 3\ \text{s} \]
Avec 3 kg :
\[ a = \frac{1}{3} = 0{,}33\ \text{m/s}^2 \]
\[ t = \frac{3}{0{,}333} = 9\ \text{s} \]
Trois fois plus de masse, trois fois plus de temps pour atteindre la même vitesse.
Faire le bilan des forces
Avant de calculer, dessine l'objet et toutes les forces qui agissent sur lui : son poids vers le bas, la poussée du sol vers le haut, les poussées et tractions, le frottement. Puis regarde si elles se compensent.
Calcul guidé
Un chariot de 2 kg roule sans frottement. On le pousse avec une force de 6 N. Quelle est son accélération ? Et si on charge le chariot jusqu'à 4 kg ?
On isole \(a\) dans \(F = m\,a\) :
\[ a = \frac{F}{m} \]
On remplace par les valeurs :
\[ a = \frac{6\ \text{N}}{2\ \text{kg}} = 3\ \text{m/s}^2 \]
Avec 4 kg, la masse double, l'accélération est divisée par deux :
\[ a = \frac{6}{4} = 1{,}5\ \text{m/s}^2 \]
Vérification : des N divisés par des kg donnent bien des m/s². Chaque seconde, le chariot de 2 kg gagne 3 m/s.
Je retiens
Forces compensées : vitesse constante (ou repos).
\(F = m\,a\) : la force en N, la masse en kg, l'accélération en m/s².
Les forces vont par paires : si A pousse B, B pousse A.
1 N donne 1 m/s² à 1 kg. C'est à peu près le poids de 100 g.
Petit lexique
Newton (N)
unité de force.
Accélération
variation de la vitesse chaque seconde, en m/s².
Bilan des forces
liste de toutes les forces qui agissent sur un objet.
Newton's three laws, plainly
Inertia: if the forces cancel out, the velocity does not change. The object stays at rest, or moves in a straight line at constant speed.
Force and acceleration: \(F = m\,a\). To give the same acceleration to twice the mass, you need twice the force.
Action and reaction: two objects always push on each other, with forces of equal size and opposite direction.
The same 20 N force gives the empty trolley a large acceleration and the full one a small one:
2nd law. Same 20 N push: the 10 kg trolley gets 2 m/s², the 40 kg one only 0.5 m/s². Four times the mass, a quarter of the acceleration: \(a = F/m\).3rd law. A pushes B, B pushes A: two forces of equal size, opposite directions, each on a different skater. The lighter one moves off faster: \(50 \cdot 1.5 = 75 \cdot 1\).
Feeling a newton
The unit of force is the newton (N). Its definition comes from the second law: 1 N is the force that gives an acceleration of 1 m/s² to a mass of 1 kg.
To feel it: a 100 g bar of chocolate weighs \(0.1 \cdot 9.81 = 0.98\ \text{N}\), almost 1 N.
A 100 g bar of chocolate weighs \(0.1 \cdot 9.81 = 0.98\ \text{N}\), almost exactly 1 N. To hold it still, your hand pushes up with the same force. That is what one newton feels like.
And the acceleration? Picture a 1 kg cart on a frictionless track, pulled by a spring scale that reads 1 N. Every second, it gains 1 m/s.
A spring scale pulls the 1 kg cart with 1 N. One photo per second: the speed gains 1 m/s every second, and the distances covered (0; 0.5; 2; 4.5; 8 m) grow as the square of time. That is the definition of the newton: 1 N gives 1 m/s² to 1 kg.
t (s)
0
1
2
3
4
v (m/s), 1 kg
0
1
2
3
4
v (m/s), 2 kg
0
0.5
1
1.5
2
With 2 kg and still 1 N, the speed only gains 0.5 m/s per second.
Guided calculation: the 1 kg cart
The spring scale pulls the 1 kg cart with 1 N, without friction. After how long does it move at 3 m/s? And if it has a mass of 3 kg?
Three times the mass, three times as long to reach the same speed.
Listing the forces
Before computing, draw the object and all the forces acting on it: its weight downwards, the push of the floor upwards, any pushes and pulls, friction. Then check whether they cancel out.
Guided calculation
A 2 kg cart rolls without friction. It is pushed with a force of 6 N. What is its acceleration? And if the cart is loaded up to 4 kg?
Isolate \(a\) in \(F = m\,a\):
\[ a = \frac{F}{m} \]
Put in the values:
\[ a = \frac{6\ \text{N}}{2\ \text{kg}} = 3\ \text{m/s}^2 \]
With 4 kg the mass doubles, so the acceleration is halved:
\[ a = \frac{6}{4} = 1.5\ \text{m/s}^2 \]
Check: newtons divided by kilograms do give m/s². Every second, the 2 kg cart gains 3 m/s.
Remember
Forces cancel: constant velocity (or at rest).
\(F = m\,a\): force in N, mass in kg, acceleration in m/s².
Forces come in pairs: if A pushes B, B pushes A.
1 N gives 1 m/s² to 1 kg. It is about the weight of 100 g.
Word list
Newton (N)
unit of force.
Acceleration
change of velocity every second, in m/s².
Force diagram
drawing of all the forces acting on one object.
Avant Newton
Pour Aristote, un objet ne bouge que si quelque chose le pousse. Arrête de pousser une charrette, elle s'arrête. L'idée paraît évidente, et elle a dominé pendant deux mille ans.
Un peu d'histoire
Galilée imagine une bille qui roule sur un plan horizontal parfaitement lisse. Rien ne la freine, rien ne l'accélère : elle doit rouler pour toujours. La charrette s'arrête à cause du frottement, pas parce que « sa force s'épuise ». Newton fait de cette idée sa première loi, en 1687, dans les Principia.
Première loi : le principe d'inertie
Dans un référentiel d'inertie, un corps sur lequel les forces se compensent reste au repos ou garde un mouvement rectiligne uniforme.
Un référentiel d'inertie est justement un référentiel où cette loi est vraie. Le sol terrestre l'est presque : sa rotation ne se remarque que dans des expériences fines, comme le pendule de Foucault. Un bus qui freine ne l'est pas. C'est pour cela que tu y es « projeté » vers l'avant sans qu'aucune force ne te pousse.
1re loi. Sans force horizontale, la rondelle parcourt des distances égales en des temps égaux : sa vitesse ne change ni de valeur ni de direction.1re loi. Le bus ralentit, le passager non : rien ne le freine encore. Il semble « projeté » vers l'avant, alors qu'il garde simplement sa vitesse. C'est le bus qui change de vitesse sous lui.
Deuxième loi : la force change la vitesse
La somme vectorielle des forces extérieures est égale à la masse fois l'accélération :
\[ \sum \vec{F} = m\,\vec{a} \]
Trois choses à lire dans cette équation. D'abord, c'est une égalité de vecteurs : l'accélération a la direction et le sens de la force résultante. Ensuite, la masse mesure la résistance au changement de vitesse : on l'appelle masse inerte. Enfin, elle fixe l'unité de force : \(1\ \text{N} = 1\ \text{kg·m/s}^2\).
Erreur fréquente
La force n'est pas dans le sens du mouvement, mais dans le sens de l'accélération. Une balle lancée vers le haut monte, alors que la seule force (son poids) la tire vers le bas. Cette force ne l'empêche pas de monter : elle diminue sa vitesse, jusqu'au sommet.
2e loi. Même poussée de 20 N : le caddie de 10 kg prend 2 m/s², celui de 40 kg seulement 0,5 m/s². Masse quatre fois plus grande, accélération quatre fois plus petite : \(a = F/m\).
Sentir un newton
La deuxième loi définit l'unité de force. Un newton est la force qui donne à une masse de 1 kg une accélération de 1 m/s².
\[ 1\ \text{N} = 1\ \text{kg·m/s}^2 \]
Deux images aident à le sentir. La première est statique : une tablette de 100 g pèse 0,98 N. Tenir 1 N, c'est tenir 100 g.
Une tablette de chocolat de 100 g pèse \(0{,}1 \cdot 9{,}81 = 0{,}98\ \text{N}\), presque exactement 1 N. Pour la tenir immobile, ta main pousse vers le haut avec la même force. C'est la sensation d'un newton.
La seconde est dynamique. Un chariot de 1 kg glisse sur un rail à coussin d'air. Un dynamomètre le tire avec une force constante de 1 N. Sa vitesse augmente de 1 m/s à chaque seconde, et sa position suit \(x = \tfrac12 a t^2\).
Un dynamomètre tire le chariot de 1 kg avec 1 N. Une photo par seconde : la vitesse gagne 1 m/s à chaque seconde, et les distances parcourues (0 ; 0,5 ; 2 ; 4,5 ; 8 m) croissent comme le carré du temps. C'est la définition du newton : 1 N donne 1 m/s² à 1 kg.
t (s)
0
1
2
3
4
v (m/s)
0
1
2
3
4
x (m)
0
0,5
2
4,5
8
Même force de 1 N, masse double : la pente de \(v(t)\), c'est-à-dire l'accélération, est divisée par deux (0,5 m/s²).
Le newton est une petite force à l'échelle humaine. Quelques ordres de grandeur :
Situation
Force
Poids d'un moustique (2,5 mg)
\(2{,}5 \cdot 10^{-5}\) N
Poids d'une tablette de 100 g
1 N
Poids d'une pomme (150 g)
1,5 N
Poids d'un adulte de 70 kg
690 N
Main qui serre au maximum (dynamomètre à main, adulte)
300 à 500 N
Freinage d'urgence d'une voiture de 1,2 t (8 m/s²)
\(\approx 10^4\) N
Poussée de Saturn V au décollage
\(3{,}4 \cdot 10^7\) N
Attraction Terre-Lune
\(2 \cdot 10^{20}\) N
Les unités et leurs préfixes sont détaillés au chapitre 0 : les unités dérivées.
Calcul guidé : retrouver le newton avec une tablette
On lâche la tablette de 100 g. Quelle force la fait accélérer, et avec quelle accélération ? Vérifie que 1 N donnerait à cette tablette 10 m/s².
Seule force : son poids.
\[ P = m g = 0{,}1 \cdot 9{,}81 = 0{,}981\ \text{N} \]
Deuxième loi :
\[ a = \frac{P}{m} = \frac{0{,}981}{0{,}1} = 9{,}81\ \text{m/s}^2 \]
Avec exactement 1 N sur 0,1 kg :
\[ a = \frac{1}{0{,}1} = 10\ \text{m/s}^2 \]
Le même newton donne 1 m/s² à 1 kg et 10 m/s² à 100 g. La force seule ne suffit pas : il faut toujours dire sur quelle masse elle agit.
Troisième loi : action et réaction
Si un corps A exerce une force sur un corps B, alors B exerce sur A une force de même intensité, de même droite d'action et de sens opposé :
\[ \vec{F}_{A \to B} = -\vec{F}_{B \to A} \]
Les deux forces d'une paire agissent sur des corps différents. Elles ne s'annulent donc jamais entre elles. Un livre posé sur une table subit son poids (la Terre l'attire) et la poussée de la table. Ces deux forces se compensent, mais elles ne forment pas une paire : toutes deux agissent sur le livre. La partenaire du poids du livre, c'est la force avec laquelle le livre attire la Terre.
3e loi. A pousse B, B pousse A : deux forces de même intensité, de sens opposés, chacune sur un patineur différent. Le plus léger part plus vite : \(50 \cdot 1{,}5 = 75 \cdot 1\).3e loi. À gauche, la fusée pousse les gaz vers le bas et les gaz poussent la fusée vers le haut. À droite, la Terre attire la pomme (150 g, 1,5 N) et la pomme attire la Terre avec la même force. La Terre ne bouge presque pas : \(a = 1{,}5 / (6 \cdot 10^{24}) \approx 2{,}5 \cdot 10^{-25}\ \text{m/s}^2\).
Une méthode pour tous les problèmes
Choisir le système : l'objet dont on veut le mouvement.
Faire le bilan des forces extérieures, avec un schéma. Chaque force est une flèche qui part de son point d'application.
Choisir des axes adaptés, de préférence l'un dans la direction de l'accélération.
Projeter la deuxième loi : on écrit chaque force comme un vecteur colonne, et l'égalité vectorielle devient une égalité ligne par ligne :
Résoudre, puis vérifier : unités, ordre de grandeur, cas limites.
Bilan des forces sur la caisse : poids P, réaction normale N, traction F de la corde inclinée de α, frottement f. Les longueurs sont à l'échelle de l'exemple calculé plus bas (1 mm pour environ 1,7 N).
Calcul guidé : la caisse et la corde inclinée
On tire une caisse de 20 kg avec une corde inclinée de 30° au-dessus de l'horizontale, avec une force de 100 N. Le coefficient de frottement cinétique vaut 0,4 (la loi du frottement est détaillée dans la page Frottements). La caisse glisse. Quelle est son accélération ?
Système : la caisse. Forces : \(\vec P\), \(\vec N\), \(\vec F\), \(\vec f\) (schéma ci-dessus). Axe \(x\) horizontal dans le sens du mouvement, axe \(y\) vertical.
Composantes de la traction :
\[ F_x = F\cos 30^\circ = 86{,}6\ \text{N} \]
\[ F_y = F\sin 30^\circ = 50\ \text{N} \]
Les quatre forces en colonnes (axe \(x\) horizontal, \(y\) vertical, en N) :
\[ \vec F = \begin{pmatrix} 86{,}6 \\ 50 \end{pmatrix} \]\[ \vec P = \begin{pmatrix} 0 \\ -196{,}2 \end{pmatrix} \]
\[ \vec N = \begin{pmatrix} 0 \\ N \end{pmatrix} \]\[ \vec f = \begin{pmatrix} -f \\ 0 \end{pmatrix} \]
La deuxième loi, ligne par ligne, avec \(\vec a = \begin{pmatrix} a \\ 0 \end{pmatrix}\) :
\[ \begin{pmatrix} 86{,}6 - f \\ 50 - 196{,}2 + N \end{pmatrix} = 20 \begin{pmatrix} a \\ 0 \end{pmatrix} \]
Projection sur \(y\) : la caisse ne décolle pas, donc \(a_y = 0\).
\[ N + F_y - m g = 0 \]
\[ N = 196{,}2 - 50 = 146{,}2\ \text{N} \]
Frottement cinétique :
\[ f = \mu_c N = 0{,}4 \cdot 146{,}2 = 58{,}5\ \text{N} \]
Remarque : la corde inclinée soulage la caisse. \(N\) passe de 196 N à 146 N, donc le frottement diminue. C'est pour cela qu'on tire une valise à roulettes vers le haut et non à l'horizontale.
Calcul guidé : la balance dans l'ascenseur
Une personne de 60 kg se tient sur une balance dans un ascenseur qui démarre vers le haut avec une accélération de 1,5 m/s². Qu'affiche la balance ?
Système : la personne. Forces : son poids \(m g\) vers le bas, la poussée \(N\) de la balance vers le haut. Axe vertical vers le haut.
La balance divise par 9,81 pour afficher des kilos :
\[ \frac{679}{9{,}81} = 69{,}2\ \text{kg} \]
Tu « pèses » 9 kg de plus pendant le démarrage. Quand l'ascenseur ralentit en montée (\(a\) vers le bas), la balance affiche moins. En chute libre (\(a = -g\)), elle afficherait 0 : c'est l'impesanteur des astronautes.
La deuxième loi en trois dimensions
Rien dans \(\sum\vec F = m\vec a\) ne se limite au plan. Dans l'espace, on choisit un repère orthonormé direct \((O ; x, y, z)\), avec \(z\) vers le haut. Chaque force s'écrit avec trois composantes, en colonne. L'égalité vectorielle donne alors trois équations indépendantes, une par ligne. Les trois mouvements selon \(x\), \(y\) et \(z\) se calculent séparément, puis on les recompose.
La norme d'un vecteur se calcule par Pythagore en 3D :
\[ |\vec a| = \sqrt{a_x^2 + a_y^2 + a_z^2} \]
Trois forces sur un drone de 1,2 kg, en perspective. La poussée est un peu penchée vers l'avant (axe x), le vent souffle vers −y.
Calcul guidé : le drone dans le vent
Un drone de 1,2 kg subit son poids, la poussée de ses rotors et la force du vent (en N) :
Le drone doit pencher sa poussée face au vent, d’un angle de \(\arctan(0{,}9/11{,}77) \approx 4{,}4^\circ\). Chaque ligne du calcul est un petit problème à une dimension.
À retenir
1re loi : forces compensées \(\Leftrightarrow\) vitesse constante, dans un référentiel d'inertie.
2e loi : \(\sum\vec F = m\vec a\), égalité de vecteurs. La force donne l'accélération, pas la vitesse.
3e loi : les deux forces d'une paire agissent sur deux corps différents.
Méthode : système, bilan, axes, projection, vérification.
En 3D : forces en colonnes, une équation par ligne.
1 N = 1 kg·m/s², à peu près le poids de 100 g.
OS / OC
Plusieurs corps reliés
Dès qu'il y a plusieurs objets, la règle d'or reste la même : un bilan par corps. On écrit la deuxième loi pour chacun, puis on relie les équations par les contraintes (fil inextensible, contact).
Un bloc sur une table sans frottement, relié par un fil à une masse suspendue. Le fil tendu transmet la même tension T aux deux corps (fil et poulie idéaux). Les deux ont la même accélération a, l'une horizontale, l'autre verticale.
Le fil est supposé sans masse et inextensible, la poulie sans masse ni frottement. Alors la tension est la même partout le long du fil, et les deux corps ont la même accélération \(a\) en norme. On projette chaque bilan sur la direction du mouvement de chaque corps :
\[ \text{corps 1 :}\quad T = m_1 a \]
\[ \text{corps 2 :}\quad m_2 g - T = m_2 a \]
En additionnant, \(T\) disparaît : c'est une force intérieure au système des deux corps.
\[ a = \frac{m_2}{m_1 + m_2}\,g \]
\[ T = \frac{m_1 m_2}{m_1 + m_2}\,g \]
Calcul guidé
\(m_1 = 2\ \text{kg}\) sur la table, \(m_2 = 0{,}5\ \text{kg}\) suspendue. Accélération et tension ?
Accélération du système :
\[ a = \frac{0{,}5}{2{,}5}\cdot 9{,}81 = 1{,}96\ \text{m/s}^2 \]
Tension, par le bilan du corps 1 :
\[ T = m_1 a = 2 \cdot 1{,}96 = 3{,}92\ \text{N} \]
Contrôle avec le corps 2 : \(m_2 g - T = 4{,}905 - 3{,}924 = 0{,}981\ \text{N}\), et \(m_2 a = 0{,}5 \cdot 1{,}962 = 0{,}981\ \text{N}\).
La tension (3,92 N) est plus petite que le poids de \(m_2\) (4,91 N) : sinon \(m_2\) ne pourrait pas accélérer vers le bas. Cas limites : si \(m_1 \to 0\), \(a \to g\) (chute libre) ; si \(m_1 \to \infty\), \(a \to 0\).
Forces intérieures et centre de masse
Additionnons les deuxièmes lois de tous les corps d'un système. Les forces intérieures s'annulent deux à deux, par la troisième loi. Il reste \(\sum \vec F_{\text{ext}} = M\,\vec a_G\) : le centre de masse se déplace comme un point unique de masse totale \(M\), soumis aux seules forces extérieures. C'est pour cela qu'on peut traiter une voiture, une personne ou une planète comme un point.
Newton écrivait en fait la deuxième loi avec la quantité de mouvement \(\vec p = m\vec v\) :
\[ \sum \vec F = \frac{\mathrm{d}\vec p}{\mathrm{d}t} \]
La forme \(m\vec a\) n'en est qu'un cas particulier, valable quand la masse est constante. Les fusées, dont la masse change, demandent la forme générale (chapitre Fusées).
Université
Les lois de Newton comme équations différentielles
La deuxième loi est une équation différentielle du second ordre pour la trajectoire :
\[ m\begin{pmatrix} \ddot x \\ \ddot y \\ \ddot z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} F_x \\ F_y \\ F_z \end{pmatrix} \]
Si \(\vec F\) est assez régulière (lipschitzienne), le théorème de Cauchy-Lipschitz garantit une solution unique pour chaque position et chaque vitesse initiales. C'est le déterminisme de la mécanique classique : six nombres, \(\vec r_0\) et \(\vec v_0\), fixent tout le futur d'un point matériel.
Calcul guidé : freinage visqueux
Un palet de masse \(m\) glisse dans un fluide qui exerce \(\vec F = -b\,\vec v\). Vitesse initiale \(v_0\). Trouve \(v(t)\) et la distance totale parcourue.
Le palet ne s'arrête jamais exactement, mais il ne dépasse jamais \(v_0\tau\). Avec \(m = 0{,}5\ \text{kg}\), \(b = 0{,}1\ \text{kg/s}\) et \(v_0 = 2\ \text{m/s}\) : \(\tau = 5\ \text{s}\) et \(x_\infty = 10\ \text{m}\).
Que disent vraiment les trois lois ?
La première loi n'est pas un cas particulier de la deuxième. Elle définit les référentiels d'inertie : ceux où un corps isolé a un mouvement rectiligne uniforme. La deuxième loi n'a de sens que dans ces référentiels.
La troisième loi permet de définir la masse sans cercle vicieux (idée de Mach). Deux corps qui n'interagissent qu'entre eux vérifient \(m_1\vec a_1 = -m_2\vec a_2\). Le rapport des masses se mesure donc par le rapport des accélérations : \(m_2/m_1 = a_1/a_2\). Deux chariots repoussés par un ressort comprimé entre eux, avec \(a_1 = 0{,}6\ \text{m/s}^2\) et \(a_2 = 0{,}2\ \text{m/s}^2\), vérifient \(m_2 = 3\,m_1\).
Sous la forme « forces égales et opposées au même instant », la troisième loi suppose une interaction instantanée. Pour des charges en mouvement rapide, elle échoue : le champ électromagnétique transporte lui-même de la quantité de mouvement. Ce qui survit, c'est la conservation de la quantité de mouvement totale, champ compris.
Before Newton
For Aristotle, an object only moves if something pushes it. Stop pushing a cart and it stops. The idea seems obvious, and it ruled for two thousand years.
A bit of history
Galileo imagined a ball rolling on a perfectly smooth horizontal plane. Nothing slows it, nothing speeds it up: it must roll forever. The cart stops because of friction, not because "its force runs out". Newton made this idea his first law, in 1687, in the Principia.
First law: the law of inertia
In an inertial frame, a body on which the forces cancel out stays at rest or keeps moving in a straight line at constant speed.
An inertial frame is precisely a frame where this law holds. The ground is almost one: its rotation only shows up in delicate experiments, such as Foucault's pendulum. A braking bus is not one. That is why you are "thrown" forwards in it with no force pushing you.
1st law. With no horizontal force, the puck covers equal distances in equal times: its velocity changes neither in size nor in direction.1st law. The bus slows down, the passenger does not: nothing is braking him yet. He seems "thrown" forwards, while he simply keeps his speed. It is the bus that changes speed beneath him.
Second law: force changes velocity
The vector sum of the external forces equals the mass times the acceleration:
\[ \sum \vec{F} = m\,\vec{a} \]
Three things to read in this equation. First, it is an equality of vectors: the acceleration has the direction of the resultant force. Second, the mass measures resistance to a change of velocity: it is called inertial mass. Third, it sets the unit of force: \(1\ \text{N} = 1\ \text{kg·m/s}^2\).
Common mistake
The force is not in the direction of motion, but in the direction of the acceleration. A ball thrown upwards rises, although the only force (its weight) pulls it down. That force does not stop it rising: it reduces its speed, until the top.
2nd law. Same 20 N push: the 10 kg trolley gets 2 m/s², the 40 kg one only 0.5 m/s². Four times the mass, a quarter of the acceleration: \(a = F/m\).
Feeling a newton
The second law defines the unit of force. One newton is the force that gives a mass of 1 kg an acceleration of 1 m/s².
\[ 1\ \text{N} = 1\ \text{kg·m/s}^2 \]
Two pictures help you feel it. The first is static: a 100 g bar weighs 0.98 N. Holding 1 N is holding 100 g.
A 100 g bar of chocolate weighs \(0.1 \cdot 9.81 = 0.98\ \text{N}\), almost exactly 1 N. To hold it still, your hand pushes up with the same force. That is what one newton feels like.
The second is dynamic. A 1 kg cart glides on an air track. A spring scale pulls it with a constant 1 N force. Its speed increases by 1 m/s every second, and its position follows \(x = \tfrac12 a t^2\).
A spring scale pulls the 1 kg cart with 1 N. One photo per second: the speed gains 1 m/s every second, and the distances covered (0; 0.5; 2; 4.5; 8 m) grow as the square of time. That is the definition of the newton: 1 N gives 1 m/s² to 1 kg.
t (s)
0
1
2
3
4
v (m/s)
0
1
2
3
4
x (m)
0
0.5
2
4.5
8
Same 1 N force, twice the mass: the slope of \(v(t)\), the acceleration, is halved (0.5 m/s²).
The newton is a small force on the human scale. Some orders of magnitude:
Situation
Force
Weight of a mosquito (2.5 mg)
\(2.5 \times 10^{-5}\) N
Weight of a 100 g bar
1 N
Weight of an apple (150 g)
1.5 N
Weight of a 70 kg adult
690 N
Maximum hand grip (hand dynamometer, adult)
300 to 500 N
Emergency braking of a 1.2 t car (8 m/s²)
\(\approx 10^4\) N
Thrust of Saturn V at lift-off
\(3.4 \times 10^7\) N
Earth-Moon attraction
\(2 \times 10^{20}\) N
Units and their prefixes are covered in chapter 0: derived units.
Guided calculation: finding the newton with a bar of chocolate
We drop the 100 g bar. Which force makes it accelerate, and with what acceleration? Check that 1 N would give this bar 10 m/s².
Only force: its weight.
\[ P = m g = 0.1 \cdot 9.81 = 0.981\ \text{N} \]
Second law:
\[ a = \frac{P}{m} = \frac{0.981}{0.1} = 9.81\ \text{m/s}^2 \]
With exactly 1 N on 0.1 kg:
\[ a = \frac{1}{0.1} = 10\ \text{m/s}^2 \]
The same newton gives 1 m/s² to 1 kg and 10 m/s² to 100 g. A force alone is not enough: you must always say which mass it acts on.
Third law: action and reaction
If a body A exerts a force on a body B, then B exerts on A a force of equal size, along the same line, in the opposite direction:
\[ \vec{F}_{A \to B} = -\vec{F}_{B \to A} \]
The two forces of a pair act on different bodies. So they never cancel each other. A book on a table feels its weight (the Earth pulls it) and the push of the table. These two forces cancel, but they are not a pair: both act on the book. The partner of the book's weight is the force with which the book pulls the Earth.
3rd law. A pushes B, B pushes A: two forces of equal size, opposite directions, each on a different skater. The lighter one moves off faster: \(50 \cdot 1.5 = 75 \cdot 1\).3rd law. Left: the rocket pushes the gas down and the gas pushes the rocket up. Right: the Earth pulls the apple (150 g, 1.5 N) and the apple pulls the Earth with the same force. The Earth hardly moves: \(a = 1.5 / (6 \cdot 10^{24}) \approx 2.5 \cdot 10^{-25}\ \text{m/s}^2\).
A method for every problem
Choose the system: the object whose motion you want.
List the external forces, with a diagram. Each force is an arrow starting at its point of application.
Choose suitable axes, preferably one along the acceleration.
Project the second law: write each force as a column vector, and the vector equation becomes an equation line by line:
Solve, then check: units, order of magnitude, limiting cases.
Forces on the crate: weight P, normal force N, pull F of the rope tilted by α, friction f. The lengths are to scale for the worked example below (1 mm for about 1.7 N).
Guided calculation: the crate and the tilted rope
A 20 kg crate is pulled with a rope tilted 30° above the horizontal, with a force of 100 N. The coefficient of kinetic friction is 0.4 (the friction law is explained on the Friction page). The crate slides. What is its acceleration?
System: the crate. Forces: \(\vec P\), \(\vec N\), \(\vec F\), \(\vec f\) (diagram above). Axis \(x\) horizontal in the direction of motion, axis \(y\) vertical.
Components of the pull:
\[ F_x = F\cos 30^\circ = 86.6\ \text{N} \]
\[ F_y = F\sin 30^\circ = 50\ \text{N} \]
The four forces as columns (\(x\) axis horizontal, \(y\) vertical, in N):
\[ \vec F = \begin{pmatrix} 86.6 \\ 50 \end{pmatrix} \]\[ \vec P = \begin{pmatrix} 0 \\ -196.2 \end{pmatrix} \]
\[ \vec N = \begin{pmatrix} 0 \\ N \end{pmatrix} \]\[ \vec f = \begin{pmatrix} -f \\ 0 \end{pmatrix} \]
The second law, line by line, with \(\vec a = \begin{pmatrix} a \\ 0 \end{pmatrix}\):
\[ \begin{pmatrix} 86.6 - f \\ 50 - 196.2 + N \end{pmatrix} = 20 \begin{pmatrix} a \\ 0 \end{pmatrix} \]
Projection on \(y\): the crate does not lift off, so \(a_y = 0\).
\[ N + F_y - m g = 0 \]
\[ N = 196.2 - 50 = 146.2\ \text{N} \]
Kinetic friction:
\[ f = \mu_k N = 0.4 \cdot 146.2 = 58.5\ \text{N} \]
Note: the tilted rope lifts some of the crate's weight. \(N\) drops from 196 N to 146 N, so friction decreases. That is why you pull a wheeled suitcase upwards and not horizontally.
Guided calculation: the scale in the lift
A 60 kg person stands on a scale in a lift that starts upwards with an acceleration of 1.5 m/s². What does the scale show?
System: the person. Forces: weight \(m g\) downwards, push \(N\) of the scale upwards. Axis vertical, upwards.
Second law:
\[ N - m g = m a \]
\[ N = m\,(g + a) \]
Numerical value:
\[ N = 60 \cdot (9.81 + 1.5) = 679\ \text{N} \]
The scale divides by 9.81 to display kilograms:
\[ \frac{679}{9.81} = 69.2\ \text{kg} \]
You "weigh" 9 kg more while the lift starts. When it slows down going up (\(a\) downwards), the scale shows less. In free fall (\(a = -g\)) it would show 0: that is the weightlessness of astronauts.
The second law in three dimensions
Nothing in \(\sum\vec F = m\vec a\) is limited to the plane. In space, choose a right-handed orthonormal frame \((O ; x, y, z)\), with \(z\) upwards. Each force is written with three components, as a column. The vector equation then gives three independent equations, one per line. The three motions along \(x\), \(y\) and \(z\) are computed separately, then put back together.
The magnitude of a vector follows from Pythagoras in 3D:
\[ |\vec a| = \sqrt{a_x^2 + a_y^2 + a_z^2} \]
Three forces on a 1.2 kg drone, in perspective. The thrust tilts slightly forwards (x axis), the wind blows towards −y.
Guided calculation: the drone in the wind
A 1.2 kg drone feels its weight, the thrust of its rotors and the wind force (in N):
The drone must tilt its thrust into the wind, by an angle of \(\arctan(0.9/11.77) \approx 4.4^\circ\). Each line of the calculation is a small one-dimensional problem.
Key points
1st law: forces cancel \(\Leftrightarrow\) constant velocity, in an inertial frame.
2nd law: \(\sum\vec F = m\vec a\), an equality of vectors. Force gives acceleration, not velocity.
3rd law: the two forces of a pair act on two different bodies.
Method: system, forces, axes, projection, check.
In 3D: forces as columns, one equation per line.
1 N = 1 kg·m/s², about the weight of 100 g.
Advanced
Several connected bodies
As soon as there are several objects, the golden rule stays the same: one force analysis per body. Write the second law for each, then link the equations through the constraints (inextensible string, contact).
A block on a frictionless table, joined by a string to a hanging mass. The taut string carries the same tension T to both bodies (ideal string and pulley). Both have the same acceleration a, one horizontal, the other vertical.
The string is assumed massless and inextensible, the pulley massless and frictionless. Then the tension is the same all along the string, and both bodies have the same acceleration \(a\) in magnitude. Project each analysis on the direction of motion of each body:
\[ \text{body 1:}\quad T = m_1 a \]
\[ \text{body 2:}\quad m_2 g - T = m_2 a \]
Adding them, \(T\) disappears: it is an internal force of the two-body system.
\[ a = \frac{m_2}{m_1 + m_2}\,g \]
\[ T = \frac{m_1 m_2}{m_1 + m_2}\,g \]
Guided calculation
\(m_1 = 2\ \text{kg}\) on the table, \(m_2 = 0.5\ \text{kg}\) hanging. Acceleration and tension?
Acceleration of the system:
\[ a = \frac{0.5}{2.5}\cdot 9.81 = 1.96\ \text{m/s}^2 \]
Tension, from the analysis of body 1:
\[ T = m_1 a = 2 \cdot 1.96 = 3.92\ \text{N} \]
Check with body 2: \(m_2 g - T = 4.905 - 3.924 = 0.981\ \text{N}\), and \(m_2 a = 0.5 \cdot 1.962 = 0.981\ \text{N}\).
The tension (3.92 N) is smaller than the weight of \(m_2\) (4.91 N): otherwise \(m_2\) could not accelerate downwards. Limiting cases: if \(m_1 \to 0\), \(a \to g\) (free fall); if \(m_1 \to \infty\), \(a \to 0\).
Internal forces and centre of mass
Add up the second laws of all the bodies in a system. The internal forces cancel in pairs, by the third law. What remains is \(\sum \vec F_{\text{ext}} = M\,\vec a_G\): the centre of mass moves like a single point of total mass \(M\), acted on by the external forces only. That is why a car, a person or a planet can be treated as a point.
Newton actually wrote the second law with momentum \(\vec p = m\vec v\):
\[ \sum \vec F = \frac{\mathrm{d}\vec p}{\mathrm{d}t} \]
The form \(m\vec a\) is only a special case, valid when the mass is constant. Rockets, whose mass changes, need the general form (Rockets chapter).
University
Newton's laws as differential equations
The second law is a second-order differential equation for the trajectory:
\[ m\begin{pmatrix} \ddot x \\ \ddot y \\ \ddot z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} F_x \\ F_y \\ F_z \end{pmatrix} \]
If \(\vec F\) is regular enough (Lipschitz), the Picard-Lindelöf theorem guarantees a unique solution for each initial position and velocity. This is the determinism of classical mechanics: six numbers, \(\vec r_0\) and \(\vec v_0\), fix the whole future of a point mass.
Guided calculation: viscous braking
A puck of mass \(m\) slides in a fluid exerting \(\vec F = -b\,\vec v\). Initial speed \(v_0\). Find \(v(t)\) and the total distance travelled.
The puck never stops exactly, but it never goes beyond \(v_0\tau\). With \(m = 0.5\ \text{kg}\), \(b = 0.1\ \text{kg/s}\) and \(v_0 = 2\ \text{m/s}\): \(\tau = 5\ \text{s}\) and \(x_\infty = 10\ \text{m}\).
What do the three laws really say?
The first law is not a special case of the second. It defines inertial frames: those where an isolated body moves in a straight line at constant speed. The second law only makes sense in those frames.
The third law lets us define mass without circularity (Mach's idea). Two bodies interacting only with each other satisfy \(m_1\vec a_1 = -m_2\vec a_2\). The mass ratio is therefore measured by the ratio of accelerations: \(m_2/m_1 = a_1/a_2\). Two carts pushed apart by a spring compressed between them, with \(a_1 = 0.6\ \text{m/s}^2\) and \(a_2 = 0.2\ \text{m/s}^2\), satisfy \(m_2 = 3\,m_1\).
In the form "equal and opposite forces at the same instant", the third law assumes an instantaneous interaction. For fast-moving charges it fails: the electromagnetic field itself carries momentum. What survives is conservation of the total momentum, field included.
À toi de jouer
Choisis le sol « Glace (μ ≈ 0,1) », clique sur « Lancer », puis sur « Lâcher la corde ». Que fait la caisse ?
Recommence sur « Caoutchouc (μ ≈ 1) ». Qu'est-ce qui a changé ?
Mets une force faible (20 N) sur le parquet et lance. Pourquoi la caisse ne bouge-t-elle pas du tout ?
Avec la même force, compare une caisse de 10 kg et une de 80 kg.
Clique sur « 1 N sur 1 kg (sans frottement) », puis sur « Lancer ». Regarde la vitesse : combien gagne-t-elle chaque seconde ?
Your turn
Choose the "Ice (μ ≈ 0.1)" floor, click "Start", then "Let go of the rope". What does the crate do?
Do it again on "Rubber (μ ≈ 1)". What changed?
Set a small force (20 N) on the wooden floor and start. Why does the crate not move at all?
With the same force, compare a 10 kg crate and an 80 kg one.
Click "1 N on 1 kg (frictionless)", then "Start". Watch the speed: how much does it gain every second?
À toi de jouer
Sur le coussin d'air, avec 100 N et 20 kg, prédis l'accélération. Vérifie dans le tableau.
Double la masse sans changer la force : que devient l'accélération ?
Une fois la caisse lancée sur le coussin d'air, lâche la corde : la vitesse change-t-elle encore ? Quelle loi de Newton vois-tu ?
Clique sur « 1 N sur 1 kg (sans frottement) ». Note la vitesse après 1, 2 et 3 s. Puis passe à 2 kg en gardant 1 N : prédis l'accélération avant de lancer.
Your turn
On the air cushion, with 100 N and 20 kg, predict the acceleration. Check in the table.
Double the mass without changing the force: what happens to the acceleration?
Once the crate is moving on the air cushion, let go of the rope: does the speed still change? Which of Newton's laws do you see?
Click "1 N on 1 kg (frictionless)". Note the speed after 1, 2 and 3 s. Then switch to 2 kg keeping 1 N: predict the acceleration before starting.
Piste de travail : sur le parquet (\(\mu_s = 0{,}5\), \(\mu_c = 0{,}4\)), prédis \(a\) pour \(F = 150\ \text{N}\) et \(m = 20\ \text{kg}\), puis vérifie. Incline ensuite la corde à 30° avec \(F = 100\ \text{N}\) et compare au calcul guidé. Pourquoi \(N\) diminue-t-il ? Enfin, avec le bouton « 1 N sur 1 kg », vérifie la définition du newton sur le graphique \(v(t)\) : quelle pente ?
Worksheet idea: on the wooden floor (\(\mu_s = 0.5\), \(\mu_k = 0.4\)), predict \(a\) for \(F = 150\ \text{N}\) and \(m = 20\ \text{kg}\), then check. Then tilt the rope to 30° with \(F = 100\ \text{N}\) and compare with the guided calculation. Why does \(N\) decrease? Finally, with the "1 N on 1 kg" button, check the definition of the newton on the \(v(t)\) graph: what slope?
Exemples résolusWorked examples
Tirer une caisse sur un parquet
Caisse de 20 kg, traction horizontale de 150 N, \(\mu_s = 0{,}5\), \(\mu_c = 0{,}4\).
1) Démarre-t-elle ? Le frottement statique peut aller jusqu'à \(\mu_s m g\) :
\[ \mu_s m g = 0{,}5 \cdot 20 \cdot 9{,}81 = 98{,}1\ \text{N} \]
C'est moins que 150 N : elle glisse.
2) Frottement cinétique :
\[ f = \mu_c\, m g = 0{,}4 \cdot 196{,}2 = 78{,}5\ \text{N} \]
Cette force vient de la route, qui frotte sur les pneus. Les freins ralentissent les roues, mais c'est la route qui arrête la voiture.
Le livre sur la table : qui forme une paire ?
Forces sur le livre : le poids \(\vec P\) (la Terre sur le livre) et la réaction \(\vec N\) (la table sur le livre). Elles se compensent parce que le livre est immobile (1re loi), pas à cause de la 3e loi.
Paires action-réaction : \(\vec P\) avec la force du livre sur la Terre ; \(\vec N\) avec la force du livre sur la table. Chaque paire relie deux corps différents.
Deux caisses poussées ensemble
On pousse avec 60 N une caisse de 4 kg, collée contre une caisse de 2 kg, sur un sol sans frottement. Accélération, et force de contact entre les caisses ?
1) Système des deux caisses : la force de contact est intérieure.
2) Système « caisse de 2 kg » seule : une seule force horizontale, le contact \(C\).
\[ C = m_2\,a = 2 \cdot 10 = 20\ \text{N} \]
3) Contrôle sur la caisse de 4 kg : \(60 - 20 = 40\ \text{N} = 4 \cdot 10\). Si l'on pousse du côté de la petite caisse, \(C\) devient 40 N.
Freinage visqueux
\(m = 0{,}5\ \text{kg}\), \(b = 0{,}1\ \text{kg/s}\), \(v_0 = 2\ \text{m/s}\). Temps pour diviser la vitesse par 10, et distance parcourue pendant ce temps.
This force comes from the road rubbing on the tyres. The brakes slow the wheels, but it is the road that stops the car.
The book on the table: which forces form a pair?
Forces on the book: weight \(\vec P\) (Earth on book) and normal force \(\vec N\) (table on book). They cancel because the book is at rest (1st law), not because of the 3rd law.
Action-reaction pairs: \(\vec P\) with the force of the book on the Earth; \(\vec N\) with the force of the book on the table. Each pair links two different bodies.
Two crates pushed together
A 4 kg crate, touching a 2 kg crate, is pushed with 60 N on a frictionless floor. Acceleration, and contact force between the crates?
1) System of both crates: the contact force is internal.
Same force, but Mia, being lighter, accelerates more.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3 · Dynamique
La pesanteur : de Galilée au poids
Comment Galilée a découvert que tout tombe de la même façon, et pourquoi on en déduit la force poids P = m g.
Chapter 3 · Dynamics
Gravity: from Galileo to weight
How Galileo found that everything falls in the same way, and why this gives the weight force P = m g.
Tout tombe… mais à quelle vitesse ?
Lâche en même temps une balle de tennis et une bille, de la même hauteur. Écoute : elles touchent le sol presque ensemble ! Pourtant, l'une est bien plus lourde que l'autre.
Il y a 400 ans, Galilée a fait des expériences comme celle-ci. Il a compris que, sans l'air, tous les objets tombent de la même façon, lourds ou légers.
Expérience : la feuille et le livre
Lâche un livre et une feuille de papier à plat, côte à côte. La feuille plane et arrive après.
Pose maintenant la feuille sur le livre, puis lâche le tout.
Prédis d'abord : la feuille reste-t-elle collée au livre ?
Elle reste dessus ! Le livre lui sert de bouclier contre l'air. Sans l'air, la feuille tombe aussi vite que le livre.
Les clochettes de Galilée
Une chute va trop vite pour être mesurée à l'œil. Galilée a eu une idée : faire rouler une bille sur une pente douce. La bille descend lentement, et on a le temps d'observer.
Le long de la pente, on place des clochettes. Si on les met à distances égales, elles sonnent de plus en plus vite : la bille accélère. Pour qu'elles sonnent régulièrement, il faut les espacer de plus en plus. Essaie dans la simulation !
Sur la Lune
En 1971, sur la Lune, l'astronaute David Scott a lâché un marteau et une plume. Il n'y a pas d'air sur la Lune. Les deux sont arrivés au sol exactement en même temps.
Masse et poids, ce n'est pas pareil
Ta masse, en kilos, c'est la quantité de matière dont tu es fait. Elle est la même sur Terre et sur la Lune.
Ton poids, c'est la force avec laquelle la Terre t'attire vers le bas. Sur la Lune, tu serais attiré six fois moins fort : tu sauterais bien plus haut.
Je retiens
Sans air, tout tombe ensemble, lourd ou léger.
En tombant, un objet va de plus en plus vite.
Ma masse ne change pas. Mon poids dépend de l'endroit où je suis.
Petit lexique
Chute libre
chute sans rien qui freine.
Poids
force qui nous attire vers le sol.
Masse
quantité de matière, en kilogrammes.
Plan incliné
planche en pente.
Everything falls… but how fast?
Drop a tennis ball and a marble at the same time, from the same height. Listen: they hit the floor almost together! Yet one is much heavier than the other.
400 years ago, Galileo did experiments like this one. He understood that, without air, all objects fall in the same way, heavy or light.
Experiment: the sheet and the book
Drop a book and a flat sheet of paper side by side. The sheet glides and lands later.
Now put the sheet on top of the book, then drop both.
Predict first: does the sheet stay on the book?
It stays on! The book shields it from the air. Without air, the sheet falls as fast as the book.
Galileo's bells
A fall is too fast to measure by eye. Galileo had an idea: let a ball roll down a gentle slope. The ball goes down slowly, and you have time to watch.
Along the slope, you place bells. If you put them at equal distances, they ring faster and faster: the ball speeds up. For them to ring at a steady beat, they must be spaced further and further apart. Try it in the simulation!
On the Moon
In 1971, on the Moon, the astronaut David Scott dropped a hammer and a feather. There is no air on the Moon. Both hit the ground at exactly the same time.
Mass and weight are not the same
Your mass, in kilograms, is the amount of matter you are made of. It is the same on Earth and on the Moon.
Your weight is the force with which the Earth pulls you down. On the Moon you would be pulled six times less: you could jump much higher.
Remember
Without air, everything falls together, heavy or light.
While falling, an object goes faster and faster.
My mass does not change. My weight depends on where I am.
Word list
Free fall
falling with nothing slowing you down.
Weight
the force pulling us towards the ground.
Mass
amount of matter, in kilograms.
Inclined plane
a sloping board.
Galilée ralentit la chute
Une pierre lâchée tombe de 4,9 m en une seconde : trop vite pour les horloges de 1600. Galilée fait donc rouler des billes sur un plan incliné. Il mesure les distances parcourues depuis le départ après des temps égaux.
Il trouve des distances dans les rapports 1, 4, 9, 16, les carrés de 1, 2, 3, 4. Pendant chaque intervalle successif, la bille parcourt 1, 3, 5, 7 fois la distance du premier intervalle.
Conclusion : la vitesse augmente régulièrement. C'est un mouvement uniformément accéléré. Plus la pente est raide, plus l'accélération est grande. À la verticale, on obtient la chute libre, avec la même accélération pour tous les corps :
\[ g \approx 9{,}81\ \text{m/s}^2 \approx 10\ \text{m/s}^2 \]
Chaque seconde, un objet en chute libre gagne environ 10 m/s, soit 35 km/h.
Calcul guidé : deux secondes de chute
On lâche une pierre du haut d'une falaise. On néglige l'air. Quelle est sa vitesse après 2 s, et de combien est-elle tombée ?
Pendant la 1re seconde, elle tombe de 4,9 m. Pendant la 2e, de 14,7 m : trois fois plus. Galilée l'avait vu.
Le poids : P = m g
Si un objet tombe avec l'accélération \(g\), c'est qu'une force agit sur lui : son poids. D'après \(F = m\,a\) avec \(a = g\) :
\[ P = m \cdot g \]
\(P\) en newtons, \(m\) en kilogrammes, \(g\) en N/kg. Sur Terre, \(g = 9{,}81\ \text{N/kg}\). Sur la Lune, \(g = 1{,}62\ \text{N/kg}\).
Calcul guidé : ton poids sur la Lune
Une élève a une masse de 50 kg. Quel est son poids sur Terre, puis sur la Lune ?
Sur Terre :
\[ P = 50 \cdot 9{,}81 = 490{,}5\ \text{N} \]
Sur la Lune :
\[ P = 50 \cdot 1{,}62 = 81\ \text{N} \]
Son poids est six fois plus petit. Sa masse reste 50 kg. Une balance de salle de bains mesure en fait une force, puis la divise par 9,81 : sur la Lune, elle afficherait environ 8,3 kg.
Je retiens
Chute libre : \(v = g\,t\) et \(d = \tfrac12\,g\,t^2\), avec \(g \approx 9{,}81\ \text{m/s}^2\).
Distances depuis le départ : 1, 4, 9, 16. Distances par intervalle : 1, 3, 5, 7.
Poids \(P = m\,g\), en newtons. La masse ne dépend pas du lieu, le poids oui.
Petit lexique
g
accélération de la pesanteur, ou intensité de la pesanteur (9,81 N/kg).
Dynamomètre
ressort gradué qui mesure une force en newtons.
Uniformément accéléré
la vitesse augmente de la même quantité à chaque seconde.
Galileo slows the fall down
A dropped stone falls 4.9 m in one second: too fast for the clocks of 1600. So Galileo rolls balls down an inclined plane. He measures the distances covered from the start after equal times.
He finds distances in the ratios 1, 4, 9, 16, the squares of 1, 2, 3, 4. In each successive interval, the ball covers 1, 3, 5, 7 times the distance of the first interval.
Conclusion: the speed increases steadily. The motion is uniformly accelerated. The steeper the slope, the larger the acceleration. Vertically, you get free fall, with the same acceleration for every body:
\[ g \approx 9.81\ \text{m/s}^2 \approx 10\ \text{m/s}^2 \]
Every second, an object in free fall gains about 10 m/s, or 35 km/h.
Guided calculation: two seconds of falling
A stone is dropped from the top of a cliff. Air is neglected. What is its speed after 2 s, and how far has it fallen?
In the 1st second it falls 4.9 m. In the 2nd, 14.7 m: three times more. Galileo had seen it.
Weight: P = m g
If an object falls with acceleration \(g\), a force must act on it: its weight. From \(F = m\,a\) with \(a = g\):
\[ P = m \cdot g \]
\(P\) in newtons, \(m\) in kilograms, \(g\) in N/kg. On Earth, \(g = 9.81\ \text{N/kg}\). On the Moon, \(g = 1.62\ \text{N/kg}\).
Guided calculation: your weight on the Moon
A student has a mass of 50 kg. What is her weight on Earth, then on the Moon?
On Earth:
\[ P = 50 \cdot 9.81 = 490.5\ \text{N} \]
On the Moon:
\[ P = 50 \cdot 1.62 = 81\ \text{N} \]
Her weight is six times smaller. Her mass is still 50 kg. A bathroom scale actually measures a force, then divides it by 9.81: on the Moon it would show about 8.3 kg.
Remember
Free fall: \(v = g\,t\) and \(d = \tfrac12\,g\,t^2\), with \(g \approx 9.81\ \text{m/s}^2\).
Distances from the start: 1, 4, 9, 16. Distances per interval: 1, 3, 5, 7.
Weight \(P = m\,g\), in newtons. Mass does not depend on the place, weight does.
Word list
g
acceleration due to gravity, or gravitational field strength (9.81 N/kg).
Spring scale
a graduated spring that measures a force in newtons.
Uniformly accelerated
the speed increases by the same amount every second.
Le problème : la chute va trop vite
Une pierre lâchée parcourt près de 5 m pendant la première seconde. Au début du XVIIe siècle, aucune horloge ne mesure des fractions de seconde. Étudier la chute directement est impossible. Il faut la ralentir sans changer sa nature.
L'astuce de Galilée : le plan incliné
Galilée fait descendre une bille dans une rainure bien polie, sur une planche légèrement inclinée. Le mouvement est le même que la chute, en plus lent. Il mesure les temps avec une horloge à eau : il pèse l'eau qui s'écoule pendant la descente.
Un peu d'histoire
Galilée décrit cette expérience dans son livre de 1638, les Discours sur deux sciences nouvelles. L'historien Stillman Drake a proposé qu'il ait aussi utilisé le rythme : des cordes tendues sur la planche, qui claquent au passage de la bille. L'oreille repère très bien un rythme régulier, à quelques centièmes de seconde près. Nos clochettes reprennent cette idée.
Les clochettes sont placées à des distances proportionnelles à 1, 4, 9 et 16. Le chariot les fait sonner à intervalles de temps égaux : la distance parcourue grandit comme le carré du temps.
Ce que disent les nombres
Après des durées égales \(t_1, 2t_1, 3t_1, 4t_1\), les distances depuis le départ sont dans les rapports \(1 : 4 : 9 : 16\). Autrement dit, la distance est proportionnelle au carré du temps :
\[ d = \tfrac{1}{2}\,a\,t^2 \]
Regardons les distances parcourues pendant chaque intervalle. Entre \((n-1)\,t_1\) et \(n\,t_1\), la bille parcourt \(n^2 - (n-1)^2 = 2n - 1\) fois la première distance. On obtient la suite des nombres impairs 1, 3, 5, 7. C'est la signature d'une vitesse qui augmente de la même quantité à chaque intervalle : le mouvement est uniformément accéléré, \(v = a\,t\).
Une bille en chute libre photographiée à intervalles réguliers. Les écarts entre deux images successives suivent les nombres impairs 1, 3, 5, 7 : chaque intervalle, la bille gagne la même vitesse.
De la pente à la verticale
Galilée répète l'expérience pour plusieurs inclinaisons. L'accélération croît avec la pente. Les mesures montrent qu'elle est proportionnelle à \(\sin\alpha\) (on le justifiera avec les forces dans la page Frottements) :
\[ a = g\,\sin\alpha \]
À \(\alpha = 90^\circ\), le plan est vertical : c'est la chute libre, et \(a = g\). On mesure donc \(g\) en traçant \(a\) en fonction de \(\sin\alpha\) : c'est la pente de la droite.
Accélération mesurée sur le plan incliné pour plusieurs angles, tracée en fonction de sin α. Les points sont alignés avec l'origine : a = g sin α. Le dernier point (α = 90°) est la chute libre.
Calcul guidé : mesurer g comme Galilée
Un chariot sans frottement part du repos sur un plan incliné de 10°. Il parcourt 4,00 m en 2,17 s. Quelle valeur de \(g\) en déduit-on ? Avec quelle précision, si le temps est connu à 0,01 s près ?
On isole l'accélération dans \(d = \tfrac12 a t^2\) :
Précision : \(g\) varie comme \(1/t^2\). Une erreur relative de \(0{,}01/2{,}17 \approx 0{,}5\,\%\) sur \(t\) donne une erreur relative double sur \(g\) :
\[ \Delta g \approx 2\cdot\frac{0{,}01}{2{,}17}\cdot 9{,}78 \approx 0{,}09\ \text{m/s}^2 \]
Résultat : \(g = 9{,}78 \pm 0{,}09\ \text{m/s}^2\), compatible avec 9,81. Pour être plus précis, il vaut mieux allonger la durée (plan plus long ou moins incliné) que d'améliorer le chronomètre.
Tout tombe avec la même accélération
Le résultat le plus étonnant : \(g\) ne dépend ni de la masse, ni de la matière, ni de la forme de l'objet. Si une plume tombe plus lentement qu'une bille, c'est à cause de l'air. Dans un tube vidé de son air, elles tombent ensemble. En 1971, l'astronaute David Scott a refait l'expérience sur la Lune (mission Apollo 15) avec un marteau de 1,3 kg et une plume de faucon de 30 g : ils ont touché le sol en même temps.
De g à la force poids
Appliquons la deuxième loi de Newton à un objet en chute libre. Son accélération vaut \(\vec g\), verticale et vers le bas. Il doit donc subir une force :
\[ \vec P = m\,\vec g \]
Avec un axe \(z\) vertical vers le haut, les deux vecteurs s'écrivent en colonne :
\[ \vec g = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ -g \end{pmatrix} \]\[ \vec P = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ -m g \end{pmatrix} \]
C'est le poids, la force d'attraction de la Terre. Sa direction est celle du fil à plomb, la verticale du lieu. Son intensité est proportionnelle à la masse. Le facteur \(g\) se lit de deux façons : comme une accélération (m/s²) ou comme le poids par kilogramme (N/kg). Les deux unités sont identiques : \(1\ \text{N/kg} = 1\ \text{kg·m/s}^2/\text{kg} = 1\ \text{m/s}^2\).
Masse \(m\)
Poids \(P\)
Nature
quantité de matière, inertie
force d'attraction
Unité
kg
N
Instrument
balance à plateaux
dynamomètre
Sur la Lune
inchangée
6 fois plus petit
Erreur fréquente
« Je pèse 60 kg » est un abus de langage : 60 kg est ta masse. Ton poids vaut \(60 \cdot 9{,}81 = 589\ \text{N}\). Autre piège : un objet lourd ne tombe pas plus vite qu'un léger. Il est plus attiré, mais il est aussi plus difficile à accélérer, dans la même proportion.
g n'est pas tout à fait constant
Sur Terre, \(g\) vaut 9,78 m/s² à l'équateur et 9,83 m/s² aux pôles. Il diminue avec l'altitude : environ 9,78 m/s² au sommet de l'Everest, 8,69 m/s² à l'altitude de la Station spatiale (400 km). Sur la Lune, \(g = 1{,}62\ \text{m/s}^2\) ; sur Mars, 3,71 m/s². Le chapitre Gravitation explique d'où viennent ces valeurs.
Calcul guidé : la pomme de Newton
Une pomme tombe d'une branche située à 3,0 m du sol. Combien de temps dure la chute, et à quelle vitesse arrive-t-elle ?
Contrôle par une autre formule de la cinématique :
\[ v = \sqrt{2 g h} = \sqrt{58{,}9} = 7{,}7\ \text{m/s} \]
Moins d'une seconde de chute, et pourtant presque 28 km/h. La masse de la pomme n'intervient nulle part.
À retenir
Galilée : sur un plan incliné, \(d \propto t^2\) ; distances successives en 1, 3, 5, 7 ; donc mouvement uniformément accéléré.
\(a = g\sin\alpha\) ; à la verticale, chute libre avec \(a = g \approx 9{,}81\ \text{m/s}^2\), la même pour tous les corps.
Poids : \(\vec P = m\,\vec g\), vertical vers le bas, en newtons. \(1\ \text{N/kg} = 1\ \text{m/s}^2\).
La masse est la même partout ; le poids dépend du lieu.
OS / OC
Pourquoi la même accélération pour tous ?
La masse apparaît deux fois dans la chute libre, avec deux rôles différents. Dans la deuxième loi, \(m_i\) mesure l'inertie : la résistance à l'accélération. Dans le poids, \(m_g\) mesure la « charge gravitationnelle » : à quel point la Terre attire le corps. Rien n'oblige a priori ces deux grandeurs à être égales :
\[ m_i\,a = m_g\,g \]
\[ a = \frac{m_g}{m_i}\,g \]
L'observation de Galilée dit que \(m_g/m_i\) est le même pour tous les corps. On choisit les unités pour que ce rapport vaille 1.
Le poids est proportionnel à la masse (flèches bleues), mais l'inertie aussi. Le rapport P/m est le même : les deux corps ont la même accélération g (flèches violettes).
Cette égalité a été testée de plus en plus finement : par Newton avec des pendules de matières différentes (au millième), par Eötvös vers 1900 avec une balance de torsion (environ \(10^{-8}\)), et par le satellite MICROSCOPE (résultats finaux en 2022), à environ \(10^{-15}\). Einstein en a fait le point de départ de la relativité générale : le principe d'équivalence. Dans une cabine en chute libre, on ne peut pas distinguer la pesanteur d'une absence de pesanteur.
Calcul guidé : la bille de Galilée roulait
Galilée utilisait une bille qui roule. Une sphère pleine qui roule sans glisser descend avec \(a = \tfrac57\,g\sin\alpha\) : une partie de l'énergie sert à la faire tourner (chapitre Rotation). Quelle valeur de \(g\) trouverait-on en appliquant naïvement \(a = g\sin\alpha\), avec un plan de 4 m incliné de 10° ?
L'erreur est systématique : 30 % trop bas. Galilée ne s'en souciait pas, car il comparait des rapports (1 : 4 : 9 : 16), qui ne dépendent pas de ce facteur. Notre simulation utilise un chariot sans frottement, pour lequel \(a = g\sin\alpha\) est exact.
La rotation de la Terre et l'aplatissement
Le sol tourne avec la Terre. À l'équateur, un objet décrit un cercle de rayon \(R = 6378\ \text{km}\) en un jour sidéral. Une partie de l'attraction sert à fournir l'accélération centripète :
Le \(g\) mesuré, dit « effectif », est donc un peu plus faible à l'équateur. Cet effet explique 0,034 m/s² sur les 0,052 m/s² d'écart entre équateur et pôles. Le reste vient de la forme aplatie de la Terre.
Université
Le champ de pesanteur
\(\vec g\) est un champ vectoriel : il dérive d'un potentiel, \(\vec g = -\nabla\Phi\). Près du sol, sur des distances petites devant le rayon terrestre, \(\Phi \approx g\,z\) et le champ est uniforme. En s'élevant, il décroît comme \(1/r^2\) :
La formule internationale de la pesanteur (1980) donne \(g\) au niveau de la mer en fonction de la latitude \(\varphi\). Calcule \(g\) à Sion (\(\varphi = 46{,}23^\circ\)), puis la correction pour l'altitude de 490 m.
On obtient environ 9,806 m/s². L'attraction des roches sous la station (« correction de Bouguer ») remonte un peu cette valeur. C'est en mesurant ces écarts fins que la gravimétrie cartographie le sous-sol.
Mesurer g aujourd'hui
Les gravimètres absolus refont l'expérience de Galilée dans le vide : un coin de cube réflecteur tombe dans une enceinte vide, et un interféromètre laser suit sa position au nanomètre près. Ils atteignent une incertitude de l'ordre de \(10^{-8}\ \text{m/s}^2\), soit un milliardième de \(g\). À ce niveau, on voit les marées : la Lune et le Soleil font varier \(g\) d'environ \(10^{-6}\ \text{m/s}^2\) au cours de la journée. On voit aussi un changement d'altitude de quelques millimètres.
The problem: the fall is too fast
A dropped stone covers almost 5 m in the first second. In the early 17th century, no clock could measure fractions of a second. Studying the fall directly was impossible. It had to be slowed down without changing its nature.
Galileo's trick: the inclined plane
Galileo let a ball run down a well-polished groove, on a slightly tilted board. The motion is the same as falling, only slower. He measured times with a water clock: he weighed the water that flowed out during the descent.
A bit of history
Galileo describes this experiment in his 1638 book, the Discourses on Two New Sciences. The historian Stillman Drake suggested he also used rhythm: strings stretched across the board, which click as the ball passes. The ear picks up a steady rhythm very well, to a few hundredths of a second. Our bells borrow this idea.
The bells are placed at distances proportional to 1, 4, 9 and 16. The cart rings them at equal time intervals: the distance travelled grows as the square of the time.
What the numbers say
After equal durations \(t_1, 2t_1, 3t_1, 4t_1\), the distances from the start are in the ratios \(1 : 4 : 9 : 16\). In other words, the distance is proportional to the square of the time:
\[ d = \tfrac{1}{2}\,a\,t^2 \]
Look at the distances covered in each interval. Between \((n-1)\,t_1\) and \(n\,t_1\), the ball covers \(n^2 - (n-1)^2 = 2n - 1\) times the first distance. This gives the odd numbers 1, 3, 5, 7. It is the signature of a speed that grows by the same amount in each interval: the motion is uniformly accelerated, \(v = a\,t\).
A ball in free fall photographed at regular intervals. The gaps between successive images follow the odd numbers 1, 3, 5, 7: in each interval the ball gains the same speed.
From the slope to the vertical
Galileo repeated the experiment for several slopes. The acceleration grows with the slope. Measurements show that it is proportional to \(\sin\alpha\) (we will justify it with forces on the Friction page):
\[ a = g\,\sin\alpha \]
At \(\alpha = 90^\circ\) the plane is vertical: that is free fall, and \(a = g\). So you measure \(g\) by plotting \(a\) against \(\sin\alpha\): it is the slope of the line.
Acceleration measured on the inclined plane at several angles, plotted against sin α. The points line up with the origin: a = g sin α. The last point (α = 90°) is free fall.
Guided calculation: measuring g like Galileo
A frictionless cart starts from rest on a plane tilted at 10°. It covers 4.00 m in 2.17 s. What value of \(g\) does this give? How precise is it, if the time is known to 0.01 s?
Isolate the acceleration in \(d = \tfrac12 a t^2\):
Precision: \(g\) varies as \(1/t^2\). A relative error of \(0.01/2.17 \approx 0.5\,\%\) on \(t\) gives twice that relative error on \(g\):
\[ \Delta g \approx 2\cdot\frac{0.01}{2.17}\cdot 9.78 \approx 0.09\ \text{m/s}^2 \]
Result: \(g = 9.78 \pm 0.09\ \text{m/s}^2\), consistent with 9.81. To be more precise, it is better to lengthen the duration (longer or less tilted plane) than to improve the stopwatch.
Everything falls with the same acceleration
The most surprising result: \(g\) depends neither on the mass, nor on the material, nor on the shape of the object. If a feather falls more slowly than a marble, it is because of the air. In a tube emptied of air, they fall together. In 1971, the astronaut David Scott repeated the experiment on the Moon (Apollo 15 mission) with a 1.3 kg hammer and a 30 g falcon feather: they hit the ground at the same time.
From g to the weight force
Apply Newton's second law to an object in free fall. Its acceleration is \(\vec g\), vertical and downwards. So it must feel a force:
\[ \vec P = m\,\vec g \]
With a \(z\) axis pointing vertically up, both vectors are written as columns:
\[ \vec g = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ -g \end{pmatrix} \]\[ \vec P = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ -m g \end{pmatrix} \]
This is the weight, the Earth's pull. Its direction is that of a plumb line, the local vertical. Its size is proportional to the mass. The factor \(g\) can be read in two ways: as an acceleration (m/s²) or as the weight per kilogram (N/kg). The two units are the same: \(1\ \text{N/kg} = 1\ \text{kg·m/s}^2/\text{kg} = 1\ \text{m/s}^2\).
Mass \(m\)
Weight \(P\)
Nature
amount of matter, inertia
force of attraction
Unit
kg
N
Instrument
beam balance
spring scale
On the Moon
unchanged
6 times smaller
Common mistake
"I weigh 60 kg" is loose language: 60 kg is your mass. Your weight is \(60 \cdot 9.81 = 589\ \text{N}\). Another trap: a heavy object does not fall faster than a light one. It is pulled harder, but it is also harder to accelerate, in the same proportion.
g is not quite constant
On Earth, \(g\) is 9.78 m/s² at the equator and 9.83 m/s² at the poles. It decreases with altitude: about 9.78 m/s² at the top of Everest, 8.69 m/s² at the altitude of the Space Station (400 km). On the Moon, \(g = 1.62\ \text{m/s}^2\); on Mars, 3.71 m/s². The Gravitation chapter explains where these values come from.
Guided calculation: Newton's apple
An apple falls from a branch 3.0 m above the ground. How long does the fall last, and how fast does it land?
\[ v = \sqrt{2 g h} = \sqrt{58.9} = 7.7\ \text{m/s} \]
Less than a second of falling, and yet almost 28 km/h. The apple's mass appears nowhere.
Key points
Galileo: on an inclined plane, \(d \propto t^2\); successive distances in 1, 3, 5, 7; so the motion is uniformly accelerated.
\(a = g\sin\alpha\); vertically, free fall with \(a = g \approx 9.81\ \text{m/s}^2\), the same for every body.
Weight: \(\vec P = m\,\vec g\), vertical and downwards, in newtons. \(1\ \text{N/kg} = 1\ \text{m/s}^2\).
Mass is the same everywhere; weight depends on the place.
Advanced
Why the same acceleration for everybody?
Mass appears twice in free fall, with two different roles. In the second law, \(m_i\) measures inertia: resistance to acceleration. In the weight, \(m_g\) measures the "gravitational charge": how strongly the Earth pulls the body. Nothing forces these two quantities to be equal a priori:
\[ m_i\,a = m_g\,g \]
\[ a = \frac{m_g}{m_i}\,g \]
Galileo's observation says that \(m_g/m_i\) is the same for every body. Units are chosen so that this ratio equals 1.
Weight is proportional to mass (blue arrows), but so is inertia. The ratio P/m is the same: both bodies have the same acceleration g (purple arrows).
This equality has been tested more and more finely: by Newton with pendulums of different materials (to a thousandth), by Eötvös around 1900 with a torsion balance (about \(10^{-8}\)), and by the MICROSCOPE satellite (final results in 2022), to about \(10^{-15}\). Einstein made it the starting point of general relativity: the equivalence principle. In a freely falling cabin, you cannot tell gravity apart from no gravity.
Guided calculation: Galileo's ball was rolling
Galileo used a ball that rolls. A solid sphere rolling without slipping goes down with \(a = \tfrac57\,g\sin\alpha\): part of the energy goes into spinning it (Rotation chapter). What value of \(g\) would you get by naively applying \(a = g\sin\alpha\), with a 4 m plane tilted at 10°?
The error is systematic: 30 % too low. Galileo did not mind, because he compared ratios (1 : 4 : 9 : 16), which do not depend on this factor. Our simulation uses a frictionless cart, for which \(a = g\sin\alpha\) is exact.
The Earth's rotation and flattening
The ground turns with the Earth. At the equator, an object travels round a circle of radius \(R = 6378\ \text{km}\) in one sidereal day. Part of the attraction provides the centripetal acceleration:
The measured, "effective" \(g\) is therefore slightly smaller at the equator. This effect accounts for 0.034 m/s² of the 0.052 m/s² difference between equator and poles. The rest comes from the Earth's flattened shape.
University
The gravitational field
\(\vec g\) is a vector field: it derives from a potential, \(\vec g = -\nabla\Phi\). Near the ground, over distances small compared with the Earth's radius, \(\Phi \approx g\,z\) and the field is uniform. Going up, it decreases as \(1/r^2\):
The vertical gradient is \(2g_0/R \approx 3.1 \cdot 10^{-6}\ \text{s}^{-2}\): \(g\) drops by about \(3 \cdot 10^{-6}\ \text{m/s}^2\) per metre of altitude.
Guided calculation: g against latitude
The international gravity formula (1980) gives \(g\) at sea level as a function of the latitude \(\varphi\). Compute \(g\) in Sion (\(\varphi = 46.23^\circ\)), then the correction for the altitude of 490 m.
This gives about 9.806 m/s². The pull of the rock beneath the station (the "Bouguer correction") raises this value a little. Measuring such fine differences is how gravimetry maps the underground.
Measuring g today
Absolute gravimeters repeat Galileo's experiment in a vacuum: a corner-cube reflector falls in an evacuated chamber, and a laser interferometer tracks its position to the nanometre. They reach an uncertainty of about \(10^{-8}\ \text{m/s}^2\), a billionth of \(g\). At that level you see the tides: the Moon and the Sun make \(g\) vary by about \(10^{-6}\ \text{m/s}^2\) over the day. You also see a change of altitude of a few millimetres.
À toi de jouer
Expérience « Tube : bille et plume » : avec de l'air, lâche la bille et la plume. Laquelle arrive en premier ?
Décoche « Air dans le tube » pour faire le vide. Prédis, puis lâche. Surpris ?
Expérience « Plan incliné de Galilée » : place les clochettes à distances égales et écoute. Puis place-les à 1, 4, 9, 16. Qu'entends-tu ?
Your turn
"Tube: marble and feather" experiment: with air, drop the marble and the feather. Which one lands first?
Untick "Air in the tube" to pump the air out. Predict, then drop. Surprised?
"Galileo's inclined plane" experiment: place the bells at equal distances and listen. Then place them at 1, 4, 9, 16. What do you hear?
À toi de jouer
Plan à 10°, clochettes « 1, 4, 9, 16 » : relève les quatre temps. Les écarts sont-ils égaux ?
Clique sur « Noter dans le tableau ». Recommence à 20°, 40°, 60° et 90°. Que vaut \(a\) à 90° ?
Dans le tube vide, regarde les écarts entre les photos : retrouves-tu 1, 3, 5, 7 ?
Your turn
Plane at 10°, bells at "1, 4, 9, 16": write down the four times. Are the gaps equal?
Click "Add to the table". Repeat at 20°, 40°, 60° and 90°. What is \(a\) at 90°?
In the empty tube, look at the gaps between photos: do you find 1, 3, 5, 7?
Piste de travail : refais le raisonnement de Galilée. Mesure \(a\) pour au moins 5 angles, et compare au graphique de \(a\) en fonction de \(\sin\alpha\) : la pente est \(g\). Pourquoi Galilée n'a-t-il pas chronométré directement la chute verticale ? Que changerait une bille qui roule au lieu d'un chariot qui glisse ?
Worksheet idea: redo Galileo's reasoning. Measure \(a\) for at least 5 angles, and compare with the graph of \(a\) against \(\sin\alpha\): the slope is \(g\). Why did Galileo not time the vertical fall directly? What would change with a rolling ball instead of a sliding cart?
Exemples résolusWorked examples
Le plan incliné de Galilée
Chariot sans frottement sur un plan de 4 m incliné à 10°. Clochettes à 0,25 m, 1 m, 2,25 m et 4 m. À quels instants sonnent-elles ?
Sa masse reste 70 kg. Il est donc aussi difficile à mettre en mouvement horizontalement sur la Lune que sur Terre : pousser un rocher lunaire demande le même effort pour la même accélération.
La 4e seconde de chute
Quelle distance un objet en chute libre parcourt-il pendant la 4e seconde seule ?
1) Distances depuis le départ : \(d(t) = \tfrac12 g t^2\).
2) Contrôle par les nombres impairs : \(7 \times 4{,}905 = 34{,}3\ \text{m}\).
Masse grave et masse inerte
Supposons qu'un alliage ait \(m_g/m_i = 1 + 10^{-8}\). Après une chute de 100 m, de combien serait-il en avance sur un autre corps lâché en même temps ?
His mass stays 70 kg. So he is just as hard to set moving horizontally on the Moon as on Earth: pushing a Moon rock takes the same effort for the same acceleration.
The 4th second of falling
How far does an object in free fall travel during the 4th second alone?
1) Distances from the start: \(d(t) = \tfrac12 g t^2\).
A ball covers 10 cm in the first second. Distances from the start after 2 s and 3 s?
Multiply by 4 and by 9: 40 cm and 90 cm. During the 3rd second alone: \(90 - 40 = 50\ \text{cm}\), that is 5 times 10 cm.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3 · Dynamique
Les frottements
Pourquoi tout finit par s'arrêter, pourquoi il est plus dur de démarrer que de continuer, et comment l'air freine une chute.
Chapter 3 · Dynamics
Friction
Why everything ends up stopping, why starting is harder than keeping going, and how air slows a fall.
Le frottement freine
Fais glisser ton livre sur la table : il s'arrête vite. Sur une patinoire, un palet glisse beaucoup plus loin. Ce qui freine, c'est le frottement entre les deux surfaces.
Le frottement est plus fort sur une surface rugueuse (moquette, caoutchouc) que sur une surface lisse (glace, verre mouillé). Il est aussi plus fort quand l'objet appuie fort : une caisse pleine est plus dure à pousser qu'une caisse vide.
Expérience : l'élastique qui mesure
Accroche un élastique à une petite boîte pleine (des livres, par exemple).
Tire doucement sur l'élastique et regarde comme il s'allonge.
Prédis : l'élastique s'allonge-t-il plus juste avant que la boîte démarre, ou quand elle glisse déjà ?
Juste avant le démarrage, l'élastique est le plus tendu. Une fois que la boîte glisse, il se raccourcit un peu. Il est plus dur de démarrer que de continuer.
Le frottement est aussi utile
Sans frottement, tu ne pourrais pas marcher : tes pieds glisseraient comme sur du verglas. Les freins d'un vélo frottent sur la roue pour l'arrêter. Les allumettes s'allument grâce au frottement, qui chauffe.
L'air freine aussi
Cours avec un parapluie ouvert : tu sens l'air qui te retient. Plus tu vas vite, plus il freine. C'est pour cela qu'un parachute ralentit la chute : il pousse beaucoup d'air.
Je retiens
Le frottement freine le glissement.
Il est plus fort sur une surface rugueuse et quand l'objet appuie fort.
Il est plus dur de faire démarrer un objet que de le faire continuer.
L'air freine aussi, d'autant plus qu'on va vite.
Petit lexique
Frottement
force qui freine quand deux surfaces glissent l'une sur l'autre.
Rugueux
qui a plein de petites bosses.
Parachute
grande toile qui freine la chute grâce à l'air.
Friction slows things down
Slide your book across the table: it stops quickly. On an ice rink, a puck slides much further. What slows it down is friction between the two surfaces.
Friction is stronger on a rough surface (carpet, rubber) than on a smooth one (ice, wet glass). It is also stronger when the object presses hard: a full box is harder to push than an empty one.
Experiment: the measuring rubber band
Tie a rubber band to a small full box (books, for example).
Pull gently on the rubber band and watch it stretch.
Predict: does the band stretch more just before the box starts, or once it is already sliding?
Just before the start, the band is stretched the most. Once the box slides, it shortens a little. Starting is harder than keeping going.
Friction is useful too
Without friction you could not walk: your feet would slip as on black ice. Bicycle brakes rub on the wheel to stop it. Matches light thanks to friction, which heats them.
Air slows things down too
Run with an open umbrella: you feel the air holding you back. The faster you go, the more it slows you. That is why a parachute slows a fall: it pushes a lot of air.
Remember
Friction slows down sliding.
It is stronger on a rough surface and when the object presses hard.
Getting an object started is harder than keeping it going.
Air slows things down too, more so at higher speed.
Word list
Friction
a force that slows things down when two surfaces slide on each other.
Rough
covered in tiny bumps.
Parachute
a large canopy that slows a fall thanks to the air.
De quoi dépend le frottement ?
Le frottement dépend de deux choses : la nature des surfaces et la force avec laquelle elles sont pressées l'une contre l'autre. On résume la première par un nombre sans unité, le coefficient de frottement \(\mu\) (lettre grecque « mu »). La seconde est la réaction normale \(N\) : sur un sol horizontal, c'est simplement le poids.
\[ f_{\max} = \mu \cdot N \]
Surfaces
\(\mu\) environ
Caoutchouc sur béton sec
0,8 à 1
Bois sur bois
0,3 à 0,5
Caoutchouc sur route mouillée
0,4 à 0,6
Ski fart sur neige
0,05
Patin sur glace
0,01 à 0,03
Calcul guidé : faire démarrer une caisse
Une caisse de 30 kg est posée sur un parquet. Le coefficient de frottement au démarrage vaut 0,5. Quelle force horizontale faut-il au moins pour la faire bouger ? Prends \(g = 10\ \text{N/kg}\).
Sur un sol horizontal, la réaction normale vaut le poids :
Il faut pousser avec plus de 150 N. En dessous, le frottement s'adapte et la caisse reste immobile. Une fois partie, il suffit d'un peu moins de force pour la garder en mouvement.
Freiner : vitesse double, distance quadruple
Quand une voiture freine, le frottement de la route la ralentit. La distance de freinage croît comme le carré de la vitesse. À 100 km/h, il faut 4 fois plus de distance qu'à 50 km/h. Sur route mouillée, \(\mu\) est plus petit : la distance augmente encore.
Je retiens
Frottement maximal : \(f = \mu \cdot N\), en newtons.
\(\mu\) dépend des surfaces ; \(N\) est la force d'appui.
La distance de freinage croît comme le carré de la vitesse.
Petit lexique
Coefficient de frottement
nombre qui caractérise deux surfaces ; plus il est grand, plus elles accrochent.
Réaction normale
force du support, perpendiculaire à sa surface.
What does friction depend on?
Friction depends on two things: the kind of surfaces, and how hard they are pressed together. The first is summed up by a number without unit, the coefficient of friction \(\mu\) (Greek letter "mu"). The second is the normal force \(N\): on level ground, it is simply the weight.
\[ f_{\max} = \mu \cdot N \]
Surfaces
\(\mu\) about
Rubber on dry concrete
0.8 to 1
Wood on wood
0.3 to 0.5
Rubber on wet road
0.4 to 0.6
Waxed ski on snow
0.05
Skate on ice
0.01 to 0.03
Guided calculation: starting a crate
A 30 kg crate sits on a wooden floor. The coefficient of friction for starting is 0.5. What horizontal force is needed, at least, to make it move? Take \(g = 10\ \text{N/kg}\).
On level ground, the normal force equals the weight:
You must push with more than 150 N. Below that, friction adjusts and the crate stays put. Once it moves, slightly less force is enough to keep it going.
Braking: twice the speed, four times the distance
When a car brakes, friction from the road slows it down. The braking distance grows as the square of the speed. At 100 km/h you need 4 times the distance needed at 50 km/h. On a wet road, \(\mu\) is smaller: the distance grows even more.
Remember
Maximum friction: \(f = \mu \cdot N\), in newtons.
\(\mu\) depends on the surfaces; \(N\) is the pressing force.
Braking distance grows as the square of the speed.
Word list
Coefficient of friction
a number describing two surfaces; the larger it is, the more they grip.
Normal force
the force of the support, perpendicular to its surface.
Une force de contact, deux composantes
Quand un objet touche une surface, la surface exerce sur lui une force de contact. On la décompose en deux parties. La réaction normale \(\vec N\) est perpendiculaire à la surface : elle empêche l'objet de s'enfoncer. Le frottement \(\vec f\) est parallèle à la surface : il s'oppose au glissement.
Avec un axe \(x\) le long de la surface (sens du glissement) et un axe \(y\) perpendiculaire, la force de contact totale s'écrit :
\[ \vec R = \vec f + \vec N = \begin{pmatrix} -f \\ N \end{pmatrix} \]
Le frottement statique s'adapte
Pousse doucement une armoire. Elle ne bouge pas. D'après la première loi, la somme des forces est nulle : le frottement compense exactement ta poussée. Pousse un peu plus fort : il augmente encore. Le frottement statique n'a pas de valeur fixe. Il prend la valeur nécessaire pour empêcher le glissement, jusqu'à un maximum :
\[ f_s \leq \mu_s\,N \]
Quand la poussée dépasse \(\mu_s N\), l'objet démarre. Le coefficient \(\mu_s\) (statique) dépend des deux matériaux et de leur état (sec, mouillé, gras).
On tire de plus en plus fort sur un objet posé. Tant qu'il ne bouge pas, le frottement statique vaut exactement la force appliquée. Il plafonne à μₛ N : l'objet démarre, et le frottement retombe à la valeur cinétique μ_c N, à peu près constante.
Le frottement cinétique
Une fois que l'objet glisse, le frottement est à peu près constant, opposé à la vitesse de glissement :
\[ f_c = \mu_c\,N \]
En général \(\mu_c < \mu_s\) : il est plus dur de démarrer que de continuer. Ces lois, établies par Amontons (1699) et Coulomb (1785), sont empiriques. Elles disent aussi que le frottement ne dépend presque pas de la vitesse, ni de l'aire de contact apparente.
Surfaces (sèches sauf mention)
\(\mu_s\)
\(\mu_c\)
Caoutchouc sur béton
1,0
0,8
Caoutchouc sur béton mouillé
0,7
0,5
Acier sur acier
0,7
0,6
Bois sur bois
0,25 à 0,5
0,2
Téflon sur téflon
0,04
0,04
Glace sur glace
0,1
0,03
Ordres de grandeur : les valeurs réelles varient beaucoup avec l'état des surfaces.
Erreur fréquente
Le frottement n'est pas toujours opposé au mouvement de l'objet. Il s'oppose au glissement entre les deux surfaces. Quand tu marches, ton pied pousse le sol vers l'arrière ; le frottement statique du sol pousse ton pied vers l'avant. C'est lui qui te fait avancer. Même chose pour les roues motrices d'une voiture.
Le plan incliné
Posons un bloc sur un plan incliné d'angle \(\alpha\). On choisit un axe le long de la pente et un axe perpendiculaire. Le poids se décompose en deux parties : \(P_\parallel = m g \sin\alpha\), le long de la pente, et \(P_\perp = m g\cos\alpha\), contre le plan.
Bloc sur un plan incliné d'angle α. Le poids P se décompose en P∥ = m g sin α, qui tire le bloc vers le bas de la pente, et P⊥ = m g cos α, compensée par la réaction N. Le frottement f s'oppose au glissement.
Perpendiculairement au plan, il n'y a pas d'accélération : \(N = m g\cos\alpha\). Sans frottement, la deuxième loi le long de la pente donne \(a = g\sin\alpha\). C'est la loi que Galilée avait mesurée (page Pesanteur).
Avec frottement, le bloc reste immobile tant que \(m g\sin\alpha \leq \mu_s\,m g\cos\alpha\). La masse se simplifie. Il glisse dès que l'angle dépasse l'angle limite :
\[ \tan\alpha_{\lim} = \mu_s \]
Mesurer cet angle est la façon la plus simple de mesurer \(\mu_s\).
Calcul guidé : la glissade sur la pente
Un bloc glisse sur une pente de 30°, avec \(\mu_c = 0{,}3\). Quelle est son accélération ? Le bloc partira-t-il tout seul si \(\mu_s = 0{,}5\) ?
Réaction normale : pas d'accélération perpendiculaire au plan.
30° dépasse 26,6° : le bloc part tout seul. Sur une pente de 20°, il resterait immobile, et le frottement statique vaudrait exactement \(m g\sin 20^\circ\), pas \(\mu_s N\).
La distance de freinage
Une voiture freine roues bloquées sur une route horizontale. La seule force horizontale est le frottement \(\mu m g\), donc \(a = -\mu g\). La cinématique (\(v^2 = v_0^2 + 2 a d\)) donne la distance d'arrêt :
\[ d = \frac{v_0^2}{2\,\mu\,g} \]
Calcul guidé : à 50 km/h, sec ou mouillé
Distance de freinage à 50 km/h avec \(\mu = 0{,}7\) (sec), puis \(\mu = 0{,}4\) (mouillé), puis à 100 km/h sur sec.
À 100 km/h sur sec, la vitesse double, la distance quadruple :
\[ d = 4 \cdot 14{,}0 = 56\ \text{m} \]
Il faut ajouter la distance parcourue pendant le temps de réaction (environ 1 s, soit 14 m à 50 km/h). Les systèmes ABS évitent le blocage des roues : le pneu reste en adhérence, donc en frottement statique, avec \(\mu_s > \mu_c\).
La résistance de l'air
Un objet qui se déplace dans l'air doit pousser l'air devant lui. La force de traînée, aux vitesses usuelles, vaut :
\[ F = \tfrac12\,\rho\,C_x\,A\,v^2 \]
\(\rho \approx 1{,}2\ \text{kg/m}^3\) est la masse volumique de l'air, \(A\) l'aire frontale, \(C_x\) un coefficient de forme (environ 0,3 pour une voiture moderne, 0,5 pour une sphère, 1 pour un cycliste droit). La force croît comme le carré de la vitesse : à 100 km/h, l'air freine une voiture quatre fois plus qu'à 50 km/h.
En chute, la traînée augmente jusqu'à égaler le poids. La vitesse cesse alors d'augmenter : c'est la vitesse limite. Pour un parachutiste à plat ventre, elle vaut environ 55 m/s (200 km/h). Parachute ouvert, environ 5 m/s.
À retenir
Statique : \(f_s \leq \mu_s N\), valeur juste suffisante pour empêcher le glissement.
Cinétique : \(f_c = \mu_c N\), opposé au glissement, et \(\mu_c < \mu_s\).
Plan incliné : \(N = m g\cos\alpha\) ; glissement si \(\tan\alpha > \mu_s\).
Freinage : \(d = v_0^2/(2\mu g)\). Traînée de l'air : \(\tfrac12\rho C_x A v^2\).
OS / OC
La vitesse limite en détail
Pour un corps qui tombe, la deuxième loi s'écrit, avec \(k = \tfrac12\rho C_x A\) :
\[ m\,\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = m g - k v^2 \]
L'accélération s'annule quand \(k v^2 = m g\). D'où la vitesse limite :
Vitesse d'un parachutiste (80 kg, C·A = 0,43 m²) avant l'ouverture du parachute. Au début, la chute est presque libre (pointillés). Le frottement de l'air croît comme v² et finit par égaler le poids : la vitesse tend vers une limite d'environ 55 m/s (200 km/h).
Calcul guidé : le parachutiste
Parachutiste de 80 kg, \(C_x A = 0{,}43\ \text{m}^2\), \(\rho = 1{,}2\ \text{kg/m}^3\). Vitesse limite ? Temps et hauteur pour atteindre 95 % de cette vitesse ?
\[ y = \frac{55^2}{9{,}81}\,\ln\cosh 1{,}83 = 359\ \text{m} \]
Comparaison : sans air, il aurait fallu 5,3 s et 138 m pour atteindre 52 m/s. Le temps est presque doublé. Pour un parachute ouvert (\(v_\ell \approx 5\ \text{m/s}\)), il faut \(C_x A \approx 52\ \text{m}^2\).
Tirer vers le haut, mais pas trop
On tire une caisse posée avec une corde inclinée de \(\alpha\). La corde soulage le sol : \(N = m g - F\sin\alpha\). Au démarrage, \(F\cos\alpha = \mu_s (m g - F\sin\alpha)\), donc :
\[ F = \frac{\mu_s\,m g}{\cos\alpha + \mu_s\sin\alpha} \]
Le dénominateur est maximal quand sa dérivée s'annule : \(-\sin\alpha + \mu_s\cos\alpha = 0\), soit \(\tan\alpha = \mu_s\). Il vaut alors \(\sqrt{1 + \mu_s^2}\). Pour une caisse de 20 kg et \(\mu_s = 0{,}5\) : l'angle optimal est 26,6°, et la force minimale vaut \(98{,}1/\sqrt{1{,}25} = 87{,}7\ \text{N}\), contre 98,1 N à l'horizontale.
Université
D'où vient le frottement ?
Au microscope, les surfaces les plus lisses sont couvertes d'aspérités. Deux solides ne se touchent qu'en quelques sommets. L'aire de contact réelle \(A_r\) est une infime fraction de l'aire apparente.
Vues au microscope, deux surfaces « lisses » ne se touchent qu'en quelques sommets (aspérités). L'aire de contact réelle est minuscule et proportionnelle à la force qui les presse : c'est pour cela que le frottement dépend de N et pas de l'aire apparente.
Bowden et Tabor (1950) ont proposé un modèle simple. Les sommets en contact se déforment plastiquement jusqu'à ce que la pression y égale la dureté \(H\) du matériau le plus mou : \(A_r = N/H\). Pour cisailler ces micro-soudures, il faut une contrainte \(\tau_c\), d'où :
\[ f = \tau_c\,A_r = \frac{\tau_c}{H}\,N \]
On retrouve les lois d'Amontons : \(f\) proportionnel à \(N\), indépendant de l'aire apparente, avec \(\mu = \tau_c/H\). Le passage du statique au cinétique, et les vibrations de « collé-glissé » (craie qui grince, archet de violon), viennent du fait que \(\mu\) diminue un peu quand le glissement s'accélère.
Traînée visqueuse et nombre de Reynolds
La loi en \(v^2\) n'est valable qu'aux grands nombres de Reynolds \(\mathrm{Re} = \rho v L/\eta\) (environ \(10^3\) à \(10^5\)). Aux faibles Reynolds (\(\mathrm{Re} \ll 1\)), la viscosité domine. Pour une sphère, c'est la loi de Stokes :
\[ F = 6\pi\,\eta\,r\,v \]
Calcul guidé : une gouttelette de brouillard
Gouttelette d'eau de rayon \(r = 10\ \mu\text{m}\), dans l'air (\(\eta = 1{,}8 \cdot 10^{-5}\ \text{Pa·s}\)). Vitesse limite de chute ? La loi de Stokes est-elle justifiée ?
Équilibre poids, poussée d'Archimède (négligeable) et traînée :
\(\mathrm{Re} \ll 1\) : Stokes s'applique. La gouttelette descend de 1,2 cm par seconde, soit environ 43 m par heure : la moindre brise suffit à maintenir un nuage en l'air.
One contact force, two components
When an object touches a surface, the surface exerts a contact force on it. We split it into two parts. The normal force \(\vec N\) is perpendicular to the surface: it stops the object sinking in. Friction \(\vec f\) is parallel to the surface: it opposes sliding.
With an \(x\) axis along the surface (direction of sliding) and a \(y\) axis perpendicular to it, the total contact force reads:
\[ \vec R = \vec f + \vec N = \begin{pmatrix} -f \\ N \end{pmatrix} \]
Static friction adjusts
Push gently on a wardrobe. It does not move. By the first law, the sum of the forces is zero: friction exactly balances your push. Push a little harder: it grows again. Static friction has no fixed value. It takes whatever value prevents sliding, up to a maximum:
\[ f_s \leq \mu_s\,N \]
When the push exceeds \(\mu_s N\), the object starts. The coefficient \(\mu_s\) (static) depends on the two materials and their condition (dry, wet, greasy).
You pull harder and harder on an object at rest. As long as it does not move, static friction equals the applied force exactly. It tops out at μₛ N: the object starts, and friction drops to the kinetic value μₖ N, roughly constant.
Kinetic friction
Once the object slides, friction is roughly constant, opposite to the sliding velocity:
\[ f_k = \mu_k\,N \]
In general \(\mu_k < \mu_s\): starting is harder than keeping going. These laws, set out by Amontons (1699) and Coulomb (1785), are empirical. They also say that friction hardly depends on the speed, nor on the apparent contact area.
Surfaces (dry unless stated)
\(\mu_s\)
\(\mu_k\)
Rubber on concrete
1.0
0.8
Rubber on wet concrete
0.7
0.5
Steel on steel
0.7
0.6
Wood on wood
0.25 to 0.5
0.2
Teflon on Teflon
0.04
0.04
Ice on ice
0.1
0.03
Orders of magnitude: real values vary a lot with the condition of the surfaces.
Common mistake
Friction is not always opposite to the object's motion. It opposes sliding between the two surfaces. When you walk, your foot pushes the ground backwards; static friction from the ground pushes your foot forwards. That is what moves you forward. The same goes for a car's driving wheels.
The inclined plane
Put a block on a plane tilted at angle \(\alpha\). Choose one axis along the slope and one perpendicular to it. The weight splits into two parts: \(P_\parallel = m g \sin\alpha\), along the slope, and \(P_\perp = m g\cos\alpha\), into the plane.
Block on a plane tilted at angle α. The weight P splits into P∥ = m g sin α, which pulls the block down the slope, and P⊥ = m g cos α, balanced by the normal force N. Friction f opposes sliding.
Perpendicular to the plane there is no acceleration: \(N = m g\cos\alpha\). Without friction, the second law along the slope gives \(a = g\sin\alpha\). That is the law Galileo measured (Gravity page).
With friction, the block stays put as long as \(m g\sin\alpha \leq \mu_s\,m g\cos\alpha\). The mass cancels. It slides as soon as the angle exceeds the limiting angle:
\[ \tan\alpha_{\lim} = \mu_s \]
Measuring this angle is the simplest way to measure \(\mu_s\).
Guided calculation: sliding down the slope
A block slides on a 30° slope, with \(\mu_k = 0.3\). What is its acceleration? Will the block start on its own if \(\mu_s = 0.5\)?
Normal force: no acceleration perpendicular to the plane.
30° is more than 26.6°: the block starts on its own. On a 20° slope it would stay put, and static friction would be exactly \(m g\sin 20^\circ\), not \(\mu_s N\).
Braking distance
A car brakes with locked wheels on a level road. The only horizontal force is friction \(\mu m g\), so \(a = -\mu g\). Kinematics (\(v^2 = v_0^2 + 2 a d\)) gives the stopping distance:
\[ d = \frac{v_0^2}{2\,\mu\,g} \]
Guided calculation: at 50 km/h, dry or wet
Braking distance at 50 km/h with \(\mu = 0.7\) (dry), then \(\mu = 0.4\) (wet), then at 100 km/h on a dry road.
At 100 km/h on a dry road, the speed doubles, the distance quadruples:
\[ d = 4 \cdot 14.0 = 56\ \text{m} \]
Add the distance covered during the reaction time (about 1 s, so 14 m at 50 km/h). ABS systems prevent the wheels from locking: the tyre keeps its grip, so it stays in static friction, with \(\mu_s > \mu_k\).
Air resistance
An object moving through air must push the air ahead of it. The drag force, at everyday speeds, is:
\[ F = \tfrac12\,\rho\,C_d\,A\,v^2 \]
\(\rho \approx 1.2\ \text{kg/m}^3\) is the density of air, \(A\) the frontal area, \(C_d\) a shape coefficient (about 0.3 for a modern car, 0.5 for a sphere, 1 for an upright cyclist). The force grows as the square of the speed: at 100 km/h, air slows a car four times more than at 50 km/h.
While falling, drag grows until it equals the weight. The speed then stops increasing: this is the terminal speed. For a skydiver lying flat, it is about 55 m/s (200 km/h). With the parachute open, about 5 m/s.
Key points
Static: \(f_s \leq \mu_s N\), just enough to prevent sliding.
Kinetic: \(f_k = \mu_k N\), opposite to sliding, and \(\mu_k < \mu_s\).
Inclined plane: \(N = m g\cos\alpha\); sliding if \(\tan\alpha > \mu_s\).
Braking: \(d = v_0^2/(2\mu g)\). Air drag: \(\tfrac12\rho C_d A v^2\).
Advanced
Terminal speed in detail
For a falling body, the second law reads, with \(k = \tfrac12\rho C_d A\):
\[ m\,\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = m g - k v^2 \]
The acceleration vanishes when \(k v^2 = m g\). Hence the terminal speed:
Speed of a skydiver (80 kg, C·A = 0.43 m²) before the parachute opens. At first the fall is almost free (dashed). Air drag grows as v² and ends up equal to the weight: the speed tends to a limit of about 55 m/s (200 km/h).
Guided calculation: the skydiver
80 kg skydiver, \(C_d A = 0.43\ \text{m}^2\), \(\rho = 1.2\ \text{kg/m}^3\). Terminal speed? Time and height needed to reach 95 % of it?
\[ y = \frac{55^2}{9.81}\,\ln\cosh 1.83 = 359\ \text{m} \]
Comparison: without air, 5.3 s and 138 m would have been enough to reach 52 m/s. The time almost doubles. For an open parachute (\(v_t \approx 5\ \text{m/s}\)) you need \(C_d A \approx 52\ \text{m}^2\).
Pull upwards, but not too much
A crate at rest is pulled with a rope tilted by \(\alpha\). The rope lifts some weight off the floor: \(N = m g - F\sin\alpha\). At the start, \(F\cos\alpha = \mu_s (m g - F\sin\alpha)\), so:
\[ F = \frac{\mu_s\,m g}{\cos\alpha + \mu_s\sin\alpha} \]
The denominator is largest when its derivative vanishes: \(-\sin\alpha + \mu_s\cos\alpha = 0\), so \(\tan\alpha = \mu_s\). It is then \(\sqrt{1 + \mu_s^2}\). For a 20 kg crate and \(\mu_s = 0.5\): the best angle is 26.6°, and the minimum force is \(98.1/\sqrt{1.25} = 87.7\ \text{N}\), against 98.1 N horizontally.
University
Where does friction come from?
Under a microscope, the smoothest surfaces are covered with asperities. Two solids only touch at a few peaks. The real contact area \(A_r\) is a tiny fraction of the apparent area.
Under a microscope, two "smooth" surfaces only touch at a few peaks (asperities). The real contact area is tiny and proportional to the force pressing them together: that is why friction depends on N and not on the apparent area.
Bowden and Tabor (1950) proposed a simple model. The touching peaks deform plastically until the pressure there equals the hardness \(H\) of the softer material: \(A_r = N/H\). Shearing these micro-welds takes a stress \(\tau_c\), hence:
\[ f = \tau_c\,A_r = \frac{\tau_c}{H}\,N \]
This gives back Amontons' laws: \(f\) proportional to \(N\), independent of the apparent area, with \(\mu = \tau_c/H\). The step from static to kinetic, and "stick-slip" vibrations (squeaking chalk, a violin bow), come from \(\mu\) decreasing slightly as sliding speeds up.
Viscous drag and Reynolds number
The \(v^2\) law only holds at large Reynolds numbers \(\mathrm{Re} = \rho v L/\eta\) (about \(10^3\) to \(10^5\)). At low Reynolds numbers (\(\mathrm{Re} \ll 1\)), viscosity dominates. For a sphere, this is Stokes' law:
\[ F = 6\pi\,\eta\,r\,v \]
Guided calculation: a fog droplet
Water droplet of radius \(r = 10\ \mu\text{m}\), in air (\(\eta = 1.8 \cdot 10^{-5}\ \text{Pa·s}\)). Terminal speed? Is Stokes' law justified?
Balance between weight, buoyancy (negligible) and drag:
2) Comme \(m \propto r^3\) et \(A \propto r^2\), \(v_\ell \propto \sqrt r\). Un grêlon de 4 cm de rayon tombe deux fois plus vite.
Coefficient de Bowden et Tabor
Pour un métal, \(\tau_c \approx 0{,}2\,H\). Coefficient de frottement prévu ? Aire réelle de contact pour un bloc d'acier de 10 kg (\(H \approx 2 \cdot 10^9\ \text{Pa}\)) ?
2) Since \(m \propto r^3\) and \(A \propto r^2\), \(v_t \propto \sqrt r\). A hailstone of radius 4 cm falls twice as fast.
Bowden and Tabor coefficient
For a metal, \(\tau_c \approx 0.2\,H\). Predicted coefficient of friction? Real contact area for a 10 kg steel block (\(H \approx 2 \cdot 10^9\ \text{Pa}\))?
Il faut pousser avec plus de 320 N. Vider l'armoire divise cette force.
Distance de freinage multipliée
À 30 km/h, un vélo s'arrête en 6 m. À 60 km/h ? La vitesse double, la distance est multipliée par \(2^2 = 4\) : 24 m.
Pushing a wardrobe
80 kg wardrobe, \(\mu = 0.4\), \(g = 10\ \text{N/kg}\).
\[ N = 80 \cdot 10 = 800\ \text{N} \]
\[ f_{\max} = 0.4 \cdot 800 = 320\ \text{N} \]
You must push with more than 320 N. Emptying the wardrobe divides this force.
Braking distance multiplied
At 30 km/h a bike stops in 6 m. At 60 km/h? The speed doubles, the distance is multiplied by \(2^2 = 4\): 24 m.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3 · Dynamique
Les ressorts et la loi de Hooke
Pourquoi un ressort revient toujours, et comment on mesure sa raideur.
Chapter 3 · Dynamics
Springs and Hooke's law
Why a spring always comes back, and how its stiffness is measured.
Le ressort revient
Tire sur un élastique, puis lâche-le : il revient. Appuie sur un matelas, il te repousse. Saute sur un trampoline, il te renvoie en l'air. Tous ces objets sont élastiques : déformés, ils exercent une force qui les ramène à leur forme.
Plus tu tires, plus il s'allonge
Accroche un petit sac à un ressort : il s'allonge un peu. Mets deux sacs identiques : il s'allonge deux fois plus. Trois sacs : trois fois plus. L'allongement suit la force, bien régulièrement.
Expérience : l'élastique et les pièces
Accroche un gobelet en plastique à un élastique, et tiens l'élastique au-dessus d'une règle.
Ajoute les pièces une par une et note de combien l'élastique s'allonge.
Prédis d'abord : avec 10 pièces, l'allongement sera-t-il 10 fois celui avec 1 pièce ?
Pour un vrai ressort, oui, tant qu'on ne tire pas trop. Un élastique est moins régulier : c'est intéressant de comparer !
Le peson
Au marché, on pèse parfois les fruits avec un peson : un ressort avec une aiguille et des graduations. Plus le sac est lourd, plus le ressort s'allonge, plus l'aiguille descend.
Attention à ne pas trop tirer
Si on tire trop fort sur un ressort, il ne revient plus à sa forme : il est abîmé pour de bon. Chaque ressort a sa limite.
Je retiens
Un ressort déformé pousse ou tire pour revenir à sa forme.
Deux fois plus de force, deux fois plus d'allongement.
Trop tiré, un ressort se déforme pour toujours.
Petit lexique
Élastique
qui reprend sa forme après avoir été déformé.
Allongement
de combien le ressort est plus long qu'au repos.
Peson
balance à ressort.
The spring comes back
Pull a rubber band, then let go: it springs back. Press on a mattress, it pushes you back. Jump on a trampoline, it throws you up again. All these objects are elastic: when bent or stretched, they exert a force that brings them back to their shape.
The harder you pull, the more it stretches
Hang a small bag on a spring: it stretches a little. Hang two identical bags: it stretches twice as much. Three bags: three times as much. The stretch follows the force, very regularly.
Experiment: the rubber band and the coins
Hang a plastic cup from a rubber band, and hold the band above a ruler.
Add coins one by one and note how much the band stretches.
Predict first: with 10 coins, will the stretch be 10 times the stretch with 1 coin?
For a real spring, yes, as long as you do not pull too hard. A rubber band is less regular: it is interesting to compare!
The spring balance
At the market, fruit is sometimes weighed with a spring balance: a spring with a pointer and a scale. The heavier the bag, the more the spring stretches, the lower the pointer goes.
Careful not to pull too hard
If you pull a spring too hard, it does not come back to its shape: it is damaged for good. Every spring has its limit.
Remember
A stretched or squashed spring pushes or pulls to get back to its shape.
Twice the force, twice the stretch.
Pulled too hard, a spring stays bent forever.
Word list
Elastic
gets its shape back after being deformed.
Stretch
how much longer the spring is than at rest.
Spring balance
a scale that uses a spring.
La loi de Hooke
Robert Hooke l'a formulée en 1678 : la force exercée par un ressort est proportionnelle à son allongement \(\Delta x\).
\[ F = k \cdot \Delta x \]
\(F\) en newtons, \(\Delta x\) en mètres. Le nombre \(k\) est la raideur du ressort, en N/m. Un ressort dur a un grand \(k\) (suspension de voiture, plusieurs dizaines de milliers de N/m). Un ressort souple a un petit \(k\) (ressort de stylo, quelques centaines de N/m).
Calcul guidé : de combien s'allonge-t-il ?
On accroche une masse de 200 g à un ressort de raideur \(k = 40\ \text{N/m}\). Prends \(g = 10\ \text{N/kg}\).
Attention aux unités : avec des centimètres, on trouverait 0,5, qui n'est pas en N/m.
Je retiens
\(F = k\,\Delta x\), avec \(k\) en N/m.
À l'équilibre, un ressort vertical tient le poids : \(k\,\Delta x = m\,g\).
Le dynamomètre mesure une force grâce à un ressort.
Petit lexique
Raideur
force qu'il faut pour allonger le ressort de 1 m.
Dynamomètre
ressort gradué en newtons.
Limite d'élasticité
au-delà, le ressort reste déformé.
Hooke's law
Robert Hooke stated it in 1678: the force exerted by a spring is proportional to its extension \(\Delta x\).
\[ F = k \cdot \Delta x \]
\(F\) in newtons, \(\Delta x\) in metres. The number \(k\) is the spring's stiffness (spring constant), in N/m. A stiff spring has a large \(k\) (car suspension, tens of thousands of N/m). A soft spring has a small \(k\) (pen spring, a few hundred N/m).
Guided calculation: how much does it stretch?
A 200 g mass hangs from a spring of stiffness \(k = 40\ \text{N/m}\). Take \(g = 10\ \text{N/kg}\).
Watch the units: with centimetres you would get 0.5, which is not in N/m.
Remember
\(F = k\,\Delta x\), with \(k\) in N/m.
At equilibrium, a vertical spring holds the weight: \(k\,\Delta x = m\,g\).
A spring scale measures a force thanks to a spring.
Word list
Stiffness
the force needed to stretch the spring by 1 m.
Spring scale
spring graduated in newtons.
Elastic limit
beyond it, the spring stays deformed.
Une force de rappel
Un ressort au repos a une longueur \(\ell_0\). Étiré ou comprimé, il exerce une force qui tend à le ramener vers \(\ell_0\) : une force de rappel. Plaçons un axe \(x\) le long du ressort, avec \(x = 0\) à la position de repos de son extrémité. La loi de Hooke s'écrit alors avec un signe :
\[ F_x = -k\,x \]
Le signe moins dit que la force est toujours dirigée vers la position de repos. Si \(x > 0\) (ressort étiré), \(F_x < 0\). Si \(x < 0\) (comprimé), \(F_x > 0\).
Si le ressort est orienté dans l'espace, on note \(\vec u\) le vecteur unitaire qui va de son point d'attache vers son extrémité. La force sur l'extrémité est :
\[ \vec F = -k\,(\ell - \ell_0)\,\vec u \]\[ \vec u = \begin{pmatrix} u_x \\ u_y \\ u_z \end{pmatrix} \]
Exemple : un ressort de raideur 50 N/m, de longueur à vide 0,20 m, attaché à l'origine, dont l'extrémité est au point \(A\,(0{,}1\,;\,0{,}2\,;\,-0{,}2)\) m. Son vecteur position est \(\overrightarrow{OA} = \begin{pmatrix} 0{,}1 \\ 0{,}2 \\ -0{,}2 \end{pmatrix}\) m. Sa longueur vaut \(\ell = \sqrt{0{,}01 + 0{,}04 + 0{,}04} = 0{,}30\ \text{m}\), donc \(\vec u = \tfrac{1}{0{,}3}\begin{pmatrix} 0{,}1 \\ 0{,}2 \\ -0{,}2 \end{pmatrix}\) et
\[ \vec F = -50 \cdot 0{,}1 \cdot \vec u = \begin{pmatrix} -1{,}67 \\ -3{,}33 \\ 3{,}33 \end{pmatrix}\ \text{N} \]
La force pointe vers le point d'attache, et sa norme vaut \(k\,\Delta\ell = 5\ \text{N}\).
Un ressort à vide, puis avec une masse m, puis avec 2m. L'allongement Δx double quand la force double : F = k Δx. À l'équilibre, la force du ressort (rouge) compense le poids (bleu).
Une loi d'approximation
La loi de Hooke n'est pas une loi fondamentale. C'est une très bonne approximation pour de petites déformations. Au-delà de la limite d'élasticité, le ressort se déforme de façon permanente. La raideur \(k\) dépend du matériau, de l'épaisseur du fil, du diamètre des spires et de leur nombre : plus il y a de spires, plus le ressort est souple.
Mesurer une raideur
La méthode est toujours la même : on suspend des masses connues, on mesure les allongements, on trace la force en fonction de l'allongement. Si les points sont alignés avec l'origine, la loi de Hooke est vérifiée. La pente est \(k\).
Calcul guidé : exploiter une série de mesures
On suspend 100, 200, 300 et 400 g à un ressort. On mesure des allongements de 2,4 cm, 5,0 cm, 7,3 cm et 9,9 cm. Trouve \(k\).
Forces : \(F = m g\), soit 0,981 N, 1,962 N, 2,943 N et 3,924 N.
Rapports \(F/\Delta x\) point par point : 40,9 ; 39,2 ; 40,3 ; 39,6 N/m. Ils sont presque constants : Hooke est vérifié.
Meilleure droite passant par l'origine (moindres carrés) :
\[ k = \frac{\sum F_i\,\Delta x_i}{\sum \Delta x_i^2} \]
\[ k = \frac{0{,}7250}{0{,}018206} = 39{,}8\ \text{N/m} \]
La moyenne des rapports (40,0 N/m) donne presque la même chose. La méthode de la droite donne plus de poids aux grands allongements, mesurés avec moins d'erreur relative.
Les quatre mesures du calcul guidé. Les points sont alignés avec l'origine : la force est proportionnelle à l'allongement. La pente de la droite est la raideur k.
Ressort vertical et équilibre
Une masse \(m\) suspendue à un ressort est en équilibre quand la force du ressort compense le poids :
C'est le principe du dynamomètre et des balances à ressort. Une balance de salle de bains mesure un écrasement, donc une force, puis affiche \(F/9{,}81\) en « kilos ».
Deux prolongements
Un ressort déformé stocke de l'énergie. Le travail pour l'étirer est l'aire sous la droite \(F(x)\), un triangle :
\[ E_{\text{él}} = \tfrac12\,k\,x^2 \]
Pour une masse accrochée au ressort et écartée de l'équilibre, la force de rappel produit des oscillations de période \(T = 2\pi\sqrt{m/k}\), indépendante de l'amplitude. Ces deux idées sont développées dans les pages Énergie et Oscillations.
Erreur fréquente
\(\Delta x\) est l'allongement, pas la longueur du ressort. Un ressort de 12 cm au repos qui mesure 17 cm sous charge a un allongement de 5 cm.
À retenir
Loi de Hooke : \(F_x = -k\,x\), valable pour de petites déformations.
Mesure de \(k\) : pente de la droite \(F(\Delta x)\).
Équilibre vertical : \(\Delta x = m g/k\).
Énergie élastique \(\tfrac12 k x^2\) ; période \(2\pi\sqrt{m/k}\).
OS / OC
Ressorts en série et en parallèle
En série, chaque ressort transmet la même force et les allongements s'additionnent : l'ensemble est plus souple. En parallèle, les deux ressorts s'allongent pareil et les forces s'additionnent : l'ensemble est plus raide.
En série, les deux ressorts transmettent la même force \(F\). Leurs allongements s'additionnent :
\[ \Delta x = \frac{F}{k_1} + \frac{F}{k_2} = \frac{F}{k} \]
\[ \frac{1}{k} = \frac{1}{k_1} + \frac{1}{k_2} \]
En parallèle, ils ont le même allongement, et les forces s'additionnent :
\[ F = k_1\,\Delta x + k_2\,\Delta x \]\[ \Longrightarrow\quad k = k_1 + k_2 \]
Attention : c'est l'inverse des résistances électriques. Une conséquence amusante : coupe un ressort en deux. Le ressort entier est formé de deux moitiés en série, chacune de raideur \(k'\). Donc \(1/k = 2/k'\), soit \(k' = 2k\). Chaque moitié est deux fois plus raide.
Calcul guidé : deux ressorts, deux montages
\(k_1 = 40\ \text{N/m}\), \(k_2 = 60\ \text{N/m}\). On suspend 300 g. Allongement en série, puis en parallèle ?
Le même couple de ressorts donne un ensemble quatre fois plus raide en parallèle qu'en série.
Du ressort au matériau : le module d'Young
Un fil ou une barre de longueur \(L\) et de section \(A\) se comporte aussi comme un ressort. L'allongement relatif (déformation \(\varepsilon = \Delta L/L\)) est proportionnel à la force par unité de surface (contrainte \(\sigma = F/A\)) : \(\sigma = E\,\varepsilon\). \(E\) est le module d'Young du matériau (acier : environ 210 GPa). La raideur du fil vaut donc :
\[ k = \frac{E\,A}{L} \]
Pour un fil d'acier de 2 m et 1 mm de diamètre : \(A = 7{,}85 \cdot 10^{-7}\ \text{m}^2\), donc \(k = 8{,}2 \cdot 10^4\ \text{N/m}\). Une masse de 10 kg ne l'allonge que de 1,2 mm.
Université
Pourquoi Hooke marche presque partout
Soit une énergie potentielle \(E_p(x)\) régulière, minimale en \(x_0\). Son développement de Taylor au voisinage du minimum s'écrit :
Le terme du premier ordre manque, car \(E_p'(x_0) = 0\) au minimum. La force \(F = -E_p'(x)\) vaut donc, pour de petits écarts :
\[ F \approx -k\,(x - x_0) \]\[ k = E_p''(x_0) \]
Tout système près d'un équilibre stable se comporte comme un ressort. C'est vrai d'un pendule, d'une molécule, d'un cristal ou d'un pont.
Près de son minimum, toute énergie potentielle régulière (trait plein) ressemble à une parabole (pointillés). Sa courbure au fond donne la raideur effective k = Ep″(x₀) : c'est pourquoi la loi de Hooke est si universelle.
Calcul guidé : la liaison H-Cl comme un ressort
La liaison de la molécule HCl est bien décrite par un potentiel de Morse \(E_p(r) = D\,(1 - e^{-a(r - r_0)})^2\), avec \(D = 4{,}62\ \text{eV}\) et \(a = 1{,}87 \cdot 10^{10}\ \text{m}^{-1}\). Raideur, puis fréquence de vibration ?
\[ f = \frac{1}{2\pi}\sqrt{\frac{k}{\mu}} = 9{,}0 \cdot 10^{13}\ \text{Hz} \]
Ce qui correspond à un nombre d'onde \(f/c \approx 3000\ \text{cm}^{-1}\), dans l'infrarouge. La spectroscopie mesure environ 2990 cm⁻¹. La molécule se comporte comme deux masses reliées par un ressort de 518 N/m, la raideur d'un ressort de cahier.
Au-delà de la parabole
Les termes suivants du développement (\(x^3\), \(x^4\)) rendent l'oscillateur anharmonique : la période dépend de l'amplitude, et un solide se dilate en chauffant. Dans un matériau réel, la loi de Hooke devient tensorielle, \(\sigma_{ij} = C_{ijkl}\,\varepsilon_{kl}\) : un cristal peut être plus raide dans une direction que dans une autre.
A restoring force
A spring at rest has a length \(\ell_0\). Stretched or compressed, it exerts a force that tends to bring it back to \(\ell_0\): a restoring force. Place an axis \(x\) along the spring, with \(x = 0\) at the rest position of its end. Hooke's law then reads with a sign:
\[ F_x = -k\,x \]
The minus sign says that the force always points towards the rest position. If \(x > 0\) (stretched), \(F_x < 0\). If \(x < 0\) (compressed), \(F_x > 0\).
If the spring points in any direction in space, let \(\vec u\) be the unit vector from its anchor to its free end. The force on the end is:
\[ \vec F = -k\,(\ell - \ell_0)\,\vec u \]\[ \vec u = \begin{pmatrix} u_x \\ u_y \\ u_z \end{pmatrix} \]
Example: a spring of stiffness 50 N/m, natural length 0.20 m, anchored at the origin, with its end at the point \(A\,(0.1,\,0.2,\,-0.2)\) m. Its position vector is \(\overrightarrow{OA} = \begin{pmatrix} 0.1 \\ 0.2 \\ -0.2 \end{pmatrix}\) m. Its length is \(\ell = \sqrt{0.01 + 0.04 + 0.04} = 0.30\ \text{m}\), so \(\vec u = \tfrac{1}{0.3}\begin{pmatrix} 0.1 \\ 0.2 \\ -0.2 \end{pmatrix}\) and
\[ \vec F = -50 \cdot 0.1 \cdot \vec u = \begin{pmatrix} -1.67 \\ -3.33 \\ 3.33 \end{pmatrix}\ \text{N} \]
The force points towards the anchor, and its magnitude is \(k\,\Delta\ell = 5\ \text{N}\).
A spring unloaded, then with a mass m, then with 2m. The extension Δx doubles when the force doubles: F = k Δx. At equilibrium, the spring force (red) balances the weight (blue).
An approximate law
Hooke's law is not a fundamental law. It is a very good approximation for small deformations. Beyond the elastic limit, the spring deforms permanently. The stiffness \(k\) depends on the material, the wire thickness, the coil diameter and the number of turns: the more turns, the softer the spring.
Measuring a stiffness
The method is always the same: hang known masses, measure the extensions, plot the force against the extension. If the points line up with the origin, Hooke's law holds. The slope is \(k\).
Guided calculation: using a series of measurements
100, 200, 300 and 400 g are hung from a spring. The measured extensions are 2.4 cm, 5.0 cm, 7.3 cm and 9.9 cm. Find \(k\).
Forces: \(F = m g\), so 0.981 N, 1.962 N, 2.943 N and 3.924 N.
Ratios \(F/\Delta x\) point by point: 40.9; 39.2; 40.3; 39.6 N/m. They are almost constant: Hooke's law holds.
Best line through the origin (least squares):
\[ k = \frac{\sum F_i\,\Delta x_i}{\sum \Delta x_i^2} \]
\[ k = \frac{0.7250}{0.018206} = 39.8\ \text{N/m} \]
The mean of the ratios (40.0 N/m) gives almost the same result. The line method gives more weight to large extensions, which are measured with a smaller relative error.
The four measurements from the guided calculation. The points line up with the origin: the force is proportional to the extension. The slope of the line is the stiffness k.
Vertical spring and equilibrium
A mass \(m\) hanging from a spring is in equilibrium when the spring force balances the weight:
This is how spring scales work. A bathroom scale measures a compression, so a force, then displays \(F/9.81\) in "kilos".
Two extensions of the idea
A deformed spring stores energy. The work needed to stretch it is the area under the line \(F(x)\), a triangle:
\[ E_{\text{el}} = \tfrac12\,k\,x^2 \]
For a mass attached to the spring and pulled away from equilibrium, the restoring force produces oscillations of period \(T = 2\pi\sqrt{m/k}\), independent of the amplitude. Both ideas are developed on the Energy and Oscillations pages.
Common mistake
\(\Delta x\) is the extension, not the length of the spring. A spring 12 cm long at rest that measures 17 cm under load has an extension of 5 cm.
Key points
Hooke's law: \(F_x = -k\,x\), valid for small deformations.
Measuring \(k\): slope of the line \(F(\Delta x)\).
Vertical equilibrium: \(\Delta x = m g/k\).
Elastic energy \(\tfrac12 k x^2\); period \(2\pi\sqrt{m/k}\).
Advanced
Springs in series and in parallel
In series, each spring carries the same force and the extensions add up: the combination is softer. In parallel, both springs stretch the same and the forces add up: the combination is stiffer.
In series, both springs carry the same force \(F\). Their extensions add up:
\[ \Delta x = \frac{F}{k_1} + \frac{F}{k_2} = \frac{F}{k} \]
\[ \frac{1}{k} = \frac{1}{k_1} + \frac{1}{k_2} \]
In parallel, they have the same extension, and the forces add up:
\[ F = k_1\,\Delta x + k_2\,\Delta x \]\[ \Longrightarrow\quad k = k_1 + k_2 \]
Careful: this is the opposite of electrical resistors. A fun consequence: cut a spring in half. The whole spring is two halves in series, each of stiffness \(k'\). So \(1/k = 2/k'\), that is \(k' = 2k\). Each half is twice as stiff.
Guided calculation: two springs, two set-ups
\(k_1 = 40\ \text{N/m}\), \(k_2 = 60\ \text{N/m}\). A 300 g mass is hung. Extension in series, then in parallel?
The same pair of springs is four times stiffer in parallel than in series.
From spring to material: Young's modulus
A wire or a bar of length \(L\) and cross-section \(A\) also behaves like a spring. The relative extension (strain \(\varepsilon = \Delta L/L\)) is proportional to the force per unit area (stress \(\sigma = F/A\)): \(\sigma = E\,\varepsilon\). \(E\) is the material's Young's modulus (steel: about 210 GPa). The stiffness of the wire is therefore:
\[ k = \frac{E\,A}{L} \]
For a steel wire 2 m long and 1 mm in diameter: \(A = 7.85 \cdot 10^{-7}\ \text{m}^2\), so \(k = 8.2 \cdot 10^4\ \text{N/m}\). A 10 kg mass stretches it by only 1.2 mm.
University
Why Hooke works almost everywhere
Take a smooth potential energy \(E_p(x)\), minimal at \(x_0\). Its Taylor expansion near the minimum reads:
The first-order term is missing, because \(E_p'(x_0) = 0\) at the minimum. The force \(F = -E_p'(x)\) is therefore, for small displacements:
\[ F \approx -k\,(x - x_0) \]\[ k = E_p''(x_0) \]
Any system near a stable equilibrium behaves like a spring. This holds for a pendulum, a molecule, a crystal or a bridge.
Near its minimum, any smooth potential energy (solid line) looks like a parabola (dashed). Its curvature at the bottom gives the effective stiffness k = Ep″(x₀): that is why Hooke's law is so universal.
Guided calculation: the H-Cl bond as a spring
The bond of the HCl molecule is well described by a Morse potential \(E_p(r) = D\,(1 - e^{-a(r - r_0)})^2\), with \(D = 4.62\ \text{eV}\) and \(a = 1.87 \cdot 10^{10}\ \text{m}^{-1}\). Stiffness, then vibration frequency?
\[ f = \frac{1}{2\pi}\sqrt{\frac{k}{\mu}} = 9.0 \cdot 10^{13}\ \text{Hz} \]
This corresponds to a wavenumber \(f/c \approx 3000\ \text{cm}^{-1}\), in the infrared. Spectroscopy measures about 2990 cm⁻¹. The molecule behaves like two masses joined by a 518 N/m spring, the stiffness of a notebook spring.
Beyond the parabola
The next terms of the expansion (\(x^3\), \(x^4\)) make the oscillator anharmonic: the period depends on the amplitude, and a solid expands when heated. In a real material, Hooke's law becomes a tensor law, \(\sigma_{ij} = C_{ijkl}\,\varepsilon_{kl}\): a crystal can be stiffer in one direction than in another.
À toi de jouer
Expérience « Suspendre des masses (Hooke) » : augmente la masse petit à petit. Le ressort s'allonge-t-il régulièrement ?
Avec 0,50 kg, regarde l'allongement. Prédis l'allongement avec 1,00 kg, puis vérifie.
Passe à l'« Oscillateur sur coussin d'air » : un ressort plus raide va-t-il plus vite ou plus lentement ?
Your turn
"Hang masses (Hooke)" experiment: increase the mass little by little. Does the spring stretch steadily?
With 0.50 kg, look at the stretch. Predict the stretch with 1.00 kg, then check.
Switch to "Oscillator on an air track": does a stiffer spring go faster or slower?
À toi de jouer
Avec \(k = 40\ \text{N/m}\), clique sur « Noter la mesure » pour au moins quatre masses différentes. Les points sont-ils alignés avec l'origine ?
Calcule la pente de la droite. Retrouves-tu \(k\) ?
Oscillateur : observe les barres d'énergie. Où l'énergie cinétique est-elle maximale ? Et l'énergie élastique ?
Your turn
With \(k = 40\ \text{N/m}\), click "Record the measurement" for at least four different masses. Do the points line up with the origin?
Work out the slope of the line. Do you get \(k\) back?
Oscillator: watch the energy bars. Where is kinetic energy largest? And elastic energy?
Piste de travail : mesure \(k\) par la méthode de la droite, comme dans le calcul guidé, pour trois raideurs différentes. Puis, avec l'oscillateur, mesure la période pour 4 masses et trace \(T^2\) en fonction de \(m\) : la pente vaut \(4\pi^2/k\). Les deux méthodes donnent-elles la même raideur ?
Worksheet idea: measure \(k\) with the line method, as in the guided calculation, for three different stiffnesses. Then, with the oscillator, measure the period for 4 masses and plot \(T^2\) against \(m\): the slope is \(4\pi^2/k\). Do both methods give the same stiffness?
Exemples résolusWorked examples
Le peson du marché
Le ressort d'un peson a une raideur de 500 N/m. L'aiguille descend de 3,4 cm. Masse des pommes ?
1) Force du ressort :
\[ F = k\,\Delta x = 500 \cdot 0{,}034 = 17\ \text{N} \]
2) À l'équilibre, \(F = m g\) :
\[ m = \frac{17}{9{,}81} = 1{,}73\ \text{kg} \]
Longueur sous charge
Ressort de longueur à vide 15 cm, \(k = 80\ \text{N/m}\). On suspend 0,4 kg. Longueur à l'équilibre ?
\[ k = \frac{6A}{r_0^4} - \frac{2B}{r_0^3} = \frac{B^4}{8A^3} \]
Le dynamomètre
Un dynamomètre a un ressort de raideur 100 N/m. Il s'allonge de 8 cm. Quelle force mesure-t-il ?
\[ F = k\,\Delta x = 100 \cdot 0{,}08 = 8\ \text{N} \]
C'est le poids d'environ 800 g.
Proportionnalité
Avec 2 N, un ressort s'allonge de 3 cm. Avec 5 N ? La force est multipliée par 2,5, l'allongement aussi : \(3 \cdot 2{,}5 = 7{,}5\ \text{cm}\).
The spring scale
A spring scale has a spring of stiffness 100 N/m. It stretches by 8 cm. What force does it measure?
\[ F = k\,\Delta x = 100 \cdot 0.08 = 8\ \text{N} \]
That is the weight of about 800 g.
Proportionality
With 2 N, a spring stretches by 3 cm. With 5 N? The force is multiplied by 2.5, so is the extension: \(3 \cdot 2.5 = 7.5\ \text{cm}\).
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3 · Dynamique
Le travail d'une force
Quand dit-on qu'une force « travaille » ? Le travail mesure l'énergie qu'une force transmet à un objet en le déplaçant.
Chapter 3 · Dynamics
The work done by a force
When does a force "do work"? Work measures the energy a force passes on to an object by moving it.
Pousser, ce n'est pas toujours travailler
En physique, le mot « travail » a un sens précis. Une force travaille quand l'objet sur lequel elle agit se déplace dans le sens de la force.
Tu pousses un chariot avec une force de 50 N sur 10 m. Le travail vaut :
\[ W = F \cdot d = 50\ \text{N} \cdot 10\ \text{m} = 500\ \text{J} \]
L'unité est le joule (J) : 1 J = 1 N · 1 m. Soulever une pomme de 100 g d'un mètre demande environ 1 J.
Tu pousses un mur qui ne bouge pas : le travail est nul, même si tu te fatigues. Tes muscles consomment de l'énergie, mais le mur n'en reçoit aucune.
Monter, c'est travailler contre le poids
Pour monter un objet à vitesse constante, tu dois exercer une force égale à son poids \(m g\), sur la hauteur \(h\). Le travail vaut donc \(W = m g h\).
Calcul guidé
Tu montes ton sac de 8 kg au 3e étage. Chaque étage mesure 3 m.
Le poids du sac :
\[ P = m g = 8 \cdot 9{,}81 = 78{,}5\ \text{N} \]
La hauteur totale :
\[ h = 3 \cdot 3 = 9\ \text{m} \]
Le travail de ta force :
\[ W = 78{,}5 \cdot 9 = 706\ \text{J} \]
Environ 0,7 kJ. C'est à peu près l'énergie d'un morceau de sucre... divisée par cent : le sucre contient environ 70 kJ.
La puissance : travailler vite ou lentement
La puissance dit à quelle vitesse on fournit le travail :
\[ P = \frac{W}{t} \]
Elle se mesure en watts (W) : 1 W = 1 J/s. Monter le sac en 10 s demande \(706 / 10 \approx 71\ \text{W}\). En 30 s, seulement 24 W. Le travail est le même, la puissance non.
Attention
La lettre P sert à la fois pour le poids et pour la puissance. Regarde toujours l'unité : N pour le poids, W pour la puissance.
Je retiens
Travail d'une force dans le sens du déplacement : \(W = F \cdot d\), en joules.
Une force perpendiculaire au déplacement ne travaille pas.
Puissance : \(P = W / t\), en watts.
Petit lexique
Travail
énergie transmise par une force qui déplace un objet.
Joule (J)
unité de travail et d'énergie.
Puissance
travail fourni par seconde.
Watt (W)
unité de puissance, 1 W = 1 J/s.
Pushing is not always working
In physics, the word "work" has a precise meaning. A force does work when the object it acts on moves in the direction of the force.
You push a trolley with a 50 N force over 10 m. The work is:
\[ W = F \cdot d = 50\ \text{N} \cdot 10\ \text{m} = 500\ \text{J} \]
The unit is the joule (J): 1 J = 1 N · 1 m. Lifting a 100 g apple by one metre takes about 1 J.
You push a wall that does not move: the work is zero, even if you get tired. Your muscles use energy, but the wall receives none.
Going up means working against weight
To lift an object at constant speed, you must exert a force equal to its weight \(m g\), over the height \(h\). So the work is \(W = m g h\).
Worked calculation
You carry your 8 kg bag up to the 3rd floor. Each floor is 3 m high.
The weight of the bag:
\[ P = m g = 8 \cdot 9.81 = 78.5\ \text{N} \]
The total height:
\[ h = 3 \cdot 3 = 9\ \text{m} \]
The work done by your force:
\[ W = 78.5 \cdot 9 = 706\ \text{J} \]
About 0.7 kJ. That is roughly a hundredth of the energy in a sugar cube, which holds about 70 kJ.
Power: working fast or slowly
Power tells how fast the work is done:
\[ P = \frac{W}{t} \]
It is measured in watts (W): 1 W = 1 J/s. Carrying the bag up in 10 s takes \(706 / 10 \approx 71\ \text{W}\). In 30 s, only 24 W. The work is the same, the power is not.
Careful
The letter P is used both for weight and for power. Always look at the unit: N for weight, W for power.
Remember
Work of a force along the displacement: \(W = F \cdot d\), in joules.
A force perpendicular to the displacement does no work.
Power: \(P = W / t\), in watts.
Word list
Work
energy passed on by a force that moves an object.
Joule (J)
unit of work and energy.
Power
work done per second.
Watt (W)
unit of power, 1 W = 1 J/s.
Une définition qui tient compte de la direction
Une force constante \(\vec{F}\) agit sur un objet. Son point d'application se déplace en ligne droite de \(\vec{d}\). Seule la partie de la force dirigée le long du déplacement compte. Elle vaut \(F\cos\alpha\), où \(\alpha\) est l'angle entre \(\vec{F}\) et \(\vec{d}\).
On définit le travail de la force :
\[ W = \vec{F}\cdot\vec{d} = F\,d\,\cos\alpha \]
Seule la composante de la force le long du déplacement, F cos α, travaille. La composante F sin α soulage le sol mais ne fait pas avancer la caisse.
Le travail est une grandeur scalaire : un nombre avec un signe, sans direction. Il se mesure en joules, 1 J = 1 N·m.
Le signe du travail
Si \(0 \le \alpha < 90^\circ\), \(\cos\alpha > 0\) et \(W > 0\). La force est motrice : elle fournit de l'énergie à l'objet.
Si \(\alpha = 90^\circ\), \(W = 0\). La force ne fournit ni ne retire d'énergie. C'est le cas de la réaction normale d'un sol horizontal, de la tension du fil d'un pendule, de la force centripète d'un mouvement circulaire uniforme.
Si \(90^\circ < \alpha \le 180^\circ\), \(W < 0\). La force est résistante : elle retire de l'énergie. Un frottement opposé au mouvement a \(\alpha = 180^\circ\), donc \(W = -f\,d\).
Le signe du travail dépend de l'angle entre la force et le déplacement : cos α est positif, nul ou négatif.
Plusieurs forces : on additionne
Quand plusieurs forces agissent, chacune a son travail. Le travail total est la somme. Comme toutes les forces subissent le même déplacement, c'est aussi le travail de la résultante :
La page suivante montre que ce travail total est exactement la variation d'énergie cinétique. C'est ce qui donne tout son sens au travail.
Calcul guidé
Une caisse de 40 kg est tirée sur 12 m par une corde inclinée de 30° au-dessus de l'horizontale. La force vaut \(F = 150\ \text{N}\). Le coefficient de frottement cinétique est \(\mu_c = 0{,}30\). Calcule le travail de chaque force.
Travail de la traction : la force fait 30° avec le déplacement.
Le travail total est positif : la caisse accélère. Plus de 70 % du travail de la traction est perdu en frottement.
En composantes : le travail en 2D et en 3D
Pour repérer l'espace, on choisit trois axes perpendiculaires \(x\), \(y\), \(z\), avec \(z\) vers le haut. Le trièdre est direct : tourne les doigts de la main droite de \(x\) vers \(y\), le pouce donne \(z\). Un vecteur s'écrit alors par ses trois composantes, en colonne :
Chaque terme est le travail d'une composante de la force le long de l'axe correspondant. En 2D, on oublie simplement la troisième ligne. Les normes s'obtiennent par Pythagore en 3D : \(d = \sqrt{d_x^{2} + d_y^{2} + d_z^{2}}\).
Le déplacement du drone (noir) et la force du vent (rouge), dessinés depuis l'origine. Les pointillés montrent les composantes du déplacement : 40 m selon x, 30 m selon y, 20 m vers le haut.
Calcul guidé
Un drone de livraison de 2,5 kg se déplace en ligne droite. Un vent de côté exerce une force constante. Dans le repère du schéma :
Pour le poids, seule la montée de 20 m compte : on retrouve \(-m g h\). Le vent aide le drone (330 J), mais moins que ce que coûte la montée. Vérifie toujours les unités : N fois m donne des joules.
Le travail du poids ne dépend que de la hauteur
Fais glisser un objet le long d'une pente de longueur \(L\) et d'angle \(\alpha\). La composante du poids le long de la pente vaut \(m g \sin\alpha\). Le travail du poids est donc \(W = m g \sin\alpha \cdot L\). Or \(L\sin\alpha = h\), la hauteur descendue. Donc \(W = m g h\), quelle que soit la pente.
En général, pour un objet qui passe de l'altitude \(h_A\) à l'altitude \(h_B\) :
\[ W_P = m g\,(h_A - h_B) \]
Positif si l'objet descend, négatif s'il monte. Le chemin ne compte pas. Cette propriété remarquable fait du poids une force conservative.
La puissance
La puissance moyenne est le travail divisé par la durée. Si une force constante agit dans le sens d'un mouvement de vitesse \(v\), elle fournit \(F\,\Delta x\) pendant \(\Delta t\), d'où :
\[ P = \frac{W}{\Delta t} = F\,v \]
Ordres de grandeur : un humain fournit environ 100 W pendant des heures, un cycliste professionnel 400 W pendant une heure, une voiture de 50 à 150 kW. Le cheval-vapeur vaut 735,5 W. Le kilowattheure, unité des factures d'électricité, vaut \(1\ \text{kWh} = 3{,}6\ \text{MJ}\).
Le rendement
Aucune machine ne transforme toute l'énergie reçue en travail utile. Le rendement compare les deux :
Un moteur électrique atteint 90 % et plus. Un moteur à essence dépasse rarement 35 %. Les muscles humains tournent autour de 25 %. Le reste part en chaleur.
Calcul guidé
Une grue monte une charge de 500 kg de 20 m, à vitesse constante, en 25 s. Son moteur électrique consomme 5,0 kW. Quel est le rendement ?
Travail utile : il faut compenser le poids sur 20 m.
\[ W = m g h = 500 \cdot 9{,}81 \cdot 20 = 98\,100\ \text{J} \]
78 %. Les 1,1 kW restants chauffent le moteur, les câbles et les engrenages.
Erreur fréquente
Tu portes une valise lourde en marchant à vitesse constante sur un sol plat. Ta main exerce une force verticale, le déplacement est horizontal : son travail est nul. Tu te fatigues pourtant. Tes muscles dépensent de l'énergie chimique pour rester contractés, et elle finit en chaleur. Le travail mécanique et l'effort ressenti sont deux choses différentes.
Je retiens
\(W = \vec{F}\cdot\vec{d} = F\,d\cos\alpha\) pour une force constante et un déplacement rectiligne.
En composantes (vecteurs en colonne) : \(W = F_x d_x + F_y d_y + F_z d_z\).
Force motrice : \(W > 0\). Force résistante : \(W < 0\). Force perpendiculaire : \(W = 0\).
Travail du poids : \(m g\,(h_A - h_B)\), indépendant du chemin.
Puissance \(P = W/\Delta t = F v\). Rendement \(\eta = P_{\text{utile}}/P_{\text{reçue}}\).
OS / OC
Le produit scalaire et le travail élémentaire
En composantes, le travail d'une force constante sur un déplacement rectiligne s'écrit :
Cette forme est souvent plus pratique que \(F d\cos\alpha\), car elle évite de chercher l'angle. Elle permet aussi de retrouver l'angle : \(\cos\alpha = \dfrac{\vec{F}\cdot\vec{d}}{F\,d}\).
Calcul guidé
Une force agit pendant un déplacement rectiligne :
L'angle est proche de 90° : la force travaille peu, alors qu'elle vaut 5 N sur plus de 5 m.
Quand la force varie ou que le chemin est courbe
La définition \(W = \vec{F}\cdot\vec{d}\) suppose une force constante et un chemin droit. Sinon, on découpe le chemin en petits déplacements \(\mathrm{d}\vec{r}\), sur lesquels la force est presque constante. Le travail élémentaire est \(\delta W = \vec{F}\cdot\mathrm{d}\vec{r}\), et le travail total est une intégrale :
Découpe un chemin quelconque, même en 3D, en petits déplacements \(\Delta\vec{r}_i\). Chaque morceau donne \(\vec{P}\cdot\Delta\vec{r}_i = -m g\,\Delta z_i\). La somme des \(\Delta z_i\) vaut \(z_B - z_A\), quel que soit le chemin :
Les déplacements horizontaux ne comptent pas, car le poids n'a pas de composante horizontale.
Université
Travail, puissance et référentiel
Le travail d'une force dépend du référentiel, car le déplacement en dépend. Une valise posée sur un tapis roulant d'aéroport : dans le référentiel du tapis, elle est immobile et aucune force ne travaille. Dans le référentiel de l'aérogare, le frottement statique du tapis l'a mise en mouvement, avec un travail positif. L'énergie cinétique aussi change de valeur d'un référentiel à l'autre. Le théorème de l'énergie cinétique reste vrai dans chaque référentiel galiléen, à condition de tout calculer dans le même.
Une force qui ne travaille pas peut accélérer un véhicule
Pour un système de points, la puissance d'une force est \(\vec{F}\cdot\vec{v}_{\text{point d'application}}\). Une roue qui roule sans glisser a son point de contact momentanément immobile. Le frottement statique du sol sur la roue motrice d'une voiture ne travaille donc pas. Pourtant, c'est lui qui accélère la voiture !
Il n'y a pas de contradiction. Le théorème de l'énergie cinétique pour un système déformable contient aussi le travail des forces intérieures :
L'énergie vient du moteur, une source intérieure. Le frottement du sol change la quantité de mouvement \(\big(\sum\vec{F}_{\text{ext}} = M\,\vec{a}_G\big)\) sans fournir d'énergie. Même analyse pour un sprinteur qui démarre : le sol pousse sur son pied immobile, l'énergie vient de ses muscles.
Le pseudo-travail du centre de masse
En intégrant \(\sum\vec{F}_{\text{ext}} = M\,\vec{a}_G\) le long de la trajectoire de \(G\), on obtient \(\Delta\big(\tfrac{1}{2} M v_G^{2}\big) = \int \sum\vec{F}_{\text{ext}}\cdot\mathrm{d}\vec{r}_G\). Cette égalité est exacte, mais ce n'est pas un bilan d'énergie : elle ne voit ni l'énergie interne, ni la rotation.
A definition that includes direction
A constant force \(\vec{F}\) acts on an object. Its point of application moves in a straight line by \(\vec{d}\). Only the part of the force along the displacement counts. It is \(F\cos\alpha\), where \(\alpha\) is the angle between \(\vec{F}\) and \(\vec{d}\).
The work done by the force is defined as:
\[ W = \vec{F}\cdot\vec{d} = F\,d\,\cos\alpha \]
Only the component of the force along the displacement, F cos α, does work. The component F sin α lifts some weight off the floor but does not move the crate forward.
Work is a scalar: a signed number, with no direction. It is measured in joules, 1 J = 1 N·m.
The sign of work
If \(0 \le \alpha < 90^\circ\), \(\cos\alpha > 0\) and \(W > 0\). The force is a driving force: it gives energy to the object.
If \(\alpha = 90^\circ\), \(W = 0\). The force neither gives nor takes energy. Examples: the normal force from a level floor, the tension in a pendulum string, the centripetal force in uniform circular motion.
If \(90^\circ < \alpha \le 180^\circ\), \(W < 0\). The force is a resisting force: it takes energy away. Friction opposite to the motion has \(\alpha = 180^\circ\), so \(W = -f\,d\).
The sign of the work depends on the angle between force and displacement: cos α is positive, zero or negative.
Several forces: add them up
When several forces act, each one does its own work. The total work is the sum. Since all forces share the same displacement, it is also the work done by the resultant:
The next page shows that this total work is exactly the change in kinetic energy. That is what makes work so useful.
Worked calculation
A 40 kg crate is pulled 12 m by a rope slanted 30° above the horizontal. The force is \(F = 150\ \text{N}\). The coefficient of kinetic friction is \(\mu_k = 0.30\). Find the work done by each force.
Work of the pull: the force makes 30° with the displacement.
The total work is positive: the crate speeds up. Over 70 % of the work of the pull is lost to friction.
In components: work in 2D and 3D
To locate points in space, choose three perpendicular axes \(x\), \(y\), \(z\), with \(z\) pointing up. The frame is right-handed: curl the fingers of your right hand from \(x\) to \(y\), your thumb gives \(z\). A vector is then written by its three components, as a column:
Each term is the work of one component of the force along the matching axis. In 2D, simply drop the third row. Magnitudes come from Pythagoras in 3D: \(d = \sqrt{d_x^{2} + d_y^{2} + d_z^{2}}\).
The drone's displacement (black) and the wind force (red), drawn from the origin. The dashes show the components of the displacement: 40 m along x, 30 m along y, 20 m upwards.
Worked calculation
A 2.5 kg delivery drone moves in a straight line. A side wind exerts a constant force. In the frame of the figure:
For the weight, only the 20 m climb matters: we get \(-m g h\) back. The wind helps the drone (330 J), but less than the climb costs. Always check units: N times m gives joules.
The work of weight only depends on height
Slide an object down a slope of length \(L\) and angle \(\alpha\). The component of weight along the slope is \(m g \sin\alpha\). The work of weight is therefore \(W = m g \sin\alpha \cdot L\). But \(L\sin\alpha = h\), the height lost. So \(W = m g h\), whatever the slope.
In general, for an object going from height \(h_A\) to height \(h_B\):
\[ W_P = m g\,(h_A - h_B) \]
Positive if the object goes down, negative if it goes up. The path does not matter. This remarkable property makes weight a conservative force.
Power
Average power is work divided by time. If a constant force acts along a motion of speed \(v\), it supplies \(F\,\Delta x\) during \(\Delta t\), so:
\[ P = \frac{W}{\Delta t} = F\,v \]
Orders of magnitude: a human supplies about 100 W for hours, a professional cyclist 400 W for an hour, a car 50 to 150 kW. One metric horsepower is 735.5 W. The kilowatt-hour on electricity bills is \(1\ \text{kWh} = 3.6\ \text{MJ}\).
Efficiency
No machine turns all the energy it receives into useful work. Efficiency compares the two:
78 %. The remaining 1.1 kW heats up the motor, the cables and the gears.
Common mistake
You carry a heavy suitcase while walking at constant speed on level ground. Your hand exerts a vertical force, the displacement is horizontal: its work is zero. Yet you get tired. Your muscles spend chemical energy to stay contracted, and it ends up as heat. Mechanical work and felt effort are two different things.
Remember
\(W = \vec{F}\cdot\vec{d} = F\,d\cos\alpha\) for a constant force and a straight displacement.
This form is often handier than \(F d\cos\alpha\), since you do not need the angle. It also gives the angle back: \(\cos\alpha = \dfrac{\vec{F}\cdot\vec{d}}{F\,d}\).
The angle is close to 90°: the force does little work, although it is 5 N over more than 5 m.
When the force varies or the path is curved
The definition \(W = \vec{F}\cdot\vec{d}\) assumes a constant force and a straight path. Otherwise, cut the path into small displacements \(\mathrm{d}\vec{r}\), on which the force is almost constant. The elementary work is \(\delta W = \vec{F}\cdot\mathrm{d}\vec{r}\), and the total work is an integral:
Cut any path, even in 3D, into small displacements \(\Delta\vec{r}_i\). Each piece gives \(\vec{P}\cdot\Delta\vec{r}_i = -m g\,\Delta z_i\). The sum of the \(\Delta z_i\) is \(z_B - z_A\), whatever the path:
Horizontal displacements do not count, because weight has no horizontal component.
University
Work, power and frame of reference
The work of a force depends on the frame, because the displacement does. A suitcase on an airport moving walkway: in the walkway frame it is at rest and no force does work. In the terminal frame, static friction from the walkway set it moving, with positive work. Kinetic energy also takes different values in different frames. The work-energy theorem holds in every inertial frame, provided everything is computed in the same one.
A force that does no work can accelerate a vehicle
For a system of points, the power of a force is \(\vec{F}\cdot\vec{v}_{\text{point of application}}\). A wheel rolling without slipping has its contact point momentarily at rest. Static friction from the road on a car's driving wheel therefore does no work. Yet it is what accelerates the car!
There is no contradiction. For a deformable system, the work-energy theorem also contains the work of internal forces:
The energy comes from the engine, an internal source. Road friction changes the momentum \(\big(\sum\vec{F}_{\text{ext}} = M\,\vec{a}_G\big)\) without supplying energy. Same analysis for a sprinter at the start: the ground pushes on a foot at rest, the energy comes from the muscles.
Centre-of-mass pseudo-work
Integrating \(\sum\vec{F}_{\text{ext}} = M\,\vec{a}_G\) along the path of \(G\) gives \(\Delta\big(\tfrac{1}{2} M v_G^{2}\big) = \int \sum\vec{F}_{\text{ext}}\cdot\mathrm{d}\vec{r}_G\). This equality is exact, but it is not an energy balance: it sees neither internal energy nor rotation.
À toi de jouer
Va dans la simulation « Pousser une caisse ». Choisis le coussin d'air, 100 N et 20 kg. Note la vitesse après 5 m environ, puis calcule \(W = F \cdot d\).
Recommence avec le parquet. Le travail de ta force est le même sur 5 m. Pourquoi la caisse va-t-elle moins vite ?
Your turn
Go to the "Pushing a crate" simulation. Choose the air cushion, 100 N and 20 kg. Note the speed after about 5 m, then work out \(W = F \cdot d\).
Do it again on the wooden floor. Your force does the same work over 5 m. Why is the crate slower?
Piste de travail : avec la simulation « Pousser une caisse », sur le parquet, fixe \(F = 150\ \text{N}\) et \(m = 20\ \text{kg}\). Mesure la vitesse après une distance connue, calcule \(W_F\), \(W_f\) et \(\tfrac{1}{2} m v^{2}\). Compare \(W_F + W_f\) et \(\tfrac{1}{2} m v^{2}\). Incline ensuite la corde de 30° : quels travaux changent, et pourquoi ?
Worksheet idea: with the "Pushing a crate" simulation, on the wooden floor, set \(F = 150\ \text{N}\) and \(m = 20\ \text{kg}\). Measure the speed after a known distance, work out \(W_F\), \(W_f\) and \(\tfrac{1}{2} m v^{2}\). Compare \(W_F + W_f\) with \(\tfrac{1}{2} m v^{2}\). Then tilt the rope by 30°: which works change, and why?
Exemples résolusWorked examples
Tirer une valise à roulettes
Tu tires une valise sur 200 m avec une force de 40 N, la poignée faisant 50° avec le sol.
Seule la montée nette de 0,50 m compte. Le trajet horizontal ne coûte rien au poids.
Valise sur un tapis roulant
Une valise de 20 kg est posée sur un tapis roulant à 0,75 m/s. Le frottement la met en mouvement. Dans le référentiel de l'aérogare, le travail du frottement vaut \(\tfrac{1}{2} m v^{2} = \tfrac{1}{2} \cdot 20 \cdot 0{,}75^{2} = 5{,}6\ \text{J}\).
Pendant ce temps, le tapis a glissé sous la valise. Le moteur du tapis a fourni le double, 11,3 J. La moitié est partie en chaleur par frottement. Dans le référentiel du tapis, la valise passe de −0,75 m/s à 0 : le frottement a un travail de −5,6 J.
Pulling a wheeled suitcase
You pull a suitcase 200 m with a 40 N force, the handle at 50° to the ground.
Only the net rise of 0.50 m counts. The horizontal part costs weight nothing.
Suitcase on a moving walkway
A 20 kg suitcase is put on a walkway moving at 0.75 m/s. Friction gets it moving. In the terminal frame, the work of friction is \(\tfrac{1}{2} m v^{2} = \tfrac{1}{2} \cdot 20 \cdot 0.75^{2} = 5.6\ \text{J}\).
Meanwhile the walkway slid under the suitcase. The walkway motor supplied twice as much, 11.3 J. Half of it became heat through friction. In the walkway frame, the suitcase goes from −0.75 m/s to 0: friction does −5.6 J of work.
Pousser un caddie
Tu pousses un caddie avec 30 N sur 25 m, dans le sens du mouvement.
\[ W = 30 \cdot 25 = 750\ \text{J} \]
Deux façons de monter l'escalier
Tu pèses 50 kg et tu montes 4 m d'escalier.
\[ W = m g h = 50 \cdot 9{,}81 \cdot 4 = 1\,962\ \text{J} \]
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3 · Dynamique
L'énergie mécanique
La hauteur peut se changer en vitesse, et la vitesse en hauteur. Qu'est-ce qui se conserve, et où part ce qui se perd ?
Chapter 3 · Dynamics
Mechanical energy
Height can turn into speed, and speed into height. What is conserved, and where does the lost part go?
L'énergie se transforme
Sur une balançoire, en haut tu vas lentement. En bas, tu vas vite. Puis tu remontes et tu ralentis. La hauteur se change en vitesse, puis la vitesse redevient hauteur.
Les physiciens disent que l'énergie passe d'une forme à une autre. En haut, l'énergie est surtout « de hauteur ». En bas, elle est surtout « de mouvement ».
Expérience : la bille dans le saladier
Pose une bille sur le bord intérieur d'un grand saladier et lâche-la.
Avant de regarder, prédis : de l'autre côté, remontera-t-elle plus haut, aussi haut, ou moins haut ?
Regarde bien plusieurs allers-retours.
Elle remonte presque aussi haut, jamais plus haut. À chaque passage, elle perd un tout petit peu. Au bout d'un moment, elle s'arrête au fond.
Où part l'énergie perdue ?
Frotte vite tes mains l'une contre l'autre. Elles chauffent ! Le frottement transforme l'énergie de mouvement en chaleur. C'est ce qui arrive à la bille, un peu à chaque passage. L'énergie ne disparaît pas : elle se change en chaleur, si peu qu'on ne la sent pas.
C'est aussi pour ça qu'il faut te pousser régulièrement sur la balançoire : tu rends l'énergie perdue.
Je retiens
L'énergie de hauteur peut se changer en énergie de mouvement, et inversement.
Un objet lâché ne remonte jamais plus haut que son point de départ.
Le frottement change l'énergie en chaleur.
Petit lexique
Énergie
ce qui permet de bouger, de chauffer, d'éclairer.
Frottement
ce qui freine quand deux choses glissent l'une sur l'autre.
Chaleur
énergie qui réchauffe les objets.
Energy changes form
On a swing, at the top you move slowly. At the bottom, you move fast. Then you go up again and slow down. Height turns into speed, then speed turns back into height.
Physicists say that energy passes from one form to another. At the top, the energy is mostly "height energy". At the bottom, it is mostly "motion energy".
Experiment: the marble in the bowl
Put a marble on the inside edge of a big bowl and let go.
Before looking, predict: on the other side, will it go higher, as high, or less high?
Watch several swings back and forth.
It goes back up almost as high, never higher. Each time, it loses a tiny bit. After a while, it stops at the bottom.
Where does the lost energy go?
Rub your hands together quickly. They get warm! Friction turns motion energy into heat. That is what happens to the marble, a little on each pass. The energy does not vanish: it turns into heat, so little that you cannot feel it.
That is also why someone has to push you on the swing every so often: they give back the lost energy.
Remember
Height energy can turn into motion energy, and back.
An object you let go never rises higher than where it started.
Friction turns energy into heat.
Word list
Energy
what lets things move, warm up, light up.
Friction
what slows things down when they slide on each other.
Heat
energy that warms objects up.
Deux formes d'énergie mécanique
L'énergie cinétique est l'énergie due à la vitesse. L'énergie potentielle de pesanteur est l'énergie due à la hauteur :
Les deux se mesurent en joules (J). La hauteur \(h\) se mesure depuis un niveau de référence que tu choisis, par exemple le sol.
Sans frottement, la somme reste constante
Quand un objet tombe sans frottement, ce qu'il perd en \(E_p\), il le gagne en \(E_c\). La somme \(E_c + E_p\) ne change pas. C'est la conservation de l'énergie mécanique.
Calcul guidé
Une pomme de 200 g tombe d'une branche à 3 m du sol. Avec quelle vitesse arrive-t-elle au sol ? (On néglige l'air.)
En haut, la pomme est immobile : toute l'énergie est potentielle.
\[ E_p = m g h = 0{,}2 \cdot 9{,}81 \cdot 3 = 5{,}89\ \text{J} \]
En bas, \(h = 0\) : toute l'énergie est devenue cinétique.
\[ v = \sqrt{\frac{2 \cdot 5{,}89}{0{,}2}} = 7{,}67\ \text{m/s} \]
Environ 28 km/h. Remarque : la masse se simplifie. Une pastèque lâchée de 3 m arrive à la même vitesse.
Vitesse double, énergie quadruple
L'énergie cinétique dépend du carré de la vitesse. Une voiture de 1 000 kg à 50 km/h (13,9 m/s) a 96 kJ. À 100 km/h, elle en a 386 kJ, quatre fois plus. Il faut quatre fois plus de distance pour freiner, et le choc est quatre fois plus violent.
Je retiens
\(E_c = \tfrac{1}{2} m v^{2}\) et \(E_p = m g h\), en joules.
Sans frottement, \(E_c + E_p\) reste constante.
Vitesse de chute depuis \(h\) : \(v = \sqrt{2 g h}\), quelle que soit la masse.
Les frottements changent l'énergie mécanique en chaleur.
Petit lexique
Énergie cinétique
énergie liée à la vitesse.
Énergie potentielle
énergie liée à la position (hauteur, ressort tendu).
Énergie mécanique
somme des deux.
Two forms of mechanical energy
Kinetic energy is energy due to speed. Gravitational potential energy is energy due to height:
Both are measured in joules (J). The height \(h\) is measured from a reference level you choose, for example the ground.
Without friction, the sum stays constant
When an object falls without friction, what it loses in \(E_p\) it gains in \(E_k\). The sum \(E_k + E_p\) does not change. That is conservation of mechanical energy.
Worked calculation
A 200 g apple falls from a branch 3 m above the ground. How fast does it hit the ground? (Air is neglected.)
At the top the apple is at rest: all the energy is potential.
\[ E_p = m g h = 0.2 \cdot 9.81 \cdot 3 = 5.89\ \text{J} \]
At the bottom \(h = 0\): all the energy has become kinetic.
\[ v = \sqrt{\frac{2 \cdot 5.89}{0.2}} = 7.67\ \text{m/s} \]
About 28 km/h. Note that the mass cancels. A watermelon dropped from 3 m arrives at the same speed.
Twice the speed, four times the energy
Kinetic energy depends on the square of the speed. A 1,000 kg car at 50 km/h (13.9 m/s) has 96 kJ. At 100 km/h it has 386 kJ, four times as much. It needs four times the distance to brake, and the crash is four times as violent.
Remember
\(E_k = \tfrac{1}{2} m v^{2}\) and \(E_p = m g h\), in joules.
Without friction, \(E_k + E_p\) stays constant.
Speed after falling a height \(h\): \(v = \sqrt{2 g h}\), whatever the mass.
Friction turns mechanical energy into heat.
Word list
Kinetic energy
energy linked to speed.
Potential energy
energy linked to position (height, stretched spring).
Mechanical energy
the sum of the two.
D'où vient ½ m v² ?
Une force constante \(F\), seule, pousse un objet de masse \(m\) au repos sur une distance \(d\). Son travail vaut \(W = F d = m a\,d\). Le mouvement est uniformément accéléré, donc \(v^{2} = 2 a d\). En remplaçant \(a\,d\) par \(v^{2}/2\) :
\[ W = m\,a\,d = \tfrac{1}{2}\,m\,v^{2} \]
Le travail fourni se retrouve entièrement sous forme de \(\tfrac{1}{2} m v^{2}\). On appelle cette quantité l'énergie cinétique. Le résultat est général : c'est le théorème de l'énergie cinétique.
La variation d'énergie cinétique entre deux instants est égale à la somme des travaux de toutes les forces. Pour la caisse de la page précédente, \(W_{\text{tot}} = 416\ \text{J}\) sur 12 m, au départ du repos : \(v = \sqrt{2 \cdot 416 / 40} = 4{,}56\ \text{m/s}\). Un calcul avec \(a\) et la cinématique donne le même résultat, avec plus d'étapes.
Énergies potentielles
Certaines forces ont un travail qui ne dépend que des positions de départ et d'arrivée. On peut alors stocker ce travail dans une énergie potentielle \(E_p\), définie par \(W = -\Delta E_p\).
Poids : \(W_P = -m g\,\Delta h\), donc \(E_p = m g h\). La référence \(h = 0\) est libre, seules les différences comptent.
Ressort de raideur \(k\), allongé de \(x\) depuis sa longueur à vide : \(E_{\text{él}} = \tfrac{1}{2} k x^{2}\). Pour l'établir, on additionne le travail d'une force qui croît de 0 à \(k x\) : c'est l'aire d'un triangle, \(\tfrac{1}{2} \cdot x \cdot k x\).
Conservation de l'énergie mécanique
On sépare les forces en deux groupes : celles qui ont une énergie potentielle (poids, ressort) et les autres. Le théorème de l'énergie cinétique devient \(\Delta E_c = -\Delta E_p + W_{\text{autres}}\), soit :
Si les autres forces ne travaillent pas, par exemple une réaction normale ou la tension d'un fil, l'énergie mécanique \(E = E_c + E_p\) est constante.
Sans frottement, la somme Ec + Ep reste la même (pointillé). En descendant, l'énergie potentielle se transforme en énergie cinétique. En B, tout est cinétique.
Méthode
Choisis deux états A et B (positions, vitesses).
Fais l'inventaire des forces. Lesquelles travaillent ? Lesquelles ont une énergie potentielle ?
Écris \(E_A + W_{\text{autres}} = E_B\).
Résous, puis vérifie l'ordre de grandeur.
Calcul guidé
Un lance-bille vertical contient un ressort de raideur 400 N/m, comprimé de 5,0 cm. La bille pèse 20 g. Jusqu'où monte-t-elle au-dessus du point où elle quitte le ressort ? On néglige l'air et la petite hauteur de détente.
État A : ressort comprimé, bille immobile. Toute l'énergie est élastique.
État B : sommet de la trajectoire, vitesse nulle. Toute l'énergie est de pesanteur.
\[ m g h = 0{,}50\ \text{J} \]
Hauteur atteinte :
\[ h = \frac{0{,}50}{0{,}02 \cdot 9{,}81} = 2{,}55\ \text{m} \]
Bonus : vitesse au départ, quand toute l'énergie est cinétique.
\[ v = \sqrt{\frac{2 \cdot 0{,}50}{0{,}02}} = 7{,}1\ \text{m/s} \]
Pour un ressort de 5 cm à peine comprimé, c'est spectaculaire. La bille est très légère : 0,5 J suffit à la monter haut.
Quand il y a des frottements
Le frottement fait un travail négatif. L'énergie mécanique diminue : \(\Delta E = W_{\text{frott}} < 0\). L'énergie perdue ne disparaît pas. Elle devient énergie thermique : les surfaces chauffent. L'énergie totale, en comptant la chaleur, se conserve toujours. Le module « Chaleur » reprendra cette idée.
Calcul guidé
Une luge et son passager (60 kg en tout) descendent une piste de 150 m de long, qui perd 20 m d'altitude. Partis arrêtés, ils arrivent en bas à 12 m/s. Quelle énergie a été dissipée ? Quelle force de frottement moyenne ?
Énergie au départ (référence en bas) :
\[ E_A = m g h = 60 \cdot 9{,}81 \cdot 20 = 11\,772\ \text{J} \]
Près des deux tiers de l'énergie sont partis en chaleur (neige, patins, air). Sans frottement, la luge arriverait à \(\sqrt{2 g h} = 19{,}8\ \text{m/s}\).
Histoire
Vers 1845, James Prescott Joule fait tourner des palettes dans de l'eau grâce à des poids qui descendent. L'eau chauffe un peu. Il mesure qu'environ 4,2 J de travail donnent une calorie, de quoi chauffer 1 g d'eau de 1 °C. Travail et chaleur sont deux formes de la même grandeur. L'unité d'énergie porte son nom.
Erreurs fréquentes
Oublier que \(E_p\) dépend de la référence. Seules les variations ont un sens physique.
Croire que la forme d'une pente change la vitesse d'arrivée. Sans frottement, seule la hauteur compte. La forme change la durée du trajet, pas la vitesse finale.
Additionner des énergies de deux instants différents.
Je retiens
Théorème de l'énergie cinétique : \(\Delta E_c = W_{\text{tot}}\).
\(E_p = m g h\) et \(E_{\text{él}} = \tfrac{1}{2} k x^{2}\).
\(\Delta(E_c + E_p) = W_{\text{autres}}\). Si les autres forces ne travaillent pas, \(E\) est constante.
Le frottement dissipe de l'énergie mécanique en chaleur.
OS / OC
Démonstration générale du théorème
Multiplie la deuxième loi \(m\,\dfrac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{F}_{\text{tot}}\) scalairement par \(\vec{v}\). À gauche, \(m\,\vec{v}\cdot\dfrac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\big(\tfrac{1}{2} m v^{2}\big)\). À droite, la puissance \(\vec{F}_{\text{tot}}\cdot\vec{v}\). On intègre entre A et B, avec \(\vec{v}\,\mathrm{d}t = \mathrm{d}\vec{r}\) :
Aucune hypothèse sur la forme du chemin ni sur la force : le théorème est exact pour un point matériel.
Lire un diagramme d'énergie
À une dimension, trace \(E_p(x)\) et la droite horizontale \(E\). Comme \(E_c = E - E_p \ge 0\), le mouvement n'est possible que là où \(E_p \le E\). Les points de rebroussement sont ceux où \(E_p = E\) : la vitesse s'annule et l'objet repart. La force vaut \(F = -\mathrm{d}E_p/\mathrm{d}x\) : elle pousse vers le bas de la courbe. Un minimum de \(E_p\) est un équilibre stable, un maximum un équilibre instable.
Diagramme d'énergie. Avec l'énergie E, l'objet reste entre x₁ et x₂, là où Ep ≤ E. Aux points de rebroussement x₁ et x₂, Ec = 0. La force pointe vers le bas de la pente de Ep.
Calcul guidé
Une bille glisse sans frottement sur une piste qui se termine par un looping de rayon \(R = 20\ \text{cm}\). De quelle hauteur minimale \(h\) doit-elle partir pour faire le tour sans décoller ?
En haut du looping, la piste ne peut que pousser vers le bas : \(N \ge 0\). Le poids et \(N\) fournissent l'accélération centripète.
\[ m g + N = m\,\frac{v^{2}}{R} \]\[ \Longrightarrow\quad v^{2} \ge g R \]
Conservation de l'énergie entre le départ (hauteur \(h\)) et le sommet (hauteur \(2R\)) :
Partir de la hauteur du sommet (40 cm) ne suffit pas : il faut garder de la vitesse en haut. Les montagnes russes utilisent des loopings en forme de goutte pour réduire ce besoin.
Université
Énergie et symétrie
Pourquoi l'énergie se conserve-t-elle ? Le théorème d'Emmy Noether (1918) répond : chaque symétrie continue des lois physiques donne une grandeur conservée. Si les lois ne changent pas au cours du temps, l'énergie se conserve. L'invariance par translation donne la quantité de mouvement, l'invariance par rotation le moment cinétique.
Dans le formalisme de Lagrange, si \(\mathcal{L}(x, \dot{x})\) ne dépend pas explicitement de \(t\), la quantité \(H = \dot{x}\,\dfrac{\partial\mathcal{L}}{\partial\dot{x}} - \mathcal{L}\) est constante. Pour \(\mathcal{L} = \tfrac{1}{2} m\dot{x}^{2} - E_p(x)\), on trouve \(H = \tfrac{1}{2} m\dot{x}^{2} + E_p\) : l'énergie mécanique.
Énergie d'un système : théorème de König
Pour un système de points de masse totale \(M\), l'énergie cinétique se sépare en deux termes :
\[ E_c = \tfrac{1}{2}\,M\,v_G^{2} + E_c^{*} \]
Le premier est l'énergie du mouvement d'ensemble. Le second, \(E_c^{*}\), est l'énergie cinétique mesurée dans le référentiel du centre de masse. Les forces intérieures ne changent pas \(\vec{v}_G\). Elles ne peuvent donc dissiper que \(E_c^{*}\).
Calcul guidé
Deux chariots : 2 kg à 3 m/s et 1 kg au repos. Calcule \(E_c\), \(v_G\), puis \(E_c^{*}\).
Si les chariots se collent, ils perdent exactement 3 J : toute l'énergie relative \(E_c^{*}\). C'est la perte maximale possible dans un choc.
Where does ½ m v² come from?
A constant force \(F\), acting alone, pushes an object of mass \(m\) from rest over a distance \(d\). Its work is \(W = F d = m a\,d\). The motion is uniformly accelerated, so \(v^{2} = 2 a d\). Replacing \(a\,d\) by \(v^{2}/2\):
\[ W = m\,a\,d = \tfrac{1}{2}\,m\,v^{2} \]
The work done ends up entirely as \(\tfrac{1}{2} m v^{2}\). This quantity is called kinetic energy. The result is general: it is the work-energy theorem.
The change in kinetic energy between two instants equals the sum of the works of all the forces. For the crate on the previous page, \(W_{\text{tot}} = 416\ \text{J}\) over 12 m, starting from rest: \(v = \sqrt{2 \cdot 416 / 40} = 4.56\ \text{m/s}\). A calculation with \(a\) and kinematics gives the same result, with more steps.
Potential energies
Some forces do work that only depends on the start and end positions. That work can then be stored as a potential energy \(E_p\), defined by \(W = -\Delta E_p\).
Weight: \(W_P = -m g\,\Delta h\), so \(E_p = m g h\). The reference \(h = 0\) is free, only differences matter.
Spring of stiffness \(k\), stretched by \(x\) from its natural length: \(E_{\text{el}} = \tfrac{1}{2} k x^{2}\). To get it, add up the work of a force growing from 0 to \(k x\): it is the area of a triangle, \(\tfrac{1}{2} \cdot x \cdot k x\).
Conservation of mechanical energy
Split the forces into two groups: those with a potential energy (weight, spring) and the others. The work-energy theorem becomes \(\Delta E_k = -\Delta E_p + W_{\text{other}}\), that is:
If the other forces do no work, for example a normal force or the tension in a string, the mechanical energy \(E = E_k + E_p\) is constant.
Without friction, the sum Ek + Ep stays the same (dashed line). Going down, potential energy turns into kinetic energy. At B, it is all kinetic.
Method
Choose two states A and B (positions, speeds).
List the forces. Which do work? Which have a potential energy?
Write \(E_A + W_{\text{other}} = E_B\).
Solve, then check the order of magnitude.
Worked calculation
A vertical marble launcher holds a spring of stiffness 400 N/m, compressed by 5.0 cm. The marble weighs 20 g. How high does it rise above the point where it leaves the spring? Air and the small release height are neglected.
State A: spring compressed, marble at rest. All the energy is elastic.
State B: top of the path, zero speed. All the energy is gravitational.
\[ m g h = 0.50\ \text{J} \]
Height reached:
\[ h = \frac{0.50}{0.02 \cdot 9.81} = 2.55\ \text{m} \]
Bonus: launch speed, when all the energy is kinetic.
\[ v = \sqrt{\frac{2 \cdot 0.50}{0.02}} = 7.1\ \text{m/s} \]
For a spring compressed by barely 5 cm, that is spectacular. The marble is very light: 0.5 J is enough to lift it high.
When there is friction
Friction does negative work. Mechanical energy decreases: \(\Delta E = W_{\text{friction}} < 0\). The lost energy does not vanish. It becomes thermal energy: the surfaces warm up. Total energy, counting heat, is always conserved. The "Heat" module will come back to this idea.
Worked calculation
A sledge and its rider (60 kg in all) go down a 150 m long run that drops 20 m. Starting from rest, they reach the bottom at 12 m/s. How much energy was dissipated? What average friction force?
Energy at the start (reference at the bottom):
\[ E_A = m g h = 60 \cdot 9.81 \cdot 20 = 11\,772\ \text{J} \]
Almost two thirds of the energy went into heat (snow, runners, air). Without friction, the sledge would arrive at \(\sqrt{2 g h} = 19.8\ \text{m/s}\).
History
Around 1845, James Prescott Joule turned paddles in water using falling weights. The water warmed slightly. He measured that about 4.2 J of work give one calorie, enough to warm 1 g of water by 1 °C. Work and heat are two forms of the same quantity. The unit of energy bears his name.
Common mistakes
Forgetting that \(E_p\) depends on the reference. Only changes have a physical meaning.
Believing that the shape of a slope changes the final speed. Without friction, only the height counts. The shape changes the travel time, not the final speed.
\(E_p = m g h\) and \(E_{\text{el}} = \tfrac{1}{2} k x^{2}\).
\(\Delta(E_k + E_p) = W_{\text{other}}\). If the other forces do no work, \(E\) is constant.
Friction dissipates mechanical energy as heat.
Advanced
General proof of the theorem
Take the dot product of the second law \(m\,\dfrac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{F}_{\text{tot}}\) with \(\vec{v}\). On the left, \(m\,\vec{v}\cdot\dfrac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\big(\tfrac{1}{2} m v^{2}\big)\). On the right, the power \(\vec{F}_{\text{tot}}\cdot\vec{v}\). Integrate from A to B, with \(\vec{v}\,\mathrm{d}t = \mathrm{d}\vec{r}\):
No assumption about the shape of the path or the force: the theorem is exact for a point mass.
Reading an energy diagram
In one dimension, plot \(E_p(x)\) and the horizontal line \(E\). Since \(E_k = E - E_p \ge 0\), motion is only possible where \(E_p \le E\). The turning points are where \(E_p = E\): the speed drops to zero and the object turns back. The force is \(F = -\mathrm{d}E_p/\mathrm{d}x\): it pushes downhill on the curve. A minimum of \(E_p\) is a stable equilibrium, a maximum an unstable one.
Energy diagram. With energy E, the object stays between x₁ and x₂, where Ep ≤ E. At the turning points x₁ and x₂, Ek = 0. The force points down the slope of Ep.
Worked calculation
A marble slides without friction along a track ending in a loop of radius \(R = 20\ \text{cm}\). From what minimum height \(h\) must it start to go round without leaving the track?
At the top of the loop, the track can only push down: \(N \ge 0\). Weight and \(N\) provide the centripetal acceleration.
\[ m g + N = m\,\frac{v^{2}}{R} \]\[ \Longrightarrow\quad v^{2} \ge g R \]
Energy conservation between the start (height \(h\)) and the top (height \(2R\)):
Starting from the height of the top (40 cm) is not enough: the marble must keep some speed at the top. Roller coasters use teardrop-shaped loops to reduce this need.
University
Energy and symmetry
Why is energy conserved? Emmy Noether's theorem (1918) answers: every continuous symmetry of the laws of physics gives a conserved quantity. If the laws do not change over time, energy is conserved. Invariance under translation gives momentum, invariance under rotation gives angular momentum.
In Lagrange's formalism, if \(\mathcal{L}(x, \dot{x})\) does not depend explicitly on \(t\), the quantity \(H = \dot{x}\,\dfrac{\partial\mathcal{L}}{\partial\dot{x}} - \mathcal{L}\) is constant. For \(\mathcal{L} = \tfrac{1}{2} m\dot{x}^{2} - E_p(x)\), one finds \(H = \tfrac{1}{2} m\dot{x}^{2} + E_p\): the mechanical energy.
Energy of a system: König's theorem
For a system of points of total mass \(M\), the kinetic energy splits into two terms:
\[ E_k = \tfrac{1}{2}\,M\,v_G^{2} + E_k^{*} \]
The first is the energy of the overall motion. The second, \(E_k^{*}\), is the kinetic energy measured in the centre-of-mass frame. Internal forces do not change \(\vec{v}_G\). So they can only dissipate \(E_k^{*}\).
Worked calculation
Two carts: 2 kg at 3 m/s and 1 kg at rest. Find \(E_k\), \(v_G\), then \(E_k^{*}\).
If the carts stick together, they lose exactly 3 J: all the relative energy \(E_k^{*}\). That is the largest possible loss in a collision.
À toi de jouer
Lâche le pendule. Où la boule va-t-elle le plus vite ? Où s'arrête-t-elle un instant ?
Regarde les barres « vitesse » et « hauteur » : quand l'une grandit, que fait l'autre ?
Change la masse de 0,5 kg à 5 kg. Prédis d'abord : le pendule ira-t-il plus vite ?
Emmène le pendule sur la Lune !
Your turn
Release the pendulum. Where is the ball fastest? Where does it stop for an instant?
Watch the "speed" and "height" bars: when one grows, what does the other do?
Change the mass from 0.5 kg to 5 kg. Predict first: will the pendulum go faster?
Take the pendulum to the Moon!
À toi de jouer
Angle de départ 30°, fil de 1 m. Calcule la hauteur de départ \(h = \ell(1 - \cos 30^\circ)\), puis la vitesse en bas \(v = \sqrt{2 g h}\). Compare avec la simulation.
Observe les barres Ec, Ep et E. Laquelle ne bouge jamais ? Pourquoi ?
Double la masse : que deviennent Ec, Ep et la vitesse ?
Your turn
Release angle 30°, 1 m string. Work out the starting height \(h = \ell(1 - \cos 30^\circ)\), then the speed at the bottom \(v = \sqrt{2 g h}\). Compare with the simulation.
Watch the Ek, Ep and E bars. Which one never moves? Why?
Double the mass: what happens to Ek, Ep and the speed?
Piste de travail : pour trois angles de départ (20°, 60°, 120°), prédis la vitesse au point bas avec \(v = \sqrt{2 g \ell (1 - \cos\theta_0)}\), puis vérifie. Au niveau OS/OC, active le frottement de l'air : relève E après chaque aller-retour et montre que la perte relative est à peu près la même à chaque fois.
Worksheet idea: for three release angles (20°, 60°, 120°), predict the speed at the lowest point with \(v = \sqrt{2 g \ell (1 - \cos\theta_0)}\), then check. At Advanced level, switch on air friction: write down E after each swing and show that the fraction lost is about the same each time.
Exemples résolusWorked examples
Le toboggan
Un enfant part arrêté du haut d'un toboggan de 5 m, sans frottement.
\[ m g h = \tfrac{1}{2} m v^{2} \]
\[ v = \sqrt{2 g h} = \sqrt{2 \cdot 9{,}81 \cdot 5} = 9{,}90\ \text{m/s} \]
Ni la forme du toboggan ni la masse de l'enfant ne comptent. Seule la hauteur compte. En réalité, le frottement réduit nettement cette vitesse.
Le saut à la perche
Un perchiste court à 9,5 m/s. Si toute son énergie cinétique devenait énergie de hauteur, de combien monterait son centre de masse ?
Son centre de masse part d'environ 1 m du sol : on arrive vers 5,6 m. Les records dépassent 6 m grâce à la poussée des bras et à la technique de passage de la barre.
La tension du fil au point bas
Un pendule de masse \(m\) est lâché à l'horizontale (90°). Quelle est la tension du fil au point bas ?
\[ v^{2} = 2 g \ell \]\[ T - m g = m\,\frac{v^{2}}{\ell} \]
\[ T = m g + 2 m g = 3\,m g \]
Le fil doit supporter trois fois le poids. En général, \(T = m g\,(3 - 2\cos\theta_0)\).
La période d'un pendule à grand angle
La conservation de l'énergie donne \(\dot{\theta}^{2} = \dfrac{2g}{\ell}(\cos\theta - \cos\theta_0)\). On isole \(\mathrm{d}t\) et on intègre sur un quart de période :
\[ T = 4\sqrt{\frac{\ell}{2g}}\int_0^{\theta_0}\frac{\mathrm{d}\theta}{\sqrt{\cos\theta - \cos\theta_0}} \]
Le calcul numérique donne \(T/T_0 = 1{,}0175\) à 30° et \(1{,}180\) à 90°. C'est une intégrale elliptique complète de première espèce.
The slide
A child starts from rest at the top of a 5 m slide, without friction.
\[ m g h = \tfrac{1}{2} m v^{2} \]
\[ v = \sqrt{2 g h} = \sqrt{2 \cdot 9.81 \cdot 5} = 9.90\ \text{m/s} \]
Neither the shape of the slide nor the child's mass matters. Only the height does. In reality, friction lowers this speed noticeably.
Pole vault
A pole vaulter runs at 9.5 m/s. If all his kinetic energy turned into height energy, how far would his centre of mass rise?
His centre of mass starts about 1 m above the ground: that makes about 5.6 m. Records exceed 6 m thanks to the push of the arms and the bar-clearing technique.
String tension at the bottom
A pendulum of mass \(m\) is released from the horizontal (90°). What is the string tension at the lowest point?
\[ v^{2} = 2 g \ell \]\[ T - m g = m\,\frac{v^{2}}{\ell} \]
\[ T = m g + 2 m g = 3\,m g \]
The string must hold three times the weight. In general, \(T = m g\,(3 - 2\cos\theta_0)\).
Period of a pendulum at large angle
Energy conservation gives \(\dot{\theta}^{2} = \dfrac{2g}{\ell}(\cos\theta - \cos\theta_0)\). Solve for \(\mathrm{d}t\) and integrate over a quarter period:
\[ T = 4\sqrt{\frac{\ell}{2g}}\int_0^{\theta_0}\frac{\mathrm{d}\theta}{\sqrt{\cos\theta - \cos\theta_0}} \]
Numerically, \(T/T_0 = 1.0175\) at 30° and \(1.180\) at 90°. It is a complete elliptic integral of the first kind.
That is the energy of a fall from 39 m. At 50 km/h, of a fall from 9.8 m.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3 · Dynamique
Quantité de mouvement et chocs
Pourquoi l'airbag protège, pourquoi une boule de billard s'arrête net, et ce qui se conserve dans un choc.
Chapter 3 · Dynamics
Momentum and collisions
Why the airbag protects you, why a snooker ball stops dead, and what is conserved in a collision.
Qui pousse qui ?
Une boule de pétanque roule et cogne une autre boule immobile. La boule immobile se met à rouler. La première ralentit. Le mouvement est passé de l'une à l'autre.
Au billard, quand une boule frappe de face une boule pareille, quelque chose d'étonnant arrive : la première s'arrête net, et l'autre part avec toute la vitesse.
Expérience : les pièces de monnaie
Pose une pièce de 1 franc sur une table lisse.
Fais glisser une autre pièce identique contre elle, bien de face, d'une pichenette.
Prédis d'abord : que fait la pièce lancée après le choc ?
Recommence avec une petite pièce contre une grosse, puis une grosse contre une petite.
Avec deux pièces pareilles, la pièce lancée s'arrête presque. Une petite pièce rebondit sur une grosse. Une grosse pièce pousse la petite très vite et continue elle-même.
Sur des patins
Debout sur des patins à roulettes, lance un ballon lourd devant toi. Tu pars en arrière ! Tu as poussé le ballon, le ballon t'a poussé. Plus le ballon est lourd et lancé fort, plus tu recules vite. Les fusées avancent de la même façon : elles lancent des gaz vers l'arrière.
Je retiens
Dans un choc, le mouvement passe d'un objet à l'autre.
Un objet lourd et rapide est difficile à arrêter.
Quand tu lances quelque chose, tu pars dans l'autre sens.
Petit lexique
Choc
rencontre brève et brutale entre deux objets.
Rebondir
repartir en arrière après un choc.
Recul
mouvement vers l'arrière de celui qui lance.
Who pushes whom?
A pétanque ball rolls and hits another ball at rest. The ball at rest starts rolling. The first one slows down. The motion has passed from one to the other.
In snooker, when a ball hits an identical ball head-on, something surprising happens: the first one stops dead, and the other leaves with all the speed.
Experiment: coins
Put a coin on a smooth table.
Flick another identical coin into it, straight on.
Predict first: what does the flicked coin do after the collision?
Try again with a small coin against a big one, then a big one against a small one.
With two identical coins, the flicked coin almost stops. A small coin bounces back off a big one. A big coin sends the small one off fast and keeps going itself.
On roller skates
Standing on roller skates, throw a heavy ball in front of you. You roll backwards! You pushed the ball, the ball pushed you. The heavier the ball and the harder the throw, the faster you roll back. Rockets move forward the same way: they throw gas backwards.
Remember
In a collision, motion passes from one object to another.
A heavy, fast object is hard to stop.
When you throw something, you move the other way.
Word list
Collision
short, sharp meeting of two objects.
Bounce back
move backwards after a collision.
Recoil
backward motion of whoever throws something.
La quantité de mouvement
Pour décrire « combien de mouvement » a un objet, on multiplie sa masse par sa vitesse :
\[ p = m \cdot v \]
L'unité est le kg·m/s. Un camion de 10 t à 5 m/s a \(p = 50\,000\ \text{kg·m/s}\). Une voiture de 1 t à 20 m/s (72 km/h) n'a que 20 000 kg·m/s. Le camion lent est plus difficile à arrêter que la voiture rapide.
Elle se conserve dans un choc
Dans un choc entre deux chariots, la somme \(m_1 v_1 + m_2 v_2\) est la même avant et après. On choisit un sens positif. Une vitesse dans l'autre sens compte négativement.
Calcul guidé
Un wagon de 20 t roule à 3 m/s. Il s'accroche à un wagon de 10 t immobile. À quelle vitesse repartent-ils ensemble ?
Après, les deux wagons roulent ensemble, avec une masse de 30 t :
\[ 30\,000 \cdot v = 60\,000 \]
Vitesse commune :
\[ v = 2\ \text{m/s} \]
La masse a été multipliée par 1,5, la vitesse divisée par 1,5. Le produit est resté le même.
Freiner en douceur
Pour arrêter un objet, il faut lui retirer toute sa quantité de mouvement. Si on le fait vite, la force est grande. Si on prend plus de temps, la force est plus petite. C'est le rôle de l'airbag, du casque, des tapis de gym et des genoux qu'on plie en atterrissant d'un saut.
Je retiens
Quantité de mouvement : \(p = m v\), en kg·m/s.
Dans un choc, le total \(m_1 v_1 + m_2 v_2\) se conserve. Attention aux signes.
Arrêter plus lentement réduit la force.
Petit lexique
Quantité de mouvement
masse fois vitesse.
Choc mou
les objets restent collés.
Choc élastique
les objets rebondissent sans perdre d'énergie.
Momentum
To describe "how much motion" an object has, multiply its mass by its velocity:
\[ p = m \cdot v \]
The unit is kg·m/s. A 10 t lorry at 5 m/s has \(p = 50\,000\ \text{kg·m/s}\). A 1 t car at 20 m/s (72 km/h) has only 20,000 kg·m/s. The slow lorry is harder to stop than the fast car.
It is conserved in a collision
In a collision between two carts, the sum \(m_1 v_1 + m_2 v_2\) is the same before and after. Choose a positive direction. A velocity the other way counts as negative.
Worked calculation
A 20 t wagon moves at 3 m/s. It couples onto a 10 t wagon at rest. At what speed do they move off together?
Afterwards both wagons move together, with a mass of 30 t:
\[ 30\,000 \cdot v = 60\,000 \]
Common velocity:
\[ v = 2\ \text{m/s} \]
The mass was multiplied by 1.5, the velocity divided by 1.5. The product stayed the same.
Stopping gently
To stop an object, all its momentum must be removed. Done quickly, the force is large. Taking more time, the force is smaller. That is the job of airbags, helmets, gym mats, and the knees you bend when landing from a jump.
Remember
Momentum: \(p = m v\), in kg·m/s.
In a collision, the total \(m_1 v_1 + m_2 v_2\) is conserved. Watch the signs.
Stopping more slowly reduces the force.
Word list
Momentum
mass times velocity.
Perfectly inelastic collision
the objects stick together.
Elastic collision
the objects bounce without losing energy.
Une autre façon d'écrire la deuxième loi
On définit la quantité de mouvement d'un objet, un vecteur :
\[ \vec{p} = m\,\vec{v} \]
Si la masse est constante, \(\sum\vec{F} = m\,\vec{a} = m\,\dfrac{\Delta\vec{v}}{\Delta t} = \dfrac{\Delta\vec{p}}{\Delta t}\). Newton lui-même énonçait sa deuxième loi ainsi : la force est le taux de variation de la quantité de mouvement. Cette forme reste valable quand la masse change, ce qui sera essentiel pour les fusées.
L'impulsion
Multiplions par la durée. Le produit d'une force par la durée pendant laquelle elle agit s'appelle l'impulsion :
\[ \vec{J} = \vec{F}\,\Delta t = \Delta\vec{p} \]
Si la force varie au cours du choc, l'impulsion est l'aire sous la courbe \(F(t)\). Pour une variation de quantité de mouvement donnée, l'aire est fixée. On peut avoir une force énorme pendant un instant, ou une force modérée plus longtemps.
Force au cours d'un choc. L'aire sous chaque courbe est l'impulsion, égale à la variation de quantité de mouvement. Elle est la même dans les deux cas. L'airbag allonge la durée, donc il réduit la force maximale.
Calcul guidé
Un passager de 70 kg roule à 15 m/s (54 km/h) et s'arrête lors d'un choc. Compare la force moyenne s'il heurte le tableau de bord (arrêt en 0,01 s) ou un airbag (0,15 s).
Variation de quantité de mouvement (en valeur absolue) :
\[ F = \frac{1\,050}{0{,}01} = 105\,000\ \text{N} \]
Avec airbag :
\[ F = \frac{1\,050}{0{,}15} = 7\,000\ \text{N} \]
Quinze fois moins. 105 kN, c'est le poids de plus de 10 tonnes : les os ne résistent pas. 7 kN reste violent mais supportable par le thorax, surtout réparti sur une grande surface.
Conservation pour un système isolé
Deux objets A et B interagissent. D'après la troisième loi, \(\vec{F}_{A\to B} = -\vec{F}_{B\to A}\) à chaque instant, pendant la même durée. Leurs impulsions sont donc opposées : \(\Delta\vec{p}_B = -\Delta\vec{p}_A\). La somme ne change pas :
\[ \vec{p}_A + \vec{p}_B = \text{constante} \]
C'est vrai si le système est isolé : les forces extérieures sont nulles ou se compensent. C'est aussi vrai, en très bonne approximation, pendant un choc bref : les forces intérieures sont énormes, l'impulsion du poids ou des frottements pendant quelques millisecondes est négligeable.
Les chocs
Dans un choc à une dimension, la conservation s'écrit :
\[ m_1 v_1 + m_2 v_2 = m_1 v_1' + m_2 v_2' \]
Une équation, deux inconnues : il faut une information de plus sur le choc.
Choc élastique : l'énergie cinétique se conserve aussi. C'est presque le cas pour des billes d'acier, des boules de billard, des chariots à ressort.
Choc mou (parfaitement inélastique) : les objets restent collés et repartent avec la même vitesse \(v' = \dfrac{m_1 v_1 + m_2 v_2}{m_1 + m_2}\). La perte d'énergie cinétique est maximale.
Entre les deux : le coefficient de restitution compare les vitesses relatives après et avant, \(e = \dfrac{v_2' - v_1'}{v_1 - v_2}\), avec \(0 \le e \le 1\). \(e = 1\) : élastique. \(e = 0\) : mou.
Pour un choc élastique contre une cible au repos (\(v_2 = 0\)), la résolution des deux conservations donne :
Trois cas à connaître. Masses égales : \(v_1' = 0\), les vitesses s'échangent (billard). Objet léger contre objet lourd : \(v_1' \approx -v_1\), il rebondit (balle contre un mur). Objet lourd contre objet léger : le léger part à presque \(2 v_1\) (le club de golf et la balle).
Choc élastique, cible au repos. Avant : p = 4 kg·m/s et Ec = 8 J. Après : p = −2 + 6 = 4 kg·m/s et Ec = 2 + 6 = 8 J. Le chariot léger rebondit.
Calcul guidé
Un chariot A de 2 kg roule à 3 m/s. Il heurte un chariot B de 1 kg immobile et s'y accroche. Vitesse commune ? Énergie perdue ?
Méthode : choisis des axes, écris chaque vitesse en colonne, puis conserve séparément la ligne \(x\) et la ligne \(y\).
Choc oblique entre deux boules de même masse. A arrive selon x et repart à 30° au-dessus. B part à 60° en dessous. Les deux vitesses finales sont perpendiculaires.
Calcul guidé
Deux boules de billard identiques de 170 g. A arrive à 2,0 m/s selon \(x\), B est au repos. Après le choc, on mesure la vitesse de A :
L'énergie cinétique se conserve : le choc est élastique. A part à 30° d'un côté, B à 60° de l'autre : 90° entre les deux. Ce n'est pas un hasard (voir la partie Université).
Erreurs fréquentes
Oublier le signe : la quantité de mouvement est un vecteur. Un chariot qui rebondit a une vitesse négative.
Croire que l'énergie cinétique se conserve toujours. Seule la quantité de mouvement se conserve dans tous les chocs.
Appliquer la conservation à un système qui n'est pas isolé, par exemple pendant un freinage long.
Histoire
Descartes pensait que la « quantité de mouvement » \(m\,\lvert v\rvert\) se conservait, sans tenir compte du sens. Ses règles des chocs étaient fausses. En 1668, Wallis, Wren et Huygens montrent devant la Royal Society que c'est la somme avec signes qui se conserve. Huygens remarque aussi que la somme des \(m v^{2}\) se conserve dans les chocs élastiques.
Je retiens
\(\vec{p} = m\vec{v}\) et \(\sum\vec{F} = \Delta\vec{p}/\Delta t\).
Impulsion : \(\vec{F}\,\Delta t = \Delta\vec{p}\). Allonger la durée réduit la force.
Système isolé : \(\vec{p}_{\text{tot}}\) se conserve, dans tous les chocs.
En dérivant, \(M\,\vec{v}_G = \sum m_i\,\vec{v}_i = \vec{p}_{\text{tot}}\). La quantité de mouvement totale est celle d'un point unique de masse \(M\) placé en \(G\). En dérivant encore, les forces intérieures s'annulent deux à deux (troisième loi) :
\[ \sum\vec{F}_{\text{ext}} = M\,\vec{a}_G \]
C'est le théorème du centre de masse. Il justifie qu'on traite un ballon, une voiture ou une planète comme un point. Les forces intérieures (explosion, choc, muscles) ne peuvent pas changer le mouvement de \(G\).
Un obus de 3 kg éclate au sommet de sa trajectoire. Les forces de l'explosion sont intérieures : le centre de masse continue la parabole et touche le sol là où l'obus intact serait tombé.
Calcul guidé
Un obus de 3 kg vole horizontalement à 30 m/s au sommet de sa trajectoire. Il éclate en deux morceaux. Le premier, de 1 kg, se retrouve sans vitesse et tombe à la verticale. Vitesse du second ?
Pendant l'explosion, seules des forces intérieures comptent : \(p\) horizontal se conserve.
Les deux fragments tombent en même temps. Le premier touche le sol sous le point d'explosion, le second 1,5 fois plus loin que l'obus intact. Le centre de masse tombe exactement là où l'obus serait tombé.
Le centre de masse en 3D
La formule de \(\vec{r}_G\) est vectorielle : elle s'applique à chaque ligne de la colonne. Chaque coordonnée de \(G\) est la moyenne pondérée des coordonnées correspondantes :
Trois masses ponctuelles et leur centre de masse G. G est plus près de la masse de 3 kg : chaque masse « tire » G vers elle en proportion de sa masse dans le total.
Calcul guidé
Trois petites masses : 2 kg à l'origine, 1 kg en \(\vec{r}_2\) et 3 kg en \(\vec{r}_3\), en mètres. Où est le centre de masse ?
Vérification : \(z_G = 2\) m est entre 0 et 4 m, plus près de 4 m car la masse du haut est la plus lourde.
Une explosion en trois fragments
Un objet au repos éclate. La quantité de mouvement totale reste nulle : les trois vecteurs \(m_i\vec{v}_i\) mis bout à bout ferment un triangle. Ils sont donc toujours dans un même plan.
Les quantités de mouvement des trois fragments, placées bout à bout, reviennent au point de départ. Leur somme est nulle, comme avant l'explosion.
Calcul guidé
Une fusée de feu d'artifice de 1,2 kg est immobile au sommet de sa montée. Elle éclate en trois fragments : 0,4 kg, 0,5 kg et 0,3 kg. On mesure les vitesses des deux premiers (m/s) :
Le fragment le plus léger part le plus vite, vers le bas et à l'opposé des deux autres. Le centre de masse, lui, reste immobile au moment de l'explosion, puis tombe en chute libre.
Énergie perdue dans un choc
Dans un choc à une dimension, on peut montrer que l'énergie cinétique perdue ne dépend que de la vitesse relative et du coefficient de restitution :
\(\mu\) est la masse réduite. Vérification avec le calcul précédent : \(\mu = 2/3\ \text{kg}\), \(e = 0\), \(v_1 - v_2 = 3\ \text{m/s}\), d'où \(\Delta E_c = \tfrac{1}{2} \cdot \tfrac{2}{3} \cdot 9 = 3\ \text{J}\). C'est bien la perte trouvée.
Université
Le référentiel du centre de masse
Dans le référentiel où \(G\) est immobile, la quantité de mouvement totale est nulle : les deux objets ont des quantités de mouvement opposées, avant et après le choc. Un choc élastique ne peut alors que tourner ces deux vecteurs, sans changer leur norme. Un choc mou les annule. L'énergie cinétique dans ce référentiel vaut \(E_c^{*} = \tfrac{1}{2}\mu\,v_{\text{rel}}^{2}\). Si la vitesse relative est multipliée par \(e\), il reste \(\tfrac{1}{2}\mu\,e^{2} v_{\text{rel}}^{2}\) : c'est l'origine de la formule \(\Delta E_c = \tfrac{1}{2}\mu(1 - e^{2})v_{\text{rel}}^{2}\).
Chocs à deux dimensions : la règle des 90°
Deux billes de même masse, l'une au repos, choc élastique. Conservation de \(\vec{p}\) : \(\vec{v} = \vec{v}_1' + \vec{v}_2'\). Conservation de \(E_c\) : \(v^{2} = v_1'^{2} + v_2'^{2}\). En élevant la première au carré, \(v^{2} = v_1'^{2} + v_2'^{2} + 2\,\vec{v}_1'\cdot\vec{v}_2'\). Donc \(\vec{v}_1'\cdot\vec{v}_2' = 0\) : après le choc, les deux billes partent à angle droit (sauf choc frontal).
Choc élastique entre deux billes de même masse, l'une au repos. Après le choc, les deux vitesses sont perpendiculaires. Les joueurs de billard le savent d'instinct.
Calcul guidé
Une boule de billard à 2,0 m/s heurte une boule identique au repos. Elle est déviée de 30°. Vitesses après le choc ?
Les vitesses forment un triangle rectangle d'hypoténuse \(v\) :
En réalité, les boules roulent : leur rotation propre modifie un peu ces angles, ce que les joueurs exploitent avec les effets.
Another way to write the second law
Define the momentum of an object, a vector:
\[ \vec{p} = m\,\vec{v} \]
If the mass is constant, \(\sum\vec{F} = m\,\vec{a} = m\,\dfrac{\Delta\vec{v}}{\Delta t} = \dfrac{\Delta\vec{p}}{\Delta t}\). Newton himself stated his second law this way: force is the rate of change of momentum. This form still holds when the mass changes, which will be essential for rockets.
Impulse
Multiply by the duration. The product of a force and the time during which it acts is called the impulse:
\[ \vec{J} = \vec{F}\,\Delta t = \Delta\vec{p} \]
If the force varies during the impact, the impulse is the area under the curve \(F(t)\). For a given change in momentum, the area is fixed. You can have a huge force for an instant, or a moderate force for longer.
Force during an impact. The area under each curve is the impulse, equal to the change in momentum. It is the same in both cases. The airbag stretches the duration, so it lowers the peak force.
Worked calculation
A 70 kg passenger moving at 15 m/s (54 km/h) is stopped in a crash. Compare the average force when hitting the dashboard (stopped in 0.01 s) or an airbag (0.15 s).
\[ F = \frac{1\,050}{0.01} = 105\,000\ \text{N} \]
With airbag:
\[ F = \frac{1\,050}{0.15} = 7\,000\ \text{N} \]
Fifteen times less. 105 kN is the weight of more than 10 tonnes: bones do not survive it. 7 kN is still violent but bearable for the chest, especially spread over a large area.
Conservation for an isolated system
Two objects A and B interact. By the third law, \(\vec{F}_{A\to B} = -\vec{F}_{B\to A}\) at every instant, for the same duration. Their impulses are therefore opposite: \(\Delta\vec{p}_B = -\Delta\vec{p}_A\). The sum does not change:
\[ \vec{p}_A + \vec{p}_B = \text{constant} \]
This holds if the system is isolated: the external forces are zero or balance out. It also holds, to a very good approximation, during a short impact: the internal forces are huge, while the impulse of weight or friction over a few milliseconds is negligible.
Collisions
In a one-dimensional collision, conservation reads:
\[ m_1 v_1 + m_2 v_2 = m_1 v_1' + m_2 v_2' \]
One equation, two unknowns: one more piece of information about the collision is needed.
Elastic collision: kinetic energy is conserved too. This is nearly the case for steel balls, snooker balls, carts with springs.
Perfectly inelastic collision: the objects stick and move off with the same velocity \(v' = \dfrac{m_1 v_1 + m_2 v_2}{m_1 + m_2}\). The loss of kinetic energy is as large as possible.
In between: the coefficient of restitution compares the relative velocities after and before, \(e = \dfrac{v_2' - v_1'}{v_1 - v_2}\), with \(0 \le e \le 1\). \(e = 1\): elastic. \(e = 0\): perfectly inelastic.
For an elastic collision with a target at rest (\(v_2 = 0\)), solving both conservation laws gives:
Three cases worth knowing. Equal masses: \(v_1' = 0\), the velocities swap (snooker). Light object against a heavy one: \(v_1' \approx -v_1\), it bounces back (ball against a wall). Heavy object against a light one: the light one leaves at almost \(2 v_1\) (golf club and ball).
Elastic collision, target at rest. Before: p = 4 kg·m/s and Ek = 8 J. After: p = −2 + 6 = 4 kg·m/s and Ek = 2 + 6 = 8 J. The light cart bounces back.
Worked calculation
Cart A, 2 kg, moves at 3 m/s. It hits cart B, 1 kg, at rest, and they couple. Common velocity? Energy lost?
Method: choose axes, write every velocity as a column, then conserve the \(x\) row and the \(y\) row separately.
Oblique collision between two balls of equal mass. A arrives along x and leaves 30° above. B leaves 60° below. The two final velocities are perpendicular.
Worked calculation
Two identical 170 g snooker balls. A arrives at 2.0 m/s along \(x\), B is at rest. After the collision, A's velocity is measured:
Kinetic energy is conserved: the collision is elastic. A leaves at 30° on one side, B at 60° on the other: 90° between them. That is no accident (see the University part).
Common mistakes
Forgetting the sign: momentum is a vector. A cart that bounces back has a negative velocity.
Believing that kinetic energy is always conserved. Only momentum is conserved in every collision.
Applying conservation to a system that is not isolated, for example during a long braking.
History
Descartes thought that the "quantity of motion" \(m\,\lvert v\rvert\) was conserved, regardless of direction. His collision rules were wrong. In 1668, Wallis, Wren and Huygens showed the Royal Society that it is the sum with signs that is conserved. Huygens also noticed that the sum of \(m v^{2}\) is conserved in elastic collisions.
Remember
\(\vec{p} = m\vec{v}\) and \(\sum\vec{F} = \Delta\vec{p}/\Delta t\).
Impulse: \(\vec{F}\,\Delta t = \Delta\vec{p}\). A longer duration means a smaller force.
Isolated system: \(\vec{p}_{\text{tot}}\) is conserved, in every collision.
Elastic collision: \(E_k\) is conserved too. Perfectly inelastic: common velocity, largest loss.
Advanced
The centre of mass
For a system of points of masses \(m_i\), the centre of mass \(G\) is the average position, weighted by mass:
Differentiating, \(M\,\vec{v}_G = \sum m_i\,\vec{v}_i = \vec{p}_{\text{tot}}\). The total momentum is that of a single point of mass \(M\) placed at \(G\). Differentiating again, internal forces cancel in pairs (third law):
\[ \sum\vec{F}_{\text{ext}} = M\,\vec{a}_G \]
This is the centre-of-mass theorem. It justifies treating a ball, a car or a planet as a point. Internal forces (explosion, collision, muscles) cannot change the motion of \(G\).
A 3 kg shell bursts at the top of its path. The explosion forces are internal: the centre of mass continues the parabola and lands where the intact shell would have landed.
Worked calculation
A 3 kg shell flies horizontally at 30 m/s at the top of its path. It bursts into two pieces. The first, 1 kg, ends up at rest and falls straight down. Velocity of the second?
During the explosion only internal forces matter: horizontal \(p\) is conserved.
\[ 3 \cdot 30 = 1 \cdot 0 + 2 \cdot v_2 \]
Velocity of the second fragment:
\[ v_2 = 45\ \text{m/s} \]
The centre of mass keeps the velocity of the shell:
Both fragments land at the same time. The first lands below the burst point, the second 1.5 times further than the intact shell. The centre of mass lands exactly where the shell would have landed.
The centre of mass in 3D
The formula for \(\vec{r}_G\) is a vector formula: it applies to each row of the column. Each coordinate of \(G\) is the weighted mean of the matching coordinates:
Check: \(z_G = 2\) m lies between 0 and 4 m, closer to 4 m because the top mass is the heaviest.
An explosion into three fragments
An object at rest bursts. The total momentum stays zero: the three vectors \(m_i\vec{v}_i\) placed tip to tail close a triangle. So they always lie in one plane.
The momenta of the three fragments, placed tip to tail, return to the starting point. Their sum is zero, as before the explosion.
Worked calculation
A 1.2 kg firework rocket is at rest at the top of its climb. It bursts into three fragments: 0.4 kg, 0.5 kg and 0.3 kg. The velocities of the first two are measured (m/s):
The lightest fragment flies off fastest, downwards and opposite to the other two. The centre of mass stays at rest at the moment of the explosion, then falls freely.
Energy lost in a collision
In a one-dimensional collision, one can show that the kinetic energy lost depends only on the relative velocity and the coefficient of restitution:
\(\mu\) is the reduced mass. Check with the calculation above: \(\mu = 2/3\ \text{kg}\), \(e = 0\), \(v_1 - v_2 = 3\ \text{m/s}\), so \(\Delta E_k = \tfrac{1}{2} \cdot \tfrac{2}{3} \cdot 9 = 3\ \text{J}\). That is indeed the loss found.
University
The centre-of-mass frame
In the frame where \(G\) is at rest, the total momentum is zero: the two objects have opposite momenta, before and after the collision. An elastic collision can then only rotate these two vectors, without changing their length. A perfectly inelastic one cancels them. The kinetic energy in this frame is \(E_k^{*} = \tfrac{1}{2}\mu\,v_{\text{rel}}^{2}\). If the relative speed is multiplied by \(e\), what remains is \(\tfrac{1}{2}\mu\,e^{2} v_{\text{rel}}^{2}\): this is where \(\Delta E_k = \tfrac{1}{2}\mu(1 - e^{2})v_{\text{rel}}^{2}\) comes from.
Two-dimensional collisions: the 90° rule
Two balls of equal mass, one at rest, elastic collision. Conservation of \(\vec{p}\): \(\vec{v} = \vec{v}_1' + \vec{v}_2'\). Conservation of \(E_k\): \(v^{2} = v_1'^{2} + v_2'^{2}\). Squaring the first, \(v^{2} = v_1'^{2} + v_2'^{2} + 2\,\vec{v}_1'\cdot\vec{v}_2'\). So \(\vec{v}_1'\cdot\vec{v}_2' = 0\): after the collision, the two balls leave at right angles (unless the hit is head-on).
Elastic collision between two balls of equal mass, one at rest. After the collision, the two velocities are perpendicular. Snooker players know it by instinct.
Worked calculation
A snooker ball at 2.0 m/s hits an identical ball at rest. It is deflected by 30°. Velocities after the collision?
The velocities form a right triangle with hypotenuse \(v\):
In reality the balls roll: their spin slightly changes these angles, which players exploit with side and screw.
À toi de jouer
Chariot A de 1 kg lancé contre B de 1 kg immobile, choc élastique. Prédis, puis lance. (Pense aux boules de billard.)
Mets A à 0,5 kg et B à 5 kg. Prédis, puis lance.
Choisis « Mou (velcro) » : les chariots restent collés. Vont-ils plus vite ou moins vite que A avant le choc ?
Your turn
Cart A of 1 kg sent into cart B of 1 kg at rest, elastic collision. Predict, then start. (Think of snooker balls.)
Make A 0.5 kg and B 5 kg. Predict, then start.
Choose "Perfectly inelastic (velcro)": the carts stick. Do they move faster or slower than A did before?
À toi de jouer
Choc mou, A : 2 kg à 3 m/s, B : 1 kg immobile. Calcule la vitesse commune avec la conservation de \(p\), puis vérifie.
Lance A et B l'un vers l'autre avec des \(p\) opposés égaux, par exemple 1 kg à 2 m/s et 2 kg à −1 m/s. Que vaut \(p\) total ? Que se passe-t-il dans un choc mou ?
Your turn
Perfectly inelastic, A: 2 kg at 3 m/s, B: 1 kg at rest. Work out the common velocity with conservation of \(p\), then check.
Send A and B towards each other with equal and opposite \(p\), for example 1 kg at 2 m/s and 2 kg at −1 m/s. What is the total \(p\)? What happens in a perfectly inelastic collision?
Piste de travail : pour chaque type de choc, compare \(E_c\) avant et après. Montre que, contre une cible immobile, la fraction perdue dans un choc mou vaut \(\dfrac{m_2}{m_1 + m_2}\). Pour un choc élastique avec \(m_1 = m_2\), explique pourquoi les vitesses s'échangent. Avec « partiellement élastique », mesure \(e\) à partir des vitesses.
Worksheet idea: for each type of collision, compare \(E_k\) before and after. Show that, against a target at rest, the fraction lost in a perfectly inelastic collision is \(\dfrac{m_2}{m_1 + m_2}\). For an elastic collision with \(m_1 = m_2\), explain why the velocities swap. With "partially elastic", measure \(e\) from the velocities.
Exemples résolusWorked examples
Le coup de pied
Un ballon de 0,45 kg passe de 0 à 25 m/s pendant un contact de 0,01 s.
La balle avait 198 J. Le bloc n'en reçoit que 0,99 J : plus de 99 % part en chaleur et en déformation du bois. Ne jamais utiliser l'énergie pendant un choc mou !
La balle qui rebondit
Une balle lâchée de 1,00 m remonte à 64 cm. Juste avant et juste après le rebond, \(v = \sqrt{2 g h}\). Le sol ne bouge pas, donc :
À chaque rebond, la hauteur est multipliée par \(e^{2} = 0{,}64\). Après 5 rebonds, il reste \(0{,}64^{5} \approx 11\ \%\) de la hauteur.
Le pendule de Newton
Cinq billes d'acier identiques se touchent. On en lâche deux d'un côté. Pourquoi exactement deux repartent-elles de l'autre côté, et pas une seule deux fois plus vite ?
Avec deux billes arrivant à \(v\) : \(p = 2 m v\) et \(E_c = m v^{2}\). Une seule bille devrait partir à \(2v\) pour garder \(p\). Elle aurait alors \(E_c = \tfrac{1}{2} m (2v)^{2} = 2 m v^{2}\) : deux fois trop d'énergie. Impossible. Deux billes à \(v\) satisfont les deux conservations.
Perte d'énergie et masse réduite
Une voiture de 1 500 kg à 20 m/s heurte l'arrière d'une voiture de 1 000 kg à 10 m/s. Elles restent encastrées.
The bullet had 198 J. The block gets only 0.99 J: over 99 % becomes heat and deformation of the wood. Never use energy during a perfectly inelastic collision!
The bouncing ball
A ball dropped from 1.00 m bounces back to 64 cm. Just before and just after the bounce, \(v = \sqrt{2 g h}\). The floor does not move, so:
At each bounce the height is multiplied by \(e^{2} = 0.64\). After 5 bounces, \(0.64^{5} \approx 11\ \%\) of the height is left.
Newton's cradle
Five identical steel balls touch. Two are released on one side. Why do exactly two leave on the other side, and not one ball twice as fast?
With two balls arriving at \(v\): \(p = 2 m v\) and \(E_k = m v^{2}\). A single ball would have to leave at \(2v\) to keep \(p\). It would then have \(E_k = \tfrac{1}{2} m (2v)^{2} = 2 m v^{2}\): twice too much energy. Impossible. Two balls at \(v\) satisfy both conservation laws.
Energy loss and reduced mass
A 1,500 kg car at 20 m/s runs into the back of a 1,000 kg car at 10 m/s. They stay locked together.
You weigh 40 kg, on skates, at rest. You throw a 4 kg ball forwards at 5 m/s.
\[ 0 = 4 \cdot 5 + 40 \cdot v \]\[ \Longrightarrow\quad v = -0.5\ \text{m/s} \]
You roll back at 0.5 m/s. The minus sign means the direction opposite to the ball.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3 · Dynamique
Les oscillations
Pourquoi tant de choses vont et viennent avec un rythme régulier, de la balançoire au quartz d'une montre.
Chapter 3 · Dynamics
Oscillations
Why so many things swing back and forth with a steady rhythm, from a playground swing to the quartz in a watch.
Ce qui fait osciller : une force de rappel
Écarte une masse accrochée à un ressort, puis lâche-la. Le ressort la ramène vers la position d'équilibre. Elle arrive avec de la vitesse, la dépasse, et le ressort la freine puis la ramène encore. Le mouvement se répète.
La clé est une force de rappel : une force qui pointe toujours vers l'équilibre. Pour un ressort, elle est proportionnelle à l'écart \(x\) :
\[ F = -k\,x \]
La force du ressort, F = −k x, pointe toujours vers la position d'équilibre. Plus l'écart est grand, plus elle est forte. C'est une force de rappel.
Le signe moins dit que la force s'oppose à l'écart. Presque tout système écarté un peu d'un équilibre stable se comporte ainsi : une règle qui vibre, un pont, un atome dans un cristal, l'air dans une flûte.
Les grandeurs d'une oscillation
L'amplitude \(A\) : l'écart maximal à l'équilibre.
La période \(T\) : la durée d'un aller-retour complet, en secondes.
La fréquence \(f = 1/T\) : le nombre d'allers-retours par seconde, en hertz (Hz).
La pulsation \(\omega = 2\pi f = 2\pi / T\), en rad/s.
Oscillation harmonique x(t) = A cos(ω t). L'amplitude A est l'écart maximal. La période T est la durée d'un aller-retour complet.
La période du système masse-ressort
Un calcul (voir le niveau OS/OC) donne :
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{m}{k}} \]
Une masse plus grande oscille plus lentement : elle a plus d'inertie. Un ressort plus raide oscille plus vite : il ramène plus fort. Vérifie les unités : \(\sqrt{\text{kg} / (\text{N/m})} = \sqrt{\text{kg} \cdot \text{m} / (\text{kg} \cdot \text{m/s}^{2})} = \text{s}\).
Surprise : la période ne dépend pas de l'amplitude. Grand ou petit écart, le rythme est le même. On dit que l'oscillateur est isochrone. Un grand écart fait parcourir plus de chemin, mais avec une force de rappel plus grande, donc plus vite.
Calcul guidé
Une masse de 0,50 kg est accrochée à un ressort de raideur 50 N/m. Période et fréquence ?
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{2{,}0}{50}} = 1{,}26\ \text{s} \]
Masse quadruplée, période doublée : \(T\) varie comme \(\sqrt{m}\).
Le pendule simple
Une petite masse au bout d'un fil de longueur \(\ell\). Écartée d'un petit angle, la composante du poids le long de la trajectoire la ramène. Pour de petits angles (moins de 15° environ) :
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}} \]
La masse n'intervient pas. Une boule plus lourde est plus attirée, mais aussi plus difficile à mettre en mouvement : les deux effets se compensent exactement, comme dans la chute libre. Galilée l'aurait remarqué en observant un lustre de la cathédrale de Pise, en mesurant le temps avec son pouls.
Calcul guidé
Pour mesurer \(g\), un élève utilise un pendule de 0,80 m. Il chronomètre 20 oscillations complètes en 35,9 s. Valeur de \(g\) ?
On chronomètre beaucoup d'oscillations pour réduire l'erreur de réaction. Période :
\[ T = \frac{35{,}9}{20} = 1{,}795\ \text{s} \]
On isole \(g\) dans la formule :
\[ g = \frac{4\pi^{2}\,\ell}{T^{2}} \]
Calcul :
\[ g = \frac{4\pi^{2} \cdot 0{,}80}{1{,}795^{2}} = 9{,}80\ \text{m/s}^{2} \]
Une erreur de 0,2 s sur 35,9 s ne change \(T\) que de 0,6 %, donc \(g\) de 1,1 %. Mesurer 20 périodes plutôt qu'une divise l'erreur par 20.
Attention
La formule du pendule n'est valable que pour de petits angles. À 30°, la vraie période est 1,7 % plus longue. À 90°, elle l'est de 18 %. Le ressort, lui, reste isochrone tant que la loi de Hooke est valable.
Énergie de l'oscillateur
Sans frottement, l'énergie mécanique se conserve. Aux extrémités, la masse est immobile et toute l'énergie est élastique. Au passage par l'équilibre, elle est toute cinétique :
\[ E = \tfrac{1}{2} k A^{2} = \tfrac{1}{2} m v_{\max}^{2} \]\[ \Longrightarrow\quad v_{\max} = \omega A \]
Pour \(k = 50\ \text{N/m}\), \(m = 0{,}50\ \text{kg}\) et \(A = 10\ \text{cm}\) : \(E = 0{,}25\ \text{J}\) et \(v_{\max} = 10 \cdot 0{,}10 = 1{,}0\ \text{m/s}\).
Je retiens
Une force de rappel \(F = -k x\) produit des oscillations régulières.
C'est l'équation de l'oscillateur harmonique. On cherche une fonction dont la dérivée seconde est proportionnelle à elle-même, avec un signe moins. Le cosinus convient :
\[ x(t) = A\cos(\omega_0 t + \varphi) \]
Vérifions : \(\dot{x} = -A\omega_0\sin(\omega_0 t + \varphi)\), puis \(\ddot{x} = -A\omega_0^{2}\cos(\omega_0 t + \varphi) = -\omega_0^{2}\,x\). La période est \(T = 2\pi/\omega_0 = 2\pi\sqrt{m/k}\). Les deux constantes \(A\) et \(\varphi\) dépendent des conditions initiales \(x_0\) et \(v_0\) :
La masse, lancée en s'éloignant de l'équilibre, ira jusqu'à 5 cm avant de revenir.
Pourquoi les oscillations harmoniques sont partout
Près d'un minimum \(x_0\) d'une énergie potentielle quelconque, un développement de Taylor donne \(E_p(x) \approx E_p(x_0) + \tfrac{1}{2}E_p''(x_0)\,(x - x_0)^{2}\). La force vaut alors \(-E_p''(x_0)\,(x - x_0)\) : c'est un ressort de raideur effective \(k = E_p''(x_0)\). Toute petite oscillation autour d'un équilibre stable est harmonique.
Pour le pendule, la deuxième loi selon la tangente donne \(m\ell\ddot{\theta} = -m g\sin\theta\). Aux petits angles, \(\sin\theta \approx \theta\) et on retrouve la même équation, avec \(\omega_0 = \sqrt{g/\ell}\).
Université
Oscillateur amorti
Ajoutons un frottement visqueux \(-b\,\dot{x}\), proportionnel à la vitesse :
\[ m\ddot{x} + b\dot{x} + k x = 0 \]\[ \gamma = \frac{b}{2m} \]
On cherche des solutions en \(e^{r t}\). L'équation caractéristique \(r^{2} + 2\gamma r + \omega_0^{2} = 0\) donne trois régimes :
\(\gamma < \omega_0\), pseudo-périodique : \(x(t) = A e^{-\gamma t}\cos(\omega_1 t + \varphi)\) avec \(\omega_1 = \sqrt{\omega_0^{2} - \gamma^{2}}\). L'amplitude décroît exponentiellement.
\(\gamma = \omega_0\), critique : retour à l'équilibre le plus rapide, sans dépasser. Les amortisseurs de voiture visent ce régime.
\(\gamma > \omega_0\), apériodique : retour lent, sans oscillation.
Le facteur de qualité \(Q = \omega_0/(2\gamma)\) mesure la finesse de l'oscillateur. L'énergie décroît comme \(e^{-2\gamma t}\). L'amplitude est divisée par \(e\) en un temps \(1/\gamma\), soit environ \(Q/\pi\) oscillations. Un diapason a \(Q\) de l'ordre de 1 000, un quartz de montre de l'ordre de 10 000 à 100 000.
Oscillateur forcé et résonance
Une force périodique \(F_0\cos(\omega t)\) entretient le mouvement. Après un régime transitoire, la masse oscille à la fréquence imposée \(\omega\), avec une amplitude :
Amplitude en régime forcé, rapportée à la déformation statique F₀/k. Près de ω₀, l'amplitude devient grande : c'est la résonance. Moins l'oscillateur est amorti (Q grand), plus le pic est haut et étroit.
Près de \(\omega_0\), l'amplitude devient grande : c'est la résonance. Exactement à \(\omega_0\), elle vaut \(Q\) fois la déformation statique \(F_0/k\). Le déphasage entre force et réponse passe de 0 à basse fréquence à \(\pi/2\) à la résonance, puis tend vers \(\pi\).
Un exemple souvent mal cité
Le pont de Tacoma (1940) est souvent présenté comme une résonance avec le vent. C'était en réalité une instabilité aéroélastique : le pont, en se tordant, modifiait l'écoulement de l'air qui l'entretenait. Un vrai cas de résonance : la passerelle du Millénaire à Londres (2000). Les piétons, en ajustant leur pas au balancement latéral, synchronisaient leurs poussées avec la fréquence propre du pont.
Calcul guidé
Oscillateur : \(m = 1{,}0\ \text{kg}\), \(k = 100\ \text{N/m}\), \(b = 0{,}40\ \text{kg/s}\). Facteur de qualité ? Combien d'oscillations avant que l'amplitude soit divisée par \(e\) ?
Forcé exactement à \(\omega_0\), cet oscillateur répond avec 25 fois la déformation statique : 1 cm de déformation statique donne 25 cm d'amplitude.
What makes things oscillate: a restoring force
Pull a mass hanging on a spring aside, then let go. The spring brings it back towards equilibrium. It arrives with some speed, overshoots, and the spring slows it down and brings it back again. The motion repeats.
The key is a restoring force: a force that always points towards equilibrium. For a spring, it is proportional to the displacement \(x\):
\[ F = -k\,x \]
The spring force, F = −k x, always points towards the equilibrium position. The larger the displacement, the stronger it is. It is a restoring force.
The minus sign says the force opposes the displacement. Almost any system pushed slightly away from a stable equilibrium behaves this way: a vibrating ruler, a bridge, an atom in a crystal, the air in a flute.
The quantities of an oscillation
The amplitude \(A\): the largest displacement from equilibrium.
The period \(T\): the time for one complete back-and-forth, in seconds.
The frequency \(f = 1/T\): the number of back-and-forths per second, in hertz (Hz).
The angular frequency \(\omega = 2\pi f = 2\pi / T\), in rad/s.
Harmonic oscillation x(t) = A cos(ω t). The amplitude A is the largest displacement. The period T is the time for one complete back-and-forth.
The period of a mass on a spring
A calculation (see Advanced level) gives:
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{m}{k}} \]
A larger mass oscillates more slowly: it has more inertia. A stiffer spring oscillates faster: it pulls back harder. Check the units: \(\sqrt{\text{kg} / (\text{N/m})} = \sqrt{\text{kg} \cdot \text{m} / (\text{kg} \cdot \text{m/s}^{2})} = \text{s}\).
Surprise: the period does not depend on the amplitude. Large or small displacement, the rhythm is the same. The oscillator is isochronous. A large displacement means a longer path, but with a larger restoring force, so a faster one.
Worked calculation
A 0.50 kg mass hangs on a spring of stiffness 50 N/m. Period and frequency?
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{2.0}{50}} = 1.26\ \text{s} \]
Four times the mass, twice the period: \(T\) varies as \(\sqrt{m}\).
The simple pendulum
A small mass at the end of a string of length \(\ell\). Pulled aside by a small angle, the component of weight along the path brings it back. For small angles (below about 15°):
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}} \]
The mass does not appear. A heavier bob is pulled harder, but is also harder to set moving: the two effects cancel exactly, as in free fall. Galileo is said to have noticed this watching a chandelier in Pisa cathedral, timing it with his pulse.
Worked calculation
To measure \(g\), a student uses a 0.80 m pendulum. He times 20 complete oscillations in 35.9 s. Value of \(g\)?
Many oscillations are timed to reduce the reaction-time error. Period:
\[ T = \frac{35.9}{20} = 1.795\ \text{s} \]
Solve the formula for \(g\):
\[ g = \frac{4\pi^{2}\,\ell}{T^{2}} \]
Calculation:
\[ g = \frac{4\pi^{2} \cdot 0.80}{1.795^{2}} = 9.80\ \text{m/s}^{2} \]
An error of 0.2 s over 35.9 s changes \(T\) by only 0.6 %, so \(g\) by 1.1 %. Timing 20 periods instead of one divides the error by 20.
Careful
The pendulum formula only holds for small angles. At 30°, the real period is 1.7 % longer. At 90°, it is 18 % longer. The spring, on the other hand, stays isochronous as long as Hooke's law holds.
Energy of the oscillator
Without friction, mechanical energy is conserved. At the ends, the mass is at rest and all the energy is elastic. Passing through equilibrium, it is all kinetic:
\[ E = \tfrac{1}{2} k A^{2} = \tfrac{1}{2} m v_{\max}^{2} \]\[ \Longrightarrow\quad v_{\max} = \omega A \]
For \(k = 50\ \text{N/m}\), \(m = 0.50\ \text{kg}\) and \(A = 10\ \text{cm}\): \(E = 0.25\ \text{J}\) and \(v_{\max} = 10 \cdot 0.10 = 1.0\ \text{m/s}\).
Remember
A restoring force \(F = -k x\) produces regular oscillations.
This is the harmonic oscillator equation. We need a function whose second derivative is proportional to itself, with a minus sign. The cosine works:
\[ x(t) = A\cos(\omega_0 t + \varphi) \]
Check: \(\dot{x} = -A\omega_0\sin(\omega_0 t + \varphi)\), then \(\ddot{x} = -A\omega_0^{2}\cos(\omega_0 t + \varphi) = -\omega_0^{2}\,x\). The period is \(T = 2\pi/\omega_0 = 2\pi\sqrt{m/k}\). The two constants \(A\) and \(\varphi\) depend on the initial conditions \(x_0\) and \(v_0\):
The mass, launched moving away from equilibrium, will reach 5 cm before coming back.
Why harmonic oscillations are everywhere
Near a minimum \(x_0\) of any potential energy, a Taylor expansion gives \(E_p(x) \approx E_p(x_0) + \tfrac{1}{2}E_p''(x_0)\,(x - x_0)^{2}\). The force is then \(-E_p''(x_0)\,(x - x_0)\): a spring of effective stiffness \(k = E_p''(x_0)\). Every small oscillation around a stable equilibrium is harmonic.
For the pendulum, the second law along the tangent gives \(m\ell\ddot{\theta} = -m g\sin\theta\). For small angles, \(\sin\theta \approx \theta\) and the same equation appears, with \(\omega_0 = \sqrt{g/\ell}\).
University
Damped oscillator
Add a viscous friction \(-b\,\dot{x}\), proportional to velocity:
\[ m\ddot{x} + b\dot{x} + k x = 0 \]\[ \gamma = \frac{b}{2m} \]
Look for solutions in \(e^{r t}\). The characteristic equation \(r^{2} + 2\gamma r + \omega_0^{2} = 0\) gives three regimes:
\(\gamma < \omega_0\), underdamped: \(x(t) = A e^{-\gamma t}\cos(\omega_1 t + \varphi)\) with \(\omega_1 = \sqrt{\omega_0^{2} - \gamma^{2}}\). The amplitude decays exponentially.
\(\gamma = \omega_0\), critically damped: fastest return to equilibrium without overshooting. Car shock absorbers aim for this regime.
\(\gamma > \omega_0\), overdamped: slow return, no oscillation.
The quality factor \(Q = \omega_0/(2\gamma)\) measures how sharp the oscillator is. Energy decays as \(e^{-2\gamma t}\). The amplitude is divided by \(e\) in a time \(1/\gamma\), that is about \(Q/\pi\) oscillations. A tuning fork has \(Q\) of order 1,000, a watch quartz of order 10,000 to 100,000.
Driven oscillator and resonance
A periodic force \(F_0\cos(\omega t)\) keeps the motion going. After a transient, the mass oscillates at the imposed frequency \(\omega\), with an amplitude:
Driven amplitude, relative to the static deflection F₀/k. Near ω₀ the amplitude becomes large: that is resonance. The less damped the oscillator (large Q), the higher and narrower the peak.
Near \(\omega_0\), the amplitude becomes large: that is resonance. Exactly at \(\omega_0\), it is \(Q\) times the static deflection \(F_0/k\). The phase lag between force and response goes from 0 at low frequency to \(\pi/2\) at resonance, then tends to \(\pi\).
An often misquoted example
The Tacoma bridge (1940) is often presented as a resonance with the wind. It was in fact an aeroelastic instability: as the deck twisted, it changed the air flow that drove it. A genuine case of resonance: London's Millennium Bridge (2000). Pedestrians, adjusting their steps to the sideways sway, synchronised their pushes with the bridge's natural frequency.
Worked calculation
Oscillator: \(m = 1.0\ \text{kg}\), \(k = 100\ \text{N/m}\), \(b = 0.40\ \text{kg/s}\). Quality factor? How many oscillations before the amplitude is divided by \(e\)?
Driven exactly at \(\omega_0\), this oscillator responds with 25 times the static deflection: 1 cm of static deflection gives 25 cm of amplitude.
Piste de travail : dans « Le ressort », mode oscillateur, mesure la période pour quatre masses et trace \(T^{2}\) en fonction de \(m\). Montre que la pente vaut \(4\pi^{2}/k\) et déduis \(k\). Change l'écart initial : la période change-t-elle ? Dans « Le pendule », mesure la période à 10°, 30°, 60° et 90° et compare à \(2\pi\sqrt{\ell/g}\). À partir de quel angle l'écart dépasse-t-il 2 % ?
Worksheet idea: in "The spring", oscillator mode, measure the period for four masses and plot \(T^{2}\) against \(m\). Show that the slope is \(4\pi^{2}/k\) and deduce \(k\). Change the initial displacement: does the period change? In "The pendulum", measure the period at 10°, 30°, 60° and 90° and compare with \(2\pi\sqrt{\ell/g}\). From which angle does the gap exceed 2 %?
Exemples résolusWorked examples
Le pendule qui bat la seconde
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}} = 2\pi\sqrt{\frac{1{,}00}{9{,}81}} = 2{,}01\ \text{s} \]
Un pendule de 1 m met environ une seconde pour un aller. Les horloges anciennes utilisaient un « pendule qui bat la seconde » de 0,994 m : chaque aller dure exactement 1 s.
La suspension d'une voiture
Quand quatre personnes (300 kg en tout) montent dans une voiture, la caisse s'enfonce de 3,0 cm. La caisse chargée pèse 1 500 kg. Période des oscillations verticales ?
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{1\,500}{98\,100}} = 0{,}78\ \text{s} \]
Environ 1,3 Hz. Les ingénieurs visent 1 à 1,5 Hz, une fréquence que le corps humain trouve confortable. Sans amortisseurs, la voiture rebondirait longtemps après chaque bosse.
Un oscillateur résolu
\(m = 0{,}5\ \text{kg}\), \(k = 50\ \text{N/m}\), lâché sans vitesse à \(x_0 = 10\ \text{cm}\).
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{1\,500}{98\,100}} = 0.78\ \text{s} \]
About 1.3 Hz. Engineers aim for 1 to 1.5 Hz, a frequency the human body finds comfortable. Without shock absorbers, the car would keep bouncing long after every bump.
An oscillator solved
\(m = 0.5\ \text{kg}\), \(k = 50\ \text{N/m}\), released from rest at \(x_0 = 10\ \text{cm}\).
At \(\omega = 2\omega_0\), the amplitude is only \(1/\sqrt{9 + 0.0064} \approx 0.33\ \text{cm}\).
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 3 · Dynamique
Travail d'une force variable
Découper un chemin en petits morceaux pour calculer le travail, puis découvrir pourquoi certaines forces ont une énergie potentielle et d'autres non.
Chapter 3 · Dynamics
Work of a varying force
Cutting a path into small pieces to compute work, then finding out why some forces have a potential energy and others do not.
OS / OC
Le problème
La formule \(W = \vec{F}\cdot\vec{d}\) suppose deux choses : une force constante et un déplacement en ligne droite. Un ressort qu'on étire, une planète qui s'éloigne du Soleil, un skieur sur une piste courbe : aucune de ces deux conditions n'est remplie. Comment calculer le travail ?
Découper le chemin
L'idée est celle d'Archimède pour calculer des aires : découper. On remplace le chemin de A à B par \(N\) petits segments \(\Delta\vec{r}_i\). Sur un segment assez court, la force change peu et le chemin est presque droit. On prend la force au milieu du segment, et on additionne :
\[ W \approx \sum_{i=1}^{N} \vec{F}(\vec{r}_i)\cdot\Delta\vec{r}_i \]
On remplace le chemin courbe par N petits segments Δrᵢ (vert). Sur chacun, on prend la force au milieu (rouge) et on calcule F · Δr. La somme tend vers l'intégrale quand N grandit.
Plus \(N\) est grand, plus l'approximation est bonne. La limite, quand les segments deviennent infiniment petits, est l'intégrale curviligne de la force le long du chemin :
C'est exactement ce que fait la simulation ci-dessous : elle découpe le chemin en \(N\) segments égaux, colore en vert les morceaux où la force aide et en rouge ceux où elle freine, et affiche la somme. Fais varier \(N\) et regarde la somme converger.
À une dimension : l'aire sous la courbe
Si le mouvement se fait le long d'un axe \(x\) et que la force est dirigée selon cet axe, chaque morceau vaut \(F(x_i)\,\Delta x\) : c'est l'aire d'un rectangle. Le travail est l'aire sous la courbe \(F(x)\), comptée négativement là où \(F < 0\) :
\[ W = \int_{x_A}^{x_B} F(x)\,\mathrm{d}x \]
À une dimension, le travail est l'aire sous la courbe F(x). Quatre rectangles (force prise au milieu) donnent 25,875 J. L'intégrale exacte donne 26 J.
Calcul guidé
On étire un ressort de raideur \(k = 200\ \text{N/m}\) de 0 à 10 cm. Quel travail fournit-on ? D'abord avec 4 segments, puis exactement.
Quatre segments de 2,5 cm. La force à fournir, \(F = k x\), prise au milieu de chacun : 2,5 N, 7,5 N, 12,5 N et 17,5 N. Leur somme vaut 40 N.
\[ W \approx 40 \cdot 0{,}025 = 1{,}00\ \text{J} \]
Intégrale exacte :
\[ W = \int_{0}^{0{,}1} k x\,\mathrm{d}x = \tfrac{1}{2} k x^{2}\Big|_0^{0{,}1} = 1{,}00\ \text{J} \]
La somme tombe juste dès 4 segments : la force est linéaire et on la prend au milieu, les erreurs se compensent. Pour \(F = 3x^{2}\) de 1 à 3 m, 4 segments donnent 25,875 J au lieu de 26 J : il faut plus de segments.
Forces conservatives
Calcule le travail du poids de A à B le long de plusieurs chemins : en ligne droite, par un détour, par une courbe en S. Tu trouves toujours \(-m g\,(y_B - y_A)\). Avec le frottement, au contraire, le travail dépend du chemin : plus il est long, plus le travail est négatif.
Une force est dite conservative si son travail de A à B ne dépend pas du chemin suivi. Il revient au même de dire que son travail sur toute boucle fermée est nul :
\[ \oint \vec{F}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = 0 \]
Pourquoi est-ce équivalent ? Si deux chemins de A à B donnent le même travail, aller par l'un et revenir par l'autre donne zéro. Et inversement.
Calcul guidé
Dans la simulation, A(1 ; 1) et B(8,5 ; 4,5), en mètres, pour un objet de 1 kg. Compare le travail du poids et celui d'un frottement de 4 N, en ligne droite et par le détour du haut (qui monte à \(y = 6{,}2\ \text{m}\)).
Poids : seule la montée compte, 3,5 m, quel que soit le chemin.
Le poids est conservatif, le frottement non. Pour le frottement, il n'existe aucune « énergie potentielle de frottement ».
Énergie potentielle et force
Pour une force conservative, le travail ne dépend que des extrémités. On peut donc associer à chaque point une énergie potentielle \(E_p\), définie à une constante près, telle que :
\[ W_{A\to B} = -\big(E_p(B) - E_p(A)\big) \]
Exemples : poids, \(E_p = m g y\). Ressort, \(E_p = \tfrac{1}{2} k x^{2}\). Gravitation, \(E_p = -\dfrac{G M m}{r}\) (chapitre 4). À une dimension, on retrouve la force en dérivant, car \(\mathrm{d}W = F\,\mathrm{d}x = -\mathrm{d}E_p\) :
\[ F(x) = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x} \]
La force pointe vers les \(E_p\) décroissantes, comme une bille qui descend une pente. Là où \(\mathrm{d}E_p/\mathrm{d}x = 0\), la force est nulle : c'est une position d'équilibre.
Calcul guidé
Une particule a l'énergie potentielle \(E_p(x) = 4x^{2} - 2x\) (J, m). Force en \(x = 1\ \text{m}\) ? Position d'équilibre ? Est-elle stable ?
La dérivée seconde de \(E_p\) vaut 8 > 0 : \(E_p\) est minimale, l'équilibre est stable. Autour, la particule oscille comme sur un ressort de raideur 8 N/m.
Université
Gradient et rotationnel
En trois dimensions, la variation de \(E_p\) sur un petit déplacement s'écrit :
Exemple : la gravitation, \(E_p = -\dfrac{G M m}{r}\) avec \(r = \sqrt{x^{2} + y^{2} + z^{2}}\). Comme \(\partial_x (1/r) = -x/r^{3}\), et de même pour \(y\) et \(z\) :
\[ \vec{F} = -\frac{G M m}{r^{3}}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} = -\frac{G M m}{r^{2}}\,\frac{\vec{r}}{r} \]
Comment reconnaître un champ conservatif sans chercher \(E_p\) ? Les dérivées croisées d'une fonction régulière sont égales (théorème de Schwarz) : \(\partial_x\partial_y E_p = \partial_y\partial_x E_p\). D'où \(\partial_x F_y = \partial_y F_x\), et de même pour les autres paires. Autrement dit, le rotationnel est nul :
Si le rotationnel est nul partout dans un domaine simplement connexe (sans trou), toute circulation est nulle et la force est conservative. Le « tourbillon » de la simulation, \(\vec{F} = c\begin{pmatrix} -y \\ x \end{pmatrix}\), a \((\nabla\times\vec{F})_z = 2c\) : sa circulation vaut \(2c\) fois l'aire entourée. Avec \(c = 1{,}2\ \text{N/m}\) et la boucle de la simulation (ligne droite, puis détour par le haut, aire 25,9 m²), on trouve \(2 \cdot 1{,}2 \cdot 25{,}9 = 62{,}1\ \text{J}\).
Attention au trou
Le champ \(\vec{F} = \dfrac{1}{x^{2} + y^{2}}\begin{pmatrix} -y \\ x \end{pmatrix}\) a un rotationnel nul partout sauf à l'origine, où il n'est pas défini. Sa circulation sur un cercle autour de l'origine vaut pourtant \(2\pi\). Le domaine privé de l'origine a un trou : la condition « rotationnel nul » ne suffit plus.
Calcul guidé
Le champ \(\vec{F} = \begin{pmatrix} 2xy \\ x^{2} \end{pmatrix}\) (N, m) est-il conservatif ? Si oui, travail de (0 ; 0) à (2 ; 3) ?
Aucune intégrale le long d'un chemin : l'énergie potentielle fait tout le travail.
Calcul guidé
Une particule a l'énergie potentielle \(E_p(x, y, z) = 3x^{2}y + y z^{2} - 2z\) (J, m). Force au point \((1 ; 2 ; 1)\) ? Travail de la force de l'origine à ce point ?
Le travail est le même par n'importe quel chemin de l'origine au point. Seules les valeurs de \(E_p\) aux extrémités comptent.
Le principe de moindre action, cousin de Fermat
En optique, la lumière suit le chemin de durée stationnaire (Fermat). La mécanique a un principe du même type. On définit le lagrangien \(\mathcal{L} = E_c - E_p\) et l'action d'un mouvement entre deux instants :
\[ S = \int_{t_1}^{t_2} \mathcal{L}(x, \dot{x})\,\mathrm{d}t \]
Parmi tous les mouvements imaginables qui partent de \(x_1\) à \(t_1\) et arrivent en \(x_2\) à \(t_2\), le mouvement réel rend \(S\) stationnaire. On perturbe le mouvement, \(x \to x + \delta x\) avec \(\delta x = 0\) aux extrémités, on intègre par parties, et on exige \(\delta S = 0\) pour tout \(\delta x\). On obtient l'équation d'Euler-Lagrange :
Avec \(\mathcal{L} = \tfrac{1}{2} m\dot{x}^{2} - E_p(x)\), elle donne \(m\ddot{x} = -\mathrm{d}E_p/\mathrm{d}x\) : c'est la deuxième loi de Newton. Pour la chute libre, \(\mathcal{L} = \tfrac{1}{2} m\dot{z}^{2} - m g z\) donne \(\ddot{z} = -g\).
Maupertuis (1744) puis Euler et Lagrange ont construit cette idée, en partie inspirés par Fermat. Elle n'a besoin que de l'énergie, une grandeur scalaire, et s'écrit dans n'importe quelles coordonnées. C'est le point de départ de la mécanique analytique, de la mécanique quantique (Feynman) et de la théorie des champs.
Advanced
The problem
The formula \(W = \vec{F}\cdot\vec{d}\) assumes two things: a constant force and a straight-line displacement. A spring being stretched, a planet moving away from the Sun, a skier on a curved slope: none of them meets both conditions. How do we compute the work?
Cut the path into pieces
The idea is Archimedes' trick for areas: cut. Replace the path from A to B by \(N\) small segments \(\Delta\vec{r}_i\). On a short enough segment, the force hardly changes and the path is nearly straight. Take the force at the middle of the segment, and add up:
\[ W \approx \sum_{i=1}^{N} \vec{F}(\vec{r}_i)\cdot\Delta\vec{r}_i \]
The curved path is replaced by N small segments Δrᵢ (green). On each, the force is taken at the middle (red) and F · Δr is computed. The sum tends to the integral as N grows.
The larger \(N\), the better the approximation. The limit, as the segments become infinitely small, is the line integral of the force along the path:
That is exactly what the simulation below does: it cuts the path into \(N\) equal segments, colours green the pieces where the force helps and red those where it resists, and shows the sum. Vary \(N\) and watch the sum converge.
In one dimension: the area under the curve
If the motion is along an \(x\) axis and the force points along that axis, each piece is \(F(x_i)\,\Delta x\): the area of a rectangle. The work is the area under the curve \(F(x)\), counted negative where \(F < 0\):
\[ W = \int_{x_A}^{x_B} F(x)\,\mathrm{d}x \]
In one dimension, the work is the area under the curve F(x). Four rectangles (force taken at the middle) give 25.875 J. The exact integral gives 26 J.
Worked calculation
A spring of stiffness \(k = 200\ \text{N/m}\) is stretched from 0 to 10 cm. How much work is done? First with 4 segments, then exactly.
Four segments of 2.5 cm. The force needed, \(F = k x\), taken at the middle of each: 2.5 N, 7.5 N, 12.5 N and 17.5 N. They add up to 40 N.
\[ W \approx 40 \cdot 0.025 = 1.00\ \text{J} \]
Exact integral:
\[ W = \int_{0}^{0.1} k x\,\mathrm{d}x = \tfrac{1}{2} k x^{2}\Big|_0^{0.1} = 1.00\ \text{J} \]
The sum is exact from 4 segments on: the force is linear and taken at the middle, so the errors cancel. For \(F = 3x^{2}\) from 1 to 3 m, 4 segments give 25.875 J instead of 26 J: more segments are needed.
Conservative forces
Compute the work of weight from A to B along several paths: straight, via a detour, along an S-curve. You always find \(-m g\,(y_B - y_A)\). With friction, on the other hand, the work depends on the path: the longer it is, the more negative the work.
A force is called conservative if its work from A to B does not depend on the path taken. Equivalently, its work around any closed loop is zero:
\[ \oint \vec{F}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = 0 \]
Indeed, if two paths from A to B give the same work, going out along one and back along the other gives zero, and conversely.
Worked calculation
In the simulation, A(1, 1) and B(8.5, 4.5), in metres, for a 1 kg object. Compare the work of weight and that of a 4 N friction force, along the straight line and along the detour over the top (which rises to \(y = 6.2\ \text{m}\)).
Weight: only the 3.5 m rise counts, whatever the path.
Weight is conservative, friction is not. For friction, there is no "friction potential energy".
Potential energy and force
For a conservative force, the work only depends on the end points. So each point can be given a potential energy \(E_p\), defined up to a constant, such that:
\[ W_{A\to B} = -\big(E_p(B) - E_p(A)\big) \]
Examples: weight, \(E_p = m g y\). Spring, \(E_p = \tfrac{1}{2} k x^{2}\). Gravitation, \(E_p = -\dfrac{G M m}{r}\) (chapter 4). In one dimension, the force comes back by differentiating, since \(\mathrm{d}W = F\,\mathrm{d}x = -\mathrm{d}E_p\):
\[ F(x) = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}x} \]
The force points towards decreasing \(E_p\), like a marble rolling downhill. Where \(\mathrm{d}E_p/\mathrm{d}x = 0\), the force is zero: that is an equilibrium position.
Worked calculation
A particle has potential energy \(E_p(x) = 4x^{2} - 2x\) (J, m). Force at \(x = 1\ \text{m}\)? Equilibrium position? Is it stable?
The second derivative of \(E_p\) is 8 > 0: \(E_p\) is minimal, the equilibrium is stable. Around it, the particle oscillates as on a spring of stiffness 8 N/m.
University
Gradient and curl
In three dimensions, the change in \(E_p\) over a small displacement is:
Example: gravitation, \(E_p = -\dfrac{G M m}{r}\) with \(r = \sqrt{x^{2} + y^{2} + z^{2}}\). Since \(\partial_x (1/r) = -x/r^{3}\), and likewise for \(y\) and \(z\):
\[ \vec{F} = -\frac{G M m}{r^{3}}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} = -\frac{G M m}{r^{2}}\,\frac{\vec{r}}{r} \]
How can you recognise a conservative field without looking for \(E_p\)? Mixed partial derivatives of a smooth function are equal (Schwarz's theorem): \(\partial_x\partial_y E_p = \partial_y\partial_x E_p\). Hence \(\partial_x F_y = \partial_y F_x\), and likewise for the other pairs. In other words, the curl is zero:
If the curl is zero everywhere in a simply connected domain (no hole), every circulation is zero and the force is conservative. The simulation's "whirl", \(\vec{F} = c\begin{pmatrix} -y \\ x \end{pmatrix}\), has \((\nabla\times\vec{F})_z = 2c\): its circulation is \(2c\) times the enclosed area. With \(c = 1.2\ \text{N/m}\) and the simulation's loop (straight line, then the detour over the top, area 25.9 m²), we get \(2 \cdot 1.2 \cdot 25.9 = 62.1\ \text{J}\).
Mind the hole
The field \(\vec{F} = \dfrac{1}{x^{2} + y^{2}}\begin{pmatrix} -y \\ x \end{pmatrix}\) has zero curl everywhere except at the origin, where it is undefined. Yet its circulation around a circle centred on the origin is \(2\pi\). The domain without the origin has a hole: "zero curl" is no longer enough.
Worked calculation
Is the field \(\vec{F} = \begin{pmatrix} 2xy \\ x^{2} \end{pmatrix}\) (N, m) conservative? If so, work from (0, 0) to (2, 3)?
No integral along a path: the potential energy does all the work.
Worked calculation
A particle has potential energy \(E_p(x, y, z) = 3x^{2}y + y z^{2} - 2z\) (J, m). Force at the point \((1, 2, 1)\)? Work done by the force from the origin to that point?
The work is the same along any path from the origin to the point. Only the values of \(E_p\) at the ends matter.
The principle of least action, Fermat's cousin
In optics, light follows the path of stationary travel time (Fermat). Mechanics has a principle of the same kind. Define the Lagrangian \(\mathcal{L} = E_k - E_p\) and the action of a motion between two instants:
\[ S = \int_{t_1}^{t_2} \mathcal{L}(x, \dot{x})\,\mathrm{d}t \]
Among all conceivable motions leaving \(x_1\) at \(t_1\) and arriving at \(x_2\) at \(t_2\), the real motion makes \(S\) stationary. Perturb the motion, \(x \to x + \delta x\) with \(\delta x = 0\) at the ends, integrate by parts, and require \(\delta S = 0\) for every \(\delta x\). This gives the Euler-Lagrange equation:
With \(\mathcal{L} = \tfrac{1}{2} m\dot{x}^{2} - E_p(x)\), it gives \(m\ddot{x} = -\mathrm{d}E_p/\mathrm{d}x\): Newton's second law. For free fall, \(\mathcal{L} = \tfrac{1}{2} m\dot{z}^{2} - m g z\) gives \(\ddot{z} = -g\).
Maupertuis (1744), then Euler and Lagrange, built this idea, partly inspired by Fermat. It only needs energy, a scalar quantity, and can be written in any coordinates. It is the starting point of analytical mechanics, of quantum mechanics (Feynman) and of field theory.
Piste de travail : avec la pesanteur, compare les chemins de A à B : la limite est-elle toujours \(-m g\,(y_B - y_A) = -34{,}3\ \text{J}\) ? Sur la courbe en S, passe de \(N = 1\) à \(N = 60\) et note la convergence. Avec le ressort accroché au centre, prédis le travail en ligne droite sans calculer d'intégrale (\(E_p = \tfrac{1}{2} k r^{2}\) avec \(k = 2\ \text{N/m}\)). Prends ensuite le tourbillon, active la boucle fermée et compare à \(2c\) fois l'aire. Dessine enfin un chemin à main levée avec l'attraction centrale : le résultat change-t-il ?
Worksheet idea: with gravity, compare the paths from A to B: is the limit always \(-m g\,(y_B - y_A) = -34.3\ \text{J}\)? On the S-curve, go from \(N = 1\) to \(N = 60\) and note the convergence. With the spring attached at the centre, predict the work along the straight line without computing any integral (\(E_p = \tfrac{1}{2} k r^{2}\) with \(k = 2\ \text{N/m}\)). Then take the whirl, switch on the closed loop and compare with \(2c\) times the area. Finally, draw a freehand path with the central attraction: does the result change?
Exemples résolusWorked examples
Le poids est conservatif
Avec \(y\) vers le haut, comme dans la simulation :
Donc \(\vec{P}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = -m g\,\mathrm{d}y\). Sur n'importe quel chemin de A à B :
\[ W = \int_A^B \vec{P}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = \int_{y_A}^{y_B} (-m g)\,\mathrm{d}y \]
\[ W = -m g\,(y_B - y_A) \]
Seules les hauteurs de départ et d'arrivée comptent. D'où \(E_p = m g y\).
Le travail du ressort central
Dans la simulation, le ressort attache l'objet au centre O(4,75 ; 2,75) avec \(k = 2\ \text{N/m}\). A et B sont tous deux à la distance \(r = \sqrt{3{,}75^{2} + 1{,}75^{2}} = 4{,}14\ \text{m}\) de O.
Le travail est nul sur tout chemin, même si la force travaille beaucoup en chemin : positif en se rapprochant de O, négatif en s'en éloignant.
Circulation du tourbillon sur un cercle
\(\vec{F} = c\begin{pmatrix} -y \\ x \end{pmatrix}\) avec \(c = 1{,}2\ \text{N/m}\), sur un cercle de rayon \(R = 2\ \text{m}\) parcouru dans le sens trigonométrique. La force est tangente, d'intensité \(c R\) :
\[ \oint \vec{F}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = c R \cdot 2\pi R = 2c \cdot \pi R^{2} = 30{,}2\ \text{J} \]
On retrouve Stokes : \((\nabla\times\vec{F})_z = 2c\), multiplié par l'aire \(\pi R^{2}\).
So \(\vec{P}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = -m g\,\mathrm{d}y\). Along any path from A to B:
\[ W = \int_A^B \vec{P}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = \int_{y_A}^{y_B} (-m g)\,\mathrm{d}y \]
\[ W = -m g\,(y_B - y_A) \]
Only the start and end heights matter. Hence \(E_p = m g y\).
Work of the central spring
In the simulation, the spring ties the object to the centre O(4.75, 2.75) with \(k = 2\ \text{N/m}\). A and B are both at distance \(r = \sqrt{3.75^{2} + 1.75^{2}} = 4.14\ \text{m}\) from O.
The work is zero along every path, even though the force does plenty of work on the way: positive when moving towards O, negative when moving away.
Circulation of the whirl around a circle
\(\vec{F} = c\begin{pmatrix} -y \\ x \end{pmatrix}\) with \(c = 1.2\ \text{N/m}\), around a circle of radius \(R = 2\ \text{m}\) travelled anticlockwise. The force is tangent, of magnitude \(c R\):
\[ \oint \vec{F}\cdot\mathrm{d}\vec{r} = c R \cdot 2\pi R = 2c \cdot \pi R^{2} = 30.2\ \text{J} \]
Stokes again: \((\nabla\times\vec{F})_z = 2c\), times the area \(\pi R^{2}\).
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 4
La gravitation
Pourquoi une pomme tombe-t-elle, alors que la Lune reste là-haut ? Newton a compris que c'est la même force.
Chapter 4
Gravitation
Why does an apple fall while the Moon stays up there? Newton understood that it is the same force.
Lâche un crayon : il tombe. Lance une balle : elle retombe. Et la Lune ? Elle ne tombe pas sur nos têtes. Pourtant, c'est la même attraction qui agit sur le crayon et sur la Lune.
Dans ce chapitre, tu vas découvrir pourquoi tout tombe vers le centre de la Terre, pourquoi tu sauterais beaucoup plus haut sur la Lune, pourquoi les astronautes flottent, et comment un boulet de canon pourrait faire le tour de la Terre.
Prends chaque page dans l'ordre. Clique sur « Suivant » en bas de page.
Let go of a pencil: it falls. Throw a ball: it comes back down. And the Moon? It does not fall on our heads. Yet the same pull acts on the pencil and on the Moon.
In this chapter you will find out why everything falls towards the centre of the Earth, why you would jump much higher on the Moon, why astronauts float, and how a cannonball could go all the way round the Earth.
Take the pages in order. Click "Next" at the bottom of each page.
Tu connais déjà le poids \(P = m g\). Ici, on se demande d'où vient \(g\), pourquoi il change d'un astre à l'autre, et comment la même force fait tourner la Lune et les satellites.
Ce qu'il faut savoir avant : la différence entre masse (kg) et poids (N), les puissances de dix, la vitesse \(v = d/t\).
You already know weight \(P = m g\). Here we ask where \(g\) comes from, why it changes from one body to another, and how the same force keeps the Moon and satellites going round.
What you need first: the difference between mass (kg) and weight (N), powers of ten, speed \(v = d/t\).
En 1687, Newton publie une idée audacieuse : la force qui fait tomber une pomme est la même que celle qui retient la Lune sur son orbite et les planètes autour du Soleil. Une seule loi, en \(1/r^{2}\), explique la chute des corps, les orbites, les marées, et permet même de peser la Terre et le Soleil.
Le chapitre suit ce fil :
la loi de la gravitation et le champ \(g\) ;
l'apesanteur, qui n'est pas une absence de gravitation ;
les orbites circulaires, du canon de Newton aux satellites géostationnaires ;
les lois de Kepler, et comment on pèse les astres ;
le plan de l'orbite dans l'espace : inclinaison, orbites polaires et géostationnaires, en 3D ;
l'énergie gravitationnelle, la vitesse de libération et les changements d'orbite ;
les marées (OS / OC et Université).
Prérequis : deuxième loi de Newton, mouvement circulaire uniforme (\(a = v^{2}/r\)), travail et énergie (chapitre 3). Aux niveaux avancés : intégrales simples, puis gradient et flux.
In 1687, Newton published a bold idea: the force that makes an apple fall is the same one that holds the Moon in its orbit and the planets around the Sun. A single \(1/r^{2}\) law explains falling bodies, orbits and tides, and even lets us weigh the Earth and the Sun.
The chapter follows this thread:
the law of gravitation and the field \(g\);
weightlessness, which is not an absence of gravity;
circular orbits, from Newton's cannon to geostationary satellites;
Kepler's laws, and how we weigh celestial bodies;
the orbital plane in space: inclination, polar and geostationary orbits, in 3D;
gravitational energy, escape speed and orbit changes;
tides (Advanced and University).
Prerequisites: Newton's second law, uniform circular motion (\(a = v^{2}/r\)), work and energy (chapter 3). At advanced levels: simple integrals, then gradient and flux.
Chapitre 4 · Gravitation
La loi de la gravitation
Qu'est-ce qui attire les objets vers la Terre, avec quelle force, et pourquoi cette force change-t-elle d'un astre à l'autre ?
Chapter 4 · Gravitation
The law of gravitation
What pulls objects towards the Earth, how hard, and why does this pull change from one body to another?
Pourquoi les choses tombent ?
Lâche un crayon : il tombe vers le sol. Partout sur la Terre, en Suisse comme en Australie, les objets tombent vers le centre de la Terre. En Australie, « en bas », c'est donc dans l'autre sens que chez nous !
La Terre attire tout ce qui l'entoure. Cette attraction s'appelle la gravitation. La force avec laquelle la Terre t'attire, c'est ton poids.
Tout s'attire
Pas seulement la Terre : tous les objets s'attirent entre eux. Toi et ton voisin de classe aussi ! Mais cette attraction est tellement faible qu'on ne la sent pas. Il faut un objet énorme, comme une planète ou une étoile, pour que ça se remarque.
Le Soleil attire la Terre, la Terre attire la Lune. C'est ce qui les garde ensemble.
Sur la Lune, tu sauterais 6 fois plus haut
La Lune est beaucoup plus petite que la Terre. Elle attire 6 fois moins fort. Si tu sautes 50 cm ici, tu sauterais environ 3 m sur la Lune, avec le même élan.
Pourtant, tu es toujours le même : même corps, même quantité de matière. C'est ta masse. Elle ne change pas. Seul ton poids change.
Petite question
Sur Jupiter, qui est énorme, tu sauterais plus haut ou moins haut qu'ici ? Fais ta prédiction, puis vérifie dans la simulation plus bas.
Je retiens
La Terre attire tous les objets vers son centre : c'est la gravitation.
Tous les objets s'attirent, mais il faut une très grosse masse pour le sentir.
Ma masse est la même partout. Mon poids change selon l'astre.
Petit lexique
Gravitation
attraction entre tous les objets.
Poids
force avec laquelle un astre t'attire.
Masse
quantité de matière, en kilogrammes.
Why do things fall?
Let go of a pencil: it falls to the floor. Everywhere on Earth, in Switzerland or in Australia, objects fall towards the centre of the Earth. So in Australia, "down" points the other way from ours!
The Earth pulls on everything around it. This pull is called gravity. The force with which the Earth pulls on you is your weight.
Everything attracts everything
Not just the Earth: all objects attract each other. You and the person next to you in class too! But this pull is so weak you cannot feel it. You need a huge object, like a planet or a star, to notice it.
The Sun pulls on the Earth, the Earth pulls on the Moon. That is what keeps them together.
On the Moon you would jump 6 times higher
The Moon is much smaller than the Earth. It pulls 6 times less strongly. If you jump 50 cm here, you would jump about 3 m on the Moon, with the same push-off.
Yet you are still the same: same body, same amount of matter. That is your mass. It does not change. Only your weight changes.
Quick question
On Jupiter, which is huge, would you jump higher or lower than here? Make your prediction, then check in the simulation below.
Remember
The Earth pulls every object towards its centre: that is gravity.
All objects attract each other, but you need a very large mass to feel it.
My mass is the same everywhere. My weight depends on the planet or moon.
Word list
Gravity
the pull between all objects.
Weight
the force with which a planet or moon pulls on you.
Mass
amount of matter, in kilograms.
Le poids : P = m g
Le poids est une force. On le mesure en newtons (N) avec un dynamomètre. Il est proportionnel à la masse :
\[ P = m \cdot g \]
\(g\) est l'intensité de la pesanteur, en N/kg. C'est le poids d'un kilogramme. Sur Terre, \(g \approx 9{,}81\) N/kg, souvent arrondi à 10 N/kg.
Astre
g (N/kg)
Terre
9,81
Lune
1,62
Mars
3,71
Jupiter
24,8
Plus l'astre est massif et compact, plus \(g\) est grand.
Calcul guidé
Un astronaute a une masse de 80 kg avec sa combinaison. Quel est son poids sur Terre, puis sur la Lune ?
Sur Terre, on multiplie la masse par \(g\) terrestre.
\[ P_T = 80 \cdot 9{,}81 \approx 785\ \text{N} \]
Sur la Lune, même masse, mais \(g = 1{,}62\) N/kg.
\[ P_L = 80 \cdot 1{,}62 \approx 130\ \text{N} \]
On compare : \(785 / 130 \approx 6\).
Sur la Lune, il pèse environ 6 fois moins. Sa masse reste 80 kg. C'est pourquoi les astronautes d'Apollo sautillaient facilement malgré leur équipement.
L'attraction diminue avec la distance
Plus on s'éloigne du centre de la Terre, plus son attraction faiblit. À distance double du centre, elle est 4 fois plus faible. À distance triple, 9 fois plus faible. On dit qu'elle varie comme \(1/d^{2}\).
Calcul guidé
Un satellite pèse 1200 N au sol. Combien pèse-t-il à 12 742 km d'altitude ? (Rayon de la Terre : 6371 km.)
On compte la distance depuis le centre, pas depuis le sol.
Distance triple, donc force divisée par \(3^{2} = 9\).
\[ P = \frac{1200}{9} \approx 133\ \text{N} \]
Attention au piège : l'altitude se mesure depuis le sol, la loi en \(1/d^{2}\) depuis le centre.
Je retiens
Poids \(P = m g\), en newtons. Masse \(m\) en kilogrammes.
\(g \approx 9{,}81\) N/kg sur Terre, 1,62 N/kg sur la Lune.
L'attraction diminue comme \(1/d^{2}\), avec \(d\) mesurée depuis le centre.
Petit lexique
Newton (N)
unité de force.
Dynamomètre
ressort gradué qui mesure une force.
Intensité de la pesanteur g
poids d'un kilogramme, en N/kg.
Weight: P = m g
Weight is a force. It is measured in newtons (N) with a spring balance. It is proportional to mass:
\[ P = m \cdot g \]
\(g\) is the gravitational field strength, in N/kg. It is the weight of one kilogram. On Earth, \(g \approx 9.81\) N/kg, often rounded to 10 N/kg.
Body
g (N/kg)
Earth
9.81
Moon
1.62
Mars
3.71
Jupiter
24.8
The more massive and compact the body, the larger \(g\).
Worked calculation
An astronaut has a mass of 80 kg with the suit. What is the weight on Earth, then on the Moon?
On Earth, multiply the mass by Earth's \(g\).
\[ P_E = 80 \times 9.81 \approx 785\ \text{N} \]
On the Moon, same mass, but \(g = 1.62\) N/kg.
\[ P_M = 80 \times 1.62 \approx 130\ \text{N} \]
Compare: \(785 / 130 \approx 6\).
On the Moon the astronaut weighs about 6 times less. The mass stays 80 kg. That is why the Apollo astronauts hopped about easily despite their equipment.
The pull weakens with distance
The further you go from the Earth's centre, the weaker its pull. At twice the distance from the centre, it is 4 times weaker. At three times the distance, 9 times weaker. We say it varies as \(1/d^{2}\).
Worked calculation
A satellite weighs 1200 N on the ground. How much does it weigh at 12,742 km altitude? (Earth's radius: 6371 km.)
Distance is counted from the centre, not from the ground.
Three times the distance, so the force is divided by \(3^{2} = 9\).
\[ P = \frac{1200}{9} \approx 133\ \text{N} \]
Watch out for the trap: altitude is measured from the ground, the \(1/d^{2}\) law from the centre.
Remember
Weight \(P = m g\), in newtons. Mass \(m\) in kilograms.
\(g \approx 9.81\) N/kg on Earth, 1.62 N/kg on the Moon.
The pull decreases as \(1/d^{2}\), with \(d\) measured from the centre.
Word list
Newton (N)
unit of force.
Spring balance
graduated spring that measures a force.
Field strength g
weight of one kilogram, in N/kg.
De la pomme à la Lune
Newton se pose une question simple : la force qui fait tomber une pomme s'arrête-t-elle quelque part ? Si elle va jusqu'à la Lune, elle doit être bien plus faible là-haut, car la Lune ne « tombe » que très peu.
Il fait le test. La Lune tourne à \(r = 3{,}84 \cdot 10^{8}\) m en 27,3 jours. Son accélération centripète est donc très petite :
À la surface de la Terre, \(g = 9{,}81\) m/s². Le rapport vaut environ 3600. Or la Lune est environ 60 fois plus loin du centre de la Terre que la pomme, et \(60^{2} = 3600\). L'accélération diminue exactement comme \(1/r^{2}\). La pomme et la Lune obéissent à la même loi.
Calcul guidé
Vérifie le test de Newton avec les valeurs modernes : \(r_L = 3{,}844 \cdot 10^{8}\) m, \(T = 27{,}32\) jours, \(R_T = 6{,}371 \cdot 10^{6}\) m.
Les deux nombres concordent à 1 % près. En une seconde, la Lune « tombe » d'environ 1,35 mm vers la Terre, pendant qu'elle avance de 1 km de côté.
La loi de la gravitation universelle
Newton généralise (1687) : deux corps de masses \(m_1\) et \(m_2\), dont les centres sont à la distance \(r\), s'attirent avec une force dirigée le long de la droite qui les joint :
\[ F = G\,\frac{m_1 m_2}{r^{2}} \]
\[ G = 6{,}674 \cdot 10^{-11}\ \text{N·m}^2/\text{kg}^2 \]
Les deux forces ont la même intensité \(G m_1 m_2 / r^{2}\), même si une masse est beaucoup plus grande (troisième loi de Newton). Elles visent le centre de l'autre corps.
Trois remarques importantes :
Action et réaction. La Terre t'attire avec la même force que tu attires la Terre. Elle n'accélère presque pas parce que sa masse est énorme : \(a = F/M\).
Des centres. Pour des corps sphériques, tout se passe comme si la masse était concentrée au centre (démontré au niveau Université). C'est pourquoi \(r\) se mesure de centre à centre.
Universelle. La même constante \(G\) vaut pour les pommes, les planètes et les galaxies.
Une force très faible
\(G\) est minuscule. Entre deux personnes de 70 kg à 1 m l'une de l'autre :
C'est le poids d'un grain de poussière de 0,03 mg. La gravitation ne domine que lorsqu'une des masses est astronomique. Elle gagne pourtant à grande échelle : elle est toujours attractive et ne peut pas être « écrantée », contrairement à la force électrique.
Histoire
En 1798, Henry Cavendish mesure pour la première fois cette force entre des boules de plomb (158 kg et 0,73 kg, à environ 23 cm). La force vaut à peine \(1{,}5 \cdot 10^{-7}\) N. Il l'observe grâce à une balance de torsion : un fil très fin qui se tord sous un couple minuscule. Connaissant \(G\), on peut enfin calculer la masse de la Terre. On a dit qu'il avait « pesé la Terre ».
Le champ de pesanteur g
Pour un objet de masse \(m\) à la surface d'un astre de masse \(M\) et de rayon \(R\), la force de gravitation est son poids :
\[ P = G\,\frac{M m}{R^{2}} = m g \]\[ \Longrightarrow\quad g = \frac{G M}{R^{2}} \]
La masse \(m\) de l'objet disparaît de \(g\). C'est la raison profonde pour laquelle tous les corps tombent avec la même accélération (chapitre 3, Galilée) : une masse double est attirée deux fois plus fort, mais elle est aussi deux fois plus difficile à accélérer.
\(g\) est un champ : en chaque point de l'espace, c'est la force qu'subirait un kilogramme placé là. Ses unités N/kg et m/s² sont identiques.
Calcul guidé
Peser la Terre comme Cavendish : à partir de \(g = 9{,}81\) N/kg, \(R = 6371\) km et \(G\), trouve la masse et la masse volumique moyenne de la Terre.
Les roches de surface ont une masse volumique d'environ 2700 kg/m³. La Terre est donc deux fois plus dense en moyenne : son centre doit être fait d'un matériau très dense. C'est le noyau de fer.
g diminue avec l'altitude
À l'altitude \(h\), on est à la distance \(R + h\) du centre :
Hors de la Terre, \(g\) décroît comme \(1/r^{2}\) : divisé par 4 à \(2R\), par 9 à \(3R\). En pointillés, à l'intérieur d'une Terre homogène, \(g\) croît linéairement depuis le centre (voir la page Énergie).
Calcul guidé
Que vaut \(g\) à bord de la Station spatiale internationale, à 400 km d'altitude ?
\[ g = 9{,}81 \cdot 0{,}885 \approx 8{,}69\ \text{N/kg} \]
Encore 89 % de la valeur au sol. Si les astronautes flottent, ce n'est donc pas faute de gravitation (page suivante).
Astre
g (N/kg)
Terre
9,81
Lune
1,62
Mars
3,71
Vénus
8,87
Jupiter (sommet des nuages)
24,8
Soleil (surface)
274
La loi en trois dimensions
Une force a une direction. Pour l'écrire complètement, place la Terre au centre O d'un repère (x, y, z) orienté par la règle de la main droite. Le satellite est repéré par son vecteur position, écrit en colonne :
\[ \vec r = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]
\[ r = |\vec r| = \sqrt{x^{2} + y^{2} + z^{2}} \]
La force pointe de l'objet vers le centre de la Terre, donc dans le sens opposé à \(\vec r\). Le vecteur unitaire \(\vec r / r\) donne la direction. La loi de Newton donne la norme :
\[ \vec F = -\frac{G M m}{r^{2}}\,\frac{\vec r}{r} = -\frac{G M m}{r^{3}}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]
Chaque composante est proportionnelle à la coordonnée correspondante, avec le même facteur \(-GMm/r^{3}\). Attention : le \(r^{3}\) ne veut pas dire que la force décroît en \(1/r^{3}\). Un des trois \(r\) sert seulement à rendre \(\vec r\) unitaire. La norme reste \(GMm/r^{2}\).
Le satellite est au point S(4 ; 3 ; 5), en milliers de km. La force est portée par la droite qui le relie au centre de la Terre, dans le sens de \(-\vec r\).
Calcul guidé : la force sur un satellite, composante par composante
Un satellite de 1000 kg se trouve en \(\vec r = \begin{pmatrix} 4000 \\ 3000 \\ 5000 \end{pmatrix}\ \text{km}\). Avec \(GM = 3{,}986 \cdot 10^{14}\ \text{m}^{3}/\text{s}^{2}\), calcule la force de gravitation.
Vérification : \(\sqrt{4510^{2} + 3382^{2} + 5637^{2}} = 7972\) N. Chaque composante est négative : la force ramène le satellite vers O selon les trois axes.
Erreurs fréquentes
Prendre l'altitude \(h\) au lieu de la distance au centre \(R + h\) dans la loi en \(1/r^{2}\).
Confondre masse (kg, la même partout) et poids (N, dépend du lieu). Une balance de salle de bain mesure une force et l'affiche en kg en divisant par 9,81.
Oublier de passer les km en m avant d'utiliser \(G\).
À retenir
\(F = G\,m_1 m_2 / r^{2}\), attractive, \(r\) de centre à centre, \(G = 6{,}674 \cdot 10^{-11}\) SI.
Champ de pesanteur \(g = GM/r^{2}\), indépendant de la masse de l'objet : tous les corps tombent pareil.
\(g_0 \approx 9{,}81\) N/kg au sol, divisé par 4 à deux rayons du centre.
Connaître \(g\), \(R\) et \(G\) permet de peser la Terre.
OS / OC
Le champ comme vecteur, et la superposition
En chaque point, le champ \(\vec g\) pointe vers la masse qui le crée :
\[ \vec g = -\frac{G M}{r^{2}}\,\vec u_r \]
\(\vec u_r\) est le vecteur unitaire qui part du centre de l'astre vers le point. Quand plusieurs masses agissent, leurs champs s'additionnent vectoriellement : c'est le principe de superposition. Il découle de la linéarité de la loi de Newton en chaque masse.
Exemple célèbre : entre la Terre et la Lune, il existe un point où les deux attractions se compensent exactement.
Au point neutre, les deux champs ont la même intensité et des sens opposés. Il se trouve à 90 % de la distance Terre-Lune, beaucoup plus près de la Lune, parce que la Lune est 81 fois moins massive.
Calcul guidé
Où se trouve ce point ? \(M_T / M_L = 81{,}3\), \(d = 384\,400\) km.
Égalité des intensités, à la distance \(x\) de la Terre.
\[ x = \frac{9{,}02}{10{,}02}\, d \approx 0{,}900\, d \approx 346\,000\ \text{km} \]
Les missions Apollo passaient ce point environ trois jours après le départ. Au-delà, la Lune « tirait » plus fort que la Terre.
Superposition dans l'espace
La superposition marche composante par composante. On calcule le champ de chaque astre en colonne, puis on additionne ligne par ligne. Rien ne change en 3D, sauf qu'il y a une ligne de plus.
Calcul guidé : une sonde hors du plan Terre-Lune
Repère centré sur la Terre, en unités de \(10^{8}\) m. La Lune est au point \(L\,(3{,}844\,;\,0\,;\,0)\), la sonde au point \(P\,(3\,;\,1\,;\,1)\). \(GM_T = 3{,}986 \cdot 10^{14}\), \(GM_L = 4{,}905 \cdot 10^{12}\) (SI). Quel champ total en P ?
La Lune ne pèse ici que 5 % du total, mais elle change la direction du champ. La composante \(x\) de son champ est positive : la Lune tire la sonde vers les \(x\) croissants, là où elle se trouve.
g n'est pas tout à fait constant à la surface
La Terre tourne. Un objet posé à l'équateur décrit un cercle de rayon \(R\) en un jour sidéral. Une partie de l'attraction sert à fournir l'accélération centripète :
Ajoute l'aplatissement de la Terre (le rayon polaire est plus court de 21 km) et tu obtiens \(g \approx 9{,}78\) N/kg à l'équateur et \(9{,}83\) N/kg aux pôles. En Suisse, \(g \approx 9{,}81\) N/kg. Les géophysiciens mesurent de minuscules variations de \(g\) pour repérer des masses cachées dans le sous-sol (gravimétrie).
À retenir
\(\vec g = -GM/r^{2}\,\vec u_r\), les champs de plusieurs masses s'additionnent.
La rotation et l'aplatissement de la Terre font varier \(g\) de 0,5 % entre pôle et équateur.
Université
Pourquoi une sphère attire comme un point : le théorème des coquilles
Newton a mis vingt ans à le démontrer géométriquement. Avec le potentiel, c'est une intégrale. Prends une coquille sphérique mince de rayon \(a\), de masse \(M\), et un point P à la distance \(r\) du centre. Découpe la coquille en anneaux d'angle \(\theta\) (mesuré depuis l'axe centre-P), de largeur \(a\,\mathrm{d}\theta\).
Tous les points d'un anneau (en couleur) sont à la même distance \(s\) de P. Le potentiel de l'anneau s'écrit simplement.
La masse de l'anneau est \(\mathrm{d}m = \frac{M}{2}\sin\theta\,\mathrm{d}\theta\). Tous ses points sont à la distance \(s\) de P, avec \(s^{2} = a^{2} + r^{2} - 2ar\cos\theta\), donc \(s\,\mathrm{d}s = a r \sin\theta\,\mathrm{d}\theta\). Le potentiel total :
Si P est à l'extérieur (\(r > a\)) : \(s\) va de \(r - a\) à \(r + a\), l'intégrale vaut \(2a\) et
\[ \Phi(r) = -\frac{G M}{r} \]
exactement comme une masse ponctuelle au centre. Si P est à l'intérieur (\(r < a\)) : \(s\) va de \(a - r\) à \(a + r\), l'intégrale vaut \(2r\) et \(\Phi = -GM/a\) est constant, donc le champ est nul à l'intérieur d'une coquille. Une sphère pleine à symétrie sphérique est un empilement de coquilles : à l'extérieur, elle attire comme un point ; à l'intérieur, seule la masse située plus près du centre compte.
Au-delà de la sphère parfaite
La Terre réelle est aplatie. Son potentiel se développe en harmoniques sphériques :
avec \(J_2 \approx 1{,}08 \cdot 10^{-3}\) et \(P_2(x) = \frac{1}{2}(3x^{2} - 1)\). Ce petit terme fait tourner lentement le plan des orbites basses (précession nodale). On l'exploite pour les orbites héliosynchrones, dont le plan suit le Soleil au cours de l'année.
À retenir
Coquille : potentiel \(-GM/r\) à l'extérieur, constant à l'intérieur, champ nul dedans.
Corps à symétrie sphérique : attraction d'une masse ponctuelle à l'extérieur.
Les écarts à la sphère (\(J_2\)) perturbent les orbites de façon mesurable.
From the apple to the Moon
Newton asked a simple question: does the force that makes an apple fall stop somewhere? If it reaches the Moon, it must be much weaker up there, because the Moon "falls" only very little.
He ran the test. The Moon orbits at \(r = 3.84 \times 10^{8}\) m in 27.3 days. Its centripetal acceleration is therefore very small:
At the Earth's surface, \(g = 9.81\) m/s². The ratio is about 3600. Now the Moon is about 60 times further from the Earth's centre than the apple, and \(60^{2} = 3600\). The acceleration decreases exactly as \(1/r^{2}\). The apple and the Moon obey the same law.
Worked calculation
Check Newton's test with modern values: \(r_M = 3.844 \times 10^{8}\) m, \(T = 27.32\) days, \(R_E = 6.371 \times 10^{6}\) m.
The two numbers agree within 1 %. In one second, the Moon "falls" about 1.35 mm towards the Earth while moving 1 km sideways.
The law of universal gravitation
Newton generalised (1687): two bodies of masses \(m_1\) and \(m_2\), whose centres are a distance \(r\) apart, attract each other with a force along the line joining them:
\[ F = G\,\frac{m_1 m_2}{r^{2}} \]
\[ G = 6.674 \times 10^{-11}\ \text{N·m}^2/\text{kg}^2 \]
Both forces have the same magnitude \(G m_1 m_2 / r^{2}\), even if one mass is much larger (Newton's third law). Each points at the centre of the other body.
Three important remarks:
Action and reaction. The Earth pulls on you as hard as you pull on the Earth. It hardly accelerates because its mass is huge: \(a = F/M\).
Centres. For spherical bodies, everything happens as if the mass were concentrated at the centre (proved at University level). That is why \(r\) is measured centre to centre.
Universal. The same constant \(G\) holds for apples, planets and galaxies.
A very weak force
\(G\) is tiny. Between two 70 kg people 1 m apart:
That is the weight of a 0.03 mg speck of dust. Gravitation only dominates when one of the masses is astronomical. Yet it wins on large scales: it is always attractive and cannot be "screened", unlike the electric force.
History
In 1798, Henry Cavendish measured this force for the first time, between lead balls (158 kg and 0.73 kg, about 23 cm apart). The force is barely \(1.5 \times 10^{-7}\) N. He detected it with a torsion balance: a very fine wire that twists under a tiny torque. Once \(G\) is known, the Earth's mass can finally be calculated. He was said to have "weighed the Earth".
The gravitational field g
For an object of mass \(m\) at the surface of a body of mass \(M\) and radius \(R\), the gravitational force is its weight:
\[ P = G\,\frac{M m}{R^{2}} = m g \]\[ \Longrightarrow\quad g = \frac{G M}{R^{2}} \]
The object's mass \(m\) drops out of \(g\). That is the deep reason why all bodies fall with the same acceleration (chapter 3, Galileo): a mass twice as large is pulled twice as hard, but it is also twice as hard to accelerate.
\(g\) is a field: at each point in space, it is the force a kilogram placed there would feel. Its units N/kg and m/s² are identical.
Worked calculation
Weigh the Earth like Cavendish: from \(g = 9.81\) N/kg, \(R = 6371\) km and \(G\), find the mass and the mean density of the Earth.
Surface rocks have a density of about 2700 kg/m³. The Earth is therefore twice as dense on average: its centre must be made of a very dense material. That is the iron core.
g decreases with altitude
At altitude \(h\), you are a distance \(R + h\) from the centre:
Outside the Earth, \(g\) decreases as \(1/r^{2}\): divided by 4 at \(2R\), by 9 at \(3R\). Dashed: inside a uniform Earth, \(g\) grows linearly from the centre (see the Energy page).
Worked calculation
What is \(g\) on board the International Space Station, at 400 km altitude?
\[ g = 9.81 \times 0.885 \approx 8.69\ \text{N/kg} \]
Still 89 % of the ground value. If astronauts float, it is not for lack of gravity (next page).
Body
g (N/kg)
Earth
9.81
Moon
1.62
Mars
3.71
Venus
8.87
Jupiter (cloud tops)
24.8
Sun (surface)
274
The law in three dimensions
A force has a direction. To write it completely, put the Earth at the origin O of an (x, y, z) frame, oriented by the right-hand rule. The satellite is located by its position vector, written as a column:
\[ \vec r = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]
\[ r = |\vec r| = \sqrt{x^{2} + y^{2} + z^{2}} \]
The force points from the object to the centre of the Earth, so opposite to \(\vec r\). The unit vector \(\vec r / r\) gives the direction. Newton's law gives the magnitude:
\[ \vec F = -\frac{G M m}{r^{2}}\,\frac{\vec r}{r} = -\frac{G M m}{r^{3}}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]
Each component is proportional to the matching coordinate, with the same factor \(-GMm/r^{3}\). Careful: the \(r^{3}\) does not mean the force falls off as \(1/r^{3}\). One of the three \(r\) only makes \(\vec r\) a unit vector. The magnitude is still \(GMm/r^{2}\).
The satellite is at the point S(4, 3, 5), in thousands of km. The force lies along the line joining it to the centre of the Earth, in the direction of \(-\vec r\).
Guided calculation: the force on a satellite, component by component
A 1000 kg satellite is at \(\vec r = \begin{pmatrix} 4000 \\ 3000 \\ 5000 \end{pmatrix}\ \text{km}\). With \(GM = 3.986 \times 10^{14}\ \text{m}^{3}/\text{s}^{2}\), work out the gravitational force.
Check: \(\sqrt{4510^{2} + 3382^{2} + 5637^{2}} = 7972\) N. Every component is negative: the force pulls the satellite back towards O along all three axes.
Common mistakes
Using the altitude \(h\) instead of the distance from the centre \(R + h\) in the \(1/r^{2}\) law.
Mixing up mass (kg, the same everywhere) and weight (N, depends on the place). A bathroom scale measures a force and shows it in kg by dividing by 9.81.
Forgetting to convert km to m before using \(G\).
Key points
\(F = G\,m_1 m_2 / r^{2}\), attractive, \(r\) centre to centre, \(G = 6.674 \times 10^{-11}\) SI.
Gravitational field \(g = GM/r^{2}\), independent of the object's mass: all bodies fall alike.
\(g_0 \approx 9.81\) N/kg at the surface, divided by 4 two radii from the centre.
Knowing \(g\), \(R\) and \(G\) lets you weigh the Earth.
Advanced
The field as a vector, and superposition
At each point, the field \(\vec g\) points towards the mass that creates it:
\[ \vec g = -\frac{G M}{r^{2}}\,\vec u_r \]
\(\vec u_r\) is the unit vector from the body's centre to the point. When several masses act, their fields add as vectors: this is the superposition principle. It follows from Newton's law being linear in each mass.
A famous example: between the Earth and the Moon, there is a point where the two pulls cancel exactly.
At the neutral point, the two fields have the same magnitude and opposite directions. It lies at 90 % of the Earth-Moon distance, much closer to the Moon, because the Moon is 81 times less massive.
Worked calculation
Where is this point? \(M_E / M_M = 81.3\), \(d = 384\,400\) km.
Equal magnitudes, at distance \(x\) from the Earth.
\[ x = \frac{9.02}{10.02}\, d \approx 0.900\, d \approx 346\,000\ \text{km} \]
The Apollo missions passed this point about three days after launch. Beyond it, the Moon "pulled" harder than the Earth.
Superposition in space
Superposition works component by component. Work out the field of each body as a column, then add row by row. Nothing changes in 3D, except that there is one more row.
Guided calculation: a probe outside the Earth-Moon plane
Frame centred on the Earth, in units of \(10^{8}\) m. The Moon is at the point \(L\,(3.844,\,0,\,0)\), the probe at the point \(P\,(3,\,1,\,1)\). \(GM_E = 3.986 \times 10^{14}\), \(GM_M = 4.905 \times 10^{12}\) (SI). What is the total field at P?
Here the Moon is only 5 % of the total, but it changes the direction of the field. The \(x\) component of its field is positive: the Moon pulls the probe towards increasing \(x\), where it sits.
g is not quite constant at the surface
The Earth spins. An object at the equator travels round a circle of radius \(R\) in one sidereal day. Part of the pull supplies the centripetal acceleration:
Add the Earth's flattening (the polar radius is 21 km shorter) and you get \(g \approx 9.78\) N/kg at the equator and \(9.83\) N/kg at the poles. In Switzerland, \(g \approx 9.81\) N/kg. Geophysicists measure tiny variations of \(g\) to locate hidden masses underground (gravimetry).
Key points
\(\vec g = -GM/r^{2}\,\vec u_r\); the fields of several masses add up.
The Earth's rotation and flattening make \(g\) vary by 0.5 % between pole and equator.
University
Why a sphere attracts like a point: the shell theorem
Newton took twenty years to prove it geometrically. With the potential, it is one integral. Take a thin spherical shell of radius \(a\) and mass \(M\), and a point P at distance \(r\) from the centre. Cut the shell into rings at angle \(\theta\) (measured from the centre-P axis), of width \(a\,\mathrm{d}\theta\).
Every point of a ring (in colour) is at the same distance \(s\) from P. The ring's potential is simple to write.
The ring's mass is \(\mathrm{d}m = \frac{M}{2}\sin\theta\,\mathrm{d}\theta\). All its points are at distance \(s\) from P, with \(s^{2} = a^{2} + r^{2} - 2ar\cos\theta\), so \(s\,\mathrm{d}s = a r \sin\theta\,\mathrm{d}\theta\). The total potential:
If P is outside (\(r > a\)): \(s\) runs from \(r - a\) to \(r + a\), the integral is \(2a\) and
\[ \Phi(r) = -\frac{G M}{r} \]
exactly like a point mass at the centre. If P is inside (\(r < a\)): \(s\) runs from \(a - r\) to \(a + r\), the integral is \(2r\) and \(\Phi = -GM/a\) is constant, so the field vanishes inside a shell. A spherically symmetric solid sphere is a stack of shells: outside, it attracts like a point; inside, only the mass closer to the centre counts.
Beyond the perfect sphere
The real Earth is flattened. Its potential expands in spherical harmonics:
with \(J_2 \approx 1.08 \times 10^{-3}\) and \(P_2(x) = \frac{1}{2}(3x^{2} - 1)\). This small term slowly turns the plane of low orbits (nodal precession). It is exploited for Sun-synchronous orbits, whose plane follows the Sun through the year.
Key points
Shell: potential \(-GM/r\) outside, constant inside, zero field within.
Spherically symmetric body: attracts like a point mass from outside.
Departures from a sphere (\(J_2\)) measurably perturb orbits.
À toi de jouer
Choisis la Terre, puis clique sur « Sauter ». Regarde la hauteur du saut.
Va sur la Lune et saute encore. Combien de fois plus haut ?
Que montre la balance sur Jupiter ? Et sur le Soleil ? Pourrais-tu y sauter ?
Your turn
Choose the Earth, then click "Jump". Look at the height of the jump.
Go to the Moon and jump again. How many times higher?
What does the scale show on Jupiter? And on the Sun? Could you jump there?
À toi de jouer
Règle ta masse. Pour chaque astre, note g et ton poids P. Vérifie que P = m g.
Change ta masse sur la Lune : le rapport P / m change-t-il ?
Prédis la hauteur du saut sur Mars, sachant qu'elle est de 32 cm sur Terre. Vérifie.
Your turn
Set your mass. For each body, note g and your weight P. Check that P = m g.
Change your mass on the Moon: does the ratio P / m change?
Predict the jump height on Mars, knowing it is 32 cm on Earth. Check.
Piste de travail : sur Terre, augmente l'altitude par pas de 6371 km (1, 2, 3 rayons terrestres). Vérifie que \(g\) est divisé par 4, 9, 16. Pourquoi une hauteur de 6371 km et non 3000 km rend-elle ce test simple ? Retrouve ensuite \(M_T\) à partir d'une seule lecture de \(g\).
Worksheet idea: on Earth, increase the altitude in steps of 6371 km (1, 2, 3 Earth radii). Check that \(g\) is divided by 4, 9, 16. Why does a height of 6371 km rather than 3000 km make this test easy? Then recover \(M_E\) from a single reading of \(g\).
À mi-chemin du centre, \(g = 4{,}9\) N/kg. La vraie Terre n'est pas homogène : à cause du noyau dense, \(g\) augmente même légèrement en descendant jusqu'à environ 2900 km de profondeur.
Halfway to the centre, \(g = 4.9\) N/kg. The real Earth is not uniform: because of the dense core, \(g\) even increases slightly going down to about 2900 km depth.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 4 · Gravitation
Apesanteur et chute libre
Les astronautes flottent alors que la Terre les attire presque autant qu'au sol. Comment est-ce possible ?
Chapter 4 · Gravitation
Weightlessness and free fall
Astronauts float even though the Earth pulls on them almost as hard as on the ground. How can that be?
Les astronautes flottent
Dans la station spatiale, les astronautes flottent. Ils lâchent un stylo : il reste en l'air. Pourtant, à cette hauteur, la Terre les attire encore presque autant qu'au sol.
Alors pourquoi flottent-ils ? Parce que la station et eux tombent ensemble, tout le temps, autour de la Terre. Quand tout tombe ensemble, plus rien n'appuie sur rien.
Expérience : la bouteille qui ne fuit plus
Perce un petit trou en bas d'une bouteille en plastique (demande à un adulte).
Remplis-la d'eau en bouchant le trou avec le doigt, dehors ou au-dessus d'une bassine.
Enlève le doigt : l'eau coule. Puis lâche la bouteille.
Prédis d'abord : l'eau va-t-elle couler pendant la chute ?
Ce qui se passe
Pendant la chute, l'eau arrête de couler ! La bouteille et l'eau tombent ensemble : l'eau ne « pèse » plus sur le trou. C'est exactement ce que vivent les astronautes.
Tu l'as déjà ressenti
Sur un trampoline, tout en haut du saut, ou dans un manège qui descend d'un coup, tu as l'impression de ne plus rien peser. Pendant un court instant, tu es en chute libre, comme un astronaute.
Je retiens
Dans la station spatiale, la Terre attire encore les astronautes.
Ils flottent parce qu'eux et la station tombent ensemble.
On appelle ça l'apesanteur.
Petit lexique
Apesanteur
sensation de ne rien peser.
Chute libre
tomber sans que rien ne retienne.
Astronauts float
In the space station, astronauts float. They let go of a pen: it stays in the air. Yet at that height, the Earth still pulls on them almost as hard as on the ground.
So why do they float? Because the station and they fall together, all the time, around the Earth. When everything falls together, nothing presses on anything any more.
Experiment: the bottle that stops leaking
Make a small hole near the bottom of a plastic bottle (ask an adult).
Fill it with water while blocking the hole with your finger, outside or over a basin.
Take your finger away: water runs out. Then drop the bottle.
Predict first: will the water run out during the fall?
What happens
While it falls, the water stops running! The bottle and the water fall together: the water no longer "presses" on the hole. That is exactly what astronauts experience.
You have already felt it
On a trampoline, right at the top of the jump, or on a fairground ride that suddenly drops, you feel as if you weigh nothing. For a short moment you are in free fall, like an astronaut.
Remember
In the space station, the Earth still pulls on the astronauts.
They float because they and the station fall together.
This is called weightlessness.
Word list
Weightlessness
the feeling of weighing nothing.
Free fall
falling with nothing holding you back.
Poids et poids apparent
Ton poids est la force de la Terre sur toi. Ce que tu ressens, c'est autre chose : la poussée du sol, du siège ou de la balance sur toi. On l'appelle le poids apparent. Une balance mesure le poids apparent.
Debout et immobile, le sol pousse exactement autant que ton poids : poids apparent = poids. Dans un ascenseur qui démarre vers le haut, le plancher doit pousser plus fort pour t'accélérer : tu te sens plus lourd. Quand il freine en montant, tu te sens plus léger.
La chute libre
Si plus rien ne te retient, tu tombes avec l'accélération \(g\). Le sol ne pousse plus : poids apparent nul. C'est l'apesanteur. À 400 km d'altitude, \(g\) vaut encore 8,7 N/kg, mais la station spatiale est en chute libre permanente.
Calcul guidé
Un élève de 50 kg est sur une balance dans un ascenseur. Que lit-il quand l'ascenseur est immobile ? Et si le câble cassait ?
Immobile : la balance pousse autant que le poids.
\[ P = 50 \cdot 9{,}81 = 490{,}5\ \text{N} \]
La balance affiche cette force divisée par 9,81.
\[ \frac{490{,}5}{9{,}81} = 50\ \text{kg} \]
Câble cassé (sans frein ni air) : l'élève, la balance et la cabine tombent ensemble. La balance ne pousse plus.
\[ \text{affichage} = 0\ \text{kg} \]
Rassure-toi : les ascenseurs ont des freins de sécurité qui bloquent la cabine.
Je retiens
Le poids vient de la Terre. Le poids apparent vient du support qui te retient.
En chute libre, le poids apparent est nul : c'est l'apesanteur.
L'apesanteur n'est pas une absence de gravitation.
Weight and apparent weight
Your weight is the Earth's force on you. What you feel is something else: the push of the floor, the seat or the scale on you. It is called the apparent weight. A scale measures the apparent weight.
Standing still, the floor pushes exactly as hard as your weight: apparent weight = weight. In a lift starting upwards, the floor must push harder to accelerate you: you feel heavier. When it slows down on the way up, you feel lighter.
Free fall
If nothing holds you any more, you fall with acceleration \(g\). The floor no longer pushes: zero apparent weight. That is weightlessness. At 400 km altitude, \(g\) is still 8.7 N/kg, but the space station is in permanent free fall.
Worked calculation
A 50 kg pupil stands on a scale in a lift. What does it read when the lift is at rest? And if the cable snapped?
At rest: the scale pushes as hard as the weight.
\[ P = 50 \times 9.81 = 490.5\ \text{N} \]
The scale shows this force divided by 9.81.
\[ \frac{490.5}{9.81} = 50\ \text{kg} \]
Cable snapped (no brake, no air): the pupil, the scale and the cabin fall together. The scale no longer pushes.
\[ \text{reading} = 0\ \text{kg} \]
Don't worry: lifts have safety brakes that lock the cabin.
Remember
Weight comes from the Earth. Apparent weight comes from whatever holds you up.
In free fall, the apparent weight is zero: that is weightlessness.
Weightlessness is not an absence of gravity.
Ce que mesure une balance
Une balance ne mesure pas ta masse. Elle mesure la force \(N\) qu'elle exerce sur tes pieds (et que tu exerces sur elle, par la 3e loi). Applique la 2e loi à toi-même, dans un ascenseur d'accélération verticale \(a\) (positive vers le haut) :
\[ N - m g = m a \]\[ \Longrightarrow\quad N = m\,(g + a) \]
Le poids \(mg\) (bleu) ne change jamais. Seule la réaction du plancher \(N\) (rouge) s'adapte à l'accélération. En chute libre, \(a = -g\) et \(N = 0\).
Trois cas :
\(a = 0\) (immobile ou vitesse constante) : \(N = mg\). La balance indique ta vraie masse.
\(a > 0\) (démarrage vers le haut, ou freinage en descente) : \(N > mg\), tu te sens plus lourd.
\(a = -g\) (chute libre) : \(N = 0\). Plus aucune force de contact : c'est l'apesanteur.
Calcul guidé
Une personne de 70 kg est sur une balance dans un ascenseur. L'ascenseur démarre vers le bas avec une accélération de 2 m/s². Que lit-elle ?
On choisit l'axe vers le haut. L'accélération est vers le bas.
Elle « perd » 14 kg pendant le démarrage. Sa masse, elle, n'a pas changé.
La station spatiale tombe
À 400 km, \(g = 8{,}7\) N/kg (page précédente). La seule force sur la station et sur chaque astronaute est la gravitation. Tous ont donc la même accélération \(\vec g\), vers le centre de la Terre. Le plancher n'a rien à pousser : \(N = 0\) pour tout le monde. Les objets « flottent » parce qu'ils suivent exactement la même trajectoire que la station.
Pourquoi la station ne s'écrase-t-elle pas ? Parce qu'elle va très vite de côté, environ 7,7 km/s. Elle tombe, mais le sol courbe s'éloigne aussi vite qu'elle tombe. C'est le sujet de la page suivante.
Erreur fréquente
« Dans l'espace, il n'y a pas de gravité. » Faux. La gravitation de la Terre porte jusqu'à la Lune et bien au-delà. Les astronautes sont en apesanteur parce qu'ils sont en chute libre, pas parce que la gravitation disparaît. On parle aussi de « micropesanteur ».
L'apesanteur sur Terre : les vols paraboliques
Un avion peut recréer l'apesanteur. Il monte, puis coupe presque la poussée et suit exactement la trajectoire d'un projectile : une parabole. Les moteurs ne servent plus qu'à compenser le frottement de l'air. Pendant ce temps, l'avion et ses passagers sont en chute libre.
Calcul guidé
L'avion entre dans la parabole à 160 m/s, avec un angle de 47° au-dessus de l'horizontale. Combien de temps dure l'apesanteur, s'il en sort quand il retrouve cet angle en descente ?
\[ h = \frac{v_y^{2}}{2g} \approx 700\ \text{m} \]
Environ 20 à 25 secondes d'apesanteur par parabole. Les astronautes s'entraînent ainsi, en enchaînant des dizaines de paraboles.
À retenir
Une balance mesure la réaction \(N = m(g + a)\), pas la masse.
Apesanteur = chute libre : la gravitation est la seule force, \(N = 0\).
Dans la station spatiale, \(g \approx 8{,}7\) N/kg : la gravitation est bien là.
OS / OC
Masse inerte et masse grave : le principe d'équivalence
La masse apparaît deux fois dans la chute d'un corps. Dans \(F = m_g\,g\), c'est la masse grave : elle dit combien la Terre attire. Dans \(F = m_i\,a\), c'est la masse inerte : elle dit combien il est difficile d'accélérer. L'accélération de chute vaut donc
\[ a = \frac{m_g}{m_i}\, g \]
Si le rapport \(m_g/m_i\) dépendait de la matière (plomb, bois, plume), les corps ne tomberaient pas tous pareil dans le vide. L'expérience dit le contraire avec une précision extraordinaire : Eötvös (vers 1900) à \(10^{-9}\) près, le satellite MICROSCOPE (2022) à environ \(10^{-15}\) près. On choisit donc des unités où \(m_g = m_i\).
Einstein en fait un principe (1907) : dans une cabine fermée en chute libre, aucune expérience locale ne permet de savoir qu'on est dans un champ de gravitation. Et une cabine accélérée dans l'espace vide est indiscernable d'une cabine posée sur Terre. C'est le point de départ de la relativité générale.
Pourquoi « micro »-pesanteur ?
L'apesanteur n'est parfaite qu'au centre de masse de la station. Un objet 10 m plus loin de la Terre est un peu moins attiré. Il dérive lentement par rapport à la station. C'est un effet de marée (page Marées).
Calcul guidé
Quelle est la différence d'accélération entre deux points de la station séparés de \(\Delta r = 10\) m verticalement, à \(r = 6771\) km ?
On dérive \(g = GM/r^{2}\) par rapport à \(r\).
\[ \frac{\mathrm{d}g}{\mathrm{d}r} = -\frac{2 G M}{r^{3}} = -\frac{2 g}{r} \]
Pour un petit écart, on multiplie par \(\Delta r\).
Environ trois millionièmes de \(g\) au sol. C'est faible, mais mesurable : les expériences sensibles sont placées près du centre de masse.
Université
Le référentiel en chute libre est localement inertiel
Plaçons-nous dans le référentiel de la station, en orbite circulaire de pulsation \(n = \sqrt{GM/r_0^{3}}\). Avec \(x\) radial (vers l'extérieur), \(y\) dans le sens du mouvement et \(z\) perpendiculaire au plan, le mouvement relatif d'un objet libre obéit, au premier ordre, aux équations de Hill (Clohessy-Wiltshire) :
\[ \ddot x - 2n\dot y - 3n^{2} x = 0 \]
\[ \ddot y + 2n\dot x = 0 \]\[ \ddot z + n^{2} z = 0 \]
Les termes \(2n\dot y\) et \(2n\dot x\) sont de Coriolis (le référentiel tourne). Le terme \(3n^{2}x\) combine la marée \(2n^{2}x\) et la force centrifuge \(n^{2}x\). Au centre de masse, tout s'annule : le référentiel en chute libre est inertiel au premier ordre. Les écarts croissent avec la distance : c'est la courbure de l'espace-temps vue en relativité générale, où le tenseur de marée \(\partial_i\partial_j\Phi\) joue le rôle de la courbure.
Pour un objet immobile à \(x = 5\) m du centre de masse de l'ISS (\(T = 92{,}4\) min) : \(n = 1{,}13 \cdot 10^{-3}\ \text{s}^{-1}\) et \(3n^{2}x \approx 1{,}9 \cdot 10^{-5}\) m/s². L'objet s'éloigne de quelques centimètres en une minute. Les rendez-vous orbitaux se calculent avec ces équations.
What a scale measures
A scale does not measure your mass. It measures the force \(N\) it exerts on your feet (and that you exert on it, by the 3rd law). Apply the 2nd law to yourself, in a lift with vertical acceleration \(a\) (positive upwards):
\[ N - m g = m a \]\[ \Longrightarrow\quad N = m\,(g + a) \]
The weight \(mg\) (blue) never changes. Only the floor's reaction \(N\) (red) adapts to the acceleration. In free fall, \(a = -g\) and \(N = 0\).
Three cases:
\(a = 0\) (at rest or constant velocity): \(N = mg\). The scale shows your true mass.
\(a > 0\) (starting upwards, or braking on the way down): \(N > mg\), you feel heavier.
\(a = -g\) (free fall): \(N = 0\). No contact force at all: that is weightlessness.
Worked calculation
A 70 kg person stands on a scale in a lift. The lift starts downwards with an acceleration of 2 m/s². What does the scale read?
Take the axis upwards. The acceleration is downwards.
The person "loses" 14 kg while the lift starts. The mass itself has not changed.
The space station is falling
At 400 km, \(g = 8.7\) N/kg (previous page). The only force on the station and on each astronaut is gravity. So they all have the same acceleration \(\vec g\), towards the Earth's centre. The floor has nothing to push: \(N = 0\) for everyone. Objects "float" because they follow exactly the same path as the station.
Why doesn't the station crash? Because it moves very fast sideways, about 7.7 km/s. It falls, but the curved ground moves away as fast as it falls. That is the subject of the next page.
Common mistake
"There is no gravity in space." Wrong. The Earth's gravity reaches the Moon and far beyond. Astronauts are weightless because they are in free fall, not because gravity disappears. We also speak of "microgravity".
Weightlessness on Earth: parabolic flights
An aircraft can recreate weightlessness. It climbs, then nearly cuts its thrust and follows exactly the path of a projectile: a parabola. The engines only compensate air resistance. During that time, the aircraft and its passengers are in free fall.
Worked calculation
The aircraft enters the parabola at 160 m/s, 47° above the horizontal. How long does weightlessness last, if it pulls out when it reaches that angle again on the way down?
\[ h = \frac{v_y^{2}}{2g} \approx 700\ \text{m} \]
About 20 to 25 seconds of weightlessness per parabola. Astronauts train this way, flying dozens of parabolas in a row.
Key points
A scale measures the reaction \(N = m(g + a)\), not the mass.
Weightlessness = free fall: gravity is the only force, \(N = 0\).
In the space station, \(g \approx 8.7\) N/kg: gravity is very much there.
Advanced
Inertial and gravitational mass: the equivalence principle
Mass appears twice in a falling body. In \(F = m_g\,g\), it is the gravitational mass: how hard the Earth pulls. In \(F = m_i\,a\), it is the inertial mass: how hard it is to accelerate. The falling acceleration is therefore
\[ a = \frac{m_g}{m_i}\, g \]
If the ratio \(m_g/m_i\) depended on the material (lead, wood, feather), bodies would not all fall alike in a vacuum. Experiment says otherwise with extraordinary precision: Eötvös (around 1900) to \(10^{-9}\), the MICROSCOPE satellite (2022) to about \(10^{-15}\). So units are chosen in which \(m_g = m_i\).
Einstein made it a principle (1907): in a closed cabin in free fall, no local experiment can tell that you are in a gravitational field. And a cabin accelerating in empty space cannot be told apart from a cabin resting on Earth. This is the starting point of general relativity.
Why "micro"-gravity?
Weightlessness is only perfect at the station's centre of mass. An object 10 m further from the Earth is pulled slightly less. It slowly drifts relative to the station. This is a tidal effect (Tides page).
Worked calculation
What is the difference in acceleration between two points of the station \(\Delta r = 10\) m apart vertically, at \(r = 6771\) km?
Differentiate \(g = GM/r^{2}\) with respect to \(r\).
\[ \frac{\mathrm{d}g}{\mathrm{d}r} = -\frac{2 G M}{r^{3}} = -\frac{2 g}{r} \]
About three millionths of \(g\) on the ground. Small, but measurable: sensitive experiments are placed near the centre of mass.
University
The freely falling frame is locally inertial
Work in the station's frame, on a circular orbit with angular frequency \(n = \sqrt{GM/r_0^{3}}\). With \(x\) radial (outwards), \(y\) along the motion and \(z\) normal to the plane, the relative motion of a free object obeys, to first order, Hill's (Clohessy-Wiltshire) equations:
\[ \ddot x - 2n\dot y - 3n^{2} x = 0 \]
\[ \ddot y + 2n\dot x = 0 \]\[ \ddot z + n^{2} z = 0 \]
The \(2n\dot y\) and \(2n\dot x\) terms are Coriolis terms (the frame rotates). The \(3n^{2}x\) term combines the tide \(2n^{2}x\) and the centrifugal force \(n^{2}x\). At the centre of mass everything cancels: the freely falling frame is inertial to first order. Deviations grow with distance: this is space-time curvature as seen in general relativity, where the tidal tensor \(\partial_i\partial_j\Phi\) plays the role of curvature.
For an object at rest \(x = 5\) m from the ISS centre of mass (\(T = 92.4\) min): \(n = 1.13 \times 10^{-3}\ \text{s}^{-1}\) and \(3n^{2}x \approx 1.9 \times 10^{-5}\) m/s². The object drifts a few centimetres in a minute. Orbital rendezvous are computed with these equations.
À toi de jouer
Ouvre la simulation « Ton poids ailleurs » et choisis la station spatiale.
Que montre la balance ? Clique sur « Sauter ».
Your turn
Open the "Your weight elsewhere" simulation and choose the space station.
What does the scale show? Click "Jump".
À toi de jouer : dans la simulation « Ton poids ailleurs », choisis la station spatiale. Le tableau indique \(g\) ici, mais la balance affiche 0. Explique avec le mot « chute libre ».
Your turn: in the "Your weight elsewhere" simulation, choose the space station. The panel gives \(g\) there, yet the scale reads 0. Explain using the words "free fall".
Exemples résolusWorked examples
Le démarrage vers le haut
Personne de 70 kg, ascenseur qui démarre vers le haut à \(a = 2\) m/s².
\[ N = m(g + a) = 70 \cdot 11{,}81 \approx 827\ \text{N} \]
While braking at the top (\(a = -2\) m/s²), the scale reads 55.7 kg.
g in the space station
\[ g = 9.81 \times \left(\frac{6371}{6771}\right)^{2} \approx 8.69\ \text{N/kg} \]
A 75 kg astronaut is pulled there by a 650 N force. Yet the astronaut floats: they are in free fall.
Tidal drift
A tool released 10 m "above" the station's centre of mass has a relative acceleration of order \(3 \times 10^{-5}\) m/s².
\[ d \approx \tfrac{1}{2} a t^{2} = \tfrac{1}{2} \times 3 \times 10^{-5} \times 60^{2} \approx 5\ \text{cm} \]
In one minute it drifts about 5 cm (order of magnitude, ignoring Coriolis).
Au sommet d'un saut
Quand tu sautes, dès que tes pieds quittent le sol, tu es en chute libre : à la montée, en haut et à la descente. Le sol ne pousse plus sur toi.
\[ N = 0 \]
Une balance accrochée à tes pieds afficherait 0 pendant tout le saut.
At the top of a jump
When you jump, as soon as your feet leave the ground you are in free fall: going up, at the top and coming down. The ground no longer pushes on you.
\[ N = 0 \]
A scale strapped to your feet would read 0 during the whole jump.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 4 · Gravitation
Orbites et satellites
Comment un objet peut-il tomber sans jamais toucher le sol ? Du canon de Newton aux satellites géostationnaires.
Chapter 4 · Gravitation
Orbits and satellites
How can an object fall without ever hitting the ground? From Newton's cannon to geostationary satellites.
Pourquoi la Lune ne tombe pas ?
Elle tombe ! Mais elle va aussi très vite de côté. Pendant qu'elle tombe vers la Terre, la Terre « se dérobe » sous elle parce qu'elle est ronde. Résultat : la Lune tombe tout le temps et ne touche jamais le sol. Elle tourne autour de la Terre.
Le canon de Newton
Imagine un canon au sommet d'une montagne immense, si haute qu'il n'y a plus d'air. Tire doucement : le boulet tombe près de la montagne. Tire plus fort : il tombe plus loin. Encore plus fort : il tombe tellement loin que le sol s'est courbé sous lui.
À la bonne vitesse, le boulet fait le tour complet de la Terre et revient par derrière ! Il ne touche jamais le sol : il est en orbite. C'est comme ça que tournent les satellites.
Petite question
Si le boulet va encore plus vite, que se passe-t-il ? Essaie dans la simulation avant de lire la suite.
Des satellites partout
Des milliers de satellites tournent autour de la Terre. Ils servent à la météo, au GPS, à la télévision, à Internet. La station spatiale fait le tour de la Terre en une heure et demie. La Lune, beaucoup plus loin, met presque un mois.
Je retiens
Un satellite tombe tout le temps, mais il va si vite de côté qu'il ne touche jamais le sol.
Plus un satellite est loin, plus son tour dure longtemps.
Petit lexique
Orbite
chemin d'un objet qui tourne autour d'un astre.
Satellite
objet qui tourne autour d'une planète.
Why doesn't the Moon fall?
It does fall! But it also moves sideways very fast. While it falls towards the Earth, the round Earth curves away beneath it. Result: the Moon falls all the time and never reaches the ground. It goes round the Earth.
Newton's cannon
Imagine a cannon on top of a huge mountain, so high there is no air. Fire gently: the ball lands near the mountain. Fire harder: it lands further away. Harder still: it lands so far that the ground has curved away beneath it.
At the right speed, the ball goes all the way round the Earth and comes back from behind! It never touches the ground: it is in orbit. That is how satellites go round.
Quick question
If the ball goes even faster, what happens? Try it in the simulation before reading on.
Satellites everywhere
Thousands of satellites go round the Earth. They are used for weather, GPS, television, the Internet. The space station goes round the Earth in an hour and a half. The Moon, much further away, takes almost a month.
Remember
A satellite falls all the time, but moves sideways so fast that it never hits the ground.
The further away a satellite is, the longer its lap.
Word list
Orbit
path of an object going round a planet or star.
Satellite
object going round a planet.
En orbite
Un satellite tombe en permanence vers la Terre, mais il avance si vite qu'il fait le tour sans toucher le sol. Pour la station spatiale, à 400 km d'altitude, il faut environ 7,7 km/s, soit près de 28 000 km/h.
Plus un satellite est haut, plus il va lentement et plus son tour est long.
Objet
Altitude
Un tour
Station spatiale
400 km
92 min
Satellites GPS
20 200 km
12 h
Satellites TV (géostationnaires)
35 800 km
24 h
Lune
384 000 km
27,3 jours
Calcul guidé
La station spatiale tourne sur un cercle de rayon 6771 km en 92 minutes. Quelle est sa vitesse ?
Longueur d'un tour : le périmètre du cercle.
\[ L = 2\pi r = 2\pi \cdot 6771 \approx 42\,540\ \text{km} \]
Durée en secondes.
\[ t = 92 \cdot 60 = 5520\ \text{s} \]
Vitesse.
\[ v = \frac{L}{t} = \frac{42\,540}{5520} \approx 7{,}7\ \text{km/s} \]
En km/h : \(7{,}7 \cdot 3600 \approx 27\,700\) km/h. La station traverse l'Europe en quelques minutes.
Je retiens
Un satellite est un objet en chute libre qui va assez vite pour ne jamais retomber.
Vitesse sur un cercle : \(v = 2\pi r / T\).
Plus haut, plus lent, tour plus long.
In orbit
A satellite falls towards the Earth all the time, but it moves so fast that it goes round without hitting the ground. For the space station, at 400 km altitude, it takes about 7.7 km/s, nearly 28,000 km/h.
The higher a satellite, the slower it moves and the longer its lap.
Object
Altitude
One lap
Space station
400 km
92 min
GPS satellites
20,200 km
12 h
TV satellites (geostationary)
35,800 km
24 h
Moon
384,000 km
27.3 days
Worked calculation
The space station goes round a circle of radius 6771 km in 92 minutes. What is its speed?
Length of one lap: the circumference.
\[ L = 2\pi r = 2\pi \times 6771 \approx 42\,540\ \text{km} \]
Time in seconds.
\[ t = 92 \times 60 = 5520\ \text{s} \]
Speed.
\[ v = \frac{L}{t} = \frac{42\,540}{5520} \approx 7.7\ \text{km/s} \]
In km/h: \(7.7 \times 3600 \approx 27\,700\) km/h. The station crosses Europe in a few minutes.
Remember
A satellite is an object in free fall moving fast enough never to come down.
Speed on a circle: \(v = 2\pi r / T\).
Higher means slower, with a longer lap.
Le canon de Newton
Dans ses Principia, Newton imagine un canon au sommet d'une montagne très haute, au-dessus de l'atmosphère. Chaque boulet tombe. Mais plus il part vite, plus il va loin avant de toucher le sol. Comme la Terre est ronde, il existe une vitesse pour laquelle le sol se courbe exactement aussi vite que le boulet tombe.
Boulets tirés de plus en plus vite (1, 2, 3) : ils tombent de plus en plus loin. Au-delà d'une certaine vitesse, le boulet ne touche plus le sol : il fait le tour (pointillés). La montagne est très exagérée.
Calcul guidé
Retrouve la vitesse orbitale rasante par un raisonnement géométrique, sans formule d'orbite.
En 1 s de chute libre, un objet tombe de \(\tfrac{1}{2} g t^{2}\).
Un objet qui avance de 7,9 km chaque seconde tombe exactement autant que le sol se dérobe. C'est la vitesse orbitale au ras du sol, 7,9 km/s.
L'orbite circulaire
Sur une orbite circulaire de rayon \(r\), le satellite est en mouvement circulaire uniforme. Son accélération est centripète, \(a = v^{2}/r\). La seule force est la gravitation, dirigée vers le centre. La deuxième loi de Newton donne :
La force de gravitation (rouge) vise le centre. La vitesse (vert) est tangente. La force est perpendiculaire à la vitesse : elle courbe la trajectoire sans changer la norme de la vitesse.
\[ \frac{G M m}{r^{2}} = m\,\frac{v^{2}}{r} \]
\[ v = \sqrt{\frac{G M}{r}} \]
La période est le temps d'un tour, \(T = 2\pi r / v\) :
\[ T = 2\pi \sqrt{\frac{r^{3}}{G M}} \]
Trois conséquences à méditer :
La masse \(m\) du satellite a disparu. Une plume et la station spatiale suivent la même orbite à la même vitesse.
Plus \(r\) est grand, plus \(v\) est petit. Et la période grandit plus vite que \(r\) : \(T^{2} \propto r^{3}\) (troisième loi de Kepler, page suivante).
On ne choisit pas librement vitesse et altitude : pour un cercle, \(r\) impose \(v\).
On utilise souvent le produit \(GM_T = 3{,}986 \cdot 10^{14}\ \text{m}^{3}/\text{s}^{2}\), connu bien plus précisément que \(G\) et \(M_T\) séparément.
Calcul guidé
Vitesse et période de la station spatiale à 400 km d'altitude.
Environ 15,6 tours par jour. Les astronautes voient un lever de Soleil toutes les 92 minutes.
Le satellite géostationnaire
Un satellite qui tourne au-dessus de l'équateur, dans le sens de la rotation de la Terre, en exactement un jour sidéral (\(T = 86\,164\) s, la durée d'un tour de la Terre par rapport aux étoiles), reste immobile pour un observateur au sol. Une antenne fixe suffit pour le viser.
Calcul guidé
À quelle altitude placer un satellite géostationnaire ?
\[ v = \frac{2\pi r}{T} \approx 3{,}07\ \text{km/s} \]
Toutes les antennes paraboliques de télévision d'une région visent le même point du ciel, au-dessus de l'équateur.
Orbite
r (km)
v (km/s)
T
Rasante (théorique)
6371
7,91
84 min
Station spatiale
6771
7,67
92 min
GPS
26 560
3,87
11 h 58 min
Géostationnaire
42 164
3,07
23 h 56 min
Lune
384 400
1,02
27,3 j
Erreurs fréquentes
Ajouter une « force centrifuge » au bilan dans le référentiel terrestre. Dans un référentiel d'inertie, il n'y a que la gravitation, et elle fournit l'accélération centripète.
Utiliser l'altitude \(h\) au lieu du rayon \(r = R + h\).
Prendre 24 h pour le géostationnaire : c'est le jour sidéral de 23 h 56 min qui compte.
À retenir
Orbite circulaire : \(GMm/r^{2} = mv^{2}/r\), donc \(v = \sqrt{GM/r}\) et \(T = 2\pi\sqrt{r^{3}/GM}\).
L'orbite ne dépend pas de la masse du satellite.
Géostationnaire : \(r = 42\,164\) km, au-dessus de l'équateur.
OS / OC
Trop lent, trop rapide : des ellipses
Si le boulet part horizontalement plus vite que \(v_c = \sqrt{GM/r}\), la gravitation ne suffit plus à le maintenir sur le cercle : il s'éloigne, ralentit, puis revient. Il décrit une ellipse dont le point de départ est le plus proche du centre (périgée). Plus lent que \(v_c\), il décrit une ellipse dont le point de départ est le plus éloigné (apogée), et qui peut couper la Terre. À partir de \(\sqrt{2}\,v_c\), l'orbite s'ouvre : le boulet ne revient jamais (page Énergie).
Pourquoi lance-t-on vers l'est ?
La Terre tourne. Un point de l'équateur avance déjà à 465 m/s vers l'est. Une fusée lancée vers l'est profite de cette vitesse initiale : moins de carburant pour atteindre 7,8 km/s.
Calcul guidé
Quelle vitesse gratuite offre la rotation terrestre à Kourou (latitude 5,2°) et à Baïkonour (45,6°) ?
Un point de latitude \(\varphi\) décrit un cercle de rayon \(R\cos\varphi\) en un jour sidéral.
Kourou gagne environ 140 m/s sur Baïkonour. C'est une des raisons pour lesquelles l'Europe lance depuis la Guyane.
Mesurer la Terre avec la Lune et les satellites
La relation \(v^{2} r = GM\) permet de mesurer le produit \(GM\) de n'importe quel astre qui a un satellite, simplement en chronométrant celui-ci. On connaît \(GM_T\) à 9 chiffres grâce au suivi laser des satellites, alors que \(G\) n'est connu qu'à 5 chiffres environ.
Université
Potentiel effectif et stabilité des orbites circulaires
Dans un champ central, le moment cinétique \(L = m r^{2}\dot\theta\) est conservé. L'énergie s'écrit alors comme celle d'un mouvement à une dimension en \(r\) :
\[ E = \tfrac{1}{2} m \dot r^{2} + U_{\text{eff}}(r) \]
\[ U_{\text{eff}}(r) = \frac{L^{2}}{2 m r^{2}} - \frac{G M m}{r} \]
Le terme centrifuge \(L^{2}/2mr^{2}\) repousse aux petits \(r\), la gravitation attire aux grands \(r\). L'orbite circulaire est au minimum. Pour \(E < 0\), \(r\) oscille entre deux points de rebroussement (périgée et apogée).
Le minimum de \(U_{\text{eff}}\) donne l'orbite circulaire : \(U'_{\text{eff}}(r_0) = 0\), soit \(r_0 = L^{2}/(G M m^{2})\), ce qui redonne \(v = \sqrt{GM/r_0}\). Le minimum est stable : une petite perturbation fait osciller \(r\) autour de \(r_0\) avec la pulsation
La pulsation radiale \(\kappa\) est exactement égale à la pulsation orbitale \(n\). Le satellite revient au périgée après exactement un tour : l'orbite se referme. C'est une propriété spéciale du potentiel en \(1/r\) (et de l'oscillateur harmonique, théorème de Bertrand). Pour une loi de force légèrement différente, par exemple sous l'effet de \(J_2\) ou de la relativité générale, \(\kappa \neq n\) et le périgée tourne lentement : c'est la précession du périhélie de Mercure (43″ par siècle due à la relativité).
Newton's cannon
In his Principia, Newton imagines a cannon on top of a very high mountain, above the atmosphere. Every ball falls. But the faster it leaves, the further it goes before touching the ground. Because the Earth is round, there is a speed at which the ground curves away exactly as fast as the ball falls.
Balls fired faster and faster (1, 2, 3) land further and further away. Beyond a certain speed, the ball no longer reaches the ground: it goes all the way round (dashed). The mountain is greatly exaggerated.
Worked calculation
Find the grazing orbital speed by a geometric argument, without any orbit formula.
In 1 s of free fall, an object drops \(\tfrac{1}{2} g t^{2}\).
An object moving 7.9 km every second falls exactly as much as the ground drops away. That is the grazing orbital speed, 7.9 km/s.
The circular orbit
On a circular orbit of radius \(r\), the satellite is in uniform circular motion. Its acceleration is centripetal, \(a = v^{2}/r\). The only force is gravity, pointing to the centre. Newton's second law gives:
The gravitational force (red) points to the centre. The velocity (green) is tangent. The force is perpendicular to the velocity: it bends the path without changing the speed.
\[ \frac{G M m}{r^{2}} = m\,\frac{v^{2}}{r} \]
\[ v = \sqrt{\frac{G M}{r}} \]
The period is the time for one lap, \(T = 2\pi r / v\):
\[ T = 2\pi \sqrt{\frac{r^{3}}{G M}} \]
Three consequences to think about:
The satellite's mass \(m\) has dropped out. A feather and the space station follow the same orbit at the same speed.
The larger \(r\), the smaller \(v\). And the period grows faster than \(r\): \(T^{2} \propto r^{3}\) (Kepler's third law, next page).
Speed and altitude cannot be chosen freely: for a circle, \(r\) sets \(v\).
We often use the product \(GM_E = 3.986 \times 10^{14}\ \text{m}^{3}/\text{s}^{2}\), known far more precisely than \(G\) and \(M_E\) separately.
Worked calculation
Speed and period of the space station at 400 km altitude.
About 15.6 laps a day. The astronauts see a sunrise every 92 minutes.
The geostationary satellite
A satellite orbiting above the equator, in the direction of the Earth's rotation, in exactly one sidereal day (\(T = 86\,164\) s, the time the Earth takes to turn once relative to the stars), stays still for an observer on the ground. A fixed dish is enough to point at it.
Worked calculation
At what altitude should a geostationary satellite be placed?
\[ v = \frac{2\pi r}{T} \approx 3.07\ \text{km/s} \]
All the satellite TV dishes in a region point at the same spot in the sky, above the equator.
Orbit
r (km)
v (km/s)
T
Grazing (theoretical)
6371
7.91
84 min
Space station
6771
7.67
92 min
GPS
26,560
3.87
11 h 58 min
Geostationary
42,164
3.07
23 h 56 min
Moon
384,400
1.02
27.3 d
Common mistakes
Adding a "centrifugal force" to the free-body diagram. In an inertial frame there is only gravity, and it supplies the centripetal acceleration.
Using the altitude \(h\) instead of the radius \(r = R + h\).
Taking 24 h for the geostationary orbit: what counts is the 23 h 56 min sidereal day.
Key points
Circular orbit: \(GMm/r^{2} = mv^{2}/r\), so \(v = \sqrt{GM/r}\) and \(T = 2\pi\sqrt{r^{3}/GM}\).
The orbit does not depend on the satellite's mass.
Geostationary: \(r = 42\,164\) km, above the equator.
Advanced
Too slow, too fast: ellipses
If the ball leaves horizontally faster than \(v_c = \sqrt{GM/r}\), gravity is no longer enough to keep it on the circle: it moves away, slows down, then comes back. It follows an ellipse whose starting point is the closest to the centre (perigee). Slower than \(v_c\), it follows an ellipse whose starting point is the furthest (apogee), and which may cut through the Earth. From \(\sqrt{2}\,v_c\) upwards the orbit opens: the ball never comes back (Energy page).
Why launch eastwards?
The Earth spins. A point on the equator already moves at 465 m/s eastwards. A rocket launched eastwards benefits from this initial speed: less fuel to reach 7.8 km/s.
Worked calculation
What free speed does the Earth's rotation give at Kourou (latitude 5.2°) and Baikonur (45.6°)?
A point at latitude \(\varphi\) goes round a circle of radius \(R\cos\varphi\) in one sidereal day.
Kourou gains about 140 m/s over Baikonur. That is one reason why Europe launches from French Guiana.
Measuring the Earth with the Moon and satellites
The relation \(v^{2} r = GM\) measures the product \(GM\) of any body that has a satellite, just by timing it. \(GM_E\) is known to 9 digits thanks to laser tracking of satellites, whereas \(G\) is only known to about 5 digits.
University
Effective potential and stability of circular orbits
In a central field, the angular momentum \(L = m r^{2}\dot\theta\) is conserved. The energy can then be written as that of a one-dimensional motion in \(r\):
\[ E = \tfrac{1}{2} m \dot r^{2} + U_{\text{eff}}(r) \]
\[ U_{\text{eff}}(r) = \frac{L^{2}}{2 m r^{2}} - \frac{G M m}{r} \]
The centrifugal term \(L^{2}/2mr^{2}\) repels at small \(r\), gravity attracts at large \(r\). The circular orbit sits at the minimum. For \(E < 0\), \(r\) oscillates between two turning points (perigee and apogee).
The minimum of \(U_{\text{eff}}\) gives the circular orbit: \(U'_{\text{eff}}(r_0) = 0\), i.e. \(r_0 = L^{2}/(G M m^{2})\), which gives back \(v = \sqrt{GM/r_0}\). The minimum is stable: a small disturbance makes \(r\) oscillate about \(r_0\) with angular frequency
The radial frequency \(\kappa\) equals the orbital frequency \(n\) exactly. The satellite returns to perigee after exactly one lap: the orbit closes. This is a special property of the \(1/r\) potential (and of the harmonic oscillator, Bertrand's theorem). For a slightly different force law, for example because of \(J_2\) or general relativity, \(\kappa \neq n\) and the perigee slowly turns: this is the precession of Mercury's perihelion (43″ per century due to relativity).
À toi de jouer
Règle la vitesse sur 3 km/s et clique sur « Tirer ». Où tombe le boulet ?
Essaie 5, puis 7 km/s. Le boulet tombe-t-il plus loin ?
Trouve la vitesse où le boulet fait le tour complet de la Terre sans la toucher.
Et si tu tires encore plus fort, à 12 km/s ?
Your turn
Set the speed to 3 km/s and click "Fire". Where does the ball land?
Try 5, then 7 km/s. Does the ball land further away?
Find the speed at which the ball goes all the way round the Earth without touching it.
And if you fire even harder, at 12 km/s?
À toi de jouer
Avant de tirer, lis la « vitesse pour une orbite circulaire ». Prédis ce qui se passe si tu tires un peu moins vite, puis un peu plus vite.
Tire exactement à cette vitesse : l'altitude reste-t-elle constante ?
Tire à 9 km/s : la trajectoire est-elle encore un cercle ? Où le boulet va-t-il le plus lentement ?
Your turn
Before firing, read the "speed for a circular orbit". Predict what happens if you fire a bit slower, then a bit faster.
Fire at exactly that speed: does the altitude stay constant?
Fire at 9 km/s: is the path still a circle? Where does the ball move slowest?
Piste de travail : tire à la vitesse circulaire affichée et vérifie la période avec \(T = 2\pi\sqrt{r^{3}/GM}\) (\(r = R + 400\) km). Tire ensuite à 8,5 km/s : relève l'altitude la plus basse et la plus haute (lecture « Altitude »), et vérifie \(T = 2\pi\sqrt{a^{3}/GM}\) avec \(a = (r_p + r_a)/2\). Trouve la vitesse de tir qui libère le boulet et compare avec \(\sqrt{2}\, v_{\text{circ}}\).
Worksheet idea: fire at the displayed circular speed and check the period with \(T = 2\pi\sqrt{r^{3}/GM}\) (\(r = R + 400\) km). Then fire at 8.5 km/s: read the lowest and highest altitude ("Altitude" readout), and check \(T = 2\pi\sqrt{a^{3}/GM}\) with \(a = (r_p + r_a)/2\). Find the launch speed that frees the ball and compare it with \(\sqrt{2}\, v_{\text{circ}}\).
Défi Hohmann : tire en orbite circulaire (7,7 km/s), coche « orbite cible ». Accélère une fois : où se trouve le nouveau point le plus haut ? Attends d'y être et accélère encore pour circulariser à 3 R. Calcule d'abord les deux \(\Delta v\) avec la relation vis-viva (page Énergie), puis vérifie.
Hohmann challenge: fire into a circular orbit (7.7 km/s), tick "target orbit". Speed up once: where is the new highest point? Wait until you get there and speed up again to circularise at 3 R. Work out both \(\Delta v\) with the vis-viva equation (Energy page) first, then check.
The Moon goes round a circle of radius 384,400 km in 27.3 days.
\[ L = 2\pi \times 384\,400 \approx 2\,415\,000\ \text{km} \]
\[ v = \frac{2\,415\,000}{27.3 \times 24} \approx 3690\ \text{km/h} \]
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 4 · Gravitation
Les lois de Kepler
Comment les planètes se déplacent-elles autour du Soleil, et comment peut-on peser un astre lointain avec un simple chronomètre ?
Chapter 4 · Gravitation
Kepler's laws
How do the planets move around the Sun, and how can a distant body be weighed with nothing more than a stopwatch?
Plus loin, plus lent
Les planètes tournent autour du Soleil. Plus une planète est loin, plus elle avance lentement, et plus son « année » est longue. Mercure fait le tour du Soleil en 88 jours. Saturne met plus de 29 ans.
Planète
Distance (UA)
Année (ans)
Mercure
0,39
0,24
Vénus
0,72
0,62
Terre
1
1
Mars
1,52
1,88
Jupiter
5,20
11,9
Saturne
9,54
29,5
1 UA (unité astronomique) est la distance moyenne Terre-Soleil, environ 150 millions de km.
Kepler a trouvé une règle cachée dans ce tableau : si on élève la période au carré et la distance au cube, on trouve le même nombre pour toutes les planètes.
Calcul guidé
Vérifie la règle de Kepler pour Jupiter : distance 5,20 UA, année 11,9 ans.
On compare : presque égaux. Pour la Terre, \(1^{3} = 1^{2} = 1\).
Les petits écarts viennent des arrondis du tableau.
Je retiens
Les planètes tournent autour du Soleil sur des orbites presque circulaires.
Plus elles sont loin, plus elles sont lentes et plus leur année est longue.
Période au carré = distance au cube (en années et en UA).
Further means slower
The planets go round the Sun. The further away a planet is, the slower it moves and the longer its "year". Mercury goes round the Sun in 88 days. Saturn takes more than 29 years.
Planet
Distance (AU)
Year (years)
Mercury
0.39
0.24
Venus
0.72
0.62
Earth
1
1
Mars
1.52
1.88
Jupiter
5.20
11.9
Saturn
9.54
29.5
1 AU (astronomical unit) is the mean Earth-Sun distance, about 150 million km.
Kepler found a rule hidden in this table: square the period and cube the distance, and you get the same number for every planet.
Worked calculation
Check Kepler's rule for Jupiter: distance 5.20 AU, year 11.9 years.
Compare: almost equal. For the Earth, \(1^{3} = 1^{2} = 1\).
The small differences come from rounding in the table.
Remember
The planets go round the Sun on nearly circular orbits.
The further they are, the slower they move and the longer their year.
Period squared = distance cubed (in years and AU).
Tycho Brahe et Kepler : vingt ans de données, des années de calcul
Vers 1580, Tycho Brahe construit au Danemark le meilleur observatoire de son temps, sans télescope. Pendant vingt ans, il mesure la position des planètes avec une précision d'environ une minute d'arc, dix fois mieux que ses prédécesseurs.
Johannes Kepler hérite de ces données en 1601. Il s'attaque à Mars, dont l'orbite est la plus « excentrique ». Avec des cercles, il obtient au mieux un écart de 8 minutes d'arc avec les mesures de Tycho. Il refuse de croire que Tycho s'est trompé de 8′. Il abandonne le cercle, dogme vieux de deux mille ans, et trouve l'ellipse.
Histoire
Kepler écrit : « Ces huit minutes ont ouvert la voie à la réforme de toute l'astronomie. » Une petite différence entre théorie et mesure, prise au sérieux, a changé la science.
Première loi : les orbites sont des ellipses
Chaque planète décrit une ellipse dont le Soleil occupe un foyer. Une ellipse est l'ensemble des points dont la somme des distances aux deux foyers est constante, égale à \(2a\). \(a\) est le demi-grand axe. L'excentricité \(e\) mesure l'aplatissement : \(e = 0\) pour un cercle, proche de 1 pour une ellipse très allongée. La distance du centre à un foyer vaut \(c = a e\).
Ellipse d'excentricité 0,6 (très exagérée : celle de la Terre vaut 0,017, celle de Mars 0,093). Le Soleil est à un foyer, pas au centre. Le point le plus proche est le périhélie, le plus lointain l'aphélie.
La plupart des orbites planétaires sont presque circulaires. La Terre est à 147,1 millions de km du Soleil début janvier et à 152,1 millions de km début juillet. Les comètes, elles, ont des orbites très allongées : celle de Halley a \(e = 0{,}967\).
Deuxième loi : la loi des aires
Le segment Soleil-planète balaie des aires égales en des temps égaux. Près du Soleil, le rayon est court : pour balayer la même aire, la planète doit aller plus vite. Loin du Soleil, elle ralentit.
Les deux secteurs ont la même aire et sont balayés pendant la même durée. Près du Soleil, le rayon est court : pour la même aire, l'arc parcouru (en vert) doit être long. Loin du Soleil, le rayon est long et l'arc court. Au périhélie, la planète va donc plus vite (ici quatre fois, car e = 0,6).
Pour la Terre, l'effet est faible mais réel : elle va à 30,3 km/s en janvier et à 29,3 km/s en juillet. L'hiver de l'hémisphère nord est d'ailleurs le plus court des quatre saisons, d'environ 5 jours de moins que l'été.
Troisième loi : la loi des périodes
Pour toutes les planètes du système solaire, le rapport \(T^{2}/a^{3}\) est le même. En années et en UA, il vaut 1 (c'est le cas de la Terre).
\[ \frac{T^{2}}{a^{3}} = \text{constante} \]
Newton montre que cette loi découle de la gravitation. Pour une orbite circulaire (page précédente), \(T = 2\pi\sqrt{r^{3}/GM}\), donc
\[ \frac{T^{2}}{r^{3}} = \frac{4\pi^{2}}{G M} \]
La constante ne dépend que de la masse \(M\) de l'astre central. Pour une ellipse, on remplace \(r\) par le demi-grand axe \(a\) (démonstration au niveau Université). C'est l'outil le plus puissant de l'astronomie : on pèse un astre en chronométrant un satellite.
Calcul guidé
Peser Jupiter grâce à sa lune Io : \(r = 4{,}217 \cdot 10^{8}\) m, \(T = 1{,}769\) jour.
Environ 687 jours. C'est pourquoi les fenêtres de lancement vers Mars ne reviennent que tous les 26 mois.
Attention
La constante \(T^{2}/a^{3}\) change d'un astre central à l'autre. On ne compare pas la Lune (autour de la Terre) et Mars (autour du Soleil).
Le Soleil est à un foyer, pas au centre de l'ellipse.
À retenir
1re loi : ellipses, le Soleil à un foyer.
2e loi : aires égales en des temps égaux, plus rapide au périhélie.
3e loi : \(T^{2}/a^{3} = 4\pi^{2}/(GM)\), qui permet de peser l'astre central.
OS / OC
La loi des aires, c'est la conservation du moment cinétique
Pendant un petit temps \(\mathrm{d}t\), le rayon balaie un triangle très fin de base \(r\) et de hauteur \(v_\perp\,\mathrm{d}t\), où \(v_\perp\) est la composante de la vitesse perpendiculaire au rayon :
\(L = m\,r\,v_\perp\) est le moment cinétique de la planète par rapport au Soleil. La force de gravitation est dirigée vers le Soleil : son moment par rapport au Soleil est nul. Donc \(L\) est constant (chapitre Rotation), et la vitesse aréolaire aussi. La 2e loi vaut pour toute force centrale, pas seulement en \(1/r^{2}\).
Au périhélie et à l'aphélie, la vitesse est perpendiculaire au rayon. Donc
\[ r_p\, v_p = r_a\, v_a \]
Calcul guidé
La comète de Halley passe à 0,586 UA du Soleil et a un demi-grand axe de 17,8 UA. Combien de fois va-t-elle plus vite au périhélie qu'à l'aphélie ? Quelle est sa période ?
Halley passe quelques mois près du Soleil et des dizaines d'années à se traîner au-delà de Neptune. Prochain passage : 2061.
Université
Le problème à deux corps
Le Soleil n'est pas fixe : il est attiré par la planète. Pour deux masses \(m_1, m_2\) en interaction, le centre de masse a un mouvement rectiligne uniforme. Le vecteur relatif \(\vec r = \vec r_2 - \vec r_1\) obéit à
où \(a\) est le demi-grand axe de l'orbite relative. Pour la Lune, ajouter sa masse (1,2 % de celle de la Terre) fait passer la période calculée de 27,45 à 27,28 jours (mesure : 27,32 jours, l'écart restant vient du Soleil). Pour une étoile double, on mesure \(a\) et \(T\) et on obtient la masse totale : c'est ainsi qu'on pèse les étoiles.
Démonstration des lois de Kepler
Loi des aires. Force centrale, donc \(\vec L = \vec r \times \mu\vec v\) constant. Le mouvement est plan et \(r^{2}\dot\theta = C\) est constant.
Ellipse, par l'équation de Binet. Posons \(u = 1/r\). Avec \(\dot\theta = C u^{2}\) :
\[ \dot r = -C\,\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}\theta} \]\[ \ddot r = -C^{2} u^{2}\,\frac{\mathrm{d}^{2} u}{\mathrm{d}\theta^{2}} \]
L'équation radiale \(\ddot r - r\dot\theta^{2} = -G M u^{2}\) (avec \(M = m_1 + m_2\)) devient
\[ \frac{\mathrm{d}^{2} u}{\mathrm{d}\theta^{2}} + u = \frac{G M}{C^{2}} \]
C'est l'équation d'un oscillateur harmonique forcé par une constante. Sa solution :
\[ r = \frac{p}{1 + e\cos(\theta - \theta_0)} \]\[ p = \frac{C^{2}}{G M} \]
C'est l'équation polaire d'une conique de foyer l'origine : ellipse si \(e < 1\), parabole si \(e = 1\), hyperbole si \(e > 1\).
Par le vecteur de Runge-Lenz. Le vecteur \(\vec A = \vec v \times \vec L - G M \mu\,\vec u_r\) est conservé (sa dérivée s'annule grâce à \(\dot{\vec u}_r = \dot\theta\,\vec u_\theta\)). Il pointe vers le périastre. En formant \(\vec A \cdot \vec r = A\,r\cos\theta\), on retrouve directement \(r = \dfrac{L^{2}/(G M \mu^{2})}{1 + e\cos\theta}\) avec \(e = A/(G M \mu)\). Sa conservation est une symétrie cachée du potentiel en \(1/r\), la même qui explique la dégénérescence des niveaux de l'atome d'hydrogène.
3e loi. L'aire de l'ellipse est \(\pi a b\), balayée à la vitesse \(C/2\) : \(\pi a b = \frac{C}{2} T\). Avec \(b^{2} = a p\) et \(p = C^{2}/(GM)\) :
Tycho Brahe and Kepler: twenty years of data, years of calculation
Around 1580, Tycho Brahe built in Denmark the best observatory of his time, without a telescope. For twenty years he measured the positions of the planets to about one arcminute, ten times better than anyone before.
Johannes Kepler inherited these data in 1601. He tackled Mars, whose orbit is the most "eccentric". With circles, the best he could get was an 8-arcminute gap with Tycho's measurements. He refused to believe Tycho was off by 8′. He gave up the circle, a two-thousand-year-old dogma, and found the ellipse.
History
Kepler wrote: "These eight minutes paved the way for the reform of all astronomy." A small difference between theory and measurement, taken seriously, changed science.
First law: orbits are ellipses
Each planet moves on an ellipse with the Sun at one focus. An ellipse is the set of points whose distances to the two foci add up to a constant, \(2a\). \(a\) is the semi-major axis. The eccentricity \(e\) measures the flattening: \(e = 0\) for a circle, close to 1 for a very elongated ellipse. The distance from the centre to a focus is \(c = a e\).
Ellipse with eccentricity 0.6 (greatly exaggerated: the Earth's is 0.017, Mars's 0.093). The Sun is at a focus, not at the centre. The closest point is perihelion, the furthest aphelion.
Most planetary orbits are nearly circular. The Earth is 147.1 million km from the Sun in early January and 152.1 million km in early July. Comets, on the other hand, have very elongated orbits: Halley's has \(e = 0.967\).
Second law: the law of areas
The Sun-planet line sweeps out equal areas in equal times. Near the Sun the radius is short: to sweep the same area, the planet must move faster. Far from the Sun, it slows down.
Both sectors have the same area and are swept in the same time. Near the Sun the radius is short: for the same area, the arc travelled (green) must be long. Far from the Sun the radius is long and the arc short. At perihelion the planet therefore moves faster (here four times, since e = 0.6).
For the Earth the effect is small but real: it moves at 30.3 km/s in January and 29.3 km/s in July. Northern-hemisphere winter is in fact the shortest season, about 5 days shorter than summer.
Third law: the law of periods
For all the planets of the solar system, the ratio \(T^{2}/a^{3}\) is the same. In years and AU, it equals 1 (the Earth's case).
\[ \frac{T^{2}}{a^{3}} = \text{constant} \]
Newton showed that this law follows from gravitation. For a circular orbit (previous page), \(T = 2\pi\sqrt{r^{3}/GM}\), so
\[ \frac{T^{2}}{r^{3}} = \frac{4\pi^{2}}{G M} \]
The constant depends only on the mass \(M\) of the central body. For an ellipse, \(r\) is replaced by the semi-major axis \(a\) (proof at University level). It is the most powerful tool in astronomy: we weigh a body by timing a satellite.
Worked calculation
Weigh Jupiter using its moon Io: \(r = 4.217 \times 10^{8}\) m, \(T = 1.769\) days.
About 687 days. That is why launch windows to Mars only come round every 26 months.
Watch out
The constant \(T^{2}/a^{3}\) changes from one central body to another. Do not compare the Moon (around the Earth) with Mars (around the Sun).
The Sun is at a focus, not at the centre of the ellipse.
Key points
1st law: ellipses, with the Sun at a focus.
2nd law: equal areas in equal times, faster at perihelion.
3rd law: \(T^{2}/a^{3} = 4\pi^{2}/(GM)\), which lets us weigh the central body.
Advanced
The law of areas is conservation of angular momentum
During a short time \(\mathrm{d}t\), the radius sweeps a very thin triangle of base \(r\) and height \(v_\perp\,\mathrm{d}t\), where \(v_\perp\) is the velocity component perpendicular to the radius:
\(L = m\,r\,v_\perp\) is the planet's angular momentum about the Sun. The gravitational force points at the Sun: its moment about the Sun is zero. So \(L\) is constant (Rotation chapter), and so is the areal velocity. The 2nd law holds for any central force, not only \(1/r^{2}\).
At perihelion and aphelion, the velocity is perpendicular to the radius. So
\[ r_p\, v_p = r_a\, v_a \]
Worked calculation
Halley's comet passes 0.586 AU from the Sun and has a semi-major axis of 17.8 AU. How many times faster is it at perihelion than at aphelion? What is its period?
Halley spends a few months near the Sun and decades crawling beyond Neptune. Next passage: 2061.
University
The two-body problem
The Sun is not fixed: the planet pulls on it. For two interacting masses \(m_1, m_2\), the centre of mass moves uniformly in a straight line. The relative vector \(\vec r = \vec r_2 - \vec r_1\) obeys
where \(a\) is the semi-major axis of the relative orbit. For the Moon, adding its mass (1.2 % of the Earth's) brings the computed period from 27.45 to 27.28 days (measured: 27.32 days; the remaining gap comes from the Sun). For a binary star, one measures \(a\) and \(T\) and gets the total mass: that is how stars are weighed.
Deriving Kepler's laws
Law of areas. Central force, so \(\vec L = \vec r \times \mu\vec v\) is constant. The motion is planar and \(r^{2}\dot\theta = C\) is constant.
Ellipse, via Binet's equation. Let \(u = 1/r\). With \(\dot\theta = C u^{2}\):
\[ \dot r = -C\,\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}\theta} \]\[ \ddot r = -C^{2} u^{2}\,\frac{\mathrm{d}^{2} u}{\mathrm{d}\theta^{2}} \]
The radial equation \(\ddot r - r\dot\theta^{2} = -G M u^{2}\) (with \(M = m_1 + m_2\)) becomes
\[ \frac{\mathrm{d}^{2} u}{\mathrm{d}\theta^{2}} + u = \frac{G M}{C^{2}} \]
This is a harmonic oscillator driven by a constant. Its solution:
\[ r = \frac{p}{1 + e\cos(\theta - \theta_0)} \]\[ p = \frac{C^{2}}{G M} \]
This is the polar equation of a conic with the origin at a focus: ellipse if \(e < 1\), parabola if \(e = 1\), hyperbola if \(e > 1\).
Via the Runge-Lenz vector. The vector \(\vec A = \vec v \times \vec L - G M \mu\,\vec u_r\) is conserved (its derivative vanishes thanks to \(\dot{\vec u}_r = \dot\theta\,\vec u_\theta\)). It points to periapsis. Forming \(\vec A \cdot \vec r = A\,r\cos\theta\) directly gives \(r = \dfrac{L^{2}/(G M \mu^{2})}{1 + e\cos\theta}\) with \(e = A/(G M \mu)\). Its conservation is a hidden symmetry of the \(1/r\) potential, the same one that explains the degeneracy of hydrogen's energy levels.
3rd law. The ellipse's area is \(\pi a b\), swept at rate \(C/2\): \(\pi a b = \frac{C}{2} T\). With \(b^{2} = a p\) and \(p = C^{2}/(GM)\):
À toi de jouer : dans le canon de Newton, tire à 8,5 km/s. Où le boulet va-t-il le plus vite ? Le plus lentement ? Relie à « plus loin, plus lent ».
Your turn: in Newton's cannon, fire at 8.5 km/s. Where does the ball move fastest? Slowest? Link it to "further means slower".
Piste de travail : dans le canon de Newton, coche « Montrer les aires balayées » et tire à 9 km/s. Les secteurs sont tracés toutes les 10 minutes. Compare leurs formes près et loin de la Terre. Mesure grossièrement deux aires (triangles) pour vérifier la 2e loi.
Worksheet idea: in Newton's cannon, tick "Show swept areas" and fire at 9 km/s. Sectors are drawn every 10 minutes. Compare their shapes near and far from the Earth. Roughly measure two areas (triangles) to check the 2nd law.
Exemples résolusWorked examples
Peser le Soleil grâce à la Terre
\(a = 1{,}496 \cdot 10^{11}\) m, \(T = 1\) an \(= 3{,}156 \cdot 10^{7}\) s.
En mesurant aussi le mouvement de chaque étoile autour du centre de masse, on sépare : environ 2,1 et 1,0 masse solaire. Sirius B est une naine blanche : une masse solaire dans un volume comparable à la Terre.
Weighing the Sun using the Earth
\(a = 1.496 \times 10^{11}\) m, \(T = 1\) yr \(= 3.156 \times 10^{7}\) s.
By also measuring each star's motion around the centre of mass, they can be separated: about 2.1 and 1.0 solar masses. Sirius B is a white dwarf: one solar mass in a volume comparable to the Earth.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 4 · Gravitation
Le plan de l'orbite
Pourquoi un satellite reste-t-il toujours dans un même plan, et comment ce plan est-il orienté dans l'espace ?
Chapter 4 · Gravitation
The orbital plane
Why does a satellite always stay in the same plane, and how is that plane oriented in space?
Une orbite, c'est un plan
Un satellite tourne autour de la Terre sur un cercle ou une ellipse. Ce cercle est toujours dans un plan qui passe par le centre de la Terre. Impossible de tourner en rond au-dessus de la Suisse, autour d'un cercle centré sur Berne !
Ce plan peut être penché par rapport à l'équateur. L'angle entre les deux s'appelle l'inclinaison.
Satellite géostationnaire : inclinaison 0°, juste au-dessus de l'équateur. Il fait un tour en un jour, comme la Terre. Vu du sol, il reste immobile dans le ciel. C'est pour cela que les paraboles de télévision visent toujours le même point, vers le sud.
Station spatiale ISS : inclinaison 51,6°. Elle passe au-dessus de la Suisse (latitude 46°), mais jamais au-dessus du pôle Nord.
Satellites polaires (météo, photos de la Terre) : environ 98°. Ils passent près des pôles et survolent toute la planète au fil des tours.
Calcul guidé
L'ISS fait un tour de la Terre en 93 minutes. Combien de tours fait-elle en un jour ?
Les astronautes voient donc environ 16 levers de Soleil par jour !
Je retiens
Une orbite est dans un plan qui passe par le centre de la Terre.
L'inclinaison est l'angle entre ce plan et l'équateur.
Un satellite d'inclinaison i survole les latitudes de −i à +i.
Petit lexique
Inclinaison
angle entre le plan de l'orbite et celui de l'équateur.
Géostationnaire
qui reste au-dessus du même point de l'équateur.
Orbite polaire
orbite qui passe près des pôles.
An orbit is a plane
A satellite goes round the Earth on a circle or an ellipse. That circle always lies in a plane through the centre of the Earth. You cannot circle above Switzerland, round a circle centred on Bern!
The plane can be tilted relative to the equator. The angle between the two is called the inclination.
Geostationary satellite: inclination 0°, right above the equator. It makes one turn per day, like the Earth. Seen from the ground, it stays still in the sky. That is why TV dishes always point at the same spot, towards the south.
Space station ISS: inclination 51.6°. It flies over Switzerland (latitude 46°), but never over the North Pole.
Polar satellites (weather, pictures of the Earth): about 98°. They pass near the poles and fly over the whole planet as the orbits go by.
Guided calculation
The ISS goes round the Earth in 93 minutes. How many turns does it make in one day?
One day in minutes:
\[ 24 \times 60 = 1440\ \text{min} \]
Number of turns:
\[ \frac{1440}{93} \approx 15.5\ \text{turns} \]
So the astronauts see about 16 sunrises a day!
Remember
An orbit lies in a plane through the centre of the Earth.
The inclination is the angle between that plane and the equator.
A satellite of inclination i flies over latitudes from −i to +i.
Word list
Inclination
angle between the orbital plane and the equatorial plane.
Geostationary
staying above the same point of the equator.
Polar orbit
orbit passing near the poles.
Pourquoi l'orbite reste dans un plan
À un instant donné, le satellite a une position \(\vec r\) et une vitesse \(\vec v\). Ces deux vecteurs, partant du centre O de la Terre, définissent un plan. La seule force est l'attraction de la Terre, dirigée vers O. Elle est donc dans ce plan, et l'accélération aussi. La vitesse change, mais seulement à l'intérieur du plan. Le satellite ne peut jamais en sortir.
Une force toujours dirigée vers un point fixe s'appelle une force centrale. Toute trajectoire sous une force centrale est plane. C'est une propriété géométrique, valable quelle que soit la loi en \(1/r^{2}\) ou une autre.
Le plan de l'orbite (orange) passe par le centre de la Terre. Il coupe le plan de l'équateur selon la ligne des nœuds. L'inclinaison \(i\) est l'angle entre les deux plans, égal à l'angle entre l'axe des pôles et le vecteur \(\vec L\) perpendiculaire à l'orbite. En pointillés : la partie de l'orbite cachée derrière la Terre.
Orienter le plan dans l'espace
Deux angles suffisent pour orienter le plan.
L'inclinaison \(i\) : l'angle entre le plan de l'orbite et le plan de l'équateur. \(i = 0^\circ\) : orbite équatoriale. \(i = 90^\circ\) : orbite polaire. Au-delà de 90°, le satellite tourne dans le sens opposé à la rotation de la Terre : l'orbite est rétrograde.
La longitude du nœud ascendant \(\Omega\). Le plan coupe l'équateur selon une droite, la ligne des nœuds. Le nœud ascendant est le point où le satellite traverse l'équateur en montant vers le nord. \(\Omega\) repère sa direction par rapport à une direction fixe parmi les étoiles.
Une conséquence simple : un satellite d'inclinaison \(i \leq 90^\circ\) survole toutes les latitudes entre \(-i\) et \(+i\), et jamais au-delà.
Quatre orbites à connaître
Orbite
Altitude
i
Période
ISS (station habitée)
≈ 415 km
51,6°
93 min
Polaire héliosynchrone (météo, observation)
≈ 700 km
98,2°
99 min
Géostationnaire (télécoms, TV)
35 786 km
0°
23 h 56 min
Molniya (télécoms aux hautes latitudes)
600 à 39 700 km
63,4°
12 h
La période géostationnaire est le jour sidéral, 23 h 56 min : la durée d'un tour de la Terre par rapport aux étoiles.
Sous l'orbite, la Terre tourne
Le plan de l'orbite garde son orientation par rapport aux étoiles, en première approximation. La Terre tourne dessous, d'ouest en est. Après chaque tour du satellite, le point survolé a donc glissé vers l'ouest.
Calcul guidé : la trace au sol de l'ISS
La période de l'ISS est de 92,8 min. De combien la trace au sol se décale-t-elle à chaque tour ?
La Terre fait un tour (360°) en un jour sidéral, 1436 min. Pendant une période de l'ISS, elle tourne de :
Deux passages successifs au-dessus de l'équateur sont séparés de 2600 km vers l'ouest. Il faut plusieurs jours pour que la station repasse exactement au-dessus du même endroit.
Erreur fréquente
Un satellite « immobile au-dessus de Genève » est impossible. Pour rester au-dessus du même point, il faudrait tourner autour de l'axe des pôles, sur un cercle centré sur cet axe. Or le plan de l'orbite doit passer par le centre de la Terre. Le seul cercle qui remplit les deux conditions est dans le plan de l'équateur.
À retenir
Force centrale : la trajectoire est plane, dans un plan qui contient le centre de la Terre.
L'inclinaison \(i\) et le nœud ascendant \(\Omega\) orientent ce plan.
Latitudes survolées : de \(-i\) à \(+i\). Géostationnaire : \(i = 0\) obligatoirement.
La Terre tourne sous l'orbite : la trace au sol se décale vers l'ouest à chaque tour.
OS / OC
Le moment cinétique fixe le plan
Pour une force centrale, \(\vec F\) est parallèle à \(\vec r\). Son moment par rapport à O est nul : \(\vec r \times \vec F = \vec 0\). Le moment cinétique \(\vec L = \vec r \times m\vec v\) est donc constant, en norme et en direction. Or \(\vec r\) et \(\vec v\) sont toujours perpendiculaires à \(\vec L\). Le mouvement reste dans le plan perpendiculaire à \(\vec L\) passant par O. C'est la version vectorielle de l'argument précédent.
On calcule \(\vec L\) composante par composante :
\[ \vec L = m\,\vec r \times \vec v = m \begin{pmatrix} y\,v_z - z\,v_y \\ z\,v_x - x\,v_z \\ x\,v_y - y\,v_x \end{pmatrix} \]
L'inclinaison est l'angle entre \(\vec L\) et l'axe des pôles \(z\), et la ligne des nœuds est perpendiculaire à la fois à \(\vec L\) et à \(z\) :
\[ \cos i = \frac{L_z}{|\vec L|} \]
\[ \vec n = \vec e_z \times \vec L = \begin{pmatrix} -L_y \\ L_x \\ 0 \end{pmatrix} \]
Calcul guidé : l'inclinaison à partir de la position et de la vitesse
Un satellite est en \(\vec r = \begin{pmatrix} 7000 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\) km avec la vitesse \(\vec v = \begin{pmatrix} 0 \\ 6{,}0 \\ 4{,}5 \end{pmatrix}\) km/s. Quelle est l'inclinaison de son orbite ?
Produit vectoriel (par kg, la masse ne change pas la direction) :
\[ \cos i = \frac{42\,000}{52\,500} = 0{,}8 \]\[ \Longrightarrow\quad i = 36{,}9^\circ \]
Ligne des nœuds : \(\vec n = \begin{pmatrix} 31\,500 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\), le long de \(x\). Le satellite est sur l'équateur (\(z = 0\)) et monte (\(v_z > 0\)) : il est au nœud ascendant.
Contrôle : \(|\vec v| = 7{,}5\) km/s, proche de la vitesse circulaire \(\sqrt{GM/r} = 7{,}55\) km/s à 7000 km. L'orbite est presque circulaire.
Changer de plan coûte cher
Pour tourner le plan de l'orbite d'un angle \(\Delta i\) sans changer la vitesse \(v\), il faut faire pivoter le vecteur vitesse. Les vitesses avant et après forment un triangle isocèle :
Les deux vitesses ont la même norme \(v\). Le côté opposé à l'angle \(\Delta i\) est l'impulsion à fournir.
\[ \Delta v = 2\,v\,\sin\frac{\Delta i}{2} \]
Une fusée lancée plein est depuis la latitude \(\varphi\) arrive sur une orbite d'inclinaison \(i = \varphi\). C'est le minimum : le site de lancement est dans le plan de l'orbite, et ce plan passe par le centre de la Terre. En général, pour un azimut de tir \(A\) mesuré depuis le nord, \(\cos i = \cos\varphi \sin A\).
Calcul guidé : rejoindre l'orbite géostationnaire
Sur l'orbite géostationnaire, \(v = \sqrt{GM/r} = 3{,}075\) km/s. Il faut ramener l'inclinaison à 0. Coût du changement de plan depuis trois bases ?
Depuis Kourou, le changement de plan coûte presque 9 fois moins que depuis Baïkonour. C'est une raison majeure du choix de la Guyane pour Ariane. En pratique, on combine le changement de plan avec la poussée de circularisation à l'apogée, ce qui réduit le coût total.
À retenir
\(\vec L = \vec r \times m\vec v\) est constant : il est perpendiculaire au plan de l'orbite.
\(\cos i = L_z/|\vec L|\).
Changer de plan : \(\Delta v = 2v\sin(\Delta i/2)\), d'autant moins cher que \(v\) est petite.
Université
La Terre aplatie fait tourner les orbites
La Terre n'est pas une sphère : son rayon équatorial dépasse le rayon polaire de 21 km. Le potentiel contient un terme en \(J_2 = 1{,}0826 \cdot 10^{-3}\). Le bourrelet équatorial exerce un moment sur l'orbite. Comme pour la toupie, \(\vec L\) précesse autour de l'axe des pôles. Le nœud ascendant tourne à la vitesse moyenne :
\[ \dot\Omega = -\frac{3}{2}\,J_2\,n \left(\frac{R}{p}\right)^{2} \cos i \]
avec \(n = \sqrt{GM/a^{3}}\) le mouvement moyen, \(p = a(1 - e^{2})\) et \(R = 6378\) km. Pour l'ISS, cela donne environ \(-5{,}0^\circ\) par jour : le plan recule vers l'ouest.
Orbite héliosynchrone. On veut que le plan tourne exactement comme le Soleil apparent, \(+360^\circ\) par an, soit \(+0{,}9856^\circ\) par jour. Alors le satellite survole chaque lieu à la même heure solaire, avec le même éclairage d'une image à l'autre. Il faut \(\dot\Omega > 0\), donc \(\cos i < 0\) : l'orbite est rétrograde.
Calcul guidé : l'inclinaison héliosynchrone à 700 km
\[ \cos i = -\frac{\dot\Omega}{\frac{3}{2} J_2\, n\, (R/a)^{2}} = -0{,}142 \]\[ \Longrightarrow\quad i = 98{,}2^\circ \]
C'est l'inclinaison des satellites Sentinel ou Landsat, à quelques dixièmes près selon leur altitude.
L'inclinaison critique. Le même terme fait tourner le périgée dans le plan de l'orbite :
\[ \dot\omega = \frac{3}{4}\,J_2\,n \left(\frac{R}{p}\right)^{2} \left(5\cos^{2} i - 1\right) \]
Cette vitesse s'annule pour \(\cos^{2} i = 1/5\), soit \(i = 63{,}43^\circ\). À cette inclinaison, le périgée ne bouge pas. Les orbites Molniya en profitent : très allongées, avec l'apogée au-dessus de l'hémisphère nord (\(\omega = 270^\circ\)), elles restent longtemps visibles depuis la Russie, où un satellite géostationnaire serait très bas sur l'horizon.
Un peu d'histoire
Le premier satellite Molniya (« éclair ») est lancé par l'URSS en 1965. Les bases soviétiques, très au nord, rendaient l'orbite géostationnaire coûteuse à atteindre. L'orbite à 63,4° a résolu à la fois le problème du lancement et celui de la couverture des hautes latitudes.
Why the orbit stays in a plane
At a given moment, the satellite has a position \(\vec r\) and a velocity \(\vec v\). These two vectors, starting from the Earth's centre O, define a plane. The only force is the Earth's pull, directed towards O. So it lies in that plane, and so does the acceleration. The velocity changes, but only within the plane. The satellite can never leave it.
A force always directed towards a fixed point is called a central force. Every trajectory under a central force is planar. This is a geometric property, true for the \(1/r^{2}\) law or any other.
The orbital plane (orange) passes through the Earth's centre. It cuts the equatorial plane along the line of nodes. The inclination \(i\) is the angle between the two planes, equal to the angle between the polar axis and the vector \(\vec L\) perpendicular to the orbit. Dashed: the part of the orbit hidden behind the Earth.
Orienting the plane in space
Two angles are enough to orient the plane.
The inclination \(i\): the angle between the orbital plane and the equatorial plane. \(i = 0^\circ\): equatorial orbit. \(i = 90^\circ\): polar orbit. Beyond 90°, the satellite goes round opposite to the Earth's rotation: the orbit is retrograde.
The longitude of the ascending node \(\Omega\). The plane cuts the equator along a line, the line of nodes. The ascending node is the point where the satellite crosses the equator heading north. \(\Omega\) gives its direction relative to a fixed direction among the stars.
A simple consequence: a satellite of inclination \(i \leq 90^\circ\) flies over every latitude between \(-i\) and \(+i\), and never beyond.
Four orbits worth knowing
Orbit
Altitude
i
Period
ISS (crewed station)
≈ 415 km
51.6°
93 min
Sun-synchronous polar (weather, observation)
≈ 700 km
98.2°
99 min
Geostationary (telecoms, TV)
35,786 km
0°
23 h 56 min
Molniya (telecoms at high latitudes)
600 to 39,700 km
63.4°
12 h
The geostationary period is the sidereal day, 23 h 56 min: the time for one turn of the Earth relative to the stars.
Under the orbit, the Earth turns
The orbital plane keeps its orientation relative to the stars, to a first approximation. The Earth turns underneath, from west to east. After each turn of the satellite, the point below has slipped westwards.
Guided calculation: the ISS ground track
The ISS period is 92.8 min. By how much does the ground track shift on each turn?
The Earth makes one turn (360°) in a sidereal day, 1436 min. During one ISS period it turns by:
Two successive crossings of the equator are 2600 km apart, westwards. It takes several days for the station to pass exactly over the same place again.
Common mistake
A satellite "hovering above Geneva" is impossible. To stay above the same point, it would have to turn about the polar axis, on a circle centred on that axis. But the orbital plane must pass through the Earth's centre. The only circle meeting both conditions lies in the equatorial plane.
Key points
Central force: the trajectory is planar, in a plane containing the Earth's centre.
The inclination \(i\) and the ascending node \(\Omega\) orient that plane.
Latitudes flown over: from \(-i\) to \(+i\). Geostationary: \(i = 0\) necessarily.
The Earth turns under the orbit: the ground track shifts westwards on each turn.
Advanced
Angular momentum fixes the plane
For a central force, \(\vec F\) is parallel to \(\vec r\). Its torque about O is zero: \(\vec r \times \vec F = \vec 0\). So the angular momentum \(\vec L = \vec r \times m\vec v\) is constant, in magnitude and direction. And \(\vec r\) and \(\vec v\) are always perpendicular to \(\vec L\). The motion stays in the plane through O perpendicular to \(\vec L\). This is the vector version of the previous argument.
Work out \(\vec L\) component by component:
\[ \vec L = m\,\vec r \times \vec v = m \begin{pmatrix} y\,v_z - z\,v_y \\ z\,v_x - x\,v_z \\ x\,v_y - y\,v_x \end{pmatrix} \]
The inclination is the angle between \(\vec L\) and the polar axis \(z\), and the line of nodes is perpendicular to both \(\vec L\) and \(z\):
\[ \cos i = \frac{L_z}{|\vec L|} \]
\[ \vec n = \vec e_z \times \vec L = \begin{pmatrix} -L_y \\ L_x \\ 0 \end{pmatrix} \]
Guided calculation: inclination from position and velocity
A satellite is at \(\vec r = \begin{pmatrix} 7000 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\) km with velocity \(\vec v = \begin{pmatrix} 0 \\ 6.0 \\ 4.5 \end{pmatrix}\) km/s. What is the inclination of its orbit?
Cross product (per kg; the mass does not change the direction):
\[ \cos i = \frac{42\,000}{52\,500} = 0.8 \]\[ \Longrightarrow\quad i = 36.9^\circ \]
Line of nodes: \(\vec n = \begin{pmatrix} 31\,500 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\), along \(x\). The satellite is on the equator (\(z = 0\)) and climbing (\(v_z > 0\)): it is at the ascending node.
Check: \(|\vec v| = 7.5\) km/s, close to the circular speed \(\sqrt{GM/r} = 7.55\) km/s at 7000 km. The orbit is nearly circular.
Changing plane is expensive
To turn the orbital plane by an angle \(\Delta i\) without changing the speed \(v\), the velocity vector must be rotated. The velocities before and after form an isosceles triangle:
Both velocities have the same magnitude \(v\). The side opposite the angle \(\Delta i\) is the impulse to supply.
\[ \Delta v = 2\,v\,\sin\frac{\Delta i}{2} \]
A rocket launched due east from latitude \(\varphi\) reaches an orbit of inclination \(i = \varphi\). That is the minimum: the launch site lies in the orbital plane, and that plane passes through the Earth's centre. In general, for a launch azimuth \(A\) measured from north, \(\cos i = \cos\varphi \sin A\).
Guided calculation: reaching the geostationary orbit
On the geostationary orbit, \(v = \sqrt{GM/r} = 3.075\) km/s. The inclination must be brought to 0. Cost of the plane change from three launch sites?
From Kourou the plane change costs almost 9 times less than from Baikonur. That is a major reason for launching Ariane from French Guiana. In practice the plane change is combined with the circularisation burn at apogee, which lowers the total cost.
Key points
\(\vec L = \vec r \times m\vec v\) is constant: it is perpendicular to the orbital plane.
\(\cos i = L_z/|\vec L|\).
Changing plane: \(\Delta v = 2v\sin(\Delta i/2)\), cheaper where \(v\) is small.
University
The flattened Earth turns the orbits
The Earth is not a sphere: its equatorial radius exceeds the polar radius by 21 km. The potential contains a term in \(J_2 = 1.0826 \times 10^{-3}\). The equatorial bulge exerts a torque on the orbit. As for the spinning top, \(\vec L\) precesses about the polar axis. The ascending node turns at the mean rate:
\[ \dot\Omega = -\frac{3}{2}\,J_2\,n \left(\frac{R}{p}\right)^{2} \cos i \]
with \(n = \sqrt{GM/a^{3}}\) the mean motion, \(p = a(1 - e^{2})\) and \(R = 6378\) km. For the ISS this gives about \(-5.0^\circ\) per day: the plane drifts westwards.
Sun-synchronous orbit. We want the plane to turn exactly like the apparent Sun, \(+360^\circ\) per year, that is \(+0.9856^\circ\) per day. Then the satellite flies over each place at the same solar time, with the same lighting from one image to the next. This needs \(\dot\Omega > 0\), so \(\cos i < 0\): the orbit is retrograde.
Guided calculation: the sun-synchronous inclination at 700 km
\[ \cos i = -\frac{\dot\Omega}{\frac{3}{2} J_2\, n\, (R/a)^{2}} = -0.142 \]\[ \Longrightarrow\quad i = 98.2^\circ \]
This is the inclination of the Sentinel or Landsat satellites, to within a few tenths depending on their altitude.
The critical inclination. The same term turns the perigee within the orbital plane:
\[ \dot\omega = \frac{3}{4}\,J_2\,n \left(\frac{R}{p}\right)^{2} \left(5\cos^{2} i - 1\right) \]
This rate vanishes for \(\cos^{2} i = 1/5\), that is \(i = 63.43^\circ\). At this inclination the perigee does not move. Molniya orbits use it: very elongated, with the apogee above the northern hemisphere (\(\omega = 270^\circ\)), they stay visible for a long time from Russia, where a geostationary satellite would sit very low on the horizon.
A bit of history
The first Molniya ("lightning") satellite was launched by the USSR in 1965. The Soviet launch sites, far to the north, made the geostationary orbit expensive to reach. The 63.4° orbit solved both the launch problem and the coverage of high latitudes.
À toi de jouer
Glisse sur la scène pour faire tourner la vue. Choisis « Station spatiale ISS » : où l'orbite passe-t-elle sous le plan de l'équateur (pointillés) ?
Choisis « Géostationnaire ». Que remarques-tu sur la période et sur le plan de l'orbite ?
Compare la période de l'ISS et celle de l'orbite polaire. Laquelle est la plus haute ?
Your turn
Drag on the stage to rotate the view. Choose "Space station ISS": where does the orbit pass below the equatorial plane (dashes)?
Choose "Geostationary". What do you notice about the period and the orbital plane?
Compare the period of the ISS and of the polar orbit. Which one is higher?
Piste de travail
Préréglage ISS. Repère le nœud ascendant (ligne violette en pointillés). Fais varier l'inclinaison \(i\) de 0° à 180° : pour quelle valeur l'orbite passe-t-elle par les pôles ? Que se passe-t-il au-delà de 90° ?
Change \(\Omega\) : le plan tourne autour de l'axe des pôles sans changer d'inclinaison. Fais le lien avec la précession héliosynchrone.
Molniya : vérifie avec la troisième loi de Kepler que la période affichée (environ 12 h) correspond au demi-grand axe.
En OS/OC, la flèche \(\vec L\) apparaît. Vérifie que \(\cos i = L_z/|\vec L|\) avec la lecture « Direction de L ».
Worksheet idea
ISS preset. Find the ascending node (dashed purple line). Vary the inclination \(i\) from 0° to 180°: for which value does the orbit pass over the poles? What happens beyond 90°?
Change \(\Omega\): the plane turns about the polar axis without changing inclination. Link this to sun-synchronous precession.
Molniya: check with Kepler's third law that the period shown (about 12 h) matches the semi-major axis.
At Advanced level the arrow \(\vec L\) appears. Check that \(\cos i = L_z/|\vec L|\) using the "Direction of L" readout.
Exemples résolusWorked examples
L'ISS passe-t-elle au-dessus de Saint-Maurice ?
Saint-Maurice est à la latitude 46,2° N. L'ISS a une inclinaison de 51,6° : elle survole toutes les latitudes entre 51,6° S et 51,6° N.
\[ 46{,}2^\circ < 51{,}6^\circ \]
Oui, elle peut passer à la verticale. Comme la trace se décale de 23° de longitude à chaque tour, ce n'est pas le cas à chaque passage. Le pôle Nord (90°) et même le cap Nord (71°), eux, ne sont jamais survolés.
La période d'une orbite Molniya
Périgée à 600 km, apogée à 39 700 km d'altitude. Demi-grand axe :
Deux tours par jour. Avec l'apogée au nord, le satellite passe environ 8 heures par tour très haut au-dessus de la Russie, où il bouge lentement (deuxième loi de Kepler).
Inclinaison d'une orbite à partir de r et v
\(\vec r = \begin{pmatrix} 0 \\ 6800 \\ 0 \end{pmatrix}\) km, \(\vec v = \begin{pmatrix} -7{,}0 \\ 0 \\ 2{,}6 \end{pmatrix}\) km/s.
\(L_z > 0\) : l'orbite est prograde. Le satellite est sur l'équateur et monte : c'est le nœud ascendant.
Pourquoi 63,4° pour Molniya ?
La rotation du périgée est proportionnelle à \(5\cos^{2} i - 1\). On l'annule :
\[ \cos^{2} i = \frac{1}{5} \]\[ \Longrightarrow\quad \cos i = \frac{1}{\sqrt 5} = 0{,}447 \]
\[ i = 63{,}43^\circ \]
L'autre solution, \(116{,}57^\circ\), donnerait une orbite rétrograde, plus chère à atteindre. Si l'inclinaison s'écartait de 63,4°, l'apogée dériverait de plusieurs degrés par an et finirait au-dessus de l'hémisphère sud.
Does the ISS fly over Saint-Maurice?
Saint-Maurice is at latitude 46.2° N. The ISS has an inclination of 51.6°: it flies over every latitude between 51.6° S and 51.6° N.
\[ 46.2^\circ < 51.6^\circ \]
Yes, it can pass straight overhead. Since the track shifts by 23° of longitude each turn, this does not happen on every pass. The North Pole (90°) and even the North Cape (71°) are never flown over.
The period of a Molniya orbit
Perigee at 600 km, apogee at 39,700 km altitude. Semi-major axis:
Two turns per day. With the apogee in the north, the satellite spends about 8 hours per turn high above Russia, where it moves slowly (Kepler's second law).
Inclination of an orbit from r and v
\(\vec r = \begin{pmatrix} 0 \\ 6800 \\ 0 \end{pmatrix}\) km, \(\vec v = \begin{pmatrix} -7.0 \\ 0 \\ 2.6 \end{pmatrix}\) km/s.
\(L_z > 0\): the orbit is prograde. The satellite is on the equator and climbing: this is the ascending node.
Why 63.4° for Molniya?
The perigee rotation is proportional to \(5\cos^{2} i - 1\). Set it to zero:
\[ \cos^{2} i = \frac{1}{5} \]\[ \Longrightarrow\quad \cos i = \frac{1}{\sqrt 5} = 0.447 \]
\[ i = 63.43^\circ \]
The other solution, \(116.57^\circ\), would give a retrograde orbit, more expensive to reach. If the inclination drifted away from 63.4°, the apogee would wander by several degrees per year and end up above the southern hemisphere.
Où viser avec une parabole de télévision ?
Les satellites de télévision sont géostationnaires : au-dessus de l'équateur, à 35 786 km d'altitude. Depuis la Suisse, l'équateur est au sud. La parabole vise donc vers le sud, à environ 37° au-dessus de l'horizon, et ne bouge plus jamais.
Combien de tours par jour pour un satellite polaire ?
Période : 99 min.
\[ \frac{1440}{99} \approx 14{,}5\ \text{tours par jour} \]
Il passe près des deux pôles à chaque tour, soit environ 29 passages près des pôles par jour.
Where should a TV dish point?
TV satellites are geostationary: above the equator, at 35,786 km altitude. From Switzerland, the equator is to the south. So the dish points south, about 37° above the horizon, and never moves again.
How many turns per day for a polar satellite?
Period: 99 min.
\[ \frac{1440}{99} \approx 14.5\ \text{turns per day} \]
It passes near both poles on each turn, so about 29 passes near the poles per day.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 4 · Gravitation
Énergie, libération et changement d'orbite
À quelle vitesse faut-il partir pour ne jamais revenir ? Et comment monter d'une orbite à l'autre avec le moins de carburant possible ?
Chapter 4 · Gravitation
Energy, escape and orbit changes
How fast must you leave so that you never come back? And how do you climb from one orbit to another with as little fuel as possible?
Pourquoi m g h ne suffit plus
Près du sol, l'énergie potentielle de pesanteur vaut \(E_p = m g h\). Cette formule suppose \(g\) constant. Pour un satellite ou une sonde, \(g\) diminue fortement avec la distance : il faut une autre expression.
On admet ici (démonstration au niveau OS / OC) que l'énergie potentielle gravitationnelle d'une masse \(m\) à la distance \(r\) du centre d'un astre de masse \(M\) vaut
\[ E_p(r) = -\frac{G M m}{r} \]
On a choisi \(E_p = 0\) à l'infini. Elle est donc toujours négative, et elle augmente (vers 0) quand on s'éloigne. Monter coûte de l'énergie, comme avec \(m g h\).
L'énergie potentielle forme un « puits » autour de l'astre. Pour sortir du puits (atteindre l'infini avec une vitesse nulle), l'énergie cinétique de départ doit combler toute la profondeur \(GMm/R\).
La vitesse de libération
On lance un objet depuis la surface, sans moteur ensuite et sans air. Son énergie mécanique se conserve :
\[ E = \tfrac{1}{2} m v^{2} - \frac{G M m}{r} = \text{constante} \]
S'il doit aller jusqu'à l'infini, il faut \(E \geq 0\). Le cas limite \(E = 0\) donne la vitesse de libération :
\[ \tfrac{1}{2} m v_{\text{lib}}^{2} = \frac{G M m}{R} \]\[ \Longrightarrow\quad v_{\text{lib}} = \sqrt{\frac{2 G M}{R}} \]
Elle vaut \(\sqrt{2}\) fois la vitesse d'une orbite circulaire rasante, et ne dépend pas de la masse de l'objet ni de la direction du tir (tant qu'il ne heurte pas l'astre).
Calcul guidé
Vitesse de libération de la Terre (\(GM = 3{,}986 \cdot 10^{14}\ \text{m}^3/\text{s}^2\), \(R = 6371\) km) et de la Lune (\(M = 7{,}34 \cdot 10^{22}\) kg, \(R = 1737\) km).
11,2 km/s pour la Terre, 2,4 km/s pour la Lune. Les modules lunaires d'Apollo repartaient avec de petits moteurs. Quitter la Terre exige des fusées géantes.
Pourquoi la Lune n'a pas d'atmosphère
Dans un gaz, les molécules s'agitent. À 300 K, une molécule de diazote va en moyenne à environ 0,5 km/s, une molécule de dihydrogène à environ 1,9 km/s. Une fraction des molécules va bien plus vite que la moyenne. Si la vitesse de libération n'est pas au moins six fois la vitesse moyenne, le gaz s'échappe en quelques millions d'années. La Lune (2,4 km/s) a perdu tout gaz. La Terre (11,2 km/s) garde le diazote et le dioxygène, mais perd lentement l'hydrogène et l'hélium.
Curiosité
En 1783, John Michell se demande : et si un astre était si compact que \(v_{\text{lib}}\) dépasse la vitesse de la lumière ? La lumière ne pourrait pas en sortir. En posant \(v_{\text{lib}} = c\), on trouve \(R = 2GM/c^{2}\). Pour la Terre, 8,9 mm. Pour le Soleil, 3 km. La relativité générale redonne exactement ce rayon pour les trous noirs (rayon de Schwarzschild), même si le raisonnement newtonien n'est pas correct.
Erreurs fréquentes
Utiliser \(m g h\) pour de grandes altitudes : \(g\) n'est plus constant.
Croire qu'il faut atteindre 11,2 km/s pour aller en orbite : il suffit d'environ 7,8 km/s, l'orbite reste dans le puits.
Oublier que \(E_p\) est négative : une énergie mécanique négative signifie « lié à l'astre ».
À retenir
\(E_p = -GMm/r\), nulle à l'infini, négative partout ailleurs.
Conservation : \(\tfrac{1}{2}mv^{2} - GMm/r = \text{cste}\) en l'absence de frottement.
\(v_{\text{lib}} = \sqrt{2GM/R}\) : 11,2 km/s pour la Terre, 2,4 km/s pour la Lune.
OS / OC
D'où vient −GMm/r ? Le travail de la gravitation
L'énergie potentielle se définit par le travail de la force : \(\Delta E_p = -W\). Pour un déplacement radial de \(r\) à \(r + \mathrm{d}r\), la force \(-\frac{GMm}{r^{2}}\) (vers le centre) fait le travail \(\mathrm{d}W = -\frac{GMm}{r^{2}}\,\mathrm{d}r\). De \(r_A\) à \(r_B\) :
\[ W_{A \to B} = \int_{r_A}^{r_B} -\frac{G M m}{r^{2}}\,\mathrm{d}r = G M m\left(\frac{1}{r_B} - \frac{1}{r_A}\right) \]
Avec \(E_p(\infty) = 0\), on obtient \(E_p(r) = -GMm/r\). Près du sol, pour \(h \ll R\), on retrouve \(m g h\) :
\[ \Delta E_p = G M m\left(\frac{1}{R} - \frac{1}{R + h}\right) = \frac{G M m\, h}{R(R + h)} \approx \frac{G M m}{R^{2}}\, h = m g h \]
Preuve : la gravitation est conservative
Il reste à montrer que ce travail ne dépend pas du chemin. Prends un chemin quelconque de A à B. Découpe-le en petits segments. Chaque segment peut être remplacé, avec une erreur aussi petite qu'on veut, par un petit pas orthoradial (le long d'un cercle centré sur l'astre) suivi d'un petit pas radial.
Chemin quelconque (gris) et son approximation en escalier (couleur). Sur les arcs, la force radiale est perpendiculaire au déplacement : travail nul. Seuls les pas radiaux travaillent, et leur somme ne dépend que de \(r_A\) et \(r_B\).
Sur un pas orthoradial, la force (radiale) est perpendiculaire au déplacement : \(\vec F \cdot \mathrm{d}\vec r = 0\).
Sur un pas radial de \(r\) à \(r + \mathrm{d}r\), le travail vaut \(-\frac{GMm}{r^{2}}\,\mathrm{d}r\), quel que soit l'angle où il a lieu.
Les pas radiaux, mis bout à bout, couvrent exactement l'intervalle de \(r_A\) à \(r_B\) (les allers-retours éventuels s'annulent). Le travail total est donc l'intégrale ci-dessus, indépendante de la forme du chemin. Sur une boucle fermée, \(r_B = r_A\) : travail nul. La gravitation est conservative, et \(E_p\) est bien définie. Le même argument vaut pour toute force centrale dont l'intensité ne dépend que de \(r\).
L'énergie d'une orbite
Sur une orbite circulaire, \(v^{2} = GM/r\), donc \(E_c = \frac{GMm}{2r}\). L'énergie mécanique vaut
\[ E = E_c + E_p = \frac{G M m}{2 r} - \frac{G M m}{r} = -\frac{G M m}{2 r} \]
\[ E_c = -E \]\[ E_p = 2E \]
On montre que pour une ellipse de demi-grand axe \(a\), \(E = -\frac{GMm}{2a}\). L'énergie fixe la taille de l'orbite, quelle que soit sa forme. En combinant avec la conservation, on obtient la relation vis-viva, outil de base de la navigation spatiale :
\[ v^{2} = G M\left(\frac{2}{r} - \frac{1}{a}\right) \]
Paradoxe du frottement
Un satellite freiné par les traces d'atmosphère perd de l'énergie. \(E = -GMm/2r\) diminue, donc \(r\) diminue. Mais \(v = \sqrt{GM/r}\) augmente ! La gravitation lui rend, en tombant, deux fois plus d'énergie cinétique que le frottement n'en retire. La station spatiale doit régulièrement rallumer ses moteurs pour remonter.
Calcul guidé
Quelle énergie minimale faut-il fournir à 1 kg, au repos au sol, pour le placer en orbite circulaire à 400 km ? Quelle part sert à monter, quelle part à aller vite ? (Rotation de la Terre et air négligés.)
Près de 90 % de l'énergie sert à la vitesse, pas à l'altitude. Aller en orbite, c'est surtout aller très vite de côté.
Changer d'orbite : le transfert de Hohmann
Pour passer d'une orbite circulaire de rayon \(r_1\) à une orbite circulaire \(r_2 > r_1\) avec deux poussées brèves :
Première poussée au périgée (sur l'orbite basse) : on passe sur une demi-ellipse qui touche l'orbite haute. Seconde poussée à l'apogée : on circularise. Les deux poussées se font dans le sens du mouvement.
Au point de départ, accélérer de \(\Delta v_1\). On passe sur une ellipse de périgée \(r_1\), d'apogée \(r_2\) et de demi-grand axe \(a = (r_1 + r_2)/2\).
Une demi-période plus tard, à l'apogée, accélérer de \(\Delta v_2\) pour circulariser.
Calcul guidé
Orbite basse (300 km, \(r_1 = 6671\) km) vers orbite géostationnaire (\(r_2 = 42\,164\) km).
Demi-grand axe de l'ellipse de transfert.
\[ a = \frac{6671 + 42\,164}{2} \approx 24\,418\ \text{km} \]
Vitesses sur l'orbite basse et au périgée de l'ellipse (vis-viva).
\[ t = \pi\sqrt{\frac{a^{3}}{GM}} \approx 5{,}3\ \text{h} \]
Remarque surprenante : on accélère deux fois, et pourtant on arrive sur une orbite plus lente (3,07 km/s contre 7,73 km/s). L'énergie cinétique s'est transformée en énergie potentielle pendant la montée.
Université
Champ conservatif : rot g = 0
Le champ \(\vec g = -\frac{GM}{r^{2}}\,\vec u_r\) dérive du potentiel \(\Phi = -\frac{GM}{r}\) : \(\vec g = -\vec\nabla\Phi\). Comme le rotationnel d'un gradient est nul, \(\vec\nabla \times \vec g = \vec 0\). Par le théorème de Stokes, la circulation sur tout contour fermé s'annule :
\[ \oint_{\mathcal C} \vec g \cdot \mathrm{d}\vec r = \iint_{S} (\vec\nabla \times \vec g) \cdot \mathrm{d}\vec S = 0 \]
Plus généralement, tout champ central \(f(r)\,\vec u_r\) est conservatif, avec \(\Phi(r) = -\int f(r)\,\mathrm{d}r\). C'est la version différentielle de la preuve « en escalier » du niveau OS / OC.
Théorème de Gauss pour la gravitation
Le flux du champ de gravitation à travers une surface fermée ne dépend que de la masse intérieure :
\[ \oint_S \vec g \cdot \mathrm{d}\vec A = -4\pi G\, M_{\text{int}} \]
\[ \vec\nabla \cdot \vec g = -4\pi G \rho \]\[ \Delta\Phi = 4\pi G \rho \]
La dernière forme est l'équation de Poisson. Pour une distribution à symétrie sphérique, prenons une sphère de rayon \(r\) : par symétrie, \(\vec g = g(r)\,(-\vec u_r)\) et le flux vaut \(-4\pi r^{2} g(r)\). Donc
\[ g(r) = \frac{G\, M_{\text{int}}(r)}{r^{2}} \]
On retrouve le théorème des coquilles en une ligne. Dans une planète homogène de masse volumique \(\rho\), \(M_{\text{int}} = \frac{4}{3}\pi\rho r^{3}\), donc \(g(r) = \frac{4}{3}\pi G\rho\, r = g_0\,\frac{r}{R}\).
Le tunnel à travers la Terre
Creusons un tunnel droit (sans frottement) le long d'une corde quelconque. Soit \(x\) la position le long du tunnel, mesurée depuis son milieu. Seule la composante de \(\vec g\) le long du tunnel compte. Elle vaut \(-g_0\,\frac{r}{R}\cdot\frac{x}{r} = -\frac{g_0}{R}\,x\) :
\[ \ddot x = -\frac{g_0}{R}\, x \]\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{R}{g_0}} \approx 84\ \text{min} \]
Un oscillateur harmonique, de période indépendante de la corde choisie : Paris-Tokyo ou le diamètre, la traversée dure toujours environ 42 minutes. Et c'est la même période qu'une orbite rasante, ce qui n'est pas un hasard : la projection d'un mouvement circulaire uniforme sur un diamètre est un mouvement harmonique.
Why m g h is no longer enough
Near the ground, gravitational potential energy is \(E_p = m g h\). That formula assumes \(g\) is constant. For a satellite or a probe, \(g\) decreases strongly with distance: another expression is needed.
We accept here (proof at Advanced level) that the gravitational potential energy of a mass \(m\) at distance \(r\) from the centre of a body of mass \(M\) is
\[ E_p(r) = -\frac{G M m}{r} \]
We have chosen \(E_p = 0\) at infinity. So it is always negative, and it increases (towards 0) as you move away. Climbing costs energy, as with \(m g h\).
The potential energy forms a "well" around the body. To climb out of the well (reach infinity with zero speed), the initial kinetic energy must fill the whole depth \(GMm/R\).
Escape speed
An object is launched from the surface, with no engine afterwards and no air. Its mechanical energy is conserved:
\[ E = \tfrac{1}{2} m v^{2} - \frac{G M m}{r} = \text{constant} \]
If it is to reach infinity, we need \(E \geq 0\). The limiting case \(E = 0\) gives the escape speed:
\[ \tfrac{1}{2} m v_{\text{esc}}^{2} = \frac{G M m}{R} \]\[ \Longrightarrow\quad v_{\text{esc}} = \sqrt{\frac{2 G M}{R}} \]
It is \(\sqrt{2}\) times the speed of a grazing circular orbit, and depends neither on the object's mass nor on the launch direction (as long as it does not hit the body).
Worked calculation
Escape speed of the Earth (\(GM = 3.986 \times 10^{14}\ \text{m}^3/\text{s}^2\), \(R = 6371\) km) and of the Moon (\(M = 7.34 \times 10^{22}\) kg, \(R = 1737\) km).
11.2 km/s for the Earth, 2.4 km/s for the Moon. The Apollo lunar modules took off again with small engines. Leaving the Earth takes giant rockets.
Why the Moon has no atmosphere
In a gas, molecules jiggle about. At 300 K, a nitrogen molecule moves at about 0.5 km/s on average, a hydrogen molecule at about 1.9 km/s. A fraction of the molecules moves much faster than average. If the escape speed is not at least six times the mean speed, the gas leaks away within a few million years. The Moon (2.4 km/s) has lost all its gas. The Earth (11.2 km/s) keeps nitrogen and oxygen, but slowly loses hydrogen and helium.
Curiosity
In 1783, John Michell wondered: what if a body were so compact that \(v_{\text{esc}}\) exceeded the speed of light? Light could not get out. Setting \(v_{\text{esc}} = c\) gives \(R = 2GM/c^{2}\). For the Earth, 8.9 mm. For the Sun, 3 km. General relativity gives exactly this radius for black holes (the Schwarzschild radius), even though the Newtonian argument is not correct.
Common mistakes
Using \(m g h\) for large altitudes: \(g\) is no longer constant.
Thinking you need 11.2 km/s to reach orbit: about 7.8 km/s is enough, the orbit stays inside the well.
Forgetting that \(E_p\) is negative: a negative mechanical energy means "bound to the body".
Key points
\(E_p = -GMm/r\), zero at infinity, negative everywhere else.
Conservation: \(\tfrac{1}{2}mv^{2} - GMm/r = \text{const}\) without friction.
\(v_{\text{esc}} = \sqrt{2GM/R}\): 11.2 km/s for the Earth, 2.4 km/s for the Moon.
Advanced
Where does −GMm/r come from? The work done by gravity
Potential energy is defined through the work of the force: \(\Delta E_p = -W\). For a radial displacement from \(r\) to \(r + \mathrm{d}r\), the force \(-\frac{GMm}{r^{2}}\) (towards the centre) does work \(\mathrm{d}W = -\frac{GMm}{r^{2}}\,\mathrm{d}r\). From \(r_A\) to \(r_B\):
\[ W_{A \to B} = \int_{r_A}^{r_B} -\frac{G M m}{r^{2}}\,\mathrm{d}r = G M m\left(\frac{1}{r_B} - \frac{1}{r_A}\right) \]
With \(E_p(\infty) = 0\), we get \(E_p(r) = -GMm/r\). Near the ground, for \(h \ll R\), we recover \(m g h\):
\[ \Delta E_p = G M m\left(\frac{1}{R} - \frac{1}{R + h}\right) = \frac{G M m\, h}{R(R + h)} \approx \frac{G M m}{R^{2}}\, h = m g h \]
Proof: gravitation is conservative
We still need to show that this work does not depend on the path. Take any path from A to B. Cut it into small segments. Each segment can be replaced, with an error as small as we like, by a small tangential step (along a circle centred on the body) followed by a small radial step.
Any path (grey) and its staircase approximation (colour). On the arcs, the radial force is perpendicular to the displacement: zero work. Only the radial steps do work, and their sum depends only on \(r_A\) and \(r_B\).
On a tangential step, the (radial) force is perpendicular to the displacement: \(\vec F \cdot \mathrm{d}\vec r = 0\).
On a radial step from \(r\) to \(r + \mathrm{d}r\), the work is \(-\frac{GMm}{r^{2}}\,\mathrm{d}r\), whatever the angle at which it occurs.
Laid end to end, the radial steps cover exactly the interval from \(r_A\) to \(r_B\) (any back-and-forth cancels out). The total work is therefore the integral above, independent of the shape of the path. Around a closed loop, \(r_B = r_A\): zero work. Gravitation is conservative, and \(E_p\) is well defined. The same argument holds for any central force whose magnitude depends only on \(r\).
The energy of an orbit
On a circular orbit, \(v^{2} = GM/r\), so \(E_k = \frac{GMm}{2r}\). The mechanical energy is
\[ E = E_k + E_p = \frac{G M m}{2 r} - \frac{G M m}{r} = -\frac{G M m}{2 r} \]
\[ E_k = -E \]\[ E_p = 2E \]
One can show that for an ellipse of semi-major axis \(a\), \(E = -\frac{GMm}{2a}\). The energy sets the size of the orbit, whatever its shape. Combined with conservation, it gives the vis-viva equation, the basic tool of space navigation:
\[ v^{2} = G M\left(\frac{2}{r} - \frac{1}{a}\right) \]
The drag paradox
A satellite slowed by traces of atmosphere loses energy. \(E = -GMm/2r\) decreases, so \(r\) decreases. But \(v = \sqrt{GM/r}\) increases! As it falls, gravity gives it twice as much kinetic energy as friction removes. The space station regularly has to fire its engines to climb back up.
Worked calculation
What minimum energy must be given to 1 kg, at rest on the ground, to place it on a circular orbit at 400 km? How much goes into height, how much into speed? (Earth's rotation and air neglected.)
Nearly 90 % of the energy goes into speed, not height. Getting into orbit is mostly about going very fast sideways.
Changing orbit: the Hohmann transfer
To go from a circular orbit of radius \(r_1\) to a circular orbit \(r_2 > r_1\) with two short burns:
First burn at perigee (on the low orbit): the craft enters a half-ellipse that touches the high orbit. Second burn at apogee: it circularises. Both burns point along the motion.
At the starting point, speed up by \(\Delta v_1\). The craft enters an ellipse with perigee \(r_1\), apogee \(r_2\) and semi-major axis \(a = (r_1 + r_2)/2\).
Half a period later, at apogee, speed up by \(\Delta v_2\) to circularise.
Worked calculation
Low orbit (300 km, \(r_1 = 6671\) km) to geostationary orbit (\(r_2 = 42\,164\) km).
Semi-major axis of the transfer ellipse.
\[ a = \frac{6671 + 42\,164}{2} \approx 24\,418\ \text{km} \]
Speeds on the low orbit and at the ellipse's perigee (vis-viva).
\[ t = \pi\sqrt{\frac{a^{3}}{GM}} \approx 5.3\ \text{h} \]
A surprise: you speed up twice, yet end up on a slower orbit (3.07 km/s against 7.73 km/s). Kinetic energy turned into potential energy during the climb.
University
Conservative field: curl g = 0
The field \(\vec g = -\frac{GM}{r^{2}}\,\vec u_r\) derives from the potential \(\Phi = -\frac{GM}{r}\): \(\vec g = -\vec\nabla\Phi\). Since the curl of a gradient vanishes, \(\vec\nabla \times \vec g = \vec 0\). By Stokes' theorem, the circulation around any closed loop vanishes:
\[ \oint_{\mathcal C} \vec g \cdot \mathrm{d}\vec r = \iint_{S} (\vec\nabla \times \vec g) \cdot \mathrm{d}\vec S = 0 \]
More generally, every central field \(f(r)\,\vec u_r\) is conservative, with \(\Phi(r) = -\int f(r)\,\mathrm{d}r\). This is the differential version of the "staircase" proof at Advanced level.
Gauss's law for gravitation
The flux of the gravitational field through a closed surface depends only on the enclosed mass:
\[ \oint_S \vec g \cdot \mathrm{d}\vec A = -4\pi G\, M_{\text{enc}} \]
\[ \vec\nabla \cdot \vec g = -4\pi G \rho \]\[ \Delta\Phi = 4\pi G \rho \]
The last form is Poisson's equation. For a spherically symmetric distribution, take a sphere of radius \(r\): by symmetry, \(\vec g = g(r)\,(-\vec u_r)\) and the flux is \(-4\pi r^{2} g(r)\). Hence
\[ g(r) = \frac{G\, M_{\text{enc}}(r)}{r^{2}} \]
The shell theorem in one line. Inside a uniform planet of density \(\rho\), \(M_{\text{enc}} = \frac{4}{3}\pi\rho r^{3}\), so \(g(r) = \frac{4}{3}\pi G\rho\, r = g_0\,\frac{r}{R}\).
The tunnel through the Earth
Dig a straight, frictionless tunnel along any chord. Let \(x\) be the position along the tunnel, measured from its midpoint. Only the component of \(\vec g\) along the tunnel matters. It equals \(-g_0\,\frac{r}{R}\cdot\frac{x}{r} = -\frac{g_0}{R}\,x\):
\[ \ddot x = -\frac{g_0}{R}\, x \]\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{R}{g_0}} \approx 84\ \text{min} \]
A harmonic oscillator, whose period does not depend on the chord: Paris-Tokyo or the full diameter, the crossing always takes about 42 minutes. And it is the same period as a grazing orbit, which is no coincidence: the projection of uniform circular motion onto a diameter is harmonic motion.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 4 · Gravitation
Les marées
Pourquoi y a-t-il deux marées hautes par jour, alors qu'il n'y a qu'une Lune ? Et pourquoi la Lune nous montre-t-elle toujours la même face ?
Chapter 4 · Gravitation
Tides
Why are there two high tides a day when there is only one Moon? And why does the Moon always show us the same face?
OS / OC
Ce qui compte, c'est la différence d'attraction
La Lune attire toute la Terre. Mais pas partout avec la même force : le côté qui lui fait face est plus proche, il est attiré plus fort que le centre. Le côté opposé est plus loin, il est attiré moins fort.
La Terre entière (son centre) accélère vers la Lune : c'est ce qui la fait tourner avec la Lune autour de leur centre de masse commun. Ce qui déforme l'océan, c'est l'écart entre l'attraction en un point et l'attraction au centre. On appelle cet écart l'accélération de marée.
À gauche, l'attraction de la Lune décroît avec la distance. À droite, on retire l'attraction au centre : il reste un étirement le long de l'axe Terre-Lune et une compression sur les côtés. L'océan forme deux bourrelets (exagérés), un de chaque côté.
Le résultat est un étirement : un bourrelet d'eau du côté de la Lune, un autre du côté opposé. La Terre tourne sous ces deux bourrelets en un jour lunaire (24 h 50 min, car la Lune avance sur son orbite pendant ce temps). D'où deux marées hautes toutes les 24 h 50 min, soit une toutes les 12 h 25 min.
Une loi en 1/d³
Pour un point situé à la distance \(R\) du centre de la Terre, sur l'axe Terre-Lune, l'accélération de marée vaut
(développement au premier ordre en \(R/d\)). La marée diminue comme \(1/d^{3}\), bien plus vite que l'attraction elle-même (\(1/d^{2}\)). C'est pourquoi le Soleil, qui attire la Terre 180 fois plus fort que la Lune, produit pourtant un effet de marée deux fois plus faible.
Calcul guidé
Compare les accélérations de marée de la Lune et du Soleil. \(G M_L = 4{,}905 \cdot 10^{12}\), \(G M_S = 1{,}327 \cdot 10^{20}\ \text{m}^{3}/\text{s}^{2}\), \(d_L = 3{,}844 \cdot 10^{8}\) m, \(d_S = 1{,}496 \cdot 10^{11}\) m, \(R = 6{,}371 \cdot 10^{6}\) m.
Une accélération de marée d'un dix-millionième de \(g\) seulement. Elle suffit pourtant à soulever les océans, car elle agit sur des milliers de kilomètres d'eau, latéralement, là où rien ne la compense.
Vives-eaux et mortes-eaux
À la nouvelle Lune et à la pleine Lune, Soleil, Terre et Lune sont alignés : les deux marées s'additionnent (\(1 + 0{,}46\)). Ce sont les vives-eaux, aux grands marnages. Aux quartiers, les deux effets sont perpendiculaires et se contrarient (\(1 - 0{,}46\)) : mortes-eaux. Le rapport des marnages est d'environ \(1{,}46 / 0{,}54 \approx 2{,}7\).
La marée d'équilibre théorique (océan sans continents, Lune seule) a un marnage d'environ 0,5 m. Les marées réelles dépendent fortement de la forme des côtes et des fonds : environ 14 m dans la baie de Fundy (Canada), à cause d'une résonance du bassin, et quelques centimètres en Méditerranée.
La Lune nous montre toujours la même face
La Terre exerce sur la Lune des marées 80 fois plus fortes que l'inverse. Il y a des milliards d'années, la Lune tournait plus vite sur elle-même. Ses bourrelets de marée, entraînés par la rotation, étaient légèrement décalés de l'axe Terre-Lune. La Terre tirait sur eux et freinait la rotation de la Lune, jusqu'à ce que celle-ci tourne sur elle-même en exactement une orbite. C'est la rotation synchrone.
Le même mécanisme agit sur la Terre aujourd'hui : les marées freinent sa rotation, le jour s'allonge d'environ 2 ms par siècle, et le moment cinétique perdu est transféré à la Lune, qui s'éloigne de 3,8 cm par an (mesuré par laser grâce aux réflecteurs déposés par Apollo).
Erreurs fréquentes
« La Lune attire l'eau, donc il n'y a qu'un bourrelet. » Non : c'est la différence d'attraction qui compte, et elle étire dans les deux sens.
« Le Soleil attire plus fort, donc il fait plus de marée. » Non : la marée varie en \(1/d^{3}\).
À retenir
Marée = différence d'attraction entre un point et le centre : \(a_m \approx 2GMR/d^{3}\).
Deux bourrelets, donc deux marées hautes toutes les 24 h 50 min.
Soleil : 46 % de l'effet lunaire. Alignés : vives-eaux ; en quadrature : mortes-eaux.
Les marées freinent les rotations (Lune synchrone, jours terrestres qui s'allongent).
Université
Le potentiel de marée
Plaçons l'origine au centre de la Terre, l'axe \(z\) vers la Lune. Le potentiel de la Lune en un point \(\vec r\) (\(r \ll d\)) se développe en polynômes de Legendre :
Le terme \(\ell = 0\) est une constante sans effet. Le terme \(\ell = 1\) est un champ uniforme qui accélère toute la Terre de la même façon : il disparaît dans le référentiel du centre de la Terre. Le premier terme qui déforme est \(\ell = 2\) :
La surface de l'océan au repos est une équipotentielle du potentiel total : \(g\,h(\theta) + \Phi_{\text{marée}} = \text{cste}\). D'où une hauteur proportionnelle à \(P_2(\cos\theta)\), maximale pour \(\theta = 0\) et \(\pi\) (les deux bourrelets), minimale pour \(\theta = \pi/2\). Le marnage d'équilibre vaut
\[ \Delta h = \frac{3}{2}\,\frac{M_L}{M_T}\left(\frac{R}{d}\right)^{3} R \approx 0{,}54\ \text{m} \]
La limite de Roche
Un satellite trop proche de sa planète est déchiré par la marée. Prenons un satellite de rayon \(r\), de masse \(m\), à la distance \(d\) d'une planète de masse \(M\). À sa surface, côté planète, l'accélération de marée \(2GMr/d^{3}\) tend à arracher la matière. Sa propre gravitation \(Gm/r^{2}\) la retient. Le satellite se disloque (s'il n'a pas de cohésion propre) quand
\[ \frac{2 G M r}{d^{3}} > \frac{G m}{r^{2}} \]\[ \Longleftrightarrow\quad d < R_P \left(\frac{2\rho_P}{\rho_s}\right)^{1/3} \]
avec \(\rho_P\), \(\rho_s\) les masses volumiques de la planète et du satellite. Ce modèle de corps rigide donne \(d_R \approx 1{,}26\, R_P(\rho_P/\rho_s)^{1/3}\). Roche (1848), pour un satellite fluide qui se déforme, obtient \(d_R \approx 2{,}44\, R_P(\rho_P/\rho_s)^{1/3}\). Pour la Lune autour de la Terre : entre 9500 et 18 400 km. La Lune actuelle, à 384 400 km, est loin de ce danger. Autour de Saturne, pour des blocs de glace, la limite fluide est vers 125 000 km : la plupart des anneaux sont à l'intérieur. Ils ne peuvent pas s'agréger en une lune.
Advanced
What matters is the difference in pull
The Moon pulls on the whole Earth. But not with the same strength everywhere: the side facing it is closer, so it is pulled harder than the centre. The far side is further away, so it is pulled less.
The Earth as a whole (its centre) accelerates towards the Moon: that is what makes it orbit with the Moon around their common centre of mass. What deforms the ocean is the gap between the pull at a point and the pull at the centre. This gap is called the tidal acceleration.
Left: the Moon's pull decreases with distance. Right: subtract the pull at the centre and what remains is a stretch along the Earth-Moon axis and a squeeze at the sides. The ocean forms two bulges (exaggerated), one on each side.
The result is a stretch: a bulge of water on the Moon's side, another on the opposite side. The Earth turns beneath these two bulges in one lunar day (24 h 50 min, because the Moon moves along its orbit meanwhile). Hence two high tides every 24 h 50 min, one every 12 h 25 min.
A 1/d³ law
For a point at distance \(R\) from the Earth's centre, on the Earth-Moon axis, the tidal acceleration is
(first-order expansion in \(R/d\)). The tide decreases as \(1/d^{3}\), much faster than the pull itself (\(1/d^{2}\)). That is why the Sun, which pulls on the Earth 180 times harder than the Moon does, produces a tidal effect only half as large.
Worked calculation
Compare the tidal accelerations of the Moon and the Sun. \(G M_M = 4.905 \times 10^{12}\), \(G M_S = 1.327 \times 10^{20}\ \text{m}^{3}/\text{s}^{2}\), \(d_M = 3.844 \times 10^{8}\) m, \(d_S = 1.496 \times 10^{11}\) m, \(R = 6.371 \times 10^{6}\) m.
A tidal acceleration of only one ten-millionth of \(g\). Yet it is enough to raise the oceans, because it acts sideways over thousands of kilometres of water, where nothing balances it.
Spring tides and neap tides
At new Moon and full Moon, the Sun, the Earth and the Moon are aligned: the two tides add up (\(1 + 0.46\)). These are spring tides, with large ranges. At the quarters, the two effects are perpendicular and work against each other (\(1 - 0.46\)): neap tides. The ratio of the ranges is about \(1.46 / 0.54 \approx 2.7\).
The theoretical equilibrium tide (an ocean without continents, Moon only) has a range of about 0.5 m. Real tides depend strongly on the shape of coasts and sea floors: about 14 m in the Bay of Fundy (Canada), because of a basin resonance, and a few centimetres in the Mediterranean.
The Moon always shows us the same face
The Earth raises tides on the Moon 80 times stronger than the reverse. Billions of years ago, the Moon spun faster. Its tidal bulges, dragged by the rotation, were slightly offset from the Earth-Moon axis. The Earth pulled on them and braked the Moon's spin, until it turned once on itself per orbit. This is synchronous rotation.
The same mechanism acts on the Earth today: tides brake its rotation, the day lengthens by about 2 ms per century, and the lost angular momentum is transferred to the Moon, which moves away by 3.8 cm per year (measured by laser using the reflectors left by Apollo).
Common mistakes
"The Moon pulls the water, so there is only one bulge." No: what counts is the difference in pull, and it stretches both ways.
"The Sun pulls harder, so it makes bigger tides." No: tides vary as \(1/d^{3}\).
Key points
Tide = difference in pull between a point and the centre: \(a_t \approx 2GMR/d^{3}\).
Two bulges, so two high tides every 24 h 50 min.
Sun: 46 % of the lunar effect. Aligned: spring tides; at right angles: neap tides.
Tides brake rotation (synchronous Moon, lengthening days on Earth).
University
The tidal potential
Put the origin at the Earth's centre, the \(z\) axis towards the Moon. The Moon's potential at a point \(\vec r\) (\(r \ll d\)) expands in Legendre polynomials:
The \(\ell = 0\) term is a constant with no effect. The \(\ell = 1\) term is a uniform field accelerating the whole Earth alike: it disappears in the frame of the Earth's centre. The first deforming term is \(\ell = 2\):
The surface of a resting ocean is an equipotential of the total potential: \(g\,h(\theta) + \Phi_{\text{tide}} = \text{const}\). Hence a height proportional to \(P_2(\cos\theta)\), maximal at \(\theta = 0\) and \(\pi\) (the two bulges), minimal at \(\theta = \pi/2\). The equilibrium range is
\[ \Delta h = \frac{3}{2}\,\frac{M_M}{M_E}\left(\frac{R}{d}\right)^{3} R \approx 0.54\ \text{m} \]
The Roche limit
A satellite too close to its planet is torn apart by tides. Take a satellite of radius \(r\) and mass \(m\), at distance \(d\) from a planet of mass \(M\). At its surface, on the planet side, the tidal acceleration \(2GMr/d^{3}\) tends to pull material off. Its own gravity \(Gm/r^{2}\) holds it back. The satellite breaks up (if it has no cohesion of its own) when
\[ \frac{2 G M r}{d^{3}} > \frac{G m}{r^{2}} \]\[ \Longleftrightarrow\quad d < R_P \left(\frac{2\rho_P}{\rho_s}\right)^{1/3} \]
with \(\rho_P\), \(\rho_s\) the densities of the planet and the satellite. This rigid-body model gives \(d_R \approx 1.26\, R_P(\rho_P/\rho_s)^{1/3}\). Roche (1848), for a fluid satellite that deforms, found \(d_R \approx 2.44\, R_P(\rho_P/\rho_s)^{1/3}\). For the Moon around the Earth: between 9500 and 18,400 km. Today's Moon, at 384,400 km, is far from this danger. Around Saturn, for blocks of ice, the fluid limit is near 125,000 km: most of the rings lie inside it. They cannot clump into a moon.
Exemples résolusWorked examples
Le Soleil attire-t-il la Lune plus fort que la Terre ?
Oui, 2,2 fois plus fort. Mais le Soleil accélère presque pareil la Terre et la Lune : le couple tombe ensemble vers le Soleil. Seule la différence (marée solaire) perturbe l'orbite lunaire.
Yes, 2.2 times harder. But the Sun accelerates the Earth and the Moon almost equally: the pair falls together towards the Sun. Only the difference (solar tide) disturbs the Moon's orbit.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 5
La rotation
Pourquoi une patineuse accélère en ramenant les bras, pourquoi une bille bat un anneau dans une pente, et pourquoi un cyclone tourne toujours dans le même sens.
Chapter 5
Rotation
Why a skater speeds up by pulling her arms in, why a ball beats a ring down a slope, and why a hurricane always spins the same way.
Jusqu'ici, on a traité les objets comme des points. Une voiture, une balle, une planète : un seul point qui porte toute la masse. Ce modèle marche tant qu'on ne s'intéresse qu'au trajet du centre de masse.
Mais une roue tourne. Une toupie tient debout. Un plongeur fait des saltos. Pour décrire cela, il faut un modèle plus riche : le solide indéformable, dont tous les points gardent les mêmes distances entre eux.
Bonne nouvelle : la rotation se décrit avec les mêmes idées que la translation. Chaque grandeur a sa jumelle. La masse devient le moment d'inertie, la force devient le moment de force, la quantité de mouvement devient le moment cinétique. Ce chapitre construit ce dictionnaire, pas à pas.
Le plan
Grandeurs angulaires : angle, vitesse et accélération angulaires, lien avec la vitesse d'un point.
Moment d'inertie : l'inertie de rotation dépend de la place de la masse, pas seulement de sa quantité.
Dynamique de rotation : \(\sum M = I\alpha\), énergie de rotation, roulement sans glissement.
Moment cinétique : sa conservation explique la patineuse, les pulsars et la toupie.
Référentiels tournants : forces centrifuge et de Coriolis, cyclones, pendule de Foucault.
Synthèse : le dictionnaire translation/rotation et une méthode pour les problèmes.
Prérequis
Le moment d'une force (chapitre 1, Statique), le MCU et l'accélération normale \(a_n = v^{2}/r\) (chapitre 2), la deuxième loi de Newton et l'énergie (chapitre 3). Pour l'Université : produit vectoriel, intégrales simples et multiples.
So far we have treated objects as points. A car, a ball, a planet: a single point carrying all the mass. This model works as long as we only care about the path of the centre of mass.
But a wheel spins. A top stays upright. A diver does somersaults. To describe this we need a richer model: the rigid body, whose points all keep the same distances from one another.
Good news: rotation is described with the same ideas as translation. Each quantity has a twin. Mass becomes the moment of inertia, force becomes torque, momentum becomes angular momentum. This chapter builds that dictionary, step by step.
The plan
Angular quantities: angle, angular velocity and acceleration, link with the speed of a point.
Moment of inertia: rotational inertia depends on where the mass is, not only on how much.
Rotational dynamics: \(\sum M = I\alpha\), rotational energy, rolling without slipping.
Angular momentum: its conservation explains the skater, pulsars and the spinning top.
Rotating frames: centrifugal and Coriolis forces, hurricanes, Foucault's pendulum.
Summary: the translation/rotation dictionary and a method for problems.
Prerequisites
The moment of a force (chapter 1, Statics), uniform circular motion and the normal acceleration \(a_n = v^{2}/r\) (chapter 2), Newton's second law and energy (chapter 3). For University: cross product, single and multiple integrals.
Chapitre 5 · Rotation
Angle, vitesse et accélération angulaires
Tous les points d'une roue tournent ensemble, mais ils ne vont pas à la même vitesse. Comment décrire ce mouvement avec une seule grandeur ?
Chapter 5 · Rotation
Angle, angular velocity and acceleration
All the points of a wheel turn together, yet they do not move at the same speed. How can we describe this motion with a single quantity?
Un seul angle pour tout le solide
Prends un solide qui tourne autour d'un axe fixe. Un point près de l'axe parcourt un petit cercle. Un point au bord parcourt un grand cercle. Leurs vitesses diffèrent. Pourtant, pendant le même temps, tous deux balaient le même angle.
C'est l'idée clé : on repère la position du solide entier par un seul angle \(\theta\), mesuré en radians. Un radian, c'est l'angle qui intercepte un arc de longueur égale au rayon. Un tour complet vaut \(2\pi\) rad.
Le radian n'est pas un choix de confort. C'est lui qui rend la relation entre arc et angle aussi simple que possible :
\[ s = r\,\theta \]
Cette formule n'est vraie qu'avec \(\theta\) en radians. Avec des degrés, il faudrait un facteur \(\pi/180\) partout.
Le point P, à la distance r de l'axe O, a tourné de θ. Il a parcouru l'arc s = rθ. Sa vitesse est tangente au cercle. En rotation uniforme, son accélération pointe vers le centre.
Vitesse et accélération angulaires
La vitesse angulaire dit à quelle vitesse l'angle change. L'accélération angulaire dit à quelle vitesse la vitesse angulaire change :
Pour une rotation à vitesse constante, \(\omega = 2\pi/T = 2\pi f\), avec \(T\) la période et \(f\) la fréquence (tours par seconde). Les moteurs donnent souvent des tours par minute : \(\omega = 2\pi \cdot n/60\).
Du solide au point
Dérive \(s = r\theta\) par rapport au temps. Comme \(r\) est constant, tu obtiens la vitesse du point. Dérive encore : l'accélération tangentielle. L'accélération normale, tu la connais du MCU :
\[ v = \omega\, r \]\[ a_t = \alpha\, r \]\[ a_n = \frac{v^{2}}{r} = \omega^{2} r \]
Tout est proportionnel à \(r\). Le centre ne bouge pas. Le bord va le plus vite. Les deux composantes de l'accélération ont des rôles différents : \(a_t\) change la norme de la vitesse, \(a_n\) change sa direction.
Erreur fréquente
« La roue tourne à 300 tours/min, donc \(\omega = 300\). » Non : \(\omega = 300 \cdot 2\pi / 60 = 31{,}4\) rad/s. Convertis toujours en rad/s avant d'utiliser \(v = \omega r\).
Rotation uniformément accélérée
Si \(\alpha\) est constante, les équations du MRUA ont des jumelles exactes. Il suffit de remplacer \(x\) par \(\theta\), \(v\) par \(\omega\) et \(a\) par \(\alpha\) :
Un vélo roule à 36 km/h. Ses roues ont un rayon de 35 cm. Il freine régulièrement et s'arrête en 4,0 s. Que vaut la vitesse angulaire des roues ? Combien de tours font-elles pendant le freinage ? Quelle accélération subit la valve au bord de la roue, avant le freinage ?
Convertis la vitesse : 36 km/h = 10 m/s. Si la roue roule sans glisser, le centre avance à la vitesse du bord par rapport au centre (on le montre dans la page Dynamique de rotation).
Vérification : \(d = v^{2}/(2a)\) avec \(a = 10/4 = 2{,}5\) m/s² donne bien 20 m. La valve subit près de 29 g : c'est pour cela que la boue est projetée des pneus.
En 3D : le vecteur rotation
Dans l'espace, une rotation a un axe. On la décrit par un vecteur \(\vec\omega\) : sa norme est la vitesse angulaire, sa direction est celle de l'axe, et son sens suit la règle de la main droite. Les doigts de la main droite s'enroulent dans le sens de la rotation, le pouce donne \(\vec\omega\). Avec l'origine O sur l'axe, la vitesse de chaque point du solide est un produit vectoriel :
\[ \vec v = \vec\omega \times \vec r = \begin{pmatrix} \omega_y z - \omega_z y \\ \omega_z x - \omega_x z \\ \omega_x y - \omega_y x \end{pmatrix} \]
On retrouve \(v = \omega\, r_\perp\), où \(r_\perp\) est la distance du point à l'axe. La vitesse est perpendiculaire à la fois à l'axe et au rayon.
Calcul guidé : vitesse d'un point d'un solide en 3D
Un solide tourne autour de l'axe \(z\) avec \(\vec\omega = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 2 \end{pmatrix}\) rad/s. Quelle est la vitesse du point \(\vec r = \begin{pmatrix} 0{,}3 \\ 0{,}4 \\ 0{,}5 \end{pmatrix}\) m ?
Contrôle : la distance à l'axe \(z\) vaut \(r_\perp = \sqrt{0{,}3^{2} + 0{,}4^{2}} = 0{,}5\) m, et \(\omega\, r_\perp = 2 \cdot 0{,}5 = 1{,}0\) m/s. La hauteur \(z = 0{,}5\) m ne joue aucun rôle.
Même calcul pour la Terre : \(\omega = 7{,}29 \cdot 10^{-5}\) rad/s selon l'axe des pôles. À Saint-Maurice (latitude 46,2°), \(r_\perp = R\cos 46{,}2^\circ\) et \(v = 7{,}29 \cdot 10^{-5} \cdot 6{,}371 \cdot 10^{6} \cdot \cos 46{,}2^\circ \approx 322\) m/s, vers l'est.
Je retiens
Un solide en rotation se décrit par un seul angle \(\theta\), en radians.
\(\omega = \dot\theta\) et \(\alpha = \dot\omega\) sont les mêmes pour tous les points.
Un point à la distance \(r\) : \(v = \omega r\), \(a_t = \alpha r\), \(a_n = \omega^{2} r\).
Si \(\alpha\) est constante, les formules du MRUA s'appliquent avec \(\theta, \omega, \alpha\).
Université
Accélération d'un point, en vecteurs
Pour une rotation autour d'un axe de direction \(\hat u\), on définit le vecteur \(\vec\omega = \omega\,\hat u\), orienté par la règle de la main droite : les doigts suivent la rotation, le pouce donne \(\vec\omega\). La vitesse de tout point du solide s'écrit alors, avec O sur l'axe :
\[ \vec v = \vec\omega \times \vec r \]
Vérifie la norme : \(|\vec\omega \times \vec r| = \omega\, r \sin\gamma = \omega\, r_\perp\), où \(r_\perp\) est la distance à l'axe. On retrouve \(v = \omega r\). Dérive une fois de plus, à axe fixe :
\[ \vec a = \dot{\vec\omega} \times \vec r + \vec\omega \times (\vec\omega \times \vec r) \]
Le premier terme est l'accélération tangentielle, le second l'accélération centripète \(-\omega^{2}\vec r_\perp\). Cette écriture vaut dans tout l'espace, pas seulement dans le plan du cercle.
Mouvement général d'un solide
Le théorème de Chasles dit que le mouvement le plus général d'un solide est, à chaque instant, la composée d'une translation et d'une rotation. Pour deux points A et B du solide :
C'est la relation de transport des vitesses. Elle montre que \(\vec\omega\) ne dépend pas du point choisi : c'est une propriété du solide entier. Pour une roue qui roule sans glisser, prends A au contact (\(\vec v_A = \vec 0\)) : la roue tourne à chaque instant autour de son point de contact. C'est l'axe instantané de rotation.
Attention : les rotations finies ne s'additionnent pas comme des vecteurs. Tourne un livre de 90° autour de x puis de y, puis recommence dans l'autre ordre : le résultat diffère. Seules les vitesses angulaires (rotations infinitésimales) s'additionnent comme des vecteurs.
A single angle for the whole body
Take a body rotating about a fixed axis. A point near the axis travels round a small circle. A point at the rim travels round a large one. Their speeds differ. Yet in the same time both sweep the same angle.
That is the key idea: we locate the whole body with a single angle \(\theta\), measured in radians. One radian is the angle that cuts off an arc as long as the radius. A full turn is \(2\pi\) rad.
The radian is not a matter of taste. It is what makes the link between arc and angle as simple as possible:
\[ s = r\,\theta \]
This formula only holds with \(\theta\) in radians. With degrees, a factor \(\pi/180\) would appear everywhere.
Point P, at distance r from the axis O, has turned through θ. It has travelled the arc s = rθ. Its velocity is tangent to the circle. In uniform rotation, its acceleration points to the centre.
Angular velocity and acceleration
Angular velocity says how fast the angle changes. Angular acceleration says how fast the angular velocity changes:
For rotation at constant rate, \(\omega = 2\pi/T = 2\pi f\), with \(T\) the period and \(f\) the frequency (turns per second). Engines are often rated in revolutions per minute: \(\omega = 2\pi \cdot n/60\).
From the body to a point
Differentiate \(s = r\theta\) with respect to time. Since \(r\) is constant, you get the speed of the point. Differentiate again: the tangential acceleration. The normal acceleration you know from uniform circular motion:
\[ v = \omega\, r \]\[ a_t = \alpha\, r \]\[ a_n = \frac{v^{2}}{r} = \omega^{2} r \]
Everything is proportional to \(r\). The centre does not move. The rim is fastest. The two components of acceleration play different roles: \(a_t\) changes the magnitude of the velocity, \(a_n\) changes its direction.
Common mistake
"The wheel turns at 300 rpm, so \(\omega = 300\)." No: \(\omega = 300 \cdot 2\pi / 60 = 31.4\) rad/s. Always convert to rad/s before using \(v = \omega r\).
Uniformly accelerated rotation
If \(\alpha\) is constant, the equations of uniform acceleration have exact twins. Just replace \(x\) by \(\theta\), \(v\) by \(\omega\) and \(a\) by \(\alpha\):
A bike rides at 36 km/h. Its wheels have a radius of 35 cm. It brakes steadily and stops in 4.0 s. What is the angular velocity of the wheels? How many turns do they make while braking? What acceleration does the valve at the rim feel, before braking?
Convert the speed: 36 km/h = 10 m/s. If the wheel rolls without slipping, the centre moves at the speed of the rim relative to the centre (shown on the Rotational dynamics page).
Check: \(d = v^{2}/(2a)\) with \(a = 10/4 = 2.5\) m/s² does give 20 m. The valve feels nearly 29 g: that is why mud flies off tyres.
In 3D: the rotation vector
In space, a rotation has an axis. It is described by a vector \(\vec\omega\): its magnitude is the angular speed, its direction is that of the axis, and its sense follows the right-hand rule. The fingers of the right hand curl in the sense of rotation, the thumb gives \(\vec\omega\). With the origin O on the axis, the velocity of every point of the body is a cross product:
\[ \vec v = \vec\omega \times \vec r = \begin{pmatrix} \omega_y z - \omega_z y \\ \omega_z x - \omega_x z \\ \omega_x y - \omega_y x \end{pmatrix} \]
This gives back \(v = \omega\, r_\perp\), where \(r_\perp\) is the distance from the point to the axis. The velocity is perpendicular both to the axis and to the radius.
Guided calculation: velocity of a point of a body in 3D
A body turns about the \(z\) axis with \(\vec\omega = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 2 \end{pmatrix}\) rad/s. What is the velocity of the point \(\vec r = \begin{pmatrix} 0.3 \\ 0.4 \\ 0.5 \end{pmatrix}\) m?
Check: the distance to the \(z\) axis is \(r_\perp = \sqrt{0.3^{2} + 0.4^{2}} = 0.5\) m, and \(\omega\, r_\perp = 2 \times 0.5 = 1.0\) m/s. The height \(z = 0.5\) m plays no role.
Same calculation for the Earth: \(\omega = 7.29 \times 10^{-5}\) rad/s along the polar axis. At Saint-Maurice (latitude 46.2°), \(r_\perp = R\cos 46.2^\circ\) and \(v = 7.29 \times 10^{-5} \times 6.371 \times 10^{6} \times \cos 46.2^\circ \approx 322\) m/s, eastwards.
Remember
A rotating body is described by a single angle \(\theta\), in radians.
\(\omega = \dot\theta\) and \(\alpha = \dot\omega\) are the same for every point.
A point at distance \(r\): \(v = \omega r\), \(a_t = \alpha r\), \(a_n = \omega^{2} r\).
If \(\alpha\) is constant, the uniform-acceleration formulas apply with \(\theta, \omega, \alpha\).
University
Acceleration of a point, as vectors
For rotation about an axis of direction \(\hat u\), define the vector \(\vec\omega = \omega\,\hat u\), oriented by the right-hand rule: the fingers follow the rotation, the thumb gives \(\vec\omega\). The velocity of any point of the body is then, with O on the axis:
\[ \vec v = \vec\omega \times \vec r \]
Check the magnitude: \(|\vec\omega \times \vec r| = \omega\, r \sin\gamma = \omega\, r_\perp\), where \(r_\perp\) is the distance to the axis. We recover \(v = \omega r\). Differentiate once more, with a fixed axis:
\[ \vec a = \dot{\vec\omega} \times \vec r + \vec\omega \times (\vec\omega \times \vec r) \]
The first term is the tangential acceleration, the second the centripetal acceleration \(-\omega^{2}\vec r_\perp\). This form holds everywhere in space, not only in the plane of the circle.
General motion of a rigid body
Chasles' theorem says that the most general motion of a rigid body is, at each instant, a translation combined with a rotation. For two points A and B of the body:
This is the velocity transfer relation. It shows that \(\vec\omega\) does not depend on the chosen point: it belongs to the whole body. For a wheel rolling without slipping, take A at the contact (\(\vec v_A = \vec 0\)): at each instant the wheel rotates about its contact point. This is the instantaneous axis of rotation.
Careful: finite rotations do not add like vectors. Turn a book by 90° about x then about y, then repeat in the other order: the result differs. Only angular velocities (infinitesimal rotations) add as vectors.
Exemples résolusWorked examples
La rotation de la Terre
La Terre fait un tour en un jour sidéral, \(T = 86\,164\) s (et non 86 400 s : le jour solaire contient aussi un petit morceau de tour dû au déplacement autour du Soleil).
\[ a_n = \Omega^{2} R = 0{,}0339\ \text{m/s}^{2} \]
Tu files à plus de 1600 km/h sans le sentir : c'est la vitesse constante qui ne se sent pas. L'accélération centripète vaut 0,35 % de \(g\). Elle allège un peu les objets à l'équateur.
Le disque dur
Un disque dur tourne à 7200 tours/min. La tête lit une piste à 4,0 cm du centre.
\[ v = \omega r = 754 \cdot 0{,}040 = 30\ \text{m/s} \]
La piste défile sous la tête à 108 km/h, à quelques nanomètres de distance.
Vitesse d'un point de la roue qui roule
Une roue de rayon \(R\) roule sans glisser, centre à la vitesse \(v\). Le point de contact I est immobile : la roue tourne autour de I avec \(\omega = v/R\). Un point P du bord, repéré par l'angle \(\varphi\) au centre depuis I, est à la distance \(IP = 2R\sin(\varphi/2)\) de I.
\[ v_P = \omega \cdot IP = 2v\sin\frac{\varphi}{2} \]
En haut (\(\varphi = 180^\circ\)), \(v_P = 2v\). La vitesse de P est perpendiculaire à IP. Les rayons du haut d'une roue de vélo paraissent flous sur une photo, ceux du bas restent nets.
The Earth's rotation
The Earth turns once per sidereal day, \(T = 86\,164\) s (not 86 400 s: the solar day also contains a small extra bit of turn due to the motion around the Sun).
You travel at more than 1600 km/h without feeling it: constant velocity cannot be felt. The centripetal acceleration is 0.35 % of \(g\). It makes objects slightly lighter at the equator.
The hard disk
A hard disk spins at 7200 rpm. The head reads a track 4.0 cm from the centre.
\[ v = \omega r = 754 \times 0.040 = 30\ \text{m/s} \]
The track runs under the head at 108 km/h, a few nanometres away.
Speed of a point on a rolling wheel
A wheel of radius \(R\) rolls without slipping, its centre at speed \(v\). The contact point I is at rest: the wheel rotates about I with \(\omega = v/R\). A rim point P, located by the angle \(\varphi\) at the centre measured from I, is at distance \(IP = 2R\sin(\varphi/2)\) from I.
\[ v_P = \omega \cdot IP = 2v\sin\frac{\varphi}{2} \]
At the top (\(\varphi = 180^\circ\)), \(v_P = 2v\). The velocity of P is perpendicular to IP. The top spokes of a bike wheel look blurred in a photo, the bottom ones stay sharp.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 5 · Rotation
Le moment d'inertie
Deux objets de même masse peuvent être très différents à faire tourner. Ce qui compte, c'est où se trouve la masse.
Chapter 5 · Rotation
The moment of inertia
Two objects of the same mass can be very different to spin. What matters is where the mass is.
Une expérience pour commencer
Prends un balai. Fais-le tourner rapidement autour de son manche, comme une hélice dont l'axe est le manche. C'est facile. Maintenant, tiens-le par le bout du manche et fais-le tourner dans un plan vertical. C'est beaucoup plus dur. La masse est la même. Qu'est-ce qui a changé ?
Dans le premier cas, toute la masse est proche de l'axe. Dans le second, la tête du balai est loin de l'axe. Pour la faire tourner, il faut la lancer sur un grand cercle, donc à grande vitesse.
D'où vient la formule
Découpe le solide en petits morceaux de masse \(m_i\), à la distance \(r_i\) de l'axe. Chaque morceau a la vitesse \(v_i = \omega r_i\). L'énergie cinétique totale vaut :
La parenthèse ne dépend que de la répartition de la masse. On l'appelle moment d'inertie par rapport à l'axe :
\[ I = \sum_i m_i\, r_i^{2} \]\[ (\text{kg·m}^{2}) \]
\[ E_c = \tfrac{1}{2} I \omega^{2} \]
Compare avec \(\frac{1}{2}mv^{2}\) : \(I\) joue pour la rotation le rôle que joue \(m\) pour la translation. La distance intervient au carré. Une masse deux fois plus loin compte quatre fois plus.
Même masse totale, même barre. Éloigner les masses de l'axe d'un facteur 2 multiplie le moment d'inertie par 4.
Le tableau à connaître
Pour les formes simples et homogènes, la somme devient une intégrale (voir la partie Université). Le résultat s'écrit toujours \(I = k\,mR^{2}\), avec un nombre \(k\) qui ne dépend que de la forme :
Objet (axe)
I
Point à la distance r
\(m r^{2}\)
Anneau, cylindre creux mince (son axe)
\(m R^{2}\)
Disque, cylindre plein (son axe)
\(\frac{1}{2} m R^{2}\)
Sphère pleine (un diamètre)
\(\frac{2}{5} m R^{2}\)
Sphère creuse mince (un diamètre)
\(\frac{2}{3} m R^{2}\)
Barre de longueur L (axe au centre)
\(\frac{1}{12} m L^{2}\)
Barre de longueur L (axe au bout)
\(\frac{1}{3} m L^{2}\)
Lis ce tableau avec ton intuition. L'anneau a toute sa masse au bord : \(k = 1\), le maximum. Le disque a de la masse partout entre le centre et le bord : \(k = 1/2\). La sphère pleine a beaucoup de masse près de l'axe (les « pôles » sont proches de l'axe) : \(k = 2/5\), le plus petit.
Changer d'axe : le théorème de Huygens-Steiner
Le moment d'inertie dépend de l'axe. Si tu connais \(I_G\) autour d'un axe passant par le centre de masse G, tu obtiens celui autour de n'importe quel axe parallèle, à la distance \(d\) :
\[ I = I_G + m\,d^{2} \]
Le moment d'inertie autour d'un axe parallèle vaut celui autour de G, plus la masse totale fois le carré de la distance entre les axes.
Interprétation : tourner autour d'un axe décalé, c'est faire tourner le solide autour de son centre de masse et faire décrire un cercle de rayon \(d\) au centre de masse. Les deux contributions s'ajoutent. Conséquence : l'axe passant par G donne toujours le plus petit moment d'inertie d'une famille d'axes parallèles.
Attention
Le théorème relie deux axes parallèles dont l'un passe par G. On ne peut pas l'appliquer entre deux axes quelconques sans passer par G : \(I_2 = I_1 - m d_1^{2} + m d_2^{2}\).
Calcul guidé
Une barre homogène de 0,60 kg et de 1,0 m porte à chaque bout une masse de 0,20 kg (assimilée à un point). Calcule le moment d'inertie autour d'un axe perpendiculaire passant par le centre, puis autour d'un axe passant par un bout.
Le moment d'inertie est additif : on additionne barre et masses, autour du même axe.
Autour du centre. Barre : \(\frac{1}{12} m L^{2}\). Chaque masse est à \(L/2 = 0{,}50\) m :
Vérification directe : barre \(\frac{1}{3}mL^{2} = 0{,}200\), masse au pivot 0, masse au bout \(0{,}20 \cdot 1{,}0^{2} = 0{,}200\). Total 0,400 kg·m². C'est cohérent.
Le moment d'inertie a presque triplé en déplaçant l'axe de 50 cm. Pense au balai.
Je retiens
\(I = \sum m_i r_i^{2}\) : la masse compte, sa distance à l'axe compte au carré.
\(E_c = \frac{1}{2} I \omega^{2}\).
Formes simples : \(I = k\,mR^{2}\), avec \(k\) entre 2/5 (sphère pleine) et 1 (anneau).
Huygens-Steiner : \(I = I_G + m d^{2}\), entre axes parallèles.
Université
Calculer I par intégration
Pour un corps continu, la somme devient une intégrale sur la masse, avec \(r_\perp\) la distance à l'axe :
\[ I = \int r_\perp^{2}\, \mathrm{d}m \]
La stratégie est toujours la même : découper le corps en éléments dont on connaît déjà le moment d'inertie, puis sommer.
Disque : on somme des anneaux, dont chaque masse est à la même distance r de l'axe. Sphère : on somme des disques empilés le long de l'axe.
Le disque
Masse surfacique \(\sigma = M/(\pi R^{2})\). Un anneau de rayon \(r\) et d'épaisseur \(\mathrm{d}r\) a la masse \(\mathrm{d}m = \sigma\, 2\pi r\, \mathrm{d}r\), toute à la distance \(r\) :
\[ I = \int_0^R r^{2}\, \sigma\, 2\pi r\, \mathrm{d}r = \frac{\pi \sigma R^{4}}{2} = \frac{1}{2} M R^{2} \]
La sphère pleine
Masse volumique \(\rho = 3M/(4\pi R^{3})\). Un disque à la hauteur \(z\), de rayon \(\sqrt{R^{2} - z^{2}}\) et d'épaisseur \(\mathrm{d}z\), a la masse \(\mathrm{d}m = \rho\pi(R^{2} - z^{2})\,\mathrm{d}z\) et le moment d'inertie \(\frac{1}{2}\,\mathrm{d}m\,(R^{2} - z^{2})\) :
\[ I = \frac{\rho\pi}{2}\int_{-R}^{R} (R^{2} - z^{2})^{2}\, \mathrm{d}z \]
\[ I = \frac{\rho\pi}{2} \cdot \frac{16 R^{5}}{15} = \frac{8\pi\rho R^{5}}{15} = \frac{2}{5} M R^{2} \]
Théorème des axes perpendiculaires
Pour une plaque plane dans le plan xy : \(I_z = I_x + I_y\), car \(x^{2} + y^{2} = r^{2}\). Pour un disque, par symétrie \(I_x = I_y\), donc le moment d'inertie autour d'un diamètre vaut \(\frac{1}{4} M R^{2}\).
Le tenseur d'inertie
En général, \(\vec L\) n'est pas parallèle à \(\vec\omega\). On écrit \(\vec L = \mathbf{I}\,\vec\omega\), avec la matrice symétrique 3 × 3 :
Comme toute matrice symétrique réelle, elle se diagonalise dans une base orthonormée : les axes principaux d'inertie. Ils sont souvent visibles par symétrie. Autour d'un axe principal, \(\vec L\) et \(\vec\omega\) sont parallèles et la rotation peut se faire sans moment extérieur. Une roue de voiture mal équilibrée tourne autour d'un axe qui n'est pas principal : \(\vec L\) tourne avec la roue, il faut un moment pour le faire tourner, et ce moment fait vibrer le volant. On ajoute de petites masses pour rendre l'axe principal.
L'énergie s'écrit \(E_c = \frac{1}{2}\,\vec\omega \cdot \mathbf{I}\,\vec\omega\). Pour un solide aux trois moments principaux distincts, la rotation autour de l'axe intermédiaire est instable : c'est l'effet Djanibekov, ou effet de la raquette de tennis.
An experiment to begin
Take a broom. Spin it quickly about its handle, like a propeller whose axis is the handle. Easy. Now hold it by the end of the handle and swing it round in a vertical plane. Much harder. The mass is the same. What has changed?
In the first case, all the mass is close to the axis. In the second, the broom head is far from the axis. To spin it, you must send it round a large circle, so at high speed.
Where the formula comes from
Cut the body into small pieces of mass \(m_i\), at distance \(r_i\) from the axis. Each piece has speed \(v_i = \omega r_i\). The total kinetic energy is:
The bracket depends only on how the mass is spread. It is called the moment of inertia about the axis:
\[ I = \sum_i m_i\, r_i^{2} \]\[ (\text{kg·m}^{2}) \]
\[ E_k = \tfrac{1}{2} I \omega^{2} \]
Compare with \(\frac{1}{2}mv^{2}\): \(I\) plays for rotation the role \(m\) plays for translation. Distance enters squared. A mass twice as far counts four times as much.
Same total mass, same bar. Moving the masses twice as far from the axis multiplies the moment of inertia by 4.
The table to know
For simple uniform shapes, the sum becomes an integral (see the University part). The result always reads \(I = k\,mR^{2}\), with a number \(k\) that depends only on the shape:
Object (axis)
I
Point at distance r
\(m r^{2}\)
Ring, thin hollow cylinder (its axis)
\(m R^{2}\)
Disc, solid cylinder (its axis)
\(\frac{1}{2} m R^{2}\)
Solid sphere (a diameter)
\(\frac{2}{5} m R^{2}\)
Thin hollow sphere (a diameter)
\(\frac{2}{3} m R^{2}\)
Rod of length L (axis at centre)
\(\frac{1}{12} m L^{2}\)
Rod of length L (axis at one end)
\(\frac{1}{3} m L^{2}\)
Read this table with your intuition. The ring has all its mass at the rim: \(k = 1\), the maximum. The disc has mass everywhere between centre and rim: \(k = 1/2\). The solid sphere has a lot of mass close to the axis (the "poles" are near the axis): \(k = 2/5\), the smallest.
Changing axis: the parallel axis theorem
The moment of inertia depends on the axis. If you know \(I_G\) about an axis through the centre of mass G, you get it about any parallel axis at distance \(d\):
\[ I = I_G + m\,d^{2} \]
The moment of inertia about a parallel axis equals the one about G, plus the total mass times the square of the distance between the axes.
Interpretation: rotating about an offset axis means spinning the body about its centre of mass and sending the centre of mass round a circle of radius \(d\). The two contributions add. Consequence: the axis through G always gives the smallest moment of inertia in a family of parallel axes.
Careful
The theorem links two parallel axes, one of which passes through G. You cannot apply it between two arbitrary axes without going through G: \(I_2 = I_1 - m d_1^{2} + m d_2^{2}\).
Guided calculation
A uniform 0.60 kg, 1.0 m rod carries a 0.20 kg mass at each end (treated as a point). Work out the moment of inertia about a perpendicular axis through the centre, then about an axis through one end.
Moments of inertia add up: add rod and masses, about the same axis.
About the centre. Rod: \(\frac{1}{12} m L^{2}\). Each mass is at \(L/2 = 0.50\) m:
Direct check: rod \(\frac{1}{3}mL^{2} = 0.200\), mass at the pivot 0, mass at the far end \(0.20 \times 1.0^{2} = 0.200\). Total 0.400 kg·m². Consistent.
The moment of inertia almost tripled by moving the axis 50 cm. Think of the broom.
Remember
\(I = \sum m_i r_i^{2}\): mass counts, its distance to the axis counts squared.
\(E_k = \frac{1}{2} I \omega^{2}\).
Simple shapes: \(I = k\,mR^{2}\), with \(k\) between 2/5 (solid sphere) and 1 (ring).
Parallel axes: \(I = I_G + m d^{2}\).
University
Computing I by integration
For a continuous body, the sum becomes an integral over the mass, with \(r_\perp\) the distance to the axis:
\[ I = \int r_\perp^{2}\, \mathrm{d}m \]
The strategy is always the same: cut the body into elements whose moment of inertia you already know, then sum.
Disc: sum rings, each with all its mass at the same distance r from the axis. Sphere: sum discs stacked along the axis.
The disc
Surface density \(\sigma = M/(\pi R^{2})\). A ring of radius \(r\) and width \(\mathrm{d}r\) has mass \(\mathrm{d}m = \sigma\, 2\pi r\, \mathrm{d}r\), all at distance \(r\):
\[ I = \int_0^R r^{2}\, \sigma\, 2\pi r\, \mathrm{d}r = \frac{\pi \sigma R^{4}}{2} = \frac{1}{2} M R^{2} \]
The solid sphere
Density \(\rho = 3M/(4\pi R^{3})\). A disc at height \(z\), of radius \(\sqrt{R^{2} - z^{2}}\) and thickness \(\mathrm{d}z\), has mass \(\mathrm{d}m = \rho\pi(R^{2} - z^{2})\,\mathrm{d}z\) and moment of inertia \(\frac{1}{2}\,\mathrm{d}m\,(R^{2} - z^{2})\):
\[ I = \frac{\rho\pi}{2}\int_{-R}^{R} (R^{2} - z^{2})^{2}\, \mathrm{d}z \]
\[ I = \frac{\rho\pi}{2} \cdot \frac{16 R^{5}}{15} = \frac{8\pi\rho R^{5}}{15} = \frac{2}{5} M R^{2} \]
Perpendicular axis theorem
For a flat plate in the xy plane: \(I_z = I_x + I_y\), because \(x^{2} + y^{2} = r^{2}\). For a disc, by symmetry \(I_x = I_y\), so the moment of inertia about a diameter is \(\frac{1}{4} M R^{2}\).
The inertia tensor
In general, \(\vec L\) is not parallel to \(\vec\omega\). We write \(\vec L = \mathbf{I}\,\vec\omega\), with the symmetric 3 × 3 matrix:
Like any real symmetric matrix, it can be diagonalised in an orthonormal basis: the principal axes of inertia. They are often visible by symmetry. About a principal axis, \(\vec L\) and \(\vec\omega\) are parallel and the rotation can go on without external torque. A badly balanced car wheel spins about an axis that is not principal: \(\vec L\) turns with the wheel, a torque is needed to turn it, and that torque shakes the steering wheel. Small masses are added to make the axis principal.
The energy reads \(E_k = \frac{1}{2}\,\vec\omega \cdot \mathbf{I}\,\vec\omega\). For a body with three distinct principal moments, rotation about the intermediate axis is unstable: the Dzhanibekov effect, or tennis racket effect.
Exemples résolusWorked examples
Huygens-Steiner : le pendule pesant
Une barre de 1 m oscille autour d'un bout. Avec Huygens-Steiner, \(I = \frac{1}{12} m L^{2} + m (L/2)^{2} = \frac{1}{3} m L^{2}\). Le centre de masse est à \(d = L/2\). Pour les petites oscillations, \(I\ddot\theta = -m g d\,\theta\) :
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{I}{m g d}} = 2\pi\sqrt{\frac{2L}{3g}} \]
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{2}{3 \cdot 9{,}81}} \approx 1{,}64\ \text{s} \]
Un pendule simple de 1 m mettrait 2,01 s. La barre est plus rapide : sa masse est répartie plus près de l'axe.
Pourquoi les funambules ont une longue perche
Une perche de 8 kg et de 10 m, tenue au milieu : \(I = \frac{1}{12} \cdot 8 \cdot 10^{2} = 67\) kg·m². Un corps humain de 70 kg qui bascule autour de ses pieds a \(I \approx \frac{1}{3} \cdot 70 \cdot 1{,}8^{2} = 76\) kg·m².
La perche double presque l'inertie de rotation. Le même déséquilibre produit une accélération angulaire deux fois plus faible : le funambule a deux fois plus de temps pour corriger.
Barre de densité variable
Une barre de longueur \(L\) a une masse linéique \(\lambda(x) = \lambda_0\, x/L\), nulle en \(x = 0\). Masse : \(M = \int_0^L \lambda\,\mathrm{d}x = \lambda_0 L/2\). Moment d'inertie autour du bout léger :
A 1 m rod swings about one end. With the parallel axis theorem, \(I = \frac{1}{12} m L^{2} + m (L/2)^{2} = \frac{1}{3} m L^{2}\). The centre of mass is at \(d = L/2\). For small swings, \(I\ddot\theta = -m g d\,\theta\):
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{I}{m g d}} = 2\pi\sqrt{\frac{2L}{3g}} \]
\[ T = 2\pi\sqrt{\frac{2}{3 \times 9.81}} \approx 1.64\ \text{s} \]
A 1 m simple pendulum would take 2.01 s. The rod is faster: its mass is spread closer to the axis.
Why tightrope walkers carry a long pole
An 8 kg, 10 m pole held in the middle: \(I = \frac{1}{12} \times 8 \times 10^{2} = 67\) kg·m². A 70 kg human body tipping about its feet has \(I \approx \frac{1}{3} \times 70 \times 1.8^{2} = 76\) kg·m².
The pole almost doubles the rotational inertia. The same imbalance produces half the angular acceleration: the walker has twice as long to correct it.
Rod of varying density
A rod of length \(L\) has linear density \(\lambda(x) = \lambda_0\, x/L\), zero at \(x = 0\). Mass: \(M = \int_0^L \lambda\,\mathrm{d}x = \lambda_0 L/2\). Moment of inertia about the light end:
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 5 · Rotation
Moment de force, ΣM = Iα et roulement
Qu'est-ce qui met un objet en rotation, et à quel rythme ? Puis la course la plus surprenante de la mécanique : qui descend une pente le plus vite en roulant ?
Chapter 5 · Rotation
Torque, ΣM = Iα and rolling
What sets an object spinning, and how fast? Then the most surprising race in mechanics: what rolls down a slope fastest?
Le moment d'une force
Pour ouvrir une porte, tu pousses près de la poignée, loin des gonds. Tu pousses perpendiculairement à la porte. Pousser près des gonds, ou dans la direction des gonds, ne sert à rien. L'effet de rotation d'une force dépend donc de trois choses : son intensité, sa direction, et l'endroit où elle s'applique.
Tout cela tient dans le moment de force par rapport à l'axe O. On prolonge la droite d'action de la force. Le bras de levier \(d_\perp\) est la distance de O à cette droite :
\[ M = F\, d_\perp = r\,F \sin\varphi \]
Ici \(r\) est la distance de O au point d'application et \(\varphi\) l'angle entre \(\vec r\) et \(\vec F\). Unité : N·m. On compte le moment positif s'il fait tourner dans le sens choisi comme positif, négatif sinon.
Le bras de levier est la distance perpendiculaire de l'axe O à la droite d'action de F. Ici \(d_\perp = r\sin\varphi\).
La loi fondamentale de la rotation
Comment un moment change-t-il la rotation ? Raisonnons sur le solide découpé en morceaux \(m_i\). Le morceau \(i\) décrit un cercle de rayon \(r_i\). La composante tangentielle de la force qu'il reçoit lui donne l'accélération \(a_{t,i} = r_i\,\alpha\) :
\[ F_{t,i} = m_i\, r_i\, \alpha \]
Multiplie par \(r_i\) : à gauche, le moment de la force sur ce morceau.
\[ M_i = m_i\, r_i^{2}\, \alpha \]
Somme sur tous les morceaux. Les forces intérieures vont par paires opposées sur la même droite (3e loi) : leurs moments s'annulent deux à deux. Il reste les moments extérieurs :
\[ \sum M_{\text{ext}} = I\,\alpha \]
C'est la jumelle exacte de \(\sum F = m a\). Le moment d'inertie est la résistance au changement de rotation, comme la masse est la résistance au changement de vitesse.
Travail et puissance en rotation
Une force tangentielle \(F\) qui pousse un point sur un arc \(s = r\,\Delta\theta\) fournit le travail \(F\,r\,\Delta\theta\). Donc :
\[ W = M\,\Delta\theta \]\[ P = M\,\omega \]
C'est pour cela que la fiche technique d'un moteur donne un couple (en N·m) et une vitesse de rotation : leur produit est la puissance. Un moteur électrique de 200 N·m à 3000 tours/min fournit \(200 \cdot 314 = 63\) kW.
Calcul guidé : le seau et la poulie
Un seau de 3,0 kg pend à une corde enroulée sur une poulie. La poulie est un disque plein de 2,0 kg et de 10 cm de rayon, qui tourne sans frottement. On lâche le seau. Calcule son accélération, la tension de la corde et l'accélération angulaire de la poulie.
Deux objets, donc deux équations. Seau, axe vers le bas :
\[ m g - T = m a \]
Poulie : seule la tension a un moment (le poids et la réaction de l'axe passent par l'axe). Moment d'inertie \(\frac{1}{2}MR^{2}\) :
\[ T R = \tfrac{1}{2} M R^{2}\,\alpha \]
La corde ne glisse pas : l'accélération du seau égale l'accélération tangentielle du bord de la poulie, \(a = \alpha R\). La deuxième équation devient \(T = \frac{1}{2} M a\).
Additionne les deux équations pour éliminer \(T\) :
Vérifications. Sans poulie massive (\(M = 0\)), on retrouverait \(a = g\). La tension est bien inférieure au poids du seau (29,4 N) : sinon le seau ne descendrait pas. Tout se passe comme si la poulie ajoutait une masse \(\frac{1}{2}M\) à accélérer.
Rouler sans glisser
Une roue roule sans glisser si le point en contact avec le sol ne glisse pas : à chaque instant, il est immobile. Pendant un tour, la roue avance de son périmètre \(2\pi R\). Donc la vitesse du centre et la vitesse angulaire sont liées :
\[ v = \omega R \]\[ a = \alpha R \]
La vitesse d'un point de la roue est la somme de la vitesse du centre et de la vitesse de rotation autour du centre. En bas, elles s'annulent. En haut, elles s'ajoutent : le haut de la roue va deux fois plus vite que la voiture.
À chaque instant, la roue tourne autour de son point de contact. Chaque vitesse est perpendiculaire à la droite qui joint le point au contact, et proportionnelle à sa distance au contact.
L'énergie cinétique a deux parts, la translation du centre et la rotation autour du centre. Avec \(\omega = v/R\) et \(k = I/(mR^{2})\) :
\[ E_c = \tfrac{1}{2} m v^{2} + \tfrac{1}{2} I \omega^{2} = \tfrac{1}{2} m v^{2}\,(1 + k) \]
La course sur la pente
Lâche plusieurs objets du haut d'une pente de hauteur \(h\). Le frottement statique au contact ne travaille pas : le point de contact ne bouge pas. L'énergie se conserve donc :
\[ m g h = \tfrac{1}{2} m v^{2}\,(1 + k) \]
\[ v_{\text{bas}} = \sqrt{\frac{2 g h}{1 + k}} \]\[ a = \frac{g\sin\alpha}{1 + k} \]
La masse et le rayon ont disparu. Seule la forme compte, à travers \(k\). Une bille pleine (\(k = 0{,}4\)) bat un cylindre plein (\(k = 0{,}5\)), qui bat une balle creuse (\(k \approx 0{,}67\)), qui bat un anneau (\(k = 1\)). Un objet qui glisse sans frottement (\(k = 0\)) les bat tous : aucune énergie ne part dans la rotation.
Seul le frottement statique \(f\), au contact, a un moment par rapport au centre. C'est lui qui fait tourner le cylindre. Il est dirigé vers le haut de la pente.
Calcul guidé : la même course, avec les forces
Un cylindre plein de 2,0 kg roule sans glisser sur une pente de 30°. Retrouve son accélération avec les forces, puis le frottement nécessaire et le coefficient de frottement minimal.
Translation du centre, le long de la pente :
\[ m g\sin\alpha - f = m a \]
Rotation autour du centre : seul \(f\) a un moment, de bras \(R\).
\[ f R = I\alpha = k\,m R^{2}\,\frac{a}{R} \]\[ \Longrightarrow\quad f = k\,m a \]
Même résultat que par l'énergie. Sur de la glace (\(\mu_s \approx 0{,}05\)), le cylindre glisserait en partie : l'hypothèse « sans glisser » ne tiendrait plus.
Erreur fréquente
« Le frottement freine, donc il fait perdre de l'énergie. » Pas ici. En roulement sans glissement, le point de contact est immobile : le frottement statique ne travaille pas. Il ne fait que transférer de l'énergie de la translation vers la rotation.
Le moment en 3D : un produit vectoriel
Jusqu'ici, toutes les forces étaient dans le plan perpendiculaire à l'axe. En général, le moment d'une force \(\vec F\) appliquée au point \(\vec r\) (par rapport à O) est un vecteur :
\[ \vec M = \vec r \times \vec F = \begin{pmatrix} y F_z - z F_y \\ z F_x - x F_z \\ x F_y - y F_x \end{pmatrix} \]
Sa norme vaut \(r F \sin\varphi = F\,d_\perp\). Pour un solide qui tourne autour d'un axe fixe, seule la composante de \(\vec M\) le long de cet axe fait tourner. Les autres composantes tordent ou plient l'axe : ce sont les paliers qui les encaissent.
Calcul guidé : la clé et le boulon
Un boulon est dirigé selon \(z\). Tu tiens la clé à \(\vec r = \begin{pmatrix} 0{,}25 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\) m du boulon et tu tires avec \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 40 \\ -30 \end{pmatrix}\) N, un peu vers le bas.
Interprétation : seule la composante \(M_z = 10\) N·m fait tourner le boulon. La composante \(M_y = 7{,}5\) N·m plie le boulon sans le serrer. La force vers le bas (50 N au total, dont 30 N perdus) est mal utilisée.
Tire perpendiculairement au manche et au boulon : avec 50 N dans la direction \(y\), tu obtiendrais \(M_z = 12{,}5\) N·m. Teste dans la simulation .
Je retiens
Moment de force : \(M = F\,d_\perp\). Loi de la rotation : \(\sum M = I\alpha\).
Travail \(W = M\Delta\theta\), puissance \(P = M\omega\).
Sur une pente : \(a = g\sin\alpha/(1 + k)\). La forme compte, pas la masse ni le rayon.
Université
Les théorèmes de König et la boule de bowling
Pour un solide quelconque de masse \(M\) et de centre de masse G, l'énergie cinétique et le moment cinétique se séparent toujours en une partie « mouvement de G » et une partie « mouvement autour de G » :
Les grandeurs étoilées sont calculées dans le référentiel du centre de masse. Et la loi de rotation vaut autour de G même si G accélère : \(\mathrm{d}\vec L^{*}/\mathrm{d}t = \sum \vec M_G\). C'est ce qui justifie d'écrire \(fR = I\alpha\) autour du centre d'une roue qui descend une pente.
Glisser puis rouler
Une boule de bowling est lancée en glissant : vitesse \(v_0\), sans rotation. Le frottement cinétique \(\mu m g\) freine le centre et, par son moment, fait tourner la boule :
\[ v(t) = v_0 - \mu g\, t \]\[ \omega(t) = \frac{\mu m g R}{\frac{2}{5} m R^{2}}\, t = \frac{5\mu g}{2R}\, t \]
Autre méthode, plus élégante : le moment cinétique par rapport au point de contact sur le sol est conservé, car le frottement passe par ce point et le poids compense la réaction. \(m v_0 R = m v_1 R + \frac{2}{5} m R^{2}\,\frac{v_1}{R}\) donne directement \(v_1 = \frac{5}{7}v_0\). L'énergie perdue en chaleur vaut \(\frac{2}{7}\) de l'énergie initiale, quel que soit \(\mu\).
The moment of a force
To open a door, you push near the handle, far from the hinges. You push perpendicular to the door. Pushing near the hinges, or towards the hinges, does nothing. So the turning effect of a force depends on three things: its magnitude, its direction, and where it is applied.
All of this is captured by the torque (moment of force) about the axis O. Extend the line of action of the force. The lever arm \(d_\perp\) is the distance from O to that line:
\[ M = F\, d_\perp = r\,F \sin\varphi \]
Here \(r\) is the distance from O to the point of application and \(\varphi\) the angle between \(\vec r\) and \(\vec F\). Unit: N·m. The torque counts as positive if it turns in the direction chosen as positive, negative otherwise.
The lever arm is the perpendicular distance from the axis O to the line of action of F. Here \(d_\perp = r\sin\varphi\).
Newton's law for rotation
How does a torque change the rotation? Reason on the body cut into pieces \(m_i\). Piece \(i\) moves on a circle of radius \(r_i\). The tangential component of the force on it gives it the acceleration \(a_{t,i} = r_i\,\alpha\):
\[ F_{t,i} = m_i\, r_i\, \alpha \]
Multiply by \(r_i\): on the left, the torque of the force on that piece.
\[ M_i = m_i\, r_i^{2}\, \alpha \]
Sum over all pieces. Internal forces come in opposite pairs along the same line (3rd law): their torques cancel in pairs. What remains are the external torques:
\[ \sum M_{\text{ext}} = I\,\alpha \]
It is the exact twin of \(\sum F = m a\). The moment of inertia resists changes in rotation, as mass resists changes in velocity.
Work and power in rotation
A tangential force \(F\) pushing a point along an arc \(s = r\,\Delta\theta\) does the work \(F\,r\,\Delta\theta\). So:
\[ W = M\,\Delta\theta \]\[ P = M\,\omega \]
That is why an engine's data sheet gives a torque (in N·m) and a rotation rate: their product is the power. An electric motor delivering 200 N·m at 3000 rpm provides \(200 \times 314 = 63\) kW.
Guided calculation: the bucket and the pulley
A 3.0 kg bucket hangs from a rope wound on a pulley. The pulley is a solid 2.0 kg disc of radius 10 cm, turning without friction. The bucket is released. Work out its acceleration, the rope tension and the angular acceleration of the pulley.
Two objects, so two equations. Bucket, axis pointing down:
\[ m g - T = m a \]
Pulley: only the tension has a torque (weight and axle reaction pass through the axle). Moment of inertia \(\frac{1}{2}MR^{2}\):
\[ T R = \tfrac{1}{2} M R^{2}\,\alpha \]
The rope does not slip: the bucket's acceleration equals the tangential acceleration of the pulley rim, \(a = \alpha R\). The second equation becomes \(T = \frac{1}{2} M a\).
Checks. With a massless pulley (\(M = 0\)), we would get \(a = g\). The tension is indeed less than the bucket's weight (29.4 N): otherwise the bucket would not go down. It is as if the pulley added a mass \(\frac{1}{2}M\) to be accelerated.
Rolling without slipping
A wheel rolls without slipping if the point touching the ground does not slide: at each instant, it is at rest. In one turn, the wheel moves forward by its circumference \(2\pi R\). So the speed of the centre and the angular velocity are linked:
\[ v = \omega R \]\[ a = \alpha R \]
The velocity of a point on the wheel is the sum of the velocity of the centre and the velocity of rotation about the centre. At the bottom they cancel. At the top they add: the top of the wheel goes twice as fast as the car.
At each instant the wheel rotates about its contact point. Each velocity is perpendicular to the line from the point to the contact, and proportional to its distance from the contact.
The kinetic energy has two parts, translation of the centre and rotation about the centre. With \(\omega = v/R\) and \(k = I/(mR^{2})\):
\[ E_k = \tfrac{1}{2} m v^{2} + \tfrac{1}{2} I \omega^{2} = \tfrac{1}{2} m v^{2}\,(1 + k) \]
The race down the slope
Release several objects from the top of a slope of height \(h\). Static friction at the contact does no work: the contact point does not move. So energy is conserved:
\[ m g h = \tfrac{1}{2} m v^{2}\,(1 + k) \]
\[ v_{\text{bottom}} = \sqrt{\frac{2 g h}{1 + k}} \]\[ a = \frac{g\sin\alpha}{1 + k} \]
Mass and radius have vanished. Only the shape matters, through \(k\). A solid ball (\(k = 0.4\)) beats a solid cylinder (\(k = 0.5\)), which beats a hollow ball (\(k \approx 0.67\)), which beats a ring (\(k = 1\)). An object sliding without friction (\(k = 0\)) beats them all: no energy goes into rotation.
Only static friction \(f\), at the contact, has a torque about the centre. It is what spins the cylinder. It points up the slope.
Guided calculation: the same race, with forces
A solid 2.0 kg cylinder rolls without slipping on a 30° slope. Find its acceleration with forces, then the friction needed and the minimum friction coefficient.
Translation of the centre, along the slope:
\[ m g\sin\alpha - f = m a \]
Rotation about the centre: only \(f\) has a torque, with lever arm \(R\).
\[ f R = I\alpha = k\,m R^{2}\,\frac{a}{R} \]\[ \Longrightarrow\quad f = k\,m a \]
Same result as with energy. On ice (\(\mu_s \approx 0.05\)), the cylinder would partly slide: the "no slipping" assumption would fail.
Common mistake
"Friction slows things down, so it wastes energy." Not here. In rolling without slipping, the contact point is at rest: static friction does no work. It only moves energy from translation into rotation.
Torque in 3D: a cross product
So far every force lay in the plane perpendicular to the axis. In general, the torque of a force \(\vec F\) applied at the point \(\vec r\) (about O) is a vector:
\[ \vec M = \vec r \times \vec F = \begin{pmatrix} y F_z - z F_y \\ z F_x - x F_z \\ x F_y - y F_x \end{pmatrix} \]
Its magnitude is \(r F \sin\varphi = F\,d_\perp\). For a body turning about a fixed axis, only the component of \(\vec M\) along that axis makes it turn. The other components twist or bend the axle: the bearings take them.
Guided calculation: the spanner and the bolt
A bolt points along \(z\). You hold the spanner at \(\vec r = \begin{pmatrix} 0.25 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\) m from the bolt and pull with \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 40 \\ -30 \end{pmatrix}\) N, slightly downwards.
Meaning: only the component \(M_z = 10\) N·m turns the bolt. The component \(M_y = 7.5\) N·m bends the bolt without tightening it. The downward pull (50 N in total, of which 30 N is wasted) is badly used.
Pull perpendicular to the handle and to the bolt: with 50 N along \(y\) you would get \(M_z = 12.5\) N·m. Try it in the simulation .
Remember
Torque: \(M = F\,d_\perp\). Law of rotation: \(\sum M = I\alpha\).
Work \(W = M\Delta\theta\), power \(P = M\omega\).
Rolling without slipping: \(v = \omega R\), \(E_k = \frac{1}{2}mv^{2}(1 + k)\).
On a slope: \(a = g\sin\alpha/(1 + k)\). Shape matters, not mass or radius.
University
König's theorems and the bowling ball
For any body of mass \(M\) and centre of mass G, kinetic energy and angular momentum always split into a "motion of G" part and a "motion about G" part:
Starred quantities are computed in the centre-of-mass frame. And the rotation law holds about G even if G accelerates: \(\mathrm{d}\vec L^{*}/\mathrm{d}t = \sum \vec M_G\). That is what justifies writing \(fR = I\alpha\) about the centre of a wheel rolling down a slope.
Sliding, then rolling
A bowling ball is thrown sliding: speed \(v_0\), no spin. Kinetic friction \(\mu m g\) slows the centre and, through its torque, spins the ball:
\[ v(t) = v_0 - \mu g\, t \]\[ \omega(t) = \frac{\mu m g R}{\frac{2}{5} m R^{2}}\, t = \frac{5\mu g}{2R}\, t \]
Another, more elegant method: the angular momentum about the contact point on the floor is conserved, because friction passes through that point and the weight balances the normal force. \(m v_0 R = m v_1 R + \frac{2}{5} m R^{2}\,\frac{v_1}{R}\) gives \(v_1 = \frac{5}{7}v_0\) at once. The energy lost as heat is \(\frac{2}{7}\) of the initial energy, whatever \(\mu\).
Piste de travail : avant le départ, classe les cinq objets du plus rapide au plus lent en calculant \(k = I/(mR^{2})\). Lance la course et compare. Relève les temps et vérifie \(t = \sqrt{2L(1 + k)/(g\sin\alpha)}\) avec \(L = 3\) m. Change l'inclinaison : l'ordre d'arrivée change-t-il ? Les rapports de temps ? Dans « Bilan d'énergie », relève la part de l'énergie en rotation pour chaque objet et vérifie \(k/(1 + k)\).
Worksheet idea: before the start, rank the five objects from fastest to slowest by computing \(k = I/(mR^{2})\). Run the race and compare. Note the times and check \(t = \sqrt{2L(1 + k)/(g\sin\alpha)}\) with \(L = 3\) m. Change the slope: does the finishing order change? The time ratios? In "Energy budget", note the share of energy in rotation for each object and check \(k/(1 + k)\).
Exemples résolusWorked examples
Cylindre plein sur un plan incliné
Un cylindre plein roule sans glisser depuis une hauteur \(h = 1{,}2\) m. Avec \(k = 1/2\) :
\[ m g h = \tfrac{1}{2} m v^{2}\Big(1 + \tfrac{1}{2}\Big) \]\[ \Longrightarrow\quad v = \sqrt{\frac{4 g h}{3}} \]
Distance parcourue en glissant : \(v_0 t_1 - \frac{1}{2}\mu g t_1^{2} = 18{,}64 - 2{,}66 \approx 16{,}0\) m. Sur une piste de 18 m, la boule ne roule franchement qu'à la fin : c'est voulu, l'huile sur la piste réduit \(\mu\).
Solid cylinder on a slope
A solid cylinder rolls without slipping from a height \(h = 1.2\) m. With \(k = 1/2\):
\[ m g h = \tfrac{1}{2} m v^{2}\Big(1 + \tfrac{1}{2}\Big) \]\[ \Longrightarrow\quad v = \sqrt{\frac{4 g h}{3}} \]
Distance covered while sliding: \(v_0 t_1 - \frac{1}{2}\mu g t_1^{2} = 18.64 - 2.66 \approx 16.0\) m. On an 18 m lane, the ball only truly rolls near the end: that is deliberate, the oil on the lane reduces \(\mu\).
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 5 · Rotation
Le moment cinétique et sa conservation
Une patineuse, un plongeur, une étoile qui s'effondre, une planète sur son orbite : tous obéissent à la même loi de conservation.
Chapter 5 · Rotation
Angular momentum and its conservation
A skater, a diver, a collapsing star, a planet on its orbit: all obey the same conservation law.
La jumelle de la quantité de mouvement
En translation, la quantité de mouvement \(\vec p = m\vec v\) se conserve quand aucune force extérieure n'agit. Existe-t-il une grandeur qui se conserve en rotation quand aucun moment extérieur n'agit ? Oui : le moment cinétique.
Pour une particule de quantité de mouvement \(\vec p\), située en \(\vec r\) par rapport à un point O :
\[ \vec L = \vec r \times \vec p \]\[ L = m\,v\,d_\perp \]
Comme pour le moment d'une force, \(d_\perp\) est la distance de O à la droite qui porte la vitesse. Une particule qui file en ligne droite a donc un moment cinétique par rapport à un point extérieur à sa trajectoire. Il est constant : \(m\), \(v\) et \(d_\perp\) ne changent pas.
Le moment cinétique de la particule par rapport à O vaut \(m v d_\perp\). Il est perpendiculaire au plan formé par \(\vec r\) et \(\vec p\) : ici, il sort de la page (règle de la main droite).
Pour un solide en rotation
Chaque morceau d'un solide qui tourne autour d'un axe fixe a une vitesse \(v_i = \omega r_i\), perpendiculaire à son rayon. Son moment cinétique par rapport à l'axe vaut \(m_i r_i v_i = m_i r_i^{2}\omega\). On somme :
\[ L = \Big(\sum_i m_i r_i^{2}\Big)\,\omega = I\,\omega \]
Compare encore : \(p = m v\) devient \(L = I\omega\). Unité : kg·m²/s.
Ce qui change le moment cinétique
Dérive \(\vec L = \vec r \times \vec p\) par rapport au temps, avec la règle du produit :
\[ \frac{\mathrm{d}\vec L}{\mathrm{d}t} = \vec v \times m\vec v + \vec r \times \frac{\mathrm{d}\vec p}{\mathrm{d}t} \]
Le premier terme est nul : un vecteur fois lui-même. Le second vaut \(\vec r \times \vec F\), le moment de la force. Pour un système, les moments des forces intérieures s'annulent par paires. Il reste :
C'est la forme générale de la loi de la rotation. Pour un solide d'inertie constante autour d'un axe fixe, elle redonne \(\sum M = I\alpha\). Mais elle est plus puissante : elle vaut aussi quand \(I\) change.
La conservation
Loi de conservation
Si la somme des moments extérieurs est nulle, le moment cinétique du système reste constant, en norme et en direction.
Une patineuse sur une glace presque sans frottement tourne bras tendus. Elle ramène les bras. Aucun moment extérieur n'agit : le poids et la réaction de la glace sont sur l'axe. Donc \(I\omega\) reste constant. Comme \(I\) diminue, \(\omega\) augmente dans le même rapport.
Vue de dessus. Les flèches vertes montrent l'angle balayé pendant le même temps. Ramener les haltères divise I, donc multiplie ω.
Calcul guidé : la patineuse de la simulation
Dans la simulation, le corps a \(I_0 = 1{,}2\) kg·m² et chaque haltère pèse 4 kg. Bras tendus (\(r = 0{,}9\) m), elle fait 0,50 tour/s. Elle ramène les haltères à \(r = 0{,}3\) m. Nouvelle vitesse de rotation ? D'où vient l'énergie gagnée ?
L'énergie a été multipliée par 4, le rapport des moments d'inertie, car \(E = L^{2}/(2I)\) avec \(L\) fixe. Les 114 J manquants viennent du travail des bras : pour rapprocher les haltères, la patineuse doit tirer vers l'axe, comme on tire sur une fronde qui tourne.
Vérifie dans la simulation : la ligne « Travail fourni par les bras » s'affiche au niveau Université.
Calculer \(\vec L\) composante par composante
En 3D, on calcule le produit vectoriel ligne par ligne :
\[ \vec L = \vec r \times \vec p = \begin{pmatrix} y\,p_z - z\,p_y \\ z\,p_x - x\,p_z \\ x\,p_y - y\,p_x \end{pmatrix} \]
Calcul guidé : moment cinétique d'une particule
Une balle de 2 kg est en \(\vec r = \begin{pmatrix} 1 \\ 2 \\ 0 \end{pmatrix}\) m avec la vitesse \(\vec v = \begin{pmatrix} 0 \\ 1 \\ 3 \end{pmatrix}\) m/s. Son moment cinétique par rapport à O ?
Quantité de mouvement :
\[ \vec p = m\vec v = \begin{pmatrix} 0 \\ 2 \\ 6 \end{pmatrix}\ \text{kg·m/s} \]
Vérification : \(\vec L\) doit être perpendiculaire à \(\vec r\) et à \(\vec p\). \(\vec L \cdot \vec r = 12 - 12 + 0 = 0\) et \(\vec L \cdot \vec p = 0 - 12 + 12 = 0\).
Le test des produits scalaires nuls attrape presque toutes les erreurs de signe dans un produit vectoriel. Prends l'habitude de le faire.
Partout dans la nature
Le plongeur quitte le tremplin avec un certain \(L\). En position groupée, son \(I\) est environ 3,5 fois plus petit qu'en position tendue : il tourne 3,5 fois plus vite. Il s'ouvre avant d'entrer dans l'eau pour ralentir la rotation.
L'étoile à neutrons : une étoile qui s'effondre passe d'un rayon de centaines de milliers de km à une dizaine de km. \(I \propto R^{2}\) chute d'un facteur \(10^{9}\) ou plus : les pulsars tournent jusqu'à des centaines de fois par seconde.
La planète sur son orbite : la gravitation du Soleil est dirigée vers le Soleil, son moment par rapport au Soleil est nul. Donc \(L = m v d_\perp\) est constant. Près du Soleil, la planète va plus vite. C'est la deuxième loi de Kepler (chapitre 4).
Le vélo et la toupie : \(\vec L\) conserve aussi sa direction. Une roue qui tourne vite résiste au basculement. C'est le principe du gyroscope, qui garde une direction fixe dans l'espace pour la navigation des avions et des satellites.
Attention
Le moment cinétique se conserve, pas l'énergie de rotation. Les deux ne vont pas ensemble : dans la patineuse, \(L\) est constant et \(E\) est multipliée par 4. Inversement, dans un choc entre deux disques qui finissent par tourner ensemble, \(L\) se conserve et de l'énergie est perdue.
Je retiens
Particule : \(\vec L = \vec r \times \vec p\), \(L = m v d_\perp\). Solide sur un axe : \(L = I\omega\).
Une toupie tourne vite, axe incliné, sa pointe posée en O. Son moment cinétique \(\vec L = I\omega\,\hat u\) est dirigé le long de l'axe. Le poids s'applique au centre de masse G, à la distance \(d\) de O. Son moment par rapport à O vaut \(\vec M = \overrightarrow{OG} \times m\vec g\). Il est horizontal et perpendiculaire à \(\vec L\).
Le moment du poids est perpendiculaire à \(\vec L\). Il ne change pas sa norme, seulement sa direction : la pointe du vecteur \(\vec L\) décrit un cercle horizontal.
Puisque \(\mathrm{d}\vec L = \vec M\,\mathrm{d}t\) est perpendiculaire à \(\vec L\), la norme de \(\vec L\) ne change pas. Seule sa direction tourne autour de la verticale. Si l'axe fait l'angle \(\beta\) avec la verticale, la projection horizontale de \(\vec L\) vaut \(L\sin\beta\) et le moment vaut \(m g d\sin\beta\). En un temps \(\mathrm{d}t\), elle tourne de \(\mathrm{d}\phi = M\,\mathrm{d}t/(L\sin\beta)\) :
\[ \Omega_{\text{préc}} = \frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t} = \frac{m g d}{I\omega} \]
L'angle \(\beta\) s'est simplifié. Plus la toupie tourne vite, plus la précession est lente. Cette formule suppose \(\Omega_{\text{préc}} \ll \omega\) (approximation gyroscopique). Sinon, on observe aussi une nutation : l'axe oscille en hochant pendant qu'il précesse.
L'axe de la Terre précesse de la même manière. Le Soleil et la Lune tirent sur le bourrelet équatorial et exercent un moment. Période : environ 25 800 ans. L'étoile polaire ne le restera pas : dans 12 000 ans, ce sera à peu près Véga.
La roue de vélo tenue par un seul bout
Une roue de vélo (\(m = 2{,}0\) kg concentrés sur la jante, \(R = 0{,}33\) m) tourne à 4 tours/s. Son axe est horizontal, selon \(x\). On la suspend par une ficelle attachée à un bout de l'axe, à \(d = 0{,}15\) m du centre de la roue. Elle ne tombe pas : elle tourne lentement autour de la ficelle.
Moment du poids par rapport au point d'attache, avec \(\vec r = \begin{pmatrix} d \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\) et \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ -mg \end{pmatrix}\) :
\[ \vec M = \vec r \times \vec F = \begin{pmatrix} 0 \cdot (-mg) - 0 \cdot 0 \\ 0 \cdot 0 - d\,(-mg) \\ 0 \end{pmatrix} \]
\[ \vec M = \begin{pmatrix} 0 \\ m g d \\ 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 2{,}94 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{N·m} \]
\(\mathrm{d}\vec L = \vec M\,\mathrm{d}t\) est selon \(y\), perpendiculaire à \(\vec L\) : la pointe de \(\vec L\) tourne dans le plan horizontal, vers \(+y\). Vitesse de précession :
\[ T = \frac{2\pi}{\Omega} \approx 11{,}7\ \text{s} \]
Vue de dessus, l'axe tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (de \(x\) vers \(y\)). Si la roue tourne moins vite, la précession accélère. À l'arrêt, \(L = 0\) : la roue tombe simplement.
Le moment cinétique d'un système
Pour un système de particules, \(\mathrm{d}\vec L/\mathrm{d}t = \sum \vec M_{\text{ext}}\) demande que les moments intérieurs s'annulent. La 3e loi seule ne suffit pas : il faut que les forces entre deux particules soient portées par la droite qui les joint (forme forte de la 3e loi). C'est vrai pour la gravitation et l'électrostatique. Dans un cadre plus profond, la conservation de \(\vec L\) découle de l'isotropie de l'espace (théorème de Noether) : les lois de la physique ne dépendent pas de l'orientation.
The twin of momentum
In translation, momentum \(\vec p = m\vec v\) is conserved when no external force acts. Is there a quantity conserved in rotation when no external torque acts? Yes: angular momentum.
For a particle of momentum \(\vec p\), located at \(\vec r\) relative to a point O:
\[ \vec L = \vec r \times \vec p \]\[ L = m\,v\,d_\perp \]
As for the torque, \(d_\perp\) is the distance from O to the line carrying the velocity. So a particle moving in a straight line has angular momentum about a point off its path. It is constant: \(m\), \(v\) and \(d_\perp\) do not change.
The particle's angular momentum about O is \(m v d_\perp\). It is perpendicular to the plane of \(\vec r\) and \(\vec p\): here it points out of the page (right-hand rule).
For a rotating body
Each piece of a body rotating about a fixed axis has speed \(v_i = \omega r_i\), perpendicular to its radius. Its angular momentum about the axis is \(m_i r_i v_i = m_i r_i^{2}\omega\). Summing:
\[ L = \Big(\sum_i m_i r_i^{2}\Big)\,\omega = I\,\omega \]
Differentiate \(\vec L = \vec r \times \vec p\) with respect to time, using the product rule:
\[ \frac{\mathrm{d}\vec L}{\mathrm{d}t} = \vec v \times m\vec v + \vec r \times \frac{\mathrm{d}\vec p}{\mathrm{d}t} \]
The first term vanishes: a vector crossed with itself. The second is \(\vec r \times \vec F\), the torque of the force. For a system, the torques of internal forces cancel in pairs. What remains:
This is the general form of the law of rotation. For a body of constant inertia about a fixed axis, it gives back \(\sum M = I\alpha\). But it is more powerful: it also holds when \(I\) changes.
Conservation
Conservation law
If the sum of external torques is zero, the system's angular momentum stays constant, in magnitude and in direction.
A skater on nearly frictionless ice spins with her arms out. She pulls her arms in. No external torque acts: the weight and the ice's reaction lie on the axis. So \(I\omega\) stays constant. As \(I\) decreases, \(\omega\) increases in the same ratio.
Top view. The green arrows show the angle swept in the same time. Pulling the dumbbells in divides I, so multiplies ω.
Guided calculation: the skater in the simulation
In the simulation, the body has \(I_0 = 1.2\) kg·m² and each dumbbell weighs 4 kg. Arms fully out (\(r = 0.9\) m), she turns at 0.50 turn/s. She pulls the dumbbells in to \(r = 0.3\) m. New spin rate? Where does the extra energy come from?
The energy has been multiplied by 4, the ratio of the moments of inertia, because \(E = L^{2}/(2I)\) with \(L\) fixed. The missing 114 J come from the work of the arms: to bring the dumbbells in, the skater must pull towards the axis, as you pull on a whirling sling.
Check in the simulation: the line "Work done by the arms" appears at University level.
Working out \(\vec L\) component by component
In 3D, the cross product is computed row by row:
\[ \vec L = \vec r \times \vec p = \begin{pmatrix} y\,p_z - z\,p_y \\ z\,p_x - x\,p_z \\ x\,p_y - y\,p_x \end{pmatrix} \]
Guided calculation: angular momentum of a particle
A 2 kg ball is at \(\vec r = \begin{pmatrix} 1 \\ 2 \\ 0 \end{pmatrix}\) m with velocity \(\vec v = \begin{pmatrix} 0 \\ 1 \\ 3 \end{pmatrix}\) m/s. Its angular momentum about O?
Momentum:
\[ \vec p = m\vec v = \begin{pmatrix} 0 \\ 2 \\ 6 \end{pmatrix}\ \text{kg·m/s} \]
Check: \(\vec L\) must be perpendicular to \(\vec r\) and to \(\vec p\). \(\vec L \cdot \vec r = 12 - 12 + 0 = 0\) and \(\vec L \cdot \vec p = 0 - 12 + 12 = 0\).
The zero dot-product test catches almost every sign error in a cross product. Make it a habit.
Everywhere in nature
The diver leaves the board with a certain \(L\). Tucked, his \(I\) is about 3.5 times smaller than stretched out: he spins 3.5 times faster. He opens up before entering the water to slow the spin.
The neutron star: a collapsing star goes from a radius of hundreds of thousands of km to about ten km. \(I \propto R^{2}\) drops by a factor of \(10^{9}\) or more: pulsars spin up to hundreds of times a second.
The planet on its orbit: the Sun's gravity points towards the Sun, so its torque about the Sun is zero. So \(L = m v d_\perp\) is constant. Close to the Sun, the planet moves faster. That is Kepler's second law (chapter 4).
The bicycle and the top: \(\vec L\) also keeps its direction. A fast-spinning wheel resists tipping over. That is the principle of the gyroscope, which keeps a fixed direction in space for aircraft and satellite navigation.
Careful
Angular momentum is conserved, not rotational energy. The two do not go together: for the skater, \(L\) is constant and \(E\) is multiplied by 4. Conversely, in a collision between two discs that end up spinning together, \(L\) is conserved and energy is lost.
Remember
Particle: \(\vec L = \vec r \times \vec p\), \(L = m v d_\perp\). Body on an axis: \(L = I\omega\).
With no external torque, \(\vec L\) is conserved in magnitude and direction.
\(E_{\text{rot}} = L^{2}/(2I)\): at constant \(L\), decreasing \(I\) increases the energy.
University
The top and precession
A top spins fast, axis tilted, its tip resting at O. Its angular momentum \(\vec L = I\omega\,\hat u\) points along the axis. The weight acts at the centre of mass G, at distance \(d\) from O. Its torque about O is \(\vec M = \overrightarrow{OG} \times m\vec g\). It is horizontal and perpendicular to \(\vec L\).
The torque of the weight is perpendicular to \(\vec L\). It does not change its magnitude, only its direction: the tip of the vector \(\vec L\) moves round a horizontal circle.
Since \(\mathrm{d}\vec L = \vec M\,\mathrm{d}t\) is perpendicular to \(\vec L\), the magnitude of \(\vec L\) does not change. Only its direction turns about the vertical. If the axis makes the angle \(\beta\) with the vertical, the horizontal projection of \(\vec L\) is \(L\sin\beta\) and the torque is \(m g d\sin\beta\). In a time \(\mathrm{d}t\), it turns by \(\mathrm{d}\phi = M\,\mathrm{d}t/(L\sin\beta)\):
\[ \Omega_{\text{prec}} = \frac{\mathrm{d}\phi}{\mathrm{d}t} = \frac{m g d}{I\omega} \]
The angle \(\beta\) has cancelled. The faster the top spins, the slower the precession. This formula assumes \(\Omega_{\text{prec}} \ll \omega\) (gyroscopic approximation). Otherwise, nutation also appears: the axis nods up and down while it precesses.
The Earth's axis precesses in the same way. The Sun and Moon pull on the equatorial bulge and exert a torque. Period: about 25,800 years. The Pole Star will not stay so: in 12,000 years it will roughly be Vega.
The bicycle wheel held at one end
A bicycle wheel (\(m = 2.0\) kg concentrated in the rim, \(R = 0.33\) m) spins at 4 turns/s. Its axle is horizontal, along \(x\). It hangs from a string tied to one end of the axle, \(d = 0.15\) m from the centre of the wheel. It does not fall: it turns slowly around the string.
Torque of the weight about the attachment point, with \(\vec r = \begin{pmatrix} d \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\) and \(\vec F = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ -mg \end{pmatrix}\):
\[ \vec M = \vec r \times \vec F = \begin{pmatrix} 0 \times (-mg) - 0 \times 0 \\ 0 \times 0 - d\,(-mg) \\ 0 \end{pmatrix} \]
\[ \vec M = \begin{pmatrix} 0 \\ m g d \\ 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 2.94 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{N·m} \]
\(\mathrm{d}\vec L = \vec M\,\mathrm{d}t\) points along \(y\), perpendicular to \(\vec L\): the tip of \(\vec L\) turns in the horizontal plane, towards \(+y\). Precession rate:
\[ T = \frac{2\pi}{\Omega} \approx 11.7\ \text{s} \]
Seen from above, the axle turns anticlockwise (from \(x\) towards \(y\)). If the wheel spins more slowly, the precession speeds up. At rest, \(L = 0\): the wheel simply falls.
Angular momentum of a system
For a system of particles, \(\mathrm{d}\vec L/\mathrm{d}t = \sum \vec M_{\text{ext}}\) requires internal torques to cancel. The 3rd law alone is not enough: the forces between two particles must lie along the line joining them (strong form of the 3rd law). That holds for gravity and electrostatics. At a deeper level, conservation of \(\vec L\) follows from the isotropy of space (Noether's theorem): the laws of physics do not depend on orientation.
Piste de travail : ramène les haltères de 0,9 m à 0,3 m et vérifie que \(L = I\omega\) reste constant. Calcule le rapport des vitesses de rotation et compare avec \(I_1/I_2\). L'énergie de rotation a augmenté : de combien ? D'où vient-elle ? Avec les bras collés au corps, \(I\) ne descend pas sous \(I_0 = 1{,}2\) kg·m² : quelle est la vitesse de rotation maximale si tu pars de 0,5 tour/s ?
Worksheet idea: bring the dumbbells in from 0.9 m to 0.3 m and check that \(L = I\omega\) stays constant. Work out the ratio of spin rates and compare with \(I_1/I_2\). The rotational energy has increased: by how much? Where does it come from? With the arms against the body, \(I\) cannot drop below \(I_0 = 1.2\) kg·m²: what is the maximum spin rate if you start at 0.5 turn/s?
Exemples résolusWorked examples
De l'étoile à l'étoile à neutrons
Une étoile de rayon \(7 \cdot 10^{5}\) km tourne en 25 jours. Elle s'effondre en sphère de 10 km sans perdre de masse. Avec \(I = k M R^{2}\) et \(k\) inchangé, \(L\) constant donne \(R_1^{2}/T_1 = R_2^{2}/T_2\) :
Plus de 2000 tours par seconde. Les pulsars réels sont plus lents, car l'étoile perd beaucoup de masse et de moment cinétique, et \(k\) change.
Deux disques qui s'accouplent
Un disque tourne à 120 tours/min. On laisse tomber sur lui, au même axe, un disque identique immobile. Les deux finissent par tourner ensemble. Pas de moment extérieur, donc \(L\) se conserve :
Ils tournent à 60 tours/min. Énergie : \(\frac{1}{2}(2I)\big(\frac{\omega_0}{2}\big)^{2} = \frac{1}{2}\cdot\frac{1}{2}I\omega_0^{2}\). La moitié de l'énergie est perdue en chaleur par le frottement entre les disques : c'est un « choc mou » en rotation. C'est ce qui se passe dans un embrayage.
Précession d'une toupie
Disque plein de 0,20 kg et de 4,0 cm de rayon, à 20 tours/s, centre de masse à 3,0 cm de la pointe.
Un tour de précession en \(2\pi/2{,}93 = 2{,}1\) s. Quand la toupie ralentit, la précession accélère, jusqu'à la chute.
From star to neutron star
A star of radius \(7 \times 10^{5}\) km spins once in 25 days. It collapses into a 10 km sphere without losing mass. With \(I = k M R^{2}\) and \(k\) unchanged, constant \(L\) gives \(R_1^{2}/T_1 = R_2^{2}/T_2\):
Over 2000 turns a second. Real pulsars are slower, because the star loses a lot of mass and angular momentum, and \(k\) changes.
Two discs that couple
A disc spins at 120 rpm. An identical disc at rest is dropped onto it, on the same axis. The two end up spinning together. No external torque, so \(L\) is conserved:
They spin at 60 rpm. Energy: \(\frac{1}{2}(2I)\big(\frac{\omega_0}{2}\big)^{2} = \frac{1}{2}\cdot\frac{1}{2}I\omega_0^{2}\). Half the energy is lost as heat by friction between the discs: a rotational "inelastic collision". That is what happens in a clutch.
Precession of a top
Solid disc of 0.20 kg and radius 4.0 cm, at 20 turns/s, centre of mass 3.0 cm from the tip.
One precession turn in \(2\pi/2.93 = 2.1\) s. As the top slows down, the precession speeds up, until it falls.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 5 · Rotation
Forces centrifuge et de Coriolis
Sur un manège, une balle lancée tout droit dévie. Sur Terre, les cyclones tournent toujours dans le même sens. Deux « forces » qui n'en sont pas vraiment.
Chapter 5 · Rotation
Centrifugal and Coriolis forces
On a merry-go-round, a ball thrown straight curves away. On Earth, hurricanes always spin the same way. Two "forces" that are not really forces.
Le problème
Les lois de Newton ne valent que dans un référentiel d'inertie (chapitre 7). Un manège qui tourne n'en est pas un : chaque point du manège accélère vers le centre. Pourtant, il est souvent pratique de décrire le mouvement depuis le manège, ou depuis la Terre, qui tourne aussi.
On garde alors la forme \(\sum \vec F = m\vec a\), à condition d'ajouter des forces d'inertie. Elles ne viennent d'aucun objet. Elles traduisent le fait que le référentiel lui-même accélère. Il y en a deux pour un référentiel en rotation uniforme.
La force centrifuge
Assis sur un manège, tu te sens poussé vers l'extérieur. Vu du sol, rien ne te pousse : ton corps tend à continuer en ligne droite (inertie), et le siège te force à tourner. Vu du manège, tu es immobile. Pour que la somme des forces soit nulle, il faut une force vers l'extérieur qui équilibre la poussée du siège :
\[ F_{\text{cf}} = m\,\omega^{2} r \]
Elle est dirigée loin de l'axe. Elle agit sur tout objet du référentiel tournant, qu'il bouge ou non.
La force de Coriolis
Sur un manège qui tourne dans le sens antihoraire, tu lances une balle droit vers un ami assis en face. Vu du sol, la balle va en ligne droite. Mais pendant son vol, ton ami a tourné avec le manège : la balle passe à côté de lui.
A lance la balle vers B. À gauche, vu du sol : la balle file tout droit pendant que A et B tournent (en gris, leurs positions au lancer ; en couleur, au moment où la balle arrive). À droite, vu du manège : A et B sont immobiles et la balle dévie vers la droite.
Vu du manège, la balle a été déviée sans qu'aucun objet ne la pousse. On attribue cette déviation à la force de Coriolis. Elle n'agit que sur les objets qui bougent dans le référentiel tournant. Elle est perpendiculaire à leur vitesse \(v'\) (vitesse mesurée sur le manège) :
Pour une rotation antihoraire vue de dessus, elle dévie vers la droite du mouvement. Pour une rotation horaire, vers la gauche.
Sur Terre
La Terre tourne à \(\Omega = 7{,}29 \cdot 10^{-5}\) rad/s. C'est lent, mais les effets sont mesurables :
Pesanteur apparente. Le \(g\) que tu mesures combine l'attraction et la force centrifuge. À l'équateur, celle-ci vaut 0,034 m/s² : c'est une des raisons pour lesquelles \(g\) y vaut 9,78 au lieu de 9,83 aux pôles. L'autre est l'aplatissement de la Terre, elle-même due à la rotation.
Les cyclones. L'air afflue vers une dépression. Dans l'hémisphère nord, la Terre tourne dans le sens antihoraire vu du pôle Nord : Coriolis dévie l'air vers la droite. Les vents s'enroulent autour de la dépression dans le sens antihoraire. Dans l'hémisphère sud, c'est l'inverse.
Le pendule de Foucault. Son plan d'oscillation tourne lentement par rapport au sol. En 1851, Foucault prouve ainsi la rotation de la Terre sans regarder le ciel.
Les vents partent vers la dépression D. Coriolis les dévie vers leur droite. Résultat : un tourbillon antihoraire, visible sur toutes les images satellite des cyclones de l'hémisphère nord.
Calcul guidé : la gravité artificielle
Une station spatiale en forme d'anneau de 50 m de rayon tourne pour créer une pesanteur de 9,81 m/s² au plancher. À quelle vitesse doit-elle tourner ? Que ressent un astronaute de 1,80 m ? Et s'il grimpe une échelle vers le centre à 1,0 m/s ?
Dans la station, le plancher pousse l'astronaute vers le centre. Vu de la station, la force centrifuge joue le rôle du poids : \(\omega^{2} R = g\).
Presque 10 % de \(g\), latéralement : il se sent tiré de côté.
Conclusion : une petite station tournante donne une gravité très inégale et des effets de Coriolis gênants. On estime qu'il faut un rayon de plusieurs centaines de mètres et moins de 2 tours/min pour un confort acceptable.
Idée reçue
« L'eau d'un lavabo tourne dans un sens fixé par l'hémisphère. » Faux. Pour \(v = 0{,}1\) m/s, \(2\Omega v \approx 10^{-5}\) m/s² : des milliers de fois trop faible face aux courants laissés par le remplissage. Coriolis ne domine qu'à grande échelle, ou dans des expériences où l'eau repose pendant des jours.
Je retiens
Dans un référentiel qui tourne, on ajoute des forces d'inertie pour garder \(\sum \vec F = m\vec a\).
Centrifuge : \(m\omega^{2}r\), vers l'extérieur, pour tout objet.
Coriolis : \(2m\omega v'\), perpendiculaire à la vitesse relative, seulement pour les objets qui bougent.
Sur Terre : pesanteur apparente, cyclones, pendule de Foucault.
Université
La dérivée dans un référentiel tournant
Soit R un référentiel d'inertie et R' un référentiel qui tourne à \(\vec\Omega\) constant, de même origine. Un vecteur fixe dans R' tourne dans R à la vitesse \(\vec\Omega \times \vec A\). Pour un vecteur quelconque :
Dans R, \(m\vec a_R = \sum \vec F\). D'où la loi de Newton dans R' :
\[ m\vec a' = \sum\vec F - 2m\,\vec\Omega \times \vec v' - m\,\vec\Omega \times (\vec\Omega \times \vec r) \]
Le dernier terme vaut \(+m\Omega^{2}\vec r_\perp\) : la force centrifuge. L'avant-dernier est la force de Coriolis. Elle est perpendiculaire à \(\vec v'\), donc elle ne travaille jamais. Si \(\vec\Omega\) varie, il s'ajoute un terme \(-m\,\dot{\vec\Omega} \times \vec r\) (force d'Euler).
À la latitude φ, le vecteur rotation se décompose en une partie verticale \(\Omega\sin\varphi\) et une partie horizontale dirigée vers le nord, \(\Omega\cos\varphi\).
Le pendule de Foucault
Pour un mouvement horizontal, seule la composante verticale \(\Omega\sin\varphi\) produit une force de Coriolis horizontale. Le plan d'oscillation tourne donc, vu du sol, à la vitesse \(\Omega\sin\varphi\), dans le sens horaire dans l'hémisphère nord :
Un objet lâché sans vitesse tombe à \(\vec v' \approx g t\) vers le bas. Le produit \(-2\vec\Omega \times \vec v'\) pointe vers l'est, de norme \(2\Omega g t\cos\varphi\). En intégrant deux fois :
Pour 100 m à la latitude 46°, environ 1,5 cm. Mesurée par Reich en 1831 dans un puits de mine de 158 m.
Mouvements à grande échelle
Pour l'atmosphère, on compare les accélérations : \(v^{2}/L\) (inertie) et \(2\Omega v\) (Coriolis). Leur rapport est le nombre de Rossby \(\text{Ro} = v/(2\Omega L)\). Pour un cyclone, \(v \approx 20\) m/s et \(L \approx 1000\) km donnent \(\text{Ro} \approx 0{,}1\) : Coriolis domine. Pour un lavabo, \(\text{Ro} \approx 10^{3}\) : Coriolis est négligeable.
The problem
Newton's laws only hold in an inertial frame (chapter 7). A spinning merry-go-round is not one: every point on it accelerates towards the centre. Yet it is often convenient to describe motion from the merry-go-round, or from the Earth, which also rotates.
We then keep the form \(\sum \vec F = m\vec a\), provided we add inertial forces. They come from no object. They express the fact that the frame itself is accelerating. There are two of them for a uniformly rotating frame.
The centrifugal force
Sitting on a merry-go-round, you feel pushed outwards. Seen from the ground, nothing pushes you: your body tends to carry on in a straight line (inertia), and the seat forces you to turn. Seen from the merry-go-round, you are at rest. For the forces to balance, there must be an outward force balancing the push of the seat:
\[ F_{\text{cf}} = m\,\omega^{2} r \]
It points away from the axis. It acts on every object in the rotating frame, moving or not.
The Coriolis force
On a merry-go-round turning anticlockwise, you throw a ball straight at a friend sitting opposite. Seen from the ground, the ball flies in a straight line. But during its flight, your friend has turned with the merry-go-round: the ball misses him.
A throws the ball at B. Left, seen from the ground: the ball flies straight while A and B turn (grey: their positions at the throw; colour: when the ball arrives). Right, seen from the ride: A and B are at rest and the ball curves to the right.
Seen from the merry-go-round, the ball was deflected with no object pushing it. We attribute this deflection to the Coriolis force. It only acts on objects that move in the rotating frame. It is perpendicular to their velocity \(v'\) (velocity measured on the ride):
For anticlockwise rotation seen from above, it deflects to the right of the motion. For clockwise rotation, to the left.
On Earth
The Earth turns at \(\Omega = 7.29 \times 10^{-5}\) rad/s. That is slow, but the effects are measurable:
Apparent gravity. The \(g\) you measure combines attraction and the centrifugal force. At the equator the latter is 0.034 m/s²: one reason why \(g\) is 9.78 there instead of 9.83 at the poles. The other is the flattening of the Earth, itself caused by rotation.
Hurricanes. Air flows towards a low. In the northern hemisphere, the Earth turns anticlockwise seen from the North Pole: Coriolis deflects the air to the right. The winds wind round the low anticlockwise. In the southern hemisphere, it is the other way round.
Foucault's pendulum. Its plane of swing slowly turns relative to the ground. In 1851, Foucault proved the Earth's rotation this way, without looking at the sky.
Winds head for the low L. Coriolis deflects them to their right. Result: an anticlockwise swirl, visible in every satellite image of northern hemisphere hurricanes.
Guided calculation: artificial gravity
A ring-shaped space station of radius 50 m spins to create 9.81 m/s² of gravity at the floor. How fast must it spin? What does a 1.80 m astronaut feel? And if he climbs a ladder towards the centre at 1.0 m/s?
In the station, the floor pushes the astronaut towards the centre. Seen from the station, the centrifugal force plays the role of weight: \(\omega^{2} R = g\).
Almost 10 % of \(g\), sideways: he feels pulled to one side.
Conclusion: a small spinning station gives very uneven gravity and troublesome Coriolis effects. Estimates call for a radius of several hundred metres and less than 2 rpm for acceptable comfort.
Myth
"Water in a sink drains in a direction set by the hemisphere." False. For \(v = 0.1\) m/s, \(2\Omega v \approx 10^{-5}\) m/s²: thousands of times too weak compared with the currents left by filling. Coriolis only dominates at large scales, or in experiments where the water rests for days.
Remember
In a rotating frame, inertial forces are added to keep \(\sum \vec F = m\vec a\).
Centrifugal: \(m\omega^{2}r\), outwards, for every object.
Coriolis: \(2m\omega v'\), perpendicular to the relative velocity, only for moving objects.
On Earth: apparent gravity, hurricanes, Foucault's pendulum.
University
The time derivative in a rotating frame
Let R be an inertial frame and R' a frame rotating at constant \(\vec\Omega\), with the same origin. A vector fixed in R' turns in R at the rate \(\vec\Omega \times \vec A\). For any vector:
In R, \(m\vec a_R = \sum \vec F\). Hence Newton's law in R':
\[ m\vec a' = \sum\vec F - 2m\,\vec\Omega \times \vec v' - m\,\vec\Omega \times (\vec\Omega \times \vec r) \]
The last term equals \(+m\Omega^{2}\vec r_\perp\): the centrifugal force. The one before is the Coriolis force. It is perpendicular to \(\vec v'\), so it never does work. If \(\vec\Omega\) varies, a term \(-m\,\dot{\vec\Omega} \times \vec r\) is added (Euler force).
At latitude φ, the rotation vector splits into a vertical part \(\Omega\sin\varphi\) and a horizontal part pointing north, \(\Omega\cos\varphi\).
Foucault's pendulum
For horizontal motion, only the vertical component \(\Omega\sin\varphi\) produces a horizontal Coriolis force. So the plane of swing turns, seen from the ground, at the rate \(\Omega\sin\varphi\), clockwise in the northern hemisphere:
An object dropped from rest falls at \(\vec v' \approx g t\) downwards. The product \(-2\vec\Omega \times \vec v'\) points east, with magnitude \(2\Omega g t\cos\varphi\). Integrating twice:
For 100 m at latitude 46°, about 1.5 cm. Measured by Reich in 1831 in a 158 m mine shaft.
Large-scale motion
For the atmosphere, compare the accelerations \(v^{2}/L\) (inertia) and \(2\Omega v\) (Coriolis). Their ratio is the Rossby number \(\text{Ro} = v/(2\Omega L)\). For a hurricane, \(v \approx 20\) m/s and \(L \approx 1000\) km give \(\text{Ro} \approx 0.1\): Coriolis dominates. For a sink, \(\text{Ro} \approx 10^{3}\): Coriolis is negligible.
Exemples résolusWorked examples
Coriolis sur un TGV
Un train de 400 t roule vers le nord à 300 km/h, à la latitude 46,5°. Pour un mouvement horizontal, la composante horizontale de la force de Coriolis vaut \(2m\Omega v\sin\varphi\) :
Elle pousse le train vers l'est (sa droite). C'est 0,09 % de son poids : le rail l'encaisse sans peine, mais l'usure des rails le révèle sur des voies très parcourues dans un seul sens.
Pendule de Foucault à Lausanne
Latitude \(\varphi = 46{,}5^\circ\).
\[ T = \frac{23{,}93\ \text{h}}{\sin 46{,}5^\circ} \approx 33\ \text{h} \]
Au pôle, 23,93 h (un jour sidéral). À l'équateur, le plan ne tourne pas.
A 400 t train heads north at 300 km/h, at latitude 46.5°. For horizontal motion, the horizontal component of the Coriolis force is \(2m\Omega v\sin\varphi\):
It pushes the train east (to its right). That is 0.09 % of its weight: the rail takes it easily, but rail wear reveals it on heavily used one-way tracks.
Foucault's pendulum in Lausanne
Latitude \(\varphi = 46.5^\circ\).
\[ T = \frac{23.93\ \text{h}}{\sin 46.5^\circ} \approx 33\ \text{h} \]
At the pole, 23.93 h (one sidereal day). At the equator, the plane does not turn.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 5 · Rotation
Translation et rotation : le dictionnaire
Tout ce chapitre tient dans une table de traduction. Avec elle et une méthode en cinq étapes, tu résous la plupart des problèmes de solides.
Chapter 5 · Rotation
Translation and rotation: the dictionary
This whole chapter fits in a translation table. With it and a five-step method, you can solve most rigid-body problems.
Le dictionnaire
Translation
Rotation (axe fixe)
position \(x\)
angle \(\theta\)
vitesse \(v\)
vitesse angulaire \(\omega\)
accélération \(a\)
accélération angulaire \(\alpha\)
masse \(m\)
moment d'inertie \(I\)
force \(F\)
moment de force \(M\)
\(\sum F = m a\)
\(\sum M = I \alpha\)
quantité de mouvement \(p = m v\)
moment cinétique \(L = I \omega\)
\(\sum F = \mathrm{d}p/\mathrm{d}t\)
\(\sum M = \mathrm{d}L/\mathrm{d}t\)
\(E_c = \frac{1}{2} m v^{2}\)
\(E_c = \frac{1}{2} I \omega^{2}\)
travail \(W = F\, \Delta x\)
travail \(W = M\, \Delta\theta\)
puissance \(P = F v\)
puissance \(P = M \omega\)
Les liens entre les deux colonnes passent par le rayon : \(v = \omega r\), \(a_t = \alpha r\), et \(M = F d_\perp\).
La méthode en cinq étapes
Isole chaque objet. Un objet qui ne fait que translater, une équation de Newton. Un objet qui tourne autour d'un axe fixe, une équation de rotation. Un objet qui roule, les deux.
Dessine les forces à leur vrai point d'application. Pour la rotation, l'endroit compte.
Choisis les sens positifs de façon cohérente : si le bloc descend quand la poulie tourne dans le sens horaire, prends ces deux sens comme positifs.
Écris les équations \(\sum F = ma\) et \(\sum M = I\alpha\), puis les liaisons : corde sans glissement \(a = \alpha R\), roulement \(v = \omega R\).
Résous et vérifie : cas limites (\(I \to 0\), \(m \to 0\)), unités, signe, ordre de grandeur. Si possible, refais le calcul par l'énergie.
Avec une poulie massive, les tensions de part et d'autre ne sont plus égales. Leur différence fait tourner la poulie : \((T_2 - T_1)R = I\alpha\).
Calcul guidé : la machine d'Atwood avec une vraie poulie
Deux masses \(m_1 = 2{,}0\) kg et \(m_2 = 3{,}0\) kg pendent de part et d'autre d'une poulie, disque plein de \(M = 1{,}0\) kg. La corde ne glisse pas. Calcule l'accélération et les deux tensions.
Sens positifs : \(m_2\) descend, \(m_1\) monte, la poulie tourne dans le sens horaire.
La troisième donne \(T_2 - T_1 = \frac{1}{2}Ma\). Additionne les deux premières et remplace :
\[ (m_2 - m_1) g = \big(m_1 + m_2 + \tfrac{1}{2}M\big)\, a \]
Numériquement :
\[ a = \frac{1{,}0 \cdot 9{,}81}{5{,}5} = 1{,}78\ \text{m/s}^{2} \]
Tensions :
\[ T_1 = m_1(g + a) = 23{,}2\ \text{N} \]
\[ T_2 = m_2(g - a) = 24{,}1\ \text{N} \]
Vérifications. \(T_2 - T_1 = 0{,}89\) N \(= \frac{1}{2}Ma\). Si \(M \to 0\), on retrouve l'Atwood classique, \(a = g(m_2 - m_1)/(m_1 + m_2) = 1{,}96\) m/s². Par l'énergie, après une descente \(h\) : \((m_2 - m_1) g h = \frac{1}{2}(m_1 + m_2 + \frac{1}{2}M) v^{2}\), ce qui redonne la même accélération.
Piège classique
Avec une poulie massive, écrire « la tension est la même partout » est faux. C'est justement la différence des tensions qui fait tourner la poulie.
Je retiens
Chaque grandeur de translation a sa jumelle en rotation.
Un objet, ses équations ; puis les liaisons \(a = \alpha R\) ou \(v = \omega R\).
Une poulie massive agit comme une masse supplémentaire \(I/R^{2}\) à accélérer.
Vérifie toujours par un cas limite et, si possible, par l'énergie.
Université
Le même problème avec Lagrange
Le chapitre Dynamique a présenté le principe de moindre action, en écho au principe de Fermat. Il se prête bien aux solides : on n'écrit que des énergies, sans forces de liaison. Pour l'Atwood ci-dessus, une seule coordonnée \(x\) (descente de \(m_2\)) décrit tout :
\[ T = \tfrac{1}{2}\big(m_1 + m_2 + \tfrac{1}{2}M\big)\,\dot x^{2} \]
\[ V = -(m_2 - m_1)\, g\, x \]
Le lagrangien est \(\mathcal L = T - V\). L'équation d'Euler-Lagrange \(\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\frac{\partial\mathcal L}{\partial\dot x} = \frac{\partial\mathcal L}{\partial x}\) donne directement :
\[ \big(m_1 + m_2 + \tfrac{1}{2}M\big)\,\ddot x = (m_2 - m_1)\, g \]
Les tensions n'apparaissent jamais : ce sont des forces de liaison, qui ne travaillent pas au total. Pour les retrouver, il faut revenir à Newton sur chaque masse.
Rotation et symétries
Si \(\mathcal L\) ne dépend pas d'un angle \(\theta\) (le système est symétrique par rotation), alors \(p_\theta = \partial\mathcal L/\partial\dot\theta\) est conservé. C'est le moment cinétique. Le théorème de Noether relie ainsi chaque symétrie à une grandeur conservée : translation et quantité de mouvement, rotation et moment cinétique, translation dans le temps et énergie.
The dictionary
Translation
Rotation (fixed axis)
position \(x\)
angle \(\theta\)
velocity \(v\)
angular velocity \(\omega\)
acceleration \(a\)
angular acceleration \(\alpha\)
mass \(m\)
moment of inertia \(I\)
force \(F\)
torque \(M\)
\(\sum F = m a\)
\(\sum M = I \alpha\)
momentum \(p = m v\)
angular momentum \(L = I \omega\)
\(\sum F = \mathrm{d}p/\mathrm{d}t\)
\(\sum M = \mathrm{d}L/\mathrm{d}t\)
\(E_k = \frac{1}{2} m v^{2}\)
\(E_k = \frac{1}{2} I \omega^{2}\)
work \(W = F\, \Delta x\)
work \(W = M\, \Delta\theta\)
power \(P = F v\)
power \(P = M \omega\)
The links between the two columns go through the radius: \(v = \omega r\), \(a_t = \alpha r\), and \(M = F d_\perp\).
The five-step method
Isolate each object. An object that only translates gets a Newton equation. An object rotating about a fixed axis gets a rotation equation. A rolling object gets both.
Draw the forces at their true point of application. For rotation, where they act matters.
Choose positive directions consistently: if the block goes down when the pulley turns clockwise, take both as positive.
Write the equations \(\sum F = ma\) and \(\sum M = I\alpha\), then the constraints: rope without slipping \(a = \alpha R\), rolling \(v = \omega R\).
Solve and check: limiting cases (\(I \to 0\), \(m \to 0\)), units, sign, order of magnitude. If possible, redo it with energy.
With a massive pulley, the tensions on either side are no longer equal. Their difference turns the pulley: \((T_2 - T_1)R = I\alpha\).
Guided calculation: the Atwood machine with a real pulley
Two masses \(m_1 = 2.0\) kg and \(m_2 = 3.0\) kg hang on either side of a pulley, a solid disc of \(M = 1.0\) kg. The rope does not slip. Work out the acceleration and both tensions.
The third gives \(T_2 - T_1 = \frac{1}{2}Ma\). Add the first two and substitute:
\[ (m_2 - m_1) g = \big(m_1 + m_2 + \tfrac{1}{2}M\big)\, a \]
Numerically:
\[ a = \frac{1.0 \times 9.81}{5.5} = 1.78\ \text{m/s}^{2} \]
Tensions:
\[ T_1 = m_1(g + a) = 23.2\ \text{N} \]
\[ T_2 = m_2(g - a) = 24.1\ \text{N} \]
Checks. \(T_2 - T_1 = 0.89\) N \(= \frac{1}{2}Ma\). If \(M \to 0\), we get the classic Atwood, \(a = g(m_2 - m_1)/(m_1 + m_2) = 1.96\) m/s². With energy, after a drop \(h\): \((m_2 - m_1) g h = \frac{1}{2}(m_1 + m_2 + \frac{1}{2}M) v^{2}\), which gives the same acceleration.
Classic trap
With a massive pulley, writing "the tension is the same everywhere" is wrong. It is precisely the difference in tensions that turns the pulley.
Remember
Every translation quantity has its twin in rotation.
One object, its equations; then the constraints \(a = \alpha R\) or \(v = \omega R\).
A massive pulley acts as an extra mass \(I/R^{2}\) to accelerate.
Always check with a limiting case and, if possible, with energy.
University
The same problem with Lagrange
The Dynamics chapter introduced the principle of least action, echoing Fermat's principle. It suits rigid bodies well: you only write energies, with no constraint forces. For the Atwood machine above, a single coordinate \(x\) (descent of \(m_2\)) describes everything:
\[ T = \tfrac{1}{2}\big(m_1 + m_2 + \tfrac{1}{2}M\big)\,\dot x^{2} \]
\[ V = -(m_2 - m_1)\, g\, x \]
The Lagrangian is \(\mathcal L = T - V\). The Euler-Lagrange equation \(\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\frac{\partial\mathcal L}{\partial\dot x} = \frac{\partial\mathcal L}{\partial x}\) gives directly:
\[ \big(m_1 + m_2 + \tfrac{1}{2}M\big)\,\ddot x = (m_2 - m_1)\, g \]
The tensions never appear: they are constraint forces, which do no net work. To find them, go back to Newton on each mass.
Rotation and symmetries
If \(\mathcal L\) does not depend on an angle \(\theta\) (the system is rotationally symmetric), then \(p_\theta = \partial\mathcal L/\partial\dot\theta\) is conserved. That is the angular momentum. Noether's theorem links each symmetry to a conserved quantity: translation and momentum, rotation and angular momentum, time translation and energy.
Exemples résolusWorked examples
Le yo-yo
Un yo-yo est un disque plein de rayon \(R = 3{,}0\) cm, avec une ficelle enroulée sur un axe de rayon \(r = 0{,}50\) cm. Ficelle tenue fixe. Le yo-yo roule le long de la ficelle : \(a = \alpha r\).
\[ m g - T = m a \]\[ T r = \tfrac{1}{2} m R^{2}\,\frac{a}{r} \]
Le yo-yo descend lentement : presque toute l'énergie part dans la rotation. La tension vaut \(m(g - a) \approx 0{,}95\,mg\).
The yo-yo
A yo-yo is a solid disc of radius \(R = 3.0\) cm, with a string wound on an axle of radius \(r = 0.50\) cm. String held fixed. The yo-yo rolls along the string: \(a = \alpha r\).
\[ m g - T = m a \]\[ T r = \tfrac{1}{2} m R^{2}\,\frac{a}{r} \]
The yo-yo goes down slowly: almost all the energy goes into rotation. The tension is \(m(g - a) \approx 0.95\,mg\).
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 6
Fusées et masse variable
Comment avancer dans le vide, sans rien sur quoi s'appuyer ? En jetant de la matière en arrière. De la poussée à l'équation de Tsiolkovski, puis au voyage vers Mars.
Chapter 6
Rockets and variable mass
How do you move in a vacuum, with nothing to push against? By throwing matter backwards. From thrust to the Tsiolkovsky equation, then on to Mars.
Une voiture pousse sur la route. Un avion pousse sur l'air. Une fusée, dans l'espace, n'a rien. Elle avance pourtant. Ce chapitre explique comment, avec un seul outil : la conservation de la quantité de mouvement.
La fusée pose un problème nouveau. Sa masse change pendant le mouvement. La forme \(F = m a\) ne suffit plus. Il faut faire le bilan sur un système fermé, fusée et gaz ensemble. On en tire une équation célèbre, celle de Tsiolkovski (1903), qui fixe ce qu'un lanceur peut faire.
Le plan
La propulsion par réaction : d'où vient la poussée, comment la calculer, pourquoi elle doit dépasser le poids.
L'équation de Tsiolkovski : le gain de vitesse ne dépend que de la vitesse des gaz et du rapport de masse.
Le décollage : ce que coûte la pesanteur, et pourquoi un lanceur brûle ses ergols si vite.
Les étages : pourquoi on largue les réservoirs vides.
Changer d'orbite : transferts de Hohmann, budget de vitesse vers Mars, assistance gravitationnelle.
Université : la fusée relativiste.
Ce qu'il faut savoir avant
La quantité de mouvement \(\vec p = m\vec v\) et sa conservation (chapitre 3).
L'énergie d'une orbite et la vitesse circulaire \(v = \sqrt{GM/r}\) (chapitre 4).
Pour l'université : intégrer \(\int \mathrm{d}m/m = \ln m\).
Un peu d'histoire
En 1920, un éditorial du New York Times se moquait de Robert Goddard : une fusée ne pourrait pas avancer dans le vide, « faute d'air sur lequel s'appuyer ». Le journal a publié un rectificatif en juillet 1969, pendant le vol d'Apollo 11. À la fin de ce chapitre, tu sauras exactement où était l'erreur.
A car pushes on the road. A plane pushes on the air. A rocket in space has nothing. Yet it moves. This chapter explains how, with a single tool: conservation of momentum.
The rocket raises a new problem. Its mass changes during the motion. The form \(F = m a\) is no longer enough. You must do the balance on a closed system, rocket and gas together. This gives a famous equation, Tsiolkovsky's (1903), which sets what a launcher can do.
The plan
Jet propulsion: where thrust comes from, how to compute it, why it must exceed the weight.
The Tsiolkovsky equation: the speed gain depends only on the exhaust speed and the mass ratio.
Lift-off: what gravity costs, and why a launcher burns its propellant so fast.
Stages: why the empty tanks are dropped.
Changing orbit: Hohmann transfers, the speed budget to Mars, gravity assist.
University: the relativistic rocket.
What you need first
Momentum \(\vec p = m\vec v\) and its conservation (chapter 3).
The energy of an orbit and the circular speed \(v = \sqrt{GM/r}\) (chapter 4).
For university: integrating \(\int \mathrm{d}m/m = \ln m\).
A bit of history
In 1920, an editorial in the New York Times mocked Robert Goddard: a rocket could not move in a vacuum, "for lack of air to push against". The paper printed a correction in July 1969, during the flight of Apollo 11. By the end of this chapter, you will know exactly where the mistake was.
Chapitre 6 · Fusées
La propulsion par réaction
D'où vient la force qui pousse une fusée, et combien vaut-elle ? Il suffit de suivre la quantité de mouvement des gaz.
Chapter 6 · Rockets
Jet propulsion
Where does the force that pushes a rocket come from, and how large is it? You only need to follow the momentum of the gas.
Rappel : quantité de mouvement et impulsion
La quantité de mouvement d'un corps vaut \(\vec{p} = m\vec{v}\). La deuxième loi de Newton, sous sa forme la plus générale, dit que la force extérieure fait varier \(\vec p\) :
Sans force extérieure, la quantité de mouvement totale d'un système se conserve. Les forces internes se compensent deux à deux (3e loi). C'est tout ce qu'il faut pour comprendre une fusée.
L'expérience de la planche à roulettes
Assieds-toi sur une planche à roulettes avec des ballons lourds. Lance un ballon vers l'arrière. Tu pars vers l'avant. Pourquoi ? Avant le lancer, tout est immobile : la quantité de mouvement totale est nulle. Après le lancer, elle doit rester nulle. Le ballon emporte de la quantité de mouvement vers l'arrière. Toi, tu en reçois autant vers l'avant.
Avant le lancer, tout est immobile : quantité de mouvement nulle. Après, la balle part vers l'arrière, toi vers l'avant, avec m u = M V (vitesses mesurées au sol, si m ≪ M).
Calcul guidé
Tu pèses avec la planche 60 kg. Tu lances vers l'arrière un ballon de 5 kg à 10 m/s (vitesse mesurée au sol). Quelle est ta vitesse ?
Système : toi, la planche et le ballon. Pas de force extérieure horizontale (roulettes sans frottement). Donc \(p\) se conserve.
Avant : tout est immobile.
\[ p_{\text{avant}} = 0 \]
Après : on oriente l'axe vers l'avant. Le ballon a une vitesse négative.
Ordre de grandeur : un ballon dix fois plus léger que toi te donne une vitesse dix fois plus faible que la sienne. Pour aller vite, il faut lancer beaucoup de masse, ou la lancer très vite.
La quantité de mouvement est un vecteur
Sur la planche, tout se passait sur une droite. Dans l'espace, une fusée ou un astronaute peut lancer de la matière dans n'importe quelle direction. On repère les directions par un repère orthonormé \((O\,;\,x, y, z)\) et on écrit les vecteurs en colonne :
\[ \vec p = m\vec v = m\begin{pmatrix} v_x \\ v_y \\ v_z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} m v_x \\ m v_y \\ m v_z \end{pmatrix} \]
La conservation de \(\vec p\) est une égalité entre vecteurs. Elle donne donc trois équations, une par ligne. Chaque composante se conserve séparément.
Dans l'espace, l'astronaute (masse M) lance une clé (masse m) à la vitesse \(\vec u\). Il recule avec \(\vec V = -\dfrac{m}{M}\,\vec u\) : même direction, sens opposé, norme réduite d'un facteur \(m/M\). Schéma en perspective, flèche de V agrandie.
Calcul guidé : un lancer en 3D
Un astronaute en sortie extravéhiculaire, au repos par rapport à la station, a une masse de 100 kg avec sa combinaison. Il lance une clé de 2 kg avec la vitesse \(\vec u = \begin{pmatrix} 3 \\ -1 \\ 2 \end{pmatrix}\ \text{m/s}\). Quelle est sa vitesse de recul ?
Système : astronaute + clé, isolé (pas de force extérieure notable sur quelques secondes). Avant le lancer, \(\vec p = \vec 0\).
Après le lancer, la somme des quantités de mouvement reste nulle :
\[ M\vec V + m\vec u = \vec 0 \]
On isole \(\vec V\) et on calcule ligne par ligne :
Vérification : la clé va à \(\sqrt{14} = 3{,}74\ \text{m/s}\), cinquante fois plus vite que l'astronaute. Rapport des masses : 50. Il dérive de 7,5 cm par seconde, à l'opposé de la clé. C'est la raison des longes de sécurité.
De la planche à la fusée : un jet continu
Une fusée fait la même chose, mais sans arrêt. Elle brûle des ergols (carburant et comburant) et éjecte des gaz très chauds par une tuyère. Deux grandeurs décrivent le moteur :
la vitesse d'éjection \(v_e\) des gaz, mesurée par rapport à la fusée ;
le débit massique \(q = \left|\dfrac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}t}\right|\), en kg/s : la masse éjectée chaque seconde.
Calcul de la poussée
Place-toi dans le référentiel où la fusée est momentanément immobile. Pendant une petite durée \(\mathrm{d}t\), le moteur prend une masse \(q\,\mathrm{d}t\) de gaz, au repos dans ce référentiel, et l'éjecte vers l'arrière à la vitesse \(v_e\). Il lui donne donc la quantité de mouvement
La force exercée par la fusée sur les gaz vaut \(\mathrm{d}p_{\text{gaz}}/\mathrm{d}t = q\,v_e\). Par la 3e loi, les gaz exercent sur la fusée une force égale et opposée, vers l'avant. C'est la poussée :
\[ F = q\, v_e \]
Pendant chaque seconde, le moteur donne à une masse q de gaz la vitesse ve vers l'arrière. Les deux forces sont égales et opposées (3e loi de Newton). Celle qui agit sur la fusée est la poussée.
Vérifie les unités : \(\text{kg/s} \cdot \text{m/s} = \text{kg·m/s}^2 = \text{N}\). La poussée dépend du produit. On peut éjecter beaucoup de masse lentement, ou peu de masse très vite.
La poussée est un vecteur : tuyère orientable
La poussée est dirigée à l'opposé du jet. Pour diriger la fusée, on incline la tuyère d'un petit angle \(\delta\). Dans un repère où \(z\) est l'axe de la fusée et \(x\) une direction latérale :
Exemple : \(F = 1\,000\ \text{kN}\) et \(\delta = 4^\circ\) donnent \(\vec F = \begin{pmatrix} 69{,}8 \\ 0 \\ 997{,}6 \end{pmatrix}\ \text{kN}\). La poussée utile vers l'avant ne perd que 0,24 %, mais la composante latérale de 70 kN, appliquée loin du centre de masse, crée un moment qui fait pivoter la fusée.
Attention
La fusée ne s'appuie pas sur l'air. Elle s'appuie sur ses propres gaz. Elle marche même un peu mieux dans le vide : l'air ambiant presse sur la sortie de la tuyère et retient le jet (voir le bloc Université).
L'impulsion spécifique
Les motoristes ne donnent pas \(v_e\) mais l'impulsion spécifique \(I_{sp}\), en secondes. C'est la durée pendant laquelle 1 kg d'ergols produit une poussée égale à son propre poids sur Terre :
Un moteur ionique éjecte ses atomes dix fois plus vite qu'un moteur chimique. Mais son débit est si faible que sa poussée se mesure en dixièmes de newton. Il ne décollera jamais du sol. Dans l'espace, il peut pousser pendant des mois.
Décoller : la poussée contre le poids
Au sol, deux forces agissent sur la fusée (on néglige l'air) : la poussée vers le haut et le poids vers le bas. Selon la verticale :
\[ m a = q v_e - m g \]\[ \Longrightarrow\quad a = \frac{q v_e}{m} - g \]
Pour décoller, il faut \(a > 0\). On définit le rapport poussée/poids au décollage :
\[ \frac{F}{m_0 g} > 1 \]
Au décollage, deux forces seulement (on néglige l'air). Les flèches sont à l'échelle : la poussée de Saturn V ne dépasse son poids que de 16 %. L'accélération de départ est donc faible.
Les grands lanceurs démarrent entre 1,2 et 1,5 environ. Pourquoi pas 3 ou 4 ? Les moteurs sont lourds. Doubler la poussée, c'est ajouter des tonnes de moteurs qu'il faut ensuite emporter. Le rapport augmente de toute façon pendant le vol : la masse diminue alors que la poussée reste la même.
Calcul guidé
Le premier étage de Saturn V produit environ 33,9 MN avec des gaz éjectés à 2,58 km/s (au niveau de la mer). Quel débit ? Quel rapport poussée/poids pour 2 970 t ?
\[ a = (1{,}16 - 1)\, g \approx 1{,}6\ \text{m/s}^2 \]
Saturn V quitte la tour très lentement. Au bout de 10 s, elle n'a fait qu'environ 80 m (\(\tfrac12 a t^2\), et un peu plus car \(a\) augmente).
Je retiens
Une fusée avance en éjectant de la masse vers l'arrière. Le système fusée + gaz conserve sa quantité de mouvement.
Poussée : \(F = q\,v_e\), avec \(q\) le débit (kg/s) et \(v_e\) la vitesse des gaz par rapport à la fusée.
\(I_{sp} = v_e / g_0\) mesure l'efficacité d'un moteur.
Décollage possible si \(F > m_0 g\). L'accélération initiale vaut \(F/m_0 - g\).
Université
Système ouvert : pourquoi \(F = \mathrm{d}(m v)/\mathrm{d}t\) est un piège
On lit parfois : « pour une masse variable, \(F = \mathrm{d}(m v)/\mathrm{d}t = m\dot v + \dot m v\) ». Appliquée à la fusée seule, cette formule est fausse. Elle dépend du référentiel : ajoute une vitesse constante \(V\) à tout, \(\dot m V\) apparaît alors qu'aucune force n'a changé. La loi \(\vec F = \mathrm{d}\vec p/\mathrm{d}t\) vaut pour un système fermé, de matière fixée. La fusée seule perd de la matière. Le bon système est fusée + gaz éjectés pendant \(\mathrm{d}t\). On le fait en détail à la page suivante.
La poussée réelle d'une tuyère
Les gaz sortent de la tuyère avec une pression \(p_e\), sur une section \(A_e\). Dehors, la pression vaut \(p_a\). Le bilan de quantité de mouvement sur un volume de contrôle qui entoure le moteur donne
\[ F = q\, v_e + (p_e - p_a)\, A_e \]
Le second terme est la poussée de pression. Dans le vide, \(p_a = 0\) : la poussée augmente. On résume tout par une vitesse d'éjection effective \(c = F/q\), et \(I_{sp} = c/g_0\). Le moteur F-1 de Saturn V avait \(I_{sp} \approx 263\ \text{s}\) au niveau de la mer et \(\approx 304\ \text{s}\) dans le vide. Une tuyère est optimale quand \(p_e = p_a\) : c'est pourquoi les moteurs d'étages supérieurs ont des tuyères bien plus longues.
Calcul guidé
Un moteur éjecte \(q = 250\ \text{kg/s}\) à \(v_e = 3{,}0\ \text{km/s}\). À la sortie, \(p_e = 70\ \text{kPa}\) sur \(A_e = 1{,}2\ \text{m}^2\). Compare la poussée au sol (\(p_a = 101\ \text{kPa}\)) et dans le vide.
With no external force, the total momentum of a system is conserved. Internal forces cancel in pairs (3rd law). That is all you need to understand a rocket.
The skateboard experiment
Sit on a skateboard with some heavy balls. Throw a ball backwards. You move forwards. Why? Before the throw, everything is at rest: the total momentum is zero. After the throw, it must stay zero. The ball carries momentum backwards. You receive as much forwards.
Before the throw, everything is at rest: zero momentum. Afterwards, the ball goes backwards and you go forwards, with m u = M V (speeds measured from the ground, if m ≪ M).
Guided calculation
You and the board weigh 60 kg. You throw a 5 kg ball backwards at 10 m/s (speed measured from the ground). What is your speed?
System: you, the board and the ball. No external horizontal force (frictionless wheels). So \(p\) is conserved.
Before: everything is at rest.
\[ p_{\text{before}} = 0 \]
After: the axis points forwards. The ball has a negative velocity.
Order of magnitude: a ball ten times lighter than you gives you a speed ten times smaller than its own. To go fast, you must throw a lot of mass, or throw it very fast.
Momentum is a vector
On the skateboard, everything happened along a line. In space, a rocket or an astronaut can throw matter in any direction. We locate directions with an orthonormal frame \((O\,;\,x, y, z)\) and write vectors as columns:
\[ \vec p = m\vec v = m\begin{pmatrix} v_x \\ v_y \\ v_z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} m v_x \\ m v_y \\ m v_z \end{pmatrix} \]
Conservation of \(\vec p\) is an equality between vectors. It therefore gives three equations, one per row. Each component is conserved separately.
In space, the astronaut (mass M) throws a spanner (mass m) with velocity \(\vec u\). He recoils with \(\vec V = -\dfrac{m}{M}\,\vec u\): same line, opposite direction, magnitude reduced by a factor \(m/M\). Perspective sketch, V arrow enlarged.
Guided calculation: a throw in 3D
An astronaut on a spacewalk, at rest relative to the station, has a mass of 100 kg with the suit. He throws a 2 kg spanner with velocity \(\vec u = \begin{pmatrix} 3 \\ -1 \\ 2 \end{pmatrix}\ \text{m/s}\). What is his recoil velocity?
System: astronaut + spanner, isolated (no significant external force over a few seconds). Before the throw, \(\vec p = \vec 0\).
After the throw, the total momentum is still zero:
Check: the spanner moves at \(\sqrt{14} = 3.74\ \text{m/s}\), fifty times faster than the astronaut. Mass ratio: 50. He drifts 7.5 cm per second, away from the spanner. That is what safety tethers are for.
From skateboard to rocket: a continuous jet
A rocket does the same, but non-stop. It burns propellant (fuel and oxidiser) and ejects very hot gas through a nozzle. Two quantities describe the engine:
the exhaust speed \(v_e\) of the gas, measured relative to the rocket;
the mass flow rate \(q = \left|\dfrac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}t}\right|\), in kg/s: the mass ejected each second.
Computing the thrust
Use the frame in which the rocket is momentarily at rest. During a short time \(\mathrm{d}t\), the engine takes a mass \(q\,\mathrm{d}t\) of gas, at rest in that frame, and ejects it backwards at speed \(v_e\). So it gives it the momentum
The force of the rocket on the gas is \(\mathrm{d}p_{\text{gas}}/\mathrm{d}t = q\,v_e\). By the 3rd law, the gas pushes the rocket with an equal and opposite force, forwards. That is the thrust:
\[ F = q\, v_e \]
Every second, the engine gives a mass q of gas the speed ve backwards. The two forces are equal and opposite (Newton's 3rd law). The one acting on the rocket is the thrust.
Check the units: \(\text{kg/s} \times \text{m/s} = \text{kg·m/s}^2 = \text{N}\). Thrust depends on the product. You can eject a lot of mass slowly, or a little mass very fast.
Thrust is a vector: gimballed nozzle
The thrust points opposite to the jet. To steer the rocket, the nozzle is tilted by a small angle \(\delta\). In a frame where \(z\) is the rocket's axis and \(x\) a sideways direction:
Example: \(F = 1\,000\ \text{kN}\) and \(\delta = 4^\circ\) give \(\vec F = \begin{pmatrix} 69.8 \\ 0 \\ 997.6 \end{pmatrix}\ \text{kN}\). The useful forward thrust loses only 0.24 %, but the 70 kN sideways component, applied far from the centre of mass, creates a moment that turns the rocket.
Careful
A rocket does not push on the air. It pushes on its own gas. It even works slightly better in a vacuum: the surrounding air presses on the nozzle exit and holds the jet back (see the University block).
Specific impulse
Engine makers do not quote \(v_e\) but the specific impulse \(I_{sp}\), in seconds. It is the time during which 1 kg of propellant produces a thrust equal to its own weight on Earth:
An ion engine ejects its atoms ten times faster than a chemical engine. But its flow rate is so low that its thrust is measured in tenths of a newton. It will never lift off the ground. In space, it can push for months.
Lift-off: thrust against weight
On the pad, two forces act on the rocket (air neglected): thrust upwards and weight downwards. Along the vertical:
\[ m a = q v_e - m g \]\[ \Longrightarrow\quad a = \frac{q v_e}{m} - g \]
To lift off, you need \(a > 0\). Define the thrust-to-weight ratio at lift-off:
\[ \frac{F}{m_0 g} > 1 \]
At lift-off, only two forces (air neglected). The arrows are to scale: the thrust of Saturn V exceeds its weight by only 16 %. So the initial acceleration is small.
Large launchers start at about 1.2 to 1.5. Why not 3 or 4? Engines are heavy. Doubling the thrust means adding tonnes of engines that must then be carried. The ratio grows during the flight anyway: the mass drops while the thrust stays the same.
Guided calculation
The first stage of Saturn V produces about 33.9 MN with gas ejected at 2.58 km/s (at sea level). What flow rate? What thrust-to-weight ratio for 2,970 t?
\[ a = (1.16 - 1)\, g \approx 1.6\ \text{m/s}^2 \]
Saturn V leaves the tower very slowly. After 10 s it has only covered about 80 m (\(\tfrac12 a t^2\), a bit more since \(a\) grows).
Remember
A rocket moves by ejecting mass backwards. The system rocket + gas conserves its momentum.
Thrust: \(F = q\,v_e\), with \(q\) the flow rate (kg/s) and \(v_e\) the gas speed relative to the rocket.
\(I_{sp} = v_e / g_0\) measures the efficiency of an engine.
Lift-off is possible if \(F > m_0 g\). The initial acceleration is \(F/m_0 - g\).
University
Open system: why \(F = \mathrm{d}(m v)/\mathrm{d}t\) is a trap
You sometimes read: "for a variable mass, \(F = \mathrm{d}(m v)/\mathrm{d}t = m\dot v + \dot m v\)". Applied to the rocket alone, this formula is wrong. It depends on the frame: add a constant velocity \(V\) to everything, and \(\dot m V\) appears although no force has changed. The law \(\vec F = \mathrm{d}\vec p/\mathrm{d}t\) holds for a closed system, a fixed set of matter. The rocket alone loses matter. The right system is the rocket + the gas ejected during \(\mathrm{d}t\). We do it in detail on the next page.
The real thrust of a nozzle
The gas leaves the nozzle at a pressure \(p_e\), across an area \(A_e\). Outside, the pressure is \(p_a\). A momentum balance over a control volume around the engine gives
\[ F = q\, v_e + (p_e - p_a)\, A_e \]
The second term is the pressure thrust. In a vacuum, \(p_a = 0\): thrust increases. Everything is summed up by an effective exhaust speed \(c = F/q\), and \(I_{sp} = c/g_0\). The F-1 engine of Saturn V had \(I_{sp} \approx 263\ \text{s}\) at sea level and \(\approx 304\ \text{s}\) in vacuum. A nozzle is optimal when \(p_e = p_a\): that is why upper-stage engines have much longer nozzles.
Guided calculation
An engine ejects \(q = 250\ \text{kg/s}\) at \(v_e = 3.0\ \text{km/s}\). At the exit, \(p_e = 70\ \text{kPa}\) over \(A_e = 1.2\ \text{m}^2\). Compare the thrust at sea level (\(p_a = 101\ \text{kPa}\)) and in vacuum.
Jet thrust, the same everywhere.
\[ q v_e = 250 \times 3000 = 750\ \text{kN} \]
At sea level, the outside pressure holds the jet back.
About 3 mg per second, or 0.27 kg per day. With 80 kg of xenon, the engine can run for almost 300 days at full power.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 6 · Fusées
L'équation de Tsiolkovski
Combien de vitesse une fusée peut-elle gagner avec ses ergols ? Un bilan sur un instant très court, puis une intégrale, donnent la réponse.
Chapter 6 · Rockets
The Tsiolkovsky equation
How much speed can a rocket gain from its propellant? A balance over a very short instant, then an integral, give the answer.
Le problème : une masse qui change
Dans l'espace, loin de tout astre, aucune force extérieure n'agit. La fusée accélère quand même. Sa masse diminue sans cesse. On ne peut donc pas écrire \(F = m a\) avec une masse fixe. On revient à la loi la plus sûre : la quantité de mouvement d'un système fermé se conserve.
Le bilan entre \(t\) et \(t + \mathrm{d}t\)
On choisit le système fermé formé de la fusée à l'instant \(t\), y compris les ergols qui seront éjectés pendant \(\mathrm{d}t\). Toutes les vitesses sont mesurées dans le référentiel de départ.
À l'instant \(t\) : une fusée de masse \(m\) et de vitesse \(v\).
À l'instant \(t + \mathrm{d}t\) : une fusée de masse \(m - \mathrm{d}m_g\) et de vitesse \(v + \mathrm{d}v\). Et un petit paquet de gaz de masse \(\mathrm{d}m_g\), parti vers l'arrière à \(v_e\) par rapport à la fusée, donc à la vitesse \(v - v_e\) dans le référentiel de départ.
Le système fermé « fusée + gaz » ne subit aucune force extérieure. Sa quantité de mouvement est la même aux deux instants. Toutes les vitesses sont mesurées dans le référentiel de départ.
La démonstration, étape par étape
Conservation de la quantité de mouvement du système fermé.
\[ m v = (m - \mathrm{d}m_g)(v + \mathrm{d}v) + \mathrm{d}m_g\,(v - v_e) \]
On développe le membre de droite.
\[ \begin{aligned} m v = {} & m v + m\,\mathrm{d}v - v\,\mathrm{d}m_g \\ & - \mathrm{d}m_g\,\mathrm{d}v + v\,\mathrm{d}m_g - v_e\,\mathrm{d}m_g \end{aligned} \]
Les termes \(m v\) et \(\pm v\,\mathrm{d}m_g\) se simplifient. Le produit \(\mathrm{d}m_g\,\mathrm{d}v\) est un infiniment petit d'ordre deux : on le néglige.
\[ m\,\mathrm{d}v = v_e\,\mathrm{d}m_g \]
La masse de la fusée varie de \(\mathrm{d}m = -\mathrm{d}m_g\) (négatif). On sépare les variables.
\[ \mathrm{d}v = -v_e\,\frac{\mathrm{d}m}{m} \]
On intègre de l'allumage (\(v_0\), \(m_0\)) à l'extinction (\(v_f\), \(m_f\)), avec \(v_e\) constante.
Remarque la simplification de \(v\) à l'étape 3. Le résultat ne dépend pas de la vitesse de départ. C'est normal : aucun référentiel d'inertie n'est privilégié. Remarque aussi que le temps a disparu. Le débit et la durée de combustion n'interviennent pas.
Ce que dit le logarithme
Le gain de vitesse dépend seulement de deux choses : \(v_e\), une propriété du moteur, et le rapport de masse \(m_0/m_f\), une propriété de la construction.
Δv = ve ln(m0/mf) pour ve = 3 km/s. La courbe s'aplatit vite : passer de 5 à 25 ne fait gagner que 4,8 km/s. Chaque km/s de plus coûte de plus en plus cher en ergols.
\(m_0/m_f\) (avec \(v_e = 3\ \text{km/s}\))
\(\Delta v\)
2
2,1 km/s
e ≈ 2,72
3,0 km/s
5
4,8 km/s
10
6,9 km/s
25
9,7 km/s
Comme \(\ln(R^2) = 2 \ln R\), il faut élever au carré le rapport de masse pour doubler \(\Delta v\). Une fusée qui atteint l'orbite avec un seul étage doit être presque entièrement faite d'ergols.
Calcul guidé
Pour atteindre l'orbite basse, il faut environ 9,4 km/s (pertes comprises, voir la page Décollage). Avec un bon moteur kérosène-oxygène, \(v_e = 3{,}3\ \text{km/s}\). Quelle part de la masse au décollage doit être des ergols, avec un seul étage ?
On inverse la formule : le rapport de masse est une exponentielle.
\[ \frac{m_0}{m_f} = e^{\Delta v / v_e} = e^{9{,}4/3{,}3} \]
Application numérique.
\[ \frac{m_0}{m_f} = e^{2{,}85} \approx 17{,}3 \]
La masse finale (structure, moteurs, charge) ne représente que \(1/17{,}3\) de la masse initiale. Le reste est brûlé.
94 % d'ergols. Il resterait 6 % pour les réservoirs, les moteurs et la charge utile. Une canette de soda vide pèse environ 4 % de sa masse pleine : une fusée à un étage serait plus « mince » qu'une canette. D'où l'idée des étages.
Deux pièges
Une fusée peut aller plus vite que ses gaz. Il suffit que \(m_0/m_f > e\). Ce qui pousse est la vitesse des gaz par rapport à la fusée, pas par rapport au sol.
« Le débit ne compte pas » n'est vrai que sans force extérieure. Au décollage, la pesanteur fait payer chaque seconde de combustion (page suivante).
Je retiens
Bilan sur le système fermé fusée + gaz : \(m\,\mathrm{d}v = -v_e\,\mathrm{d}m\).
Sans force extérieure : \(\Delta v = v_e \ln(m_0/m_f)\).
\(\Delta v\) dépend de \(v_e\) et du rapport de masse, ni du débit ni de la vitesse initiale.
Doubler \(\Delta v\) demande d'élever le rapport de masse au carré.
Université
Systèmes à masse variable : l'équation de Mechtcherski
Généralisons. Un corps de masse \(m(t)\) et de vitesse \(\vec v\) reçoit ou perd de la matière. Cette matière arrive ou part avec la vitesse \(\vec u\) (dans le référentiel d'étude). Il subit aussi une force extérieure \(\vec F_{\text{ext}}\). Le même bilan sur le système fermé, entre \(t\) et \(t + \mathrm{d}t\), donne
\[ (m + \mathrm{d}m)(\vec v + \mathrm{d}\vec v) - m\vec v - \mathrm{d}m\,\vec u = \vec F_{\text{ext}}\,\mathrm{d}t \]
Au premier ordre, on obtient l'équation de Mechtcherski (1897) :
Le dernier terme est une force de réaction. Il ne dépend que de la vitesse relative \(\vec u - \vec v\) : l'équation est bien galiléenne, contrairement au faux \(\mathrm{d}(m\vec v)/\mathrm{d}t\). Pour une fusée, \(\vec u - \vec v = -v_e\,\vec e\) et \(\mathrm{d}m/\mathrm{d}t = -q\) : le terme vaut \(q v_e\,\vec e\), la poussée.
Trois cas classiques
Le wagon qu'on remplit de sable : le sable tombe verticalement, \(u_x = 0\). Selon l'horizontale : \(m\dot v = -v\,\dot m\), donc \(m v\) reste constant. Le wagon ralentit : il doit accélérer le sable reçu.
Le wagon qui fuit par le fond : le sable sort avec la vitesse du wagon, \(\vec u = \vec v\). Le terme s'annule. Le wagon garde sa vitesse. Perdre de la masse ne suffit pas à accélérer.
La goutte qui grossit dans un nuage immobile : \(m\dot v = m g - v\,\dot m\). Si la masse croît comme la surface balayée, l'accélération tend vers \(g/7\).
Calcul guidé : le wagon de sable
Un wagon de 2 t roule à 3 m/s sur des rails horizontaux sans frottement. Une trémie y verse du sable verticalement à raison de 50 kg/s. Vitesse au bout de 40 s ?
Mechtcherski selon l'horizontale, avec \(F_x = 0\) et \(u_x = 0\).
Quand la masse a doublé, la vitesse a été divisée par deux. L'énergie cinétique a été divisée par deux : la moitié est partie en chaleur dans les chocs avec les grains.
Et si \(v_e\) approche \(c\) ? Le bilan doit porter sur l'énergie-impulsion. Voir la page « La fusée relativiste ».
The problem: a changing mass
In deep space, far from any body, no external force acts. The rocket still accelerates. Its mass keeps decreasing. So you cannot write \(F = m a\) with a fixed mass. Go back to the safest law: the momentum of a closed system is conserved.
The balance between \(t\) and \(t + \mathrm{d}t\)
Choose the closed system made of the rocket at time \(t\), including the propellant that will be ejected during \(\mathrm{d}t\). All velocities are measured in the starting frame.
At time \(t\): a rocket of mass \(m\) and velocity \(v\).
At time \(t + \mathrm{d}t\): a rocket of mass \(m - \mathrm{d}m_g\) and velocity \(v + \mathrm{d}v\). And a small parcel of gas of mass \(\mathrm{d}m_g\), sent backwards at \(v_e\) relative to the rocket, so at velocity \(v - v_e\) in the starting frame.
The closed system "rocket + gas" feels no external force. Its momentum is the same at both times. All velocities are measured in the starting frame.
The derivation, step by step
Conservation of the momentum of the closed system.
\[ m v = (m - \mathrm{d}m_g)(v + \mathrm{d}v) + \mathrm{d}m_g\,(v - v_e) \]
Expand the right-hand side.
\[ \begin{aligned} m v = {} & m v + m\,\mathrm{d}v - v\,\mathrm{d}m_g \\ & - \mathrm{d}m_g\,\mathrm{d}v + v\,\mathrm{d}m_g - v_e\,\mathrm{d}m_g \end{aligned} \]
The terms \(m v\) and \(\pm v\,\mathrm{d}m_g\) cancel. The product \(\mathrm{d}m_g\,\mathrm{d}v\) is a second-order infinitesimal: drop it.
\[ m\,\mathrm{d}v = v_e\,\mathrm{d}m_g \]
The rocket's mass changes by \(\mathrm{d}m = -\mathrm{d}m_g\) (negative). Separate the variables.
\[ \mathrm{d}v = -v_e\,\frac{\mathrm{d}m}{m} \]
Integrate from ignition (\(v_0\), \(m_0\)) to burnout (\(v_f\), \(m_f\)), with constant \(v_e\).
Notice how \(v\) cancels at step 3. The result does not depend on the starting speed. That makes sense: no inertial frame is special. Notice also that time has vanished. The flow rate and the burn time play no role.
What the logarithm tells you
The speed gain depends on only two things: \(v_e\), a property of the engine, and the mass ratio \(m_0/m_f\), a property of the build.
Δv = ve ln(m0/mf) for ve = 3 km/s. The curve flattens fast: going from 5 to 25 only gains 4.8 km/s. Each extra km/s costs more and more propellant.
\(m_0/m_f\) (with \(v_e = 3\ \text{km/s}\))
\(\Delta v\)
2
2.1 km/s
e ≈ 2.72
3.0 km/s
5
4.8 km/s
10
6.9 km/s
25
9.7 km/s
Since \(\ln(R^2) = 2 \ln R\), you must square the mass ratio to double \(\Delta v\). A rocket reaching orbit with a single stage has to be almost entirely propellant.
Guided calculation
Reaching low orbit takes about 9.4 km/s (losses included, see the Lift-off page). With a good kerosene-oxygen engine, \(v_e = 3.3\ \text{km/s}\). What share of the lift-off mass must be propellant, with a single stage?
Invert the formula: the mass ratio is an exponential.
\[ \frac{m_0}{m_f} = e^{\Delta v / v_e} = e^{9.4/3.3} \]
Numbers.
\[ \frac{m_0}{m_f} = e^{2.85} \approx 17.3 \]
The final mass (structure, engines, payload) is only \(1/17.3\) of the initial mass. The rest is burnt.
94 % propellant. That leaves 6 % for tanks, engines and payload. An empty soda can weighs about 4 % of its full mass: a single-stage rocket would be "thinner" than a can. Hence the idea of stages.
Two traps
A rocket can go faster than its gas. It only needs \(m_0/m_f > e\). What pushes is the gas speed relative to the rocket, not relative to the ground.
"The flow rate does not matter" is only true with no external force. At lift-off, gravity charges for every second of burning (next page).
Remember
Balance on the closed system rocket + gas: \(m\,\mathrm{d}v = -v_e\,\mathrm{d}m\).
With no external force: \(\Delta v = v_e \ln(m_0/m_f)\).
\(\Delta v\) depends on \(v_e\) and the mass ratio, not on the flow rate or the initial speed.
Doubling \(\Delta v\) requires squaring the mass ratio.
University
Variable-mass systems: the Meshchersky equation
Let us generalise. A body of mass \(m(t)\) and velocity \(\vec v\) gains or loses matter. That matter arrives or leaves with velocity \(\vec u\) (in the frame of study). The body also feels an external force \(\vec F_{\text{ext}}\). The same balance on the closed system, between \(t\) and \(t + \mathrm{d}t\), gives
\[ (m + \mathrm{d}m)(\vec v + \mathrm{d}\vec v) - m\vec v - \mathrm{d}m\,\vec u = \vec F_{\text{ext}}\,\mathrm{d}t \]
To first order, this is the Meshchersky equation (1897):
The last term is a reaction force. It depends only on the relative velocity \(\vec u - \vec v\): the equation is Galilean invariant, unlike the false \(\mathrm{d}(m\vec v)/\mathrm{d}t\). For a rocket, \(\vec u - \vec v = -v_e\,\vec e\) and \(\mathrm{d}m/\mathrm{d}t = -q\): the term is \(q v_e\,\vec e\), the thrust.
Three classic cases
A wagon being filled with sand: the sand falls vertically, \(u_x = 0\). Horizontally: \(m\dot v = -v\,\dot m\), so \(m v\) stays constant. The wagon slows down: it must accelerate the sand it receives.
A wagon leaking through its floor: the sand leaves with the wagon's velocity, \(\vec u = \vec v\). The term vanishes. The wagon keeps its speed. Losing mass is not enough to accelerate.
A growing raindrop in a cloud at rest: \(m\dot v = m g - v\,\dot m\). If the mass grows like the swept area, the acceleration tends to \(g/7\).
Guided calculation: the sand wagon
A 2 t wagon rolls at 3 m/s on frictionless horizontal rails. A hopper pours sand into it vertically at 50 kg/s. Speed after 40 s?
Meshchersky along the horizontal, with \(F_x = 0\) and \(u_x = 0\).
When the mass has doubled, the speed has halved. The kinetic energy has halved too: half of it went into heat in the collisions with the grains.
And if \(v_e\) approaches \(c\)? The balance must use energy-momentum. See the page "The relativistic rocket".
Piste de travail
Choisis « Dans l'espace ». Lance la fusée et compare la vitesse finale au pointillé « Δv idéal ». Vérifie à la main avec \(\Delta v = v_e \ln(m_0/m_f)\) (structure = 10 % des ergols).
Change seulement le débit. La vitesse finale change-t-elle ? Et la durée de combustion ?
Double les ergols, puis double \(v_e\). Lequel des deux rapporte le plus ? Explique avec le logarithme.
Trouve des réglages où la vitesse finale dépasse \(v_e\). Que vaut alors \(m_0/m_f\) ?
Worksheet idea
Choose "In deep space". Launch the rocket and compare the final speed with the "ideal Δv" line. Check by hand with \(\Delta v = v_e \ln(m_0/m_f)\) (structure = 10 % of the propellant).
Change only the flow rate. Does the final speed change? And the burn time?
Double the propellant, then double \(v_e\). Which pays off more? Explain with the logarithm.
Find settings where the final speed exceeds \(v_e\). What is \(m_0/m_f\) then?
Exemples résolusWorked examples
Le Δv de la fusée de la simulation
Charge 5 t, ergols 100 t, structure 10 t (10 % des ergols), \(v_e = 3\ \text{km/s}\), un étage, dans l'espace.
Doubler les ergols ne rapporte que 0,48 km/s, car la structure grossit aussi. Doubler \(v_e\) double \(\Delta v\). C'est pourquoi on cherche des ergols énergétiques comme l'hydrogène.
La goutte qui grossit (Mechtcherski)
Une goutte tombe dans un nuage de gouttelettes immobiles (\(\vec{u} = 0\)) et capte la masse \(\mathrm{d}m\). Selon la verticale descendante :
\[ m\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = m g - v\frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}t} \]
Le terme \(-v\,\mathrm{d}m/\mathrm{d}t\) freine : il faut accélérer la masse captée de 0 à \(v\). Le nuage a une masse volumique \(\rho_c\), l'eau \(\rho\). La goutte balaie le volume \(\pi r^2 v\,\mathrm{d}t\), donc \(\dot m = \rho_c \pi r^2 v\). Avec \(m = \tfrac43\pi\rho r^3\), on obtient \(\dot r = \dfrac{\rho_c}{4\rho}\,v\). On cherche une solution \(v = a t\) en partant d'une goutte minuscule. Alors \(r\) croît comme \(t^2\) et \(\dot m/m = 3\dot r/r = 6/t\). L'équation devient \(a = g - 6a\), donc \(a = g/7\).
The Δv of the simulation rocket
Payload 5 t, propellant 100 t, structure 10 t (10 % of the propellant), \(v_e = 3\ \text{km/s}\), one stage, in deep space.
Doubling the propellant only gains 0.48 km/s, because the structure grows too. Doubling \(v_e\) doubles \(\Delta v\). That is why energetic propellants like hydrogen are sought after.
The growing raindrop (Meshchersky)
A drop falls through a cloud of droplets at rest (\(\vec{u} = 0\)) and picks up the mass \(\mathrm{d}m\). Along the downward vertical:
\[ m\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = m g - v\frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}t} \]
The term \(-v\,\mathrm{d}m/\mathrm{d}t\) slows it down: the captured mass must be accelerated from 0 to \(v\). The cloud has density \(\rho_c\), water \(\rho\). The drop sweeps the volume \(\pi r^2 v\,\mathrm{d}t\), so \(\dot m = \rho_c \pi r^2 v\). With \(m = \tfrac43\pi\rho r^3\), this gives \(\dot r = \dfrac{\rho_c}{4\rho}\,v\). Look for a solution \(v = a t\) starting from a tiny drop. Then \(r\) grows like \(t^2\) and \(\dot m/m = 3\dot r/r = 6/t\). The equation becomes \(a = g - 6a\), so \(a = g/7\).
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 6 · Fusées
Le décollage et les pertes par gravité
Au sol, la pesanteur tire la fusée vers le bas pendant toute la combustion. Combien de vitesse perd-on, et comment limiter les dégâts ?
Chapter 6 · Rockets
Lift-off and gravity losses
On the ground, gravity pulls the rocket down for the whole burn. How much speed is lost, and how can the damage be limited?
Ajouter le poids dans le bilan
Reprenons le bilan de la page précédente, cette fois pour une fusée qui monte à la verticale. Une force extérieure agit : le poids \(m g\), vers le bas. On néglige l'air et on suppose \(g\) constant (les premiers kilomètres). Pendant \(\mathrm{d}t\), le poids retire la quantité de mouvement \(m g\,\mathrm{d}t\) :
\[ m\,\mathrm{d}v = -v_e\,\mathrm{d}m - m g\,\mathrm{d}t \]
On divise par \(m\,\mathrm{d}t\). Avec un débit constant \(q = -\mathrm{d}m/\mathrm{d}t\), on retrouve la deuxième loi avec la poussée :
\[ \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \frac{q v_e}{m} - g \]
Les deux termes s'intègrent séparément. Le premier donne Tsiolkovski, le second une perte proportionnelle au temps. Pour une combustion de durée \(t_b\) :
\[ \Delta v = v_e \ln\frac{m_0}{m_f} - g\, t_b \]
Le terme \(g\,t_b\) s'appelle la perte par gravité. Chaque seconde passée à lutter contre la pesanteur coûte 9,81 m/s.
La fusée de la simulation (115 t, 100 t d'ergols, q = 1,5 t/s, ve = 3 km/s). Pendant les 66,7 s de combustion, la pesanteur retire 9,81 m/s chaque seconde : 0,65 km/s au total.
Calcul guidé
La fusée de la simulation : 115 t au départ, 100 t d'ergols brûlées à 1,5 t/s, \(v_e = 3\ \text{km/s}\). Vitesse à l'extinction, en montée verticale ?
On perd environ 11 % du gain idéal. Avec un débit deux fois plus faible, la combustion dure 133 s et la perte double : 1,31 km/s.
Pourquoi brûler vite
La perte \(g\,t_b\) pousse à brûler les ergols le plus vite possible, donc avec un grand débit. On peut l'écrire avec le rapport poussée/poids au départ, \(n_0 = q v_e/(m_0 g)\) :
Un rapport \(n_0\) proche de 1 est catastrophique : la fusée « flotte » au-dessus de la tour et brûle ses ergols pour rien. Un grand \(n_0\) réduit la perte. Mais il a trois prix :
des moteurs plus nombreux, donc une structure plus lourde ;
une accélération plus forte, que la structure, la charge et l'équipage doivent supporter (Saturn V atteignait environ 4 g à la fin du premier étage) ;
une vitesse élevée dans l'air dense, donc beaucoup de traînée et d'échauffement.
Les lanceurs réels trouvent un compromis entre 1,2 et 1,5 au décollage.
Le vrai profil de vol
Notre modèle monte à la verticale. Une vraie fusée ne fait cela que quelques secondes, pour quitter la tour. Ensuite elle s'incline doucement : c'est le virage gravitationnel. La pesanteur courbe la trajectoire, et la fusée suit sans forcer. Pourquoi s'incliner ? Parce qu'une orbite basse demande surtout une grande vitesse horizontale, environ 7,8 km/s. Monter à 200 km ne demande « que » \(\sqrt{2 g h} \approx 2\ \text{km/s}\) d'équivalent.
Budget pour l'orbite basse (ordres de grandeur)
Δv
Vitesse orbitale à 200 km
7,8 km/s
Pertes par gravité
1 à 1,5 km/s
Pertes par traînée et pilotage
0,1 à 0,3 km/s
Rotation de la Terre (tir vers l'est)
− 0,4 à − 0,46 km/s
Total à fournir
9,3 à 10 km/s
La rotation de la Terre offre jusqu'à 465 m/s à l'équateur, et \(465 \cos\varphi\) à la latitude \(\varphi\). Kourou, à 5° de latitude, en profite presque entièrement. C'est une des raisons de sa position.
Saturn V
Environ 2 970 t au décollage, dont plus de 2 000 t d'ergols dans le premier étage. Cinq moteurs F-1 brûlaient environ 13 t par seconde. Le premier étage s'éteignait après environ 2 min 40 s, vers 65 km d'altitude. Il avait déjà consommé les deux tiers de la masse de la fusée.
Je retiens
En montée verticale : \(\Delta v = v_e \ln(m_0/m_f) - g\,t_b\).
La perte par gravité vaut 9,81 m/s par seconde de combustion. D'où l'intérêt d'un fort débit.
Un fort rapport poussée/poids coûte des moteurs lourds et de fortes accélérations : on vise 1,2 à 1,5.
Pour l'orbite basse, il faut fournir 9,3 à 10 km/s, plus que les 7,8 km/s de la vitesse orbitale.
Université
L'altitude à l'extinction
On intègre une seconde fois. Avec \(m(t) = m_0 - q t\), la vitesse vaut \(v(t) = v_e \ln\dfrac{m_0}{m_0 - q t} - g t\). On change de variable \(m = m_0 - q t\), \(\mathrm{d}t = -\mathrm{d}m/q\) :
Ensuite, en vol balistique, elle monterait encore de \(v_b^2/(2g) \approx 1\,500\ \text{km}\). À cette altitude, \(g\) n'est plus constant (il a perdu presque 40 %) : il faut alors l'énergie \(-GMm/r\) du chapitre 4. Le modèle « \(g\) constant » n'est fiable que pour les premières dizaines de kilomètres.
La perte optimale existe-t-elle ?
Si la masse des moteurs croît comme la poussée, \(m_{\text{mot}} = \beta F\), augmenter \(n_0\) réduit \(g\,t_b \propto 1/n_0\) mais alourdit \(m_f\) linéairement. La dérivée de \(\Delta v(n_0)\) s'annule pour un \(n_0\) optimal, en général entre 1,3 et 2 selon \(\beta\). En ajoutant la traînée, qui pénalise les grandes vitesses dans l'air dense, l'optimum redescend. Ce calcul d'optimisation se fait numériquement.
Adding weight to the balance
Take the balance from the previous page, this time for a rocket climbing vertically. An external force acts: the weight \(m g\), downwards. Neglect air and assume constant \(g\) (the first kilometres). During \(\mathrm{d}t\), the weight removes the momentum \(m g\,\mathrm{d}t\):
\[ m\,\mathrm{d}v = -v_e\,\mathrm{d}m - m g\,\mathrm{d}t \]
Divide by \(m\,\mathrm{d}t\). With a constant flow rate \(q = -\mathrm{d}m/\mathrm{d}t\), you get the second law with the thrust:
\[ \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \frac{q v_e}{m} - g \]
The two terms integrate separately. The first gives Tsiolkovsky, the second a loss proportional to time. For a burn of duration \(t_b\):
\[ \Delta v = v_e \ln\frac{m_0}{m_f} - g\, t_b \]
The term \(g\,t_b\) is called the gravity loss. Each second spent fighting gravity costs 9.81 m/s.
The simulation rocket (115 t, 100 t of propellant, q = 1.5 t/s, ve = 3 km/s). During the 66.7 s burn, gravity removes 9.81 m/s every second: 0.65 km/s in total.
Guided calculation
The simulation rocket: 115 t at lift-off, 100 t of propellant burnt at 1.5 t/s, \(v_e = 3\ \text{km/s}\). Speed at burnout, in a vertical climb?
About 11 % of the ideal gain is lost. With half the flow rate, the burn lasts 133 s and the loss doubles: 1.31 km/s.
Why burn fast
The loss \(g\,t_b\) pushes you to burn the propellant as fast as possible, so with a high flow rate. It can be written with the thrust-to-weight ratio at lift-off, \(n_0 = q v_e/(m_0 g)\):
A ratio \(n_0\) close to 1 is a disaster: the rocket "hovers" above the tower and burns its propellant for nothing. A large \(n_0\) reduces the loss. But it has three costs:
more engines, so a heavier structure;
a stronger acceleration, which the structure, payload and crew must withstand (Saturn V reached about 4 g at the end of the first stage);
a high speed in dense air, so a lot of drag and heating.
Real launchers settle on a compromise between 1.2 and 1.5 at lift-off.
The real flight profile
Our model climbs vertically. A real rocket only does this for a few seconds, to clear the tower. Then it tilts gently: this is the gravity turn. Gravity bends the trajectory, and the rocket follows without forcing. Why tilt? Because a low orbit mainly needs a large horizontal speed, about 7.8 km/s. Climbing to 200 km "only" needs the equivalent of \(\sqrt{2 g h} \approx 2\ \text{km/s}\).
Budget for low orbit (orders of magnitude)
Δv
Orbital speed at 200 km
7.8 km/s
Gravity losses
1 to 1.5 km/s
Drag and steering losses
0.1 to 0.3 km/s
Earth's rotation (eastward launch)
− 0.4 to − 0.46 km/s
Total to provide
9.3 to 10 km/s
Earth's rotation offers up to 465 m/s at the equator, and \(465 \cos\varphi\) at latitude \(\varphi\). Kourou, at 5° latitude, benefits almost fully. That is one reason for its location.
Saturn V
About 2,970 t at lift-off, with more than 2,000 t of propellant in the first stage. Five F-1 engines burnt about 13 t per second. The first stage shut down after about 2 min 40 s, at around 65 km altitude. It had already used up two thirds of the rocket's mass.
Remember
In a vertical climb: \(\Delta v = v_e \ln(m_0/m_f) - g\,t_b\).
The gravity loss is 9.81 m/s per second of burning. Hence the value of a high flow rate.
A high thrust-to-weight ratio costs heavy engines and strong accelerations: the target is 1.2 to 1.5.
For low orbit, you must provide 9.3 to 10 km/s, more than the 7.8 km/s of orbital speed.
University
The altitude at burnout
Integrate once more. With \(m(t) = m_0 - q t\), the speed is \(v(t) = v_e \ln\dfrac{m_0}{m_0 - q t} - g t\). Change variable to \(m = m_0 - q t\), \(\mathrm{d}t = -\mathrm{d}m/q\):
Then, in ballistic flight, it would climb another \(v_b^2/(2g) \approx 1\,500\ \text{km}\). At that altitude, \(g\) is no longer constant (it has lost almost 40 %): you then need the energy \(-GMm/r\) from chapter 4. The "constant \(g\)" model is only reliable for the first few tens of kilometres.
Is there an optimal loss?
If engine mass grows with thrust, \(m_{\text{eng}} = \beta F\), raising \(n_0\) reduces \(g\,t_b \propto 1/n_0\) but makes \(m_f\) linearly heavier. The derivative of \(\Delta v(n_0)\) vanishes at an optimal \(n_0\), usually between 1.3 and 2 depending on \(\beta\). Adding drag, which penalises high speeds in dense air, lowers the optimum. This optimisation is done numerically.
Piste de travail (simulation de la page « L'équation de Tsiolkovski »)
Choisis « Décollage vertical ». Note la vitesse à l'extinction et les pertes par gravité affichées. Vérifie que la différence avec le Δv idéal vaut \(g\,t_b\).
Divise le débit par deux. Prédis la nouvelle perte, puis vérifie.
Baisse le débit jusqu'à ce que la fusée ne décolle plus. Calcule le rapport poussée/poids à la limite.
Worksheet idea (simulation on the page "The Tsiolkovsky equation")
Choose "Vertical lift-off". Note the speed at burnout and the gravity losses shown. Check that the gap with the ideal Δv equals \(g\,t_b\).
Halve the flow rate. Predict the new loss, then check.
Lower the flow rate until the rocket no longer lifts off. Work out the thrust-to-weight ratio at the limit.
Exemples résolusWorked examples
Le débit minimal pour décoller
Une fusée de 115 t a des moteurs à \(v_e = 3\ \text{km/s}\). Quel débit minimal pour quitter le sol ?
1. Condition de décollage : la poussée doit égaler le poids.
3. Avec 0,376 t/s, la fusée reste d'abord au sol. Elle ne décolle qu'une fois sa masse un peu diminuée, en gaspillant des ergols. Il faut nettement plus pour un vrai décollage.
Le débit le plus faible perd presque 1 km/s de plus. Mais le premier démarre avec un rapport poussée/poids de 8 : l'équipage ressentirait 8 g au départ, et plus de 60 g à la fin de la combustion. Aucun équipage ni aucune structure légère ne le supporterait.
The minimum flow rate for lift-off
A 115 t rocket has engines with \(v_e = 3\ \text{km/s}\). What minimum flow rate to leave the ground?
3. With 0.376 t/s, the rocket first stays on the pad. It only lifts off once its mass has dropped a little, wasting propellant. A real lift-off needs much more.
The lower flow rate loses almost 1 km/s more. But the first one starts with a thrust-to-weight ratio of 8: the crew would feel 8 g at lift-off, and more than 60 g at the end of the burn. No crew and no light structure could stand it.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 6 · Fusées
Pourquoi des étages ?
Avec la même quantité d'ergols, une fusée à étages va nettement plus vite. Le secret : ne pas accélérer de réservoirs vides.
Chapter 6 · Rockets
Why stages?
With the same amount of propellant, a staged rocket goes much faster. The secret: do not accelerate empty tanks.
Le poids mort
Une fusée n'est pas que des ergols. Il faut des réservoirs, des moteurs, des tuyauteries, une structure qui tienne les efforts. Appelons tout cela la structure. Pour un étage bien construit, elle pèse environ 5 à 10 % de la masse d'ergols.
Pendant la combustion, les réservoirs se vident. Mais ils restent là. À la fin, la fusée accélère encore des tonnes de tôle vide. Dans Tsiolkovski, cette tôle augmente \(m_f\), donc diminue le rapport \(m_0/m_f\).
L'idée : se débarrasser des réservoirs vides
On découpe la fusée en étages empilés. Le premier étage brûle ses ergols, puis on le largue. Le second étage allume son moteur. Il n'a plus à traîner la structure du premier. Chaque étage a son propre rapport de masse, et les gains s'additionnent :
Attention aux masses de chaque étage. \(m_{0,i}\) est la masse de tout ce qui reste au moment où l'étage \(i\) s'allume, y compris les étages supérieurs et la charge. \(m_{f,i}\) est cette même masse quand l'étage \(i\) a fini de brûler, juste avant le largage.
Même charge, mêmes 100 t d'ergols, même structure totale (10 % des ergols), ve = 3 km/s. Hauteurs proportionnelles aux masses. Larguer les 7,5 t vides du premier étage rapporte 1,46 km/s.
Calcul guidé
Charge 5 t, 100 t d'ergols, structure égale à 10 % des ergols, \(v_e = 3\ \text{km/s}\). On compare un étage unique à deux étages (75 t puis 25 t d'ergols).
Même quantité d'ergols, même structure totale, 1,46 km/s de plus. Le gain vient seulement des 7,5 t qu'on n'a pas accélérées jusqu'au bout.
La répartition des ergols compte. Pour cette fusée, mettre 83 % des ergols dans le premier étage donne le maximum, environ 7,63 km/s. La répartition 75/25 n'en est pas loin.
Les étages des vrais lanceurs
Saturn V avait trois étages. Le premier brûlait du kérosène et de l'oxygène liquide : forte poussée pour décoller, \(v_e\) ≈ 2,6 km/s au niveau de la mer. Les deux étages supérieurs brûlaient de l'hydrogène et de l'oxygène liquides, avec \(v_e\) ≈ 4,1 km/s dans le vide. Ce choix est logique : en altitude, la poussée compte moins, et un grand \(v_e\) rapporte beaucoup de \(\Delta v\).
Ariane 5 combinait deux gros propulseurs à poudre, allumés au décollage avec l'étage central à hydrogène, puis un étage supérieur. On parle d'étages « en parallèle » : les propulseurs sont largués quand ils sont vides, l'étage central continue.
Pourquoi pas dix étages ?
Chaque étage de plus rapporte moins que le précédent. Avec 20 fois plus de masse au départ qu'en charge utile, 10 % de structure et \(v_e = 3\ \text{km/s}\) :
Nombre d'étages identiques
\(\Delta v\)
1
5,79 km/s
2
7,20 km/s
3
7,56 km/s
4
7,72 km/s
infini (limite)
8,09 km/s
Passer de 1 à 2 étages rapporte 1,4 km/s. Passer de 3 à 4 n'en rapporte que 0,16. Or chaque étage ajoute des moteurs, des séparations pyrotechniques, des risques de panne. On s'arrête en général à deux ou trois.
Je retiens
La structure vide est un poids mort qui diminue \(m_0/m_f\).
Larguer les étages vides améliore le rapport de masse de chaque étage. Les \(\Delta v\) s'additionnent.
Pour chaque étage, \(m_0\) et \(m_f\) incluent tout ce qui est au-dessus.
Les gains diminuent vite : deux ou trois étages en pratique.
Université
Étages identiques : une formule fermée
On note \(m_u\) la charge utile et \(R = m_0/m_u\) le rapport global. On prend \(N\) étages identiques au sens suivant : chaque étage divise la masse par le même facteur \(k = R^{1/N}\), et sa structure représente la fraction \(\varepsilon\) de sa propre masse (structure + ergols).
Interprétation : avec un largage continu de la structure, tout se passe comme si la vitesse d'éjection était réduite d'un facteur \((1 - \varepsilon)\). On ne peut jamais dépasser cette borne.
Deux étages atteignent déjà 89 % de la borne théorique.
Étages différents
Si les \(v_{e,i}\) et \(\varepsilon_i\) diffèrent, on maximise \(\sum v_{e,i} \ln r_i\) sous la contrainte \(\prod_i \dfrac{(1 - \varepsilon_i)\, r_i}{1 - \varepsilon_i r_i} = R\) (masse au départ fixée). Les multiplicateurs de Lagrange donnent la répartition optimale. Résultat qualitatif : il faut donner plus de \(\Delta v\) aux étages qui ont le meilleur \(v_e\) et la structure la plus légère.
Dead weight
A rocket is not only propellant. It needs tanks, engines, pipes, a structure that can take the loads. Let us call all that the structure. For a well-built stage, it weighs about 5 to 10 % of the propellant mass.
During the burn, the tanks empty. But they stay on board. At the end, the rocket is still accelerating tonnes of empty metal. In Tsiolkovsky, that metal increases \(m_f\), so it lowers the ratio \(m_0/m_f\).
The idea: get rid of the empty tanks
Split the rocket into stacked stages. The first stage burns its propellant, then it is dropped. The second stage fires its engine. It no longer drags the first stage's structure. Each stage has its own mass ratio, and the gains add up:
Be careful with the masses of each stage. \(m_{0,i}\) is the mass of everything left when stage \(i\) ignites, including the upper stages and the payload. \(m_{f,i}\) is that same mass when stage \(i\) has finished burning, just before separation.
Same payload, same 100 t of propellant, same total structure (10 % of the propellant), ve = 3 km/s. Heights proportional to the masses. Dropping the 7.5 empty tonnes of the first stage gains 1.46 km/s.
Guided calculation
Payload 5 t, 100 t of propellant, structure equal to 10 % of the propellant, \(v_e = 3\ \text{km/s}\). Compare a single stage with two stages (75 t then 25 t of propellant).
Same propellant, same total structure, 1.46 km/s more. The gain comes only from the 7.5 t that were not accelerated all the way.
The split of propellant matters. For this rocket, putting 83 % of the propellant in the first stage gives the maximum, about 7.63 km/s. The 75/25 split is close.
The stages of real launchers
Saturn V had three stages. The first burnt kerosene and liquid oxygen: high thrust for lift-off, \(v_e\) ≈ 2.6 km/s at sea level. The two upper stages burnt liquid hydrogen and oxygen, with \(v_e\) ≈ 4.1 km/s in vacuum. The choice makes sense: at altitude, thrust matters less, and a large \(v_e\) pays off in \(\Delta v\).
Ariane 5 combined two large solid boosters, ignited at lift-off together with the hydrogen core stage, then an upper stage. These are "parallel" stages: the boosters are dropped when empty, the core stage keeps going.
Why not ten stages?
Each extra stage pays off less than the previous one. With 20 times more mass at lift-off than payload, 10 % structure and \(v_e = 3\ \text{km/s}\):
Number of identical stages
\(\Delta v\)
1
5.79 km/s
2
7.20 km/s
3
7.56 km/s
4
7.72 km/s
infinite (limit)
8.09 km/s
Going from 1 to 2 stages gains 1.4 km/s. Going from 3 to 4 only gains 0.16. Yet each stage adds engines, pyrotechnic separations, failure risks. In general, people stop at two or three.
Remember
The empty structure is dead weight that lowers \(m_0/m_f\).
Dropping empty stages improves the mass ratio of each stage. The \(\Delta v\) values add up.
For each stage, \(m_0\) and \(m_f\) include everything above it.
Gains shrink fast: two or three stages in practice.
University
Identical stages: a closed formula
Let \(m_u\) be the payload and \(R = m_0/m_u\) the overall ratio. Take \(N\) stages that are identical in this sense: each stage divides the mass by the same factor \(k = R^{1/N}\), and its structure is the fraction \(\varepsilon\) of its own mass (structure + propellant).
Mass of stage \(i\): \(m_{0,i} - m_{0,i+1} = m_{0,i}\,(1 - 1/k)\).
Propellant burnt: \((1 - \varepsilon)\) times that mass.
Mass at burnout: \(m_{f,i} = m_{0,i}\left[1 - (1 - \varepsilon)(1 - 1/k)\right] = m_{0,i}\left[\varepsilon + (1 - \varepsilon)/k\right]\).
Each stage brings the same gain. Multiply by \(N\):
Interpretation: with continuous shedding of structure, everything happens as if the exhaust speed were reduced by a factor \((1 - \varepsilon)\). This bound can never be exceeded.
Guided calculation
\(R = 20\), \(\varepsilon = 0.1\), \(v_e = 3\ \text{km/s}\). Work out \(\Delta v_2\) and \(\Delta v_\infty\).
Two stages already reach 89 % of the theoretical bound.
Different stages
If the \(v_{e,i}\) and \(\varepsilon_i\) differ, maximise \(\sum v_{e,i} \ln r_i\) under the constraint \(\prod_i \dfrac{(1 - \varepsilon_i)\, r_i}{1 - \varepsilon_i r_i} = R\) (fixed lift-off mass). Lagrange multipliers give the optimal split. Qualitative result: give more \(\Delta v\) to the stages with the best \(v_e\) and the lightest structure.
Piste de travail
Dans la simulation, situation « Dans l'espace », compare « Un étage » et « Deux étages » avec les mêmes réglages. Retrouve l'écart par le calcul.
Recommence avec 300 t d'ergols. L'écart grandit-il ? Pourquoi ?
Worksheet idea
In the simulation, "In deep space", compare "One stage" and "Two stages" with the same settings. Recover the gap by calculation.
Do it again with 300 t of propellant. Does the gap grow? Why?
Exemples résolusWorked examples
Trois étages
Même fusée (charge 5 t, 100 t d'ergols, structure 10 %, \(v_e = 3\ \text{km/s}\)), ergols répartis 60 t, 30 t, 10 t.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 6 · Fusées
Changer d'orbite, aller vers Mars
En orbite, on ne pointe pas le nez vers sa destination. On change la vitesse en un point bien choisi, et c'est toute l'orbite qui change.
Chapter 6 · Rockets
Changing orbit, going to Mars
In orbit, you do not point your nose at your destination. You change the velocity at a well-chosen point, and the whole orbit changes.
L'outil : l'énergie d'une orbite
Au chapitre 4, on a vu que l'énergie mécanique par kilogramme d'un satellite dépend seulement du demi-grand axe \(a\) de son orbite :
Pour un cercle, \(a = r\) et on retrouve \(v = \sqrt{GM/r}\). Un moteur qui pousse brièvement change \(v\) sans changer \(r\) sur le moment. Il change donc \(a\), c'est-à-dire la taille de l'orbite.
Accélérer ici, monter là-bas
Un satellite sur un cercle allume son moteur vers l'avant. Sa vitesse augmente, donc \(a\) augmente. Mais l'orbite passe toujours par le point d'allumage, et la vitesse y est toujours horizontale. Ce point devient le périgée d'une ellipse. C'est le côté opposé qui monte : l'apogée, une demi-orbite plus loin. Freiner fait l'inverse : le côté opposé descend.
Le transfert de Hohmann
Pour passer d'un cercle de rayon \(r_1\) à un cercle de rayon \(r_2 > r_1\), le chemin le plus économique (pour deux poussées brèves) est une demi-ellipse tangente aux deux cercles. Son demi-grand axe vaut \(a_t = (r_1 + r_2)/2\).
Le satellite tourne dans le sens antihoraire. Une poussée vers l'avant au point bas transforme le cercle intérieur en ellipse dont l'apogée touche le cercle extérieur. Une demi-orbite plus tard, une seconde poussée vers l'avant circularise.
Les deux poussées, étape par étape
Vitesse au périgée de l'ellipse de transfert (vis-viva en \(r = r_1\), \(a = a_t\)).
Total : 3,9 km/s. Presque autant qu'il en faut pour quitter la Terre. Les orbites hautes coûtent cher.
Un paradoxe apparent
On a accéléré deux fois. Pourtant le satellite arrive sur l'orbite haute à 3,07 km/s, contre 7,73 km/s au départ. En montant, il a converti de l'énergie cinétique en énergie potentielle. Les poussées ont augmenté l'énergie totale, pas la vitesse finale. Conséquence pratique : pour rattraper un vaisseau devant toi sur la même orbite, il faut freiner. Tu descends sur une orbite plus petite, plus rapide à parcourir.
Changer de plan : une poussée en 3D
Jusqu'ici, toutes les poussées étaient dans le plan de l'orbite. Pour changer l'inclinaison (l'angle entre le plan de l'orbite et l'équateur), il faut pousser hors de ce plan. On le fait à un nœud, là où l'orbite traverse l'équateur. On y place un repère local : \(x\) radial vers l'extérieur, \(y\) le long de la trajectoire, \(z\) perpendiculaire au plan de l'orbite (la direction du moment cinétique).
Repère local au nœud : x vers l'extérieur (radial), y le long de la trajectoire, z perpendiculaire au plan de départ. La poussée fait tourner la vitesse d'un angle Δi sans changer sa norme. Le Δv (rouge) a surtout une composante selon z. Angle exagéré sur le schéma.
Avant la poussée, \(\vec v_1\) est le long de \(y\). Après, on veut la même norme, mais tournée d'un angle \(\Delta i\) vers \(z\) :
\[ \vec v_1 = \begin{pmatrix} 0 \\ v \\ 0 \end{pmatrix} \]\[ \vec v_2 = \begin{pmatrix} 0 \\ v\cos\Delta i \\ v\sin\Delta i \end{pmatrix} \]
La poussée doit fournir la différence, un vecteur à deux composantes non nulles :
\[ \Delta\vec v = \vec v_2 - \vec v_1 = \begin{pmatrix} 0 \\ v(\cos\Delta i - 1) \\ v\sin\Delta i \end{pmatrix} \]
Sa norme se simplifie avec \(1 - \cos\Delta i = 2\sin^{2}(\Delta i/2)\) :
Calcul guidé : 10° de moins pour une station en orbite basse
Un satellite tourne à \(v = 7{,}66\ \text{km/s}\) (orbite de l'ISS). On veut diminuer son inclinaison de \(\Delta i = 10^\circ\). Composantes et norme de la poussée ? Masse d'ergols si \(v_e = 3{,}2\ \text{km/s}\) ?
Composante le long de la trajectoire (un léger freinage) :
Pour seulement 10°, il faut brûler la moitié de la masse finale en ergols. C'est un tiers du transfert vers l'orbite géostationnaire. Voilà pourquoi on choisit le site de lancement : l'inclinaison minimale d'une orbite est la latitude du site. Kourou (5°) est un atout pour l'orbite géostationnaire.
Attention
On ne change pas de plan en poussant « vers le nord » n'importe où. Une poussée hors du plan faite loin d'un nœud fait aussi tourner la ligne des nœuds. Au nœud, la poussée change seulement l'inclinaison.
Le même calcul autour du Soleil : aller vers Mars
La Terre tourne autour du Soleil à 1 UA, Mars à 1,524 UA. Un transfert de Hohmann entre ces deux orbites demande, au départ, une vitesse supérieure de 2,95 km/s à celle de la Terre. Une fois sortie de l'influence terrestre, la sonde doit donc garder 2,95 km/s par rapport à la Terre. Le voyage dure une demi-période de l'ellipse de transfert : environ 259 jours.
Il faut aussi que Mars soit au rendez-vous à l'arrivée. Cette configuration revient à chaque période synodique :
Soit environ 26 mois entre deux fenêtres de lancement vers Mars.
Budget de Δv (ordres de grandeur)
Δv
Sol → orbite basse
9,3 à 10 km/s
Orbite basse → trajectoire vers Mars
≈ 3,6 km/s
Capture en orbite martienne basse (sans freinage atmosphérique)
≈ 2,1 km/s
Pourquoi 3,6 km/s depuis l'orbite basse, et pas 3,2 km/s pour s'échapper plus 2,95 km/s ? Parce qu'une poussée donnée près de la Terre, là où la sonde va déjà vite, rapporte beaucoup d'énergie : c'est l'effet Oberth (bloc Université). La conservation de l'énergie donne \(v_p^2 = v_\infty^2 + v_{\text{lib}}^2\), donc \(\Delta v = \sqrt{2{,}95^2 + 10{,}93^2} - 7{,}73 \approx 3{,}6\ \text{km/s}\).
L'assistance gravitationnelle
Une sonde qui frôle une planète voit sa trajectoire courbée, sans dépenser d'ergols. Dans le référentiel de la planète, c'est un choc élastique : la sonde repart à la même vitesse qu'elle est arrivée, seule la direction change. Dans le référentiel du Soleil, il faut ajouter la vitesse \(\vec U\) de la planète, qui se déplace. Le résultat peut gagner plusieurs km/s.
Composition des vitesses. Dans le référentiel de la planète, la sonde repart aussi vite qu'elle est arrivée (cercle pointillé). Ajouter la vitesse U de la planète donne, vu du Soleil, une vitesse de sortie bien plus grande.
D'où vient l'énergie ? De la planète, qui ralentit un tout petit peu. Jupiter est \(10^{24}\) fois plus lourde qu'une sonde : sa perte est indétectable. C'est le même mécanisme qu'une balle de tennis renvoyée par une raquette qui avance. Voyager 2, Cassini et Rosetta ont enchaîné plusieurs assistances.
Je retiens
Vis-viva : \(v^2 = GM(2/r - 1/a)\). Changer \(v\) en un point change toute l'orbite.
Accélérer en un point élève le côté opposé de l'orbite.
Transfert de Hohmann : deux poussées, aux deux extrémités d'une demi-ellipse de demi-grand axe \((r_1 + r_2)/2\).
Vers Mars : environ 3,6 km/s depuis l'orbite basse, 259 jours de voyage, une fenêtre tous les 26 mois.
Une assistance gravitationnelle change la vitesse héliocentrique sans ergols, en empruntant l'élan d'une planète.
Université
L'effet Oberth
Une poussée \(\Delta v\) change l'énergie cinétique par kilogramme de
\[ \Delta\!\left(\frac{v^2}{2}\right) = v\,\Delta v + \frac{(\Delta v)^2}{2} \]
Le gain est proportionnel à la vitesse au moment de la poussée. Les mêmes ergols rapportent donc plus d'énergie là où l'engin va vite, c'est-à-dire au plus près de l'astre. Une poussée de 1 km/s donne 8,2 MJ/kg en orbite basse (7,73 km/s), mais seulement 1,5 MJ/kg pour un engin qui va à 1 km/s. Exemple frappant : depuis l'orbite basse, il faut 3,2 km/s pour atteindre la vitesse de libération. Brûler 1 km/s de plus donne, loin de la Terre, \(v_\infty = \sqrt{11{,}93^2 - 10{,}93^2} \approx 4{,}8\ \text{km/s}\).
Changer le plan de l'orbite
On l'a vu : tourner le vecteur vitesse d'un angle \(\Delta i\) sans changer sa norme coûte
\[ \Delta v = 2 v \sin\frac{\Delta i}{2} \]
C'est cher là où \(v\) est grand. Depuis Cap Canaveral (latitude 28,5°), passer à l'équateur coûterait 3,8 km/s en orbite basse. On le fait plutôt à l'apogée du transfert vers l'orbite géostationnaire, où \(v\) ne vaut que 1,6 km/s environ, et on le combine avec la seconde poussée.
Hohmann est-il toujours optimal ?
Non. Pour \(r_2/r_1 > 11{,}94\), un transfert bi-elliptique (monter très haut, freiner, puis redescendre) coûte moins de \(\Delta v\), au prix d'un voyage beaucoup plus long. Et avec une poussée faible et continue (moteur ionique), on suit une spirale. Le \(\Delta v\) total est alors proche de la différence des vitesses circulaires, \(\sqrt{GM/r_1} - \sqrt{GM/r_2}\).
Calcul guidé : spirale contre Hohmann
Même transfert orbite basse → géostationnaire, avec un moteur ionique.
Spirale lente : la vitesse reste circulaire à chaque instant.
La spirale coûte 20 % de plus en \(\Delta v\). Mais le moteur ionique a \(v_e\) dix fois plus grand. Masse d'ergols pour 1 t en orbite géostationnaire, \(v_e = 30\ \text{km/s}\) :
Avec un moteur chimique à 4,4 km/s, Hohmann demanderait \(1000\,(e^{3{,}90/4{,}4} - 1) \approx 1\,430\ \text{kg}\). Le ionique gagne largement, mais le transfert prend des mois.
The tool: the energy of an orbit
In chapter 4 we saw that the mechanical energy per kilogram of a satellite depends only on the semi-major axis \(a\) of its orbit:
For a circle, \(a = r\) and you get back \(v = \sqrt{GM/r}\). An engine that fires briefly changes \(v\) without changing \(r\) at that moment. So it changes \(a\), that is, the size of the orbit.
Speed up here, rise over there
A satellite on a circle fires its engine forwards. Its speed increases, so \(a\) increases. But the orbit still passes through the burn point, and the velocity there is still horizontal. That point becomes the perigee of an ellipse. It is the opposite side that rises: the apogee, half an orbit away. Braking does the reverse: the opposite side drops.
The Hohmann transfer
To go from a circle of radius \(r_1\) to a circle of radius \(r_2 > r_1\), the cheapest path (for two brief burns) is a half-ellipse tangent to both circles. Its semi-major axis is \(a_t = (r_1 + r_2)/2\).
The satellite moves anticlockwise. A forward burn at the low point turns the inner circle into an ellipse whose apogee touches the outer circle. Half an orbit later, a second forward burn circularises.
The two burns, step by step
Speed at the perigee of the transfer ellipse (vis-viva at \(r = r_1\), \(a = a_t\)).
Total: 3.9 km/s. Almost as much as it takes to leave the Earth. High orbits are expensive.
An apparent paradox
We sped up twice. Yet the satellite arrives on the high orbit at 3.07 km/s, against 7.73 km/s at the start. Climbing, it converted kinetic energy into potential energy. The burns increased the total energy, not the final speed. Practical consequence: to catch up with a ship ahead of you on the same orbit, you must brake. You drop onto a smaller orbit, which is quicker to go round.
Changing plane: a burn in 3D
So far, every burn was in the plane of the orbit. To change the inclination (the angle between the orbital plane and the equator), you must push out of that plane. It is done at a node, where the orbit crosses the equator. Set up a local frame there: \(x\) radial outwards, \(y\) along the track, \(z\) perpendicular to the orbital plane (the direction of the angular momentum).
Local frame at the node: x outwards (radial), y along the track, z perpendicular to the initial plane. The burn rotates the velocity by an angle Δi without changing its magnitude. The Δv (red) is mostly along z. Angle exaggerated in the sketch.
Before the burn, \(\vec v_1\) points along \(y\). Afterwards, we want the same magnitude, but rotated by an angle \(\Delta i\) towards \(z\):
\[ \vec v_1 = \begin{pmatrix} 0 \\ v \\ 0 \end{pmatrix} \]\[ \vec v_2 = \begin{pmatrix} 0 \\ v\cos\Delta i \\ v\sin\Delta i \end{pmatrix} \]
The burn must supply the difference, a vector with two non-zero components:
\[ \Delta\vec v = \vec v_2 - \vec v_1 = \begin{pmatrix} 0 \\ v(\cos\Delta i - 1) \\ v\sin\Delta i \end{pmatrix} \]
Its magnitude simplifies with \(1 - \cos\Delta i = 2\sin^{2}(\Delta i/2)\):
Guided calculation: 10° less for a station in low orbit
A satellite moves at \(v = 7.66\ \text{km/s}\) (the ISS orbit). We want to lower its inclination by \(\Delta i = 10^\circ\). Components and magnitude of the burn? Propellant mass if \(v_e = 3.2\ \text{km/s}\)?
For only 10°, you must burn half the final mass in propellant. That is a third of the transfer to geostationary orbit. This is why the launch site matters: the minimum inclination of an orbit is the latitude of the site. Kourou (5°) is an asset for geostationary orbit.
Watch out
You do not change plane by pushing "north" anywhere. An out-of-plane burn made away from a node also turns the line of nodes. At the node, the burn changes only the inclination.
The same calculation around the Sun: going to Mars
The Earth orbits the Sun at 1 AU, Mars at 1.524 AU. A Hohmann transfer between these orbits needs, at departure, a speed 2.95 km/s higher than the Earth's. Once out of the Earth's influence, the probe must therefore keep 2.95 km/s relative to the Earth. The trip lasts half a period of the transfer ellipse: about 259 days.
Mars must also be at the meeting point on arrival. This configuration comes back every synodic period:
That is about 26 months between two launch windows to Mars.
Δv budget (orders of magnitude)
Δv
Ground → low orbit
9.3 to 10 km/s
Low orbit → trajectory to Mars
≈ 3.6 km/s
Capture into low Mars orbit (no aerobraking)
≈ 2.1 km/s
Why 3.6 km/s from low orbit, and not 3.2 km/s to escape plus 2.95 km/s? Because a burn made close to the Earth, where the probe is already fast, yields a lot of energy: this is the Oberth effect (University block). Energy conservation gives \(v_p^2 = v_\infty^2 + v_{\text{esc}}^2\), so \(\Delta v = \sqrt{2.95^2 + 10.93^2} - 7.73 \approx 3.6\ \text{km/s}\).
Gravity assist
A probe flying close to a planet has its path bent, without burning propellant. In the planet's frame, it is an elastic collision: the probe leaves at the same speed it arrived, only the direction changes. In the Sun's frame, you must add the velocity \(\vec U\) of the moving planet. The result can gain several km/s.
Velocity addition. In the planet's frame, the probe leaves as fast as it arrived (dashed circle). Adding the planet's velocity U gives, seen from the Sun, a much larger exit speed.
Where does the energy come from? From the planet, which slows down a tiny bit. Jupiter is \(10^{24}\) times heavier than a probe: its loss is undetectable. It is the same mechanism as a tennis ball sent back by a racket that moves forwards. Voyager 2, Cassini and Rosetta chained several assists.
Remember
Vis-viva: \(v^2 = GM(2/r - 1/a)\). Changing \(v\) at one point changes the whole orbit.
Speeding up at one point raises the opposite side of the orbit.
Hohmann transfer: two burns, at the two ends of a half-ellipse with semi-major axis \((r_1 + r_2)/2\).
To Mars: about 3.6 km/s from low orbit, 259 days of travel, a window every 26 months.
A gravity assist changes the heliocentric speed without propellant, by borrowing a planet's momentum.
University
The Oberth effect
A burn \(\Delta v\) changes the kinetic energy per kilogram by
\[ \Delta\!\left(\frac{v^2}{2}\right) = v\,\Delta v + \frac{(\Delta v)^2}{2} \]
The gain is proportional to the speed at the time of the burn. The same propellant therefore yields more energy where the craft is fast, that is, closest to the body. A 1 km/s burn gives 8.2 MJ/kg in low orbit (7.73 km/s), but only 1.5 MJ/kg for a craft moving at 1 km/s. A striking example: from low orbit, it takes 3.2 km/s to reach escape speed. Burning 1 km/s more gives, far from the Earth, \(v_\infty = \sqrt{11.93^2 - 10.93^2} \approx 4.8\ \text{km/s}\).
Changing the orbital plane
As shown above, turning the velocity vector by an angle \(\Delta i\) without changing its magnitude costs
\[ \Delta v = 2 v \sin\frac{\Delta i}{2} \]
It is expensive where \(v\) is large. From Cape Canaveral (latitude 28.5°), switching to the equator would cost 3.8 km/s in low orbit. It is done instead at the apogee of the transfer to geostationary orbit, where \(v\) is only about 1.6 km/s, and combined with the second burn.
Is Hohmann always optimal?
No. For \(r_2/r_1 > 11.94\), a bi-elliptic transfer (go very high, brake, then come back down) costs less \(\Delta v\), at the price of a much longer trip. And with a weak, continuous thrust (ion engine), you follow a spiral. The total \(\Delta v\) is then close to the difference of the circular speeds, \(\sqrt{GM/r_1} - \sqrt{GM/r_2}\).
Guided calculation: spiral versus Hohmann
Same transfer from low orbit to geostationary orbit, with an ion engine.
Slow spiral: the velocity stays circular at every moment.
The spiral costs 20 % more \(\Delta v\). But the ion engine has a \(v_e\) ten times larger. Propellant mass for 1 t in geostationary orbit, \(v_e = 30\ \text{km/s}\):
With a chemical engine at 4.4 km/s, Hohmann would need \(1000\,(e^{3.90/4.4} - 1) \approx 1\,430\ \text{kg}\). The ion engine wins by far, but the transfer takes months.
Piste de travail (canon de Newton, chapitre 4)
Mets le boulet en orbite presque circulaire, puis coche le défi « orbite cible ».
Au point le plus bas, accélère. Observe : quel côté de l'orbite monte ?
Attends l'apogée et accélère encore. Combien de poussées faut-il pour circulariser sur la cible ? Compare le Δv total à la formule de Hohmann.
Worksheet idea (Newton's cannon, chapter 4)
Put the ball on an almost circular orbit, then tick the "target orbit" challenge.
At the lowest point, speed up. Watch: which side of the orbit rises?
Wait for apogee and speed up again. How many burns does it take to circularise on the target? Compare the total Δv with the Hohmann formula.
Jupiter va à \(U = 13{,}1\ \text{km/s}\). Une sonde va dans le même sens, mais plus lentement : 5,1 km/s. Jupiter la rattrape. Dans le référentiel de Jupiter, la sonde recule à \(w = 8\ \text{km/s}\). Cas limite : elle fait demi-tour autour de la planète.
Gain : \(2w = 16\ \text{km/s}\). C'est une borne : un demi-tour complet demanderait de passer au centre de la planète. Un vrai survol dévie de quelques dizaines de degrés.
Jupiter moves at \(U = 13.1\ \text{km/s}\). A probe moves in the same direction, but more slowly: 5.1 km/s. Jupiter catches up with it. In Jupiter's frame, the probe moves backwards at \(w = 8\ \text{km/s}\). Limiting case: it turns right round the planet.
Gain: \(2w = 16\ \text{km/s}\). It is a bound: a full U-turn would require passing through the centre of the planet. A real flyby deflects by a few tens of degrees.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 6 · Fusées
La fusée relativiste
Tsiolkovski permet en principe de dépasser la vitesse de la lumière. Que se passe-t-il vraiment quand les vitesses approchent \(c\) ?
Chapter 6 · Rockets
The relativistic rocket
Tsiolkovsky in principle lets you exceed the speed of light. What really happens when speeds approach \(c\)?
Où Tsiolkovski se casse
Prenons une fusée idéale qui éjecte de la lumière : \(v_e = c\). Avec un rapport de masse de 10, Tsiolkovski donne \(\Delta v = c \ln 10 = 2{,}3\,c\). Absurde. L'erreur vient de deux hypothèses newtoniennes : la quantité de mouvement vaut \(m v\), et les vitesses s'additionnent simplement. Il faut refaire le bilan avec l'énergie-impulsion de la relativité restreinte (chapitre 7).
La rapidité, une vitesse qui s'additionne
En relativité, deux vitesses colinéaires se composent selon \(w = \dfrac{u + v}{1 + uv/c^2}\). On définit la rapidité \(\phi\) par
\[ \frac{v}{c} = \tanh\phi \]
La formule d'addition des tangentes hyperboliques montre que les rapidités s'additionnent simplement : \(\phi_w = \phi_u + \phi_v\). Aux faibles vitesses, \(\phi \approx v/c\). La rapidité est donc le bon prolongement de la vitesse newtonienne.
Le bilan dans le référentiel propre
On se place dans le référentiel où la fusée est momentanément au repos. Sa masse au repos vaut \(M\). Pendant \(\mathrm{d}\tau\) (temps propre), elle éjecte des gaz d'énergie \(E_g\) à la vitesse \(v_e\). Après, sa masse au repos vaut \(M + \mathrm{d}M\) (\(\mathrm{d}M < 0\)) et elle a acquis la petite vitesse \(\mathrm{d}u\).
La démonstration, étape par étape
Conservation de l'énergie, au premier ordre (l'énergie cinétique de la fusée est du second ordre).
Les rapidités s'additionnent d'un instant à l'autre. On intègre comme chez Tsiolkovski.
\[ \phi = \frac{v_e}{c}\ln\frac{M_0}{M_f} \]\[ v = c\tanh\phi \]
L'étape 1 contient une subtilité : la masse perdue par la fusée vaut \(-\mathrm{d}M\), mais la masse au repos des gaz éjectés est plus petite. La différence est l'énergie libérée, qui devient l'énergie cinétique des gaz. Pour une fusée à photons, toute la masse perdue devient de la lumière.
Fusée à photons (ve = c). La formule classique donnerait v = c ln(m0/mf), qui dépasse c dès m0/mf = e. La formule relativiste v/c = tanh(ln(m0/mf)) reste toujours sous c.
Calcul guidé : une fusée à photons
\(v_e = c\), rapport de masse 10. Vitesse finale ?
98 % de \(c\), et jamais plus, quel que soit le rapport de masse.
Ordres de grandeur : aller vers une autre étoile
Proxima du Centaure est à 4,2 années-lumière. Pour y aller à 0,1 \(c\) et s'arrêter, il faut une rapidité \(2\,\mathrm{artanh}(0{,}1) = 0{,}201\). Le rapport de masse nécessaire vaut \(e^{0{,}201\,c/v_e}\).
Propulsion
\(M_0/M_f\)
Chimique, \(v_e = 4{,}4\ \text{km/s}\)
\(e^{13\,700}\) : impossible
Fusion idéale, \(v_e \approx 0{,}03\,c\)
≈ 800
Photons, \(v_e = c\)
1,22
Le voyage durerait environ 42 ans. Le problème n'est pas l'équation : c'est de trouver une source d'énergie qui convertisse la masse en éjection rapide.
Accélération propre constante
Un équipage qui ressent en permanence une accélération \(a_0\) (par exemple \(g\), pour le confort) gagne une rapidité \(\mathrm{d}\phi = a_0\,\mathrm{d}\tau/c\) par intervalle de temps propre. Donc \(\phi = a_0\tau/c\) et \(v = c\tanh(a_0\tau/c)\). Avec \(a_0 = g\), après une année à bord, \(\phi = 1{,}03\) et \(v = 0{,}775\,c\).
Je retiens
Les rapidités \(\phi = \mathrm{artanh}(v/c)\) s'additionnent comme les vitesses newtoniennes.
Pour \(v_e \ll c\) et \(v \ll c\), on retrouve Tsiolkovski.
Fusée à photons : \(v/c = (R^2 - 1)/(R^2 + 1)\).
Where Tsiolkovsky breaks
Take an ideal rocket that ejects light: \(v_e = c\). With a mass ratio of 10, Tsiolkovsky gives \(\Delta v = c \ln 10 = 2.3\,c\). Absurd. The mistake comes from two Newtonian assumptions: momentum is \(m v\), and velocities simply add. The balance must be redone with the energy-momentum of special relativity (chapter 7).
Rapidity, a speed that adds up
In relativity, two collinear velocities combine as \(w = \dfrac{u + v}{1 + uv/c^2}\). Define the rapidity \(\phi\) by
\[ \frac{v}{c} = \tanh\phi \]
The addition formula for hyperbolic tangents shows that rapidities simply add: \(\phi_w = \phi_u + \phi_v\). At low speeds, \(\phi \approx v/c\). Rapidity is therefore the right extension of Newtonian velocity.
The balance in the rest frame
Use the frame where the rocket is momentarily at rest. Its rest mass is \(M\). During \(\mathrm{d}\tau\) (proper time), it ejects gas of energy \(E_g\) at speed \(v_e\). Afterwards, its rest mass is \(M + \mathrm{d}M\) (\(\mathrm{d}M < 0\)) and it has gained the small velocity \(\mathrm{d}u\).
The derivation, step by step
Energy conservation, to first order (the rocket's kinetic energy is second order).
Rapidities add from one instant to the next. Integrate as in Tsiolkovsky.
\[ \phi = \frac{v_e}{c}\ln\frac{M_0}{M_f} \]\[ v = c\tanh\phi \]
Step 1 hides a subtlety: the mass lost by the rocket is \(-\mathrm{d}M\), but the rest mass of the ejected gas is smaller. The difference is the released energy, which becomes the gas's kinetic energy. For a photon rocket, all the lost mass becomes light.
Photon rocket (ve = c). The classical formula would give v = c ln(m0/mf), which exceeds c as soon as m0/mf = e. The relativistic formula v/c = tanh(ln(m0/mf)) always stays below c.
Guided calculation: a photon rocket
\(v_e = c\), mass ratio 10. Final speed?
Rapidity.
\[ \phi = \ln 10 = 2.303 \]
Speed. With \(\tanh(\ln R) = \dfrac{R^2 - 1}{R^2 + 1}\):
98 % of \(c\), and never more, whatever the mass ratio.
Orders of magnitude: going to another star
Proxima Centauri is 4.2 light-years away. To travel there at 0.1 \(c\) and stop, you need a rapidity \(2\,\mathrm{artanh}(0.1) = 0.201\). The required mass ratio is \(e^{0.201\,c/v_e}\).
Propulsion
\(M_0/M_f\)
Chemical, \(v_e = 4.4\ \text{km/s}\)
\(e^{13\,700}\): impossible
Ideal fusion, \(v_e \approx 0.03\,c\)
≈ 800
Photons, \(v_e = c\)
1.22
The trip would take about 42 years. The problem is not the equation: it is finding an energy source that turns mass into a fast exhaust.
Constant proper acceleration
A crew that constantly feels an acceleration \(a_0\) (for instance \(g\), for comfort) gains a rapidity \(\mathrm{d}\phi = a_0\,\mathrm{d}\tau/c\) per interval of proper time. So \(\phi = a_0\tau/c\) and \(v = c\tanh(a_0\tau/c)\). With \(a_0 = g\), after one year on board, \(\phi = 1.03\) and \(v = 0.775\,c\).
Remember
Rapidities \(\phi = \mathrm{artanh}(v/c)\) add like Newtonian velocities.
For \(v_e \ll c\) and \(v \ll c\), you recover Tsiolkovsky.
Photon rocket: \(v/c = (R^2 - 1)/(R^2 + 1)\).
Exemples résolusWorked examples
Retrouver Tsiolkovski
Pour \(\phi \ll 1\), \(\tanh\phi \approx \phi\). Donc
\[ v \approx c\,\phi = c\,\frac{v_e}{c}\ln\frac{M_0}{M_f} = v_e \ln\frac{M_0}{M_f} \]
C'est exactement l'équation de Tsiolkovski. Pour une fusée chimique, \(\phi \sim 10^{-5}\) : l'écart relatif est de l'ordre de \(\phi^2/3 \sim 10^{-11}\), invisible.
Perdre la moitié de sa masse en lumière donne 60 % de \(c\). Tsiolkovski aurait donné \(\ln 2 = 0{,}69\,c\), une erreur de 15 %.
Recovering Tsiolkovsky
For \(\phi \ll 1\), \(\tanh\phi \approx \phi\). So
\[ v \approx c\,\phi = c\,\frac{v_e}{c}\ln\frac{M_0}{M_f} = v_e \ln\frac{M_0}{M_f} \]
That is exactly the Tsiolkovsky equation. For a chemical rocket, \(\phi \sim 10^{-5}\): the relative gap is of order \(\phi^2/3 \sim 10^{-11}\), invisible.
Losing half your mass as light gives 60 % of \(c\). Tsiolkovsky would have given \(\ln 2 = 0.69\,c\), a 15 % error.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 7
Référentiels et relativité
Un mouvement n'existe que par rapport à quelque chose. Que se passe-t-il quand on change de point de vue, et pourquoi la lumière a tout bousculé ?
Chapter 7
Frames of reference and relativity
Motion only exists relative to something. What happens when you change your point of view, and why did light turn everything upside down?
Tu es assis dans un train. Pour toi, ton sac est immobile. Pour quelqu'un sur le quai, il file à 30 m/s. Qui a raison ? Les deux. La vitesse d'un objet dépend du référentiel dans lequel on la mesure.
Ce chapitre suit une histoire en deux actes. Le premier acte est celui de Galilée et Newton : on change de référentiel en additionnant les vitesses, et les lois de la mécanique restent les mêmes. Le second acte commence avec la lumière. Elle refuse de jouer le jeu : sa vitesse est la même pour tout le monde. Einstein en tire les conséquences en 1905, et le temps lui-même devient relatif.
Le plan
Référentiels : qu'est-ce qu'un référentiel d'inertie, et que se passe-t-il dans un train qui freine.
Relativité de Galilée : transformation de Galilée et addition des vitesses.
Les postulats d'Einstein : la crise de l'éther et l'expérience de Michelson et Morley.
Dilatation du temps : l'horloge de lumière, le facteur γ.
Contraction des longueurs : les muons de l'atmosphère, vus de deux façons.
Transformation de Lorentz : simultanéité, diagramme de Minkowski, intervalle.
Énergie et quadrivecteurs (Université) : E = γmc², jumeaux, GPS.
Pythagore et un peu d'algèbre. En Université : dérivées, matrices 2 × 2.
Garde une question en tête pendant tout le chapitre : qu'est-ce qui dépend de l'observateur, et qu'est-ce qui n'en dépend pas ? La physique cherche justement ce qui ne change pas.
You are sitting in a train. For you, your bag is at rest. For someone on the platform, it races along at 30 m/s. Who is right? Both. The velocity of an object depends on the frame of reference in which it is measured.
This chapter tells a story in two acts. The first act belongs to Galileo and Newton: you change frame by adding velocities, and the laws of mechanics stay the same. The second act starts with light. Light refuses to play along: its speed is the same for everyone. Einstein draws the consequences in 1905, and time itself becomes relative.
The plan
Frames of reference: what an inertial frame is, and what happens in a braking train.
Galilean relativity: the Galilean transformation and the addition of velocities.
Einstein's postulates: the ether crisis and the Michelson-Morley experiment.
Time dilation: the light clock, the factor γ.
Length contraction: atmospheric muons, seen in two ways.
Pythagoras and some algebra. At university level: derivatives, 2 × 2 matrices.
Keep one question in mind throughout the chapter: what depends on the observer, and what does not? Physics looks precisely for what does not change.
Chapitre 7 · Relativité
Référentiels d'inertie
Dans quels référentiels les lois de Newton sont-elles vraies, et que se passe-t-il dans un train qui freine ?
Chapter 7 · Relativity
Inertial frames
In which frames do Newton's laws hold, and what happens in a braking train?
Un corps de référence, une horloge, des axes
Pour dire où est un objet, il faut un point de repère. Un référentiel est un corps de référence (le quai, le train, la Terre, le Soleil) auquel on attache des axes et une horloge. Position, vitesse, accélération et trajectoire sont toujours mesurées dans un référentiel.
Change de référentiel, et la description change. Une valise posée dans le train est immobile dans le référentiel du train. Elle avance à 30 m/s dans celui du quai. Elle tourne autour du Soleil à 30 km/s dans celui du Soleil. Aucune de ces descriptions n'est « la vraie ».
Le principe d'inertie ne marche pas partout
La première loi de Newton dit : un corps sur lequel aucune force n'agit (ou dont les forces se compensent) reste au repos ou garde un mouvement rectiligne uniforme. Cette loi n'est pas vraie dans tous les référentiels.
Pose une bille sur le plancher lisse d'un bus. Le bus freine. La bille roule vers l'avant, alors que rien ne la pousse. Dans le référentiel du bus, le principe d'inertie est faux. Dans celui de la route, tout va bien : la bille garde sa vitesse, c'est le bus qui ralentit sous elle.
On appelle référentiel d'inertie (ou référentiel galiléen) un référentiel où le principe d'inertie est vrai. Propriété clé : si \(R\) est un référentiel d'inertie, tout référentiel \(R'\) en translation rectiligne uniforme par rapport à \(R\) en est un aussi. Un référentiel qui accélère ou qui tourne n'en est pas un.
La Terre, presque un référentiel d'inertie
La Terre tourne sur elle-même. Un point du sol décrit donc un cercle et subit une accélération centripète. Est-ce grave ?
Calcul guidé
Quelle est l'accélération centripète d'un point du sol à Saint-Maurice (latitude 46°) ?
La Terre fait un tour en un jour sidéral, 86 164 s. Sa vitesse angulaire vaut :
\[ a = \omega^{2} r = (7{,}29 \cdot 10^{-5})^{2} \cdot 4{,}426 \cdot 10^{6} \approx 0{,}024\ \text{m/s}^2 \]
C'est 0,24 % de \(g\). Pour une expérience de laboratoire qui dure quelques secondes, on peut traiter le sol comme un référentiel d'inertie. Pour un pendule qui oscille des heures ou un ouragan, non.
Le train qui freine : la force d'inertie
Un pendule pend du plafond d'un train. Le train freine avec une accélération \(\vec a_e\) dirigée vers l'arrière. Le pendule penche vers l'avant et reste incliné tant que dure le freinage.
Le train roule vers la droite (v) et freine (ae vers la gauche). Dans le référentiel du train, la masse est immobile : la tension T, le poids P et la force d'inertie −m ae (pointillés) se compensent.
Dans le référentiel du quai (d'inertie), l'explication est simple. La masse doit ralentir avec le train. Seule la tension du fil peut lui fournir une composante horizontale vers l'arrière. Il faut donc que le fil penche vers l'avant.
Dans le référentiel du train, la masse est immobile. Pour garder la forme \(\sum \vec F = m\vec a'\), on ajoute une force d'inertie :
\[ m\,\vec a' = \sum \vec F - m\,\vec a_e \]
Ici \(\vec a' = \vec 0\). La force d'inertie \(-m\vec a_e\) pointe vers l'avant. Elle compense la composante horizontale de la tension.
Calcul guidé
Le train freine à 2,0 m/s². Une masse de 0,50 kg pend au plafond. Quel angle fait le fil, et quelle est sa tension ?
Équilibre horizontal et vertical dans le référentiel du train :
\[ T\sin\theta = m a_e \]\[ T\cos\theta = m g \]
On divise la première équation par la seconde, la tension disparaît :
Le fil se comporte comme dans une pesanteur « effective » \(\vec g - \vec a_e\), plus forte et inclinée. C'est un accéléromètre : en mesurant \(\theta\), on connaît \(a_e\).
Attention
La force d'inertie n'est exercée par aucun objet. Elle n'a donc pas de « réaction » au sens de la troisième loi. Elle n'existe que si l'on décrit le mouvement depuis un référentiel accéléré. Vu du quai, il n'y a que la tension et le poids.
Dans un virage, le même raisonnement donne la « force centrifuge », qui te plaque contre la portière. Vu de la route, il n'y a pas de force vers l'extérieur : c'est la portière qui te pousse vers l'intérieur pour te faire tourner.
À retenir
Un référentiel d'inertie est un référentiel où le principe d'inertie est vrai.
Tous les référentiels en translation uniforme par rapport à un référentiel d'inertie sont aussi d'inertie.
Dans un référentiel accéléré, on peut garder \(\sum\vec F = m\vec a'\) en ajoutant la force d'inertie \(-m\vec a_e\).
Le sol terrestre est un référentiel d'inertie à 0,24 % près, ce qui suffit au laboratoire.
Université
Référentiels tournants : la formule générale
Soit \(R'\) un référentiel dont l'origine a l'accélération \(\vec a_{O'}\) et qui tourne avec la vitesse angulaire \(\vec\Omega\) par rapport à \(R\) (d'inertie). Pour tout vecteur \(\vec A\), les dérivées dans les deux référentiels sont liées par
Les termes ajoutés sont, dans l'ordre : la force d'inertie d'entraînement en translation, la force centrifuge, la force de Coriolis et la force d'Euler. La force centrifuge dérive de l'énergie potentielle \(-\tfrac12 m\,\lvert\vec\Omega\times\vec r'\rvert^{2}\). La force de Coriolis est perpendiculaire à \(\vec v'\) : elle ne travaille jamais.
Le pendule de Foucault
En 1851, Foucault suspend une masse de 28 kg à un fil de 67 m sous la coupole du Panthéon. Le plan d'oscillation tourne lentement par rapport au sol. À la latitude \(\varphi\), la force de Coriolis le fait tourner à la vitesse angulaire \(\Omega\sin\varphi\). Un tour complet dure donc
\[ T_F = \frac{23{,}93\ \text{h}}{\sin\varphi} \]
À Saint-Maurice (\(\varphi = 46^\circ\)), \(T_F \approx 33{,}3\) h. C'est la première preuve, faite dans une salle fermée, que la Terre tourne : le sol n'est pas exactement un référentiel d'inertie.
A reference body, a clock, some axes
To say where an object is, you need a landmark. A frame of reference is a reference body (the platform, the train, the Earth, the Sun) to which we attach axes and a clock. Position, velocity, acceleration and path are always measured in a frame.
Change frame, and the description changes. A suitcase lying in the train is at rest in the train's frame. It moves at 30 m/s in the platform's frame. It goes round the Sun at 30 km/s in the Sun's frame. None of these descriptions is "the true one".
The law of inertia does not hold everywhere
Newton's first law says: a body with no force on it (or whose forces cancel) stays at rest or keeps moving in a straight line at constant speed. This law is not true in every frame.
Put a marble on the smooth floor of a bus. The bus brakes. The marble rolls forwards, although nothing pushes it. In the bus's frame, the law of inertia fails. In the road's frame, all is well: the marble keeps its velocity, the bus slows down beneath it.
An inertial frame is a frame where the law of inertia holds. Key property: if \(R\) is inertial, any frame \(R'\) in uniform straight-line translation relative to \(R\) is inertial too. A frame that accelerates or rotates is not.
The Earth, almost an inertial frame
The Earth spins. A point on the ground therefore moves on a circle and has a centripetal acceleration. Does it matter?
Guided calculation
What is the centripetal acceleration of a point on the ground in Saint-Maurice (latitude 46°)?
The Earth turns once per sidereal day, 86,164 s. Its angular velocity is:
\[ a = \omega^{2} r = (7.29 \times 10^{-5})^{2} \times 4.426 \times 10^{6} \approx 0.024\ \text{m/s}^2 \]
That is 0.24 % of \(g\). For a laboratory experiment lasting a few seconds, the ground can be treated as an inertial frame. For a pendulum swinging for hours or a hurricane, it cannot.
The braking train: the inertial force
A pendulum hangs from the ceiling of a train. The train brakes with an acceleration \(\vec a_e\) pointing backwards. The pendulum leans forwards and stays tilted while the braking lasts.
The train moves to the right (v) and brakes (ae to the left). In the train's frame, the mass is at rest: the tension T, the weight P and the inertial force −m ae (dashed) cancel out.
In the platform's (inertial) frame, the explanation is simple. The mass must slow down with the train. Only the string's tension can give it a horizontal component pointing backwards. So the string must lean forwards.
In the train's frame, the mass is at rest. To keep the form \(\sum \vec F = m\vec a'\), we add an inertial force:
\[ m\,\vec a' = \sum \vec F - m\,\vec a_e \]
Here \(\vec a' = \vec 0\). The inertial force \(-m\vec a_e\) points forwards. It balances the horizontal component of the tension.
Guided calculation
The train brakes at 2.0 m/s². A 0.50 kg mass hangs from the ceiling. What angle does the string make, and what is its tension?
Horizontal and vertical balance in the train's frame:
\[ T\sin\theta = m a_e \]\[ T\cos\theta = m g \]
Divide the first equation by the second; the tension cancels:
The string behaves as if in an "effective" gravity \(\vec g - \vec a_e\), stronger and tilted. It is an accelerometer: measuring \(\theta\) gives \(a_e\).
Watch out
The inertial force is exerted by no object. So it has no "reaction" in the sense of the third law. It only exists when motion is described from an accelerated frame. Seen from the platform, there are only the tension and the weight.
In a bend, the same reasoning gives the "centrifugal force" that presses you against the car door. Seen from the road, there is no outward force: the door pushes you inwards to make you turn.
Remember
An inertial frame is a frame where the law of inertia holds.
Every frame in uniform translation relative to an inertial frame is inertial too.
In an accelerated frame, you can keep \(\sum\vec F = m\vec a'\) by adding the inertial force \(-m\vec a_e\).
The Earth's surface is an inertial frame to within 0.24 %, which is enough for the lab.
University
Rotating frames: the general formula
Let \(R'\) be a frame whose origin has acceleration \(\vec a_{O'}\) and which rotates with angular velocity \(\vec\Omega\) relative to an inertial frame \(R\). For any vector \(\vec A\), the derivatives in the two frames are related by
The added terms are, in order: the translational inertial force, the centrifugal force, the Coriolis force and the Euler force. The centrifugal force derives from the potential energy \(-\tfrac12 m\,\lvert\vec\Omega\times\vec r'\rvert^{2}\). The Coriolis force is perpendicular to \(\vec v'\): it never does work.
Foucault's pendulum
In 1851, Foucault hung a 28 kg mass from a 67 m wire under the dome of the Panthéon. The plane of swing slowly rotates relative to the floor. At latitude \(\varphi\), the Coriolis force turns it at angular velocity \(\Omega\sin\varphi\). A full turn therefore takes
\[ T_F = \frac{23.93\ \text{h}}{\sin\varphi} \]
In Saint-Maurice (\(\varphi = 46^\circ\)), \(T_F \approx 33.3\) h. It was the first proof, made in a closed room, that the Earth rotates: the ground is not exactly an inertial frame.
Exemples résolusWorked examples
Ton poids apparent dans un ascenseur
Tu as une masse de 60 kg et tu te tiens sur une balance dans un ascenseur qui démarre vers le haut avec \(a = 1{,}5\ \text{m/s}^2\).
Dans le référentiel de l'ascenseur, tu es immobile. Forces : ton poids \(mg\) vers le bas, la réaction \(N\) de la balance vers le haut, et la force d'inertie \(ma\) vers le bas (opposée à l'accélération de l'ascenseur).
\[ N = m(g + a) = 60 \cdot (9{,}81 + 1{,}5) = 679\ \text{N} \]
La balance affiche \(679 / 9{,}81 = 69\) kg. En chute libre (\(a = -g\)), elle afficherait 0 : c'est l'apesanteur des astronautes.
La balle dans le train qui freine
Tu lances une balle vers le haut à 4,5 m/s pendant que le train freine à 2 m/s². Combien de temps vole-t-elle, et où retombe-t-elle ?
Durée du vol (le mouvement vertical n'est pas touché) :
Elle retombe 84 cm devant toi. Vu du quai : la balle garde sa vitesse horizontale, le train ralentit sous elle.
Your apparent weight in a lift
Your mass is 60 kg and you stand on scales in a lift that starts upwards with \(a = 1.5\ \text{m/s}^2\).
In the lift's frame, you are at rest. Forces: your weight \(mg\) downwards, the normal force \(N\) of the scales upwards, and the inertial force \(ma\) downwards (opposite to the lift's acceleration).
\[ N = m(g + a) = 60 \times (9.81 + 1.5) = 679\ \text{N} \]
The scales read \(679 / 9.81 = 69\) kg. In free fall (\(a = -g\)) they would read 0: that is the weightlessness of astronauts.
The ball in the braking train
You throw a ball upwards at 4.5 m/s while the train brakes at 2 m/s². How long does it fly, and where does it land?
It lands 84 cm in front of you. Seen from the platform: the ball keeps its horizontal velocity, the train slows down beneath it.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 7 · Relativité
La relativité de Galilée
Comment passer d'un référentiel d'inertie à un autre, et pourquoi aucune expérience de mécanique ne dit lequel est « vraiment » immobile.
Chapter 7 · Relativity
Galilean relativity
How to go from one inertial frame to another, and why no mechanics experiment can tell which one is "really" at rest.
Le bateau de Galilée
En 1632, Galilée propose une expérience de pensée. Enferme-toi dans la cabine d'un grand bateau, avec des mouches, des poissons dans un bocal et un seau qui goutte. Bateau à quai, observe tout. Puis le bateau avance à vitesse constante, sans secousse. Observe à nouveau.
Rien ne change. Les gouttes tombent dans le seau. Les poissons nagent aussi facilement vers l'avant que vers l'arrière. Une balle lancée vers ton ami ne demande pas plus d'effort dans un sens que dans l'autre. Galilée en tire un principe :
Principe de relativité de Galilée
Les lois de la mécanique sont les mêmes dans tous les référentiels d'inertie. Aucune expérience de mécanique faite à l'intérieur ne permet de savoir si l'on est « au repos » ou en mouvement uniforme.
C'était un argument central pour défendre Copernic. Si la Terre file autour du Soleil, pourquoi ne sentons-nous rien ? Parce qu'un mouvement uniforme ne se sent pas.
La transformation de Galilée
Prenons le quai comme référentiel \(R\) et le train comme référentiel \(R'\). Le train avance à la vitesse constante \(V\) selon l'axe \(x\). À \(t = 0\), les deux origines \(O\) et \(O'\) coïncident.
Le point M a l'abscisse x dans le référentiel du quai (O, noir) et x' dans celui du train (O', orange). L'origine O' s'est déplacée de V t : x = x' + V t.
Le schéma se lit directement. Les distances s'ajoutent, et le temps est le même pour tous (Newton le croyait absolu) :
\[ x' = x - V t \]\[ y' = y \]\[ z' = z \]\[ t' = t \]
In three dimensions, as columns
Nothing forces the train to move along \(x\). If \(R'\) moves at an arbitrary constant velocity \(\vec V\) relative to \(R\), write positions as columns and the rule stays a simple subtraction:
\[ \begin{pmatrix} x' \\ y' \\ z' \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} - t\begin{pmatrix} V_x \\ V_y \\ V_z \end{pmatrix} \]
\[ t' = t \]
Each row is a one-dimensional Galilean transformation. The train is the case \(\vec V = \begin{pmatrix} V \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\).
En trois dimensions, en colonnes
Rien n'oblige le train à rouler selon \(x\). Si \(R'\) se déplace à la vitesse constante \(\vec V\) quelconque par rapport à \(R\), on écrit les positions en colonnes et la règle reste une simple soustraction :
\[ \begin{pmatrix} x' \\ y' \\ z' \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} - t\begin{pmatrix} V_x \\ V_y \\ V_z \end{pmatrix} \]
\[ t' = t \]
Chaque ligne est une transformation de Galilée à une dimension. Le cas du train est \(\vec V = \begin{pmatrix} V \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\).
Ce qui change, ce qui ne change pas
On dérive \(x' = x - Vt\) par rapport au temps. Comme \(V\) est constante :
\[ u' = u - V \]\[ \Longleftrightarrow\quad u = u' + V \]
En 3D, on dérive chaque ligne de la colonne : \(\vec u = \vec u' + \vec V\), composante par composante. C'est l'addition des vitesses. On dérive encore une fois :
\[ a' = a \]
Les accélérations sont les mêmes dans tous les référentiels d'inertie. Les forces (un ressort comprimé, la gravitation entre deux corps) dépendent des distances entre objets, qui ne changent pas non plus. La masse est la même. Donc \(\sum\vec F = m\vec a\) a exactement la même forme dans \(R\) et dans \(R'\). Voilà pourquoi le principe de Galilée est vrai pour la mécanique de Newton.
Grandeur
Change avec le référentiel ?
Position, vitesse, trajectoire
oui
Énergie cinétique, quantité de mouvement
oui
Accélération, force, masse
non
Durées, distances entre deux objets
non (selon Galilée)
Calcul guidé
Un bateau traverse une rivière. Il avance à 3,0 m/s par rapport à l'eau, cap perpendiculaire à la rive. Le courant vaut 1,2 m/s. La rivière fait 60 m de large. Quelle est sa vitesse par rapport à la rive, combien de temps dure la traversée et de combien dérive-t-il ?
Axe \(x\) le long de la rive (vers l'aval), axe \(y\) en travers. L'addition des vitesses est vectorielle :
\[ u = \sqrt{1{,}2^{2} + 3{,}0^{2}} = 3{,}23\ \text{m/s} \]
La traversée ne dépend que de la composante perpendiculaire à la rive :
\[ t = \frac{60\ \text{m}}{3{,}0\ \text{m/s}} = 20\ \text{s} \]
Pendant ce temps, le courant l'emporte vers l'aval :
\[ d = 1{,}2 \cdot 20 = 24\ \text{m} \]
Vu de l'eau (référentiel du courant), le bateau va tout droit. Vu de la rive, il va en biais. Les deux descriptions sont justes.
Calcul guidé : un avion dans le vent, en 3D
Repère lié au sol : \(x\) vers l'est, \(y\) vers le nord, \(z\) vers le haut. Un avion monte doucement. Sa vitesse par rapport à l'air vaut \(\vec u' = \begin{pmatrix} 200 \\ 0 \\ 5 \end{pmatrix}\ \text{m/s}\). L'air lui-même se déplace par rapport au sol (le vent) : \(\vec V = \begin{pmatrix} -20 \\ 15 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{m/s}\). Vitesse par rapport au sol ? De quel angle l'avion dérive-t-il vers le nord ?
Le référentiel de l'air avance à \(\vec V\) par rapport au sol. On additionne ligne par ligne :
La composante verticale n'est pas touchée par ce vent horizontal : la vitesse de montée reste 5 m/s. Le pilote corrige la dérive en orientant le nez de 4,8° vers le sud.
Attention
L'énergie cinétique dépend du référentiel. Une voiture de 1 000 kg à 20 m/s a 200 kJ par rapport à la route. Vue d'une voiture qui roule à 15 m/s dans le même sens, elle n'a que 12,5 kJ. La conservation de l'énergie reste vraie dans chaque référentiel, mais les valeurs diffèrent.
À retenir
Transformation de Galilée : \(x' = x - Vt\), \(t' = t\).
Les vitesses s'additionnent : \(\vec u = \vec u' + \vec V\). Les accélérations sont égales.
Les lois de Newton ont la même forme dans tous les référentiels d'inertie.
Hypothèse cachée : le temps est le même pour tous. C'est elle qui tombera avec Einstein.
Université
Le groupe de Galilée et l'échec avec les ondes
Les transformations qui laissent les lois de Newton invariantes forment un groupe à dix paramètres : trois translations d'espace, une de temps, trois rotations et trois « boosts » \(\vec r' = \vec r - \vec V t\). La composition de deux boosts est un boost de vitesse \(\vec V_1 + \vec V_2\).
Applique un boost à l'équation d'onde de la lumière, \(\partial_x^2 E - c^{-2}\partial_t^2 E = 0\). Avec \(x' = x - Vt\) et \(t' = t\), les dérivées deviennent \(\partial_x = \partial_{x'}\) et \(\partial_t = \partial_{t'} - V\partial_{x'}\). L'équation devient
Cherche des ondes \(E = f(x' - w t')\). On trouve \(w^{2} + 2Vw - (c^{2} - V^{2}) = 0\), donc \(w = c - V\) ou \(w = -(c + V)\). Dans \(R'\), la lumière n'irait plus à \(c\) dans les deux sens. L'équation de Maxwell aurait une forme différente dans chaque référentiel d'inertie. Il faut choisir : abandonner Maxwell, abandonner le principe de relativité, ou abandonner la transformation de Galilée. Einstein choisira la troisième voie.
Galileo's ship
In 1632, Galileo proposed a thought experiment. Shut yourself in the cabin of a large ship, with some flies, fish in a bowl and a dripping bucket. With the ship in harbour, watch everything. Then the ship sails at constant speed, without jolts. Watch again.
Nothing changes. The drops fall into the bucket. The fish swim forwards as easily as backwards. Throwing a ball to your friend takes no more effort one way than the other. Galileo draws a principle from this:
Galileo's principle of relativity
The laws of mechanics are the same in every inertial frame. No mechanics experiment done inside can tell whether you are "at rest" or in uniform motion.
It was a central argument in defence of Copernicus. If the Earth races round the Sun, why do we feel nothing? Because uniform motion cannot be felt.
The Galilean transformation
Take the platform as frame \(R\) and the train as frame \(R'\). The train moves at constant speed \(V\) along the \(x\) axis. At \(t = 0\), the two origins \(O\) and \(O'\) coincide.
Point M has coordinate x in the platform frame (O, black) and x' in the train frame (O', orange). The origin O' has moved by V t: x = x' + V t.
The diagram reads directly. Distances add up, and time is the same for everyone (Newton believed it absolute):
\[ x' = x - V t \]\[ y' = y \]\[ z' = z \]\[ t' = t \]
What changes, what does not
Differentiate \(x' = x - Vt\) with respect to time. Since \(V\) is constant:
\[ u' = u - V \]\[ \Longleftrightarrow\quad u = u' + V \]
In 3D, differentiate each row of the column: \(\vec u = \vec u' + \vec V\), component by component. This is the addition of velocities. Differentiate once more:
\[ a' = a \]
Accelerations are the same in every inertial frame. Forces (a compressed spring, gravity between two bodies) depend on the distances between objects, which do not change either. Mass is the same. So \(\sum\vec F = m\vec a\) has exactly the same form in \(R\) and in \(R'\). That is why Galileo's principle holds for Newtonian mechanics.
Quantity
Depends on the frame?
Position, velocity, path
yes
Kinetic energy, momentum
yes
Acceleration, force, mass
no
Durations, distances between two objects
no (according to Galileo)
Guided calculation
A boat crosses a river. It moves at 3.0 m/s relative to the water, heading perpendicular to the bank. The current is 1.2 m/s. The river is 60 m wide. What is its speed relative to the bank, how long does the crossing take and how far does it drift?
Axis \(x\) along the bank (downstream), axis \(y\) across. Velocities add as vectors:
\[ u = \sqrt{1.2^{2} + 3.0^{2}} = 3.23\ \text{m/s} \]
The crossing time only depends on the component perpendicular to the bank:
\[ t = \frac{60\ \text{m}}{3.0\ \text{m/s}} = 20\ \text{s} \]
Meanwhile the current carries it downstream:
\[ d = 1.2 \times 20 = 24\ \text{m} \]
Seen from the water (the current's frame), the boat goes straight across. Seen from the bank, it goes at a slant. Both descriptions are correct.
Guided calculation: a plane in the wind, in 3D
Ground frame: \(x\) east, \(y\) north, \(z\) up. A plane is climbing gently. Its velocity relative to the air is \(\vec u' = \begin{pmatrix} 200 \\ 0 \\ 5 \end{pmatrix}\ \text{m/s}\). The air itself moves relative to the ground (the wind): \(\vec V = \begin{pmatrix} -20 \\ 15 \\ 0 \end{pmatrix}\ \text{m/s}\). Velocity relative to the ground? By what angle does the plane drift north?
The air frame moves at \(\vec V\) relative to the ground. Add row by row:
The vertical component is untouched by this horizontal wind: the climb rate stays 5 m/s. The pilot corrects the drift by pointing the nose 4.8° to the south.
Watch out
Kinetic energy depends on the frame. A 1,000 kg car at 20 m/s has 200 kJ relative to the road. Seen from a car doing 15 m/s in the same direction, it has only 12.5 kJ. Energy conservation still holds in each frame, but the values differ.
Remember
Galilean transformation: \(x' = x - Vt\), \(t' = t\).
Velocities add: \(\vec u = \vec u' + \vec V\). Accelerations are equal.
Newton's laws have the same form in every inertial frame.
Hidden assumption: time is the same for everyone. This is what falls with Einstein.
University
The Galilean group and the failure with waves
The transformations that leave Newton's laws invariant form a ten-parameter group: three space translations, one time translation, three rotations and three "boosts" \(\vec r' = \vec r - \vec V t\). Composing two boosts gives a boost of velocity \(\vec V_1 + \vec V_2\).
Apply a boost to the wave equation of light, \(\partial_x^2 E - c^{-2}\partial_t^2 E = 0\). With \(x' = x - Vt\) and \(t' = t\), the derivatives become \(\partial_x = \partial_{x'}\) and \(\partial_t = \partial_{t'} - V\partial_{x'}\). The equation becomes
Look for waves \(E = f(x' - w t')\). You find \(w^{2} + 2Vw - (c^{2} - V^{2}) = 0\), so \(w = c - V\) or \(w = -(c + V)\). In \(R'\), light would no longer travel at \(c\) both ways. Maxwell's equation would take a different form in each inertial frame. Something must give: Maxwell, the principle of relativity, or the Galilean transformation. Einstein will choose the third.
Piste de travail
Regarde depuis le quai, puis depuis le train, avec \(u' = 0\). Décris les deux trajectoires de la balle. Où retombe-t-elle par rapport au lanceur ?
Règle \(u' = -V\) (lancer vers l'arrière aussi vite que le train). Prédis la trajectoire vue du quai, puis vérifie.
Coche « Le train freine ». Où retombe la balle ? Quelle force semble agir dans le train ? Calcule l'écart attendu avec \(a_e = 2\ \text{m/s}^2\) et la durée du vol.
Worksheet idea
Watch from the platform, then from the train, with \(u' = 0\). Describe the two paths of the ball. Where does it land relative to the thrower?
Set \(u' = -V\) (throwing backwards as fast as the train). Predict the path seen from the platform, then check.
Tick "The train brakes". Where does the ball land? What force seems to act inside the train? Work out the expected gap with \(a_e = 2\ \text{m/s}^2\) and the flight time.
Exemples résolusWorked examples
Le passager qui marche
Un train roule à 25 m/s. Un passager marche vers l'arrière à 1,5 m/s par rapport au train. Quelle est sa vitesse par rapport au quai ?
On oriente l'axe dans le sens du train. Alors \(u' = -1{,}5\ \text{m/s}\) et \(V = 25\ \text{m/s}\) :
\[ u = u' + V = -1{,}5 + 25 = 23{,}5\ \text{m/s} \]
Il avance toujours, mais un peu moins vite que le train.
Un choc élastique vu du centre de masse
Une boule de 2 kg à 3 m/s heurte de face une boule de 1 kg au repos. Choc élastique. Vitesses après le choc ?
Étape 2, dans le référentiel du centre de masse, les vitesses avant sont \(3 - 2 = 1\) et \(0 - 2 = -2\) m/s. Dans un choc élastique, elles s'inversent simplement : \(-1\) et \(+2\) m/s.
Étape 3, on revient au sol avec \(u = u' + v_G\) :
Vérification : quantité de mouvement \(2 \cdot 1 + 1 \cdot 4 = 6\) kg·m/s, comme avant. Énergie \(\tfrac12 \cdot 2 \cdot 1 + \tfrac12 \cdot 16 = 9\) J, comme avant. Changer de référentiel a rendu le problème trivial.
The walking passenger
A train moves at 25 m/s. A passenger walks towards the back at 1.5 m/s relative to the train. What is the passenger's velocity relative to the platform?
Point the axis in the train's direction. Then \(u' = -1.5\ \text{m/s}\) and \(V = 25\ \text{m/s}\):
\[ u = u' + V = -1.5 + 25 = 23.5\ \text{m/s} \]
The passenger still moves forwards, a little slower than the train.
An elastic collision seen from the centre of mass
A 2 kg ball at 3 m/s hits a 1 kg ball at rest head-on. Elastic collision. Velocities afterwards?
Step 2, in the centre-of-mass frame the velocities before are \(3 - 2 = 1\) and \(0 - 2 = -2\) m/s. In an elastic collision they simply reverse: \(-1\) and \(+2\) m/s.
Step 3, go back to the ground frame with \(u = u' + v_G\):
Check: momentum \(2 \times 1 + 1 \times 4 = 6\) kg·m/s, as before. Energy \(\tfrac12 \times 2 \times 1 + \tfrac12 \times 16 = 9\) J, as before. Changing frame made the problem trivial.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 7 · Relativité
La lumière et les postulats d'Einstein
Par rapport à quoi la lumière va-t-elle à 300 000 km/s ? Une expérience qui ne trouve rien, et deux principes qui changent tout.
Chapter 7 · Relativity
Light and Einstein's postulates
Relative to what does light travel at 300,000 km/s? An experiment that finds nothing, and two principles that change everything.
Une vitesse sans référence
En 1865, Maxwell réunit électricité et magnétisme. Ses équations prédisent des ondes électromagnétiques qui se propagent à une vitesse calculable :
\[ c = \frac{1}{\sqrt{\mu_0\,\varepsilon_0}} \approx 3{,}00 \cdot 10^{8}\ \text{m/s} \]
C'est la vitesse de la lumière : la lumière est une onde électromagnétique. Mais les équations ne disent pas par rapport à quoi elle va à \(c\). Avec Galilée, c'est un problème. Si tu cours vers une lampe, tu devrais mesurer \(c + v\). Si tu t'en éloignes, \(c - v\).
Les physiciens du XIXe siècle trouvent une réponse naturelle. Le son se propage dans l'air, les vagues dans l'eau. La lumière doit se propager dans un milieu : l'éther. La vitesse \(c\) serait la vitesse par rapport à l'éther. Et la Terre, qui file à 30 km/s autour du Soleil, devrait sentir un « vent d'éther ».
L'expérience de Michelson et Morley (1887)
Comment mesurer un effet de 30 km/s sur une vitesse de 300 000 km/s ? Le rapport \(\beta = v/c\) vaut \(10^{-4}\). Les effets attendus sont en \(\beta^{2} = 10^{-8}\). Michelson invente pour cela un instrument d'une précision inouïe : l'interféromètre.
Interféromètre de Michelson. La lumière est coupée en deux par la lame, parcourt deux bras perpendiculaires de longueur L, puis se recombine sur le détecteur. Si la lumière allait plus vite ou moins vite selon la direction du mouvement de la Terre, les franges se déplaceraient quand on tourne l'appareil.
Calcul guidé
Selon la théorie de l'éther, quel décalage de franges Michelson et Morley devaient-ils voir ? Bras \(L = 11\ \text{m}\) (rallongés par des miroirs), \(\lambda = 550\ \text{nm}\), \(v = 30\ \text{km/s}\).
Bras parallèle au vent d'éther : aller à \(c - v\), retour à \(c + v\).
Ils attendaient 0,4 frange. Ils mesurent moins de 0,02. Pas de vent d'éther. Ils refont l'expérience à différentes heures et saisons : toujours rien.
Histoire
Pour sauver l'éther, FitzGerald (1889) puis Lorentz (1892) proposent une idée étrange : les objets qui avancent dans l'éther se contractent du facteur \(\sqrt{1-\beta^2}\) dans la direction du mouvement. Le bras parallèle raccourcit juste assez pour compenser. La formule est juste, mais l'explication est bricolée. Einstein trouvera la vraie raison.
Les deux postulats d'Einstein (1905)
Einstein, 26 ans, employé à l'Office des brevets de Berne, prend le problème à l'envers. Plutôt que d'expliquer pourquoi on ne voit pas l'éther, il pose deux principes :
Postulats
Principe de relativité. Les lois de la physique, mécanique et électromagnétisme, sont les mêmes dans tous les référentiels d'inertie.
Constance de la vitesse de la lumière. Dans le vide, la lumière va à la vitesse \(c\) dans tout référentiel d'inertie, quel que soit le mouvement de sa source.
Le premier postulat étend Galilée à l'électromagnétisme. Le second dit que \(c\) est une loi de la physique, donc la même pour tous. L'éther devient inutile : il n'y a pas de référentiel privilégié.
Les deux postulats ensemble contredisent \(u = u' + V\). Imagine un vaisseau à \(0{,}5\,c\) qui allume ses phares vers l'avant. Pour l'équipage, la lumière part à \(c\). Galilée dirait que la Terre la voit à \(1{,}5\,c\). Le second postulat dit : \(c\), pas plus. Quelque chose doit céder dans nos idées sur l'espace et le temps. La suite du chapitre montre quoi.
Attention
« Tout est relatif » est un contresens. La relativité dit exactement le contraire : les lois sont les mêmes pour tous, et \(c\) est un invariant absolu. Ce sont les durées et les longueurs qui dépendent de l'observateur.
Le postulat a-t-il été testé ?
Oui, de nombreuses fois. En 1964 au CERN, des pions neutres se désintègrent en vol à \(0{,}99975\,c\) en émettant des photons. Les photons émis vers l'avant vont à \(c\), à \(10^{-4}\) près. Avec Galilée, ils auraient presque \(2c\).
À retenir
Maxwell prédit \(c\) sans référentiel. L'hypothèse de l'éther cherche ce référentiel.
Michelson et Morley ne détectent aucun mouvement par rapport à l'éther.
Einstein : mêmes lois et même \(c\) dans tous les référentiels d'inertie.
Conséquence : la transformation de Galilée et le temps absolu doivent être abandonnés.
Université
Tests modernes et forme générale des transformations
Michelson-Morley teste l'isotropie de \(c\). L'expérience de Kennedy-Thorndike (1932), avec des bras de longueurs différentes, teste en plus son indépendance par rapport à la vitesse de l'appareil. Ensemble, elles excluent la contraction de Lorentz-FitzGerald seule et exigent aussi une dilatation du temps. Les versions modernes utilisent des cavités optiques en rotation : on y contraint une anisotropie relative de \(c\) de l'ordre de \(10^{-17}\).
Que peut-on déduire des postulats sans calcul détaillé ? Cherchons la transformation \((x, t) \mapsto (x', t')\) entre deux référentiels d'inertie en translation. L'homogénéité de l'espace et du temps impose qu'elle soit linéaire. La position de \(O'\) (\(x' = 0\)) doit être \(x = Vt\). Donc \(x' = \gamma(x - Vt)\) avec un facteur \(\gamma\) inconnu. Par symétrie (le principe de relativité), \(x = \gamma(x' + Vt')\) avec le même \(\gamma\).
Un éclair part de l'origine commune à \(t = t' = 0\). Le second postulat impose \(x = ct\) et \(x' = ct'\). On remplace :
On multiplie membre à membre : \(c^{2} = \gamma^{2}(c^{2} - V^{2})\), donc
\[ \gamma = \frac{1}{\sqrt{1 - V^{2}/c^{2}}} \]
La transformation de Lorentz entière découle de là (page « Transformation de Lorentz »). Deux principes physiques simples fixent toute la cinématique.
A speed with no reference
In 1865, Maxwell unified electricity and magnetism. His equations predict electromagnetic waves travelling at a calculable speed:
\[ c = \frac{1}{\sqrt{\mu_0\,\varepsilon_0}} \approx 3.00 \times 10^{8}\ \text{m/s} \]
That is the speed of light: light is an electromagnetic wave. But the equations do not say relative to what it travels at \(c\). With Galileo, that is a problem. If you run towards a lamp, you should measure \(c + v\). If you run away, \(c - v\).
Nineteenth-century physicists found a natural answer. Sound travels in air, waves travel in water. Light must travel in a medium: the ether. The speed \(c\) would be the speed relative to the ether. And the Earth, racing round the Sun at 30 km/s, should feel an "ether wind".
The Michelson-Morley experiment (1887)
How do you measure a 30 km/s effect on a speed of 300,000 km/s? The ratio \(\beta = v/c\) is \(10^{-4}\). The expected effects go as \(\beta^{2} = 10^{-8}\). For this, Michelson invented an instrument of unheard-of precision: the interferometer.
Michelson interferometer. The beam splitter divides the light, which travels along two perpendicular arms of length L and recombines on the detector. If light were faster or slower depending on the Earth's direction of motion, the fringes would shift when the apparatus is rotated.
Guided calculation
According to ether theory, what fringe shift should Michelson and Morley have seen? Arms \(L = 11\ \text{m}\) (lengthened with mirrors), \(\lambda = 550\ \text{nm}\), \(v = 30\ \text{km/s}\).
Arm parallel to the ether wind: out at \(c - v\), back at \(c + v\).
They expected 0.4 fringe. They measured less than 0.02. No ether wind. They repeated the experiment at different times of day and seasons: still nothing.
History
To save the ether, FitzGerald (1889) and then Lorentz (1892) proposed a strange idea: objects moving through the ether contract by the factor \(\sqrt{1-\beta^2}\) along the motion. The parallel arm shortens just enough to compensate. The formula is right, but the explanation is patched up. Einstein would find the real reason.
Einstein's two postulates (1905)
Einstein, aged 26 and working at the patent office in Bern, turned the problem around. Instead of explaining why the ether cannot be seen, he laid down two principles:
Postulates
Principle of relativity. The laws of physics, mechanics and electromagnetism, are the same in every inertial frame.
Constancy of the speed of light. In vacuum, light travels at speed \(c\) in every inertial frame, whatever the motion of its source.
The first postulate extends Galileo to electromagnetism. The second says that \(c\) is a law of physics, hence the same for everyone. The ether becomes useless: there is no special frame.
Together, the two postulates contradict \(u = u' + V\). Picture a ship at \(0.5\,c\) switching on its headlights forwards. For the crew, the light leaves at \(c\). Galileo would say the Earth sees it at \(1.5\,c\). The second postulate says: \(c\), no more. Something has to give in our ideas of space and time. The rest of the chapter shows what.
Watch out
"Everything is relative" is a misreading. Relativity says exactly the opposite: the laws are the same for everyone, and \(c\) is an absolute invariant. It is durations and lengths that depend on the observer.
Has the postulate been tested?
Yes, many times. In 1964 at CERN, neutral pions decayed in flight at \(0.99975\,c\), emitting photons. The photons emitted forwards travelled at \(c\), to within \(10^{-4}\). With Galileo, they would have gone at almost \(2c\).
Remember
Maxwell predicts \(c\) without a frame. The ether hypothesis looks for that frame.
Michelson and Morley detect no motion relative to the ether.
Einstein: same laws and same \(c\) in every inertial frame.
Consequence: the Galilean transformation and absolute time must be dropped.
University
Modern tests and the general form of the transformation
Michelson-Morley tests the isotropy of \(c\). The Kennedy-Thorndike experiment (1932), with arms of different lengths, also tests its independence of the apparatus's velocity. Together they rule out the Lorentz-FitzGerald contraction alone and also require time dilation. Modern versions use rotating optical cavities: they constrain a relative anisotropy of \(c\) to the order of \(10^{-17}\).
What can be deduced from the postulates without detailed calculation? Look for the transformation \((x, t) \mapsto (x', t')\) between two inertial frames in translation. Homogeneity of space and time requires it to be linear. The position of \(O'\) (\(x' = 0\)) must be \(x = Vt\). So \(x' = \gamma(x - Vt)\) with an unknown factor \(\gamma\). By symmetry (the principle of relativity), \(x = \gamma(x' + Vt')\) with the same \(\gamma\).
A flash leaves the common origin at \(t = t' = 0\). The second postulate requires \(x = ct\) and \(x' = ct'\). Substitute:
Multiply the two equations: \(c^{2} = \gamma^{2}(c^{2} - V^{2})\), hence
\[ \gamma = \frac{1}{\sqrt{1 - V^{2}/c^{2}}} \]
The whole Lorentz transformation follows from there (page "Lorentz transformation"). Two simple physical principles fix all of kinematics.
Exemples résolusWorked examples
Les phares d'un vaisseau
Un vaisseau s'approche de la Terre à \(0{,}6\,c\) et allume ses phares. À quelle vitesse la lumière arrive-t-elle sur Terre ?
Galilée dirait \(c + 0{,}6\,c = 1{,}6\,c\). Le second postulat répond : \(c\), exactement. La vitesse de la source ne change pas la vitesse de la lumière. Elle change sa couleur (effet Doppler) et son énergie, pas sa vitesse.
Pour un avion de ligne à 250 m/s : \(\beta^{2} \approx 7 \cdot 10^{-13}\). Les effets relativistes de la vie courante sont minuscules. C'est pour cela que Galilée et Newton ont si bien marché pendant deux siècles.
A ship's headlights
A ship approaches the Earth at \(0.6\,c\) and switches on its headlights. At what speed does the light reach the Earth?
Galileo would say \(c + 0.6\,c = 1.6\,c\). The second postulate answers: \(c\), exactly. The speed of the source does not change the speed of light. It changes its colour (Doppler effect) and its energy, not its speed.
For an airliner at 250 m/s: \(\beta^{2} \approx 7 \times 10^{-13}\). Relativistic effects in daily life are tiny. That is why Galileo and Newton worked so well for two centuries.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 7 · Relativité
La dilatation du temps
Si la lumière va à la même vitesse pour tout le monde, une horloge en mouvement doit battre plus lentement. Démonstration avec un miroir, un photon et Pythagore.
Chapter 7 · Relativity
Time dilation
If light travels at the same speed for everyone, a moving clock must tick slower. A proof with a mirror, a photon and Pythagoras.
L'horloge la plus simple du monde
Une horloge de lumière, ce sont deux miroirs parallèles séparés d'une distance \(h\). Un photon fait l'aller-retour entre eux. Chaque aller-retour est un « tic ». Pour un observateur immobile par rapport à l'horloge, un tic dure
\[ \Delta t_0 = \frac{2h}{c} \]
Cette durée, mesurée par une horloge immobile dans son propre référentiel, s'appelle le temps propre. On choisit cette horloge parce qu'elle n'utilise que la lumière, dont on connaît la vitesse dans tous les référentiels grâce au second postulat. Le résultat vaudra pour toutes les horloges : sinon, comparer deux horloges dans un vaisseau dirait s'il bouge, ce que le premier postulat interdit.
La même horloge, vue en mouvement
L'horloge est maintenant dans un vaisseau qui passe devant toi à la vitesse \(v\). De ton point de vue, pendant que le photon monte, le miroir du haut avance. Le photon doit donc suivre une diagonale.
À gauche, l'horloge au repos : le photon monte et descend, un tic dure Δt₀ = 2h/c. À droite, la même horloge vue par un observateur pour qui elle avance à la vitesse v : le photon suit deux diagonales, plus longues. Comme il va toujours à c, le tic dure plus longtemps.
Démonstration
On cherche la durée \(\Delta t\) d'un tic mesurée par toi, pour qui l'horloge avance à \(v\).
Pendant un demi-tic \(\Delta t/2\), le photon parcourt \(c\,\Delta t/2\) (second postulat : vitesse \(c\) pour toi aussi). L'horloge avance de \(v\,\Delta t/2\). La hauteur \(h\) ne change pas (elle est perpendiculaire au mouvement).
Le triangle rectangle du schéma donne, par Pythagore :
Le facteur γ reste presque égal à 1 jusqu'à β ≈ 0,3, puis explose quand la vitesse s'approche de c. À 0,6 c, γ = 1,25. À 0,99 c, γ ≈ 7,1.
β = v/c
γ
0,1
1,005
0,5
1,155
0,6
1,250
0,8
1,667
0,9
2,294
0,99
7,09
0,999
22,4
Pour les vitesses ordinaires, \(\gamma - 1 \approx \tfrac12\beta^{2}\) est minuscule. Il faut se rapprocher de \(c\) pour que l'effet devienne énorme. Et \(\gamma\) tend vers l'infini quand \(v\) tend vers \(c\) : la vitesse de la lumière est une limite.
Calcul guidé
Un pilote de ligne vole 10 heures à 250 m/s. De combien sa montre retarde-t-elle par rapport au sol, à cause de la vitesse seule ?
Environ 12 nanosecondes. Indétectable avec une montre, mesurable avec des horloges atomiques. En 1971, Hafele et Keating ont fait le tour du monde en avion avec des horloges au césium et ont confirmé la relativité (vitesse et gravitation ensemble).
Une preuve venue du ciel : les muons
Les rayons cosmiques heurtent la haute atmosphère et créent des muons vers 15 km d'altitude. Un muon est instable : au repos, sa durée de vie moyenne est \(\tau_0 = 2{,}2\ \mu\text{s}\). Même à \(0{,}998\,c\), il ne parcourrait en moyenne que \(0{,}998 \cdot 3 \cdot 10^{8} \cdot 2{,}2 \cdot 10^{-6} \approx 660\) m. Presque aucun ne devrait atteindre le sol. Pourtant, on en détecte environ un par centimètre carré et par minute au niveau de la mer.
Calcul guidé
Des muons partent de 15 km à \(0{,}998\,c\). Quelle fraction arrive au sol ?
La désintégration suit la loi \(N = N_0\,e^{-\tau/\tau_0}\) :
\[ \frac{N}{N_0} = e^{-3{,}17/2{,}2} = 0{,}24 \]
Environ un quart arrive au sol. Sans dilatation du temps, on aurait \(e^{-50{,}1/2{,}2} \approx 10^{-10}\) : un muon sur dix milliards.
Attention : qui ralentit ?
Pour l'équipage du vaisseau, c'est ta montre qui bat lentement, car pour eux c'est toi qui bouges. La situation est symétrique, sans contradiction : les deux observateurs ne sont pas d'accord sur la simultanéité des événements qu'ils comparent (page « Transformation de Lorentz »). La symétrie ne se brise que si l'un des deux change de référentiel, par exemple en faisant demi-tour (les jumeaux).
À retenir
Temps propre \(\Delta t_0\) : durée mesurée par une horloge immobile par rapport aux deux événements.
Dans un référentiel où l'horloge va à \(v\) : \(\Delta t = \gamma\,\Delta t_0\), avec \(\gamma = 1/\sqrt{1-\beta^{2}} \geq 1\).
À faible vitesse : \(\gamma \approx 1 + \tfrac12\beta^{2}\).
Preuves : muons atmosphériques, horloges atomiques en avion, particules des accélérateurs.
Université
Temps propre le long d'une trajectoire, et effet Doppler
Pour une horloge de vitesse variable \(v(t)\), on découpe le trajet en petits intervalles où la vitesse est presque constante. Sur chacun, \(\mathrm d\tau = \mathrm dt/\gamma\). On somme :
Avec l'intervalle \(\mathrm ds^{2} = c^{2}\mathrm dt^{2} - \mathrm dx^{2}\), on a \(\mathrm d\tau = \mathrm ds/c\). Le temps propre est la « longueur » de la ligne d'univers. C'est un invariant : tous les observateurs calculent le même \(\tau\).
Effet Doppler relativiste
Une source s'éloigne à \(v\) et émet un bip toutes les \(T_0\) (temps propre). Pour toi, deux bips sont émis à \(\gamma T_0\) d'intervalle. Entre-temps, la source s'est éloignée de \(v\gamma T_0\), que le second bip doit rattraper à la vitesse \(c\). Période reçue :
\[ T = \gamma T_0\,(1 + \beta) = T_0\sqrt{\frac{1+\beta}{1-\beta}} \]
À \(0{,}6\,c\), \(T = 2T_0\) en éloignement et \(T = T_0/2\) en rapprochement. Contrairement au Doppler du son, il existe un effet même en vue transversale, dû à \(\gamma\) seul : c'est la dilatation du temps directement visible.
The simplest clock in the world
A light clock is two parallel mirrors a distance \(h\) apart. A photon bounces between them. Each round trip is a "tick". For an observer at rest relative to the clock, one tick lasts
\[ \Delta t_0 = \frac{2h}{c} \]
This duration, measured by a clock at rest in its own frame, is called the proper time. We choose this clock because it only uses light, whose speed we know in every frame thanks to the second postulate. The result will hold for every clock: otherwise, comparing two clocks inside a ship would tell whether it moves, which the first postulate forbids.
The same clock, seen moving
The clock is now in a ship passing you at speed \(v\). From your point of view, while the photon rises, the top mirror moves forwards. So the photon has to follow a diagonal.
Left, the clock at rest: the photon goes up and down, one tick lasts Δt₀ = 2h/c. Right, the same clock seen by an observer for whom it moves at speed v: the photon follows two diagonals, which are longer. Since it still travels at c, the tick lasts longer.
Proof
We look for the duration \(\Delta t\) of one tick measured by you, for whom the clock moves at \(v\).
During half a tick \(\Delta t/2\), the photon travels \(c\,\Delta t/2\) (second postulate: speed \(c\) for you too). The clock moves \(v\,\Delta t/2\). The height \(h\) does not change (it is perpendicular to the motion).
The right triangle of the diagram gives, by Pythagoras:
The factor γ stays close to 1 up to β ≈ 0.3, then shoots up as the speed approaches c. At 0.6 c, γ = 1.25. At 0.99 c, γ ≈ 7.1.
β = v/c
γ
0.1
1.005
0.5
1.155
0.6
1.250
0.8
1.667
0.9
2.294
0.99
7.09
0.999
22.4
For everyday speeds, \(\gamma - 1 \approx \tfrac12\beta^{2}\) is tiny. You have to get close to \(c\) for the effect to become huge. And \(\gamma\) tends to infinity as \(v\) tends to \(c\): the speed of light is a limit.
Guided calculation
An airline pilot flies for 10 hours at 250 m/s. By how much does the pilot's watch fall behind the ground, from speed alone?
About 12 nanoseconds. Undetectable with a watch, measurable with atomic clocks. In 1971, Hafele and Keating flew caesium clocks around the world and confirmed relativity (speed and gravity together).
Evidence from the sky: muons
Cosmic rays hit the upper atmosphere and create muons at around 15 km altitude. A muon is unstable: at rest, its mean lifetime is \(\tau_0 = 2.2\ \mu\text{s}\). Even at \(0.998\,c\), it would travel only \(0.998 \times 3 \times 10^{8} \times 2.2 \times 10^{-6} \approx 660\) m on average. Almost none should reach the ground. Yet about one per square centimetre per minute is detected at sea level.
Guided calculation
Muons start from 15 km at \(0.998\,c\). What fraction reaches the ground?
About a quarter reach the ground. Without time dilation it would be \(e^{-50.1/2.2} \approx 10^{-10}\): one muon in ten billion.
Watch out: who slows down?
For the ship's crew, it is your watch that runs slow, because for them you are the one moving. The situation is symmetric, without contradiction: the two observers disagree about the simultaneity of the events they compare (page "Lorentz transformation"). The symmetry only breaks if one of them changes frame, for example by turning back (the twins).
Remember
Proper time \(\Delta t_0\): duration measured by a clock at rest relative to both events.
In a frame where the clock moves at \(v\): \(\Delta t = \gamma\,\Delta t_0\), with \(\gamma = 1/\sqrt{1-\beta^{2}} \geq 1\).
At low speed: \(\gamma \approx 1 + \tfrac12\beta^{2}\).
Evidence: atmospheric muons, atomic clocks on planes, particles in accelerators.
University
Proper time along a path, and the Doppler effect
For a clock with variable speed \(v(t)\), cut the trip into short intervals where the speed is almost constant. On each, \(\mathrm d\tau = \mathrm dt/\gamma\). Sum:
With the interval \(\mathrm ds^{2} = c^{2}\mathrm dt^{2} - \mathrm dx^{2}\), we have \(\mathrm d\tau = \mathrm ds/c\). Proper time is the "length" of the world line. It is an invariant: every observer computes the same \(\tau\).
Relativistic Doppler effect
A source moves away at \(v\) and beeps every \(T_0\) (proper time). For you, two beeps are emitted \(\gamma T_0\) apart. Meanwhile the source has moved \(v\gamma T_0\) further, a distance the second beep must cover at speed \(c\). Received period:
\[ T = \gamma T_0\,(1 + \beta) = T_0\sqrt{\frac{1+\beta}{1-\beta}} \]
At \(0.6\,c\), \(T = 2T_0\) when receding and \(T = T_0/2\) when approaching. Unlike the Doppler effect for sound, there is an effect even when viewed sideways, due to \(\gamma\) alone: time dilation made directly visible.
Piste de travail
Vue « Horloge de lumière » : règle \(\beta = 0{,}6\). Compte les tics des deux horloges pendant au moins une minute. Leur rapport vaut-il \(\gamma = 1{,}25\) ?
Observe la diagonale du photon dans l'horloge en mouvement. Mesure à l'écran sa longueur et la hauteur : retrouves-tu \(\gamma\) ?
Monte \(\beta\) à 0,9 puis à 0,99. Prédis le nombre de tics de l'horloge du vaisseau pendant 10 tics de la tienne, puis vérifie.
Worksheet idea
"Light clock" view: set \(\beta = 0.6\). Count the ticks of both clocks for at least a minute. Is their ratio \(\gamma = 1.25\)?
Watch the photon's diagonal in the moving clock. Measure its length and the height on screen: do you recover \(\gamma\)?
Raise \(\beta\) to 0.9, then 0.99. Predict how many times the ship's clock ticks during 10 ticks of yours, then check.
Exemples résolusWorked examples
Dilatation du temps à 0,6 c
Un vaisseau passe à \(0{,}6\,c\). À bord, un repas dure 30 min. Combien de temps dure-t-il vu de la Terre ?
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 7 · Relativité
La contraction des longueurs
Si le temps se dilate, les longueurs doivent se contracter. Sinon, le muon et le sol ne seraient pas d'accord sur un fait simple : le muon arrive-t-il en bas ?
Chapter 7 · Relativity
Length contraction
If time dilates, lengths must contract. Otherwise the muon and the ground would disagree on a simple fact: does the muon reach the bottom?
Le point de vue du muon
À la page précédente, on a raconté le voyage du muon depuis le sol : l'atmosphère fait 15 km, et l'horloge du muon ralentit d'un facteur \(\gamma = 15{,}8\). Racontons-le maintenant depuis le muon.
Pour le muon, c'est lui qui est immobile. Son horloge interne bat normalement : il vit en moyenne 2,2 µs, pas plus. Le sol fonce vers lui à \(0{,}998\,c\). Mais un fait physique ne peut pas dépendre du point de vue : le muon se désintègre avant d'atteindre le sol, ou pas. Ce sont deux événements, compter les muons au sol est une expérience. Il faut donc que, pour le muon, l'épaisseur d'atmosphère soit plus petite.
Deux descriptions du même voyage. Au sol, l'atmosphère mesure 15 km et l'horloge interne du muon ralentit d'un facteur γ = 15,8. Pour le muon, son horloge est normale, mais l'atmosphère qui fonce vers lui est contractée à 15/15,8 ≈ 0,95 km. Les deux concluent qu'environ un quart des muons arrive au sol.
Calcul guidé
Quelle épaisseur d'atmosphère « voit » le muon, et combien de temps dure sa traversée pour lui ?
Pour être d'accord avec le sol, le muon doit vivre la même durée propre \(\tau = 3{,}17\ \mu\text{s}\) pendant la traversée. Le sol défile à \(v = 0{,}998\,c\). La distance parcourue par le sol pendant ce temps :
Pour le muon, l'atmosphère est contractée d'un facteur \(\gamma\). Les deux récits donnent le même nombre de muons au sol. Le sol attribue la survie à la dilatation du temps, le muon à la contraction des longueurs.
La règle générale
La longueur propre \(L_0\) d'un objet est sa longueur mesurée dans le référentiel où il est immobile. Dans un référentiel où l'objet se déplace à la vitesse \(v\) le long de cette longueur, on mesure
\[ L = \frac{L_0}{\gamma} = L_0\sqrt{1 - \beta^{2}} \]
Les dimensions perpendiculaires au mouvement ne changent pas. Argument : deux trains identiques se croisent, chacun portant un pinceau à 1 m de hauteur. Si le train en mouvement rétrécissait en hauteur, son pinceau passerait sous celui de l'autre. Mais pour l'autre train, c'est l'inverse. Les deux marques de peinture seraient contradictoires. Donc aucune contraction perpendiculaire.
Que veut dire « mesurer une longueur » ?
Pour mesurer un objet qui bouge, il faut noter la position de ses deux bouts au même instant. Or deux observateurs en mouvement relatif ne sont pas d'accord sur ce qui est simultané. C'est la vraie origine de la contraction. Ce n'est ni une illusion, ni une compression mécanique de l'objet : c'est la géométrie de l'espace-temps.
Calcul guidé
Un vaisseau de longueur propre 100 m passe devant une station à \(0{,}8\,c\). Quelle longueur mesure la station ? Combien de temps met-il à passer devant une antenne de la station ?
Pour l'équipage, le vaisseau mesure 100 m et l'antenne défile à \(0{,}8\,c\) : le passage dure \(100/(2{,}4\cdot 10^{8}) = 4{,}17 \cdot 10^{-7}\) s. Vérifie : \(4{,}17/2{,}5 = 1{,}667 = \gamma\). Ici, c'est la station qui mesure le temps propre (les deux événements ont lieu à l'antenne), et c'est elle qui trouve la durée la plus courte.
Attention
Ne mélange pas les rôles. Le temps propre se mesure là où les deux événements ont lieu au même endroit. La longueur propre se mesure dans le référentiel où l'objet est au repos. Un même observateur peut détenir la longueur propre et pas le temps propre, comme l'équipage dans l'exemple ci-dessus.
À retenir
Longueur propre \(L_0\) : mesurée dans le référentiel de l'objet.
En mouvement le long de sa longueur : \(L = L_0/\gamma\). Les dimensions perpendiculaires ne changent pas.
Dilatation du temps et contraction des longueurs sont deux faces d'une même réalité : le muon et le sol s'accordent sur les faits.
Université
Le paradoxe de la perche et de la grange
Une perche de longueur propre 10 m traverse à \(0{,}6\,c\) une grange de 8 m ouverte aux deux bouts (\(\gamma = 1{,}25\)). Pour la grange, la perche mesure \(10/1{,}25 = 8\) m : elle tient exactement dedans. Un fermier ferme les deux portes au même instant, puis les rouvre. Pour la perche, c'est la grange qui mesure \(8/1{,}25 = 6{,}4\) m. Comment une perche de 10 m tiendrait-elle dans 6,4 m ?
Prends l'origine à l'entrée de la grange, axe \(x\) dans le sens du mouvement. Dans la grange, les fermetures sont les événements \(A = (x = 0,\ ct = 0)\) et \(B = (x = 8\ \text{m},\ ct = 0)\). Dans le référentiel de la perche, la transformation de Lorentz \(ct' = \gamma(ct - \beta x)\) donne :
Pour la perche, la porte de sortie se ferme \(6\ \text{m}/c = 20\) ns avant la porte d'entrée. Pendant ce temps la grange avance de \(0{,}6 \cdot 6 = 3{,}6\) m. Les deux récits sont cohérents : la perche n'est jamais entièrement enfermée dans son propre référentiel. Le paradoxe vient d'une simultanéité supposée absolue.
Si les portes restaient fermées, la perche s'écraserait. Il n'existe pas de corps parfaitement rigide en relativité : l'information « l'avant s'est arrêté » se propage au plus à \(c\) le long de la perche.
Voir n'est pas mesurer
Une photo d'un objet rapide ne montre pas simplement l'objet contracté. La lumière des différentes parties met des durées différentes pour arriver à l'appareil. Penrose et Terrell (1959) ont montré qu'une sphère reste vue circulaire : la contraction est compensée par ces retards, et l'objet semble tourné. La contraction est une mesure, pas une apparence.
The muon's point of view
On the previous page, we told the muon's journey from the ground: the atmosphere is 15 km thick, and the muon's clock runs slow by a factor \(\gamma = 15.8\). Now let us tell it from the muon.
For the muon, it is the one at rest. Its internal clock ticks normally: it lives 2.2 µs on average, no more. The ground rushes towards it at \(0.998\,c\). But a physical fact cannot depend on the point of view: the muon either decays before reaching the ground, or it does not. Counting muons at the ground is an experiment. So, for the muon, the thickness of the atmosphere must be smaller.
Two descriptions of the same trip. On the ground, the atmosphere is 15 km thick and the muon's internal clock runs slow by a factor γ = 15.8. For the muon, its clock is normal, but the atmosphere rushing towards it is contracted to 15/15.8 ≈ 0.95 km. Both conclude that about a quarter of the muons reach the ground.
Guided calculation
What thickness of atmosphere does the muon "see", and how long does the crossing take for it?
To agree with the ground, the muon must experience the same proper time \(\tau = 3.17\ \mu\text{s}\) during the crossing. The ground rushes by at \(v = 0.998\,c\). Distance covered by the ground in that time:
For the muon, the atmosphere is contracted by a factor \(\gamma\). Both stories give the same number of muons at the ground. The ground credits their survival to time dilation, the muon to length contraction.
The general rule
The proper length \(L_0\) of an object is its length measured in the frame where it is at rest. In a frame where the object moves at speed \(v\) along that length, one measures
\[ L = \frac{L_0}{\gamma} = L_0\sqrt{1 - \beta^{2}} \]
Dimensions perpendicular to the motion do not change. Argument: two identical trains pass each other, each carrying a paintbrush 1 m above the rails. If the moving train shrank in height, its brush would pass below the other one. But for the other train, it is the reverse. The two paint marks would contradict each other. So there is no perpendicular contraction.
What does "measuring a length" mean?
To measure a moving object, you must record the positions of both ends at the same instant. But two observers in relative motion disagree about what is simultaneous. That is the real origin of contraction. It is neither an illusion nor a mechanical squeezing of the object: it is the geometry of spacetime.
Guided calculation
A ship with proper length 100 m passes a station at \(0.8\,c\). What length does the station measure? How long does the ship take to pass one of the station's antennas?
For the crew, the ship is 100 m long and the antenna rushes by at \(0.8\,c\): passing takes \(100/(2.4\times 10^{8}) = 4.17 \times 10^{-7}\) s. Check: \(4.17/2.5 = 1.667 = \gamma\). Here the station measures the proper time (both events happen at the antenna), and it finds the shorter duration.
Watch out
Do not mix up the roles. Proper time is measured where both events happen at the same place. Proper length is measured in the frame where the object is at rest. The same observer can hold the proper length but not the proper time, like the crew in the example above.
Remember
Proper length \(L_0\): measured in the object's own frame.
Moving along its length: \(L = L_0/\gamma\). Perpendicular dimensions do not change.
Time dilation and length contraction are two faces of one reality: the muon and the ground agree on the facts.
University
The pole and barn paradox
A pole of proper length 10 m goes through an 8 m barn, open at both ends, at \(0.6\,c\) (\(\gamma = 1.25\)). For the barn, the pole is \(10/1.25 = 8\) m long: it fits exactly. A farmer shuts both doors at the same instant, then opens them again. For the pole, it is the barn that measures \(8/1.25 = 6.4\) m. How could a 10 m pole fit into 6.4 m?
Put the origin at the barn's entrance, \(x\) axis along the motion. In the barn, the closings are the events \(A = (x = 0,\ ct = 0)\) and \(B = (x = 8\ \text{m},\ ct = 0)\). In the pole's frame, the Lorentz transformation \(ct' = \gamma(ct - \beta x)\) gives:
For the pole, the exit door shuts \(6\ \text{m}/c = 20\) ns before the entrance door. Meanwhile the barn moves \(0.6 \times 6 = 3.6\) m. Both stories are consistent: in its own frame, the pole is never fully enclosed. The paradox comes from assuming absolute simultaneity.
If the doors stayed shut, the pole would crash. There is no perfectly rigid body in relativity: the information "the front has stopped" travels along the pole at most at \(c\).
Seeing is not measuring
A photo of a fast object does not simply show it contracted. Light from different parts takes different times to reach the camera. Penrose and Terrell (1959) showed that a sphere still looks circular: the contraction is offset by these delays, and the object appears rotated. Contraction is a measurement, not an appearance.
Exemples résolusWorked examples
Une règle qui file à 0,99 c
Une règle de 1 m passe à \(0{,}99\,c\), parallèlement à sa longueur. Longueur mesurée ?
Si elle passe perpendiculairement à sa longueur, elle mesure toujours 1 m.
Le voyage vers Alpha du Centaure
Alpha du Centaure est à 4,37 années-lumière de la Terre (distance propre, mesurée par la Terre). Un vaisseau y va à \(0{,}9\,c\).
Pour la Terre, la durée est \(4{,}37/0{,}9 = 4{,}86\) ans.
Pour l'équipage, la distance est contractée : \(4{,}37/2{,}294 = 1{,}90\) al. Durée à bord : \(1{,}90/0{,}9 = 2{,}12\) ans. On retrouve \(4{,}86/2{,}294 = 2{,}12\) ans par la dilatation du temps.
A ruler moving at 0.99 c
A 1 m ruler moves at \(0.99\,c\), parallel to its length. Measured length?
If it moves perpendicular to its length, it still measures 1 m.
A trip to Alpha Centauri
Alpha Centauri is 4.37 light years from Earth (proper distance, measured by the Earth). A ship travels there at \(0.9\,c\).
For the Earth, the trip takes \(4.37/0.9 = 4.86\) years.
For the crew, the distance is contracted: \(4.37/2.294 = 1.90\) ly. Time on board: \(1.90/0.9 = 2.12\) years. The same \(4.86/2.294 = 2.12\) years comes out of time dilation.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 7 · Relativité
La transformation de Lorentz
La règle exacte pour passer d'un référentiel d'inertie à un autre. Elle mélange espace et temps, rend la simultanéité relative et garde une grandeur intacte : l'intervalle.
Chapter 7 · Relativity
The Lorentz transformation
The exact rule to go from one inertial frame to another. It mixes space and time, makes simultaneity relative and keeps one quantity intact: the interval.
Des événements et leurs coordonnées
En relativité, on raisonne avec des événements : quelque chose qui se passe en un lieu et à un instant précis. Un éclair, un tic d'horloge, l'arrivée d'un muon au sol. Chaque observateur attribue à un événement quatre coordonnées, qu'on range en colonne : \(\begin{pmatrix} ct \\ x \\ y \\ z \end{pmatrix}\). On mesure souvent le temps en mètres avec \(ct\) : une nanoseconde vaut environ 30 cm.
Le référentiel \(R'\) avance à la vitesse \(V\) selon \(x\) par rapport à \(R\). Les origines coïncident à \(t = t' = 0\). On note \(\beta = V/c\). La règle qui remplace Galilée est la transformation de Lorentz :
\[ x' = \gamma\,(x - \beta\,ct) \]
\[ ct' = \gamma\,(ct - \beta\,x) \]
\[ y' = y \]\[ z' = z \]
Les quatre lignes forment un produit d'une matrice par une colonne. La transformation est linéaire :
Les directions \(y\) et \(z\), perpendiculaires au mouvement, ne sont pas touchées. Seul le bloc \((ct, x)\) se mélange. On travaille donc souvent avec la version réduite :
Pour revenir de \(R'\) à \(R\), on change simplement le signe de \(\beta\) : \(x = \gamma(x' + \beta ct')\) et \(ct = \gamma(ct' + \beta x')\). C'est le principe de relativité : aucun des deux référentiels n'est privilégié.
On retrouve Galilée aux faibles vitesses
Si \(V \ll c\), alors \(\gamma \approx 1\). La première ligne donne \(x' \approx x - Vt\). Dans la deuxième, \(\beta x / c = Vx/c^{2}\) devient négligeable pour des distances ordinaires, et \(t' \approx t\). La mécanique de Newton est le cas limite de la relativité. Elle n'est pas fausse : elle est approchée.
La simultanéité dépend du référentiel
Deux événements séparés de \(\Delta x\) et \(\Delta t\) dans \(R\) sont séparés, dans \(R'\), de
\[ c\,\Delta t' = \gamma\,(c\,\Delta t - \beta\,\Delta x) \]
S'ils sont simultanés dans \(R\) (\(\Delta t = 0\)) mais à des endroits différents, alors \(c\,\Delta t' = -\gamma\beta\,\Delta x \neq 0\). Ils ne sont pas simultanés dans \(R'\).
Calcul guidé
Deux éclairs frappent les deux bouts d'un quai de 300 m au même instant pour le chef de gare. Un train passe à \(0{,}6\,c\) dans le sens du quai. Pour le train, quel éclair frappe en premier, et avec quel écart ?
Axe \(x\) dans le sens du train. Éclair arrière en \(x = 0\), éclair avant en \(x = 300\) m. Dans la gare : \(\Delta t = 0\), \(\Delta x = 300\) m. Et \(\gamma = 1{,}25\).
Transformation de Lorentz appliquée à la colonne des écarts :
Le signe négatif veut dire que, pour le train, l'éclair avant (\(x = 300\) m) a lieu 0,75 µs avant l'éclair arrière. C'est logique : le train fonce vers la lumière de l'éclair avant et fuit celle de l'éclair arrière, alors que les deux lumières vont à \(c\) pour lui.
Le diagramme de Minkowski
Minkowski (1908) propose de dessiner l'espace et le temps ensemble. On trace \(x\) à l'horizontale et \(ct\) à la verticale. Un objet immobile est une droite verticale. Un rayon de lumière est une droite à 45°. Chaque objet trace une ligne d'univers.
Diagramme de Minkowski pour β = 0,5, unités en années-lumière. Les axes de R' (orange) se referment vers la ligne de lumière (pointillés). L'événement E, de coordonnées \((ct\,;\,x) = (1{,}5\,;\,3)\), est sur l'axe x' : il est simultané avec l'origine O pour R' (ct' = 0), pas pour R. L'événement F, de coordonnées \((ct\,;\,x) = (0\,;\,3)\), est simultané avec O pour R, mais a lieu avant O pour R' (ct' = −1,73).
Où sont les axes de \(R'\) ? L'axe \(ct'\) est l'ensemble des points où \(x' = 0\), donc \(x = \beta\,ct\) : c'est la ligne d'univers de \(O'\). L'axe \(x'\) est l'ensemble des points où \(ct' = 0\), donc \(ct = \beta x\). Les deux axes sont inclinés symétriquement par rapport à la ligne de lumière. Toute droite parallèle à l'axe \(x'\) relie des événements simultanés pour \(R'\).
L'intervalle : ce qui ne change pas
Les durées et les distances changent d'un référentiel à l'autre. Une combinaison reste fixe, l'intervalle :
Même valeur. Le signe de \(s^{2}\) classe les couples d'événements : \(s^{2} > 0\) (genre temps), un signal plus lent que la lumière peut les relier, et leur ordre est le même pour tous. \(s^{2} < 0\) (genre espace), aucun signal ne peut les relier, et leur ordre dépend du référentiel. \(s^{2} = 0\), ils sont reliés par un rayon de lumière. La causalité est sauve.
L'addition relativiste des vitesses
Un objet va à \(u\) dans \(R\). Quelle est sa vitesse \(u'\) dans \(R'\) ? On prend deux points voisins de sa trajectoire, \(\mathrm dx = u\,\mathrm dt\), et on applique Lorentz :
Un vaisseau à \(0{,}5\,c\) tire vers l'avant un projectile à \(0{,}5\,c\) par rapport à lui. Vitesse du projectile pour la Terre ? Et pour un rayon laser ?
\[ u = \frac{c + V}{1 + V/c} = c\,\frac{c + V}{c + V} = c \]
Deux vitesses inférieures à \(c\) donnent toujours moins que \(c\). Et la lumière va à \(c\) pour tout le monde : le second postulat est respecté par construction.
À retenir
Lorentz : \(x' = \gamma(x - \beta ct)\), \(ct' = \gamma(ct - \beta x)\). Galilée en est la limite \(V \ll c\).
Simultanéité relative : \(c\,\Delta t' = -\gamma\beta\,\Delta x\) si \(\Delta t = 0\).
Invariant : \(s^{2} = (c\Delta t)^{2} - \Delta x^{2}\). Son signe dit si deux événements peuvent être causalement liés.
Addition des vitesses : \(u = (u' + V)/(1 + u'V/c^{2})\), jamais plus que \(c\).
Université
Forme matricielle et rapidité
En notant \(X = \begin{pmatrix} ct \\ x \end{pmatrix}\), la transformation s'écrit \(X' = \Lambda X\) :
Comme \(\gamma^{2} - (\gamma\beta)^{2} = 1\), on peut poser \(\gamma = \cosh\varphi\) et \(\gamma\beta = \sinh\varphi\), avec \(\beta = \tanh\varphi\). La grandeur \(\varphi\) est la rapidité. La matrice devient une « rotation hyperbolique » :
Deux transformations successives donnent \(\Lambda(\varphi_1)\Lambda(\varphi_2) = \Lambda(\varphi_1 + \varphi_2)\) : les rapidités s'additionnent. La formule \(\tanh(\varphi_1 + \varphi_2) = \frac{\tanh\varphi_1 + \tanh\varphi_2}{1 + \tanh\varphi_1\tanh\varphi_2}\) est exactement l'addition relativiste des vitesses.
L'invariance de l'intervalle découle de \(\cosh^{2} - \sinh^{2} = 1\) :
Les termes croisés se compensent. Le groupe de Lorentz est l'ensemble des transformations linéaires qui conservent la forme \(\eta = \mathrm{diag}(1, -1, -1, -1)\) : \(\Lambda^{\mathsf T}\eta\,\Lambda = \eta\). Il joue pour l'espace-temps le rôle que les rotations jouent pour l'espace.
Un boost dans une direction quelconque (aperçu)
Si \(R'\) va à la vitesse \(\vec V = c\,\vec\beta\) dans une direction quelconque, on décompose la position en une partie parallèle à \(\vec\beta\) et une partie perpendiculaire. Seule la partie parallèle se mélange avec le temps :
Pour \(\vec\beta = \begin{pmatrix} \beta \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\), on retrouve la matrice ci-dessus. Surprise : deux boosts de directions différentes ne composent pas un boost pur. Le produit contient en plus une rotation de l'espace, la rotation de Thomas-Wigner. C'est elle qui explique la précession de Thomas du spin de l'électron dans l'atome.
La causalité, démontrée
Si \(s^{2} > 0\), alors \(\lvert\Delta x\rvert < c\lvert\Delta t\rvert\). Avec \(\lvert\beta\rvert < 1\), on a \(\lvert\beta\Delta x\rvert < c\lvert\Delta t\rvert\), donc \(c\Delta t' = \gamma(c\Delta t - \beta\Delta x)\) garde le signe de \(\Delta t\). L'ordre des événements causalement liés ne s'inverse jamais. Pour inverser une cause et son effet, il faudrait \(\lvert\beta\rvert > 1\) : un référentiel plus rapide que la lumière.
Events and their coordinates
In relativity, we reason with events: something that happens at a precise place and instant. A flash, a clock tick, a muon reaching the ground. Each observer assigns an event four coordinates, stacked in a column: \(\begin{pmatrix} ct \\ x \\ y \\ z \end{pmatrix}\). Time is often measured in metres with \(ct\): one nanosecond is about 30 cm.
Frame \(R'\) moves at speed \(V\) along \(x\) relative to \(R\). The origins coincide at \(t = t' = 0\). Write \(\beta = V/c\). The rule that replaces Galileo is the Lorentz transformation:
\[ x' = \gamma\,(x - \beta\,ct) \]
\[ ct' = \gamma\,(ct - \beta\,x) \]
\[ y' = y \]\[ z' = z \]
The four lines form the product of a matrix and a column. The transformation is linear:
The directions \(y\) and \(z\), perpendicular to the motion, are untouched. Only the \((ct, x)\) block mixes. We therefore often work with the reduced version:
To go back from \(R'\) to \(R\), simply change the sign of \(\beta\): \(x = \gamma(x' + \beta ct')\) and \(ct = \gamma(ct' + \beta x')\). That is the principle of relativity: neither frame is special.
Galileo comes back at low speed
If \(V \ll c\), then \(\gamma \approx 1\). The first line gives \(x' \approx x - Vt\). In the second, \(\beta x / c = Vx/c^{2}\) becomes negligible for everyday distances, and \(t' \approx t\). Newtonian mechanics is the limiting case of relativity. It is not wrong: it is approximate.
Simultaneity depends on the frame
Two events separated by \(\Delta x\) and \(\Delta t\) in \(R\) are separated, in \(R'\), by
\[ c\,\Delta t' = \gamma\,(c\,\Delta t - \beta\,\Delta x) \]
If they are simultaneous in \(R\) (\(\Delta t = 0\)) but at different places, then \(c\,\Delta t' = -\gamma\beta\,\Delta x \neq 0\). They are not simultaneous in \(R'\).
Guided calculation
Two lightning bolts strike both ends of a 300 m platform at the same instant for the station master. A train passes at \(0.6\,c\) along the platform. For the train, which bolt strikes first, and by how much?
\(x\) axis along the train's motion. Rear bolt at \(x = 0\), front bolt at \(x = 300\) m. In the station: \(\Delta t = 0\), \(\Delta x = 300\) m. And \(\gamma = 1.25\).
Lorentz transformation applied to the column of separations:
The minus sign means that, for the train, the front bolt (\(x = 300\) m) happens 0.75 µs before the rear one. It makes sense: the train rushes towards the light of the front bolt and away from the light of the rear one, while both lights travel at \(c\) for it.
The Minkowski diagram
Minkowski (1908) proposed drawing space and time together. Plot \(x\) horizontally and \(ct\) vertically. An object at rest is a vertical line. A light ray is a line at 45°. Every object traces a world line.
Minkowski diagram for β = 0.5, units in light years. The axes of R' (orange) close in towards the light line (dashed). Event E, with coordinates \((ct,\,x) = (1.5,\,3)\), lies on the x' axis: it is simultaneous with the origin O for R' (ct' = 0), not for R. Event F, with coordinates \((ct,\,x) = (0,\,3)\), is simultaneous with O for R, but happens before O for R' (ct' = −1.73).
Where are the axes of \(R'\)? The \(ct'\) axis is the set of points where \(x' = 0\), so \(x = \beta\,ct\): it is the world line of \(O'\). The \(x'\) axis is the set of points where \(ct' = 0\), so \(ct = \beta x\). Both axes tilt symmetrically about the light line. Any line parallel to the \(x'\) axis joins events that are simultaneous for \(R'\).
The interval: what does not change
Durations and distances change from one frame to another. One combination stays fixed, the interval:
Same value. The sign of \(s^{2}\) classifies pairs of events: \(s^{2} > 0\) (timelike), a signal slower than light can connect them, and their order is the same for everyone. \(s^{2} < 0\) (spacelike), no signal can connect them, and their order depends on the frame. \(s^{2} = 0\), they are connected by a light ray. Causality is safe.
Relativistic addition of velocities
An object moves at \(u\) in \(R\). What is its velocity \(u'\) in \(R'\)? Take two nearby points on its path, \(\mathrm dx = u\,\mathrm dt\), and apply Lorentz:
Since \(\gamma^{2} - (\gamma\beta)^{2} = 1\), we can set \(\gamma = \cosh\varphi\) and \(\gamma\beta = \sinh\varphi\), with \(\beta = \tanh\varphi\). The quantity \(\varphi\) is the rapidity. The matrix becomes a "hyperbolic rotation":
Two successive transformations give \(\Lambda(\varphi_1)\Lambda(\varphi_2) = \Lambda(\varphi_1 + \varphi_2)\): rapidities add. The formula \(\tanh(\varphi_1 + \varphi_2) = \frac{\tanh\varphi_1 + \tanh\varphi_2}{1 + \tanh\varphi_1\tanh\varphi_2}\) is exactly the relativistic addition of velocities.
Invariance of the interval follows from \(\cosh^{2} - \sinh^{2} = 1\):
The cross terms cancel. The Lorentz group is the set of linear transformations that preserve the form \(\eta = \mathrm{diag}(1, -1, -1, -1)\): \(\Lambda^{\mathsf T}\eta\,\Lambda = \eta\). It plays for spacetime the role rotations play for space.
A boost in an arbitrary direction (overview)
If \(R'\) moves with velocity \(\vec V = c\,\vec\beta\) in an arbitrary direction, split the position into a part parallel to \(\vec\beta\) and a perpendicular part. Only the parallel part mixes with time:
For \(\vec\beta = \begin{pmatrix} \beta \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}\), you recover the matrix above. Surprise: two boosts in different directions do not compose into a pure boost. The product also contains a rotation of space, the Thomas-Wigner rotation. It explains the Thomas precession of the electron's spin in the atom.
Causality, proven
If \(s^{2} > 0\), then \(\lvert\Delta x\rvert < c\lvert\Delta t\rvert\). With \(\lvert\beta\rvert < 1\), \(\lvert\beta\Delta x\rvert < c\lvert\Delta t\rvert\), so \(c\Delta t' = \gamma(c\Delta t - \beta\Delta x)\) keeps the sign of \(\Delta t\). The order of causally connected events never flips. To swap a cause and its effect would take \(\lvert\beta\rvert > 1\): a frame faster than light.
Piste de travail (dans la simulation de la page « Dilatation du temps », vue « Diagramme de Minkowski »)
Glisse l'événement sur l'axe \(x\) (\(ct = 0\)), à droite de l'origine. Pour le vaisseau, a-t-il lieu avant ou après l'origine ? Relie ta réponse au calcul des éclairs.
Place l'événement sur la ligne de lumière à 45°. Que vaut \(s^2\) ? Change \(\beta\) : que reste-t-il constant ?
Place l'événement dans le cône (genre temps) puis hors du cône (genre espace). Pour lequel le signe de \(ct'\) peut-il changer quand tu modifies \(\beta\) ?
Monte \(\beta\) vers 0,99. Que deviennent les axes \(ct'\) et \(x'\) ?
Worksheet idea (in the simulation on the "Time dilation" page, "Minkowski diagram" view)
Drag the event onto the \(x\) axis (\(ct = 0\)), right of the origin. For the ship, does it happen before or after the origin? Link your answer to the lightning calculation.
Put the event on the 45° light line. What is \(s^2\)? Change \(\beta\): what stays constant?
Put the event inside the cone (timelike), then outside (spacelike). For which one can the sign of \(ct'\) change as you vary \(\beta\)?
Raise \(\beta\) towards 0.99. What happens to the \(ct'\) and \(x'\) axes?
Exemples résolusWorked examples
Un événement vu depuis un vaisseau
Pour la Terre, une supernova explose en \(x = 4\) al, \(ct = 2\) al. Un vaisseau part de la Terre à \(t = 0\) à \(0{,}6\,c\) vers la supernova. Coordonnées pour le vaisseau ?
Pour le vaisseau, l'explosion a eu lieu 0,5 an avant son départ. Aucun paradoxe : \(s^{2} = 4 - 16 = -12 < 0\), l'explosion et le départ ne peuvent pas être causalement liés. Vérification : \(0{,}25 - 12{,}25 = -12\).
Deux faisceaux qui se croisent
Deux particules foncent l'une vers l'autre, chacune à \(0{,}9\,c\) dans le laboratoire. Vitesse de l'une vue par l'autre ?
For the Earth, a supernova explodes at \(x = 4\) ly, \(ct = 2\) ly. A ship leaves the Earth at \(t = 0\) at \(0.6\,c\) towards the supernova. Coordinates for the ship?
For the ship, the explosion happened 0.5 year before it left. No paradox: \(s^{2} = 4 - 16 = -12 < 0\), the explosion and the departure cannot be causally connected. Check: \(0.25 - 12.25 = -12\).
Two crossing beams
Two particles rush towards each other, each at \(0.9\,c\) in the lab. Speed of one seen by the other?
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Chapitre 7 · Relativité
Énergie, masse et quadrivecteurs
Si l'espace et le temps se mélangent, l'énergie et la quantité de mouvement aussi. D'où vient E = mc², pourquoi personne ne dépasse c, et comment le GPS en tient compte.
Chapter 7 · Relativity
Energy, mass and four-vectors
If space and time mix, so do energy and momentum. Where E = mc² comes from, why nobody exceeds c, and how GPS takes it into account.
Université
Les quadrivecteurs
Un événement a quatre coordonnées, rangées en colonne : \(X = \begin{pmatrix} ct \\ x \\ y \\ z \end{pmatrix}\). La transformation de Lorentz agit sur ces quatre composantes à la fois, \(X' = \Lambda X\). Elle conserve la pseudo-norme
\[ X \cdot X = X^{\mathsf T}\eta\,X = (ct)^{2} - x^{2} - y^{2} - z^{2} \]
Tout objet à quatre composantes qui se transforme comme \(X\) est un quadrivecteur. Sa pseudo-norme est la même pour tous les observateurs. C'est la machine à fabriquer des invariants.
Pour une particule, on dérive la position par rapport à son temps propre \(\mathrm d\tau = \mathrm dt/\gamma\), qui est un invariant. On obtient la quadrivitesse :
\[ U = \frac{\mathrm dX}{\mathrm d\tau} = \gamma\begin{pmatrix} c \\ v_x \\ v_y \\ v_z \end{pmatrix} \]
\[ U \cdot U = \gamma^{2}(c^{2} - v^{2}) = c^{2} \]
La quadri-impulsion et E = γmc²
On multiplie par la masse \(m\) (invariante). La quadri-impulsion vaut
\[ P = mU = \begin{pmatrix} E/c \\ p_x \\ p_y \\ p_z \end{pmatrix} \]
\[ E = \gamma\,mc^{2} \]\[ \vec p = \gamma\,m\vec v \]
Pourquoi appeler \(E\) une énergie ? Développe \(\gamma\) pour \(v \ll c\) :
Le deuxième terme est l'énergie cinétique de Newton. Le premier ne dépend pas de la vitesse : c'est l'énergie de masse \(E_0 = mc^{2}\). L'énergie cinétique relativiste est \(E_c = (\gamma - 1)\,mc^{2}\). La quantité de mouvement \(\gamma m\vec v\) est la seule qui se conserve dans les chocs, dans tous les référentiels, si l'on accepte Lorentz.
La relation entre énergie et impulsion
La pseudo-norme de \(P\) vaut \(m^{2}U\cdot U = m^{2}c^{2}\) dans tous les référentiels. Donc \(E^{2}/c^{2} - p^{2} = m^{2}c^{2}\) :
\[ E^{2} = (pc)^{2} + (mc^{2})^{2} \]
Le triangle de l'énergie : l'énergie totale E est l'hypoténuse, l'énergie de masse mc² et pc sont les côtés de l'angle droit. Au repos, p = 0 et E = mc². Pour un photon, m = 0 et E = pc.
Une particule sans masse, comme le photon, a \(E = pc\). Et comme \(v/c = pc/E\), elle va forcément à \(c\). Une particule massive a \(pc < E\), donc \(v < c\).
Calcul guidé : un proton qui part en biais
Dans un détecteur, un proton (\(mc^{2} = 938{,}3\) MeV) a une impulsion \(\vec p\,c = \begin{pmatrix} 300 \\ 400 \\ 1\,200 \end{pmatrix}\ \text{MeV}\). Calcule son énergie, sa quadri-impulsion et son vecteur vitesse.
Norme : \(v = 0{,}811\,c\), et \(\gamma = E/mc^{2} = 1{,}709\). Vérification : \(1/\sqrt{1 - 0{,}811^{2}} = 1{,}709\). La pseudo-norme \(E^{2} - (pc)^{2} = 938{,}3^{2}\) est la même dans tous les référentiels : c'est la masse du proton.
Calcul guidé
Un proton (\(mc^{2} = 938{,}3\) MeV) va à \(0{,}99\,c\). Calcule \(E\), \(E_c\) et \(pc\). Compare avec Newton.
La formule classique sous-estime l'énergie cinétique d'un facteur 12. Les accélérateurs de particules sont des machines à vérifier \(E = \gamma mc^{2}\) tous les jours.
Pourquoi personne ne dépasse c
Pour amener une masse \(m\) de 0 à \(v\), il faut lui fournir \(E_c = (\gamma - 1)mc^{2}\). Quand \(v \to c\), \(\gamma \to \infty\). Il faudrait une énergie infinie. La vitesse de la lumière n'est pas une barrière technique : c'est une limite de la géométrie de l'espace-temps.
Calcul guidé
Le Soleil rayonne une puissance \(L = 3{,}83 \cdot 10^{26}\) W. Quelle masse perd-il chaque seconde ?
Chaque seconde, il émet \(3{,}83 \cdot 10^{26}\) J. Cette énergie sort de la masse des noyaux qui fusionnent :
Plus de 4 millions de tonnes par seconde. Sur dix milliards d'années, cela reste moins d'un millième de sa masse.
Le paradoxe des jumeaux
Alice reste sur Terre. Bob part à \(0{,}8\,c\) vers une étoile à 4 années-lumière, puis revient à la même vitesse. Pour Alice, le voyage dure \(2 \cdot 4/0{,}8 = 10\) ans. Avec \(\gamma = 5/3\), Bob vieillit de \(10 \cdot 3/5 = 6\) ans.
Lignes d'univers des jumeaux (β = 0,8, étoile à 4 années-lumière, axes en années et années-lumière). Alice reste sur place : ligne droite verticale, 10 ans. Bob part puis revient : ligne brisée, 6 ans de temps propre. En espace-temps, la ligne droite est celle qui maximise le temps propre.
Le paradoxe : Bob ne pourrait-il pas dire que c'est Alice qui bouge, et qu'elle est donc plus jeune ? Non, la situation n'est pas symétrique. Alice reste dans un seul référentiel d'inertie. Bob en change au demi-tour : il ressent l'accélération. Sur le diagramme, sa ligne d'univers est brisée. Le temps propre vaut \(\tau = \int \mathrm ds/c\), et en géométrie de Minkowski, la ligne droite entre deux événements a le temps propre maximal. C'est le cousin du principe de Fermat : la lumière suit le chemin de durée stationnaire, une particule libre suit la ligne d'univers de temps propre maximal.
Vérification par les signaux
Alice envoie un signal lumineux chaque année. Doppler à \(0{,}8\,c\) : facteur \(\sqrt{1.8/0.2} = 3\). Pendant ses 3 ans d'aller, Bob reçoit un signal tous les 3 ans : 1 signal. Pendant ses 3 ans de retour, il en reçoit 3 par an : 9 signaux. Total : 10 signaux, 10 ans pour Alice. Tout est cohérent.
Le GPS, une machine relativiste
Les satellites GPS tournent à 20 200 km d'altitude (rayon d'orbite 26 560 km), à 3,87 km/s. Leurs horloges atomiques subissent deux effets opposés :
Relativité restreinte : \(\Delta t/t \approx v^{2}/(2c^{2}) = 8{,}4 \cdot 10^{-11}\). Retard de 7,2 µs par jour.
Relativité générale : plus haut dans le champ de gravitation, le temps passe plus vite. \(\Delta t/t \approx \frac{GM}{c^{2}}\big(\frac{1}{R_T} - \frac{1}{r}\big) = 5{,}3 \cdot 10^{-10}\). Avance de 45,7 µs par jour.
Bilan : 38,5 µs d'avance par jour. Multipliée par \(c\), cette dérive fausserait les distances d'environ 11,5 km par jour. Les horloges des satellites sont donc réglées avant le lancement : elles battent à 10,229 999 995 43 MHz au lieu de 10,23 MHz, pour battre juste une fois en orbite.
University
Four-vectors
An event has four coordinates, stacked in a column: \(X = \begin{pmatrix} ct \\ x \\ y \\ z \end{pmatrix}\). The Lorentz transformation acts on all four components at once, \(X' = \Lambda X\). It preserves the pseudo-norm
\[ X \cdot X = X^{\mathsf T}\eta\,X = (ct)^{2} - x^{2} - y^{2} - z^{2} \]
Any four-component object that transforms like \(X\) is a four-vector. Its pseudo-norm is the same for every observer. It is a machine for making invariants.
For a particle, differentiate the position with respect to its proper time \(\mathrm d\tau = \mathrm dt/\gamma\), which is invariant. This gives the four-velocity:
\[ U = \frac{\mathrm dX}{\mathrm d\tau} = \gamma\begin{pmatrix} c \\ v_x \\ v_y \\ v_z \end{pmatrix} \]
\[ U \cdot U = \gamma^{2}(c^{2} - v^{2}) = c^{2} \]
Four-momentum and E = γmc²
Multiply by the (invariant) mass \(m\). The four-momentum is
\[ P = mU = \begin{pmatrix} E/c \\ p_x \\ p_y \\ p_z \end{pmatrix} \]
\[ E = \gamma\,mc^{2} \]\[ \vec p = \gamma\,m\vec v \]
Why call \(E\) an energy? Expand \(\gamma\) for \(v \ll c\):
The second term is Newton's kinetic energy. The first does not depend on speed: it is the mass energy \(E_0 = mc^{2}\). The relativistic kinetic energy is \(E_k = (\gamma - 1)\,mc^{2}\). The momentum \(\gamma m\vec v\) is the only one conserved in collisions in every frame, once Lorentz is accepted.
The energy-momentum relation
The pseudo-norm of \(P\) is \(m^{2}U\cdot U = m^{2}c^{2}\) in every frame. So \(E^{2}/c^{2} - p^{2} = m^{2}c^{2}\):
\[ E^{2} = (pc)^{2} + (mc^{2})^{2} \]
The energy triangle: the total energy E is the hypotenuse, the mass energy mc² and pc are the legs. At rest, p = 0 and E = mc². For a photon, m = 0 and E = pc.
A massless particle, like the photon, has \(E = pc\). And since \(v/c = pc/E\), it must travel at \(c\). A massive particle has \(pc < E\), so \(v < c\).
Guided calculation: a proton heading off at an angle
In a detector, a proton (\(mc^{2} = 938.3\) MeV) has momentum \(\vec p\,c = \begin{pmatrix} 300 \\ 400 \\ 1\,200 \end{pmatrix}\ \text{MeV}\). Find its energy, its four-momentum and its velocity vector.
Magnitude: \(v = 0.811\,c\), and \(\gamma = E/mc^{2} = 1.709\). Check: \(1/\sqrt{1 - 0.811^{2}} = 1.709\). The pseudo-norm \(E^{2} - (pc)^{2} = 938.3^{2}\) is the same in every frame: it is the proton's mass.
Guided calculation
A proton (\(mc^{2} = 938.3\) MeV) moves at \(0.99\,c\). Find \(E\), \(E_k\) and \(pc\). Compare with Newton.
The classical formula underestimates the kinetic energy by a factor of 12. Particle accelerators check \(E = \gamma mc^{2}\) every day.
Why nobody exceeds c
To bring a mass \(m\) from 0 to \(v\), you must supply \(E_k = (\gamma - 1)mc^{2}\). As \(v \to c\), \(\gamma \to \infty\). It would take infinite energy. The speed of light is not a technical barrier: it is a limit set by the geometry of spacetime.
Guided calculation
The Sun radiates a power \(L = 3.83 \times 10^{26}\) W. How much mass does it lose each second?
Each second it emits \(3.83 \times 10^{26}\) J. This energy comes from the mass of the nuclei that fuse:
More than 4 million tonnes per second. Over ten billion years, this is still less than a thousandth of its mass.
The twin paradox
Alice stays on Earth. Bob travels at \(0.8\,c\) to a star 4 light years away, then comes back at the same speed. For Alice, the trip lasts \(2 \times 4/0.8 = 10\) years. With \(\gamma = 5/3\), Bob ages \(10 \times 3/5 = 6\) years.
World lines of the twins (β = 0.8, star 4 light years away, axes in years and light years). Alice stays put: a straight vertical line, 10 years. Bob goes and comes back: a bent line, 6 years of proper time. In spacetime, the straight line is the one that maximises proper time.
The paradox: couldn't Bob say that Alice is the one moving, so she should be younger? No, the situation is not symmetric. Alice stays in a single inertial frame. Bob changes frame at the turnaround: he feels the acceleration. On the diagram, his world line is bent. Proper time is \(\tau = \int \mathrm ds/c\), and in Minkowski geometry the straight line between two events has the maximal proper time. It is a cousin of Fermat's principle: light follows the path of stationary duration, a free particle follows the world line of maximal proper time.
Check with signals
Alice sends a light signal every year. Doppler at \(0.8\,c\): factor \(\sqrt{1.8/0.2} = 3\). During his 3 years outbound, Bob receives one signal every 3 years: 1 signal. During his 3 years back, he receives 3 per year: 9 signals. Total: 10 signals, 10 years for Alice. Everything fits.
GPS, a relativistic machine
GPS satellites orbit at 20,200 km altitude (orbit radius 26,560 km), at 3.87 km/s. Their atomic clocks undergo two opposite effects:
Special relativity: \(\Delta t/t \approx v^{2}/(2c^{2}) = 8.4 \times 10^{-11}\). They lose 7.2 µs per day.
General relativity: higher up in the gravitational field, time runs faster. \(\Delta t/t \approx \frac{GM}{c^{2}}\big(\frac{1}{R_E} - \frac{1}{r}\big) = 5.3 \times 10^{-10}\). They gain 45.7 µs per day.
Net result: 38.5 µs gained per day. Multiplied by \(c\), this drift would corrupt distances by about 11.5 km per day. So the satellite clocks are adjusted before launch: they tick at 10.229 999 995 43 MHz instead of 10.23 MHz, so as to tick right once in orbit.
Exemples résolusWorked examples
Un électron à 0,99 c
\(mc^{2} = 0{,}511\) MeV, \(\gamma = 7{,}09\).
\[ E = 7{,}09 \cdot 0{,}511 = 3{,}62\ \text{MeV} \]
Environ 25 GWh, la production d'une grande centrale nucléaire pendant une journée. Une réaction chimique libère moins d'un milliardième de l'énergie de masse des réactifs.
About 25 GWh, the output of a large nuclear power plant for a day. A chemical reaction releases less than a billionth of the reactants' mass energy.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
ExercicesExercises
Atelier
Table de forces et levier
Glisse les flèches pour trouver l'équilibre, puis équilibre un levier avec des masses. Cinq défis.
Workshop
Force table and lever
Drag the arrows to find equilibrium, then balance a lever with masses. Five challenges.
À toi de jouer
En mode libre, glisse les pointes des flèches. Chaque flèche est une force : un enfant qui tire sur l'anneau.
La flèche rouge montre où part l'anneau. Rends-la la plus petite possible : les enfants tirent alors « à égalité ».
Défi 1 : deux enfants tirent, l'un vers la droite, l'autre vers le haut. Où doit tirer le troisième pour que l'anneau ne bouge pas ? Devine d'abord, puis essaie.
Défi 5 : la balançoire ! Clique sous les crochets pour accrocher des masses. Trouve un équilibre.
Your turn
In free mode, drag the arrow tips. Each arrow is a force: a child pulling on the ring.
The red arrow shows where the ring would go. Make it as small as possible: the children are then pulling "evenly".
Challenge 1: two children pull, one to the right, one upwards. Where must the third pull so the ring stays still? Guess first, then try.
Challenge 5: the seesaw! Click below the hooks to hang masses. Find a balance.
À toi de jouer
Coche « Montrer les composantes ». Vérifie que la composante x de la résultante est la somme des composantes x des forces.
Défi 1 : calcule d'abord l'intensité et l'angle de F3 avec Pythagore, puis place-la. 1 carreau = 1 N.
Défi 3 : F1 = 6 N et F2 = 8 N doivent donner 10 N vers le haut. Quel angle entre F1 et F2 ? Pense au triangle 6, 8, 10.
Défi 5 : la masse bleue de 3 kg est à 4 crans à gauche. Écris l'équation des moments avant de placer tes masses. Clic : +1 kg ; clic droit ou appui long : −1 kg.
Your turn
Tick "Show components". Check that the x component of the resultant is the sum of the x components of the forces.
Challenge 1: first work out the magnitude and angle of F3 with Pythagoras, then place it. 1 square = 1 N.
Challenge 3: F1 = 6 N and F2 = 8 N must give 10 N straight up. What angle between F1 and F2? Think of the 6, 8, 10 triangle.
Challenge 5: the blue 3 kg mass is 4 notches to the left. Write the moment equation before placing your masses. Click: +1 kg; right-click or long press: −1 kg.
Piste de travail
Défi 2 : F1 = 6 N à 30°, F2 = 8 N à 150°. Calcule les composantes de l'équilibrante, son intensité et son angle, puis vérifie en la plaçant (le lecteur affiche les composantes).
Défi 3 : montre que les deux forces doivent être perpendiculaires. Calcule l'angle de chacune avec la verticale.
Défi 4 : il y a une infinité de solutions. Combien d'équations, combien d'inconnues ? Qu'est-ce qui fixe une solution unique ?
Défi 5 : trouve trois solutions différentes. Que vaut la réaction du pivot dans chaque cas ?
Worksheet idea
Challenge 2: F1 = 6 N at 30°, F2 = 8 N at 150°. Work out the components of the equilibrant, its magnitude and its angle, then check by placing it (the readout shows the components).
Challenge 3: show that the two forces must be perpendicular. Work out the angle of each with the vertical.
Challenge 4: there are infinitely many solutions. How many equations, how many unknowns? What would fix a unique solution?
Challenge 5: find three different solutions. What is the pivot reaction in each case?
Mode d'emploiHow to use it
Table de forces : manipulerForce table: handling
Glisse la pastille colorée au bout d'une flèche pour changer la force. Les flèches à pastille grise sont fixées par le défi. Aux niveaux Primaire et Sec. I, les pointes s'accrochent aux demi-carreaux pour faciliter les réglages. En mode libre, tu peux ajouter jusqu'à quatre forces.
Drag the coloured dot at the tip of an arrow to change the force. Arrows with a grey dot are fixed by the challenge. At Primary and Lower secondary levels, tips snap to half squares to make adjusting easier. In free mode you can add up to four forces.
Le levierThe lever
Clique sous un crochet pour y ajouter 1 kg (8 kg au plus). Clic droit, ou appui long sur écran tactile, pour retirer 1 kg. Les moments sont comptés en kg·cran : une masse de 2 kg au cran 3 donne 6.
Click below a hook to add 1 kg (8 kg at most). Right-click, or long press on a touch screen, to remove 1 kg. Moments are counted in kg·notch: a 2 kg mass at notch 3 gives 6.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.
Atelier
Bac à sable du mouvement
Lance des balles, construis des murs et des rampes, ajoute un astre. Chaque balle obéit à F = m a.
Workshop
Motion sandbox
Launch balls, build walls and ramps, add a body. Every ball obeys F = m a.
À toi de jouer
Avec l'outil « Lancer », pose le doigt (ou la souris) près du rond gris et tire vers l'arrière, comme une fronde. Lâche !
Plus tu tires loin, plus la balle part vite. Essaie différents angles : lequel envoie la balle le plus loin ?
Défi 1 : passe par-dessus le mur et touche la cible. Défi 2 : mets la balle dans le panier sur l'étagère.
Coupe la pesanteur : que fait la balle maintenant ? Pourquoi ne retombe-t-elle plus ?
Your turn
With the "Launch" tool, put your finger (or the mouse) near the grey circle and pull back, like a slingshot. Let go!
The further you pull, the faster the ball flies. Try different angles: which one sends the ball furthest?
Challenge 1: get over the wall and hit the target. Challenge 2: drop the ball into the basket on the shelf.
Switch gravity off: what does the ball do now? Why does it not fall any more?
À toi de jouer
En mode libre, mets le rebond à 1 puis à 0. Que devient la hauteur des rebonds ? Où passe l'énergie ?
Avec l'outil « Mur / rampe », trace une rampe. Fais glisser une balle dessus avec μ = 0 puis μ = 0,5. Compare.
Défi 3 : le mur bloque le tir direct. Vise le plafond. Quel réglage de rebond aide ?
Défi 4 : le tremplin. Lâche la balle sur la rampe pour qu'elle atteigne la cible.
Your turn
In free mode, set bounciness to 1, then to 0. What happens to the height of the bounces? Where does the energy go?
With the "Wall / ramp" tool, draw a ramp. Slide a ball down it with μ = 0, then μ = 0.5. Compare.
Challenge 3: the wall blocks a direct shot. Aim at the ceiling. Which bounciness setting helps?
Challenge 4: the ramp. Drop the ball onto the ramp so that it reaches the target.
Piste de travail
Défi 1 : la cible est à 14,5 m du lanceur, le sommet du mur à 4 m au-dessus de lui et à 8,5 m de distance. Calcule une vitesse et un angle qui marchent, puis teste. Aucune trajectoire n'est affichée pendant les défis.
Avec rebond = 1 et μ = 0, observe l'énergie par kg (Ec + Ep) affichée. Reste-t-elle constante ? Et avec frottement ?
Défi 5 : sans pesanteur, un astre avec \(GM = 400\ \text{m}^3/\text{s}^2\), le lanceur à 4 m en dessous. Calcule la vitesse d'une orbite circulaire, puis la vitesse de libération. Teste entre les deux : quelle forme prend l'orbite ?
En mode libre, place un astre et des cibles : invente un défi pour tes camarades.
Worksheet idea
Challenge 1: the target is 14.5 m from the launcher, the top of the wall 4 m above it and 8.5 m away. Work out a speed and angle that work, then test. No path is shown during challenges.
With bounciness = 1 and μ = 0, watch the energy per kg (Ec + Ep) readout. Does it stay constant? And with friction?
Challenge 5: no gravity, a body with \(GM = 400\ \text{m}^3/\text{s}^2\), the launcher 4 m below it. Work out the circular orbit speed, then the escape speed. Test between the two: what shape does the orbit take?
In free mode, place a body and targets: invent a challenge for your classmates.
Mode d'emploiHow to use it
Bac à sable : les outilsSandbox: the tools
Lancer : tire en arrière depuis le lanceur, la vitesse vaut 3 m/s par mètre tiré (25 m/s au plus). Mur / rampe : glisse pour tracer un segment. Cible et Astre : un clic pour les placer. « Tout effacer » remet le défi à zéro.
Launch: pull back from the launcher; the speed is 3 m/s per metre pulled (25 m/s at most). Wall / ramp: drag to draw a segment. Target and Body: one click to place them. "Clear all" resets the challenge.
Ce que calcule le bac à sableWhat the sandbox computes
Chaque balle obéit à \(\vec{F} = m\vec{a}\), pas à pas (8 petits pas par image). Pesanteur uniforme \(g = 9{,}81\ \text{m/s}^2\), astre en \(1/r^2\). Aux chocs contre un mur, la vitesse normale est multipliée par le coefficient de rebond, et le frottement réduit la vitesse le long du mur. Pas d'air. 1 carreau = 1 m.
Each ball obeys \(\vec{F} = m\vec{a}\), step by step (8 small steps per frame). Uniform gravity \(g = 9.81\ \text{m/s}^2\), body in \(1/r^2\). When hitting a wall, the normal velocity is multiplied by the bounciness coefficient, and friction reduces the velocity along the wall. No air. 1 square = 1 m.
Énigmes : prédis, puis vérifiePuzzles: predict, then check
Fais d'abord ta prédiction, sans tricher. Ensuite, demande les indices un par un et essaie de trouver l'explication toi-même avant de lire la réponse.Make your prediction first, no cheating. Then ask for the hints one at a time and try to work out the explanation yourself before reading the answer.